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Les perdantes du concours de nouvelles – épisode 3

J’ai le plaisir de vous présenter la nouvelle de Tess2006, bonne lecture.

femmes d'aujHéloïse et la mouche

LES GROSSES PEUVENT Y ARRIVER ! Mais arriver à quoi, bon sang ? A préparer de la mousse au chocolat, du coq au vin, de la paella ? Ou bien, à toucher leurs orteils du bout des doigts, sans fléchir les genoux ? Héloïse n’excellait ni dans une ni dans l’autre discipline : c’est tout juste si elle arrivait à cuire correctement des pâtes ou à pédaler cinq minutes d’affilée sur un vélo d’appartement !

LES GROSSES PEUVENT Y ARRIVER ! Qui donc avait lancé ce défi saugrenu ?

Le front plissé, les sourcils froncés, la grosse Héloïse se répétait ces mots avec une sorte de rage : elle avait lu et relu les cinq phrases du Concours de Nouvelles et aucune, vraiment aucune ne l’inspirait ! Bien sûr, elle avait envie, maintenant, de lire les cinq livres cités mais n’allait-elle pas découvrir cinq romans de génie, à côté desquels ses élucubrations malhabiles feraient piètre figure ? Où trouverait-elle encore de l’inspiration là où d’autres, cent fois meilleurs qu’elle, l’avaient devancée ?

Avec une grimace de dépit, elle s’extirpa péniblement de son fauteuil : le miroir placé dans l’angle de la pièce lui renvoya son image de grosse et elle détourna les yeux. Au même moment - porté peut-être par le souffle printanier qui se glissait par la fenêtre entrouverte - un esprit mutin lui répéta à l’oreille : LES GROSSES PEUVENT Y ARRIVER ! Cela tournait à l’obsession !

Elle fit quelques pas en avant, tira la langue à son reflet, qui lui répondit du tac au tac, et, après avoir empoigné son sac, ses clés et son manteau, clopina vers la porte qu’elle claqua en sortant.

Au bas de l’immeuble, elle écouta Paulette Lestafier, la concierge, se plaindre de ses rhumatismes et du chahut des voisins…

Dans le quartier bourgeois qu’habitait Héloïse, il s’était produit d’énormes changements les dix dernières années. En plus de la folie des promoteurs immobiliers qui avait fait disparaître du paysage quantité de maisons confortables mais ne répondant plus à la norme actuelle - entasser le plus de monde possible sur le plus petit espace possible - des vagues migratoires successives avaient modifié la physionomie des environs…

Dorénavant, Héloïse achetait son pain polonais, ses carottes et ses poivrons turcs, choisissait ses fruits chez le Marocain, recourait aux services bon marché des hommes de l’Est, et ne pouvait que donner raison à la concierge qui affirmait haut et fort que la ville était devenue une vraie tour de Babel et que la fin du monde n’était sûrement pas loin !…

Au fond, Paulette Lestafier n’était pas si folle qu’on le disait : la tension montait dans le quartier et, régulièrement, des bagarres éclataient, obligeant la Police à intervenir.

Dans la rue commerçante, Héloïse parcourut d’un œil gourmand le choix de « Nouveautés » dans la vitrine du libraire. Quelle chance ! Le livre de Christian Oster, Loin d’Odile, ainsi que La Correspondante, d’Eric Holder étaient en vente ! Au moins, elle aurait de quoi lire pour ce soir. Depuis son divorce et le départ de ses enfants, devenus adultes, il lui fallait sa dose quotidienne de lecture et de chocolat pour combler le vide de sa vie…

Quand elle quitta la boutique, ses livres sous le bras, les tiraillements de son estomac lui rappelèrent qu’elle n’avait encore rien mangé depuis son réveil. Elle n’avait pas envie de cuisiner : elle allait donc faire une folie et se payer un bon repas, dans un bon restaurant. Elle récupéra sa voiture, à deux pas de là, se laissa tomber lourdement sur le siège et démarra; au centre ville, elle eut la chance de trouver tout de suite un parking. Avant de sortir du véhicule, les premiers mots d’une Nouvelle lui vinrent à l’esprit mais elle les trouva tristement banals : J’ai roulé jusqu'au restaurant, je me suis garé(e) et je suis resté(e) un moment au volant pour réfléchir. Elle les gomma d’un seul coup et eut un petit rire : ce n’était pas encore cette fois-ci qu’elle gagnerait un concours ! Elle haussa les épaules et ouvrit la portière.

Dehors il faisait très doux, pour un jour de fin mars. Déjà certains passants avaient laissé tomber blousons ou parkas, et se promenaient, le nez en l’air, sensibles à la caresse du soleil.

Du haut de la Place Royale, Héloïse embrassa d’un coup d’œil le magnifique panorama: les bâtiments du fameux Mont des Arts brillaient de toute leur splendeur. En peinant un peu, elle entreprit la périlleuse descente le long des somptueuses façades, admirant la patine des maisons anciennes, pestant contre la rudesse des vieux pavés et les silhouettes filiformes des mannequins en vitrine qui lui rappelaient cruellement que, pour elle, ce temps-là était bien révolu!

Tout essoufflée à cause de son poids, elle passa devant la Bibliothèque Royale et aperçut, sur la droite, la façade Art Nouveau (verre et métal) du Musée des instruments de Musique. A l’entrée, une petite pancarte attira son attention : « La terrasse du restaurant est ouverte… »

Quelques minutes plus tard, elle quittait l’antique ascenseur à miroirs, lent et poussif, et découvrait le toit de l’immeuble.

Il faisait frais sur la terrasse pourtant inondée de soleil. Le serveur, très empressé, lui proposa une table près de la balustrade … Il lui présenta la carte avec un gentil sourire, sans ce regard apitoyé ou moqueur qu’elle surprenait d’habitude devant son embonpoint. Les plats semblaient alléchants, elle avait faim : son choix fut donc vite fait. Un quart d’heure plus tard, elle dégustait des aumônières de saumon, suivies d’une délicieuse cassolette de scampis, le tout arrosé d’un petit vin rouge qui lui colora les joues…

Après la tranche de Tiramisu (tant pis pour les calories !) et le café bien corsé, elle se sentit mieux et se cala confortablement dans son siège pour admirer la vue sur Bruxelles… Cela, toutes les grosses pouvaient le faire ! Elle était même devenue experte en la matière…

A hauteur des yeux, les anciens toits à pignons côtoyaient les mansardes abandonnées et le sommet des grues en pleine activité (elle en dénombra au moins sept !) Dans le lointain, les boules de l’Atomium, récemment restaurées, brillaient de mille feux ; le Palais de Justice dressait son imposante et austère silhouette…

Tout amollie par ses trois verres de vin, la grosse Héloïse se sentait à présent légère comme un papillon ou, tiens, comme cette mouche, furtive et indiscrète, qui s’était mise à tourner autour de la table, attirée par les reliefs du repas et les gouttes de sauce renversées sur la nappe… Elle dut fermer un moment les yeux pour chasser son vertige : elle avait perdu l’habitude de boire mais retrouvait avec plaisir cet état proche de l’euphorie, qui lui faisait oublier la monotonie de sa vie et ses rondeurs superflues…

Pour se donner une contenance, elle ouvrit un des deux livres achetés et tomba comme par hasard sur cette phrase: Disons qu'il fut un temps, pas si éloigné, du reste, où je vivais avec une mouche.

LES GROSSES POURRAIENT-ELLES Y ARRIVER ? Non, impossible ! Héloïse tenta d’ imaginer sa vie avec une mouche mais n’y parvint pas : tout insecte qui osait s’aventurer chez elle périssait, écrasé, sous la tapette en plastique qu’elle gardait toujours à portée de main…

Pendant ce temps, la vraie mouche avait interrompu son manège et se gavait de sauce à l’ail, penchée goulûment sur le rebord de l’assiette…

Dans un hoquet, Héloïse essaya de chasser l’intruse mais la mouche alla se poser un peu plus loin. Elle renonça à la poursuivre et s’enfonça un peu plus dans sa torpeur jusqu’à tomber, endormie, la tête sur la table. Dans son sommeil, elle se vit lauréate du Concours de Nouvelles : ses qualités littéraires étaient enfin reconnues ! Harcelée par ses fans, elle dédicaçait à tour de bras, pendant de longues séances dont elle ressortait, épuisée mais triomphante…

LES GROSSES PEUVENT Y ARRIVER ! C’était devenu sa devise : plus rien ne l’arrêtait… A côté d’elles, les auteurs des best seller faisaient pâle figure, avec leur silhouette et leurs allures de play boy ! Ils avaient été détrônés par « Madame Tout le monde », et une grosse, par-dessus le marché !

Elle emporta un jour avec elle le livre de Eric Holder, La Correspondante, et demanda à son auteur de le lui dédicacer. Elle ne lui dit pas qu’elle n’en avait lu que la première ligne : Ce fut durant le mois d'avril 1996 que je reçus la première lettre de Geneviève Bassano. Elle nageait en plein délire, délivrée de son corps pesant, de son mal être de grosse !

Elle en était à sa troisième séance de dédicaces quand un jeune lecteur s’approcha de son fauteuil et lui tapa sur l’épaule : « Madame, réveillez-vous ! Il commence à pleuvoir… »

Son œil égaré fit rapidement le tour de la terrasse vide ; la plupart des fauteuils s’entassaient déjà dans un coin… Elle régla l’addition en hâte, ramassa son sac, enfila son manteau et, légèrement titubante, alla se mettre à l’abri à l’intérieur du restaurant… Comme une somnambule, elle reprit l’ascenseur, descendit au rez-de-chaussée et se retrouva dans la rue. La pluie, qui tombait dru maintenant, acheva de la réveiller.

De retour chez elle, elle enfila un peignoir confortable, se sécha les cheveux et s’affala dans son fauteuil, avec un long soupir d’aise. Dans le miroir, la femme épanouie qui la regardait lui sourit et elle lui rendit son sourire. De son sac, elle extirpa le livre Loin d’Odile : elle avait envie de commencer par celui-là.

Au même moment, la mouche, qui s’était réfugiée dans l’emballage, en sortit furtivement et se mit à voleter dans la pièce. Héloïse la suivit un instant du regard, ouvrit la première page du livre et se plongea avec délice dans sa lecture.

Demain, elle écrirait sa Nouvelle et tout le monde verrait que : LES GROSSES ( AUSSI) PEUVENT Y ARRIVER !

20:41 Écrit par Anaïs dans Anaïs aime la vie | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

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Les perdantes du concours de nouvelles – épisode 2

luneLe moment est venu pour moi de rendre hommage à Magali. Enfin. Il était temps, et sa patience n’a aucune limite. Magali, c’est la plus fidèle de mes fidèles sans doute. Toujours là pour me glisser un petit mot gentil, poster un commentaire élogieux, m’envoyer un petit mail sympa. Elle et moi, on a perdu le concours « accro », mais l’important c’est d’avoir participé, en se motivant l’une l’autre. Elle et moi, on a perdu le concours « Femmes d’Aujourd’hui », mais on garde le moral. Et puis tout ça m’a permis de la connaître, c’est ty pas génial ?

Magali organise des ateliers lecture et écriture pour enfants et adolescents, je n’ai pas encore eu le plaisir de tester ceux-ci pour ma testing zone mais ça viendra un jour…

Mais qui mieux que Magali pourrait parler de ses ateliers, dénommés « La Plume de Lune » ?

Je la lui cède donc, la plume…

Une histoire ... La plume de Lune.

Lune anime des ateliers parce qu’elle aime les mots, les rimes, les sons qu’elle découvre et surprend avec les enfants entre 0 et 17ans. Elle rythme ainsi l’aventure des contes, des comptines, des racontines, des chansons ou tout simplement des histoires, des textes, des poèmes, à écouter, à lire, à regarder mais aussi à créer par les innombrables jeux merveilleux de l’imaginaire... Un monde où la plume est sa reine et les livres son royaume. Au cours des ateliers, les enfants sont emportés dans l’imaginaire et la création par le biais de jeux, d’apprentissage musical, d’histoires contées, d’exercices de coordinations vocales, d'expression corporelle, d'illustrations par le dessin ou le bricolage.

Pour toute info, contactez-la…

Magali m’a autorisée à publier sa nouvelle, voici donc la seconde fournée « Perdantes de Femmes d’Aujourd’hui »

femmes d'aujMon blog... mon destin.

J'ai roulé jusqu'au restaurant, je me suis garé et je suis resté un moment au volant pour réfléchir. Enfin je suis arrivé à destination sur ce parking quelque part entre Namur et Bruxelles . Je n'ai pas à me plaindre : un trajet parfait, rapide et sans encombre, comme je les aime. Je suis fier de moi, je n'ai pas loupé la sortie d'autoroute, même privé de mon gps. Alors pourquoi suis-je incapable d'ouvrir la portière pour courir la rejoindre ? Elle attend ce rendez-vous depuis six mois, elle me l'a confié au téléphone et là, sans crier gare, au retour de trois jours passés à la côte, le miracle se produit ! Bon sang Bruno, bouge-toi, tu ressembles à un pantin désarticulé collé à son siège. Elle t'attends, voyons ! Elle t'a prévenu, elle a de l'avance et toi tu traînes lamentablement, tu paniques ! Une seule phrase me vient à l'esprit pour me décrire : je suis honteusement ridicule et pathétique ! Impossible de me convaincre, je n'aurais jamais dû accepter cette rencontre, je vais gâcher ce monde que j'ai construit virtuellement pas à pas. C'est évident, mais quel idiot ! Quand je pense à ce dernier long commentaire qu'elle a laissé sur mon blog, je l'ai tellement lu et relu que je pourrais le réciter par coeur, l'écrire comme elle, les yeux fermés...

Coucou Bruno !

Me voilà, suis de retour ! Je me suis échappée trois jours du boulot pour profiter de notre bonne vieille côte. Le copain qui m'a invitée est propriétaire d'une charmante fermette au milieu des champs. Il est génial, je n'ai rien dû emporter mis à part mes affaires de toilette et de quoi me changer. J'ai même abandonné mon pc, incroyable non ? Oh j'ai une bonne excuse, le copain en question possède un ordi portable dernier cri top top top ! Et voilà qu'à mon arrivée, après m'avoir fait visiter les lieux, qui je dois l'avouer sont romantiques à souhait, il m'annonce que ce fichu ordi top top top ne veut plus se mettre en route ! Au secours, pas d'ordi top top top, pas de lecture Bruno, pas de passage intempestif sur ce blog adoré, pas de post à savourer ! J'ai du mal à me retenir, je vais exploser ! Je me force à garder le sourire mais tout au fond de moi je vocifère, je ggggrrrrrrrrr, je rrrrmmmmm, je.... non je ne peux t'écrire cela... je déborde tant ma déception est immense. Je suis dans une telle colère que je claquerais bien la porte pour rentrer chez moi illico presto.

Totalement anéantie, je me liquéfie de rage. Il ne me reste qu'à me vautrer dans le sofa pour marmonner inaperçue : pourquoi ne démarres-tu pas saleté d'ordi, ai besoin de toi, moi ! Evidemment à Wulpen, minuscule village côtier-campagnard, ( environ 6 kilomètres d'Oostduinkerke ) il n'y a pas de cybercafé ni d'épicerie d'ailleurs, juste des vaches et encore des vaches, ce ne sont pas ces litres de lait frais qui remettront l'ordi soi-disant top top top en route ! Vais tout de même pas aller en ville pour me dénicher un écran et siroter calmement tes textes, Bruno ! Tout le monde me prendrait pour une folle furieuse. Imagines les gens murmurer sur mon passage : la pauvre Cannelle, quarante ans, maman d'un super petit bonhomme, animatrice-conteuse pour enfants et voilà qu'elle retourne toute la digue pour se trouver un clavier. Une réputation d'enfer m'attend au tournant, elle se profile d'ailleurs insidieusement à l'horizon : « La dingo de Bruxelles », a-t-elle mangé du sable, est-elle grisée par les cris stridents de nos jolies mouettes, questionneront certains ! Mais non, c'est le soleil ou les crevettes qu'elle vient d'engloutir avec avidité, répondront les autres, compatissants !

Heureusement, je survis aux trois jours iodés. C'est pénible d'être aussi inefficace, j'ai beau essayer de réparer la bête top top top, je n'ai vraiment pas la main informaticienne pourtant ma mère me dit que j'ai la main verte, est-ce si différent ? Dites là-haut, un petit coup pouce serait pas de refus. Suis pas blonde les gars juste une nana châtain clair aux reflets miel oui mais pas blonds, je vous le jure ! Je n'en peux plus, je craque, je m'effondre. Tu n'oseras pas me croire, Bruno, je suis à bout, au bord du gouffre, au fond du ravin. C'est catastrophique !

C'est l'heure de rentrer à la casa, 130 kilomètres avalés avec une seule idée en tête... Zut aucune place pour me garer, pourquoi mes voisins ont-ils décidé de rester chez eux ce soir ? Sont-ils grippés ou fiévreux, en grève de sorties familiales malgré les vacances de Pâques ? Ils programment de bons films pourtant au ciné ! Je bondis enfin hors de la voiture, pique une pointe jusqu'à la porte d'entrée chargée comme un mulet. Mère indigne, voilà que j'oublie Nicolas mon fils sur le siège arrière, demi-tour, miss ! C'est inadmissible, comment me faire pardonner ? Sorry mon poussin, maman n'a plus toute sa tête, c'est le vent de la mer, tu te souviens des cerfs-volants et bien c'est la même chose, maman vole avec eux. Je fouille mes poches, où sont mes clés ? Je m'énerve. Cette satanée serrure bloque, elle résiste, je fulmine, j'ai chaud. Je dois ressembler à une tomate bien mûre ! Quelle cruche : logique que la clé coince, c'est celle du garage ! Je lâche lourdement mes paquets, abandonne Nicolas au beau milieu du corridor qui a maintenant des airs de souk. L' horreur moi qui suis si ordonnée ! Je grimpe quatre à quatre les marches de l'escalier qui m'emportent vers mon paradis (si si je ne te mens pas ! ) et zou je m'installe face à mon bonheur. Ouf, il démarre, je suis rassurée. Il ne s'agît donc pas d'une panne générale ni d'un mauvais sort que quelqu'un m'aurait lancé. Je fonce sur mes favoris, clique, clique, reclique et je choisis : BRUNO ! Ahhhhhhhhhhh, je respire, mon corps apaisé souffle, toutes mes tensions s'évanouissent. Je me délecte déjà. Mon coeur allégé bat la chamade. J'oublie toutes mes souffrances mais également tout ce qui m'entoure. Le reste attendra bien, le monde peut s'écrouler, tant pis ! Suis-je démente, penses-tu ? Non juste accro à toi, Bruno, à ton blog dont je ne peux désormais me passer. Tes sujets, tes humeurs, tes mots font que je..., comment t'expliquer ? Ne panique surtout pas, je ne suis pas une obsédée doublée d'une nymphomane sortie en douce tout droit de l'asile. Tu m'inspires simplement, un roman gros comme une brique ne suffirait pas à définir ce que je ressens pour toi ! Alors dis-moi et si l'on se rencontrait, qu'en penses-tu ? Je te laisse à tout hasard mon numéro 0479650028.

Cannelle.

Deux heures plus tard, j'ai envoyé un message à Cannelle pour lui annoncer que j'acceptais. Mon téléphone a bipé toute la soirée, des cris de mouettes, un signal sms téléchargé quatre jours plus tôt, bizarre cette coïncidence ! Et me voilà maintenant sur ce parking quelque part entre Namur et Bruxelles. Les minutes s'égrainent, je suis comme paralysé. Quand soudain on frappe à la vitre, je sursaute. Elle est telle que je l'avais imaginée...

« Salut! C'est toi, Bruno ? Pourquoi as-tu éteint ton gsm ? T'as pas faim, on y va dans ce resto ? Alors tu viens ? Ooooh, tu dors ou quoi, c'est moi... Cannelle ! »

Suis-je pris au piège, dois-je m'enfuir ? Etrange, j'ai l'intime sensation d'avoir pour la première fois ma vie en main. Vite, vite Bruno secoue-toi, sors de ta bulle, tu ressembles à un paresseux accroché à sa branche ! N'es-tu pas prêt à l'emmener au bout de ton chemin. N'as-tu pas compris que ton blog c'est ton destin, oui ton destin Bruno...

10:55 Écrit par Anaïs dans Anaïs aime la vie | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

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Schmilblick de mon sac de fille

Comme mon sac de fille vient d’être mis en ligne, (ouf, c’était pas du racisme anti-belge, j’a yeu peur), je relance le concours pour découvrir l’objet mystérieux à forme de soucoupe volante… J’attends vos réponses…schmilblickJ'en profite pour vous inviter à visiter « Mon sac de courses ».

23:27 Écrit par Anaïs dans Anaïs aime la vie | Lien permanent | Commentaires (13) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

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Les perdantes du concours de nouvelles – épisode 1

femmes d'aujVoilà, le sort en est jeté, la grande gagnante du concours de nouvelles de Femmes d’Aujourd’hui est connue, et ce n’est pas moi. Vous pouvez lire sa jolie nouvelle sur le site de Femmes d’Aujourd’hui.

Apprenant cette dramatique nouvelle (pas la nouvelle de la gagnante, la nouvelle que je n’ai pas gagné – ce qui ne me surprend pas, j’ai ramé pour écrire cette nouvelle, et je n’en étais pas totalement satisfaite, loin de là), j’ai décidé de mettre à l’honneur les perdantes, via mon blog. Après tout y’en a marre de toujours perdre.

Vous pourrez ainsi lire une nouvelle sur le site de Femmes d’Aujourd’hui, et une ici, c’est pas magnifique ça ma bonne Dame ?

Je n’ai à ce jour reçu que deux nouvelles, dont si vous avez perdu le concours, et si le cœur vous en dit, ne pleurez plus, contactez-moi vite, et vous serez mise à l’honneur sur ce fabuleux blog mondialement connu, c’est encore mieux non ? Non, c’est pas mieux, je sais, mais ça compense. Sauf qu’ici, je n’ai pas 500 eur à vous offrir…

Commençons immédiatement avec la nouvelle de la célèbre Céli (son blog), que je connais depuis le quasi tout tout tout début de mon blog. Bonne lecture.

L’écorce et l’écume.

J'ai roulé jusqu'au restaurant, je me suis garée et je suis restée un moment au volant pour réfléchir. Ça fait 2 ans que ma vie n’en était plus une. Je voulais la voir à travers des lunettes roses, mais il y avait toujours de la buée sur les verres, c’est con ! Con comme l’amour, comme une bûche !

J’allais fêter mes 30ans et je me disais 30ans c’est … c’est comme mettre des années d’enfance, d’adolescence derrière soit comme boucler un premier tome de sa vie ! Mariée depuis 5 ans, habitant un petit appart en ville, un travail, des amis, des poissons rouges et deux chats roux, je pensais vivre une vie de carte postale. Comme le chantait Cloclo : « Si j’avais un marteau, je cognerai le jour, je cognerai la nuit, oh oh ce serait le bonheur »…. Ah le bonheur ! Pas vraiment, ma vie pouvait se résumer de la sorte : une vie de couple bien encroûtée, même enlisée, sans plus aucune surprise, quoi que …

Pour fêter cet anniversaire, digne d’un rite de passage à mes yeux, je rêvais d’un voyage : Pas de pays lointain, ni d’un autre continent, mais de phares, de mer et de mouettes ! Je lui avais même déjà trouvé une chanson : « Belle île en mer, Marie-Galante, Saint-Vincent, loin Singapour, Seymour, Ceylan » .J’avais envie d’embrun, de houle, d’hallebarde et de dentelle : Envie de Bretagne !
« Ouessant », « Ile aux moines », « les Cornouailles », bouts de terres entourées d’eau, petites perles de mer ! C’était mon Venise à moi, le sommet du romantisme : Un pull rayé, un ciré jaune et des bottes en caoutchouc ! Manger des crêpes avec de grandes lampées de cidre de pomme. J’y étais déjà moi dans ma petite « Ile de beauté » Normande. J’ai espéré, j’ai laissé des indices, rien n’y a fait ! La surprise ? Des portes de placards en pin. ( ?)Dans un sens, je remercie l’esprit pratique de Bernard, grâce à ces placards j’ai eu de quoi ranger mes cadeaux antérieurs : Machine à pain, grille viande, robot mixer, trancheuse …. Ah l’Amour ! Heureusement qu’il existe des armoires pour le protéger de la poussière.
À peine les portes posées et lustrées, j’ai voulu y voir une autre symbolique ! Mais oui, le bois est un matériau noble, solide, durable, fort, robuste et qui devait donc être l’emblème de l’intensité de notre amour. Qu’il est bon de savoir interpréter l’allégorie des mots ! Offrir des roses c’est déclarer sa flamme, offrir des portes en bois, c’est « Toucher du bois » pour que l’avenir soit rose, c’est faire « feu de tout bois » pour que l’histoire perdure ….. C’est « faire prendre racine » à notre future famille ! De plus, devinez ? 5 ans de mariage équivalent aux noces de bois ! C’est un signe non ?

Drôle de signe, car je n’ai pas vu venir le chèque en bois. Il a voulu noyer le poisson en utilisant la langue de bois et au final, il a mis les bouts…. bref, il y avait un nœud dans le sapin ! Ce n’est pas mon genre de casser du bois, mais la vérité est là : Nous n’irons plus au bois, un mois après cet aggloméré, imitation pin, notre amour est parti en copeaux, en rognures et en cendre !
Nous étions le 15 août, 227e jour de l’année, 228e en cas d’année bissextile, (Quoi tout le monde sait cela, Non ?) Si on m’avait appelé Marie cela aurait été doublement ma fête ! C’était une date à graver sur une plaque (de bois peut-être) ! Feu de Bengale magistral. Mais bon là, j’ai la gueule de bois moi ! Qu’est ce qui m’arrive ? Où va ma vie ? Mes amours ? Mes emmerdes ?
Il avait donc décidé de faire une croix sur moi, mais avant de partir, il m’a laissée un souvenir imputrescible (il devait être plus très fiable !), quel joli « contreplaqué » !

« Le roseau se plie, mais ne se rompt pas », écrivait Jean de Lafontaine, j’ai pourtant plié l’acte de divorce dans mon sac et nous avons irrémédiablement rompu à mes 31ans. A la dérive comme une barque en bois sur les flots de la solitude et des questions : Où vais-je dans quel état j’ère ? Même pas une allumette Suédoise pour m’éclairer !

C’est à ce moment précis où, j’ai eu mon grain de sel de Guérande dans la tête : Caroline, réalise ton rêve de tes 30 ans : Le corps noué, cap sur les Cornouailles ! Après avoir perdu « l’Amor », à moi les côtes d’Armor ! Que des noms chantant à mon oreille : Plougastel, Quiberon, Quimper…..qu’importe le lieu pourvu que l’ivresse du cidre y soit ! Les mégalithes, les menhirs, les dolmens, les légendes, les trolls et autres fées, le folklore, le crachin, le vent, les huîtres … de quoi se remonter le bourrichon !
Dans mon périple, je me suis retrouvée à la « fête des mouettes » : musique et danse Bigoudène, tourbillon des fanfares au son du biniou et de la bombarde. J’ai dansé à la fest-noz en chantant à tue tête : « Ils ont des chapeaux rond, vive la Bretagne. Ils ont des chapeaux ronds, vive les Bretons ».

C’est là, entre 2 farandoles et 3 « changez », que je me suis retrouvée face à lui ! Son sourire émaillé de blanc, sa peau à peine tannée par le soleil de Bretagne et sa main rugueuse, mais tellement tendre…. j’ai craqué comme une brindille bien trop frêle ! Le temps de tournoyer, de virevolter de se présenter et d’amarrer, je n’ai plus lâché la main de Loïc. Je sais, c’est bateau comme prénom !
A minuit, tout s’est arrêté : Le temps, l’espace, les gens, Le bruit. Je n’entendais plus que mon cœur pulser dans mes tympans. Dans l’obscurité la plus totale, je n’ai jamais vu aussi clair ! À travers ses pupilles brillantes, j’ai vu scintiller le rouge, le vert, le bleu, l’or et l’argent des explosions pyrotechniques. Sans artifice, j’ai vu le feu de la vie reprendre !Il m’a attiré contre son torse chaud et m’a enlacé dans ses bras. Là, mon oreille collée à la hauteur de son cœur, voguant au même tempo que le mien, j’ai écouté la plus belle des mélodies ! A ce bonheur sucré, il a ajouté le sel de ses lèvres, gentiment, chastement, tendrement.
Je n’avais ni faim, ni soif, ni sommeil, ni peur, ni regret, ni angoisse, ni doute. Fini le coup de bambou, la sève est montée en moi ! Par pudeur, ou par égoïsme, je garde pour moi la douceur de nos caresses, la fusion de nos corps et la tendresse de nos sourires…Cette nuit là, j’ai perdu mon écorce rugueuse et je me suis laissée bercée par les flots !
Comme le destin est taquin : C’était le Week-end de l’assomption ! Mais cette fois c’était Noël en plein mois d’août !
Combien de temps suis-je restée ? 2 jours ? Une semaine ? J’ai perdu toute notion du temps ! Mais est arrivé le moment où, nous avons dû nous séparer. Comme à 15 ans, le cœur déchiré, j’ai quitté mon amour de vacances ! Comme des adolescents, lettre après lettre, e-mail après e-mail, SMS après SMS, de promesse en promesse, … la distance a eux raison de nous !

Et me voilà, quelques mois plus tard, devant le restaurant, « La crêperie de la baie ». Je regarde encore, quelques instants, dans mon rétroviseur en souriant : j’ai offert mes chats roux, les poissons rouges à ma voisine, j’ai jeté aux ordures mes ustensiles de cuisine, j’ai lustré une dernière fois les placards en pin, en me disant que c’était finalement, un beau radeau, sans méduses. Comme je le disais, la distance a eu raison de nous : Me voilà à bon port, parmi les trolls et les fées, prête pour l’abordage. Le sel marin me fouette le sang ! Loïc, Je t’interdis de m’offrir un mixer, une machine à pain ou une trancheuse et encore moins de placards ! De toi, je n’attends que de l’impalpable, du rêve, du paradoxal ! Certain rêve de l’Amérique, moi, l’Armorique est mon eldorado. Je suis prête pour le deuxième tome de ma vie et je rêve d’ajouter à notre arbre généalogique, les prénoms Gwénaëlle, Erwan ou Nolwenn !

Comment définissez vous le mot paradoxal ? Certainement comme quelque chose de « bizarre », « absurde », « illogique ». Moi je l’exprime comme ceci : « Phase du sommeil caractérisée par une intense activité cérébrale et pendant laquelle se déroulent les rêves ». Si je rêve, laissez moi dans mon songe…. Ou mes mensonges !

13:04 Écrit par Anaïs dans Anaïs aime la vie | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

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L'avant-après de Paris

Offert par Nuages (lien dans mes blogs de mecs), merci Nuaaaaach

parisavant

 

parisapres

10:36 Écrit par Anaïs dans Anaïs aime la vie | Lien permanent | Commentaires (13) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |