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jui

Sus aux hommes à poils…

Dimanche.  Réveillées à l'aube.  5 heures pour Eugénie.  6 heures pour bibi.  Si c'est pas malheureux.  Une petite papote, encore, puis dodo à nouveau, jusqu'à 8 heures, c'est plus décent.  Re-papote.  C'est dingue ce que deux filles ensemble peuvent causer.  9 heures, direction la douche puis petit déjeuner.

Mmmmmmmmmmmmmmh, le petit déjeuner.  De tout de tout de tout : lard, œufs brouillés, œufs coque, viennoiseries en tous genres, fruits frais, salade de fruits pour les fades de mon espèce qui n'ont ni le temps ni l'envie d'éplucher quoi que ce soit un dimanche matin dans un quatre étoiles, céréales, charcuteries, fromages, thés, cafés, jus…  Nirvanesque.  

Opération "empiffrage".  Opération engloutissement de victuailles.  Le tout sous une verrière pleine de soleil.  Contrairement aux prédictions de Miss Météo, il ne nous quittera quasi pas de la journée.  Parfois pâlot, mais toujours présent.  

Ensuite, nous partons à la découverte de la seconde partie du centre, composée d'une piscine à 28 degrés (sont fous, 28 degrés, c'est frouaaaaaaaaaad), de tas de jacuzzis et d'un paquet de saunas, sans oublier la salle de repos, le bar à jus frais et l'espace bronzage naturiste perdu dans la verdure.

Passque oui, cette partie du centre est naturiste.  Bien sûr, Eugénie m'avait avertie "y'a une partie naturiste, pô grave ?"  Dans mon esprit petit petit petit, j'ai pensé "une partie", j'ai pensé "partiellement", j'ai pensé (enfin extrapolé) "à part"… Eugénie (filoute) ne m'a pas détrompée, que nenni.  Lorsque, après réservation, j'ai compris la réalité de ce qui m'attendait, il était trop tard.  J'ai alors repensé à ces fameuses 24 heures durant lesquelles j'avais "testé vivre nue chez moi", et me suis dit que ce serait peut-être l'occasion de "tester vivre nue au milieu d'autres nus".  Peut-être...

N'ayant jamais vécu l'expérience du naturisme de masse, je me sens à la fois impatiente et un tantinet effrayée.  Chuis pas du genre à croiser des hommes nus à chaque coin de rue, moi, encore moi des hommes nus inconnus.  

Mais quand faut y aller, faut y aller.

Alors on y va.

On commence soft en se dirigeant vers un grand jacuzzi entièrement vide.  Argh, homme nu à babord.  Prendre l'air blasé de celle qui a toujours été naturiste mais qui exceptionnellement, vu le froid extérieur, a revêtu un bikini (passque le naturisme n'est point obligatoire).  Ne pas regarder.  Surtout ne pas regarder.  Ne pas regarder.  Argh, mince, j'ai regardé.  Enfin, ce qu'il y avait à regarder, savoir une mini saucisse TV racrapotée de timidité.  De dos, ce n'est pas mieux : des fesses tristes.  Déception.  Où sont les apollons, les top models mâles, les potentielshommesdemavietoutnus ?

Ensuite, nous décidons de prendre des risques et d'aborder les autres jacuzzis, pleins de monde.  En maillot, le monde.  Ouf.  Installation.  Délectation.  Discussion.  (On ne change pas une équipe qui gagne).  Argh, homme nu prêt à l'abordage.  Ne pas regarder.  Ne pas regarder.  J'ai regardé.  Impossible de ne pas voir cette énooooooooooooooooorme chose qui se balance de gauche à droite, puis de droite à gauche, puis encore de gauche à droite.  Hypnotique.  Femme nue à tribord.  C'est l'invasion.  Homme nu assis, à demi-caché par un essuie vert, se gratte les coucougnettes avec délectation, à de nombreuses reprises, jambes écartées.  Homme nu couché sur le dos, lit son journal, jambes écartées également, service trois pièces étalé sur le transat.  Je ne vois plus que ça : des hommes nus partout.  Et gros.  Ventripotents.  Tous.  Rien de musclé.  Que du bedonnant.  Et s'ils sont emballés dans de grands essuies, mon imagination se met en branle (oups, mot mal choisi dans ces circonstances).  Je ne vois plus que des pervers autour de moi, mais ce doit être moi la perverse.  Eux sont juste naturistes, tout simplement.  J’ai la chanson « le zizi » en tête, pas moyen de m’en défaire.

Nan, vraiment, j'aime pas ça.  Le naturisme en solo sur ma terrasse, j'adhère.  Le naturisme parmi la foule, je boycotte.

Nous décidons d'oublier cet étrange épisode du séjour en nous offrant un petit lunch dans le complexe, en peignoir et mules, en bonnes curistes que nous sommes devenues.  C'est journée buffet.  Va pour le buffet : poissons, jambon de parme et melon (orgasmique, le melon), mousses, crudités, bonnes banalités.  Va pour le buffet de desserts : tarte au citron meringuée, tarte à la poire "frangipanée", soupe de fraises et rhubarbe, mousse à l'aspect étrange mais surmontée d'une framboise alléchante.  Evidemment, je n'en rate pas une : après avoir mangé la framboise, je réalise que la cuiller qui m'a été fournie pour la dégustation n'entre pas dans le tube contenant la mousse étrange.  Rires.  Le serveur rit aussi en m'apportant une autre cuiller.  Il rit moins en constatant par après que je n'ai pas mangé cette mousse au goût aussi étrange que son aspect.  Quant à la soupe de fraises et rhubarbe, je m'en suis servi une pleine portion.  A ras bord, comme on dit chez nous.  Sauf que la coupe est montée (exprès, va comprendre - paraît que ce serait pour un accès plus facile) de travers, ce qui fait que si je la dépose, tout coule… Qui a dit "la gourmandise est un vilain défaut" ?  En effet, un vilain défaut… j'ai trop mangééééééééééééé.  Pris deux kilos au bas mot.  Me sens obèse.  Suis obèse.

Après le repas, nous décidons d'éviter l'indigestion d'hommes nus et nous retournons sagement dans la partie non-naturiste.  Tranquille.  Safe.  Maillot addict moi y’en a être deviendue.

Et c’est reparti pour quelques heures de papote, d’observation et de planche.  J’ai choppé la planchite aiguë depuis la veille.  Donc je planche tant que je peux, forte de mon nouveau talent.  Puis je sors de l’eau afin de profiter des derniers rayons du soleil.

Et j’observe.  Eugénie aussi.

Deux hommes poilus comme des singes (ou des ours) profitent des jets massants. Ils forment un duo comique, de par leur pilosité assortie, mais surtout de par leurs statures mal assorties, à la Laurel et Hardy.  

Un homme s’inspecte consciencieusement l’épaule, puis se lance dans la chasse à quelque chose d’invisible qui s’y trouve : un poil rebelle ?  un bouton purulent ?  Je l’ignore, mais la chasse dure un temps fou.

Quelques tatouages égaient des peaux bronzées.

Un superbe torse me tourne le dos.  Je lui proposerais bien un massage.

Un bel homme semble triste.  Il va et vient dans la piscine, perdu.  Je croise à plusieurs reprises son regard et j’en frémis d’émotion.  Et si j’allais lui parler, un peu comme dans un roman photos « vous avez l’air bien triste, puis-je vous aider ? », « je me sentais seul jusqu’à cet instant, mais maintenant tu es là, mon amour ».  Oui, bon, c’est comme ça dans les romans photos, je le sais, na.

Soudain, le temps se fige.  « Ils sont plus de deux mille et je ne vois qu’eux deux », disait Jacques Brel dans « Orly ».  Ici aussi, nous ne voyons plus qu’eux deux.  Ils sont bruns.  Ils sont beaux.  Ils sont dans l’eau, à un mètre l’un de l’autre, et pourtant on les sent tellement proches, comme soudés.  Ils se rapprochent.  Lentement.  Très lentement.  Ces secondes semblent durer des heures.  Figer le temps.  Comme un ralenti vraiment très ralenti.  Il arrive enfin à sa portée.  Lui embrasse doucement l’extrémité du nez.  S’éloigne.  Se rapproche.  Effleure ses lèvres.  S’éloigne à nouveau.  Elle passe ses mains autour de son cou et ils entament un long baiser langoureux.  Long.  Et langoureux.  Vraiment très long et très langoureux, au milieu de la piscine, au milieu des nageurs, en public.  Ni Eugénie ni moi ne parvenons à les quitter des yeux.  Nous échangeons un petit regard complice, un bref instant.  La sensation est la même.  Nous nous comprenons.  Nous avons compris.  Il se dégage d’eux une sensualité, un érotisme incroyable pour une scène si banalement banale.  L’amour se ressent et se diffuse comme une onde de choc.  Le baiser s’arrête, mais leurs regards ne parviennent à se détacher.  J’ai des frissons.  Eugénie a des frissons.  C’est beau comme dans une comédie romantique.  Je n’ai jamais ressenti ça de ma vie en observant un couple échanger un baiser.  Soudain, elle le regarde encore plus intensément et murmure “je t’aime”, de façon inaudible, mais ses lèvres ne me trompent pas.  Il répond par quelques mots incompréhensibles.  Ils continuent encore à se regarder.  Puis, ils s’en vont, et nous restons, Eugénie et moi, en état de choc, après ce morceau de vie involontairement partagé et si prenant.  Si passionnant.  Si... excitant.  Nous faut un homme, là, de suite.  Un homme à embrasser de la même manière.  Un homme à qui dire « je t’aime » avec un tel regard.  Elle devra attendre 22 heures pour retrouver le sien... mais je soupçonne qu’il subisse les représailles érotiques de cette scène d’amour improvisée.  L’émotion et les rires se mélangent, à l’idée des retrouvailles de 22 heures...

Il est maintenant temps de partir.  De regagner notre petite vie, métro, boulot, dodo, marmots.

Après cette parenthèse enchantée.

C’est clair, ce n’est pas un adieu.  Mondorf, prépare-toi, on reviendra.

(Photos de reproductions géantes de cartes postales anciennes, prises dans le parc, à l’occasion de l’expo pour les vingt ans de Mondorf)
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06:00 Écrit par Anaïs dans Anaïs a des rêves | Lien permanent | Commentaires (10) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

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jui

Direction le centre thermal...

L’accès est surveillé par une masse de jolies jeunes filles souriantes, lesquelles remettent des bracelets magiques à tout qui montre patte blanche (et sort le portefeuille).  Bracelets magiques, car ils permettent d’entrer, de sortir, de circuler, d’enfermer ses affaires dans un casier, le tout uniquement grâce aux ondes qu’ils dégagent.  Dingue, je sais.  Vous ne vous en remettrez pas de sitôt, je sais.  Info du siècle, je sais. 

Eugénie et moi montrons donc patte blanche, réglons nos futurs soins au moyen de la carte magique (elle aussi !) dite « de crédit », et pénétrons enfin dans le centre.  L’ambiance fait un tantinet piscine communale améliorée, et je ressens ce frisson d’horreur caractéristique à l’approche de l’eau, mélange d’angoisse des profondeurs et de dégoût de cette eau glacée qui va m’engloutir, j’en suis sûre.

J’oublie cependant vite mes appréhensions.  Très vite.  Au moment même où mon gros orteil pénètre la piscine thermale, je suis envahie d’un bien-être orgasmique : elle est chaude !  Mais chaude de chez chaude.  36 degrés ma bonne Dame.  Degrés Celsius, of course.  Descendre dans une piscine chauffée à 36 degrés, au moyen de marches et non d’une échelle métallique crampogène, c’est un bonheur en soi.  J’ai horreur des échelles via lesquelles on descend dans une eau puant le chlore à 21 degrés.  Cette eau ci est naturellement salée, moins que la mer, mais salée.  Etrange.  Et chaude.

Un régal.  Auquel s’ajoute celui des jets de massage, disséminés tout le long de la paroi, qui permettent un circuit de massages allant des chevilles aux épaules.  Des jets de massages géniaux, mais surtout drôles, car ils prennent un malin plaisir à s’infiltrer dans le bikini, tentant par tous les moyens de nous rendre involontairement naturistes.  Non mais !  Le naturisme c’est pour demain, dans la partie du centre qui y est consacrée.  Ne vendons pas la peau de l’ours... enfin vous connaissez le topo.

Le soleil montrant le bout de son nez, nous nous précipitons dans la seconde moitié de la piscine thermale, située à l’extérieur.  Même avec une température relativement fraîche (« en-dessous des normales saisonnières », a dit Miss Météo), la sensation est chaude, grâce aux fameux 36 degrés.  Le jacuzzi extérieur nous accueille à grands coups de vagues, ballottant nos corps de sylphides (ah ben si) de gauche à droite, puis de droite à gauche.  Il n’y a pas foule, ce qui nous permet de profiter pleinement des installations.

11h40.  Premier soin.  Kaiserbad.  Baignoire en bronze.  Robinetterie à l’ancienne.  Ambiance tamisée.  Bougies.  Eclairage passant par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel.  Mon bain m’attend : lavande camomille, pour un effet relaxant garanti.  Rien que l’odeur et la vue me relaxent, et je me plonge avec délectation dans mon bain, entièrement nue, comme l’a conseillé mon guide du jour.  Une demi-heure de bonheur intégral, durant laquelle j’hésite entre fermer les yeux pour une relaxation totale ou les garder ouverts pour m’imprégner de l’ambiance au maximum.  Pas vraiment le temps de choisir, mon organisme se relaxe tant que je m’assoupis un court instant.  Ma tête dodeline doucement lorsque mon guide vient me sortir de l’eau.  Je me sèche doucement, lorsqu’une horrible odeur m’envahit.  Horrible.  Immonde.  Putride.  Un instant, je me demande si je n’aurais pas laissé échapper une flatulence (fichtre) dans mon demi-sommeil.  Je réalise ensuite que cette odeur pestilentielle provient d’un genre de « bouche d’évacuation » située au sol.  Je la recouvre rapidement du tapis de sol, mais rien n’y fait, la puanteur subsiste.  Cela gâche un peu le plaisir.  Un peu seulement.

Retour au bord de la piscine thermale, pour un pique-nique rapide et interdit...  Le jambon de parme et le melon préparés pour l’occasion ne m’ont jamais semblé aussi bons.  Sans doute car mangés à la sauvette.  Le centre regorge de restaurants proposant des menus gastronomiques ou diététiques, dont le point commun est qu’ils sont hors de prix.  Un pique-nique suffira.  Le resto, ce sera au soir.

Je me lance ensuite dans la lecture du dernier Accro du shopping, qui me fait rire aux éclats.  Après quinze pages seulement, je m’endors lourdement, jusqu’à l’heure du soin suivant : un massage.  De cinquante minutes.  J’ai pris la totale.  Le plus long.  Histoire d’en profiter un max.  Ma masseuse parle allemand.  Et le massage s’avère être ... allemand.  C’est qu’elle a de la poigne, ma masseuse.  Une main de fer dans un gant de fer.  Pas désagréable, mais j’avoue avoir connu mieux lors de précédents massages.  Surtout au moment où elle lève brusquement mes bras pour les masser avec énergie.  Keskils lui ont fait, mes pauvres bras, titchu.  Limite si elle ne se met pas à me frapper le dos avec la tranche de ses mains métalliques. Le seul avantage, vu les quatre seuls mots de français qu’elle connaît, savoir « mettez-vous sur le ... » (suivis de la désignation de mon bide ou de mes fesses), elle se tait durant toute l’opération.  Et moi j’aime ça, le silence, durant les massages.  Nul besoin de causer météo, régime ou potins mondains.  Du silence, please.

Je rejoins ensuite Eugénie, qui partage mon avis sur le massage dispensé : sympa, mais pas orgasmique.

Presqu’immédiatement, nous partons pour le soin suivant : le Sabbia med.  Kekseksa, me direz-vous ?  Description : « Couchée dans le sable chaud, vous vivez le déroulement d'une journée entière dans le désert. Après le lever du soleil, vous suivez l'impressionnant jeu d'ombre à l'horizon, le soleil atteint son zénith, puis se prépare à son déclin ; un jour dans le désert va prendre fin. Vos soucis et vos tensions s'enlisent dans le sable et vous sentez la légèreté qui vous entoure. »  Bon alors, je me dois d’être réaliste et de ne point vous mentir.  D’abord, le sable gratte et fait un mal de gueux lorsque l’on marche dessus.  Je sais, je suis très sensible de la plante des pieds, j’en peux rien.  Ensuite, ça se voit très mal sur la photo, mais on doit se coucher sur un genre de grand essuie en papier rêche qui irriterait la fesse la plus résistante.  Et puis, les lumières sont hyper éblouissantes, sans doute pour les besoins de la thérapie, mais c’est violent de chez violent.  Pensant à ladite luminothérapie, je me force à garder les yeux ouverts, au risque d’avoir des brûlures irréversibles.  Finalement, je m’endors lourdement, et je rêve (enfin je cauchemarde) qu’un spécialiste me serine agressivement « gardez les yeux ouvert, forcez-vous un peu, enfin ma chère ».  Je me réveille en sursaut, totalement hébétée et angoissée.

En conclusion, le premier soin est organisme, le second l’est un peu moins, le troisième ne l’est point du tout (je vous le déconseille carrément).

Nous rejoignons ensuite la piscine thermale, toujours à 36 degrés, et nous taillons une énooooorme bavette, en suspension dans cette eau si chaude, sous les rayons du soleil qui, après une grosse averse durant nos soins (y’a un bon Dieu), nous fait encore l’honneur de sa présence.  Sans doute le meilleur moment de la journée, alliant complicité, rires et discussions intenses sur ..., ... et ....  Ah ben non, je ne dirai rien, rien de rien, je l’ai promis.  Et puis que vous dire sur nos discussions de bonnes femmes, sur les mecs, la vie, le sexe, les stars people, le boulot, les rêves, les envies, si ce n’est qu’il s’agit tout bonnement d’une version à la belge de Sex & the City, rien de plus, rien de moins.

Jetant un œil à ce qui m’entoure, je réalise que pas mal de gens se relaxent en faisant la planche.  Moi, j’ai jamais sur faire la planche.  Car je redoute plus que tout (quasi plus que les mygales, quasi plus que les grands zoisiaux de métal) avoir une goutte d’eau dans l’œil.    Je redoute également avoir la tête dans l’eau.  Alors faire la planche, très peu pour moi.  Je n’y suis jamais parvenue.  Je me crispe comme une huître sentant qu’elle va être dévorée sous peu.  Rien à faire, je ne peux imaginer mon corps flottant.  Mais j’en ai envie, là d’un coup.  Alors, profitant de la rampe qui parcourt toute la piscine afin d’aider les personnes plus âgées, et sous les encouragements d’Eugénie, je me lance.  Je mets ma tête en équilibre sur la rampe, j’écarte les bras tel Jésus sur la croix et je laisse flotter doucement ma carcasse.  Et ça marche.  Je flotte.  Je flotte.  Je flooooooooooooooootte. I’m the king of the world.  Le mouvement de l’eau me fait m’éloigner du bord.  Ça y est, je fais la planche.  N’y croyant pas, je bassine (ah ah ah, bassiner dans un bassin, génial non ?) Eugénie : « Je fais la planche là ? Je suis droite ?  T’es sûre ? J’ai la bonne position ?  Je fais la planche ?  Hein ?  dis ? »  Je n’y crois pas.  On m’annoncerait que j’ai gagné au Lotto ou réussi un examen d’entrée dans un big méga magazine féminin que je ne serais pas plus contente.  Enfin peut-être un peu plus, à bien y réfléchir, mais vraiment un tout petit peu.  Je sais faire la planche !  Alléluia.  Et j’aime ça.  Alléluia.  Ma vie ne sera plus jamais pareille.  J’aime tant ça que je recommence sans cesse, pour me prouver que j’y arrive encore.  Pire qu’un gosse lors de son premier tour de roue sur un vélo dans petites roues.  Je fais la planche à 16h25.  Je fais la planche à 16h25.  Je fais la planche à 16h30.  Je fais la planche à 16h35.  Je fais la planche à 16h40.  Je fais la planche à 16h45.  Je fais la planche à 16h50.  Je fais la planche à 16h55.  Je fais la planche à 16h60.  Je fais la planche à 16h65... oups, enfin vous avez compris.

Le bonheur total.

17h.  Aquagym.  Pour troisième âge.  Voire quatrième.  Ça me suffit.  L’eau est si chaude qu’il est impossible d’y faire beaucoup d’efforts.  D’ailleurs le bain est limité à vingt minutes d’affilée.  Nous y restons donc une heure trente.  Et en sortons en chaleur.  Au sens propre.  Rouges.  Au bord du malaise.  

Le soleil est toujours là.  Nous décidons donc de faire une petite balade dans le domaine, histoire de le découvrir, de profiter de cette douce fin de journée et surtout de voir la tête de la mariée du jour, une réception ayant été annoncée.  Mais point de mariée.  Juste des tas d’invités munis de coupes de champagne et tirés à quatre épingles.  Impossible de se noyer dans la masse pour profiter du repas six étoiles qui semble se profiler à l’horizon, nos jeans seraient trop vite repérés.  Dommage, j’aurais bien joué la pique-assiette.  Et puis j’imagine la scène : un beau grand brun célibataire esseulé.  Il s’approche de moi.  Me demande si je suis du côté du marié ou de la mariée.  J’avoue ma duperie.  Il sourit.  Il rit.  Il me regarde.  M’enlace.  M’embrasse.  Oups, j’ai trop abusé de piscine à 36 degrés ma parole.  On se réveille Anaïs !

Promenade dans le domaine.  Superbe.  Des fleurs à profusion.  Du soleil pour nous réchauffer.  Un moment de pur bonheur, à nouveau plein de discussions sympas.  Discuter c’est bien.  Discuter dans un tel endroit, c’est mieux.  La roseraie fait baver.  Tout sent bon.  Je suis bien.  Moment de bonheur.  Pur bonheur.

Retour à l’hôtel pour une douche rapide.  Marre de toute cette eau, à la fin.  Ridicule de se laver après avoir baigné ainsi sans cesse dans un monde aquatique, non ? 

Ensuite, direction Mondorf ville pour une petite bouffe dans un italien aux prix plus abordables.  Les patrons sont hyper sympas, les tagliatelles lardons/oignons/tomates sont divins, l’apéro est grisant.  La journée nous a éreintées : c’est fatigant de ne rien faire !  Bilan : malgré les soins un peu décevants, le reste est totalement génial.

Gros dodo réparateur, car demain... sus aux hommes à poil ! (j’ai dit « sus », pas « suce »).

Photos des soins issues du site, photos extérieures de bibi.

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mondorfjardin

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06:00 Écrit par Anaïs dans Anaïs a des rêves | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

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jui

J'ai thalassothérapé (ou plutôt j’ai thermalisé) 48 heures et j'ai adoré ça

Deux jours de thalasso, ou plutôt de thermalisme, au fin fond du monde, savoir au Luxembourg, ça fait des mois qu'on prépare ça, avec une amie qui n'a pas de surnom sur ce blog, glups.  Va falloir y remédier...  Appelons-la, euh, je réfléchis, trouver un joli prénom pris au hasard... Eugénie.  Elle s’appellera Eugénie.

Depuis des mois donc, on analyse les prospectus (mmmmmmmmmh), le site web (re-mmmmmmmmmmmh), les tarifs (aaaaaaaaargh), les chambres d'hôtel (mmmmmmmmh mais aaaaaaaargh), bref on se réjouit.

Puis le temps est viendu de partir et de préparer son sac.  Fouilles monstrueuses dans tout l'appart pour retrouver mon bikini marron et rose à palmiers, égaré depuis des lustres.  Fou comme un bikini peut se cacher n'importe où, lorsqu'on vit dans un foutoir permanent.  En désespoir de cause, j'en ai racheté un autre, blanc, turquoise et marron.  12 heures avant le départ, lors de ma frénésie de rangement, je retrouve le premier, je pourrai me pavaner deux fois plus.  

Sauf qu'on annonce 15 degrés maxi et de la pluie.

Qu'importe.

Vendredi soir.  Je suis fin prête.  Quinze  kilos de bagages, deux livres (le dernier Accro du shopping, le dernier Levy), une tonne de biscuits, quelques bonbons, jambon melon pour le lunch et c'est parti pour une bonne nuit de sommeil, après quelques épisodes de Sex & the City (saison 2 finie, j'ai donc maté 30 épisodes en une semaine... même pas honte, le but étant de mater les six saisons puis d’aller revoir le film).

Samedi, levée à l'aube.  Mal dormi. Très mal dormi.  Ça me rappelle les mois de juin de mon enfance, jour d'excursion scolaire annuelle, nuit blanche qui précède, excitation à son comble.  A ce niveau là, je resterai toujours une gosse (à d'autres niveaux aussi, ça va de soi - qui a dit "à tous les niveaux ?").

7 heures pétantes, je suis fin prête.  Départ prévu à 8 heures.  J’ai une heure d’avance.  Et j’ai éteint mon PC jusqu’au lendemain soir.  Ennui profond.  Impatience extrême.  Excitation.

8 heures.  Top dépaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaart.  Deux jours de folie, deux jours de farniente, deux jours de papote, deux jours d’amitié, deux jours de “mangeons ce qu’on veut” (je fais ça chaque jour, mais soit), deux jours aquatiques.  Deux jours de bonheur.

Miss GPS est branchée (pourquoi toujours cette voix sensuelle et féminine, je veux une voix de mâââle, moua !) et nous indique la route.  Calogero nous emmène en apesanteur durant les deux heures que dure le trajet.  Je dois faire pipi.  Je dois toujours faire pipi lors des grands départs, ça doit être le stress.  Ou les deux verres de lait de soja bus entre 7 heures et 8 heures, pour tromper mon ennui.

Un bouchon.  Qui a osé installer un bouchon en pleine autoroute, un samedi matin.  C’est inadmissible.  Miss GPS ajuste le tir, nous avertit que la durée du trajet est allongée de vingt minutes, et nous exhorte à la patience.  A moins que ce ne soit Eugénie qui m’exhorte à la patience.  Oui, ça doit être elle.

10h30.  Ligne d’arrivée.  Le soleil est de la partie, contre toute attente.  « Alternance de passages nuageux et d’éclaircies » ont annoncé la TV la radio le site internet de météo luxembourgeoise et les grenouilles dans leur bocal.  Nous ne retiendrons que les éclaircies.

En plein milieu de l’autoroute, Miss GPS s’écrie « vous êtes arrivées ».  Elle répète « vous êtes arrivées ».  Puis ajoute « faites demi-tour dès que possible ».  Arrivées ?  Comment ça arrivées ?  Devons-nous stopper en pleine autoroute et chercher le centre thermal ?  Oups, elle est pas réveillée, la Miss GPS.  Une petite claque sur son écran et la voilà remise au travail.  Non mais !

10h40.  Tadam.  Nous y voilà.

Installation à l’hôtel.  Quatre étoiles ma chère.  Quatre.  Ça doit être mon tout premier quatre étoiles, ou presque.  Ou je ne m’en souviens pas.  Ou c’était y’a super longtemps.  La chambre est toute mignonne, avec terrasse et vue sur le domaine.  Et y’a un minibar.  Adorable.  J’adore les minibars.  Ça donne l’impression de pouvoir faire des folies, boire, boire et encore boire, le tout à prix exorbitant, of course.  Bien sûr, je ne boirai pas, mais l’idée que « si j’ai envie, je peux » me suffit largement.  Chuis pas difficile moi ma bonne Dame.  Chuis une fille toute simple moi.  Y’a même un accès wifi (diantre, pourquoi n’ai-je pas pris mon portap’).

Lancer de bagages sur le lit.  Découverte des petits flacons tout mimi dans la jolie salle-de-douche toute de marbre vêtue.  Lancer de fringues sur le lit.  Sus au bikini.  Sus au peignoir.  Enthousiasme.  Départ immédiat.

Direction le centre thermal...

La suite (mais non la fin, c’est que j’en ai à raconter, moi), demain...

Pour vous faire patienter, j’étais lààààààà.... Un site à lire avant tout séjour (ce que je n’ai bien sûr pas fait, malédiction, enfer et damnation, car il regorge d’infos passionnantes sur le domaine, les cours proposés, les services, les soins, les infrastructures et l’historique).  (photos issues du site, sauf celle du minibar, toute floue, que c'est bibi qui l'a faite)
mondorf
mondorf2
 
 
MONDORFMINIBAR

06:00 Écrit par Anaïs dans Anaïs a des rêves | Lien permanent | Commentaires (9) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

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jui

La machine magique

J'ai découvert ça sur le forum VIB.  C'est rigolo, c'est ludique, et c'est totalement inutile.

Nan, je ne parle pas de Facebook, même si la description pourrait s'appliquer, je le concède.

Mais de Blessthischick, la machine à fabriquer des avatars jolis comme tout.  Inutiles mais jolis, et finalement, n'est-ce pas l'essentiel de la vie ?  Passque bon, la vie, c'est inutile, puisqu'on meurt à la fin.  Navrée pour ceux qui l'ignoraient.  Moi aussi, je déteste qu'on me raconte la fin des histoires, mais là, je me devais de vous le dire.  Bref, la vie est inutile, alors on fait tout pour la rendre jolie, en attendant la fin...  Qui a dit que je délirais ?  Oui, je délire, ça doit être l'effet magique de Blessthischick...

Enfin voilà, j'ai créé quelques personnages, pour m'amuser (ah ske c'est rigolo).  Ça me rappelle le bon vieux temps oùsque j'étais môme, avec les têtes à maquiller, les poupées en carton à habiller de papier.  Sauf qu'ici, il suffit d'un clic, pour choisir les cheveux, l'animal domestique (y'a pas de rat sacrebleu), les fringues, les chaussures et la déco.  On peut même ajouter des étoiles dans les cheveux ou des ailes, comme c'est chou.  On peut rendre son avatar vert j'espère, rose je pose ou bleu je veux.  Voilà comment s'occuper le dimanche, quand on est célibataire...

Si ça vous botte, vous savez où vous rendre dorénavant... (et si quelqu'un sait comment ajouter un avatar sur yahoo, je suis preneuse, pour que mes mails soient encore plus jolis et inutiles...)

chickchick7chick8

chick2chick3chick4chick5chick6




19:45 Écrit par Anaïs dans Anaïs a des rêves | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

22
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J'ai fait un rêve, ou plutôt un cauchemar

C'était horrible, et pourtant ce rêve n'était nullement lié au billet qui précède, puisqu'il date un peu, ce billet, qui est paru sur Madmoizelle il y a un petit temps déjà… donc point de rêve d'Hannibal en train de se repaître de ma cervelle.

 

Je vous zesplik.  J'étais à Liège.  ça, ce n'est pas encore cauchemardesque, rassurez-vous (je le précise d'emblée, sinon tous les liégeois vont me haïr, et en ce moment ce n'est pas une bonne idée, Standard champion, Standard champion, Standard Standard Standard champion…).

 

J'étais donc à Liège avec ma mère, son tendre époux et ma filleule.  Nous mangions dans un petit resto.  Enfin eux mangeaient.  Car moi j'attendais impatiemment ma pitance, qui n'arrivait pas.  L'ambiance était lourde.

 

D'un coup, pour je ne sais quelle raison, je commence à me disputer à mort, mais grave de chez grave.  C'est flou, je me souviens juste d'une bouteille de champagne qui passe de mains en mains et de mon repas qui n'arrive toujours pas.  Après avoir hurlé un bon coup (la faim rend agressif en rêve), je quitte l'endroit et me retrouve seule dans la cité ardente.

 

Et là, je me souviens que je me suis déjà retrouvée seule à Liège (ici).  Incroyable non, plus de deux mois après le premier rêve, voilà que j'en fais un second, avec la même présentation absurde des lieux et la même terrasse qui tourne.  Je dois avoir un neurone malade quelque part.

 

Je décide donc de m'offrir un tas de macarons, pour me consoler de cette violente dispute.  Et j'énumère, toujours en rêve, ceux que je vais dévorer d'ici peu : deux à la violette, deux à la framboise, deux praliné… voire trois de chaque, ce qui serait encore plus mieux, vous en conviendrez.

 

Mais pour trouver la boutique Darcis, c'est encore plus complexe que dans mon premier rêve : un véritable labyrinthe de couloirs style parking souterrain glauque et sinistre, entrecoupés d'endroits blindés d'hommes saouls (ça doit être la victoire du Standard qui me travaille), et d'appartements sordides, dont un est à vendre pour 500.000 eur.  Pas cher, ma bonne Dame.  Seul problème : la chambre est deux niveaux en dessous du reste de l'appartement, la cuisine est à ciel ouvert et l'agent immobilier refuse de me laisser partir.  Un enfer.

 

Je parviens à m'échapper et je continue à zoner désespérément à la recherche de macarons, que je ne trouverai jamais.

 

Puis, je me réveille, épuisée.  Et affamée.

 

C'est clair, je suis en manque de macarons.  Plus d'un mois sans en dévorer un seul, l'heure est grave.  La pathologie nerveuse me guette.

11:45 Écrit par Anaïs dans Anaïs a des rêves | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |