4
mai

La recette du thon

Ce midi, une de mes collègues m'a appris la recette du thon.

Le thon à quoi ?

Ben le thon au thon, tiens donc.

Comment faire du thon au thon.  ça vous intéresse ?  Si ça vous intéresse, lisez ce qui suit.  Si non, zappez sur un blog repris dans ma liste, là, à gauche, ça vous occupera.  Et ne gâchez pas le plaisir de ceux que ça intéresse.

La recette du thon au thon, donc.

Prenez d'abord deux œufs que vous avez pris la peine de cuire au préalable.  Cuits durs, les œufs, of course. 

Coupez-les en morceaux aussi petits que possible dans un plat que vous savez trop petit pour contenir la totalité de la préparation, c'est bien plus fun.

Ajoutez-y deux boîtes de thon à l'huile.  J'ai bien dit à l'huile, pas au naturel.  Au naturel, c'est sec.  A l'huile, c'est mieux.  Ajoutez donc ces deux boîtes, que vous aurez ouvertes avec un ouvre-boîte rouge néandertalien offert gracieusement par une de vos collègues lorsqu'elle en a reçu un blanc et tout joli d'une grande marque en cadeau.  Ne critiquez pas l'ouvre-boîte, sous peine de représailles.  Réjouissez-vous plutôt de l'avoir trouvé, vous qui n'avez pas pensé à emporter le vôtre... car dites-vous bien que sans cet ouvre-boîte néandertalien, point de recette au thon, ou alors très indigeste (zavez déjà essayé d'ingurgiter du thon en boîte non ouverte, vous ?)

Mélangez durant de nombreuses minutes, ça fait baver les collègues.

Coupez ensuite un énooooorme oignon bien rouge (enfin mauve, mais ça s'appelle de l'oignon rouge non ?), en petits dés.  Plus les dés sont petits, meilleure sera votre préparation.  Ne pleurez pas, cet oignon ne fait pas pleurer.  Merci le dieu des oignons rouges. Veillez cependant à ce qu'il s'agisse d'une variété d'oignons bien indigeste, du genre qui provoque des relents d'oignon jusque minuit (au plus tôt), du genre que même en mangeant deux tablettes de chocolat blanc popri (ou propri, pour certaines), quinze melo-cakes et deux yaourts, l'odeur d'oignon reste dans le gosier.  C'est plus fun.

Ajoutez les oignons à votre préparation œufs/thon, et mélangez durant de nombreuses minutes, ça fait baver les collègues.

Ajoutez un demi-kilo de mayonnaise et la même quantité de ketchup à votre préparation, et mélangez durant de nombreuses minutes, ça fait baver les collègues.

Ajoutez sel et poivre à votre préparation, et mélangez durant de nombreuses minutes, vous connaissez la chanson.

Ajoutez encore un petit kilo de mayonnaise et de ketchup.

Ajoutez de l'origan (beaucoup) ou les herbes que vous préférez (chuis pas raciste) à votre préparation, et mélangez durant de nombreuses minutes, vous savez maintenant pourquoi.

Ajoutez à nouveau mayonnaise et ketchup.

Mélangez mélangez et mélangez encore, durant de longues (très longues) minutes, en veillant à faire régulièrement tomber des morceaux de votre appareil (paraît qu'on dit ça pour une « préparation », ça en jette non ?) sur la table de la cuisine, morceaux que vous ramasserez avec votre pouce et votre index gauche et que vous dévorerez sous le regard envieux et gourmand de vos collègues.  Le processus est aisé.  Rappelez-vous : votre plat est trop petit.

Dégustez.  Refusez, bien entendu, de faire goûter la mixture à vos collègues, dont les yeux se sont transformés en boîtes de thon, tellement ils ont envie de vous ligoter, vous bâillonner et vous immobiliser, pour dévorer votre repas à votre place.

Voilà une recette facile et délicieuse de thon, qui n'a cependant aucun intérêt si elle n'est pas appliquée durant un temps de midi, devant l'intégralité des collègues muettes d'admiration et bavant d'envie.  Plus la fabrication dure, plus la bave dégouline sur la table de la cuisine officielle du bureau.  Qu'on se le dise...

Bon appétit.

PS : j'ai un peu menti, passque j'ai pu goûter.  C'était bon.  Parfait.  Jusqu'à ce petit goût d'oignon rouge que j'ai gardé en bouche jusqu'à minuit.

 

Illu de Domie, c'est pas du thon, mais keske ça donne faim...

manger

 

24
mar

Appartements raviolis VS appartements sushis

Nan, pas les appartements où on est ravi au lit, les appartements raviolis (oui, bon, chuis nulle en humour, je sais).

Vous connaissez ?

Le reportage est passé en 2004, à Envoyé Spécial.  Ça fait cinq ans mais je m'en souviens comme si c'était hier.  Ou presque. Je me souviens de ces apparts parisiens où des chinois pas très au courant des règles d'hygiène préparaient d'infâmes raviolis vendus ensuite dans des restos ou chez des traiteurs.  Des raviolis impropres à la consommation, limite dangereux, si si. Ça m'avait traumatisée et avait renforcé mon dégoût assez marqué pour la bouffe asiatique.  Bon je sais, c'est pas fondé, passque si ça tombe, dans les restos français, grecs ou italiens, l'hygiène est aussi merdique, je sais je sais je sais.  Je sais aussi que le reportage se déroulait sur Paris, pas dans ma ville, mais Paris / Namur, c'est kif kif bourricot hein.

En 2009 donc, soit jeudi, Envoyé Spécial remet ça.  Nouvelle enquête.  Rien qu'au titre, on comprend que la situation est toujours aussi grave.  Je me dis alors que je vais conclure ce billet, que j'ai déjà décidé d'écrire, of course, en arguant du fait que moi, maintenant, je suis sauvée, car j'aime les sushis.

Raté !

Passque dans le reportage, on apprend qu'outre les appartements raviolis, qui existent bien sûr encore, il y a maintenant des ... appartements sushis.  Et que c'est limite plus grave, passque les sushis, c'est du poisson cru, et que du poisson cru préparé dans des conditions d'hygiène déplorable, ça représente beaucoup de ... sushis, enfin de soucis (chuis nulle en humour je vous dis), pour les consommateurs.

Bref, c'est la galère, sur dix traiteurs chinois choisis au hasard, huit ont servi de la merde... et je n'exagère pas, puisque certains plats contenaient des matières fécales.  Un rouleau de printemps contenait même une bactérie au nom impossible à retenir, mais très très vilaine pas belle, puisqu'elle a tué, un beau jour (enfin un mauvais jour) où elle s'était réfugiée dans des steaks hachés, un enfant français, et en a laissé trois en dialyse.  Pas rien !

Pourquoi je vous écris tout ça ?  Ben juste comme ça, passque c'est nul les appartements raviolis/sushis et passque finalement je suis contente de pas aimer la nourriture chinoise.

Par contre j'adoooore les sushis.  Il fut un temps où j'aimais pas (cf ce billet), mais maintenant, et depuis quelques mois déjà, j'aime les sushis.   J'adore les sushis.  Depuis qu'un sushis-bar a ouvert à Namur.  C'est sur la place dont j'ai oublié le nom.  Et le resto, ben j'ai aussi oublié son nom.  Ça va me revenir.  Ils proposent un plateau « combo », qui permet de découvrir toutes leurs spécialités.  Mais moi j'ai déjà concocté mon menu favori : les raviolis (japonais les raviolis, pas chinois, ouf) en entrée, puis les sashimis thon et saumon (c'est comme des sushis, mais sans le riz, donc du poisson cru de qualité) et les maki concombre/sésame (du riz, du concombre, des grains de sésame, le tout emballé dans une algue).  Le tout servi avec d'autres algues, du gingembre (ça je déteste), du wasabi et de la sauce soja, un régal.

Que du bonheur !

Ah oui, ça s'appelle Ogawa, et c'est place Maurice Servais (merci internet).  Je pense que c'est super frais et préparé avec amour.  Et la madame est adorable, même si elle fait toute le temps des courbettes.  Déconcertant au début, mais on s'y fait vite.  Je vous le conseille vivement.

Seul regret, que le plateau « combo » ne soit pas au même prix le midi et le soir, alors que le reste de la carte ne varie pas, ça c'est nul pour ceux qui veulent découvrir le resto le soir.

Bon, j'ai faim maintenant, c'est malin.  Folle envie de thon cru, là, de suite.

Le site : http://sites.resto.com/ogawa/

sushisogawa

 

4
mar

Les macaronis jambon fromage

Grande discussion au bureau l'autre jour sur les macaronis jambon fromage.  (NB : je sais qu'on écrit normalement macaroni, car un macarono, deux macaroni, mais bon, l'usage accepte dorénavant le pluriel, donc j'aime le pluriel).

Le tout à neuf heures du mat', histoire d'avoir très très faim et très très envie de macaronis jambon fromage quasi à l'aube.  J'espère d'ailleurs que vous lirez ce billet à l'aube également, ça vous fera le même effet (gnark gnark gnark).

Le débat est complexe et ardu : comment faire des macaronis jambon fromage ?  Mieux : comment faire de délicieux macaronis jambon fromage ?

Plusieurs choix s'offrent à vous :

- le macaroni jambon fromage sans aucun ajout, mais gratiné

- le macaroni jambon fromage crème, gratiné ou pas

- le macaroni jambon fromage béchamel, gratiné ou pas

- la barquette Igloo jambon fromage truc collant qu'on sait pas si c'est à base de crème ou de béchamel, vaguement gratiné, sur lequel il serait bon de rajouter un sachet de fromage râpé (qui a dit que c'était ma recette à moi ?)

Ce qui est drôle (enfin pas tellement, mais j'exige de vous que vous riiez un chouia, histoire de me confirmer que c'est drôle, par pitié), c'est que la recette préférée de chacune est celle... de sa môman.  Ben voyons.  Les mômans hein, c'est finalement toute notre vie, ou presque.  On reproduit ce qu'on connaît, sans autre forme de procès. 

Et là, nous nous téléportons immédiatement vers notre enfance, pour une évocation de souvenirs gourmands, passque la tâche de chaque enfant de ce monde (en tout cas de chaque enfant belge de mon jeune temps), lors de la préparation des macaronis jambon fromage, est de couper le jambon et de râper le fromage.  Oui, vous lisez bien, vous les petites jeunes qui faites maintenant usage de fromage déjà râpé et de jambon déjà en dés, de mon temps ou utilisait un couteau pour transformer de vraies tranches de jambon en petits morceaux.  Même qu'on avait le droit de manger tout le gras blanc autour.  C'était du vrai jambon à l'époque, pas du recomposé-mouillé-préservé-hormonisé.  Même que c'était succulent, ce gras blanc.  Puis on râpait le bloc de gruyère.  Même qu'on avait le droit de manger le morceau qui restait systématiquement dans la râpe à la fin.  Et le résultat était bien plus meilleur que les sachets que l'on trouve actuellement dans le commerce.  Passque de mon temps, je pense que le fromage râpé en sachet et le jambon coupé en sachet, ben ça n'existait tout bonnement pas.  Je vous parle d'un temps que les moins de vingt ans... enfin vous connaissez le topo.

Et vous, comment vous préparez vos macaronis jambon fromage ?  Non passque c'est important dans une vie de femme (et d'homme aussi d'ailleurs), les macaronis jambon fromage.

Un petit sondage ?  Un petit sondage... (là, à droite)

23
sep

Le chou-fleur de Mostek

Souviendez-vous, j'ai évoqué, en commentaire, le chou-fleur préparé par Mostek.  Qui n'était pas bon (je la cite, mais n'allez pas lui répéter, elle va pas être contente que je divulgue un tel secret).

Non seulement il n'était pas bon, mais en plus, il vieillit mal, ce chou fleur.  Très mal.

Passque Mostek, dont l'inconscient a sans doute voulu lui faire oublier cet incident, a elle-même oublié son chou-fleur dans le frigo du bureau.  Durant de longues minutes.  De longues heures.  De longues journées.

Puis, durant le WE, il s'est rappelé à son bon souvenir.  Oups.

Et lundi, alors que je m'apprêtais à déguster une petite tartine aux graines de tournesol dont vous me diriez des nouvelles, avec une salade de crevettes à la ciboulette à se rouler par terre tant c'est bon (même que je la mange à la cuillère, pas bon pour mes fesses mais tellement bon pour mon moral), Mostek a décidé de constater l'ampleur des dégâts.

Je n'ai pas vu à quoi ressemblait la mixture au chou-fleur, Dieu m'en préserve.  Mais j'ai senti.

Senti.

Senti.

Si les PC pouvaient diffuser des odeurs, je vous en aurais fait profiter, au risque de voir mon blog déserté à tout jamais.

Un mélange d'odeur d'œuf pourri, de chou-fleur plus très frais, de lait caillé et de vomi. 

Une odeur qui prend aux tripes.  Et au cœur.  Enfin plutôt aux haut-le-cœur qui m'ont envahie après quelques secondes.  Après deux ou trois véritables nausées, je me suis échappée en riant, histoire de ne pas ajouter une odeur supplémentaire à celle qui régnait déjà.

Bon, entendons-nous bien, ouvrir les fenêtres quelques minutes aura suffi à dissiper l'odeur.  Mais mon pauvre nez ne l'oubliera jamais.

Vous voulez la recette ?

 

18
sep

Envie de glace

Un soir d'été.  19h.  Petite musique.  Comptine.  Musique de mobile enfantin.  Musique du marchand de glaces.  Je réalise alors que, même si je squatte dans mon chtit appart depuis plusieurs années, jamais je ne suis descendue m'offrir un cornet chez le marchand de glaces ambulant.

Grosse lacune.

J'ai envie d'une glace.

Là.

De suite.

Comme quand j'étais ado, et, qu'avec mes amies du quartier, nous attendions impatiemment Jean-Pierre.  Jean-Pierre était notre grand pote.  Nous faisions la tournée avec lui, chaque soir.  Servions les gourmands.  Et puis je m'offrais une demi-boule chocolat, et une demi-boule banane, avec de la crème fraîche.  Et des copeaux de chocolat.  Tout ça pour le prix d'une boule, il n'était pas regardant Jean-Pierre.  Et il était cool. Et j'adorais servir des glaces aux amateurs, assistée de Jean-Pierre.  Souvenirs souvenirs.

Vu que je suis affalée sur mon canapé, en petite tenue, je cours dare dare dans ma chambre, je plonge dans un jeans, j'enfile un T-shirt, je saute dans mes baskets, j'attrape mon sac, mes clés, et je descends m'offrir une glace.

Tout cela ne m'a pris que quelques secondes à peine, mais la musique s'est éloignée.  Drame international.

Je l'entends encore, dans le lointain.

Alors je sors.  Et, telle Super Jaimie, je tends l'oreille, afin de déterminer son origine.  Douée comme je suis, je m'oriente à l'opposé de l'endroit oùsqu'elle doit être, cette fameuse camionnette, car après cent mètres, je n'entends plus rien.  Rien de rien.

Alors je fais un petit tour du quartier, espérant voir surgir la camionnette magique.  Mais rien.  Nada.  Le désespoir profond.  Et total.  Je m'affale sur un banc.  Durant de longues minutes.  Y'a un peu de soleil.  Et je rêve d'une glace.  Je garde encore l'espoir que le marchand fasse un petit tour pour venir ensuite me proposer ses milles saveurs, juste sous mon nez.

Mais rien n'arrive.  Le pire, c'est que j'entends encore vaguement la musique tant attendue, mais tellement loin qu'il me faudrait une voiture pour sillonner le quartier.

Alors je rentre chez moi, désabusée.

Et je passe la soirée à rêver de la glace que je n'ai pas savourée.

La vie est une lutte quotidienne, et ce soir, j'ai perdu une bataille.