20
nov

Le patchwork de ma vie

J'ai regardé ça cette nuit, Le patchwork de LA vie, avec Winona Rider, même qu'on m'a dit un jour que je lui ressemblais, ce qui est faux (je suis moche) mais a illuminé ma nuit !

Et ce matin je vous ai pris en photo le patchwork de MA vie reçu à William Lennox. Je sais pas exactement qui a participé, mais merciiiiiiiiiiiiiiiiii à toutes, il est dans ma chambre (pour éviter les griffes de chats) et je l'adore, en plus il symbolise beaucoup pour moi. 

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13:50 Écrit par Anaïs dans Anaïs aime la vie | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

4
oct

Le blog de la mère de Dieu (écrit avant mon accident pour un projet avorté de magazine)

Posté le 10 mars à 23h43

 

Y’a des jours où j’aime mon fils.  Je l’aime d’amour.  Je le trouve formidablement formidable.  Normal, c’est moi qui l’ai fait.  Aujourd’hui par exemple, je l’aime d’amour, mon gaminou.  Il a fait un miracle et j’ai vu les images de son miracle sur mon ordinateur ce matin.  C’était beau.  Un beau miracle, un vrai de vrai.  155 heureux, sans parler du bonheur par procuration.  Ça date déjà de quelques semaines, mais je ne me lasse pas de voir et revoir les images de cet avion qui se pose sur l’Hudson, de tous ces passagers échappant à un destin qui semblait tout tracé.  J’adore les miracles.  Au moins ça améliore grandement le contenu des journaux télévisés, que du bonheur.  Tchu, je deviens sentimentale ma parole, il est temps que j’aille me coucher.

 

Mais au fait, qui a inventé les miracles ?  Tiens, faudra que je demande à mon fils.  Je lui envoie un mail illico.

 

Posté le 11 mars à 19h54

 

Mon gamin de merde m’a encore mise dans une rage folle aujourd’hui.  Enfin ces derniers jours.  Comme toujours, quoi.  Il a le don de m’exaspérer.  Je n’aime pas quand il laisse les plombs « péter » sans intervenir.  Et en matière de pétage de plombs, ces derniers jours, la grosse boule bleue qui nous sert de planète a été servie : des fusillades en veux-tu en voilà.  Y’a quelques jours : fusillade aux Etats-Unis.  Un peu plus tard, fusillade dans une église (attends, fiston, c’est pas raisonnable, une église, qu’il ne me fasse pas croire qu’il n’était pas sur place !)  Hier, fusillade dans une école…  ça devient quasi une habitude ici bas, de fusiller quand ça va mal.  Non franchement, y’a des jours où j’aimerais pouvoir gérer son planning à sa place, ça tournerait mieux, je vous le dis.

 

Bon, je conclus ici, je m’en vais l’appeler de ce pas, j’ai des choses à lui dire, comptez sur moi pour tenter de mettre de l’ordre dans tout ça.

 

Posté le 19 mars à 18h49

 

My God (si je peux me permettre cette expression), je lui avais bien dit de mettre son personnel à la retraite plus tôt.  A force d’engager des vieux, les humains subissent des discours de vieux.  A l’armée, on est retraité bien plus tôt.  Dans l’enseignement aussi.  Partout, d’ailleurs.  Alors les curés et, surtout, les papes, moi je dis qu’il faut les retraiter de force à 60 ans.  Passque son ami Benoît qui fait l’apologie de l’abstinence plutôt que du préservatif, il est vraiment temps que mon fils comprenne qu’il est… périmé.  Je vais me faire gronder là, je le sens, mais j’assume.  Il va me dire que j’ai rien à lui dire, c’est son discours favori.  Je persiste et signe : place aux jeunes et à la tolérance !

 

Posté le 21 mars à 21h09

 

Enfin, il a suivi mon conseil.  Je l’avais sermonné de longues minutes, afin qu’il offre un premier jour de printemps digne de ce nom.  Passque si mes souvenirs sont bons (je l’avoue, je perds parfois un peu la boule, ça doit être l’âge… et à mon avis c’est génétique), on a eu un été pourri.  La faute à qui, je vous le demande !  Alors là j’ai drôlement insisté, faut pas pousser bobonne.  C’est bien connu que le manque de luminosité et de soleil déprime les populations, alors qu’offrir, comme ça, en cadeau surprise, une superbe journée ensoleillée, ça met du baume au cœur du citoyen le plus grognon, n’en déplaise au Schtroumpf du même nom. 

 

On dit merci à qui ?

 

Posté le 29 mars à 23h21

 

Etre la mère de Dieu, c’est pas un cadeau, je vous assure.  Toute mère aime avoir sa progéniture à manger le dimanche, avec la marmaille, la belle-fille détestée et tutti quanti.  Et moi ?  Ben moi, je passe mes dimanches seule, passque le dimanche, c’est sacré : il ne fait rien.  Rien de rien.  J’ai tout tenté : organiser un barbecue avec ses amis, jouer la malade qui va passer l’arme à gauche, provoquer une catastrophe dans ma cuisine (friteuse qui s’embrase, poubelle qui déborde, guêpe qui m’attaque) afin qu’il vienne à la rescousse, lui proposer de rencontrer une charmante jeune femme (passque bon, vivre seul en permanence, c’est pas bon), rien n’y a fait.  Il refuse de rendre visite à sa vieille mère adorée.  Son argument ?  Aucun.  Juste que c’est dimanche quoi, « jour du Seigneur ».  Et le jour de la mère du Seigneur, c’est quand hein ?  J’aimerais bien le savoir !

 

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12:31 Écrit par Anaïs dans Anaïs aime la vie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

4
oct

Ranger (4/10/2015)

Hier, on m’a demandé « mais pourquoi tu ranges, pourquoi si urgemment alors que tu as super bien  le temps ? »

 

On en a conclu que, comme j’avais perdu la mémoire (que j’ai retrouvée, mais très très très partiellement), je rangeais pour découvrir mes objets, me souvenir de leurs endroits, bref apprendre à connaître ma maison, mes pièces et ma façon de (dé)ranger (ouais j’ai toujours été bordélique, ça je m’en souviens).

 

Cette nuit, en plus de ranger dans ma tête (ce que je fais chaque nuit, on pige pourquoi je suis épuisée) j’ai regardé mes DVD sans titre, pour les trier. Bon, j’en ai regardé deux (sur disons au bas mot 164), mais le hasard est incroyable (y’a pas de hasard diront certains, ils ont raison), j’ai donc découvert deux DVD :

 

- le premier était « mon meilleur ami », un film avec l’acteur de Manon des sources et un autre acteur chti, un très chouette film que j’ai vu, si mes souvenirs sont bons (ah ah ah, très drôle, comme si mes souvenirs étaient parfois bons) avec mon père quand il était à Givet et que j’avais été passer le week-end là-bas. Nous allons rarement au cinéma (pour ne pas dire jamais), et je garde un bon souvenir de ce moment.

 

- le deuxième était une émission sur Pierre Rapsat, après son décès, un chanteur que j’aimais et que j’avais été voir à Forest quand j’étais jeune (qui a dit « y’a longtemps » pour que je confirme qu’il a raison), avec mon père justement (je devais aussi le voir avec ma sœur, mais il a annulé, étant malade).

 

Bien sûr, depuis lors j’écoute Rapsat sans cesse, ayant acheté à l’époque le big-CD hommage. Je pense aussi avoir acheté Scala, faut juste que je le retrouve bordel (donc que je range).

 

Ça m’a fait réfléchir à la raison de ce rangement rapide et permanent :

 

1. Je veux en effet me souvenir de mes objets, que ma mémoire revienne, alors je range.

 

2. Je veux pas que l’aide-ménagère, le jour où elle viendra, hurle en voyant le bordel, alors je range.

 

3. On me dit « tu as le temps », mais cet accident m’a fait réaliser que le temps est justement une des choses très variable et dont on n’est pas sûr. Avant, je me croyais immortelle, enfin je n’y pensais pas, ou je niais ma mort potentielle, maintenant je sais, je sais que le temps est compté, je sais que j’ai eu une seconde chance et j’en suis heureuse même si c’est dur (bordel de merde). Alors je range.

 

4. Autour de moi beaucoup de gens sont morts ces dernières années, notamment ceux qui ne sont pas venus me voir à l’hôpital, ce qui m’étonnait et m’attristait, vu que j’avais oublié leur décès : mes grands-parents et mon père. C’est seulement maintenant, des années plus tard, que je ressens le manque, comme si j’avais nié l’absence pour éviter d’y penser. La maladie et la mort m’ont toujours fait très peur, encore plus maintenant je dois dire… Mais avec le recul, heureusement qu’ils ne m’ont pas vue comme ça. Alors je range.

 

Voilà pourquoi maintenant je sais qu’on va mourir, je ne ni plus la mort, et les défunts me manquent.

 

Voilà pourquoi je range… bon j’y vais.

 

Edit du 5/10 : hier mon chat a cassé une assiette de mon père, j'ai mis une émission enregistrée en 2003 et Céline Dion chantait "je voudrais parler à mon père", durant la nuit, j'ai entendu une chute d'objet et ce matin j'ai trouvé la vierge Marie en bois venant d'Afrique, de mon père, sur le sol (non cassée). Signes signes signes...

 

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12:23 Écrit par Anaïs dans Anaïs aime la vie | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

2
oct

j'ai testé la relativité du temps (écrit avant mon accident et tapé ce jour)

Dans mon rangement, je retrouve des bijoux comme ce texte écrit y'a des années et jamais publié sur ce blog, non pas un bijou de qualité, mais un bijou car je suis la seule à pouvoir lire mes pattes de mouche et à me souvenir de ce moment, c'est là que je me dis que c'est pour ça que je suis vivante : pour taper des textes, neufs ou vieux (et pour ranger diront certains médisants).

Voici donc ce texte qui date, alors qu'on l'imagine parfois sorti de mes mois d'hôpital, quand j'y parle de cerveau ou d'hôpital, mais non... bonne lecture.

 

"Dans la vie, une minute est-elle toujours de la même durée ?

Je vous écris en direct live d'une salle de conférence où je me trouve, après une journée à bosser dans un bureau surchauffé malgré l'air co, genre 28 degrés, salle somme toute très jolie mais ô combien encore chaude en ce début de soirée.
 
Le sujet ne m'intéresse guère, même si ça aurait pu être pire : les contributions alimentaires dans le cadre d'une séparation.

Si, ça aurait pu être pire, je sais pas moi, euh... attendez, je cherche...

Je pose mon regard sur la chemise à carreaux de l'homme devant moi, puis sur le costume en liège de son voisin.

Bon, je trouve rien de pire, on va dire que la chaleur ramollit mon cerveau.

Le cerveau peut-il disparaître suite à une chaleur caniculaire ?

Et je regarde ma montre, et j'acquiers la certitude qu'une minute n'a pas la même durée en fonction des circonstances.

Une minute de Calogero dure une seconde.

Une minute à l'hôpital dure une heure.

Une minute de shopping dure 89 euros.

Une minute de sèche cheveux donne dix cheveux cramés.

Une minute de conférence dure un siècle.

Une minute de bon sexe dure une seconde.

Une minute de mauvais sexe dure une heure.

Une minute à réécrire ce billet sans plus écouter ma conférence dure une seconde.

J'ai lu un jour que le temps parait très long quand on est jeune et que plus on vieillit, plus il raccourcit et passe vite... je peux vous dire que j'ai vécu l'exception qui confirme cette règle !"

19:42 Écrit par Anaïs dans Anaïs aime la vie | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

18
sep

Ma nouvelle vie... (écrit en Ergo ces 7 et 8/12/15)

Nous sommes le 8 septembre 2015, ça fera 14 ans déjà après l'attaque des tours jumelles, qui m'avait bien angoissée. Moi qui ne prends déjà jamais l'avion (c'est pas ça qui a fait changer les choses,c'est clair) donc le 11 septembre je commence ma nouvelle vie, ma seconde vie qui sera bien différente de la première, même si semblable par certains côtéq.

Même maison, mêmes chats,  même ville.

Par contre, toujours pas de travail et je continue à dire que je marche comme un canard. Aussi sexy qu'une poule. Déjà que j'en ai le corps, voilà que je marche comme elle, voire pire (passqe, au fait, ça marche super bien une poule, sexy, classe et tout, non??)

Bref, je suis "contente" : le 20 septembre ça fera neuf mois que j'a été renversé par la "connasse", finalement, mon hospitalisation a duré le temps d'une grossesse inattendue (surpriiiiiiiiiiiiise !), avec un enfant genre chiant (non, ils ne le sont pas tous je le jure) qui va me poser problème toute ma vie durant, j'en suis consciente...

Comme un autre malade me l'a dit (il avait bien raison et j'y pense souvent depuis) "l'essentiel, c'est d'être en vie, sois contente,profite".

Merci à ma famille (au sens large) sans qui je ne serais plus là, merci aux médecins, merci aux kinés, merci aux soignants, merci aux infirmières et merci aux malades, votre aide à tous fut précieuse, bref merci à tous, vous vous reconnaîtrez...

 "Je suis en vie" chantait Grégory Lemarchal.

Je commence bientôt ma nouvelle vie, qui, je ne me mens pas, sera dure, mais je suis heureuse, je connais désormais le pris de la vie (Amen, comme dirait l'autre).

11:16 Écrit par Anaïs dans Anaïs aime la vie | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |