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jui

28/06/2014 non 2017 (tchu, quelle herreur euh, erreur, quelle horreur cette faute) : Vis, tu verras

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Je me suis trompée sur cette photo : je l’ai prise dimanche, et j’ai dit que c’était où j’attendais à mon étage (1), mais non, c’était à l’étage de la cafétéria (- 1) où je prenais mes repas, en sortant de l’ascenseur, car je me souviens bien de l’aide reçue quand j’étais assise là, au plus mal moralement, j’avais écrit ça : « L’autre jour, le jeudi 13 août 2015 (ce n'était pourtant pas un vendredi 13) j'ai pleuré devant l’ascenseur de Lennox et ai été consolée par l'infirmière qui m'a beaucoup aidée et m'a reboosté le moral. Faut dire qu'il en avait besoin vu que je hurlais "on n'avait qu'à me laisser crever en décembre, je serais tranquille et avec le temps tout le monde s'en serait remis". Elle m'a dit une phrase qui fait réfléchir mais cesser de se poser 36000 questions à chaque seconde (qui suis-je où vais-je dans quel état j’erre) "VIS, TU VERRAS". Alors j'ai cessé de pleurer, je suis rentrée dans ma chambre, j'ai pris ma douche et lavé mes cheveux »

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Ensuite voulant raconter mon histoire et noter sur un tableau cette phrase qui m’avait marquée (VIS, TU VERRAS) j’ai écrit ce texte, qui est sur un cadre que j’ai créé à William-Lennox avec l’aide-soignante qui faisait beaucoup d’activités créatrices auxquelles je participais chaque fois :

« Le 7 juillet 2015, j’ai décidé avec ma logopède, de raconter mon histoire, mon accident, mes oublis et mes souvenirs quotidiens, dans ce livre, pour éradiquer mes angoisses et partager mon vécu avec vous. Lecteur, tu me pardonneras mes répétitions, tu riras quand il faut rire (souvent), tu pleureras quand il faudra pleurer (rarement), bref tu aimeras lire ma vie.

La voilà.

 C’était un samedi, il faisait plein soleil. Non, je rigole, j’ai oublié, c’était un samedi de décembre, il faisait… comme un samedi de décembre. Le matin, j’avais été chez ma voisine installer son appareil, son Ipad ou sa liseuse enfin du genre. Je ne m’en souviens pas. Elle me l’a raconté. A 14 h, après mon repas dont j’ai aussi oublié le contenu, j’ai été à La Plante (mon cours d’écriture) à pieds, comme tous les samedis, où à chaque fois on fait des tas de choses passionnantes et on rentre chez soi en en ayant beaucoup appris alors qu’on pensait le contraire.

Ce samedi là, je n’ai rien appris, vu que j’ai été renversée par la « connasse » en voiture. J’ai donc « préféré » aller au CHR pour me faire opérer en urgence plutôt que de suivre mon cours à l’aise. Et c’est là que tout a commencé. Le 20 décembre.

Le 21 janvier, j’étais conduite en ambulance à William Lennox après quelques semaines de coma, une opération et un mois comme un légume ambulant, que j’étais malgré moi.

Entre le 20 décembre 2014 et le 21 janvier 2015, j’ai tout oublié (« …quand tu m’as oubliée » comme chantait l’autre…tchu ! C’est qui ?).

 J’ai très rapidement tout oublié, notamment comment penser, mais surtout comment parler ce qui est plus ennuyeux pour moi qui adore parler.  Je parlais Anglais, va comprendre, alors que mon cerveau dansait la gigue, mais je me souviens (pour une fois) vraiment des infirmières me demandant «  mais Madame, pourquoi vous parlez anglais, on est en Belgique, vous êtes anglaise ? » Non, je regardais sans doute trop de séries en VO.

J’ai donc oublié comment parler, mais aussi comment écrire, je mélangeais et confondais des lettres, en somme aussi bien sur le fond que sur la forme. C’est pas que j’écrivais bien, joliment et lisiblement avant.  Non, que du contraire, mais au moins je savais me relire, je ne faisais pas de faute et c’était presque propre.  Là, c’était bourré de fautes, cochon et illisible.  Avec le temps, la pratique et les exercices, j’écris presque comme avant : presque sans faute, cochon et illisible, mais lisible par moi, c’est le principal. Et maintenant, je parle français et non anglais. Si c’est par une super évolution pour ceux qui ne comprennent pas la langue de Shakespeare…

 Toujours pas moyen de me souvenir de quoi que ce soit de décembre à janvier : note que ça vaut sans doute mieux.

 Depuis lors, je recommence à me souvenir de tout mais c’est une autre histoire que je te conterai un jour.

 Petit à petit, et Dieu sait comme le mot « petit » est long et dure longtemps, longtemps longtemps, j’ai récupéré une partie de mes fonctions, celles auxquelles on ne pense même pas avant d’être renversée, comme parler, pisser, manger ou se brosser les dents.

Tout ça semble rapide, mais ce fut long comme un jour sans pain, à savoir six mois, et plus de six mois plus tard, je suis loin d’avoir tout récupéré (c’est ici que tu verses une chaude larme sur ma triste vie et puis que tu rigoles).

 Je sais toujours pas marcher, même si j’ai commencé couchée, mais je suis désolée je sais toujours pas marcher, pas comme avant. Jamais comme avant. Ma vie ne sera plus jamais comme avant (c’est là que tu verses une seconde larme). Petit à petit (long, long, long), j’espère récupérer un maximum, rentrer chez moi, revoir mes 3 chats, et faire mes courses sans perdre six litres de sueur tellement ça m’épuise, je ne demande que ça. Juste ça. »

 

19:53 Écrit par Anaïs dans Anaïs aime la vie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

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