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Le blog de la mère de Dieu (écrit avant mon accident pour un projet avorté de magazine)

Posté le 10 mars à 23h43

 

Y’a des jours où j’aime mon fils.  Je l’aime d’amour.  Je le trouve formidablement formidable.  Normal, c’est moi qui l’ai fait.  Aujourd’hui par exemple, je l’aime d’amour, mon gaminou.  Il a fait un miracle et j’ai vu les images de son miracle sur mon ordinateur ce matin.  C’était beau.  Un beau miracle, un vrai de vrai.  155 heureux, sans parler du bonheur par procuration.  Ça date déjà de quelques semaines, mais je ne me lasse pas de voir et revoir les images de cet avion qui se pose sur l’Hudson, de tous ces passagers échappant à un destin qui semblait tout tracé.  J’adore les miracles.  Au moins ça améliore grandement le contenu des journaux télévisés, que du bonheur.  Tchu, je deviens sentimentale ma parole, il est temps que j’aille me coucher.

 

Mais au fait, qui a inventé les miracles ?  Tiens, faudra que je demande à mon fils.  Je lui envoie un mail illico.

 

Posté le 11 mars à 19h54

 

Mon gamin de merde m’a encore mise dans une rage folle aujourd’hui.  Enfin ces derniers jours.  Comme toujours, quoi.  Il a le don de m’exaspérer.  Je n’aime pas quand il laisse les plombs « péter » sans intervenir.  Et en matière de pétage de plombs, ces derniers jours, la grosse boule bleue qui nous sert de planète a été servie : des fusillades en veux-tu en voilà.  Y’a quelques jours : fusillade aux Etats-Unis.  Un peu plus tard, fusillade dans une église (attends, fiston, c’est pas raisonnable, une église, qu’il ne me fasse pas croire qu’il n’était pas sur place !)  Hier, fusillade dans une école…  ça devient quasi une habitude ici bas, de fusiller quand ça va mal.  Non franchement, y’a des jours où j’aimerais pouvoir gérer son planning à sa place, ça tournerait mieux, je vous le dis.

 

Bon, je conclus ici, je m’en vais l’appeler de ce pas, j’ai des choses à lui dire, comptez sur moi pour tenter de mettre de l’ordre dans tout ça.

 

Posté le 19 mars à 18h49

 

My God (si je peux me permettre cette expression), je lui avais bien dit de mettre son personnel à la retraite plus tôt.  A force d’engager des vieux, les humains subissent des discours de vieux.  A l’armée, on est retraité bien plus tôt.  Dans l’enseignement aussi.  Partout, d’ailleurs.  Alors les curés et, surtout, les papes, moi je dis qu’il faut les retraiter de force à 60 ans.  Passque son ami Benoît qui fait l’apologie de l’abstinence plutôt que du préservatif, il est vraiment temps que mon fils comprenne qu’il est… périmé.  Je vais me faire gronder là, je le sens, mais j’assume.  Il va me dire que j’ai rien à lui dire, c’est son discours favori.  Je persiste et signe : place aux jeunes et à la tolérance !

 

Posté le 21 mars à 21h09

 

Enfin, il a suivi mon conseil.  Je l’avais sermonné de longues minutes, afin qu’il offre un premier jour de printemps digne de ce nom.  Passque si mes souvenirs sont bons (je l’avoue, je perds parfois un peu la boule, ça doit être l’âge… et à mon avis c’est génétique), on a eu un été pourri.  La faute à qui, je vous le demande !  Alors là j’ai drôlement insisté, faut pas pousser bobonne.  C’est bien connu que le manque de luminosité et de soleil déprime les populations, alors qu’offrir, comme ça, en cadeau surprise, une superbe journée ensoleillée, ça met du baume au cœur du citoyen le plus grognon, n’en déplaise au Schtroumpf du même nom. 

 

On dit merci à qui ?

 

Posté le 29 mars à 23h21

 

Etre la mère de Dieu, c’est pas un cadeau, je vous assure.  Toute mère aime avoir sa progéniture à manger le dimanche, avec la marmaille, la belle-fille détestée et tutti quanti.  Et moi ?  Ben moi, je passe mes dimanches seule, passque le dimanche, c’est sacré : il ne fait rien.  Rien de rien.  J’ai tout tenté : organiser un barbecue avec ses amis, jouer la malade qui va passer l’arme à gauche, provoquer une catastrophe dans ma cuisine (friteuse qui s’embrase, poubelle qui déborde, guêpe qui m’attaque) afin qu’il vienne à la rescousse, lui proposer de rencontrer une charmante jeune femme (passque bon, vivre seul en permanence, c’est pas bon), rien n’y a fait.  Il refuse de rendre visite à sa vieille mère adorée.  Son argument ?  Aucun.  Juste que c’est dimanche quoi, « jour du Seigneur ».  Et le jour de la mère du Seigneur, c’est quand hein ?  J’aimerais bien le savoir !

 

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12:31 Écrit par Anaïs dans Anaïs aime la vie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

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