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25/3/2017 : le deuil

Si j’étais décédée suite à l’accident, ma famille aurait dû faire le deuil de moi.

Mais comme j’ai survécu, handicapée mais vivante, c’est à moi de faire le deuil. Pas un, plusieurs…

Le deuil de mon boulot.

Le deuil de mes collègues.

Le deuil de danser, j’adorais ça, je dansais très mal mais je dansais.

Le deuil de mon orthographe presque parfaite.

Le deuil de ma petite carrière d’écrivain.

Et d’autres deuils que je n’ai pas encore à l’esprit.

Dimanche, après une pizza géaaaaaaaaaaaante chez pizza hut (pour avoir le fromage dans la croute, j’adore ça, faut la version large) je suis allée pour la première fois au nouveau Caméo, fermé depuis… je sais plus mais longtemps. Il est désormais équipé d’un ascenseur pour ceusses qui ne savent pas bien marcher. Super.

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Je suis allée voir « Patients », le film de Grand Corps Malade. Je savais avant mon accident qu’il marchait avec une canne, mais sans plus. Là, bien sûr, je m’y suis encore plus intéressée, je suis en train de lire le livre et j’ai voulu voir le film. Ça m’a rappelé plein de choses : la revalidation, les couloirs de l’hosto, le fauteuil, les TC (traumatisés crâniens). Jamais larmoyant, souvent drôle, toujours touchant.

Le plus dur pour lui : quand il va voir le doc, heureux de bien évoluer, et parle de la reprise du basket, sport qu’il faisait en pro. Le doc lui parle et lui fait comprendre que ça… il doit en faire son deuil, qu’il n’est pas et ne sera plus capable.

Ça m’a fait un choc.

Car j’ai réalisé que je n’étais pas et ne serais plus capable de bosser.

Un deuil. J’avais beau me dire « ce n’est pas une priorité, rétablis-toi, y’a plus important », je pensais au fond que j’y retournerais un jour. J’ai compris en voyant le film que non.

Hasard, le lendemain je passais au bureau revoir les collègues et faire des photos de mon endroit, 19 ans d’ancienneté quand-même (snif je ne fêterai jamais 20 ans).

Ça sera un joli souvenir.

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