13
jan

Le bruit de l’horloge

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J’ai toujours détesté le bruit que fait une horloge.  Ou un réveil, c’est kif.

Et c’est pas passque je vieillis inexorablement (m’en fous, vous aussi vous vieillissez… et aussi vite que moi, siiiii, je vous jure) que j’aime pas les bruits d’horloge, ça a toujours été le cas.

Par contre, j’adore les horloges, car j’adore connaître l’heure (besoin de maîtriser les choses ?  peur du temps qui passe ?  Docteur Psy, votre avis ?).

Mais ce bruit.

Ce tic tac répétitif, qui n’en finira jamais, sauf au moment où le mécanisme doit être remonté ou au moment où la pile doit être changée, c’est insupportable.

Ça n’insupporte, je vous dis.

Quand j’entends ce bruit, il me suffit de fermer les yeux, et d’imaginer.

J’imagine un tout vieux canapé usé, dont les accoudoirs sont recouverts de napperons en dentelle (faits main), pour pas qu’il s’use plus.  Sa couleur ? Marron ou verdasse. 

J’imagine une tasse de café sur le coin de la table de salon en chêne.  A demi-bue seulement.  Du café sucré au lait à l’odeur écoeurante.  Froid.

J’imagine un journal.  Lu.  Impossible à replier correctement, comme tous les journaux.

J’imagine un tapis à ramages rouges, genre persan, mais sans aucune valeur, avec des floches aux extrémités, non, pas des floches, des franges.  Qu’il faut brosser pour qu’elles soient lisses et ne s’emmêlent pas.  Ça par contre, c’est pas mon imagination, c’est un vrai souvenir, et j’adorais brosser les franges des tapis quand j’étais môme.

J’imagine une odeur.  L’odeur typique qui règne chez les vieilles personnes.  Une odeur de renfermé.  Une odeur de cuisson.  Une odeur de café froid.

J’imagine des choses tristes, rien à faire, quand j’entends le tic tac qui n’en finit pas de ne pas finir.

Et j’imagine la faucheuse, là, cachée, tapie, qui attend son heure.

Et je m’imagine être d’un pessimiste exacerbé… puis je réalise que je ne dois pas être la seule à imaginer ce genre de chose en entendant une horloge, quand j’entends Brel chanter, superbement, mais si tristement, au point que ça me fiche la chair de poule, tant c’est criant de vérité :

 

Les vieux

Les vieux ne parlent plus ou alors seulement parfois du bout des yeux
Même riches ils sont pauvres, ils n'ont plus d'illusions et n'ont qu'un cœur pour deux
Chez eux ça sent le thym, le propre, la lavande et le verbe d'antan
Que l'on vive à Paris on vit tous en province quand on vit trop longtemps
Est-ce d'avoir trop ri que leur voix se lézarde quand ils parlent d'hier
Et d'avoir trop pleuré que des larmes encore leur perlent aux paupières
Et s'ils tremblent un peu est-ce de voir vieillir la pendule d'argent
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, qui dit : je vous attends

Les vieux ne rêvent plus, leurs livres s'ensommeillent, leurs pianos sont fermés
Le petit chat est mort, le muscat du dimanche ne les fait plus chanter
Les vieux ne bougent plus, leurs gestes ont trop de rides, leur monde est trop petit
Du lit à la fenêtre, puis du lit au fauteuil et puis du lit au lit
Et s'ils sortent encore bras dessus, bras dessous, tout habillés de raide
C'est pour suivre au soleil l'enterrement d'un plus vieux, l'enterrement d'une plus laide
Et le temps d'un sanglot, oublier toute une heure la pendule d'argent
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, et puis qui les attend

Les vieux ne meurent pas, ils s'endorment un jour et dorment trop longtemps
Ils se tiennent la main, ils ont peur de se perdre et se perdent pourtant
Et l'autre reste là, le meilleur ou le pire, le doux ou le sévère
Cela n'importe pas, celui des deux qui reste se retrouve en enfer
Vous le verrez peut-être, vous la verrez parfois en pluie et en chagrin
Traverser le présent en s'excusant déjà de n'être pas plus loin
Et fuir devant vous une dernière fois la pendule d'argent
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, qui leur dit : je t'attends
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non et puis qui nous attend.

 

Bon, pour pas vous démoraliser trop, je vous ai mis, après « les vieux », « les vieux amants », superbe chanson également, et moins dépressive.

PS : nan, ce billet n'est pas récent, il fut écrit avant la période grippe.  Car maintenant, il y aura un avant et un après, comme avec Jésus Christ.  Même s'il est déprimant, il date d'avant grippe.  Bon, j'avoue que ces longues journées pleine de fièvre et de miasmes à écouter l'horloge ont renforcé ma conviction...

 

17:52 Écrit par Anaïs dans Anaïs a des coups de blues | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

30
nov

Les phases du deuil, mon cul (c’est du poulet)

J’ai toujours cru que quand les gens mourraient, le temps arrangeait les choses, comme on dit.

Ben oui, quoi, suffit de passer par les sacro-saintes phases de deuil, et youplaboum, ça va déjà boooocoup mieux non ?

Allez, une chtite phase de déni.  C’est nin possip, je peux pas y croire, c’est nin possip Dieu, c’est une hallucination hein ?  Et je me la joue Allison Dubois, je vois son fantôme partout partout partout.  J’en sursauterais presque.  C’est obsessionnel.

Puis une chtite phase de colère.  C’est nin possip, vous faites chier Dieu, j’étais pas prête, bordel, rien n’est réglé, et vous me laissez toute seule avec mes questions sans réponse et mes angoisses sans calmant. Je me la joue Chuck et Blair à la fois, engueulades sur engueulades, colères sur colères, ruptures sur ruptures.

Ensuite, chtite phase de marchandage.  C’est nin possip, keskon aurait pu faire pour l’éviter, pourquoi je l’ai pas senti venir, comme un souffle glacial, et si on revenait en arrière, hein, Dieu, zen dites quoi ?  Et je me la joue Adrianna prête à tout pour obtenir ce dont elle rêve.

Et puis la chtite phase dépression.  C’est nin possip, faut que je profite à fond de ma vie, elle peut s’arrêter n’importe quand… mais si elle s’arrête, à quoi bon en profiter du coup, à quoi bon vouloir avancer, autant s’arrêter carrément et attendre que Dieu, encore lui, accomplisse son œuvre et m’envoie six pieds sous terre.   Et je me la joue Cristina dépassée par les événements, totalement en état de choc.

Et enfin surgit la chtite phase acceptation.

Et celle-là, ben, c’est ça qui m’étonne, c’est la pire.  Sans doute car je ne parviens pas à l’atteindre, cette phase inaccessible, comme l’étoile du Grand Jacques.

Alors je fais comme dans la chanson, je mets du vieux pain sur mon balcon pour attirer les moineaux les pigeons (enfin dans mon cas, pas de pain, vous connaissez le topo, mais des graines pour moineaux) et je vis ma vie par procuration, devant mon poste de télévision.

(Attention gros gros spoilers séries télé, ne pas lire si vous n’êtes pas à jour niveau states, c’est risqué, je vous aurai préviendus)

Je regarde Damon faire enfin sa déclaration à sa belle, puis effacer sa mémoire.

Je regarde Karev traiter celle qui l’aime comme un chien, puis le regretter.

Je regarde Kitty enterrer son chéri, puis repartir dans la vie.

Je regarde la vie de Charlotte être détruite en quelques instants.

Je regarde Brooke perdre tout, sauf l’amour.

Je regarde Chuck ouvrir son cœur tendre, malgré les apparences.

Je regarde Bree tenter de renoncer à un bellâtre trop jeune pour elle.

Je regarde JJ être chassée de l’équipe.

Je regarde Silver se pâmer d’amour, en vain.

Je regarde l’époux d’Allison s’éloigner d’elle, pour mieux revenir ensuite.

Et je m’octroie le droit d’avoir des émotions.  Par procuration.  Je pleure, beaucoup.  Je ris, parfois.  J’aime, à l’occasion.  Je ressens, toujours.  Uniquement par procuration.

Car dans la vraie vie, c’est terminé.

Terminé.

C’est peut-être ça, l’acceptation…

(Je dédie ce billet à celles envoyées là-bas récemment à cause d’un putain de crabe, et pour qui j’ai eu une grosse grosse pensée en l’écrivant.)

Et un chtit dessin de Miss Minimo, parfaite illustration de mon état d'esprit du jour

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09:58 Écrit par Anaïs dans Anaïs a des coups de blues | Lien permanent | Commentaires (9) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

3
aoû

Chuis trissssss'

J'ai une semaine de retard, passque je l'ai entendu sous ma douche et j'ai oublié de vous en parler.  Chuis trissss' car le papa de Jojo est décédé.  Jojo c'est une petite BD que j'adore, pleine de tendresse, d'amour et d'humour.  Une BD tendre, comme une caresse.  Triste départ, Jojo va me manquer...

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15:37 Écrit par Anaïs dans Anaïs a des coups de blues | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

30
jui

Je vous dois la vérité toute nue...

Hier, message : "j'ai passé une très belle soirée en ta compagnie, j'espère que toi aussi" Signé, profil de ma vie.

Ce matin, message : "je préfère qu'on en reste là" Signé, ex profil de ma vie.

Question du jour, keski s'est passé entre ces deux messages... mystère et bouldegommmmmm'.

Question subsidiaire, keski cloche à ce point chez moi ?

Et moi, je m'en vais lécher ma plaie et me faire consoler par des filles, y'a finalement que ça de vrai, tous des salauuuuuuuds... ah, y'aura un mec aussi tiens, il va en baaaaaaaaaaaaver, je vous le dis.

 

30
mai

Y'a des jours comme ça...

Avant-hier, on m'a dit que j'étais mignonne.

Hier, on m'a dit que j'étais toute mince.

Aujourd'hui, je me sens moche et grosse.  Logique, je suis moche et grosse.  Et j'ai la sensation de crever de solitude, en cherry on the cake.

Question du jour : can lonelyness kill someone ? (J'aime bien speaker english, parfois).

Y'a des jours avec et des jours sans.  Aujourd'hui, c'est vraiment un jour sans.

PS : et ce sera aussi un jour sans livre, étonnamment, pour un dimanche, jour où "on lit au lit", mais j'ai commencé deux livres, je ne les ai pas finis, donc impossible encore de vous en parler, sorry sorry.

11:09 Écrit par Anaïs dans Anaïs a des coups de blues | Lien permanent | Commentaires (16) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |