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déc

Nanowrimo (3ème) : Mes 3 vies - épisode 10 : les alligators

Pourquoi j’ai commencé à parler des alligators et de la Floride alors que moi j’aime les chats et la Californie. Parce que tout a commencé avec des exercices que m’a proposés ma logopède, je l’ai déjà dit mais j’adooooooore radoter, contenant des images à décrire ou dont il fallait s’inspirer pour écrire. L’une de ces images, la plus inspirante pour moi, montrait un aéroport. Horreur, malheur. J’ai donc choisi cette image, moi qui n’ai plus pris l’avion depuis 10 ans (en réalité beaucoup plus…).

Et voilà comment à partir d’une photo d’aéroport, je ponds deux pages sur la Floride, la chaleur, ma chute à venir, les alligators, les moustiques et les dauphins, bref tous les animaux possibles et imaginables sauf les chats, que j’ai à peine évoqués dans ces pages. Ce ne sont que les premières bribes d’une mémoire encore défaillante.

Mes chats chéris feront l’objet d’un chapitre entier, gloire assurée.

Un jour, c’était avant le jour fatidique de mon accident, j’ai décidé de prendre l’avion, pas pour aller tout près, facile, mais pour aller à l’autre bout du monde, en Amérique, là où vivent les alligators et les moustiques. J’ai toujours détesté l’avion.

Un mois que je n’en dormais plus, bien sûr, cette peur de l’avion que j’ai depuis toujours, même si on m’a convaincue de partir, avec des jolies phrases (un peu) et des menaces (beaucoup). J’ai pris 28 kilos de bagages, persuadée que les robes mettent souvent de bonne humeur et calment l’angoisse. Raté. Toujours aussi peur que j’ai. J’ai même pris un couteau des fois qu’il y aurait un terroriste parmi les passagers, que je m’empresserais de tuer pour être célèbre et faire la une de la presse à sensations. Mal m’en a pris, j’ai fini à la douane, contrôlée par un monsieur très zélé.

Cinq heures plus tard, je me suis retrouvée dans mon avion vers la Floride, toujours aussi angoissée et persuadée que nous allions tomber.

C’est d’ailleurs ce que je n’ai cessé de me répéter en silence en voyant le circuit de l’avion, de l’Europe à l’Amérique « on va tomber on va tomber on va tomber ».

Heureusement, on n’est pas tombé et on est arrivé en Floride durant la nuit, par une chaleur étouffante, le soleil du côté de ma mer (l’inverse de l’Europe) et la piscine hyper attirante, pour calmer la chaleur. Un bain de minuit avec les moustiques, je me dis « pas mal ». J’ai toujours détesté les moustiques j’ai dit (comme le chantait Vanessa « un mosquito c’est un moustique en colère ou qui galère ») mais en Belgique, il y en a moins, voire très peu, juste la nuit ceux qui font un bruit de dingue quand on dort (enfin quand on essaye de dormir). Je les vois, enfin, je les entends, je les imagine. Ceux de Floride sont pires, les hôteliers ont construit au-dessus des piscines des genres de gros treillis, enfin des moustiquaires quoi, avec deux entrées pour coincer les bêtes. La première fois, j’ai pas pigé que je devais me mettre près de la piscine mais sous la moustiquaire. Je me suis donc mise près de la piscine, face aux moustiques et j’ai été attaquée comme jamais, piquée comme jamais. Parce que ces bestioles piquent même quand on est éveillé, pas comme en Belgique. J’ai vu la bête me piquer et se nourrir de mon sang, miam miam. Rien que ça, la haine !

Le lendemain, les vacances ont vraiment commencé, avec leur lot de visites… 

En Floride, on adore déjeuner. On est parti à 6 (deux voitures) et on a choisi plein d’hôtels (on bougeait tous les jours), sans petits déj inclus, on les prend dans un resto, c’est la fête tous les jours : crêpes, brownies, œufs, sucré, salé, que du bonheur.

Ben j’ai dit deux voitures, mais je ne roule pas ! Déjà à l’époque je détestais conduire, j’ai toujours détesté conduire même si j’avais mon permis. Ouais, je suis une détestophile en puissance. Maintenant, je n’ai plus le droit, j’ai eu un trauma au cerveau que j’ai déjà raconté mais que je vais encore résumer des fois que vous auriez oublié, parce qu’en décembre dernier, sur le trajet de mon cours d’écriture, une voiture de conasse m’a écrasée et envoyée après coma et opération, en revalidation, mais on n’est pas ici pour pleurer dans les chaumières, alors changeons de sujet.

On mange de délicieux petits déj et la mer est un lac plein d’alligators. Le rapport ? Ben aucun ! Je vois cependant des alligators partout, qui me blessent, me font tomber, me mangent, me tuent, limite, pire que l’avion. Limite. Mais j’aime les regarder, contrairement aux avions. Et au lieu de chanter « elle voit des nains partout », je chante « elle voit des alligators partout ». Je les regarde, comme dans un parc, comme à Walibi et moi de chanter sans cesse : « Alligator, Walligator ».

D’abord, le bébé alligator qu’on élève on se demande bien pourquoi. On lui ferme la bouche de peur qu’il morde, le pauvre. Quand je dis « on », il s’agit des soigneurs. Ensuite on va sur l’eau et on roule comme des dingues, pour avoir du  vent. C’est un bateau qui va vite « qu’on dit ». On fait une photo souvenir avec la bête, j’ai nommé l’alligator. Et pendant ce temps, je pense à mon retour en Belgique qui m’angoisse au plus haut point.

On se demande bien pourquoi ça me fait si peur, puisque de toute façon, je vais tomber. A quoi bon y penser puisque ça va se produire.

Bon. La Floride, c’est beau, il fait bon (trop chaud diraient certains râleurs, dont Moi, j’ai toujours détesté la chaleur), il y a plein d’oiseaux, enfin de dauphins dans l’eau, avec des soigneurs qui s’en occupent, des animaux nageurs ça s’appelle, mais je n’en ai qu’un vague souvenir, tellement je pense à ma chute en avion à venir. Et, à me souvenir de ces vacances presque oubliées mais toujours vives dans ma cervelle abîmée par l’accident qui confond encore les mots « oiseaux » et « dauphins », « lait » et « eau », « carotte » et « tomate » et j’en passe.

En Floride, j’ai visité un parc d’attraction, genre Disneyland en pire, on va dire Walibi. Dans un moment de folie, me voilà lancée dans un genre d’ascenseur de maison hantée qui monte et qui descend, vite, vite, vite. Et je descends, vite, vite, vite. Jusqu’à ce qu’on fasse une photo souvenir : me voilà immortalisée, pour toujours, en train d’hurler et de m’accrocher à mon amie (à ce moment là je détestais mon amie).

Je l’ai déjà dit, les alligators sont ma passion et ma terreur. Mais il y a aussi les dauphins, qui ont des oiseaux, enfin des poissons (en fait non ce sont des mammifères) qui respirent et nagent avec des humains, ici avec les soigneurs qui adorent les dauphins, surtout sur une tartine. Au fond, ça se mange le dauphin ? Moi je rêve de nager un jour avec eux, ça restera un rêve, j’ai toujours détesté nager.

Enfin, la Floride est un shopping géant. D’abord, le pays est plein de magasins remplis de vêtements de toutes marques et de toutes tailles. Très peu pour moi, j’ai ce qu’il faut, genre 200 vêtements. Par contre, les magasins qui me plaisent sont ceux pleins de chats, que je n’ai pas encore, c’est parce que maintenant j’en ai 3 dont un Toutnu (dont je parlerai bientôt, promis), et de sapins de Noël remplis de faux chats. On est en août et c’est Noël. Génial. Et il y a des chats. Re génial. J’aime ce pays.

L’autre seul bon souvenir que je garde, j’ai toujours détesté les souvenirs, c’est la route sur les keys, en voiture, avec la mer à perte de vue et les restos improvisés le soir.

J’ai toujours aimé la mer et les restos. J’ai toujours détesté l’avion et ça se confirme aujourd’hui si besoin en est.

Après 15 jours d’angoisse, je remonte dans l’horrible engin, copie on va tomber 3 x , et on ne tombe pas puisque j’arrive à Bruxelles. Je descends, je soupire et je jure qu’on ne m’y prendra plus jamais.

Je rentre chez moi.

Ça fait dix-huit ans. Je n’ai plus jamais pris l’avion. Je déteste toujours l’avion.

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