26
déc

Gravity

Ça fait longtemps que j’avais plus eu envie de voir un film. Des mois.  Presque un an, sans tenir compte de Hunger Games 2 (qui m’a un chouia déçue, j’avais sans doute été trop grisée par l’effet de surprise du premier volet, et puis ayant lui la trilogie, je savais ce qui allait se passer, et limite si je ne me suis pas un peu ennuyée).

Mais Gravity, j’avais envie.

Va savoir pourquoi.

Parce que les trucs dans l’espace, c’est comme les trucs sous l’eau : même si c’est une histoire de Bisounours, ça m’angoisse ferme.  Grave. Grave comme Gravity quoi (ouais elle est bonne, je sais). Cette sensation permanente de manquer d’oxygène (j’avais écrit occygène, c’est dire si j’ai dû en manquer, les dommages cérébraux semblent perceptibles). Et ici, je savais que c’était pas une histoire de Bisounours, alors j’ai angoissé ferme depuis la première seconde, jusqu’à la dernière. Un thriller spatial.

Bah, j’imagine que la belle gueule de Clooney et la sympathie que j’éprouve pour Sandra Bullock ne sont pas étrangères à mon envie de voir le film. Et le fait qu’il soit encensé.  Enfin on s’en fout, j’avais envie quoi.

Et j’ai aimé. 

La première image est sublime.  Beaucoup le sont. Et je dois être maso, mais c’est cette beauté de l’image, couplée à cette angoisse d’atmosphère non oxygénée, qui m’ont scotchée.  Passque pour la belle gueule de Clooney, on repassera : on la voit à peine, sous son casque de cosmonaute. Ah ben ça j’y avais pas pensé hein. 

Donc j’ai aimé.

Chais pas trop pourquoi, les images, le calme, somme toute relatif, car entrecoupé de scènes qui donnent la chair de poule. Ça tourne comme un manège. A filer la gerbe. D’ailleurs en toute logique, elle aurait dû gerber dans son casque, non, Sandra ? ça propulse aussi, par moment, comme un grand 8. Et puis le calme revient. Ça donne une telle sensation de vide que ça fait se poser des questions existentielles, si, je vous jure. D’ailleurs j’ai écrit « vie » au lieu de « vide », existentiel je vous dis.  Comme si la dérivation dans l’espace était une dérivation dans l’existence, vous voyez ? Bon, je délire, toujours ce manque d’oxygène et mon cerveau.  Je regrette juste un peu trop d’américanisation, en ce sens ou même quand ça va mal, ben ça va encore plus mal, tant qu’à faire, ouais, faut pas pousser bobonne dans les orties, des fois, sont tout seuls dans l’espace, ça suffit déjà, comme grosse merde, non ? Ben non, faut bien captiver le spectateur, aussi. Et de me dire durant tout le film : moi, là-haut, jamais de la vie, jamais jamais jamais, avec un sentiment d’oppression qui ne m’a pas quittée. 

Voilà, j’ai aimé.

J’ai peu de points de comparaison, je pense que le seul autre film dans l’espace que j’ai vu, et aimé (et qui m’a fait angoisser, toujours ce problème d’oxygène), c’est Avatar.  

Je vous déconseille de lire les critiques avant de le voir, si vous l’envisagez, car elles en disent bien trop. Je viens d’en découvrir une qui raconte même la fin du film, siiiiiiiiiiiiii je vous jure, qu’on le pende haut et court, ce journaliste de malheur… ou qu’on l’envoie en orbite, tiens. Savourez le plaisir de la découverte, sans en savoir plus, sinon que ça se passe dans l’espace (ça, il faudrait revenir de deux mois sur Mars pour l’ignorer).

Et puis, je vous l’avoue, à l’heure où je vous écris, j’ai encore du mal à respirer, sans doute car j’ai une bronchite… mais pas que.

Bon, j’irais bien le voir en 3D…

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02:45 Écrit par Anaïs dans Anaïs fait son cinéma | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

20
déc

Appel du jour

"Allo Madame, je vous appelle pour une consultation de voyance"

Et tu l'as pas vu dans ta boule de cristal, que j'allais te raccrocher au nez ?

Entre les ceusses qui veulent venir me voir pour analyser mes factures téléphone, les dons pour enfants en mauvaise santé orphelins unijambistes patricides en manque d'affection et les canapés qui rêvent de venir vivre chez moi, quand comprendront-ils que je suis sur la liste Robinson, de son ancien nom...

Tchu.

Aujourd'hui je râle, qu'on se le dise.

Et je m'en voudrais de ne pas partager avec vous ces petites vidéos découvertes par hasard, mais qui tombent bien (paf) :

On n'est pas des pigeons qui nous offre une revanche :

A voir ici

Quand Mobistar récolte la monnaie de sa pièce (en néerlandais ST anglais) :

15:39 Écrit par Anaïs dans Anaïs râle | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

20
déc

Première chose des 365 choses débiles que tout le monde fait : continuer à acheter ses livres en Belle gique

Hier je me suis acheté ceci chez Carrouf, petit cadeau pour passer une bonne année 2014. Et puis, en déballant, j'ai vu sur l'étiquette cette mention qui veut dire "tu te fais arnaquer, toi la pauvre petite Belge". Cette mention c'est "prix dilibel".

J'ai donc payé 8,99 eur mon petit Oups.

Sous le prix dilibel, il était indiqué 7,99 eur prix TTC.

Et sur Amazon, c'est 7,59 eur.

Alors qu'on arrête de dire qu'il faut faire vivre les petits libraires belges, déjà Carrouf c'est pas un petit libraire. Je ferai vivre les petits libraires quand la Belgique cessera d'escroquer ses lecteurs avec des taxes de change totalement désuètes. Article intéressant sur le sujet ici : http://www.crioc.be/FR/doc/dcdc/all/document-4440.html?id...

En attendant, je reste fidèle à Amazon...

Le pire c'est que j'ai passé l'après-midi à Givet hier, j'aurais pu l'acheter sur place, mon petit Oups, tchu.

A part ça, Givet, c'était comme Disneyland, top fun d'acheter les produits français en chantant (ouais, chuis vraiment une enfant de la pub moi, je les connais toutes, Quand c'est bon c'est bonduelle, des pâtes des pâtes oui mais des Panzani, oui, Keskon fait de gai tantôt, des pâtes Anco, et j'oublie le reste, mais j'ai bien chanté, même Chante c'est Noël..., et maintenant je vais bien manger tout ce que j'ai acheté).

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08:05 Écrit par Anaïs dans Anaïs râle | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

10
déc

La bête et le beau

 

Extrait de Histoires à mourir de vivre (Vol. 2) 

Elle se sent comme morte.

Elle est morte à l’intérieur.

Mais elle n’en parle jamais. Elle n’en parle plus jamais. Parce qu’elle vit dans une société où tout doit aller comme sur des roulettes. Il faut être jeune. Être belle. Être forte. Être intelligente. Être compétente. Être dynamique. Et surtout être en parfaite santé.

Mais elle n’est pas en parfaite santé. D’ailleurs, elle n’est plus toute jeune, elle n’est pas vraiment belle, elle manque de force, elle n’a que certaines formes d’intelligence, certaines compétences et son dynamisme a disparu il y a neuf ans déjà. Et elle n’est pas en parfaite santé. Elle a une bête inside elle. À l’intérieur. Invisible. Imperceptible. Sauf sur l’IRM. Sauf en pénétrant dans son bide. Quatre fois déjà, ils sont entrés. Elle connaît le processus par cœur. Le service hospitalier par cœur. Son chirurgien par cœur. Le postop par cœur. Et plus ils entrent, plus la bête se développe. Chiendent. Ronces. Mauvaise herbe qui envahit tout, prend possession d’elle, jour après jour, douleur après douleur.

Elle a appris à se taire. À force de s’en prendre plein le visage, plein le reproche, plein la critique, elle a fait du mutisme son meilleur ami. Son meilleur amant. Son seul amant. Oh elle en a entendu déjà « t’es rien qu’une chochotte, toujours à te plaindre, toujours mal par ci par là, est-ce que je me plains moi, t’as pas accouché, tu connais pas la vraie souffrance, va bosser au lieu de te lamenter, t’es déprimante avec tes problèmes, sois positive, t’es sûre que t’invente pas, ça doit être psy ce dont tu souffres ». Elle a oublié la plupart, ça vaut mieux. Alors elle se tait. Elle fait la morte.

