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19/01/2018 : texte de Serge Vandlair

J’ai eu l’autorisation de Serge de copier du texte dans lequel je me retrouve beaucoup, il a un talent fou dans l’écriture. Et c’est en écrivant son nom que je réalise que c’est « Vandlair », ici en Gelbique on le prononcerait « vend de l’air », et c’est bien ce qu’il ne vend ou brasse pas : de l’air. Quand j’étais gosse mon père me disait « tu parles pour donner de l’air à ta bouche, aaaaaaah bon, je parlais déjà trop ? oui hein vu que sur mes (très bons, toujours) bulletins on écrivait « belle réussite, mais que de bavardages ».

 Bon je me tais (qui a dit ouf ?) et je laisse l’écriture à Serge :

 « On peut parler d’injustice, de manque de chance voire de poisse. Bien sûr que ce n’est pas par un choix d’être un jour atteint d’une pathologie, invalidante ou pas. La réponse que feront immanquablement les personnes concernées : « il faut vivre avec ».

La compassion, il ne se passe pas un jour sans que l’on croise un regard qui nous la renvoie. Pas simple parfois de faire la différence entre sensibilité et pitié. Cette dernière étant bien sûr le dernier sentiment que nous voulons recevoir ou pire renvoyer.

Au fil des évolutions, l’existence devient plus compliquée, parfois même difficile à gérer.

Je dois reconnaître avoir de la chance malgré tout. Cette chance c’est d’avoir un cercle d’amis et de proches qui sont et seront présents contre vents et marées. Cela n’a pas de prix. En revanche, j’ai avec le temps appris à déceler une certaine forme d’hypocrisie. Je suis bien convaincu que celles et ceux qui rencontrent également des accidents de la vie ont développé cette faculté. « Si tu as besoin, n’hésite pas à m’appeler », combien de fois ai-je entendu cette litanie ?

Et pourtant, rares sont les occasions ou nous appelons à l’aide. Par pudeur peut-être. Ceci étant, je n’ose imaginer la réaction de certains d’entre eux si je les appelais au beau milieu de la nuit ou d’un dimanche à l’heure dm téléfoot.

Vous savez, la pitié nous renvoie à cette sensation glauque de se sentir inutile, de ne pas avoir notre place dans cette société. Société qui ne nous mérite même pas d’ailleurs et où il vaut mieux être mort que malade.
En ce qui me concerne, vous n’imaginez pas à quel point cette sensation fait mal.

Ce n’est pas simple de se voir décrépir au fil du temps, je n’ai jamais rêvé de me sentir une vieille façade qui part en morceau. Inutile donc d’en rajouter.
Aussi étrange que cela puisse paraître, celles et ceux qui tendent une main ferme sont rarement des personnes à qui on aurait songé.
Souvent elles se révèlent sous leur vrais jours qu’on ne soupçonnait pas.

Il arrive que l’on croise des regards de chien battu qui voudraient donner des signes de tristesse. Hauts les cœurs, la vie existe en nous, parfois aussi étrange que cela puisse paraître. On ne se sent heureux que lorsque l’on est entouré de sourires et de bonheur.

La tristesse qui nous est renvoyée est comme une plaque de plomb qu’on nous accrocherait aux pieds pour nous entrainer encore plus bas. Les occasions que l’on a sont bien assez nombreuses.

Chacun a ses problèmes, je suis bien convaincu que vous n’échappez pas à la règle. Si je ne pouvais vous faire passer qu’un seul message, c’est celui de la relativité des choses. C’est étrange, je l’ai peu à peu intégré au fur et à mesure que le mal avançait. Je me rends compte avec le temps que plus les blessures sont profondes, moins on les mets en avant. À l’inverses les petites griffures de la vie amènent très souvent des plaintes démesurées.

Ce n’est en rien une leçon, il s’agit simplement du constat que je fais au regard de mon passé, je me sentais fort, je me sentais grand et courageux. J’étais loin de me douter que tout allait s’effondrer.

Bien sûr, inutile de sombrer dans la parano en s’enfermant dans une bulle. Si je devais résumer, je m’interdis d’avoir des remords et passer à côté de nouvelles aventures. En toute humilité, simplicité, réalisme et légalité cela s’entend. La frontière est fine comme une étoffe de soie entre réussite et déception. Je regrette tellement de l’avoir oublié, ne faites pas la même erreur... »

 

18:58 Écrit par Anaïs dans Anaïs aime la vie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

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