19
aoû

Desigual et moi

Depuis quelques temps, la madame de l'horoscope n'arrête pas de me parler fric.  Chaque matin, c'est la même rengaine sur la radio au dauphin bleu, ou presque : sagittaire, votre budget va mal, sagittaire, n'ayez pas les yeux plus grands que le ventre, votre portefeuille fait la gueule, sagittaire, attention aux dépenses inutiles…

Ça me saoule grave de la mort qui tue la vie, surtout passque je sais qu'elle a raison la madame de l'horoscope.  Et je sais pourquoi elle a raison : à cause de Desigual.

J'ignorais tout de cette marque avant qu'un magasin s'installe dans ma ville adorée, dans l'unique but de causer ma perte.

J'ai d'abord tenté une petite exploration, par curiosité, dont je suis ressortie bredouille : trop de trucs, trop de bouteilles au plafond qui détournent mon attention, trop de musique, trop d'adolescentes anorexiques, trop de tout.  Pas pour moi, Desigual.  Puis je suis repassée dans les parages via la galerie, et j'ai observé la grande vitrine pleine de fringues.  Pour moi Desigual.  J'adore les couleurs flashys.  J'adore les trucs bariolés.  Et j'adore leurs modèles pas trop près du corps pour pas mouler mon gras et mon bidou made in flamby.

Et voilà, je suis foutue, j'adore Desigual.  Et Desigual me le rend bien.  Y'a que ma carte bancaire qui tire la gueule.  Mais tant pis.  Quand j'aime, je ne compte plus. 

Y'a juste les sacs qui ne me font pas craquer, car sont tous sur fond brun, et moi je mets pas (plus) de brun, me faut du fond noir.

Enfin je devrais dire y'a juste les sacs qui ne me faisaient pas craquer car l'autre jour, passant dans la galerie, je repère un superbe sac noir tout bariolé de mauves, trop beau trop chou trop cher.  Je retiens ma pulsion, me disant que c'est pas raisonnable, et je pars à regrets, la larme à l'œil, le désespoir à la cervelle.  Bon faut dire que je repars avec un grand sac dans lequel se trouve une superbe tunique, déjà superbement chère, alors un sac en plus, faut pas pousser bobonne dans les orties surtout quand elle a pas de culotte.

End of story.  Regrets éternels.

Et, en ce dimanche matin de canicule caniculaire, vers 7 heures 57, je décide de pousser une pointe jusqu'à la brocante, histoire de faire une sortie avant de me terrer chez moi telle une taupe face à ses exterminateurs (je ne vise personne, suivez mon regard).

8 heures.  Oh non finalement j'y vais pas, y'a jamais rien à la brocante.

8 heures 05.  Allez vazy, ça te fera une petite marche.

8 heures 10.  Naaaaaaaaan, je vais plutôt mater trois épisodes de Parenthood, la série que je viens de découvrir, sur le tard, et que j'aime d'amour presque autant que Desigual.

8 heures 15.  Bon, j'y vais, tant qu'il fait encore frais.  Enfin façon de parler, 22 degrés déjà.

Je m'habille, je prends mon sac banane, j'y glisse dix euros pour le cas miraculeux où je dégoterais un bouquin pas cher à ajouter aux 428 bouquins encore à lire (d'ailleurs, le dimanche, on lit au lit, faut que je vous raconte mes dernières lectures).  Puis, prise d'un remords soudain, je rajoute un gros billet que je cache bien, because les pickpockets sont parmi nous, je le sais.  Sait-on jamais, on peut parfois avoir besoin d'un gros billet, sur une brocante.

Et je pars zoner sur cette brocante où, comme d'hab, y'a rien de rien.

Des Danièle Steel à 2 euros 50, "lus une fois", précise l'affichette.  On s'en fout, trop cher.  Toute façon j'aime pas Danièle Steel.

De jolies fringues taille 34, pour si un jour j'ai une grave maladie, à porter au stade terminal.

Un jeu attrap'souris où il manque une souris, dixit le vendeur.  Ça me fait penser à ma chtite collègue attrap'sushi, ça.

Des miniatures de parfum (j'ai encore ma collection au grenier), sur lesquelles la vendeuse a écrit "NE PAS OUVRIR LES BOITES".  Oui, bon, sympa, ça me rappelle ce mec, hier, au marché, qui m'a engueulée comme du pus passque je touchais ses melons, que j'en avais touché quatre, donc bousillé quatre.  Oui mais les melons, ça se touche non, pour savoir si c'est mûr ?  Ben non, faut croire, vu le courroux de l'ignoble individu.  J'ai acheté mon melon ailleurs, na.

Un livre de celle qui raconte la vie de Kay Scarpetta, dont j'ai oublié le nom.  A 1 euro.  J'achète, même si les chances que je l'ai déjà sont de 10 contre 1.  J'en peux rien si le joli temps fait que j'ai pas encore refait la liste de tous mes bouquins par auteur, moi.

Un portefeuille Louis Vuitton avec preuve d'authenticité, sauf que je le trouve totalement moche et à l'air pas authentique pour un euro.

Des sacs Desigual.

Des kwaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa ?

Des sacs Desigual.

Quatre.

Trois moches, enfin pour moi, pas mes couleurs du tout pour deux, pas un modèle pour moi pour le troisième.

Puis un super mimi, noir dans les tons mauves, copie presque conforme de celui que j'ai repéré en vitrine il y a quelques jours.

Il est beau je le veux je le veux je le veux je le veux je le veux je le veux (et même pas de copier coller pour vous écrire ceci).

Sauf qu'il est déjà dans les mains d'une adolescente.  Bisque bisque rage.  Pourkwa chuis pas arrivée y'a deux minutes ?  Pourkwa elle et pas moi ?  Pourkwaaaaaaaaaaaaa ?

Me souvenant de mon aventure "draps en flanelle" de l'autre fois, je me dis que rien n'est perdu et je me concentre alors sur autre chose, attendant de voir comment cette situation ubuesque évolue (aucune idée du sens du mot ubuesque, mais je trouvais sympa de le placer).  Je regarde vaguement quelques fringues, ne quittant toutefois pas MON sac des yeux, yeux emplis d'angoisse, de colère, d'envie et de rêve.  Et je vois l'adolescente le reposer pour en prendre un autre, puis demander à la vendeuse les prix de tous ces sacs Desigual.

Ni une ni deux, dans un élan violent, je saute sur MON sac à moi rien qu'à moi, et j'écoute moi aussi les prix que débite la vendeuse.  Cher, pour une brocante.  Mais pas cher, pour du Desigual.  Et puis sont neufs, les sacs, ça se voit.  Je lâche pas MON sac une seule seconde, histoire que cette vilaine ado toute gentille ne me le reprenne pas, non mais hein, le risque est trop grand.  Sauf qu'une fois qu'elle a ses prix, elle s'en va, notre petite ado, sans demander son reste.

Une fois seule, je me lance dans l'observation de MON sac, trop beau qu'il est MON sac, même si un peu petit pour y mettre tout mon barda, mais bon, j'ai le sens du sacrifice, je virerai de mon "stock à toujours transporter avec moi" ma bouteille d'eau (je mourrai déshydratée, mais avec un beau sac), mes biscuits (je mourrai d'hypoglycémie, mais avec un beau sac), mes médicaments (je mourrai ballonnée, atteinte de diarrhée, d'un mal de tête chronique et d'une crise d'asthme, mais avec un beau sac), et plein d'autres trucs inutiles mais tellement… utiles.

Il est vraiment trop chou MON sac, totalement extra, plein de petites poches multicolores.  Il sent bon le neuf.  Il sent bon le "adopte moi, Anaïs".  L'angoisse monte un bref instant : ne serait-ce pas une imitation ?  Non alleye une fois, aie confiance en la vie, c'est un vrai de vrai, un beau de beau.  Il est pour moi, je te dis, Anaïs (là c'est ma bonne conscience qui me parle, mon Jiminy Cricket à moi, version "fais-toi plaisir, dieu sait de quoi demain sera fait").

Je tente alors de faire baisser un chouia le prix, tant qu'à faire, on est sur une brocante quoi.  Sauf que la madame, elle y connaît rien en sac Desigual, elle les vend pour son amie.  Elle appelle donc l'amie, qui reste intransigeante : le prix c'est le prix, c'est cher un sac Desigual, elle fait déjà une bonne réduction et patati et patata.  Bon.  Soit.  Deux alternatives maintenant : me draper dans ma dignité de marchandeuse bafouée et partir sans mon sac, puis verser des larmes de désespoir chez moi, ou sombrer dans l'humiliation, payer le prix demandé et sauter de joie.

Je paie.  A mon âge, l'humiliation, on s'en fout, seul le sac compte.

Ouh que j'ai bien fait de prendre un gros billet, hein, ma bonne Dame !  Sinon, j'aurais dû négocier une "mise de côté", avec tous les risques que cela comporte.  Merci le Dieu du portefeuille de m'avoir fait penser à emporter un gros billet.

Au moment où je récupère ma monnaie, que la vendeuse oubliait de me rendre, grande distraite, ah ah ah, j'entends une voix qui dit "ils sont là, maman, oh ben la dame a acheté celui que je voulais".  Et je vois revenir mon adolescente, avec sa maman.  Pas malheureuse, la petite ado, car elle les aime tous, apparemment.  Ouf, je ne culpabiliserai pas durant des années (nan, je rigole, qui va à la chasse perd sa place).  Elle se précipite donc sur les trois sacs encore disponibles, tentant de convaincre maman d'investir dans du Desigual pas cher (enfin moins cher). 

Et nous repartons, MON sac et moi, bras dessus bras dessous, pour vivre heureux lui et moi et avoir beaucoup de petits… euh, de petits quoi ?

Je dédie ce billet à mon amie mangeuse de moules, avec qui j'adore me la jouer Vamp (pas vraie Vamp, vamp des Vamps) sur un banc, face à Desigual, après y avoir fait chauffer la carte bancaire.

PS : je vous ai dégotté une chtite photo, et en fait c'est pas un sac ressemblant à celui que j'avais repéré, c'est LE sac que j'avais repéré, elle est pas belle la vie quand on fait l'affaire du siècle ?

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10:07 Écrit par Anaïs dans Anaïs aime la vie | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

17
aoû

Ma poésie VS sa poésie

Feu d'artifice de fête nationale dans ma ville l'autre vendredi.

Ce fut mon premier feu d'artifice durant lequel j'ai cruellement manqué de concentration, discutant à qui mieux mieux des packs "cent + dix gratuites" que Namur a dû obtenir pour ce feu malgré tout bien joli, mais doté de quelques répétitions un chouia soporifiques…

Mais ne boudons pas le plaisir, la fontaine lumineuse s'écoulant du pont des Ardennes et le bouquet final me firent tout oublier.

Et réaliser combien ma poésie n'est pas celle de tous :

Découvrant un effet du feu d'artifice un peu pétaradant, je réponds à mon acolyte qui se réjouit de la beauté de la chose "ooooh oui, on dirait une salve de pets".

Et elle de me répondre "ah, moi je voyais plutôt une arche lumineuse".

Bon, on va mettre ça sur le fait que mes intestins faisaient des siennes, enfin des leurs (comment conjuguer "faire des siennes" ?) passque, oui, je sais être pleine de poésie, moi aussi… parfois.

12:16 Écrit par Anaïs dans Anaïs aime la vie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

9
aoû

Tranche de rire

Tellement rare de se poiler en lisant un avis nécrologique...

Chapeau à ce Monsieur, et sincères condoléances à sa famille.

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16:19 Écrit par Anaïs dans Anaïs aime la vie | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

4
aoû

La paille et la poutre

J'aime sortir cette expression, la paille et la poutre.

Et pourtant, quand je la sors, j'ai la sensation de parler petit chinois.  Comme si personne ne la connaissait. 

Vous la connaissez ?

La paille et la poutre.  L'art de voir la paille dans l'œil de son voisin, en négligeant la poutre se trouvant dans le sien. 

J'aime aussi beaucoup sortir l'expression de l'hôpital qui se moque de la charité, mais ici, je parle de paille et de poutre.

Je ne supporte pas les ceusses qui critiquent sans connaître.  Genre ceusses qui disent détester telle émission, tel film, telle série, sans en avoir vu une minute, juste par principe.  Ceusses qui détestent le foie de génisse sans l'avoir goûté.  Ceusses qui me détestent sans avoir tenté de me connaître.  Détester, ok, mais en justifiant son choix, ma bonne dame.  Et alors, pitiez, quand ceusses qui détestent disent qu'ils détestent, je leur saurais gré de dire "je trouve ça nul, moche, con", et pas "c'est nul", "c'est moche", "c'est con".

Les goûts et les couleurs hein…

Bref, comme disait Canal+, je déteste cela.

Sauf que je fais cela.

Ah ah ah.

Parfois, du moins.

La paille et la poutre, je vous dis.  Vous comprenez le titre du billet, maintenant ?

Et si vous comprenez pas, j'ai un exemple concret, frappant et éloquent, qui m'a sauté aux yeux aujourd'hui.

Depuis toujours, je déteste François Damiens. François l'embrouille.

Sans raison.  Il ne me revenait pas, tout simplement, mais sans que je ne me l'explique.  J'avais dû l'apercevoir deux secondes ici ou là, entendre quelques phrases de sa bouche, voir l'une ou l'autre photo et je n'en suis même pas sûre en plus.

Je l'avais catalogué GCDMPDAAREEV en un tournemain (gros con débile même pas drôle à l'accent ridicule et l'œil vitreux).

J'ai ensuite pu l'observer un chouia plus dans L'arnacoeur, ce qui n'avait fait que conforter mes apriori.

Et puis je l'ai vu sur TF1, lors d'une interview, avant la sortie de La délicatesse.  Et je l'ai trouvé formidable.  Sensible.  Drôle.  Touchant.  Immédiatement, j'ai eu envie de voir le film.  Les acteurs comiques sont souvent formidables dans des rôles plus paisibles, j'ai pu le constater avec Michel Blanc, Benoît Poelvoorde et maintenant François Damiens.

J'ai vu La délicatesse, donc, et j'ai adoré.  Ça a confirmé ma théorie sur les acteurs comiques formidables rôles paisibles blablabla.

Et comme j'évoquais avec quelqu'un ce rôle atypique que joue François Damiens, acteur que, souvenez-vous, je détestais sans raison, on m'a parlé des caméras cachées qui ont fait son succès, que, sans les avoir jamais vues, je trouvais débiles et vulgaires. 

J'ai donc décidé d'en regarder quelques unes.  Et je me suis bidonnée, mais bidonnée, comme un bidon d'huile de coude (cherchez pas à comprendre, chuis fatiguée).

La morale de l'histoire, made by Anaïs : maintenant, j'aime François Damiens.  Et je sais pourquoi.

Avant je l'aimais pas.  Mais je savais pas pourquoi.

C'était la fable de la paille et la poutre.  Et je jure, mais un peu tard, que plus jamais je ne détesterai quelqu'un ou quelque chose sans raison valable.

5
jui

L'art d'enfiler des perles

Même si tout à l'heure, en charmante compagnie, après une succulente bouffe au Pâtanthrope (Saint-Jacques en croute de noisette et linguine au basilic, rouget et raviole de crabe, douceur de framboises au macaron et glace cuberdon), j'ai acheté plein de perles dans un super magasin où l'accueil est nul mais les marchandises super, ce soir je découvre le site des perles en tous genres, mais qui ne s'enfilent pas...

A mourir de rire, je vous le conseille.

Mon best of :

perle des mots d'excuses : Madame, Mireille est rentrée hier soir avec une bonne grippe. Je lui ai fait garder le lit et lui ai donné un bon grog avec un sexe de citron. Si cela lui fait de l'effet, je la renverrai vendredi.

Perle des mots d'excuses : Monsieur, Louis a été empoisonné par de la crème aux oeufs pas frais et moi aussi ainsi que mon mari. Je ne vous envoie donc qu'Isabelle aujourd'hui. Elle na rien parce qu'elle a eu la chance d'être punie et privée de dessert. Vous êtes toujours invité à la maison avec madame. Je vous dirais le jour quand ça ira mieux pour nous.

Perle du bac : Suite à la chute du mur de Berlin, la circulation des vents a pu être rétablie dans toute l’Europe. Avec l’arrivée des courants chauds, on assiste alors à la fin de la guerre froide.

Perle du bac : Les pays pauvres se sont quasiment tous rassemblés en Afrique. Il aurait plutôt dû se rapprocher des Etats-Unis, comme l’ont fait le Mexique et le Canada.

Perle du brevet : On les appelait poilus car l'armée leur avait interdit de se raser pour intimider l'adversaire.

Perle du brevet : N'ayant besoin que de 7 de moyenne pour avoir mon brevet et pensant les avoir largement atteint, veuillez m'excuser de ne pas répondre aux deux dernières questions.

Perle de la police : Le suspect s’est alors décidé à passer aux aveux sans même qu’on ait à le frapper.

Perle de la police : Les neufs coups de couteau sur le cou et le visage de la victime laissaient croire à une mort qui n'était pas naturelle.

Perle des assurances : En avançant, j'ai cassé le feu arrière de la voiture qui me précédait. J'ai donc reculé, mais en reculant j'ai cabossé le pare-chocs de la voiture qui me suivait. C'est alors que je suis sorti pour remplir les constats, mais en sortant j'ai renversé un cycliste avec ma portière. C'est tout ce que j'ai à déclarer aujourd'hui.

Perle des assurances : Vous m'écrivez que le vol n'existe pas entre époux. On voit que vous ne connaissez pas ma femme.

 

Et la plus jolie des perles : Le bonheur est la seule chose que nous puissions donner sans l'avoir !

 

 

J'ai cependant repéré pour vous une perle qui n'en est pas une, rha la la, quand on gère un site de perles, faut vérifier ce qu'on y publie, ma bonne dame :

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21:13 Écrit par Anaïs dans Anaïs aime la vie | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |