28
aoû

Du coton !

Je suis installée sur mon transat, à l'ombre d'un parasol qui ne sert à rien vu qu'il n'y a plus de soleil, et je lis.

Je lis Nicci French.  Encore et toujours.  Je vous ferai un topo dimanche, à l'heure ou "on lit au lit", vu que j'en ai dévoré six en moins de deux semaines, que je m'apprête à commence le septième, qu'un huitième m'attend et qu'un neuvième, le dernier, devrait me parvenir sous peu...

Il me reste quelques pages seulement, l'intrigue va enfin se dénouer, le suspens est à son comble et je me retiens, en tournant les pages, de ne pas aller lire directement, en diagonale, les lignes suivantes ou la fin de la page, pour tenter d'avoir réponse à ces questions que je me pose depuis plus de 500 pages...

Le vent est fou.  Complètement fou.  Il fait un bruit délirant.  Heureusement qu'il fait jour, car le livre + le vent instaureraient en moi une angoisse folle, je pense.  J'aime pas le vent, ni l'orage, ni la pluie... pourtant, quand il fait venteux, orageux et pluvieux et que je suis pelotonnée sur mon canapé, avec une bougie, un bon DVD, j'aime ça.  Contradiction moi être, je sais.  Bref, revenons à nos moutons...

Car c'est bien de moutons qu'il s'agit, mais dans le ciel.  J'ignore pour quelle raison le vent me fait lever la tête.  Je suis couchée sur le transat, pour rappel, donc lever la tête n'est pas un grand effort. 

Je lève la tête, donc.

Et le spectacle est magnifique.

 

Les nuages forment deux couches.  Deux strates.  Une toute légère, haut perchée, faite de petits ronds moutonneux, presque immobiles.  Une plus dense, et plus basse, composée à la fois de petits nuages cotonneux et légers et de gros nuages d'un gris ultra menaçant.  Cette dernière couche avance à vive allure, balayée par le vent.

Magnifique, vous dis-je.

Et comme souvent, face à la beauté de la nature, du monde, de la boule bleue, je me mets à méditer.

Méditer sur le fait que je ne regarde plus les nuages, accaparée que je suis par ma vie pourtant répétitive, mon travail encore plus répétitif, mes loisirs tout aussi répétitifs.  Alors que les nuages, keske c'est beau.  Keske la nature est bien faite, avec ce cycle ininterrompu de pluies, d'eau qui ruisselle et rejoint la mer, s'évapore pour former des nuages, qui pleureront sur nous tout prochainement et la boucle est bouclée (oui, bon, ça va, on l'a tous appris à l'école, je vois encore le schéma explicatif, mais faut avouer que c'est génial tout de même, un peu comme le cycle de la vie la mouche bouffe la m..., l'oiseau bouffe la mouche, le tigre bouffe la mouche et oups, mais qui bouffe le tigre ?).

Et puis ma méditation me conduit à cette époque où tous ignoraient ce qu'étaient les nuages.  Comme ils devaient avoir peur en les voyant arriver, tels des monstres gris.  Et comme ils devaient être terrorisés par les pluies et le tonnerre, colère des dieux.  Et comme tout devait les effrayer, dans la nature, à l'époque où personne ne comprenait rien à rien : pourquoi le soleil s'en va et revient ?  Comment la lune change-t-elle de forme ?  Keskia après la mer, là-bas, au loin, si la terre est plate, eskon tombe dans le néant ?

Voilà à quoi je médite quand je suis face à la nature.  Et je ne vous parle pas de mes questions existentielles sur le sens de la vie, sur la mort, sur la réincarnation, sur le paradis ou l'enfer... vous en feriez une dépression.

N'appelez pas un psy, passque j'aime ça, même si ça fait naître en moi une grosse mais jolie mélancolie.

Dans mon élan, j'ai rechargé ma batterie (enfin pas la mienne, celle de mon Minolta) et j'ai immortalisé le moment, rien que pour vous.  Bon, on voit pas les strates ni le mouvement, mais l'intention y est, vu que j'ai interrompu ma lecture pour ce faire, et que j'ai donc su qu'un quart d'heure plus tard qui était l'assassin...

 

06:30 Écrit par Anaïs dans Anaïs aime la vie | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

26
jui

nostalgie

Quand on perd quelqu'un de sa famille, on monte une marche.  C'est du moins l'impression que j'ai eue.  Lorsque les générations « du dessus » s'en vont, on monte une marche.  Pour ma part, ça me projette à chaque fois d'un coup sec vers ma propre mort, vers ma propre mortalité.  Et en même temps, ça me plonge d'un coup aussi sec dans mon passé.  Tout me saute au visage.  Tout me revient.  Par bribes.  Passque j'ai une mémoire de souris, enfin de gruyère.

Un plumet volé à Ny, une croisière dans les pays nordiques, des cuisses de grenouilles à l'ail, des shoppings cigarettes-photos dans le Sud, Sainte-Maxime, It's raining again, des assiettes à pizza, Eurodisney en bourse, Boulouris, Julien Clerc, un karoké aux wallos avec rasoir à la clé et Marie Laforêt, Sandra Kim qui gagne l'Eurovision, Disney On Ice, un junior sans ketchup...  Je m'arrête là, passque c'est du chinois pour vous of course.  Voire pire.  C'est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup.  France Gall aussi tiens maintenant que j'y pense, deux fois, dont une mémorable (vomir à Forest, ça passe pas inaperçu).  Bref bref bref, je suis en ce moment envahie de souvenirs positifs, et c'est tant mieux, ça fait du bien, ça aide.

Et dans ces souvenirs d'enfance qui remontent en ce moment, Michaël Jackson.  Quand je pense à Michaël Jackson, je me revois avec mon amie d'enfance, que je n'ai plus vue depuis l'enfance d'ailleurs.  Chais pas pourquoi.  C'est flou.  Je me demande si c'est pas elle qui m'a fait connaître le phénomène à l'époque (via Thriller), passque ses frères en étaient fous.  Et vu que j'avais déjà deux guerres de retard, je savais pas qui était Michaël Jackson alors que le monde entier se disputait ses albums.  Cette amie, elle disait toujours « voy a la casa de Anaïs ».  Il m'aura fallu dix années pour comprendre ces mots.  Je pigeais le sens, pas les mots.  Michaël Jackson n'a pas transcendé ma vie, je n'ai pas acheté ses albums, je n'ai pas adoré ses chansons, je n'ai pas suivi sa carrière, j'ai lu les scandales, les folies, les dérives.  Mais il a toujours existé finalement, depuis mon enfance.  Et ça fait tout de même bizarre.  Tout le monde meurt.  Chaque jour.  Partout.  Je suis bien placée pour le savoir.  Et untel n'a pas plus de valeur qu'untel.  Mais bon, c'était Michaël Jackson quoi.  Et voilà ma chanson préférée...

 

19:42 Écrit par Anaïs dans Anaïs aime la vie | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

23
mar

C’est le printemps pilou pilou

En ce 21 mars, étant donné le soleil magnifique qui règne, dès le saut du lit, je plonge sous la douche, je m'habille et je fonce, à pied ma bonne Dame, au marché, dans le but de m'acheter des petites fleurs.

C'est une habitude annuelle, dès que le soleil pointe enfin le bout de son nez en mars, j'ai des envies de fleurs.  Des folles envies de fleurs.  Pas en bouquets, j'aime de moins en moins les bouquets de fleurs mortes (au moins ça sera économique pour homdemavie), nan, des vraies fleurs avec racines et tout et tout, qui vivent longtemps et enjolivent ma vie et mon balcon.

Bref (mot que je devrais rayer de mon vocabulaire, j'en ai conscience), me voilà en train de marcher, au soleil, Hana Pestle dans les oreilles.  Que du bonheur.

Le marché est envahi d'une foule en délire, je déteste ça, mais c'est inévitable avec le soleil.  Quand je serai célèbre, je ferai comme je ne sais plus quelle star qui réserve Harrod's pour elle, je réserverai le marché rien que pour moi, un samedi par mois.

Je ne suis pas célèbre, je slalome donc entre les badauds pour rejoindre le « rayon » fleurs.  Là, il est essentiel de comparer, car des fleurs y'en a de toutes les qualités et de tous les prix.

En général, j'opte souvent pour des pensées, mais cette année, soyons fous (enfin soyons folle), ce sera des primevères.  Acheter des primevères le premier jour du printemps (printemps = primavera), c'est symbolique non ?

Je repère donc l'endroit où les primevères sont jolies comme tout, et pas chères ma bonne Dame, et je hèle la vendeuse.  Comme elle est francophone, ce qui n'est pas systématique, j'ose une question qui m'a été inspirée par une réflexion que l'on m'a faite la veille. Comme ma question est conne, je la formule de la sorte « Dites Madame, j'ai une question à la con : eske ça résiste au gel ces petites bêtes là ? »

Question à la con passque je me doute que si ça s'appelle primevères, c'est passqu'on peut les planter au printemps.  Question à la con passque je plante presque chaque année des pensées dans mes petits pots et que je sais que pensées / primevères, même topo.  Question à la con passque je connais la réponse, mais la réflexion de la veille m'a mis un gros doute, comme si j'étais devenue bête d'un coup (qui a dit que je l'avais toujours été ?).

La Madame, elle rigole bien de mon expression « question à la con », elle confirme que cette question est con, in fact, puis elle me répond que oui ça résiste mais qu'en dessous de -2 ou -3 degrés, les fleurs fanent, faudra attendre les suivantes.  Pas si con que ça ma question, cette dernière info, je l'ignorais.

J'ai donc confirmation que je peux acheter mes petites fleurs, et je fais mon choix : deux jaunes, deux roses, un mauve, une bleutée (comment ça, vous vous foutez de mon choix de couleurs ?).

Surgit alors une charmante dame, fort intéressée par mon achat, qui s'adresse à la Madame-vendeuse et lui dit « tiens, ces fleurs, ça résiste au gel ? »

Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah.

La Madame-vendeuse et moi, on rigole bien, passque j'en profite pour ajouter que je suis pas la seule à poser des questions débiles (j'ose pas l'expression « à la con », des fois que ça choquerais la gentille dame).  Mais confirmation est faite que beaucoup de gens s'interrogent sur les vices et les vertus du gel sur les petites fleurs.

Et la charmante dame d'ajouter « donc ça tiendra tout l'hiver ».

Et moi, confortée dans mon idée que, finalement, j'en sais pas mal en matière de jardinage en pot, je lui réponds « ah ben non Madame, c'est pour une seule année les primevères, faudra en remettre après l'hiver prochain ».

Elle conclut alors « vous voyez, y'a plus bête que vous ».

Et on rigole encore et encore.

C'est fou comme le printemps, ça crée des liens.

Je quitte les lieux, avec mes primevères jaunes, roses, bleues et mauves, non sans recevoir un charmant sourire de Madame-vendeuse qui me gratifie d'un « à bientôt » signifiant qu'elle a bien aimé ce petit intermède-sourire.

Vive le printemps.

Illu de Petit Bordel, oui, bon, ce sont des pensées, mais c'est symbolique, hein.

penseespt

 

06:15 Écrit par Anaïs dans Anaïs aime la vie | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

7
mar

Victoiiiiiiiiiiiiiiiiire de la staaaaaaaaaaaaaaaaaar

Connexion sur msn ce soir pour apprendre les résultats de la dictée du Balfroid.  La choupinette est connectée, je lui demande si ça va, elle me répond « je te l'avais bien dis » (sic).  Angoisse de la marraine, vu que la filleule en question s'est lamentée toute la soirée d'hier sur son incapacité à réussir la dictée, son incompétence, et patati et patata (le manque de confiance en soi doit être génétique).  Je me prépare à la consoler, la réconforter, dédramatiser, lui dire que l'orthographe ça sert à rien, que c'est pas pour ça qu'elle est bête, qu'elle sera toujours la plus intelligente, qu'elle a perdu une bataille et pas la guerre... lorsqu'elle ajoute « je suis sélectionnée ».

La vilaine.

Un stress pour rien.

Zavez bien pensé à elle, merci.

Bravo ma choute, chuis trop trop fière de toi.  Finale le 9 mai.

Bien sûr, ça va de soi, elle a réussi grâce à sa lecture assidue du « savoir écrire pour les filles ».  D'ailleurs, je fais une énorme pression sur elle afin qu'elle en vante les mérites partout, surtout quand elle sera sacrée championne.  Une pression qui n'équivaut en rien à celle qu'elle me fait afin que je vous invite à visiter son blog, sur lequel elle n'annonce même pas sa réussite, trop modeste cette enfant...  Donc son blog : http://tidami202.skyrock.com/

19:20 Écrit par Anaïs dans Anaïs aime la vie | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

6
mar

Ma filleule est une star

Elle a dit ça de moi sur son blog... mais ce soir c'est moi qui la mets à l'honneur.

Demain, elle participe à la demi-finale de la dictée du Balfroid.  Ouiiiiiiiiiii, vous lisez bien.  Et c'est pas passqu'elle a lu mon livre, non, c'est passqu'elle est intelligente comme tout (en plus d'être belle, c'est limite indécent).

Donc, demain, dès 9 heures, ben vous croisez vos doigts, vos orteils, vos oreilles et vos nez, afin qu'elle soit sélectionnée pour la finale.

Et quoi qu'il arrive, ma loute, chuis fière de toi comme tout.

Son blog, passqu'une petite visite lui fait toujours plaisir.

Le site officiel de la dictée.

20:51 Écrit par Anaïs dans Anaïs aime la vie | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |