13
sep

Dialogue de bêtes… dialogues de filles...

Elle : "on écrit grande-tante ou grand-tante ?"
Moi : "pense à grand-mère : grande-mère ou grand-mère ?  Pour grand-tante, c'est pareil"
Elle : "Oui Schtroumpfette à lunettes"
Moi : "Je sais je sais, je suis saoulante avec mes explications (mais si tu donnes un poisson à un homme, il mangera une journée, si tu lui apprends à pêcher il mangera toute sa vie, idem pour l'orthographe), et tu sais comme je suis un tantinet obsessionnée par l'orthographe"
Elle : "Obsessionnée ?  Oups…"
Moi : "Ben oui, tu sais bien que j’invente des mots, un peu comme je dirais culturée"
Elle : "Oui, ça va j'avais compris"
Moi : "Ouf, j'avais peur que tu croives que je m'étais trompettée"
Elle : "oh, tu vas arrêter avec tes blagues à huit zeuros ?"

En live, c'était à mourir de rire, tout simplement.  Parce que quand on commence à rire de n’importe quoi, on finit par rire de tout, et c’est ça que j’adore dans le fait de rire.  Bon, par écrit, ça perd évidemment de son charme, mais voilà, ça restera dans les annales de mes séances rires avec… elle se reconnaîtra.

Dessin du talentueux Benjamin Lacombe, à découvrir ici. 

chiens

12:30 Écrit par Anaïs dans Anaïs aime la vie | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

10
sep

Y’a du soleil et des namourettes, darladirladada

namourettecitad
Une journée de congé.  Une journée de congé ensoleillée.  Une journée de congé ensoleillée en bonne compagnie.  Une glace.  Une balade.  Une Namourette qui passe.  Une idée.  Une bonne idée : une virée en Namourette. 

Vu mon incapacité à lire un horaire de Namourette, nous vlà condamnées à attendre une heure (cette idée de ne faire passer qu’une Namourette à l’heure, la ville de Namur doit manquer cruellement de budget, bizarre puisque nos impôts viennent d’augmenter d’un demi pour cent, si je ne m’abuse).

Arrive une sympathique mamy accompagnée de son petit-fils.  Elle nous demande en tremblant « elle part quand, la prochaine Namourette ? »  Bonne nouvelle chère Médéme, je viens d’étudier tout l’horaire, je peux vous répondre très précisément : encore 23 minutes et 56 secondes de patience.  Elle frôle alors l’évanouissement, et m’explique qu’elle « titanise » de devoir monter dans l’embarcation, qu’elle a failli se noyer à plusieurs reprises, et patati et patata.  Intarissable.  Le stress doit accentuer sa bavardite aigue.

Je retiens son expression « je titanise », allusion au célèbre Titanic, et me promets de la ressortir un de ces jours (du genre quand je ferai une croisière, « il fut un temps où je titanisais énooooormément, mais j’ai suivi une petite thérapie durant treize ans, et depuis je vais beaucoup mieux, je ne titanise qu’en cas de tempête, prout ma chèèèèère »).  Bien trouvée, l’expression.  Je la note dans un coin de mon neurone encore actif.

Arrive ensuite un paquet de mômes accompagnés de leurs parents (pourquoi sont pas au camp, à la colonie, chez mère-grand, à la cave, en stage, ces mômes ?)

Et notre titaniseuse folle d’en remettre une couche « j’ai très peur du bateau, je suis titanisée par l’angoisse ».  Glups.  Ce que j’avais pris pour un magnifique jeu de mots n’est en fin de compte qu’une simple erreur de français.  Ô rage ô désespoir. 

Nous embarquons tous pour la croisière s’amuse sur la Meuse. 

Trois enfants se mettent illico debout, à la merci d’une vague violente qui les projetterait par-dessus bord, tout ça sous le regard niais de leurs grands-parents, lesquels se contentent d’un mielleux « asseyez-vous les petits ».  Résultat : nada.  Ils se mettent ensuite à faire tanguer l’embarcation en tirant sur les cordages, sous le regard toujours niais de leurs aïeuls, qui se contentent cette fois d’un « ne touchez pas à ça mes chéris ».  Non mais.  Y’a des baffes qui devraient se perdre.  Et je parle des deux petits vieux, qui n’ont aucune conscience du danger qui guette, ma parole.  Pendant ce temps, j’angoisse pour des gosses que je ne connais ni d’Eve ni d’Adam.

La Namourette quitte le porte, et je quitte le monde des humains pour m’envoler dans la féerie.  Deux cygnes se bagarrent.  Cette scène de ménage m’émeut (savez-vous que les cygnes sont fidèles toute leur vie, certains humains devraient en prendre de la graine).  Le soleil me chauffe le visage, le vent s’en mêle.  Je me crois sur le Titanic.  Je suis Kate.  Où est Léo ?  Je vais me mettre debout et crier « I’m the king of the world ».  Je vais le faire.  On parie que je vais le faire ?  Je le fais pas.  Je reste assise, je vais pas critiquer les marmots et leurs ancêtres gâteau pour ensuite faire chavirer le rafiot en portant mon poids vers l’avant.

Nous passons sous un pont, d’où pendouille une énorme corde.  Ça me rappelle les manèges pour enfants, où celui qui attrape la « floche » gagne un tour gratuit.  Impossible cependant de l’attraper sans tomber à l’eau.  Dommage.  J’aurais bien tenté ma chance pour une croisière s’amuse en Namourette supplémentaire.

Un photographe nous mitraille.  Je me surprends à rêver qu’il s’agisse de celui de bia-bouquet.com.  Je lui fais de grands signes débiles. (Il s’avère que c’était pas lui, dommage).

J’adore jouer la débile.  Qui a osé dire « tu ne joues pas, Anaïs » ?

La petite croisière se termine sur fond de glace (spéculoos et meringue italienne, pour les gourmands, un régal) et de bronzette.

J’aime les vacances.  J’aime le soleil quand il daigne nous faire cadeau de quelques rayons.

Photo provenant du site Bia-Bouquet.

06:15 Écrit par Anaïs dans Anaïs aime la vie | Lien permanent | Commentaires (13) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

30
aoû

Les perdants du concours de nouvelles – épisode 9

femmes d'auj
Dernière semaine d’août, dernière nouvelle…  Rachel nous propose sa nouvelle de l’an dernier, à déguster sans modération.

Pas de nouvelle la semaine prochaine, mais je vous concocte une petite surprise, vous allez adorer.  Alors rendez-vous jeudi prochain pour découvrir… mais je ne vous en dis pas plus.

Un jour de Chance

Mélangez. Coupez, main gauche.
Dans un silence presque palpable, Myriam mélangea. Les cartes battues et coupées furent reprises d’un geste ample par la femme assise de l’autre côté de la table. Femme qui ne se différenciait en rien des autres : menue, cheveux bruns aux reflets roux, yeux pâles en amande, une bouche trop grande. Seules les mains étaient particulières : de grandes et fines mains. Son regard quitta la femme. La pièce où elle se trouvait était petite, quelques bibelots posés ça et là, quelques photos : des gens souriants, d’autres non. Sur la table, une bougie blanche. Allumée. Un carnet de rendez-vous griffonné, un bic, des cartes et un pendule.
Bien. Etes-vous prête à tout entendre ?
Myriam sursauta. La femme la dévisageait avec un sourire en coin.
Myriam se replia sur elle-même, mit les mains entre ses cuisses intérieures et hocha la tête en signe d’assentiment.
Détendez-vous. C’est la première fois …?
Oui, je stresse un peu …
Allons. On y va ? Pour tout ? Le bon comme le mauvais?
Oui. Dites moi tout, répondit plus clairement Myriam tout en se redressant.
Elle se rapprocha de la table et se frotta les mains l'une contre l’autre comme si un froid l’avait soudainement transpercée …
   - Vous êtes mariée. Pas d’enfant. Une maison. Vous
Conduisez trop vite : levez le pied …
Ce n’était pas des questions mais des affirmations en chaîne. Myriam hochait la tête. Cependant, la femme ne la regardait que rarement. Elle semblait être là sans y être … Drôle d’impression. Tout allait trop vite. Elle avait peur d’oublier ce qui se disait … Elle se reprit et écouta, plus attentive :
Votre destin est en train de changer. Un grand changement arrive au galop. A côté de votre homme de cœur, une femme qui a de l’importance pour lui ? savez-vous qui c’est ?
Sa mère, peut-être ?
Non. Quelqu’un d’autre.
Je ne sais pas …
Je ressens de la tristesse le soir au foyer. Vous vous sentez seule.
Oui, un peu …
Le bonheur est là qui vous attend. Un grand changement pour vous. La réussite sur la tristesse. Vous avez espoir et gain de cause. Un choix à faire. Difficile et douloureux : vous devrez le faire.
Un enfant ?
Pas tout de suite. Pas avec votre homme de cœur.
Myriam tressaillit.
Pas avec mon mari ? Pas possible, je ne connais personne d’autre et ce n’est vraiment pas mon style …
Je vous dis ce que je vois. Tout choix est la liberté de chacun. Les cartes me donnent un aperçu de votre vie maintenant… Si vous ne faites rien, votre cycle de vie actuel est reporté pour les cinq prochaines années… Tenez : prenez celui-ci.
La femme présenta un autre jeu. Myriam les mélangea en tremblant un peu. Elle trouvait les révélations plutôt rocambolesques. La femme poursuivit :
Je vois qu’une grande décision sera prise. Attendez …
Myriam surprise par le changement de ton de la femme, la regarda et vit celle-ci devenir pâle, le regard lointain, respiration coupée.
Un trou blanc. Le mot «loup» revient sans cesse. Du blanc. Beaucoup de blanc. Une rose. Rouge.
Je n’aime pas les roses et encore moins les rouges !
Et bien vous apprendrez à les aimer !
La femme refit plusieurs fois des jeux différents. A chaque fois, les mêmes choses revenaient : un changement de destin sur une décision et le soleil derrière les nuages…
Myriam paya la consultation et sortit troublée, fâchée et encore plus perdue que lorsqu’elle était entrée.
Elle était déçue. Elle avait l’impression d’avoir perdu son temps et son argent. Elle n’avait pas entendu ce qu’elle souhaitait entendre. Et puis, un enfant ! D’accord, avec Stephan ! Elle ne voyait pas qui d’autre … Et puis quand même ! Elle haussa les épaules et décida de ne plus y penser. Lorsqu’elle verrait son amie friande de ces choses là, elle lui dirait sa façon de penser !

Il était midi. Sa journée était libre. Que faire ? Elle entra dans sa voiture et resta quelques instants sans savoir quelle direction prendre. Elle n’avait pas envie de faire les boutiques … Elle décida de rentrer chez elle, se reposer un peu. Et pourquoi pas préparer une surprise à Stephan ? Une maison impeccable, une belle table et un bon repas en amoureux ? Il y avait longtemps qu’ils n’avaient plus partagé un tel moment ! Il devait rentrer vers 19h. Elle avait le temps d'organiser tout, à son aise …
La voiture démarra. Au volant, une femme d’une trentaine d’année, cheveux courts, pseudo blonde suivant les mois où on la rencontrait, mais avec le sourire aux lèvres …

Le temps était maussade. Un petit crachin tombait. Le ciel était encombré de nuages gris et noirs. Sale temps. Inexplicablement, Myriam se sentait bien. Comme si les nuages et le temps grisâtre n'avaient pas de prise sur elle.
Et puis, qui sait ? "Elle" pouvait fort bien se tromper … Ils n’avaient plus parlé d’enfant depuis un certain temps mais peut-être que ce soir ? …
Sans le vouloir, les paroles de la femme lui revenaient en vague … un changement de vie ? bien sûr, un enfant : ça vous change une vie ! Une décision à prendre ? Forcément : elle arrêterait sa pilule ce soir après en avoir parlé à Stephan. Et ils s'y mettraient de suite ! Elle repensa à l'Autre. L'autre femme. Son mari et une autre ? Absurde. Il rentrait tous les soirs à la même heure et son comportement n'avait pas changé ! Oui, c'est vrai, il était un peu moins amoureux qu'au début de leur relation mais il était tellement pris par son travail ! Et puis, il venait de relever un nouveau défi professionnel! Une autre femme ? Impossible ! Bien sûr, il y avait la nouvelle responsable ! Mais n'avait-il pas affirmé qu'il la détestait et qu'il se disputait avec elle sous prétexte qu'ils n’avaient pas la même vision des choses ? Il avait même voulu remettre sa démission. Elle, Myriam, avait réussi à l'en dissuader …
Maintenant, le calme semblait revenu. Il était reconnu pour son travail et les conflits avaient cessé. Et le blanc ? Elle sourit : elle en avait marre de son living trop classe, trop blanc. Elle voulait repeindre un mur rouge brique pour donner un peu plus de chaleur dans la pièce, et bien, voilà le blanc et la touche de rouge pour la rose ! Tout vraiment pouvait s'expliquer !
Elle était maintenant impatiente de rentrer ! Vite, ranger la maison, vite, préparer le souper. Elle aurait ainsi le temps de dresser une jolie table, et surtout se faire une beauté ! Opération épilation d'abord ! Vite, vite, le temps fuit !

Arrivée devant chez elle, elle remarqua la voiture verte de Stephan. Tiens ? Rentré ? C'était inhabituel. Il lui aurait dit s'il avait pris congé … quoique, elle-même ne lui en avait pas parlé : il aurait trouvé ridicule de "gaspiller" un jour de congé pour aller chez une voyante ! Elle l'entendait déjà ! A moins qu'il ne soit malade ? Peut-être avait-il oublié un dossier sur son bureau ?
Elle se gara derrière la voiture, sortit à toute vitesse, pressée de le voir. Elle entra dans la maison non fermée. Personne dans la cuisine. Personne dans le salon. Personne dans la salle à manger. Rien. Elle s'arrêta au milieu du couloir. En bas des escaliers. Des bruits. En haut. Non ! Pas des bruits : des rires ! Un rire. Une cascade de rires. Elle monta en courant à l'étage et à toute volée, ouvrit la porte de la chambre : ils étaient là, tous les deux, nus, encore enlacés, pétrifiés dans leur impudeur.
La femme. Belle. Elle reçut son regard confiant comme une gifle. Gagnante. Lui, gêné, remettant le drap sur lui, muet, n'osant affronter son regard … Elle le regarda un bref instant puis s'enfuit en courant. Elle dévala l'escalier, sortit de la maison, laissant la porte grande ouverte et monta dans l'auto. Elle démarra en trombe en faisant crisser les pneus. Elle ne savait pas si elle pleurait ou si, tout à coup, il pleuvait à torrent. Dans sa tête, trop de choses : que faire ? Fuir ! Où aller ? N'importe où ! Droit devant. On verrait après ! Et cette femme ? Au fond d'elle-même, elle se rendit compte qu'elle savait. Depuis le début, elle ne s'était pas battue. Le temps l'avait changée : elle n'était plus aussi souriante que par le passé. Elle l'avait tellement négligé ! Il lui avait pourtant dit qu'il n'en pouvait plus de cette vie morne. Elle n'avait pas compris. Il était trop tard …
La route, le ciel, elle, tout était gris. Elle s'engagea droit devant, puis, soudainement, pris une petite route sinueuse qu'elle ne connaissait pas, mains crispées sur le volant … Elle poussa sa cassette et mit le volume à fond. Chanter pour oublier … Mais ce n'étaient pas des notes de musique qui sortaient de sa gorge, seulement des cris déchirants …
Au détour d'un tournant, une voiture face à elle. Elle vit deux phares blancs. Blanc. Blanc. Puis plus rien. Que du blanc…

Une semaine plus tard.
Bienvenue parmi nous. Tout va bien désormais. Vous avez eu un accident grave mais beaucoup de chance : une jambe cassée. Bientôt, vous pourrez retourner danser! Vous êtes restée dans le coma une semaine. Heureusement, vous n'avez gardé aucune séquelle ! Une bonne étoile a veillé sur vous !

Myriam voulut parler mais aucun son ne sortit de sa bouche tant celle-ci était sèche.
Ne parlez pas. Je vais demander que l'on vous apporte un peu d'eau. Je viendrai vous voir demain. Je pense qu'il y a là, quelqu'un qui attend votre réveil avec impatience. A demain.

Le médecin sortit de la chambre, découvrant ainsi, au pied du lit, assis timidement dans le fauteuil à côté d'elle, un homme de son âge qu'elle ne connaissait pas. Elle tourna doucement son visage vers lui et le regarda étonnée :
Bonjour. Je m'appelle Jean-Lou. Je …  je, c'est moi qui suis responsable de votre accident. J'ai perdu le contrôle de ma voiture sous la pluie. Je vous demande pardon.

Myriam le regarda plus attentivement : dans ses mains, une rose rouge …

Rachel Colas


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23
aoû

Les perdants du concours de nouvelles – épisode 8

femmes d'auj
Avant-dernière semaine de parution... Tess m'a proposé une seconde nouvelle, que j'ai acceptée avec grand plaisir.  Bonne lecture. 
 
Rupture


Disons qu’il fut un temps, pas si éloigné du reste, où je vivais avec une mouche ! …

Notre cohabitation avait débuté, tout à fait par hasard, un jour de canicule… Accablée par la chaleur, je m’étais effondrée sur mon lit, incapable de faire un mouvement…  L’attrape-mouches, qui pendait au plafonnier, au-dessus de ma tête, vibrait de vrombissements aussi désespérés qu’ inutiles…  Les insectes, affolés, s’engluaient inexorablement dans la colle luisante…
Le papier, déroulé en spirale, se couvrait petit à petit d’une mer de mouches, presque toutes immobilisées à tout jamais…  Quelle horrible fin !  songeais- je, un peu dégoûtée.

Le silence se fit un moment, le temps qu’une nouvelle victime tombe dans le piège :   Bzzzzzzzzzzzzzz …  bzzz … bz. !
 
La dernière captive, collée sur le bord du papier, se débattait avec l’énergie du désespoir : par chance elle était tombée sur une de ses congénères  et avait réussi à libérer la moitié de ses pattes, en prenant appui sur le dos de sa voisine…  Du haut de ce promontoire, elle semblait évaluer ses chances de salut avec angoisse…  

En agitant frénétiquement ses ailes, la malheureuse réussit à s’extirper du piège qui avait été fatal aux autres… , arrachant en même temps une de ses pattes médianes qui frétilla encore un moment avant de s’immobiliser pour toujours…

Un peu étourdie, elle tomba sur l’oreiller, juste à côté de ma tête…
Dans un demi-sommeil, proche de la torpeur, j’eus alors la surprise de ma vie : l’œil à facettes, agrandi par la proximité ( il était à quelques centimètres de mon œil à moi, ) cet œil, donc, semblait fixer le mien avec curiosité… et j’eus même l’impression qu’il y contemplait son reflet…

-    Tu divagues, ma vieille ! C’est la chaleur…  

Pourtant, je voyais nettement l’insecte, aux deux antennes en mouvement, tâter ses pattes collantes, tout en inspectant son reflet dans le fond de mon œil…   Mal à l’aise, je reculai légèrement sur mon drap, m’efforçant de mettre une certaine distance entre la mouche et moi…  En pure perte…  D’un petit saut, elle reprit sa place et continua l’inspection de son thorax velu et de ses ailes irisées, imprimant à son corps un mouvement tournant, à la façon d’une coquette virevoltant devant son miroir…
Quand elle eut terminé le tour du propriétaire et mesuré l’étendue des dégâts, la mouche alla se réfugier dans un coin de la table de nuit où, eu égard à son courage et à sa ténacité, je résistai à l’envie de l’écraser…

- Quoi !  Elle venait d’échapper à une mort affreuse !  Je n’allais pas anéantir tous ses efforts d’un coup de tapette !  Elle méritait mon admiration et je ne manquai pas de le lui dire à haute voix, provoquant – je l’aurais juré- une satisfaction bien légitime…  Si elle avait pu, je suis sûre qu’elle aurait rougi !!!
Vaguement attendrie, je rapprochai d’elle la soucoupe de ma tasse de thé, dans  laquelle avait coulé un fond de tisane à la menthe, sucrée et parfumée…  Elle devait avoir soif, la pauvre !
Je la laissai, penchée sur le breuvage odorant, aspirant jusqu’à l’ivresse la boisson reconstituante…  Après l’effort, le réconfort…  

La fin de la journée s’étira, moite et collante, et je me traînai, sans énergie, sans aucun rendement dans mon travail…  La chaleur avait un effet ramollissant sur moi !
Avec le soir, alors qu’un souffle d’air, malheureusement tiède, passait péniblement entre les lamelles des persiennes, je soupai de quelques fruits, ayant laissé tomber mes chaussures et rafraîchi mes pieds douloureux et mon visage échaudé par la canicule.

L’orage tardait à venir mais il rôdait déjà dans l’air lourd et suffocant, comme quelque animal prêt à bondir sur sa proie…  Je me réfugiai dans un fauteuil, à l’angle de mon living, dans une pénombre protectrice et m’apprêtais à re-plonger dans un sommeil vaseux quand un petit bruit me fit lever la tête…  On aurai dit un toussotement ( comme celui de quelqu’un qui essaye d’attirer discrètement l’attention…)
J’était pourtant seule dans mon appartement !  Trois semaines déjà que Jonathan m’avait quittée, pour la nième fois, lassé de mes sautes d’humeur et de mes accès de colère…  Avait-il gardé une clef ?  Voulait-il me faire la surprise de  re débarquer dans ma vie ?
Je décidai d’ en avoir le cœur net : je me dirigeai donc vers l’entrée et, par l’œilleton fiché dans la porte, j’inspectai le palier… désert et silencieux…  Fausse alerte !  
Le toussotement reprit, plus fort et plus énergique : il semblait dire :
« Regarde un peu du bon côté ! »
Et je me tournai effectivement vers la chambre où la mouche ( à laquelle je ne pensais déjà plus) piétinait d’impatience sur le rebord de la table de nuit :  la soucoupe, nettoyée de fond en comble, étincelait de propreté…  Eberluée, je constatai que l’insecte avait croisé les pattes ( du moins ce qu’il lui en restait) sur son thorax et regardait d’un air sévère dans ma direction, comme pour me faire comprendre ( mais était-ce possible ?) qu’il était grand temps de le ravitailler !  
Tout le monde sait que le culot, cela paie !  
L’instant d’après, je coupais en portions minuscules deux ou trois morceaux de fruits, restant de mon repas, et les apportais docilement à mon invité(e) ( ?) qui ne se fit pas prier…  
Je ne connais pas avec précision l’étendue de l’appétit d’une mouche mais j’étais immanquablement tombée sur la mouche la plus goulue de la saison !  En un rien de temps, le repas fut englouti et l’insecte, repu, s’installa pour la nuit, à la hauteur de mon oreiller…  J’essayai en vain de le chasser, lui demandant, poliment d’abord, d’aller dormir un peu plus loin, puis, essayant, avec des moulinets de la main, de le forcer à s’envoler…

Devant son air offusqué et la fragilité de ses pattes incomplètes, je cédai à son caprice …  et ce fut ma première nuit «  à deux », dans la proximité d’une mouche…   De temps en temps,  un petit Bzzz montait de la table de chevet, me tirant de mon sommeil, aussi radicalement que le faisaient, il n’y a pas si longtemps encore,  les ronflements sonores de Jonathan…

Pendant la nuit, je rallumai la lampe une ou deux fois, pour voir si tout allait bien, puis je finis par m’endormir…  Dans un sommeil peuplé d’insectes et de mouches aux yeux énormes, je passai quelques heures affreuses et me réveillai, à l’aube, ruisselante de sueur, le cœur battant…  pour constater que la petite bête me surveillait du coin de l’œil, curieuse, sans doute, des mœurs de l’être humain, dont un spécimen vivait à deux pas d’elle, dans cette intimité forcée…

Pendant que je reprenais mes esprits sous le jet froid et puissant de la douche, je la vis se rincer les facettes, contemplant à l’infini mon image ruisselante et admirant mes formes d’un air approbateur…
A mon tour de rougir !  Dissimulant ma nudité derrière les pans de mon essuie de bain, je lui enjoignis de se retourner pendant que j’enfilais un T-shirt et  un short en coton, mais je ne pus l’empêcher d’émettre un Bzzz admiratif quand elle me découvrit tout habillée…

Après l’indifférence de mon copain, qui ne remarquait jamais, ni une nouvelle coiffure, ni un nouveau vêtement, je dois reconnaître que je ressentis une certaine satisfaction devant une admiration aussi naïve mais tellement spontanée…

Nous prîmes notre premier petit déjeuner ensemble, moi, assise dans le lit, mon plateau sur les genoux, elle, juchée sur un verre, pompant allègrement avec sa petite trompe, un peu de jus d’orange ou cueillant avec délicatesse, après l’avoir tâtée du bout des antennes,  une miette de ma brioche matinale…
Je lui laissai la garde de l’appartement quand il fut temps pour moi de partir travailler…

       « N’oublie pas tes clefs ! » l’entendis- je dire, au moment où je quittai mon logis…
   « A ce soir !  Passe une bonne journée ! » ajouta-t-elle…

Au bureau, tout le monde s’inquiéta de mon air égaré et de mes yeux cernés, que je mis sur le compte de la canicule…  Mon chef de service m’apporta gentiment un ventilateur tandis que le commis courait me chercher une boisson fraîche…

Bien sûr, je ne soufflai pas un mot de cette présence insolite à mon domicile : je ne tenais pas à passer pour la folle de service, juste au moment où mon zèle au travail allait porter ses fruits et m’assurer une promotion tant espérée…

Quand je tournai la clef dans la serrure, en fin d’après-midi, j’espérai un moment que la mouche serait partie ou même, qui sait, morte… - Cela ne vit pas longtemps, ces petites bêtes-là- …   Et puis je me reprochai mon ingratitude : ne m’avait-elle pas sortie de ma solitude ?  Ne m’étais-je pas dépêchée de rentrer, pressée de la retrouver et, peut-être même, de lui raconter ma journée ?

Quelle ne fut pas ma surprise, de découvrir, en pénétrant dans le hall,  une valise et une guitare jetées dans un coin ; une odeur de café montait de la cuisine : …  «  Jonathan ? »

L’eau de la douche coulait et quelqu’un y sifflotait avec insouciance…  - « Jonathan ? »

Le cœur battant, j’entrai dans la chambre et …  que vis-je, aplatie sous la tapette rouge, les pattes encore enrobées de miettes de brioche, le balancier tordu, le thorax écrasé ?

La mouche, ma pauvre petite mouche, ma petite amie d’un jour, lâchement assassinée par cette brute de …

Le grand lourdaud qui sortit de la douche et s’approcha de moi d’un air conquérant n’eut pas le temps de réagir :  d’un revers de la main, je l’envoyai valser dans le hall…  titubant, les oreilles tintantes…  L’instant d’après, il était dans l’escalier, où le rejoignirent sa valise et sa guitare qui émit un couinement de  protestation…

Appuyée contre la porte d’entrée, je repris lentement mes esprits… profondément remuée par ce qui venait de se passer..
 
Je n’ai plus jamais revu Jonathan…

J’ai gardé la mouche dans une petite boite, au fond du tiroir de la table de nuit…  en souvenir…  Il m’arrive encore, quelquefois, de soulever le couvercle et de m’imaginer entendre, avec un brin de mélancolie,  ce petit Bzzzz discret dont elle avait le secret…


Tess2006, juillet 2007

07:15 Écrit par Anaïs dans Anaïs aime la vie | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

16
aoû

Les perdants du concours de nouvelles – épisode 7

Aujourd'hui, je vous présente la nouvelle d'Annah Hisse.

femmes d'auj

Mon bestiaire estival

Disons qu'il fut un temps, pas si éloigné, du reste, où je vivais avec une mouche.