Elle est morte, de toute façon, à l’intérieur. Elle survit. Elle vit avec la bête. Elle la hait, mais voudrait apprendre à l’aimer, dans l’espoir de moins souffrir de sa présence. Souffrir des perspectives d’avenir qu’elle lui ravit. Et puis souffrir au sens premier du terme, aussi : avoir mal. Mal à en crever, parfois. Ou à vouloir en crever. Comme un accouchement, sauf qu’il dure des jours et des jours et des jours, sauf qu’il n’y a pas de bébé récompense à la fin des souffrances. D’ailleurs, il n’y a jamais de fin des souffrances. Il y a juste la fin de la vie, à laquelle elle aspire, parfois. Parfois seulement. Mais parfois.

En toute honnêteté, elle y a pensé, à partir, mettre fin à tout cela. Mais en plus d’être tout ce qu’elle ne sera jamais (jamais en bonne santé, jamais forte, jamais dynamique, jamais maman non plus peut-être), elle est lâche. Elle n’ose pas. Elle ignore si, de l’autre côté, ce n’est pas pire encore. Non mais, des fois que l’enfer existerait, des fois que le suicide t’y mènerait tout droit, des fois que les souffrances terrestres t’y suivraient, des fois que…

Et puis il y a l’espoir. Petit, mais là. L’espoir d’une vie meilleure, comme diraient les clichés. Mais pour elle, l’espoir d’un nouvel antidouleur, l’espoir d’un job pour lequel elle serait à la hauteur, l’espoir d’une chirurgie qui boufferait définitivement les ronces, l’espoir d’un amour salvateur, aussi, même si ça, elle refuse d’y penser.

Et c’est lors d’une de ces minuscules secondes d’espoir qu’il a surgi, son amour salvateur. Merci le hasard. Merci l’espoir. Pourtant, ça fait un bail qu’elle a fait une croix dessus, l’amour. Un bail qu’elle ne l’a plus fait, l’amour. Un bail qu’elle n’en veut plus. Elle a déjà assez de mal avec son quotidien, elle ne va pas s’encombrer d’un homme à aimer, en plus.

C’est surtout qu’elle a peur. Parce que ses ronces, elles nuisent à l’amour, au sens charnel du terme. Dans tous les sens du terme, mais celui-là aussi. Mais ça, elle n’en parle jamais. À personne. Même pas à son docteur mamour, celui qui connaît sa plomberie interne par cœur. Elle ne parle déjà pas de sa fatigue, de ces douleurs qui la font s’évanouir certains jours. Elle ne va pas se mettre à parler de son intimité, allons allons. Elle n’en parle pas, elle ne le fait pas, c’est aussi simple que ça. Et elle a peur.

Mais le voilà. Il surgit l’air de rien. Une grande chose toute simple, qui respire la gentillesse. Des yeux lumineux décorés d’une guirlande de ridules. Il débarque de sa planète, plein d’humour. Il la fait rire, c’est déjà gagné. Elle est dans la galère, se dit-elle. Parce qu’elle rit. Elle aime rire. Et ça faisait longtemps. Elle sent le danger arriver, tel une météorite. La galère de chez galère. Mais c’est si bon. Si effrayant. Il faut y mettre un terme. Elle refuse le rendez-vous qu’il propose. Refuse le cinéma aussi. Ne répond pas aux textos pleins de drôlerie. Sauf qu’elle les attend, les textos, elle scrute, elle guette, elle est dans la galère.

Et comme il s’accroche, son humoriste. Pourtant, elle fait tout pour le renvoyer d’où il vient, et en express. Elle accepte de le revoir, mais se la joue chieuse. Emmerdeuse. Il s’accroche. Puis froide. Hautaine. Il s’accroche toujours. Alors elle lui dit tout, la maladie, les perspectives restreintes d’une vie de famille, la pénibilité du quotidien, et même les soucis sous la couette. Histoire de le dégoûter une fois pour toutes, et de repartir dans son quotidien mortel mais sans danger.

Elle fait tout pour le faire fuir. Mais il s’accroche. Pire qu’une moule sur son rocher. Il lui dit que peu importe. Que tant pis. Que c’est elle, avec les ronces. A moins qu’il n’ait dit « avec les roses » ? Elle ne sait plus exactement ce qu’il dit, en fait, mais il le dit, et c’est bon à entendre, et ça la fait à nouveau rire. Comble du comble, voilà qu’il l’embrasse. Non, sérieux, il l’embrasse !

Embrasse, ça rime avec rupture de carapace.

Embrasse, ça rime avec enlace.

Embrasse, ça rime avec… oh on s’en fout des rimes.

Il l’a ramenée à la vie, à force d’insistance, d’humour, de patience et d’amour.

Et c’est si bon, de se sentir en vie.

Enfin.

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(La maladie dont souffre mon héroïne s’appelle l’endométriose – vous trouverez plus d’infos sur cette maladie féminine sur http://lillih.endometriose.free.fr/)

08:10 Écrit par Anaïs dans Anaïs a des rêves | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

6
déc

La phrase qui tue du jour

ça faisait longtemps non ? Hé ben en vlà une...

Moi "je mets pas de jupes trop courtes, pour pas trop montrer mes jambes"

Elle "ben oui, ce sont des baguettes".

Et une baguette chinoise pour te percer les yeux, tu veux tenter ?

Non mais sérieux, les gens, parfois, feraient bien de fermer leur grande gu...

12:24 Écrit par Anaïs dans Anaïs râle | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

3
déc

Le bonheur du jour

Une petite madame (que j'ai auparavant un peu aidée à traverser car elle osait pas foncer dans le tas des automobilistes égoïstes) qui me court après pour me dire "j'adore votre legging, il vient d'où ?"

Pis deux minutes après, arrivée à l'hosto, ma kiné qui, pendant que je me déshabille, réitère le compliment "rhoooo, quel chouette legging".

J'étais presque contente de faire mes exercices, après ça...

3
déc

Divorcer en ligne, rapide et efficace ?

Si organiser son mariage est un processus long mais joyeux, divorcer l'est moins souvent malheureusement.

 

Bien sûr divorcer et rester ami est possible, mais n'empêche pas que pour divorcer... et bien faut divorcer. Et que cela engendre des procédures longues et coûteuses. Et puis du temps. Il faut bien l'avouer, quand on divorce, on a d'autres chats à fouetter que de perdre son temps à prendre rendez-vous dans un cabinet d'avocat, à prendre congé pour aller à ce rendez-vous, et j'en passe. Et puis à voir son ex, enfin son futur ex, tant qu'à faire. Même si "on reste ami", autant ne pas devoir se croiser à chaque coin de rue. Tout ce temps gagné permet de s'adonner à des activités bien plus importantes : faire du shopping (la pension alimentaire, c'est pas fait pour les chiens hein), aller s'empiffrer au resto avec des copines (c'est bien connu, le divorce, ça déprime, et quand on déprime, on mange) et rencontrer un futur prince charmant (ben quoi, bientôt à nouveau célibataire).

 

C'est là que le divorce en ligne prend tout son sens.


Le site Avocat.net est publié par la société Jurisystem et permet aux futurs clients de rencontrer leur avocat, en ligne, afin que les démarches juridiques parfois lourdes soient facilitées.  Finger in the nose. La mise en relation est gratuite, et le site garantit les meilleurs prix sans l’engagement obligatoire de la part de clients.

 

Et sur avocat.net, outre divorcer, vous pourrez aussi obtenir de l'aide dans les domaines du licenciement, de l'immobilier, du permis de conduire, du changement de prénom (tiens, on se disait justement au bureau que ça serait utile pour Mademoiselle Lara Clette, née il y a quelques années en Belgique, et ce n'est pas une blague, merci les parents), et d'autres thèmes variés, comme les accidents de la route.

 

Chaque thème est abordé en matière de procédure juridique, et vous pouvez obtenir immédiatement un devis gratuit, afin de savoir à quoi vous en tenir. En outre, le site vous propose des fiches pratiques quant aux démarches juridiques, aux procédures ou à la durée d'un jugement pour tous type de litige, un annuaire des avocats de France et de leurs compétences, des statistiques sur le divorce, des vidéos explicatives et des cas concrets.

 

Divorce


Pour le thème du divorce, par exemple, les informations suivantes sont disponibles : types de divorce, préparer son divorce, intervenants du divorce, la procédure de divorce, conséquences financières et sociales ainsi que les renseignements sur les honoraires.

 

Les avocats d'avocat.net se trouvent dans toute la France, à votre entière disposition, que vous soyez un particulier ou une entreprise.

Désormais, vous vous marierez pour le meilleur et pour le pire, et ne divorcerez que pour le meilleur...

 
 

2
déc

Fête fatale – William Katz

« Le dimanche, on lit au lit ».

Comment se faire arnaquer en librairie ? Acheter un joli roman noir en poche, en forme de joli paquet cadeau, et réaliser ensuite que le livre date de … 1984 (j’étais même pas née, ou presque).

J’aurais dû tilter sur le « premier roman parlant d’un tueur en série », c’était pas normal ça. Mais soit.

Bon, je me le suis offert à Paris, ça compense, ça fait « le livre souvenir de mon atelier d’écriture parisien ». Et je l’ai lu dans ma chambre d’hôtel, ça compense aussi, de l’avoir lu à Paris.

Et sinon, me direz-vous ?

C’est le résumé qui m’a titillée : pour les 40 ans de son mari, le 5 décembre prochain (jolie date), Samantha décide de lui organiser une fête, et d’y inviter tous ses amis de jeunesse. En cherchant à les joindre, elle découvre que le passé de Marty, le cher et tendre, pas si tendre que cela, n’est qu’une vaste mascarade. Ne parvenant à retrouver aucune trace de son enfance, de son passage à l’unif ou à l’armée, notre épouse s’inquiète de plus en plus, sans en piper mot au principal concerné.

Et l’angoisse de monter tandis que Marty se rend compte des agissements de sa femme, que cette dernière n’abandonne pas ses recherches, et que le 5 décembre, date où un tueur en série tue chaque année une femme à la chevelure châtain, approche…

Alors que vous dire de ce livre ?  Pas mal écrit, il accroche tout de suite, sans fioritures, sans blablas inutiles, d’ailleurs il n’est pas très épais.  Y’a bien un peu d’incohérences par ci par là. Y’a bien aussi une fin dont on se doute. Enfin moi je l’avais sentie, cette fin là. Mais à part ça, j’ai passé un chouette moment avec Samantha et l’abominable Marty des trains, et j’ai terminé mon livre dans un bain moussant, sympathique également.

Si vous êtes super fan de thrillers, que vous dévorez à longueur d’années, vous serez peut-être déçus par cette histoire un chouia cousue de fil blanc. Mais si vous démarrez dans la lecture qui fait frémir, voilà une bonne mise en bouche (ensuite, foncez sur Karin Giebel, le frémissement deviendra un tremblement).

Acheter Fête fatale en livre broché par pitié (14,99 eur en Kindle, non mais sans déconner on se fout de qui chez Amazon ?)

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2
déc

Mon grand livre créatif

Ben ouais quoi, quand Babelio propose à ses membres une action masse critique jeunesse, je participe, même si j’ai pas de marmot at home. Ben quoi ? Inside, j’ai huit ans, parfois.

Et quand je reçois le livre choisi, Mon grand livre créatif, j’éveille mon âme d’enfant, je me mets dans ma peau de huit ans et je fais des bonds de joie.

Et je découvre un livre génial, et pas que pour les petits. Je repasse donc dans ma peau de vieille madame ridée (cinq) avec cheveux blancs (trois), passque même ainsi, ça va me plaire.

Ce livre est un régal pour petites et grandes têtes blondes (et brunes), car il ouvre la porte à la créativité. C’est son but, vu son titre, me direz-vous, petits filous. Ouais, mais parfois le titre ne fait pas la réussite, comme l’air ne fait pas la chanson.

Ici, rien qu’en feuilletant l’ouvrage, je me bidonnais grave.  Sur chaque page ou double page, une situation et une invitation à réagir. Exemple qui m’a vraiment fait mourir de rire : « qu’est-ce qui fait peur dans cette caisse ? », avec photo d’une caisse vide et une invitation à dessiner son contenu. Et si le lecteur n’a pas vraiment d’idée, l’ouvrage est là pour lui faire quelques suggestions rigolotes : une araignée genre tarentule, un repas genre choux de Bruxelles ou la culotte de tante Yvonne. Fun. Même pas besoin de savoir dessiner, on peut aussi s’amuser à coller des illustrations, des mots, des feuilles d’épinard ou du foie de génisse (non là je rigole, bonjour les odeurs, pis moi j’adorais le foie de génisse étant petite).

En plus de l’humour, il y a des choses plus poétiques aussi, comme dessiner des poupées russes, son humeur du jour, de jolies chaussures, décrire le contenu des livres, décorer des galets ou un nichoir à oiseaux…

Bien sûr, ce livre est avant tout destiné aux enfants, et c’est indéniable, mais je me plais à imaginer une version femme, une version homme, parce que, quand je vais en ateliers d’écriture, qu’on pioche dans des photos, dans des bouts de phrases, pour s’en laisser inspirer, qu’on les colle et qu’il en ressort un texte parfois aussi inattendu que génial, finalement on ne fait rien de plus…

Une jolie idée de cadeau pour les fêtes si vos petiots ont l’âme créative.

Personnellement, j’y ajouterais seulement une reliure à spirale, pour faciliter le travail inside.

Acheter Mon grand livre créatif pas cher ma bonne Dame !

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2
déc

Coeur gros, ventre vide - Jeanne (et Farida Taher)

"Le dimanche on lit au lit".

Un livre qui se lit vite, parce qu’on accroche dès la première ligne.

Un livre qui ne raconte rien d’extraordinaire, mais qui captive par ses détails ordinaires.

Voici mon petit résumé de Cœur gros, ventre vide.

J’ai été envahie par l’empathie en découvrant qu’être pauvre ne signifie pas être chômeur, sans revenus, vivre sous les ponts et/ou manger aux Restos du cœur.

On peut bosser, à deux, être propriétaires de sa maison, et être dans la misère, ou presque. Parce que les incidents de parcours mènent parfois rapidement à la spirale du surendettement. J’ai eu mal pour Jeanne, qui ne parvient pas à s’intégrer dans son village ou à l’école, car sa pauvreté semble marquée sur son visage. Ça m’a rappelé l’époque où j’étais ado, dans une école snobissime, où les marques et les grosses villas étaient indispensables, et où je n’avais ni l’un ni l’autre. J’ai ressenti aussi ce rejet, mais je m’interroge parfois sur la véracité de ce ressenti : était-ce bien réel ou me mettais-je à l’écart sciemment, me sentant différente ? Faut que j’en parle à un psy.

J’ai plongé tête la première dans la vie de Jeanne, et en deux jours, j’avais terminé son récit. Touchant.

Et pourtant, contradictoirement, elle a fini par m’énerver, la miss, à force de lire qu’elle a faim, qu’elle a pas de tunes, que tout le monde est méchant avec elle. J’ai eu comme un sentiment de victimisation, un sentiment Caliméresque. Et je me suis dit que mon empathie s’était envolée, de deux coups d’aile, flap flap, que c’était pas bien de penser ce que je pensais, mais j’ai pas pu m’en empêcher de le penser Monsieur le juge, c’est pas ma faute, c’est la faute à ma jeunesse patati patata. Comme une envie de la secouer, de lui dire que si sa famille est dans la dèche, c’est pas totalement sa faute, à sa famille, mais c’est quand même un peu sa faute, à force de faire crédit sur crédit, ben voilà quoi.

Et puis lire d’un côté qu’elle a faim, vraiment faim, et de l’autre que sa mère lui donne 20 eur pour aller aux auto-scooters, ça m’a laissé comme un goût amer en bouche. 20 eur c’est pas grand-chose, me direz-vous. Et puis elle a besoin de s’amuser, la gamine, me direz-vous encore. Oui, et je dois être une vieille ringarde capitaliste égoïste, mais je me dis que si j’avais que 20 eur en poche, et que je devais choisir entre nourrir mes gamines ou leur payer des tours en auto-scooters, ben le choix serait vite fait. Je l’avoue, ça m’a passablement énervée, car j’ai eu la sensation de lire ce qu’on lit quotidiennement dans la presse belge : des lamentations en tous genres, sur des expulsions, des saisies, des gens en difficulté, et quand on investigue un peu… on découvre qu’ils l’ont creusée eux-mêmes, leur tombe financière, en préférant s’offrir un écran plat que payer leur loyer. Je caricature, mais vous voyez le topo quoi. .

Cette histoire de tours en auto-scooter, ça m’a vraiment ôté toute mon empathie, sacrebleu.

Mais ça n’enlève rien à ce récit simple mais de qualité, dont le naturel m’a passionnée et au plaisir que j’ai eu à découvrir ce petit bout de vie ordinaire d’une jeune fille somme toute pas si ordinaire que cela. Je pense qu’elle fera mieux que ses parents, elle a tout compris, somme toute.

Acheter Coeur gros, ventre vide

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