3
mai

Lu sur le blog qui propose l'atelier d'écriture...

... en commentaire à mon texte, qui est retranscrit : "Anaïs, Anaïs, quelle beauté, quelle délicatesse. Est-ce toi ? Est-ce la blogueuse auteur, celle-là qui fait semblant d'être simplette et en réalité cache un talent inouï ?"

J'adore ça, au départ, ça sonne comme un compliment, puis quand on décortique, c'est venimeux. 

J'avais déjà été traitée de Pauvre Pomme en Mal d'Amour, (mais si, souvenez-vous, ça fait des années, mais tout de même, c'est inoubliable) me voici maintenant Simplette, tout ça me fait vraiment penser à Blanche-Neige, pas vous ?

18:38 Écrit par Anaïs dans Anaïs a des coups de blues | Lien permanent | Commentaires (10) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

29
mar

Qui pourrait bien nous aimer hein ?

« Céline . » (attention à l'espace avant le point, primordial, l'espace avant le point), nouvelle lectrice assidue de mon blog, pas avare de commentaires, ce que j'adore (et ce dont je la remercie vu que certains qui m'ont promis des commentaires n'ont pas tenu leur promesse, eux, oui, c'est de vous dont je parle titchu, titchu), a écrit, comme ça, l'air de rien, en passant, cette toute petite phrase qui m'a totalement collée au sol (fort heureusement, j'étais vautrée sur mon canapé, je ne suis donc pas tombée fort bas) : « qui pourrait bien aimer une fille brûlée hein ? »

Est-il possible de passer ce petit bout de commentaire sous silence, d'y répondre « bêtement » par un autre commentaire, comme je le fais d'habitude ?

Non.

Comme je vous le disais, ça m'a scotchée, cette question.  Tourneboulée.  Retournée de l'estomac.  Attristée.

Etonnamment, Céline ., je me suis justement posé cette question ce week-end.  Pas « qui pourrait bien aimer une fille brûlée hein ? », mais « qui pourrait bien m'aimer hein ? »

Drôle de hasard non ?

Bon, je ne vais pas prétendre que je ne me pose jamais cette question, enfin que je ne me la suis jamais posée, mais j'ai eu une phase existentielle, ou quelque chose du genre, ce week-end.

Alors tu comprends, Céline ., pourquoi ta question, posée comme ça, à la fin d'un commentaire, si discrète, mais si parlante, m'a bouleversée.

Parce que d'un côté, je me dis « de quel droit puis-je me plaindre, moi, quand je lis ce que tu endures, ce que tu as enduré, ce que tu vis au quotidien, tes angoisses, tes questions, tes douleurs, alors que tu devrais profiter de ton adolescence, être naïve, confiante en l'avenir, mordant la vie à pleines dents, sans réfléchir ».

Et d'un autre, je me dis que comparaison n'est pas raison.  Et que oui, j'ai le droit de m'interroger, même si ne suis pas brûlée, même si je n'ai pas traversé tes drames, même si...  J'ai le droit de me demander « qui aimera une fille comme moi, pas cap' de préparer un petit plat ni de repasser une chemise correctement, pas cap' d'avoir un intérieur rangé, pas cap' d'avoir des yeux de biches, pas cap' d'être séduisante, pas cap' d'être mince, pas cap' d'être jolie, pas cap' d'être cultivée, pas cap' d'être désirable.  Cap' de rien en fait. Alors, qui ? »

Causes différentes, questions identiques, Celine . et moi.

Mais Céline ., malgré tes interrogations, malgré les miennes, crois-moi, crois-le, ne cesse jamais de le croire : tu vas être aimée.  Il verra plus loin que tes brûlures.  Il te verra, toi, pour ce que tu es à l'intérieur, avec tes défauts et tes qualités, pour ce que tu es à l'extérieur aussi, avec tes défauts et tes qualités.  Il t'aimera toi, Celine ., telle que tu es.  Quant aux autres, n'aie aucun regret, ils n'en valent pas la peine.

 

 

19:16 Écrit par Anaïs dans Anaïs a des coups de blues | Lien permanent | Commentaires (20) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

14
jan

Une pensée

Au loin là-bas, dans un pays inconnu.  Ravagé.  Détruit.

Ou ici tout près.  Très très près.  Tellement près.

En fin de vie, même si on voudrait qu'elle ne finisse jamais, finalement.  La vie.

Ou en tout début de vie.  Voire même avant le début encore.

Les gens meurent.  Sont morts.  Viennent de mourir.

Une pensée pour eux.  Là-bas.  et ici.

12:39 Écrit par Anaïs dans Anaïs a des coups de blues | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

28
nov

Bon anniversaire ?

28 novembre.

Bon anniversaire bonne-maman.

Doit-on souhaiter leur anniversaire aux défunts ?  Fêter la naissance des morts, n'est-ce pas contradictoire ?

Elle aurait eu... et là, le trou noir.  Quand est-elle née ?  En quelle année ?  1917 ? 15 ? 13 ?

Impossible de m'en souvenir.   Je pense ne l'avoir jamais réellement su, alors comment m'en rappeler ?  Les grands-mères, on a l'impression que ça nait vieux, non ?  J'ai toujours connu la mienne vieille, comme si elle l'avait toujours été, depuis son plus jeune âge, alors l'année de sa naissance, c'était le cadet de mes soucis.

Bon, en cherchant bien, je pourrais la retrouver, cette année.  Dans mes papiers ou en questionnant ceux qui l'ont connue.

Mais dans quelques années...

Qu'en sera-t-il une fois, justement, que tous ceux qui l'ont connue ne seront plus de ce monde ?  Lorsque la micro-mémoire collective sera effacée à tout jamais.  Lorsqu'elle sera effacée à tout jamais.  Lorsqu'elle aura totalement disparu sans laisser de traces.

C'est vrai quoi.  On est là, sur cette terre, pour un bout de temps tout relatif, qui peut à la fois sembler tellement long, pour ensuite passer avec une rapidité effrayante.  Un bout de temps qui n'est finalement qu'une goutte d'eau dans l'océan d'êtres qui prennent, les uns après les autres, possession de leur existence et de la terre. 

Alors, une fois qu'on a poussé son dernier soupir, il reste quoi exactement ?  Du brol, des meubles, des fringues, des objets disparates, une vie entière résumée en quelques caisses.  Qu'on garde ou qu'on jette.  Qu'on brûle ou qu'on vend.

Puis les souvenirs.  Heureusement, les souvenirs.  Les nôtres.  Puis ceux qu'on transmet à nos proches.  Souvenirs qui, au fil des ans et des générations, s'effilocheront comme une mémoire touchée par l'Alzheimer, puis disparaîtront rapidement dans le néant.

Passque bon, faut pas se voiler la face, à part Mozart, Cléopâtre, Adam (et Eve of course, faut pas l'oublier), et les quelques rares (toutes proportions gardées) qui ont marqué l'histoire et les siècles, on est peu de choses en ce bas monde.

Qui se souviendra de moi en l'an 2100 ?  Qui se souviendra de moi quelques années après mon décès ?  Qui se souviendra de moi un mois après mon départ ?  Nin grand monde hein ma bonne Dame. 

Il restera seulement une toute petite trace, toute toute petite, un nin grand-chose, un chtit bouquin mauve, deux chtits bouquins roses, un blog abandonné dont les lecteurs ne comprendront sans doute jamais le pourquoi du comment de ce silence soudain.  Presque rien.  Rien.  Vraiment rien.

Je le disais, on est vraiment peu de choses.

19:03 Écrit par Anaïs dans Anaïs a des coups de blues | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

10
nov

Ma premiere rencontre avec Maxime Prévache…

Nan, j'ai pas participé à l'amour est dans le pré, la fameuse émission de RTL animée par Julie Taton, émission que j'aime bien d'ailleurs, car elle me hérisse systématiquement avec le vieux gros rougeaud macho qui veut une femme jeune belle et qui lui fera sa bouffe son ménage son lit et traira ses vaches, car elle me touche systématiquement avec le jeune aux yeux tristes qui a eu un accident et déborde tant d'amour que j'ai envie de le bercer comme un petit enfant.

Même si le nom du « héros » de ce billet peut y faire penser, je ne parlerai ni de crise du lait, ni de maladie de la vache folle, ni d'un quelconque bovin.

Juste d'une tranche de vie.  Tranche de ma vie.

J'ai été invitée, dimanche dernier, à un repas « officiel », passque mon paternel a, il y a pas mal de temps, fait partie intégrante des fêtes de Wallonie namuroise, en tant que Président d'un des quartiers, avant d'en devenir Président d'honneur.  Ce qui m'a d'ailleurs valu la joie de participer à un karaoké mémorable, y'a des années, en hurlant un air de Marie Laforêt, la chanteuse de mon enfance.  Mais je m'éloigne de mon sujet.

Donc me voilà conviée à ce repas réunissant un nombre incroyable de personnes ayant aidé pour les Wallonies, beaucoup de bénévoles, un peu de presse, et quelques politiques, dont notre « héros » du jour, Maxime Prévache.  Un repas durant lequel un hommage sera donc rendu à l'ancien Président de quartier, lequel a, soit dit en passant, fait renaître le quartier de ses cendres, il y a bon nombre d'années, mais soit.  Et pour l'occasion, on nous a demandé d'apporter des panneaux remplis de photos souvenirs, comme nous l'avions fait aux funérailles, histoire de maintenir un bout de vie, encore un peu.

Sauf que les panneaux, nous ne les avons plus, of course.  Ils ont été déshabillés, les photos décollées et revêtues de carrés de papier pour annuler l'effet du double face (purée ce que ça colle, du double face).  Mais qu'importe, la maison ne recule devant aucun sacrifice, et nous passons une soirée à recréer des panneaux quasi identiques, et à coller à nouveau du double face sur des dizaines de photos.

Le jour J, nous installons nos panneaux, sous les regards étonnés de quelques invités.  Pas d'angoisse, ils seront avertis du pourquoi de la chose lors de l'hommage qui va suivre.

L'apéro commence.  Du péket, of course.  Bu à jeun par bibi, ça tourne ça tourne ça tourne.

Puis commence le discours.  De Maxime Prévache.  Beaucoup de blablas, une tonne de remerciements, de quoi somnoler un bon moment, d'autant que les effets du péket se font encore sentir.  Après avoir remercié les membres de son équipe, les bénévoles, les politiques, le Roi des Belges et les frères Lumière, Maxime Prévache termine (enfin) de parler, ou plutôt, de s'écouter parler.  Sans avoir rendu l'hommage annoncé, pour lequel nous sommes là.  Sans évoquer non plus nos superbes panneaux souvenirs (ah oui, sont superbes).  Oups, c'est bête hein... vraiment bête.

Nous ne pouvons alors résister à l'envie de rejoindre Maxime Prévache, afin de le remercier du fond du cœur pour son intervention qui nous a touchées d'une façon incroyable, c'est beau ce genre d'initiative, c'est touchant, c'est extraordinaire, c'est patati, c'est patata. 

Et Maxime de répliquer « mais ce fut volontiers, c'est tout naturel, je suis ravie de vous avoir émues, d'avoir pu faire cela pour vous, et patati et patata ».

Ah ah ah, keskon se marre, non ?  L'a rien pigé, le Prévache, ni le second degré ni l'ironie ni la moquerie.  Zont rien dans la cervelle, les politiques ?  Pas d'humanité, on le savait, mais pas d'intelligence, je l'apprends.

La rage monte, la colère gronde.  Et nous l'exprimons, ainsi que notre déception et notre tristesse.

Et c'est là que la réplique du siècle intervient : « m'enfin, c'était prévu que je dise rien, c'était prévu ainsi, d'autant que j'appréciais énormément Jean ».

Maigre consolation. 

Très maigre. 

Consolation pour anorexique. 

Passque papa, il s'appelait pas Jean...  Il ne s'est jamais appelé Jean, d'ailleurs.

Après un bon repas, nous repartons, avec nos panneaux que personne n'a vraiment regardés, puisque personne n'avait été averti de leur présence.  Mais un bénévole les a vus.  Et il a couru chercher son chapeau, offert par cet ancien Président dont il se souvient si bien.  Même qu'il s'appelait pas Jean.  Et ça, il le sait.  Il l'a déposé devant les panneaux, son chapeau.  Dernier hommage d'un homme pas politique.  Mais humain, lui.  Le plus beau, finalement. 

06:00 Écrit par Anaïs dans Anaïs a des coups de blues | Lien permanent | Commentaires (11) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |