9
jui

Bizarre autant qu’étrange

Y’a quelques jours, début de semaine dernière pour être exacte, j’ai réalisé à quel point mon moral était dans mes chaussettes. Parce que je n’avais plus envie d’écrire. C’est un signe, chez moi. Rien ne m’inspirait. J’ai même passé quelques jours sans remplir mon petit carnet de notes, ce qui est un symptôme alertant de dépression-scripturale. Idées noires après idées noires, j’ai décidé d’écrire un billet sur ma baisse de moral, histoire de l’exorciser. Etrangement, très étrangement, une fois ce billet écrit, l’inspiration m’est revenue. Très vite. Comme si le billet avait eu une action thérapeutique bénéfique. Génial non ? Je n’ai pas publié le billet, ne voulait pas passer à vos yeux pour une dépressive au pied du mur des lamentations.

Ce soir, deux épisodes de Lost, deux de Heroes, vous ne pensez pas sérieusement que je vais passer ma soirée à vous écrire une bafouille alors que Sawyer m’attend (billet suivra…). Non. Alors je vous livre mon billet de la semaine dernière, mieux vaut tard que jamais. Depuis lors, j’ai coupé mes cheveux, j’ai mangé ma glace et j’ai dansé, tout va mieux. Ouf.

Voici donc… Flash back sur une semaine aussi sinistre que la météo :

« Les plus attentifs, ou les plus fidèles, auront remarqué que mon rythme de publication de billets a un tout petit peu baissé. (Le premier qui dit « ça nous fait des vacances » peut immédiatement sortir sinon je le désintègre avec mon sabre magique). Je suis passée d’un rythme effréné (deux, même trois billets par jour) à un, et parfois pas. Pleurez pas, ce n’est pas un au revoir.

Je dois vous l’avouer, je manque d’inspiration. Ou alors, ce qui m’inspire, c’est pas jojo : la mort par ingestion de lasagnes, la désertion de toute civilisation, l’extradition sur une île avec mon rat, l’implosion de mon poste de télévision à grands coups de chaussures à talon (vous savez, les deux paires que je me suis offertes lors d’une folle séance de shopping y’a quelques semaines, que je n’ai pas encore mises pour cause de cloches à chaque orteil et de douleurs intolérables là, là, là et encore là) parce que même Docteur Mamour ne m’émeut plus, même Docteur House ne me fait plus rire, même Docteur Kovac est moche… c’est grave docteur ?

J'ai pas le moral du tout, je suis une vieille sorcière à pomme empoisonnée, je suis la bonhommette Micheline, je suis une moule déneuronée, je suis une écrivaine merdique incapable de sortir trois phrases cohérentes ET marrantes, je suis une employée incompétente même pas sympa, je suis pas dans mon assiette, en résumé. J’ai juste envie d'hiberner tout l'été... je sais c'est contre nature. Ça doit être cette pluie d’enfer qui me porte sur le moral : j’ouvre les yeux il pleut, je pars bosser il bruine, je trime toute la journée il drache, je rentre chez moi il déluge, je suis dans mon canapé j’entends plic plic plic. C’est pas une vie ça ma bonne Dame. Ou plutôt, c’est pas un été.

Vous inquiétez pas, elle va reprendre du poil de la bête l’Anaïs, elle va se concentrer sur son bloblog, elle va s’offrir une nouvelle coucoupe de cheveux pour l’estime de soi et elle va manger une bonne coucoupe de glaglace pour le moral, elle va s’offrir une séance de dandanse très bientôt, elle va de suite écouter Christoooooof, puis elle ira chercher la baballe… euh non… elle ira chercher quelques lasagnes, voir si la nouvelle collection Strelli est sortie (avec ce temps, y’a même moyen d’en mettre une, d’écharpe Strelli), et puis ça ne sera qu’un mauvais souvenir. »

Et merci à ma muse pour son aide, un des soirs de cette fameuse semaine merdique, lui parler m'a aidée et m'a inspiré ce billet... Elle se reconnaîtra.

Un dessin de Mako, emprunté sur son blog, illustre bien mon état du moment… solitude

20:44 Écrit par Anaïs dans Anaïs a des coups de blues | Lien permanent | Commentaires (12) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

10
jui

Jour de fête

Aujourd’hui, c’est jour de fête, mais pour moi cette fête a un goût amer.

