8
mar

Si j’étais un homme…

 
J’ai lu il y a un petit temps cette info étrange : une poule s’est transformée en coq.  Elle avait pourtant pondu des œufs, c’était donc bien une poule.  Parait que c’est rare mais possible, et ça serait dû à un problème ovarien.  Je suis ravie de l’apprendre.  Je ne m’étais jamais demandé si les poules avaient des ovaires, j’ai maintenant la réponse à cette question cornélienne.  Les poules ont des ovaires.  Et les poules à ovaires peuvent, étrangement, devenir coqs.

En réfléchissant à cette mutation sidérante, je me demande ce qui changerait dans ma vie si j’étais un homme.

Question ô combien existentielle en cette journée de la femme.

Moi si j’étais un homme, je serais capitaine, d’un bateau vert et blanc.  Ah non, celle-là on l’a déjà faite.

Si j’étais un homme, je serais grand et ténébreux, avec des yeux soit très foncés, soit très clairs, dans lesquels toutes les femmes se noieraient.  Mais je n’en profiterais pas, je succomberais pour la femme de ma vie et je la rendrais heureuse.  J’apprendrais à baisser la lunette des toilettes, à repasser mes chemises et à cuisiner.  Je ne mettrais pas de cravate, car je n’ai toujours pas compris l’intérêt de ce losange déformé et étrangleur de cous fragiles.  

Si j’étais un homme je serais drôle.  Mais d’un humour fin.  Pas d’un humour gras que seuls les hommes comprennent.  De la finesse, de la finesse.

Si j’étais un homme, je profiterais des avantages qui me sont offerts : faire pipi sur le gazon pour amuser les coccinelles, debout, sans devoir chercher un coin à l’abri des buissons ; ne pas devoir me raser partout partout, mais laisser les broussailles envahir mon corps de rêve.

Si j’étais un homme je serais romantique.  J’aimerais les comédies romantiques.  Et je serais ému, parfois.  Je n’aurais pas honte de pleurer.  Parce que, oui, un homme, ça peut pleurer.

Si j’étais un homme je serais protecteur sans être macho, car les femmes adorent être protégées sans être étouffées.  Et si un accès de colère me submergeait, je la laisserais s’exprimer tout en douceur : la violence ne ferait pas partie de mon vocabulaire.  Colère oui, violence jamais.

Si j’étais un homme, j’aurais un petit côté artiste : guitare, peinture, sculpture, écriture, qu’importe, mais un côté artiste, tout simplement.  Mon cerveau droit aurait son mot à dire, en permanence.

Si j’étais un homme, je changerais de slip, ou, mieux, de boxer, chaque jour, car ma maman m’aurait bien élevé.  Hygiène irréprochable serait mon leitmotiv.  Déodorant chaque matin serait mon topo.

Si j’étais un homme… je serais tout simplement, sans doute, une femme, mais avec juste ce qu’il faut là où il faut.  Mais tout bien réfléchi, je n’ai pas envie d’être un homme.  Ou alors juste 24 heures.  Seulement.  Un homme.  Un bel homme.  Durant 24 heures.  Juste pour savoir ce que ça fait…

Mais si j’étais un homme, ce que j’aimerais par dessus tout, c’est que la journée de la femme n’existe plus, parce que cette journée signifie qu’il est encore nécessaire, en 2008, d’insister sur l’égalité des sexes toujours bafouée, sur les mutilations et les brimades que subissent les femmes, et sur leur statut encore inférieur dans bien des contrées.  Je ne vous ferai pas le même discours que l’an dernier, nul besoin de radoter, car il vous suffit d’aller le lire ici.

10:45 Écrit par Anaïs dans Anaïs a des rêves | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

8
fév

Tout plaquer, sans rien emporter

ça vous arrive parfois d'avoir envie de tout plaquer ?  Tout.

D'aller trouver boss chéri pour dire que vous ne finirez pas vos jours dans ce bureau, que votre vie est ailleurs, vous ignorez où, mais ailleurs, c'est certain.  Que vous ne tiendrez pas un jour de plus dans cette atmosphère pesante.  Que vous avez besoin d'air frais.  Immédiatement.  Que vous partez, là, de suite, sans même aller rapporter votre tasse de café à la cuisine.  Tchao pantin.

De quitter votre appartement sinistre et froid pour courir vers un nouvel horizon fait de soleil et de chaleur.  Dans le Sud.  De tout laisser là, PC, livres, souvenirs, vaisselle, fringues, pour partir sans vous retourner et commencer une nouvelle vie.  Tant pis pour les factures, tant pis si les voisins vous croient mariée à l'autre bout du monde, kidnappée pour la traite des blanches ou morte et dévorée par votre rat dans un coin du canapé.

De dire au revoir (pas adieu, juste au revoir) à tous vos amis, parce que vous allez vous en faire des nouveaux, ailleurs.  Mais que vous ne les oublierez pas, et qu'à l'occasion, vous reviendrez, pour quelques jours seulement.  Mais que vous avez envie d’ailleurs.  Urgemment.

De faire un petit bisou à la famille, avec promesse de se revoir, et puis voilà, on s’appelle.  Vite.  Mais loin.

D'envoyer valser tout ce qui faisait votre vie jusqu'alors, parce qu'elle vous étouffe, votre vie.  Parce qu'elle ne vous plait pas, en cet instant précis où le pétage de plombs se profile à l'horizon.  Parce que vous n’en voulez plus, de cette vie.  Qu’il vous en faut une autre.  Différente.  Vous, mais en mieux.  Votre vie, mais en mieux.

Un immense besoin.  De partir.  Ailleurs.  N'importe où mais ailleurs.

Illu de Sue.
envievacancesutilise

06:30 Écrit par Anaïs dans Anaïs a des rêves | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

5
fév

I had a dream

Cette nuit, j'ai rêvé que j'étais à Liège, mais complètement paumée.  Paumée de chez paumée, ce qui n'est nullement étonnant vu mon sens de l'orientation digne de celui d'une moule perdue dans sa casserole, pour autant qu'elle soit encore vivante (la moule).  Point d'Alex pour me guider, et je cherchais Darcis, en vain.  C'est dire si pour l'instant je fais une très très légère fixette sur les macarons, ma bonne Dame.

 

Je me retrouvais donc perdue dans les ruelles liégeoises, jusqu'à ce que je retrouve des amies et que nous nous installions à une terrasse très particulière, ou plutôt au sommet d'un paquet de terrasses les unes sur les autres, en bois.  Vu leur étroitesse, s'asseoir sur une chaise revenait à avoir les fesses dans le vide à un niveau équivalent au cinquième étage.  J'en tremblais d'effroi.

 

Mais le pire restait à venir, lorsque les terrasses se mirent à tourner, tourner, de plus en plus vite.  Et la tenancière de l'établissement de hurler "vous en voulez encore ?", comme sur la foire de juillet à Namur.  Et moi, j'étais terrorisée, accrochée à un pilier de bois qui passait par là.

 

Et ça tournait, ça tournait, dans un sens puis dans l'autre.  Et ça tournait encore.

 

Puis je me suis réveillée.

 

Et non, je n'avais pas bu.  Ni mangé de macarons.  Diantre.

13:25 Écrit par Anaïs dans Anaïs a des rêves | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

16
jan

Cui cui, je suis cuite

Cette nuit j’ai rêvé.  Comme toutes les nuits sans doute, mais ce rêve était… mémorable.  Je suis chez de vagues amis.  Ils ont un canari.  J’aime pas trop les oiseaux je dois dire.  Non que je leur veuille du mal, mais ils me laissent indifférente.  Je ne suis pas du genre à m’extasier sur le premier perroquet qui passe, comme je le fais face à un rongeur.  

Mais ce canari est exceptionnel.  Câlin, il se tortille sur moi pour se faire caresser.  Espiègle, il se glisse dans un petit vêtement pour faire un numéro de cirque.  Affectueux, il est sans cesse perché sur mon épaule à tenter de capter mon attention.  

Ses maîtres en sont fous, mais j’apprends qu’ils vont devoir s’en séparer à cause de la nouvelle loi et du recensement.  En effet, à la manière de la nouvelle loi sur les armes belges, tout qui possède un canari devra le signaler.  Pire, si le détenteur d’un canari ne détient pas également un piano pour permettre à son animal de s’exercer, il devra le rendre.  Mes hôtes, très honnêtes, ont décidé de rendre leur petit animal, même si cela leur déchire le cœur.  Ils n’ont pas de piano.  Je suis triste et révoltée.  

Je décide alors de rédiger un billet « j’ai testé la nouvelle loi », en interrogeant en douce les créateurs de cette loi et les détenteurs de canaris.  Mon souvenir est vague quant à cette partie du rêve, je sais juste que ça ferait un bon billet.  Mes doigts me démangent.

Voilà où j’en suis Mesdames et Messieurs : vlà que je rêve de mon blog et que je rédige des billets en songe.  Je suis définitivement foutue.  Vous me retrouverez bientôt en photo dans la presse people, un entonnoir sur la tête.
 
 zicmu_mars_canari

06:00 Écrit par Anaïs dans Anaïs a des rêves | Lien permanent | Commentaires (12) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

11
déc

He’s back

bottes
Samedi soir, je suis allée au cinéma.  Que suis-je allée voir, me demandez-vous ?  Ce n’est pas le thème du billet, mais je veux bien, dans un élan d’abnégation, et passque vous êtes sages, vous le dire.  Chuis allée voir « Ce soir j’habite chez toi », une petite comédie romantique française avec Mélanie Doutey (et comme l’a dit chais plus qui sur son blog, Mélanie Doutey sera toujours Clara Sheller pour moi) et un acteur français échevelé dont j’ai oublié, comme d’hab, le nom.  Il jouait dans Podium.  Un petit maigre.  Mais non pas Poelvoorde.  L’autre.  J’ai vu « Ce soir je dors chez toi ».  Un chouette film que je vous conseille si vous avez envie de rire et de fondre devant de bons sentiments.  Rien d’intellectuel, du pur divertissement comme je les aime.

Revenons à nos moutons, ou plutôt à nos bottes, car c’est bel et bien d’une histoire de bottes qu’il s’agit.  

Pour me rendre au ciné, j’avais chaussée mes avant-dernières bottes noires.  Et oui, vous le savez, malgré ma bonne résolution « pas de bottes pas de manteau en 2007 », j’ai craqué à moitié.  A moitié seulement, puisque j’ai acheté deux paires de bottes, mais je n’ai pas acheté le moindre petit manteau cet hiver.  A moitié.  Ça mérite les félicitations du jury non ?  (qui a dit « Anaïs, l’hiver commence dans dix jours ».)

J’ai donc mis mes bottes et j’ai vu un bon film.

Rien à signaler.

Dimanche matin, je suis allée chercher mon 7dimanche.  Et pour ce faire, j’ai chaussé mes avant-dernières bottes noires.  Il était tard, plus de 9h30. La foule en délire faisait la file pour son quota hebdomadaire de croissants.  Il restait quelques 7dimanche seulement.  J’avais envie de croissants.  Je me suis pieusement placée dans la file.  Puis ma mauvaise conscience (celle qui veille à mon taux de cholestérol et à mon tour de taille) a fait son apparition et m’a susurré à l’oreille « Anaïïïïïs, est-ce bien raisonnable ?  As-tu vraiment besoin de croissants ? »  J’ai craqué, j’ai fait demi-tour, mon 7dimanche sous le bras, aucun croissant en main, et je suis rentrée at home.

J’ai donc mis mes bottes et j’ai mangé du pain grillé.

Rien à signaler.

Dimanche soir, j’ai préparé mes vêtements pour le lendemain, comme chaque soir, en ménagère parfaite que je suis.  J’ai donc installé mon pantacourt en jeans, mon pull rayé, mon petit ensemble de lingerie gris, mes grandes chaussettes hyper sexys noires, et mes avant-dernières bottes noires (vous l’aurez compris, je m’y sens comme dans des pantouf’).  Le tout dans la salle de bains.  J’ai programmé mon chauffage pour avoir 33 degrés le lendemain à l’aube.  Et je suis allée faire dodo.

Rien à signaler.

Lundi matin, j’ai pris ma douche, j’ai lavé ma toison d’or (ben quoi, l’or noir, ça existe, que je sache), j’ai terrorisé mon cor au pied, comme chaque matin, il a résisté, comme chaque matin.  J’ai brossé mes canines, séché ma toison d’or, etceteri etcetera.  Je vous passe les détails sordides de mes rituels quotidiens (curetages oreilles, vaporisations anti-odeurs…)

Puis j’ai enfilé mes bottes.  Mes avant-dernières bottes noires.  Celles-là même qui m’avaient accompagnées samedi.  Qui m’avaient accompagnées dimanche.  Et j’ai senti quelque chose à l’intérieur de la botte droite.  Quelque chose de désagréable.  De piquant.  De « rêche », comme on dit chez moi.  J’ai pensé que la semelle intérieure, trempée de sueur (c’est frais), avait dû se racrapoter en un magma infâme et puant.  J’ai donc introduit la main dans ma botte droite, et j’en ai ressorti… un billet de vingt zeuros.

Tout plié.  En deux, puis en deux, puis encore en deux.  Tout au fond de la botte.

Personne n’est entré chez moi durant le week-end.

La botte était vide samedi soir.  Elle était vide dimanche matin.  Je l’ai ensuite déposée dans la salle de bain, droite comme un I.  Et vide.

Alors ?

Saint-Nicolas, c’est toi ?

Dessin d’Isacile, que je remercie. 

11:15 Écrit par Anaïs dans Anaïs a des rêves | Lien permanent | Commentaires (12) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |