12
aoû

Une révolution glacée

Moi, j'aimais déjà la glace au spéculoos avant qu'elle n'existe.

Comment ça, c'est pas possip ?  Et si je vous le dis ?  Et si je vous dis que c'est vrai, pourkwa vous pas me croire ?  Bande de Saint-Thomas va.

Moi je vous dis que je l'aimais avant qu'elle n'existe.  Avant qu'elle n'existe !  Enfin presque.

En 2001 déjà, j'aimais la glace au spéculoos, et je vous prie de croire qu'à l'époque, j'étais presque la seule à Namur, en Gelbique, dans le monde, voire dans toute la galaxie. D'ailleurs on n'en trouvait pas dans le commerce, en 2001.  2001, pour le spéculoos, c'est comme l'âge de glace, pour l'homme.  Donc, au temps du cromagnonage de la glace au spéculoos, je la commandais à un artisan qui la fabriquait et la vendait par personne interposée... et une fois avalée, c'était galère car je ne pouvais m'approvisionner à volonté.  La pénurie était quasi permanente.

Puis, d'année en année, d'été en été, la glace au spéculoos a envahi les étals des marchands.  A la boule, cela devenait de plus en plus facile d'en trouver.  Un bonheur.  Mais toujours un risque de pénurie.  Surtout en hiver.  Bon, c'est vrai, en hiver j'ai rarement envie de glace.  Pour ainsi dire jamais, mais tout de même : l'idée, c'est de savoir qu'en cas d'envie soudaine, on peut en trouver, vous comprenez... juste au cas zoù, même si le cas zoù ne se produit qu'une fois par décennie.  Fort heureusement, je pouvais compenser avec la glace la meilleure du monde, malgré son imprononçabilité et sa non-écrivibilité totales : la Haagen Dasz.  Praliné and cream, macadamia nut brittle, pour ne citer qu'elles.  Rhaaaaaaaaa.

Ensuite y'a eu la Delhaize.  Spéculoos cinnamon (comment ça sdit en français ?  Ah oui, cannelle.  C'est là que le bât blessait (vi ça s'écrit comme ça, dingue hein) : cet arrière goût de cannelle, pas trop mon fort.  J'adore la cannelle en odeur.  J'adore la cannelle en chewing-gum.  Mais j'aime pas l'association cannelle-spéculoos.  Dommage.

Et cette année, en Gelbique (et ailleurs ?), c'est la révolution de la glace au spéculoos.  « Aux cuillères citoyens, sortez vos coupe à glace, servons, servons, que des boules énormes, abreuvent nos gosiers, pam pam pam (oui, bon en chanson chuis pas fortiche). »

D'abord.  D'abord y'a la Lotus.  Elle qui semble onctueuse.  Elle qui est pleine de coulis.  Elle qui craque sous la dent. (Là je tente un « ces gens-là » version glace spéculoos, mais bon, est-ce une bonne idée ?  Nan.  Allez j'arrête, la Marseillaise version glace, c'était suffisant niveau vautrage sur blog.  Bref, la Lotus.  Elle a envahi nos petits écrans au point de me faire saliver, et de l'acheter.  Même que ce jour-là, il faisait caniculaire.  Même qu'au Carrouf, y'avait une file monstre.  Même que j'arrêtais pas de tripoter mes 750 millilitres de glace, pour voir s'ils fondaient pas.  Même que Mostek n'arrêtait pas de me dire d'arrêter, passque j'allais accélérer la fonte.  Même que je l'ai goûtée.  Même que j'ai pas trop aimé.  Bon, elle est pas mauvaise, c'est avec du spéculoos Lotus hein ma bonne Dame, mais la glace en elle-même, bof bof.

En un mot (et chuis fortiche de résumer mes pensées en un seul mot, vous me connaissez) : déception.

D'ailleurs, plusieurs semaines après, il m'en reste toujours la moitié au congélo, c'est dire...

Et puis y'a l'autre.  Du caramel plein les coins. (Je continue ces gens-là version glace, même pas honte, enfin si).  La Haagen Dasz.  Toute nouvelle aussi.  Toute belle.  Alors, après ma déception, j'ai pas voulu tenter.  Pas folle l'abeille.  Trop peur d'être désespérée, passque si Lotus foire, si Haagen Dasz foire, que reste-t-il (de nos amours) ?  Mais j'ai eu l'occasion de la goûter il y a peu.

Et là.

Là...

Làààààààààààààààà.

Làààààààààààààààààààààààààààààààààààà.

Le bonheur.

L'extase.

L'orgasme gustatif.

La meilleure glace du monde et des environs, associée à des bouts de spéculoos et des éclats de caramel.  Rhaaaaaaaaaaaaaaaaaa.

Que vous dire, sinon de la goûter, passqu'aucun mot ne peut exprimer le ressenti en dégustant ce miracle de la gastronomie de la glace.

Depuis lors, j'en ai racheté.  Deux fois.  Et elle n'a pas le temps de lier connaissance avec mon congélo, celle-là, croyez-moi.

Mais keske vous faites encore ici ? 

PS : pour les namurois, cherchez plus, tout le stock de tous les supermarchés est chez moi...

25
mai

L’histoire du poulet anorexique et boulimique

 

Des fois, j'ai une folle envie de poulet.  Rôti.  Du marché.  Le bon poulet tellement rôti que sa peau est presque écœurante.  Pleine d'épices.  Un délice.  Et ça rime. 

Il fut un temps où j'optais pour le blanc de poulet (la partie si saine, si light).  Mais j'ai vieilli.   Et manger du blanc de poulet est devenu trop dangereux pour moi.  Trop sec.  Je frise le « by pass » à chaque bouchée, vous savez, ce problème de déglutition qui fait passer la nourriture dans « le mauvais trou ».  Donc maintenant je prends une cuisse.  Une seule cuisse, en célibataire que je suis.

L'autre jour donc, plein soleil.  Petits zoiziaux.  Ambiance estivale.  Et folle envie de poulet rôti.  A déguster, selon l'envie du jour, avec une petite salade de tomates et quelques patates rôties achetées au même endroit.  Puis une tartelette aux framboises en dessert.  On n'a que le bien qu'on se fait.

J'achète donc ma cuisse de poulet sur un marché bondé (un enfer sur terre, des poussettes, une foule en délire qui avance à pas d'escargots - ça se dit ça, à pas d'escargots, vu que l'animal n'a pas de pieds ?).

Je rentre chez moi et m'apprête à profiter de ce festin.  J'extirpe de son sac ma cuisse de poulet.  Et je découvre qu'elle est malade.

Dans une cuisse de poulet, y'a deux morceaux.  Le pilon, et l'autre morceau dont j'ignore le nom.  En général, vu mon appétit de moineau goulafe, je me fais deux repas avec ces deux morceaux.

Mais avec cette cuisse là, c'est une autre paire de manches.  Je remarque illico que le pilon est souffrant.  Aucune partie comestible sur ce pilon.  Croyez-le ou pas, il est tout maigre.  Rien que de l'os et de la peau.  Un pilon anorexique.  Le pilon d'un poulet qui s'est mis à la diète durant les dix jours précédant son décès, je ne vois que ça.  Et une Anaïs désappointée.

Je me rue alors sur l'autre morceau, pas le choix, que je tente de dépiauter avant de le réchauffer, ce sera plus simple.  Et là encore, big méga déception.  Très peu de viande.  Anormalement peu.  Mais autour de cette viande, partout, dessus, dessous, à droite, à gauche, sous la peau grillée, sur l'os, partout partout, du gras.  Enormément de gras.  Du gras bien blanc bien tremblant (un peu comme un gâteau anglais vert en gelée).  Jamais vu autant de gras sur un bout de poulet de toute ma déjà longue vie.  Ce poulet est boulimique, c'est clair.  Il passait, de son vivant, son temps à se goinfrer de choses pas saines du tout, je ne vois que ça.  Un poulet élevé en plein air, au grain et faisant du sport ne peut être aussi gras.

Une fois enlevé tout ce gras.  Il reste peu, très très peu, de poulet.  Je le réchauffe, accompagné de patates.  Je déguste le tout avec ma salade de tomates.  Je conclus par la tartelette aux framboises.

Puis je sieste au soleil, repue.

Et encore en état de choc d'avoir rencontré pour la toute toute première fois un poulet à la fois anorexique et boulimique.

poulet

7
mai

Blonde jusqu'au bout des cuisses

Aujourd'hui, les cuisses sont en promo chez Delhééééés.  Alors je m'achète des cuisses.  Douze.  A l'ail.  De grenouille of course hein, pas de dinde (la dinde, c'est moi).

Je rentre chez moi, j'allume le four, j'enfourne les cuisses, je mets mon magnifique pyjama tue-l'amour (le bas est en pilou rose bobon, le haut aussi, avec ça j'ai l'air d'un énorme barbapapa), j'allume mon vieux pc agonisant et je matte mes mails.

Au bout de quinze minutes, ça commence à sentir bon l'ail, rhaaaaaaaaaaa.  Je vais vérifier la cuisson, mais les cuisses sont encore blanches.  Normal, le four a dû préchauffer, et mon four est aussi efficace en cuisson que moi en cuisine, c'est dire.

Je retourne donc répondre à mes mails, faire un tour sur facebook, ranger un peu mon intérieur (bonnes résolutions non tenues du 1er janvier obligent).

Quinze minutes plus tard, re-checking des cuisses.  C'est qu'il commence à faire faim.  Toujours pas prêt, y'en a marre.  Patience patience ma petite Anaïs, l'orgasme est au bout du chemin.

Je lis quelques pages du second volet de la saga fascination, dont j'ai oublié le nom, mais ça se termine en -ion.  Bella, rhaaaaaaaaaaa, Edward, re-rhaaaaaaaaaaa. 

Quinze minutes ont passé, mes cuisses doivent être parfaitement parfaites.

Et bien non, toujours pas cuites.  Mais le plus étonnant, c'est que je ne sens aucune chaleur émaner du four qui devrait maintenant être hyper méga super chaud... si je l'avais allumé.

Et c'est reparti pour une demi-heure d'attente...

Blonde !

(et une chtite grenouille de Sondron, une)

sondron2

4
mai

La recette du thon

Ce midi, une de mes collègues m'a appris la recette du thon.

Le thon à quoi ?

Ben le thon au thon, tiens donc.

Comment faire du thon au thon.  ça vous intéresse ?  Si ça vous intéresse, lisez ce qui suit.  Si non, zappez sur un blog repris dans ma liste, là, à gauche, ça vous occupera.  Et ne gâchez pas le plaisir de ceux que ça intéresse.

La recette du thon au thon, donc.

Prenez d'abord deux œufs que vous avez pris la peine de cuire au préalable.  Cuits durs, les œufs, of course. 

Coupez-les en morceaux aussi petits que possible dans un plat que vous savez trop petit pour contenir la totalité de la préparation, c'est bien plus fun.

Ajoutez-y deux boîtes de thon à l'huile.  J'ai bien dit à l'huile, pas au naturel.  Au naturel, c'est sec.  A l'huile, c'est mieux.  Ajoutez donc ces deux boîtes, que vous aurez ouvertes avec un ouvre-boîte rouge néandertalien offert gracieusement par une de vos collègues lorsqu'elle en a reçu un blanc et tout joli d'une grande marque en cadeau.  Ne critiquez pas l'ouvre-boîte, sous peine de représailles.  Réjouissez-vous plutôt de l'avoir trouvé, vous qui n'avez pas pensé à emporter le vôtre... car dites-vous bien que sans cet ouvre-boîte néandertalien, point de recette au thon, ou alors très indigeste (zavez déjà essayé d'ingurgiter du thon en boîte non ouverte, vous ?)

Mélangez durant de nombreuses minutes, ça fait baver les collègues.

Coupez ensuite un énooooorme oignon bien rouge (enfin mauve, mais ça s'appelle de l'oignon rouge non ?), en petits dés.  Plus les dés sont petits, meilleure sera votre préparation.  Ne pleurez pas, cet oignon ne fait pas pleurer.  Merci le dieu des oignons rouges. Veillez cependant à ce qu'il s'agisse d'une variété d'oignons bien indigeste, du genre qui provoque des relents d'oignon jusque minuit (au plus tôt), du genre que même en mangeant deux tablettes de chocolat blanc popri (ou propri, pour certaines), quinze melo-cakes et deux yaourts, l'odeur d'oignon reste dans le gosier.  C'est plus fun.

Ajoutez les oignons à votre préparation œufs/thon, et mélangez durant de nombreuses minutes, ça fait baver les collègues.

Ajoutez un demi-kilo de mayonnaise et la même quantité de ketchup à votre préparation, et mélangez durant de nombreuses minutes, ça fait baver les collègues.

Ajoutez sel et poivre à votre préparation, et mélangez durant de nombreuses minutes, vous connaissez la chanson.

Ajoutez encore un petit kilo de mayonnaise et de ketchup.

Ajoutez de l'origan (beaucoup) ou les herbes que vous préférez (chuis pas raciste) à votre préparation, et mélangez durant de nombreuses minutes, vous savez maintenant pourquoi.

Ajoutez à nouveau mayonnaise et ketchup.

Mélangez mélangez et mélangez encore, durant de longues (très longues) minutes, en veillant à faire régulièrement tomber des morceaux de votre appareil (paraît qu'on dit ça pour une « préparation », ça en jette non ?) sur la table de la cuisine, morceaux que vous ramasserez avec votre pouce et votre index gauche et que vous dévorerez sous le regard envieux et gourmand de vos collègues.  Le processus est aisé.  Rappelez-vous : votre plat est trop petit.

Dégustez.  Refusez, bien entendu, de faire goûter la mixture à vos collègues, dont les yeux se sont transformés en boîtes de thon, tellement ils ont envie de vous ligoter, vous bâillonner et vous immobiliser, pour dévorer votre repas à votre place.

Voilà une recette facile et délicieuse de thon, qui n'a cependant aucun intérêt si elle n'est pas appliquée durant un temps de midi, devant l'intégralité des collègues muettes d'admiration et bavant d'envie.  Plus la fabrication dure, plus la bave dégouline sur la table de la cuisine officielle du bureau.  Qu'on se le dise...

Bon appétit.

PS : j'ai un peu menti, passque j'ai pu goûter.  C'était bon.  Parfait.  Jusqu'à ce petit goût d'oignon rouge que j'ai gardé en bouche jusqu'à minuit.

 

Illu de Domie, c'est pas du thon, mais keske ça donne faim...

manger

 

24
mar

Appartements raviolis VS appartements sushis

Nan, pas les appartements où on est ravi au lit, les appartements raviolis (oui, bon, chuis nulle en humour, je sais).

Vous connaissez ?

Le reportage est passé en 2004, à Envoyé Spécial.  Ça fait cinq ans mais je m'en souviens comme si c'était hier.  Ou presque. Je me souviens de ces apparts parisiens où des chinois pas très au courant des règles d'hygiène préparaient d'infâmes raviolis vendus ensuite dans des restos ou chez des traiteurs.  Des raviolis impropres à la consommation, limite dangereux, si si. Ça m'avait traumatisée et avait renforcé mon dégoût assez marqué pour la bouffe asiatique.  Bon je sais, c'est pas fondé, passque si ça tombe, dans les restos français, grecs ou italiens, l'hygiène est aussi merdique, je sais je sais je sais.  Je sais aussi que le reportage se déroulait sur Paris, pas dans ma ville, mais Paris / Namur, c'est kif kif bourricot hein.

En 2009 donc, soit jeudi, Envoyé Spécial remet ça.  Nouvelle enquête.  Rien qu'au titre, on comprend que la situation est toujours aussi grave.  Je me dis alors que je vais conclure ce billet, que j'ai déjà décidé d'écrire, of course, en arguant du fait que moi, maintenant, je suis sauvée, car j'aime les sushis.

Raté !

Passque dans le reportage, on apprend qu'outre les appartements raviolis, qui existent bien sûr encore, il y a maintenant des ... appartements sushis.  Et que c'est limite plus grave, passque les sushis, c'est du poisson cru, et que du poisson cru préparé dans des conditions d'hygiène déplorable, ça représente beaucoup de ... sushis, enfin de soucis (chuis nulle en humour je vous dis), pour les consommateurs.

Bref, c'est la galère, sur dix traiteurs chinois choisis au hasard, huit ont servi de la merde... et je n'exagère pas, puisque certains plats contenaient des matières fécales.  Un rouleau de printemps contenait même une bactérie au nom impossible à retenir, mais très très vilaine pas belle, puisqu'elle a tué, un beau jour (enfin un mauvais jour) où elle s'était réfugiée dans des steaks hachés, un enfant français, et en a laissé trois en dialyse.  Pas rien !

Pourquoi je vous écris tout ça ?  Ben juste comme ça, passque c'est nul les appartements raviolis/sushis et passque finalement je suis contente de pas aimer la nourriture chinoise.

Par contre j'adoooore les sushis.  Il fut un temps où j'aimais pas (cf ce billet), mais maintenant, et depuis quelques mois déjà, j'aime les sushis.   J'adore les sushis.  Depuis qu'un sushis-bar a ouvert à Namur.  C'est sur la place dont j'ai oublié le nom.  Et le resto, ben j'ai aussi oublié son nom.  Ça va me revenir.  Ils proposent un plateau « combo », qui permet de découvrir toutes leurs spécialités.  Mais moi j'ai déjà concocté mon menu favori : les raviolis (japonais les raviolis, pas chinois, ouf) en entrée, puis les sashimis thon et saumon (c'est comme des sushis, mais sans le riz, donc du poisson cru de qualité) et les maki concombre/sésame (du riz, du concombre, des grains de sésame, le tout emballé dans une algue).  Le tout servi avec d'autres algues, du gingembre (ça je déteste), du wasabi et de la sauce soja, un régal.

Que du bonheur !

Ah oui, ça s'appelle Ogawa, et c'est place Maurice Servais (merci internet).  Je pense que c'est super frais et préparé avec amour.  Et la madame est adorable, même si elle fait toute le temps des courbettes.  Déconcertant au début, mais on s'y fait vite.  Je vous le conseille vivement.

Seul regret, que le plateau « combo » ne soit pas au même prix le midi et le soir, alors que le reste de la carte ne varie pas, ça c'est nul pour ceux qui veulent découvrir le resto le soir.

Bon, j'ai faim maintenant, c'est malin.  Folle envie de thon cru, là, de suite.

Le site : http://sites.resto.com/ogawa/

sushisogawa