Je n’ai pas pour habitude de parler de ma famille, je n’ai pas pour habitude d’être larmoyante (enfin si, parfois, je le suis, mais c’est indépendant de ma volonté, et puis vraiment super super larmoyante, je ne le suis pas souvent, hein?).

Je ne ferai qu’une toute petite exception à la règle, ce soir.

Le jour est bien choisi pour parler d’un article que j’ai lu il y a un petit temps «filles à papa !»

Il permettait de découvrir quelle fille à papa on était. Je ne me suis retrouvée dans aucune des descriptions, aucune.

Je me suis donc dit que j’étais pas une fille à papa. C’est simple. C’est facile. C’est réglé.

Puis j’ai tourné la page du magazine, et j’ai découvert un chtit test. J’aime les tests. Je fais souvent des tests, qui ne m’apprennent jamais rien car, en général, je me situe systématiquement dans la moyenne, la complexité de mon caractère ne faisant jamais ressortir une tendance bien marquée.

J’ai donc fait le test.

Et la réponse a enfin révélé la vraie vérité vraie de vraie. Si vous êtes un tantinet sensibilisé par la vie ou par cette journée électorale, ne lisez pas ce qui suit.

Voici le verdict pour moi « Au pire, c’est un traître, au mieux un étranger. Du coup, la tentation est forte de mettre tous les hommes dans le même panier, surtout que vous ne vous sentez pas digne d’être aimée. Et si vous rompiez le cercle vicieux ? Il est temps de faire le deuil de ce père idéal et de commencer, enfin, à vivre votre vie de femme ».

Cette psy est rentrée dans ma tête, ça ne peut être que ça. Ça fait peur, de se voir ainsi étalée sur une page de magazine. Très peur. Un bon électrochoc.

Voilà, ça pleure dans les chaumières maintenant. Je suis larmoyante. C’est pathétique.

Bonne fête à tous les papas. Moi j’ai un père, pas un papa.Calimero_fleur

21:04 Écrit par Anaïs dans Anaïs a des coups de blues | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

29
mai

L’amitié, c’est … (en souvenir de « l’amour c’est »)

Moment difficile, surtout pour un jour férié (toujours regarder Florence Foresti en pestacle un jour férié, jamais regarder un téléfilm triste), j’ai visualisé le téléfilm sur la vie de Vincent Humbert et son choix de l’euthanasie, une histoire médiatisée que tout le monde connaît, même les inculturés de mon acabit. Florence Pernel y est magnifique de sincérité. J’ai l’impression de ne jamais avoir autant pleuré. J’ai craint de recevoir une visite impromptue, on m’aurait crue en pleine dépression, prête à m’étouffer avec une carotte pour en finir (c’est d’ailleurs ce que j’ai fait…). J’ai pleuré à gros sanglots, j’ai pleuré lentement, j’ai pleuré silencieusement, je n’ai eu de cesse de pleurer, de la première à la dernière minute. Un vrai veau inconsolable car la mamelle nourricière a disparu et qu’il doit se mettre à l’herbe, le pauvre.

Ce film a le mérite de rendre aux choses leurs véritablement vraies valeurs vraies : un petit souci n’est qu’un petit souci. On le sait, on y pense parfois, puis on oublie (c’est la vie c’est la vie – Dutronc). Je vais maintenant vous sortir une phrase-type digne d’une grand-mère, mais « tant qu’on a la santé on n’a pas le droit de se plaindre ». Digne d’une grand-mère je vous le disais.

Et comme l’a dit l’autre dans le téléfilm « ce qui compte ce n’est pas la durée de vie mais sa qualité. »

A nous de faire en sorte, quand cela nous est offert, de rendre cette qualité meilleure, car la vie ne nous est offerte qu’une et une unique petite fois. Un seul essai. Pas de seconde prise. (tchu que je suis barbante avec mes leçons de morale à la 6 4 2, c’est nin possib’ d’être saoulante à ce point, avant 9 heures du mat).

Ce téléfilm met également l’accent sur l’importance d’être entouré dans pareille épreuve. La solitude est tellement plus perceptible quand tout va mal. Dans ces moments là, comme dans tout moment de la vie, en fin de compte, seuls l’amour et l’amitié importent (là je reverse une larme, parce que l’amour, moi y’en a pas avoir).

Et on réalise qu’on a des « faux amis ». Qui ne connaît pas cette expression, les «faux amis anglais», ces mots qui ressemblent tant au français, avec un sens cependant différent : actually qui ne signifie pas actuellement (mais en fait), eventually qui ne signifie pas éventuellement (mais certainement), ou bachelor qui ne signifie pas bachelier (mais célibataire ¬– je comprends enfin le pourquoi du comment de l’émission à la rose, dont j’étais raide dingue – j’ai honte sur ce coup là).

Les faux-amis se volatilisent dès que le malheur vous touche, sans doute par peur de la contagion. Ou par manque de courage. Ou par égoïsme. Savourez donc vos vrais amis (et encore une leçon de morale, une).

Bon après avoir pleuré, après avoir disserté lamentablement sur l’amitié, je m’en vais lire un magazine féminin, histoire de retomber de plein fouet dans la dure réalité du quotidien : le poids, le maquillage, les rides et les mecs.

Envoyez donc ce post à sept amis pour leur confirmer que vous êtes là pour eux, et un bonheur vous arrivera…. Sinon … Tuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuut.

Pour terminer en beauté, et rester dans la morale-triste-kitsch, les paroles souvenirs de cette chanson de Jérémy Chatelain.

L'amitié, c'est pour moi un paysage,
Où tu viens effacer mes p’tits nuages,
L'amitié, c'n'est pas un feu de bois,
Ce n'est pas, une tape dans le dos,
L'amitié, c'est toi qui ne réclame pas,
Ce qu'un jour, tu m'as donné
L'amitié, c'est pour moi un paysage,
Si tu veux, tu viens et on partage,
L'amitié, c'n'est pas un feu de bois,
Ce n'est pas, une tape dans le dos,
L'amitié, c'est toi qui ne réclame pas,
Ce qu'un jour, tu m'as donné
Je me suis regardé aujourd'hui dans la glace,
Il y a un peu de chagrin dans ma vie,
Devinez qui vient l'enlever
Un matin en hiver te voilà seul au monde,
Tu sais que tu peux t'appuyer sur moi
Je serai toujours là pour toi

08:57 Écrit par Anaïs dans Anaïs a des coups de blues | Lien permanent | Commentaires (12) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

13
mai

Un dimanche gris souris

Je me décide enfin à regarder les 6 heures de Télévie enregistrées la semaine dernière.Les premières minutes me plongent dans l’émotion, avec un hommage à trois petits participants de l’an dernier, malades, qui ne sont plus là cette année. La maladie a gagné. Me voilà déjà en larmes. Comment vais-je pouvoir me localiser sur l’écran, les yeux tout mouillés ?

Après l’émotion, les chansons…Je redécouvre Rose, sa douce voix et sa chanson adorable, dont je vous livre les paroles :

La liste

Aller à un concert
Repeindre ma chambre en vert
Boire de la vodka
Aller chez Ikea
Mettre un décolleté
Louer un meublé
Et puis tout massacrer
Pleurer pour un rien
Acheter un chien
Faire semblant d'avoir mal
Et mettre les voiles
Fumer beaucoup trop
Prendre le métro
Et te prendre en photo
Jeter tout par les fenêtres
T'aimer de tout mon être
Je ne suis bonne qu'à ça
Est ce que ça te déçoit ?
J'ai rien trouvé de mieux à faire
Et ça peut paraître bien ordinaire
Et c'est la liste des choses que je veux faire avec toi
Te faire mourir de rire
Aspirer tes soupirs
M'enfermer tout le jour
Ecrire des mots d'amour
Boire mon café noir
Me lever en retard
Pleurer sur un trottoir
Me serrer sur ton coeur
Pardonner tes erreurs
Jouer de la guitare
Danser sur un comptoir
Remplir un caddie
Avoir une petite fille
Et passer mon permis
Jeter tout par les fenêtres
T'aimer de tout mon être
Je ne suis bonne qu'à ça
Est ce que ça te déçoit ?
J'ai rien trouvé de mieux à faire
Et ça peut paraître bien ordinaire
Et c'est la liste des choses que je veux faire avec toi
Je sais je suis trop naïve
De dresser la liste non exhaustive
De toutes ces choses que je voudrais faire avec toi
T'embrasser partout
S'aimer quand on est saouls
Regarder les infos
Et fumer toujours trop
Eveiller tes soupçons
Te demander pardon
Et te traiter de con
Avoir un peu de spleen
Ecouter Janis Joplin
Te regarder dormir
Me regarder guérir
Faire du vélo à deux
Se dire qu'on est heureux
Emmerder les envieux.


A vlà Christophe, dire que je l’ai eu, là, tout près, à quelques centimètres, sans pouvoir le toucher. Argh, monde cruel.

Un hommage à Bichon. Et c’est repartir pour une inondation lacrymale.

Un direct avec le local de dons Namurois, ah tiens c’est moi, là, cette bête fille qu’on voit dans l’écran. C’est vraiment moi. La honte totale. Keske t’es moche Anaïs, mais vraiment moche de chez moche.

Je sais pas pourquoi j’ai choisi ce jour pour regarder cette émission rondidju. Si je sais. Parce qu’il fait gris, dans mon ciel et dans ma tête. Surtout dans ma tête. Et quand il fait gris j’ai tendance à en rajouter. Chais pas si c’est la fête des mères, chais pas si c’est cette chape de solitude qui me tombe dessus d’un coup sec – blaf, chais pas si c’est hormonal, chais pas si c’est passque c’est dimanche, chais pas si c’est le foutoir environnant qui me désespère, chais pas si c’est passque l’entièreté de mes assiettes, verres et couverts baignent dans l’évier et que je me refuse à les laver, mais fait gris de chez gris, limite anthracite...

Bon j’arrête le Télévie, c’est plus possible, je vais finir par me couper les veines à force.

J’irais bien au ciné, voir « Je crois que je l’aime », histoire de me baigner dans les bons sentiments quelques dizaines de minutes. Mais même pas l’énergie de me traîner là et d’affronter les familles heureuses et les couples amoureux. Bon, je vais me vautrer devant un DVD romantique et ça ira mieux demain.

Ça faisait longtemps que j’avais pas eu un dimanche gris souris.

13:18 Écrit par Anaïs dans Anaïs a des coups de blues | Lien permanent | Commentaires (9) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

3
mai

Nécrophagie

Il paraît que les rédactions de tous les journaux ont, dans leurs tiroirs, l’avis nécrologique de chaque grande star. Ces avis sont régulièrement mis à jour, notamment quand Tom divorce et se remarie, quand Brad divorce et se remarie, quand Liz divorce et se remarie, quand Demi divorce et se remarie… Le jour où un drame survient, à savoir lorsque la grande faucheuse fait de l’excès de zèle, il leur suffit de ressortir le texte tout prêt tout chaud, d’y coller une photo un tant soi peu émouvante et l’affaire est jouée.

L’autre semaine, lorsque Jean-Pierre Cassel a été rappelé par la faucheuse, Flair n’avait apparemment pas prévu le coup, et, plusieurs jours après son décès, écrivait, au sujet de son dernier film, « un duo sympathique entre le toujours virevoltant Jean-Pierre Cassel et Vincent Elbaz… (sic) ». Gloups, le pauvre ne virevolte plus des masses. On appelle ça un stuut de parution.

La Bible, quant à elle, n’a pas failli à ses bonnes habitudes : un hommage était rendu illico presto.

Idem ce jour dans ma Bible, avec le décès de Gregory Lemarchal, vainqueur de la Star Ac 4. Je ne vais pas le cacher, je ne l’aimais pas trop, le petit Gregory. Du moins je n’aimais pas trop ses chansons, ni sa voix, ni son physique de mulot. Je ne ressentais aucune émotion en l’entendant. Et rien n’y fit : alors que tous les profs, tout le public, tous les élèves, se pâmaient devant sa voix de cristal, moi je m’endormais lamentablement lors des praïïïmes. Chacun ses goûts. Je ne vais pas faire semblant de le vénérer maintenant qu’il est décédé. Je ne vais pas hurler de douleur ni me ruer sur son intégrale, alors que je n’ai jamais écouté aucun de ses singles. Mais sa mort me touche. Humainement, il semblait gentil, simple et généreux (Nikos l’a maintes fois répété « merci de votre générosité » - sauf que Nikos répétait ça à tout qui posait un ongle d’orteil sur le plateau de la Star Ac, c’était devenu son leitmotiv à l’époque).

Et puis surtout, je l’ai dit mais je le redis encore et encore : on n’a pas le droit de mourir jeune. Jeune, aimé et beau. Je ne suis pas d’accord ! Consolation : il aura vécu son rêve à 100 %. Il aura connu la gloire dont il rêvait.

C’est triste, la vie, quand la mort vient s’en mêler.

Et dire qu’un jour, moi aussi, j’aurai mon avis nécrologique en stand-by dans toutes les rédactions de Gelbique, de France et de Navarre. Quand je serai célèbre…

21:22 Écrit par Anaïs dans Anaïs a des coups de blues | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |