22
aoû

Cette nuit, j'ai rêvé de lui

La nuit dernière, j'ai rêvé de lui. C'était merveilleux. L'ambiance était hyper romantique. On se promenait, main dans la main, dans les rues de Jambes, et ça dégoulinait d'amour comme une glace sous 30 degrés. Il était booooooooooo comme tout et j'en étais raide dingue. Il me faisait des papouilles et j'aimais ça. Il me regardait comme si j'étais la huitième merveille du monde. C'était tout neuf tout beau tout mimi. Le bonheur quoi.

Puis je me suis réveillée.

Cette nuit, j'ai à nouveau rêvé de lui. Nous étions sur un banc, au milieu d'un parc où les félins se promenaient en liberté surveillée. Fabuleux. Je m'extasiais sur un bébé de je ne sais quelle espèce qui jouait avec mes pieds, faisant des dizaines de photos. Lui s'amusait avec un lion. Puis je me suis tournée vers lui, avec amour, l'appelant d'un sourire. Il n'a pas répondu. Il gisait au sol, silencieux, et les gardes m'ont confirmé le décès quand je les ai appelés en hurlant : « carotide sectionnée par le lion ».

Et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants... ou pas.

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22
aoû

Cette nuit, j'ai rêvé de lui

La nuit dernière, j'ai rêvé de lui. C'était merveilleux. L'ambiance était hyper romantique. On se promenait, main dans la main, dans les rues de Jambes, et ça dégoulinait d'amour comme une glace sous 30 degrés. Il était booooooooooo comme tout et j'en étais raide dingue. Il me faisait des papouilles et j'aimais ça. Il me regardait comme si j'étais la huitième merveille du monde. C'était tout neuf tout beau tout mimi. Le bonheur quoi.

Puis je me suis réveillée.

Cette nuit, j'ai à nouveau rêvé de lui. Nous étions sur un banc, au milieu d'un parc où les félins se promenaient en liberté surveillée. Fabuleux. Je m'extasiais sur un bébé de je ne sais quelle espèce qui jouait avec mes pieds, faisant des dizaines de photos. Lui s'amusait avec un lion. Puis je me suis tournée vers lui, avec amour, l'appelant d'un sourire. Il n'a pas répondu. Il gisait au sol, silencieux, et les gardes m'ont confirmé le décès quand je les ai appelés en hurlant : « carotide sectionnée par le lion ».

Et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants... ou pas.

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20
aoû

L'écume d'écume des jours – Benoît Preteseille

écume écume des jours.jpg

L'écume des jours est mon premier souvenir de lecture « adulte », j'avais onze ans. Ce livre m'a chamboulée, tourneboulée, toutcequevousvoulezenée.

L'an dernier, j'ai vu l'adaptation cinématographique avec Audrey Tautou, que j'adore, et je me suis endormie, j'ai détesté.

Alors c'est dire si j'étais curieuse de découvrir cette « plongée » dans L'écume des jours d'un dessinateur que j'avoue ne point connaître.

Autant vous le dire tout de suite, si vous n'avez pas lu L'écume des jours, passez votre chemin, vous n'y comprendrez que dalle de chez que dalle.

Si vous aimez le roman de Vian, en lisant L'écume d'écume des jours, vous retrouverez un peu de ce qui fait le charme et l'absurdité du livre, ce qui fait qu'on l'aime d'amour. Je regrette cependant le côté monochrome des dessins (d'un orange brunasse en plus, même pas d'un joli rose ou d'un violet, quoi, couleurs que j'associe plus au roman, va savoir pourquoi, de même que le bleu), coloris unique que ne laisse pas supposer la jolie couverture colorée, et c'est ma grande déception.

Ça m'a dérangée durant la lecture, cette couleur, enfin durant la vision, car il n'y a quasi rien à lire, juste à s'imprégner de l'ambiance de ces grands dessins parfois un peu noueux, tortueux, comme l'histoire de Colin et Chloé.

En conclusion, un joli hommage à Boris Vian et son oeuvre nénupharesque, qui ne m'a pas convaincue à 100 %, mais qui, sur certaines pages, m'a rappelé les émotions ressenties durant la lecture, notamment par la présence des petites souris, et je pense que tel était le but de cet ouvrage.

Acheter L'Ecume d'Ecume des jours : D'après Boris Vian

14
aoû

Culture insomniaque

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Depuis une semaine, je ne dors pas, ou peu, passque j'ai une culture parisienne en travers de la gorge.

Au sens propre, j'entends. Mais bon on s'en fout, le sujet du jour n'est pas ma gorge, mais mes nuits blanches.

Pour tromper l'ennui, je laisse la TV allumée, et je somnole vaguement, allant d'une émission à l'autre.

Et de me rappeler le (bon) vieux temps du siècle dernier quand j'étais môme et que la nuit nous offrait un seul spectacle : la mire.

Keskon devait s'ennuyer en tant qu'insomniaque, au (pas si bon) vieux temps du siècle dernier quand j'étais môme.

Ici, je vais vous dire, c'est trop waw la variété de trucs qu'on peut voir à la TV, la nuit.

Je fais l'impasse sur les chaînes privées belges, qui ne proposent que des jeux surtaxés et des trucs de voyance ou d'amour par sms,

J'ai ainsi pu découvrir, au fil des nuits :

- la vie des varans, ou des dragons de komodo, mais non c'était les varans, ces horribles bazars issus du crétacé qui n'ont pour seul ennemi que le crocodile, c'est dire (j'en veux pas un chez moi, c'est clair et net)

- la vie des miss France pendant et après leur règne (paillettes, gloire et retour sur terre)

- la vie des dinosaures au moment où elle s'arrête (ce truc m'a encore plus empêchée de dormir, les dinosaures qui fondent, explosent ou se font trouer les ailes – ouais, certains dinos ont des ailes comme Eliot le Dragon po po po po po pom – par des trucs enflammés, à côté de ça Jurassic Parc, c'est les bisounours)

- la vie des femmes agricultrices ou ayant/voulant une exploitation vinicole (captivant, le fait que les femmes sont plus douées en œnologie que les hommes)

- une plongée dans l'univers musical de Prokofiev, avec une présentation captivante destinée aux enfants, du ballet Roméo et Juliette (mon meilleur moment d'insomnie, un 10/10)

- les difficultés d'agriculteurs d'un pays d'Afrique (bah ça a duré cinq minutes, j'ai pas tout bien retiendu)

- une série policière dont je ne connaîtrai jamais la fin (mais c'était qui l'assassin de tout le personnel de la banque ?) because j'ai fini par m'endormir

- le roi de la vente de voitures (qui ne la vendra pourtant pas cette fois ci)

- la mobilisation habituelle pour rénover une maison, larmes, applaudissements et solidarité à l'appui (mais là je me suis totalement endormie, un bon somnifère, pourtant, avant, j'aimais bien cette émission)

Allez, bonne nuit...

13
aoû

Les boules à thé et moi, l'amour-haine

Depuis un petit temps, grâce à ma voisine adorée, j'ai découvert le plaisir du thé. Le vrai, en vrac, qui ne fait pas que sentir le thé (ou les fruits, car je suis plutôt tisanes) comme les marques de supermarché, mais qui goûte aussi le thé ou les fruits (alors que les sachets du supermarché gouttent l'eau chaude). Celui oùsqu'on n'a pas besoin de rajouter du sucre ou du miel.

C'est que du bonheur...

Du moins, ce ne serait que du bonheur, s'il n'y avait un petit minuscule microscopique souci : les boules à thé.

Et oui, passque pour faire du thé en vrac, faut une boule à thé.

Et les boules à thé et moi, c'est tout une histoire (mais pas une histoire d'amour, plutôt un film d'horreur), que je m'en vais vous conter.

J'ai quelque part dans mes tiroirs la boule à thé classique, en métal, à visser, avec une petite cordelette en métal. Je l'ai depuis des années, mais je vous avoue que j'ignore où elle est précisément.

J'ai également depuis des années une boule à thé métallique « treillis », qui s'ouvre à la manière d'une paire de ciseaux. Perdue quelque part, également.

Dommage car avec le recul, elles me semblent attrayantes...

Je les avais achetées en craquant pour du thé en vrac en vacances, genre à Londres ou sur un marché de Noël. Je succombe, dans l'ambiance, puis je n'en fais rien de ces thés, ni de ces boules.

En succombant récemment au plaisir des thés fruités, j'ai succombé à l'attrait des boules à thé en silicone.

Je m'en suis donc acheté une dans un magasin chicos de vaisselle à Namur, qui venait de déménager. Mais je ne l'ai pas trouvée pratique.

Ensuite, j'en ai acheté deux, vu leur prix riquiqui, dans un magasin discount. Une rose fuchsia, une vert pomme. Sauf qu'elles ont un souci, elles flottent, se renversent et sont à la limite de la bascule.

J'ai alors acheté une boule en plastique, à visser. Qui n'a eu de cesse de se dévisser dans l'eau. Et de répandre son contenu. Pas bon, les bouts de thé en bouche.

Décision fut ensuite prise d'investir dans de la bonne boule à thé, de la boule à thé de compet, de luxe, dans un de ces nouveaux magasins de cuisine qui ont la cote à Namur. J'ai opté pour une superbe boule mauve, avec support, breveté pour son côté flotteur. Tout ça pour la modique somme de ... non je n'ose pas le dire. Ah ben oui, pour flotter elle flottait, et verticalement cette fois. Jusqu'au jour où j'ai entendu un gros plop, et où la partie métallique s'est enfoncée tel le Titanic, tandis que la partie plastique a continué à flotter, tel l'iceberg. Occasionnel au début, ce problème est devenu quotidien en peu de semaines.

Dans l’intervalle, j'ai reçu une tasse combiné avec support à thé, en verre vert, de ma voisine, toujours elle, qui est hyper pratique pour boire le thé chez moi, dans une tasse. Mngybb (euh ça c'est Iguaï qui fait des siennes), mais, disais-je, au bureau, je fais mon thé dans un mug, pour le garder chaud des heures.

J'ai aussi acheté un autre support à thé, en métal, passqu'un ne me suffisait pas, des fois que je voudrais boire deux thé en même temps (mon côté hamster est incurable).

Enfin, désespérée, je suis revenue vers la boule classique, sphérique coupée en deux, se fermant par deux clapets, à accrocher à mon mug.

Ah non, j'oubliais les deux supports à thé achetés chez Ikéa l'autre jour, qui me semblent très pratiques pour le thé en tasse, car on peut boire tout en les laissant sur le bord de la tasse (les tisanes peuvent infuser sans souci).

Bref, j'espère qu'avec tout ça, je vais m'en sortir... un jour.

Question bonus : combien de « boules » à thé (toutes formes confondues) vivent chez moi ?

Question subsidiaire : combien de sous ai-je claqué dans tout ce matos ?

PS : pour info, mes thés viennent de la Magie du Thé à Namur, ils sont succulents, et l'accueil y est chaleureux comme une bonne tasse de thé jeunesse éternelle (bien qu'on m'ait confirmé que la nomination n'était pas garantie de résultat, dommage).

 

Petit échantillon (avec le toutnu, toujours curieux)

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12
aoû

Le mystère de la coulée brune

Un jour, chez moi, voulant ramasser un papier qui traîne sur le sol près de mon porte journaux (depuis quelques jours, shame on me and on my bordel absolute), je découvre qu'il colle, le papier.

Il est englué dans une coulée brun clair, un peu transparente, de la couleur du coca.

Ayant trois fauves à la maison, je me méfie toujours des coulées que je découvre, alors je m'approche prudemment, je nettoie, je hume la chose. Elle ne sent ni le vomi félin ni la crotte féline (ouf), mais un peu le caramel.

Je repense alors au coca, sachant que mon toutnu a déjà renversé plusieurs fois mon verre de coca, que j'ai le malheur de laisser traîner par terre comme les papiers (shame on me blablabla). Mais comment du coca (light) pourrait-il se transformer en plaque un peu collante, un peu gluante ? Je ne me l'explique pas.

Alors je nettoie, puis j'oublie.

Et ce matin, me penchant vers mon porte journaux : rebelotte. Une nouvelle coulée. Nan mais allô quoi, keskeséksebinz ? Plus besoin de humer avec circonspection, je sais que la substance n'est pas dangereuse, mais d'où vient-elle ?

Je vide alors mon porte journaux, dans un éclair de lucidité, me souvenant de ces délicieux bonbons au miel bio que j'y avais entreposé, bordélique que je suis (shame on me ter).

Et bien c'est dingue comme comme des bonbons au miel bio peuvent se liquéfier au contact du transformateur d'un pc portable.

Dingue.

4
aoû

Paris dans ma vie

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Je ne suis plus allée à Paris depuis mars dernier, et encore, en mars, j'ai marché, j'ai pas vu Paris. Donc je ne suis plus allée à Paris depuis octobre dernier, là c'était le pied d'enfer, un atelier d'écriture sur le thème des passages, qui m'a permis de les découvrir, de me laisser envahir par une autre facette de cette ville, et puis d'écrire sur ce que ces lieux m’inspiraient.

Alors lundi, je me suis lancée dans la grande aventure du livre photo.

Bah, en une heure emballé c'est pesé, me suis-je dit.

J'ai commencé à 15 heures.

Et j'ai eu fini à... euh... 22 heures.

Nan chuis pas blonde.

C'était facile comme tout, juste que ça prend un temps de gueux :

  • dactylographier mes textes parisiens, pour faire un album mélangeant photos et textes

  • recadrer, retravailler, redimensionner, retoucher, trier mes photos

  • les trier par thèmes, par couleurs, par je sais pas quoi encore

  • choisir le format d'album, le thème

  • choisir les fonds de page, les petites décos

Ouais, ça m'a pris 7 heures, ces bêtises parisiennes.

Mais le résultat est sympa, enfin j'espère qu'il le sera, passque j'ai toujours pas de nouvelles de mon album à ce jour, on peut pas dire qu'ils soient rapides chez phototruc, depuis le 28 juillet, mon album est « en préparation », comme quoi ça leur prend plus de 7 heures, à eux.

Leitmotiv donc, depuis lundi : wait and see.

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Et hier, sur la donnerie, je découvre (enfin) une petite chose qui me tente : des assiettes. La donnerie, ça fait un bail que j'ai abandonné l'idée d'y recevoir quelque chose. Pour plusieurs raisons :

  • y'a des moments où c'est plutôt la chercherie, et même si c'est également son but, cet avalanche de personnes qui pleurnichent après des trucs incroyables, genre une tondeuse, une caravane ou un ordinateur, ça me fait doucement rigoler (et je ne devrais pas, paraît que ça marche)

  • les trois fois où j'ai tenté d'avoir quelque chose ont été catastrophiques : primo, un arbre à chat, que j'ai eu et remisé à l'extérieur tant il puait la pisse de chat (on m'a prise pour la ressourcerie, alias les anciennes grosses poubelles, comme on les appelait) ; secondo, une boîte à musique qui m'a fait frémir d'envie, because j'adooore les boîtes à musique, et pis après m'avoir bien expliqué comment elle était, quand j'ai dit que j'en rêvais, ben j'ai eu droit à « j'ai donné à quelqu'un d'autre », comme ça, sans raison, pas bien, vraiment pas bien ; tertio, le truc habituel, une machine à bain de pieds, donnée dans la seconde, passque la donnerie, faut être au taquet pour obtenir quelque chose, genre rafraîchir sa page mail toutes les cinq secondes, 24 heures sur 24.

Et là, hier matin, je vois ces six assiettes. Proposées la veille au soir. Aucun espoir. Mais elles sont si jolies avec leur look rétro, que je tente ma chance. Je les vois mal sur la photo, mais on dirait des madames de début de siècle dernier, voire des fées ou des danseuses, chais pas, mais j'aime.

Et la fée de la donnerie est avec moi, because personne a voulu les assiettes.

Bonheur. Organisation est faite pour que j'aille les chercher. Ça sera une excursion, bus, 1,6 km de marche aller, idem retour, et puis bus, mais ça me fera une excursion. Je prendrai à boire, à manger, mon iPod, et ça sera parti mon kiki.

Et puis le bonheur se double. La Madame donneuse, sans doute empreinte de pitié à mon égard, propose que son mari, qui passe par là oùsque je bosse, me les dépose. Cool, passque c'est pas que j'aime pas marcher, c'est que j'aime pas marcher quand il fait plus de 23 degrés.

Et puis le bonheur se triple (et c'est là que vous découvrez pourquoi je causais de Paris au début de ce billet) quand je reçois mes assiettes. Les jolies madames, elles posent dans des décors parisiens. Siiiiiiiiiiiiii, je vous jure. Moi qui suis plongée dans le début du siècle dernier depuis quinze jours, à grands coups d'atelier, de photos de vieux journaux et de visites d'orangerie et de parc à l'allure rétro, vlà encore un nouveau signe du destin, mon destin parisien.

Et le bonheur se quadruple lorsque je remercie la Madame et son mari, de leur gentillesse, ajoutant que j'adore mes petites assiettes, et qu'elle me répond qu'elle est ravie, et que sa grand-mère l'aurait été aussi. Ça m'a touchée, je dois l'avouer, d'imaginer cette petite mamy, où qu'elle soit, se réjouissant du fait que ses assiettes ont désormais une nouvelle vie.

Et puis c'est tout, mais je suis sûre que ma prochaine dacquoise framboise ou mon prochain fraisier, ils seront encore meilleurs dégustés sur ces jolies œuvres d'un artistes que je ne connaissais pas, Gaston Le Beuze.

Comme je le disais sur Facebook, parfois, la vie est jolie.

Et j'en profite pour vous faire partager un des textes écrits sur place, dans un magnifique café rétro, en sirotant un thé, m'inspirant de cette photo.

 

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Claire n'est pas majeure. Et pourtant elle part. Demain. A la grande ville, diraient certains. Elle a natté ses longs cheveux noirs et mis sa tenue de scène, pour le plaisir de se plonger déjà dans l'avenir qui l'attend. Sous sa robe blanche vaporeuse de danseuse, elle est totalement nue. Liberté. Liberté chérie, si difficilement gagnée. Au prix de quel effort. Ses pieds nus profitent de ce rare moment de liberté : n'être pas enserrés dans des chaussures douloureusement satinées. Ses orteils pointure 38 se trémoussent. Ils frétillent d'impatience. Ils connaissent leur avenir. Radieux, fiévreux, joyeux. Tandis qu'elle se déplace et remplit sa malle, le voilage de sa robe caresse ses jambes musclées et ses fesses rebondies juste ce qu'il faut. Elle jette, pêle-mêle, ses dessous, ses robes, ses manteaux, ses bottes et ses chapeaux. Elle ne réfléchit pas trop. Peut-être se débarrassera-t-elle directement de ses frusques à son arrivée. Elle ignore encore ce que doit porter un petit rat. Elle se tourne vers son vieil ours en peluche défraîchie, le touche de son long doigt blanc peint de coquelicot et se laisse envahir par la nostalgie. Elle ne l'emmène pas avec elle. Demain, elle quitte son enfance. Elle quitte Hubert l'ours bougon, l'ours réconfort, l'ours trop vieux déjà. Dans sa petite malle, elle glisse sa collection de chaussons, ses justaucorps, ses tutus. Elle ferme les serrures cuivrées du bagage de ses bras minces, les dépose dans le coin de sa chambre, s'assied sur son lit défait, clôt ses yeux et sourit d'aise : demain, tout sera différent. Elle se couche, étend ses longues jambes, pose ses mains sur son ventre plat. Elle est si calme qu'on la croirait morte. A l'intérieur, elle est loin de l'être. Un volcan. Seul le frémissement de ses paupières pourrait la trahir. Elle se tourne, adopte une position fœtale, ceint ses jambes de ses bras, laisse le tissu de sa robe la recouvrir, et, tandis que sa tresse glisse doucement le long de son cou, elle glisse dans le sommeil et la nuit qui la séparent de demain.