Cette mouche s’était invitée chez moi, sans demander la permission.  Un matin, je l’avais trouvée installée sur mon frigo, grappillant quelques miettes de cake incrustées, mon absence de passion pour le nettoyage et l’aseptisation lui ayant sans doute laissé supposer que ma cuisine serait un lieu de résidence idéal.  C’était une grosse mouche bleutée.  Le genre de mouche dont personne ne veut vraiment dans son intérieur.  Le genre de mouche qui se pose partout et nulle part, principalement sur les viandes qui auraient eu la malencontreuse idée de traîner par là, y déposant ses œufs.  Une mouche.  Elle me parut toutefois sympathique et je décidai de lui offrir mon hospitalité.  Est-ce révélateur d’une solitude extrême que de prendre une mouche pour compagne ?  Beaucoup le pensaient.  

« Trouve-toi un homme », me disaient-ils…

Je n’y réfléchis guère et adoptai ma mouche.   Difficile de donner un petit nom à une mouche.  Moumouche, à la rigueur.  Ou Bidule.  Oui, Bidule.

Bidule partagea ma vie tout un été.  Je veillai à ne pas ouvrir les fenêtres en sa présence, non par crainte qu’elle ne s’échappe, elle avait toute sa liberté, mais par crainte qu’elle constitue un festin pour un oiseau de passage.  Je la nourrissais de quelques restes.  Elle n’était pas fort bavarde ni câline, mais sa présence et son minuscule bourdonnement faisaient dorénavant partie de ma vie.

Je sentis, vers la mi-août, que Bidule manifestait une vive impatience.  Elle se ruait sur la porte-fenêtre menant au jardin fleuri, sans doute pour me faire comprendre son désir d’aller vivre sa vie, au-dehors, nonobstant les risques encourus.   Je décidai de lui rendre sa liberté.  Elle s’enfuit sans demander son reste, sans même me jeter un regard d’adieu, sans même un merci pour tout ce que j’avais fait pour elle.

« Elle va enfin chercher un homme », se disaient-ils…

C’est alors qu’apparut une araignée.  Au plafond.  J’ai moi-même souvent été cataloguée comme « ayant une araignée au plafond » mais celle-ci, d’araignée, était bel et bien installée dans le plafond d’une toute petite pièce très utile de ma modeste demeure : le WC.  J’ai pour habitude de passer pas mal de temps dans cette pièce, qui est une véritable annexe de ma bibliothèque.  Quel meilleur endroit pour lire, plusieurs fois par jour, divers extraits de romans ou recueils en tous genres ?  C’est en lisant « perdez vos kilos pour la rentrée » que, levant les yeux au ciel devant ces recettes pour anorexiques, mon regard fut attiré par une petite toile habitée par une minuscule araignée.  Elle n’eut la vie sauve que parce que sa toile était inaccessible sans escabeau.  En d’autres circonstances, elle n’aurait pas survécu à ma hantise des arachnides.  A chacun de mes passages, je scrutais attentivement le plafond, afin de m’assurer qu’elle s’y trouvait toujours.  Il n’eût pas été à ma convenance de la retrouver faisant du trapèze entre sa toile et ma tête.  

Au fil des jours, au fil des semaines, je finis par m’attacher à cette présence discrète.  Je décidai de l’appeler Justine.  Je pris rapidement l’habitude, lors de chaque grand nettoyage, d’éviter scrupuleusement la toile de Juju.  Régulièrement, elle subissait sans broncher mes monologues.  Elle était devenue ma confidente.  « Confidences au petit coin ».  Sans doute l’endroit était-il propice à la réflexion.  S’attacher ainsi à une araignée était-il signe d’une pathologie mentale qui me guettait, ou pire, m’avait déjà vampirisée ? D’aucuns ne comprenaient pas cette passion soudaine pour une banale araignée.  

« Trouve-toi un homme », me disaient-ils…

Un matin, je réalisai combien Juju avait grossi.  Etait-elle devenue boulimique ?  Dépressive ?   Malheureuse chez moi ?  Comme on s’inquiète pour ses animaux !    Le matin suivant, je compris le pourquoi du comment : Juju avait pondu.  C’est à ce moment précis que la séparation devint inéluctable.  Je ne pouvais me résoudre à garder chez moi Juju et sa famille nombreuse.  Mes angoisses ressurgirent aussi rapidement qu’elles avaient disparu.   La séparation fut douloureuse, je dus expliquer à ma protégée qu’elle devait s’en aller.  Je la mis délicatement dehors avec sa future progéniture.  Il y eut quelques larmes.  Puis ce fut le moment des adieux.

« Elle va enfin chercher un homme », se disaient-ils…

Une fois rentrée chez moi, je fus seule quelques jours.  Je n’aimais plus ça.  Je m’étais attachée à mes petites bêtes, bien qu’elles n’étaient pas très démonstratives.  Je pris dès lors la décision d’adopter un mammifère, censé m’apporter plus que Bidule ou Juju.  Je ne voulais cependant pas acheter un animal, mais plutôt en sauver un.

C’est ainsi que Grosrat arriva dans ma vie, un samedi.  Grosrat était un gros rat blanc de laboratoire, qui avait dû en baver.  Il lui manquait une oreille et sa longue queue rose ciselée marquait un angle étrange.  C’est d’ailleurs cette queue étrange qui m’avait fait le choisir parmi les dizaines d’ex rats de labo offerts à l’adoption.  « Offrez une seconde vie à un rat », qu’ils disaient.  Un rat c’est doux, c’est chaud, comme le sable en été.    

Je pense, sans fausse modestie, que Grosrat a vécu avec moi ses plus belles années.  Plus de souffrances, plus de peines.  Une vie simple, faite de petits câlins, de gros festins et de moments de liberté surveillée.   Ses petits yeux noirs me scrutaient souvent à travers sa cage, du moins lorsqu’il n’était pas occupé à ses exercices périlleux et bruyants dans la petite roue.  Je m’étais attachée à Bidule, je m’étais attachée à Justine, mais l’attachement que j’avais pour Grosrat était sans commune mesure.  Un attachement décrié par d’aucuns ?  

« Trouve-toi un homme », me disaient-ils…  

Je m’en moquais.  Grosrat et moi, c’était à la vie à la mort.  Mort qui vint me le prendre un matin de juin.  L’âge, la maladie, un reliquat des souffrances passées… Grosrat s’en était allé au paradis des rats.  

« Elle va enfin chercher un homme », se disaient-ils…

Le lendemain, ma vie croisa celle de Casquette.  Casquette était un petit chaton tout blanc, à l’exception d’une tache brune qu’il avait sur le haut de la tête, à la manière d’une casquette colorée.  Une petite chose toute perdue dans les buissons de mon jardin, miaulant à fendre l’âme.  Encore sous le coup de la disparition de Grosrat, je fus émue aux larmes par cette apparition soudaine, telle une réincarnation de mon rat blanc… en chat blanc.  Farouche, il ne se laissa approcher qu’au prix de pas mal d’efforts et surtout grâce à une grosse écuelle de croquettes achetée en vitesse.  Après s’être régalé, il disparut aussi soudainement qu’il était apparu.

Chaque jour, à la même heure, nous avions notre rituel : croquettes + Casquette.  Ensuite, il allait vivre sa vie.  J’avais bien tenté de le retenir, à grand coups de caresses, de filets de poulet disséminés dans ma cuisine.  Rien ni faisait.  Il apparaissait, il mangeait, il disparaissait.  Et moi je m’y attachais…

Après plusieurs semaines du même programme, je décidai d’en avoir le cœur net : où allait Casquette durant la journée, que faisait-il durant ces longues journées ensoleillées, où passait-il ses soirées d’été et surtout ses nuits ?  

Le matin suivant, je chaussai mes chaussures de footing jamais utilisées, pris mes jumelles en cas de fuite effrénée de l’animal et m’apprêtai à le prendre en filature dès qu’il se serait rassasié.

Je le suivis donc dans tout le quartier, via les ruelles qu’il empruntait, contournant les voitures sur lesquelles il sautait juste pour le plaisir d’y laisser ses traces de pas.   Lorsqu’il sauta agilement par-dessus une haie, mon sang ne fit qu’un tour, j’allais le perdre.

Je me hissai sur la pointe des pieds et je criai « Casquette », l’écho me répondit « Casquette ? », je réitérai ma question « Casquette », l’écho me cria « Casquette ? ».   J’insistai « Où es-tu Casquette ? ».  L’écho me dit « Mais qui est Casquette ? ».

Intriguée, je fis le tour de la propriété afin de découvrir ce qui se tramait dans ce jardin.  Ce que je découvris me laissa sans voix : dans un coin ombragé du jardin, mon chaton s’était réfugié près de trois autres chatons aussi blancs et aussi tachetés de brun que lui.  Tous jouaient ensemble, sous la surveillance de leur mère, une grosse chatte entièrement brune.  

A côté de cette famille féline, deux chaussures de footing de grande taille, un jean révélant des jambes musclées, une chemise semi-ouverte sur un torse glabre, un menton volontaire, un nez fin, deux yeux verts qui me dévisageaient avec curiosité et des cheveux en bataille du même brun que la mère chatte.  Nous nous fixâmes un long moment en silence.  « C’est mon chat… enfin je le croyais, je le voulais, j’espérais », bégayais-je d’une voix timide.   Nous éclatâmes alors d’un rire déjà complice.

C’est ainsi que je rencontrai l’animal qui allait partager ma vie durant de longues années.  Un mammifère évolué, tendre, drôle, discret, rassemblant toutes les qualités que j’avais trouvées en Bidule, Juju, Grosrat et Casquette.

Un homme.

Mon homme.

« Elle a enfin trouvé un homme », se dirent-ils alors…



09:56 Écrit par Anaïs dans Anaïs aime la vie | Lien permanent | Commentaires (23) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |