26
mai

Voyage en absurdie

C’est tellement bizarroïde qu’il faut que je le raconte, même si, malgré une bonne douche, je suis toujours aussi naze qu’une moule en fin de vie. Même si vous n’allez rien piger, rien de rien, à ce récit.

J’ai fait un rêve étrange et pénétrant.

Je pars vers une destination lointaine (à savoir un bled paumé à 10 km de chez moi). En bus, bien sûr. Vu le côté « bled paumé », les maigres (enfin façon de parler… maigre n’étant pas un mot qui me corresponde en ce moment) passagers sont invités à changer de moyen de locomotion : nous voilà dans des sortes de mini wagonnets sur rail, fouettés par le vent. Je n’ai plus mes chaussures, ô drame ultime (ça doit être mon drame réel de dimanche qui se transpose dans mon rêve, devenu cauchemar).

J’arrive à quasi destination. Reste un bout de chemin à faire à pied (nu).

Nonobstant les bons conseils de la guichetière, je suis perdue. (oui, dans ce bled paumé, finalement, y’a un monde fou : une guichetière, un fabricant de meubles en bois, un tas de passagers, pire que gare du Nord à Paris à l’arrivée du Thalys… et surtout un homme, UN HOMME). Un homme qui propose de m’emmener là où je vais (et là où je vais, c’est précis dans mon esprit, mais je vous le dirai plus tard).

Il m’emmène en car, un vrai car de touristes. Mais j’y suis seule. Avec lui. Ambiance feutrée. Emotion palpable.

Nous roulons en bord de mer (j’avais écrit Meuse), le paysage est grandiose, les falaises aussi. J’angoisse. Mon chauffeur, qui n’est plus seulement un chauffeur pour moi, émotion émotion, me fait des frayeurs en se mettant très très près du bord. Scénario catastrophe, chute vertigineuse, corps déchiqueté, noyade. Même en rêve, je scénarise à « donf » (je place un mot djeun de temps en temps, ça en jette grave). Le trajet dure.

Nous arrivons dans un endroit toujours aussi fréquenté, un genre de hall de gare. Dans l’intervalle, il a perdu son appareil photo, je le lui ai récupéré malgré que le voleur se soit enfui suite à nos cris et à ceux des touristes et des autochtones, à qui j’ai parlé en espagnol, bien que la langue locale soit le portugais (ça c’est un flash back sur le livre que je viens de finir « A part ça les hommes vont bien »). Il va de soi que dans le bled perdu à dix bornes de chez moi, on parle portugais et y’a la mer et les falaises. Heureusement que j’ai conscience du fait que je rêve, sinon je demanderais un internement immédiat pour cause de delirium tremens récidivant.

Arrêt sur image. Nous scrutons la carte pour trouver l’endroit où je vais, le temps commence à presser. Travelling avant. Il s’approche de moi pour regarder ladite carte, s’approche, s’approche. J’ai un léger mouvement de recul, plus induit par l’effet de surprise que par un manque d’envie de cette proximité. « Ça c’est ton espace, ça c’est mon espace, tu n’envahis pas mon espace, je n’envahis pas ton espace » (dixit Johnny dans Dirty Dancing, seules les grandes fans comme moi comprendront et revivront cette scène mémorable, rhhhhha, nostalgie). Il recule légèrement, puis se penche vers mon cou et me donne le plus doux, le plus chaud, le plus sensuel des baisers. Dans le cou. Simplement. C’est tendre mais très érotique à la fois. Là, j’ai oublié que je rêvais, je me laisse aller à cette sensation extraordinaire.

Mon réveil sonne. Je l’arrête tant bien que mal, et je replonge dans mon rêve. Avez-vous aussi cette faculté de poursuivre vos rêves malgré une interruption inattendue ? Moi je l’ai. Même pour les cauchemars, indépendamment de ma volonté.

Malheureusement, pas moyen de me souvenir de cette seconde partie de rêve. J’ai tout oublié.

Malheureusement encore, ce n’était qu’un rêve (laisse moi rêver, toute une nuit, laisse moiiiiiiiiiiiiii… - Frank Michaël).

Mais j’ai encore, étrangement, une petite trace rouge dans le cou. Toute toute petite, mais bien présente…

09:10 Écrit par Anaïs dans Anaïs a des rêves | Lien permanent | Commentaires (14) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

25
mai

Calendrier de l’avant

Non je n’ai pas fait une horrible faute, je sais que je dois écrire calendrier de l’avent, mais ne me trouvez-vous pas horriblement en retard pour parler du sujet ? Ou au contraire atrocement en avance ?

J’avais envie de parler des calendriers de l’avant-avent que nous pouvons créer.

Durant mon premier blocus, moi qui sortait d’une école à réputation extraordinaire, mais néanmoins nulle, et qui avais la chance de retenir vite, je n’avais pas vraiment conscience de ce qu’étudier signifiait. Etudier quelques heures le samedi, pas de problème. Mais étudier durant quinze longues journées, du matin au soir, quel supplice. J’ai horreur d’étudier. J’ai toujours adoré faire des dissertations (j’ai toujours mes vieilles dissert, faut absolument que je mette la main dessus, ça peut s’avérer très drôle), préparer des exposés (mais exposer en soi, je détestais, ce qui me conforte dans ma personnalité : écrire oui, parler non), faire mon mémoire fut un bonheur (alors que personne n’avait encore commencé, j’étais quasi à la fin), le défendre fut le plus gros stress de mes études (et le pire bide aussi, mais je préfère ne pas me remémorer ce moment tellement sordide de ma pénible existence).

Donc, pour surmonter ce blocus, avec une amie, nous avons eu l’idée de ce calendrier de l’avent-avant : préparer chacune pour l’autre quinze petits mots d’encouragement, à ne lire impérativement que jour après jour, le matin, pour se donner du courage. J’avoue que ça m’a pas mal aidée, c’était le petit moment de bonheur avant la grosse journée de malheur. Puéril mais utile.

Ce principe peut s’appliquer à tout et n’importe quoi…

Le calendrier de l’avent-avant mariage : un mois avant la cérémonie, les fiancés s’écrivent chaque jour un petit mot doux, un secret câlin, une mini déclaration, une petite tendresse. Truc : réunir les plus jolis sur le livret du mariage à l’église ou sur le menu.

Le calendrier de l’avent-avant départ en vacances : quinze jours avant le départ, préparer pour l’accompagnant un rappel par jour des choses à ne pas oublier. Pratique et sympa.

Le calendrier de l’avent-avant rupture : ne fonctionne qu’à sens unique… puisqu’en général un seul des deux sait qu’il va plaquer l’autre… Déposer chaque jour sur l’oreiller une des raisons de la rupture à venir (mais sans l’annoncer) : tu ne ranges pas tes chaussettes, tu me vois mais ne me regardes plus, tu ronfles la nuit… Sadique ce calendrier ? Pas tant que ça, mon petit côté romantique garde l’espoir que ces petits indices inciteront l’autre à se remettre en question avant la date fatidique du dernier message « pour toutes ces raisons, je te quitte »… Sinon, tant pis pour lui (ou pour elle) !

Le calendrier de l’avent-avant régime (je ne peux pas éviter ce sujet, cela va de soi). Quinze jours avant le début du régime, s’organiser la quinzaine du « gros-gime », où tout est permis et noté jour après jour. L’idéal étant de faire ça à deux pour avoir la surprise du menu du jour : ce lundi Quick à midi, Apple Pie à 16h, boulettes sauce tomate pâtes le soir, ce mardi Pizza hut à midi, fondant au chocolat à 16h, steak frites mayo salade le soir. Que de bonnes surprises en perspective ! On peut bien entendu continuer la formule une fois le régime entamé, ce qui permettrait peut être de l’entamer avec plus de joie au cœur (si tu as de la joie au cœur frappe des mains – auteur inconnu) : ce lundi salade de tomates jambon à midi, pomme à 16h, poulet grillé haricots vers le soir. Ce calendrier évite de se creuser la tête pour trouver des menus équilibrés (pas besoin de se la creuser pour les menus avant régime, cela va de soi).

Le calendrier de l’avent-avant naissance : le plus sympa, parce qu’il dure bien plus longtemps. Les deux futurs parents écrivent des petits mots à l’autre, au bébé qui grandit, une sorte de mini journal à garder et offrir à l’enfant devenu adulte. Quel joli souvenir. Pour ma part, j’ai comme souvenir ma courbe de poids (de là mon traumatisme), la quantité de lait ingurgitée, les quelques premiers mots, les annotations illisibles de la pédiatre ONE (ça vaut mieux, imaginez qu’elle ait écrit « consulter au plus tôt un psychiatre, ce bébé est dérangé », gloups) et c’est déjà super cool à relire (ou à tenter de relire) je trouve.

Zavez d’autres idées ?

06:45 Écrit par Anaïs dans Anaïs a des rêves | Lien permanent | Commentaires (13) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

16
avr

Vacances j’oublie tout

Cette année, pas de vacances pour moi. Etrangement, pas envie. Et puis, pas de sous (j’économise pour mes vieux jours qui se rapprochent dangereusement – et pour m’acheter un sac Chloé, vous savez, le sac argenté que je vous ai présenté, j’en ai rêvé la nuit), pas d’idées. Besoin de repos. Beaucoup de repos.

Et bien je pense que c’est la bonne décision.

Moi qui croyais que la croisière était le nec plus ultra en matière de vacances (comparativement aux diaboliques oiseaux de métal dans lesquels je refuse de compromettre mon avenir), je découvre qu’il n’en est rien.

Un bateau de croisière similaire à celui que j’ai pris il y a quelques années a sombré au large de Santorin il y a quelques semaines (île que j’ai visitée, peuplée de mules, vous vous en souviendrez). Vu la proximité de la côte, l’incident ou plutôt le naufrage pourrait prêter à sourire, si deux français n’avaient pas disparu depuis.

Sans rire, je trouve inadmissible de partir en vacances pour y mourir. Ça me rappelle l’horreur du Tsunami. Et tant d’autres drames. C’est contre nature, de mourir en vacances. Comme mourir jeune. Comme mourir bêtement. Comme mourir.

J’ai pris la bonne décision. Vacances à Namur-plage. Soleil, j’y crois. Farniente, j’en suis convaincue. Lecture (231 romans en attente). Musique. Meuse. Canards. Cocktail de jus multivitaminés pour la pêche. Légère brise de mer (merci le ventilateur). Doigts de pied en éventail et bassine d’eau pour l’effet piscine. Et si quelqu’un a un tout petit bateau avec un tout petit pont et veut remonter la Meuse jusqu’en France, je peux revoir ma position… Qui part avec moi ?

07:17 Écrit par Anaïs dans Anaïs a des rêves | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

13
avr

Vendredi 13

Congé. Un vendredi 13 relax. Grasse mat. Je m’octroie un petit déjà hyper cool : yaourt Essensis pour être belle de l’intérieur (et pour être belle de l’extérieur, c’est quand qu’ils inventent quelque chose ?), lait de soja cacaoté Alpro pour ménager mon estomac rebelle, Knorr vie pour ma dose de fruits et légumes et galette artisanale (non c’est pas moi l’artisane, sinon j’aurais écrit « bouillie de galette artisanale »).

Direction la terrasse pour aménager mon petit coin nature avec les plantes colorées qui attendent patiemment depuis quelques jours. C’est un moment de l’année que j’apprécie, mettre mes mains dans la terre, planter, voir évoluer mes plantations, en profiter comme un petit animal qui découvre la vie avec émerveillement (sniffitude extrême devant la beauté de mes fleurs, grosse chose émotive que je suis).

Ensuite, je m’offre 26 billets de Win for Life (ou Fun for Life, j’hésite encore), et en gratte un par minute entre 13 h -13 et 13 h 13. Je prends un quickpick euromillions et je valide mon lotto vendredi 13.

Lundi, j’irai trouver boss vénéré pour lui annoncer la bonne nouvelle « j’ai gagné au Win/Fun for Life », suivie de la mauvaise nouvelle « au revoir au revoir président, au revoir au revoir président ». Il comprendra que mes aspirations sont ailleurs, que j’adore mon job, que ça va être un déchirement mais que je suis appelée à d’autres choses…

Quelle journée super. C’est quand même trop méga hyper top cool, la vie, les vendredis 13, non ?

09:32 Écrit par Anaïs dans Anaïs a des rêves | Lien permanent | Commentaires (12) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

8
avr

Le mot « fin »

Je ne sais pas si vous avez déjà ressenti ça. Moi, lorsque je lis le dernier mot d’un livre qui m’a captivée, j’ai un énorme pincement au cœur. Une tristesse qui m’envahit, même en cas de livre amusant. Un vide dans l’estomac, un manque à venir. Une rupture. Comme si mon attachement aux personnages découverts au fil des pages se brisait d’un coup sec. Comme si je savais que je n’allais plus jamais les revoir. Un micro deuil.

Je ne sais pas si vous avez déjà ressenti ça. Moi, j’adore le printemps, c’est la plus belle saison pour moi, j’en ai déjà parlé. Je profite du soleil, il est juste chaud comme je veux (en été, je ne le supporte pas). Je ressens toutefois plus fort une certaine solitude au début du printemps, comme si cette saison dite « des amours » me rappelait plus cruellement encore le manque d’amour (purée je vais finir par me faire pleurer à écrire de si jolies choses ma bonne Dame). Au printemps (et ce n’est pas hormonal, enfin si, peut-être, mais ce n’est pas sexuel), j’ai envie de tendresse, de bisous dans le cou, de balades main dans la main. J’ai envie d’être amoureuse.

Alors, quand, un dimanche de printemps, je profite doucement du soleil sur ma terrasse, après un bon repas familial, et que je termine une lecture sympathique mais archi romantique, qui finit en happy end qui n’arrive jamais que dans les bouquins ça rondidju, je cumule printemps + mot «fin» d’un bouquin, et ça me fiche un doux bourdon. Pas le gros bourdon bien dodu dont les bzzzzz bzzzzzz font pleurer à gros sanglots. Non. Un petit bébé bourdon tout rond tout velu dont le bz bz me donne envie de commencer un autre livre, là, tout de suite, et de serrer très fort un homme dans mes bras, là, tout de suite.

Pour le livre, ma bibliothèque en regorge, je vais de ce pas faire mon choix. Pour l’homme, ma bibliothèque n’en regorge pas, hélas trois fois hélas. Solution : me rendre le 21 avril place du théâtre à 14h afin d’obtenir un quota satisfaisant de câlins gratuits…

Décidément, il est dit que le dimanche est le jour des lamentables lamentations.canards3

18:38 Écrit par Anaïs dans Anaïs a des rêves | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |