27
jui

Bond, my name is Bond, and you ?

Je suis tombée par hasard, cherchant la blague de "comment vous avez appelé votre fille ?  Merline.  Ah, comme Merlin au féminin, original.  Nan, comme Merline Monroe", sur un forum de futurs médecins qui listent les prénoms les plus… euh ajoutez l'adjectif que vous voulez, rencontrés lors de leurs stages.

Ça m'a donné envie de vous faire mon best of, que j'ai classé par catégorie, un peu comme les Oscar ou les César quoi.

Je dédie ce billet à Albert-hic (prénom d'emprunt, mais je rêvais que ce petiot naisse le jour de notre fête nationale abdication royale nouveau serment royal), né ce 26 juillet 2013.

Les" je veux être sûr que ça soit prononçé comyfaut" 'heureusement que la lettre D existe) : Djonny, Djoulia, Kwinsy, Djimmy, Djayson, Djezon, Jézone, Djayzonne (décidément, tout est bon avec Jason – nan j'ai pas dit comme dans le cochon), Louca, Kill Yann, Djess, Emjy, Haubrayanne, Styveun, Louidji, Braillane, Andgel, Linecé, Chanonne, Dgimi

Les "1 + 1" : les jumeaux Shrek et Fiona, Pim et Pam (devinez comment se serait appelé le troisième…), Founette et Zizou, Barthes et Zidane, Harley et Davidson

Les "faut arrêter la TV d'urgence" : Cullen, Brando, Maybeline, Anakin, Steeve-Loana, King Elvis, Bob Sinclair (sic), Némo, Snoopy, Fanta, John Ross, Clara-Morgane

Les "l'histoire ne les met pas en valeur" : Adolf, Oussama, Zaïa

Les "scientifiques" : Imen, Huterin, Clitorine, Cyprine, Zizette, Méléna (j'avoue j'ai dû checker sur google pour connaître le sens de ce mot), Oedeme, Utérine, Ass, Foune, Phylis (uniquement amusant si Phylis tombe malade), Candida

Les "j"voulais un ptit gars" : Melchiote, Hectorine,  Damienne

Les "sépamafaute j'avais bu le jour de la déclaration à l'état civil" : Merdine, Lovely, Brayton, Vabien (une fois hospitalisé, un peu moins, et comme dit l'internaute qui a posté ce prénom,  ce qui m'a fait mourir de rire, "le prénom devait sans doute être Fabien mais pas de bol le papa avait le rhube lors de la déclaration"…)

Les "j'apprends l'histoire/géo" : Wallerant, Spartacus, Brooklyn, Marc Antoine, Nefertiti, Venise, Vercingétorix

Les "faut vivre avec son temps ma bonne dame" : n-zo, Con-E, M'Ryckx

Les "pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple" : Fille, Fiston

Les "conjurons le mauvais sort" : Laide, Divine Princess, Javotte (ben oui, pour attirer les bonnes fées), Lumière, Parfaite

Les "toute ta vie tu vas l'épeler mon enfant" : Pryscillya, Djayssicay, Ghuilbhert, Sthécy, Saufy (et pis vous ajoutez tous ceux de la première rubrique, of course)

Et vous, sékwa votre prénom ?

 

08:33 Écrit par Anaïs dans Anaïs aime la vie | Lien permanent | Commentaires (13) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

26
jui

Je vous présente mon nouvel animal de compagnie...

Un ventilo de compet', avec brumisateur intégré, tout choli tout rose.

Bon, m'a fallu deux heures pour ouvrir le compartiment à piles (encore une vis, ils me saoulent ces chinois), j'ai sué trois litres, mais maintenant j'en profite, happy comme une mouche sur sa crotte.

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18:09 Écrit par Anaïs dans Anaïs aime la vie | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

26
jui

J'ai testé mourir pour arriver plus vite à l'hosto (ou presque)

Nan, je ne vais pas vous faire l'affront de vous faire croire que ce billet est programmé et que je suis au paradis (ou en enfer, voire au purgatoire, si tout espoir n'est pas perdu pour mon âme pervertie), d'où je vous ai concocté cette bafouille.

Le suspense n'est dès lors pas à son comble, puisque vous savez que je ne suis pas morte.

Réjouissez-vous.

Ou pas.

Mais j'ai failli.

Vraiment cru que ma dernière heure avait sonné.

Mourir en partant à l'hôpital, c'est un comble non ?

Récit.

Je pars prendre le bus qui m'emmènera à la (re)découverte de Sainte-Elisabeth.  Après Saint-Luc en mars, le CHR en avril, Mont-Godinne en mai et juin, je tente le dernier hôpital de la région.

Ensuite, j'écrirai un guide comparatif pour Test Achats (ou un billet pour ce blog).

Chemin faisant, plongée dans mes pensées toujours réjouissantes et pleines d'optimisme, je me mets à imaginer que je trébuche sur le trottoir, me casse une jambe, l'ambulance arrive, et je supplie de m'emmener plutôt à Sainte-Elisabeth, histoire de faire d'une pierre deux coups : ma visite programmée + le plâtrage de la guibole.

Mais je ne trébuche pas, alléluia, y'a un dieu pour les maladroites.

Et faut croire qu'il y a également un dieu pour les piétons et les piétonnes…

Me vlà arrivée là oùsqu'il faut traverser, en plein centre de ma petite ville.  Peu de voitures, ce qui ne simplifie pas les choses, car elles roulent comme si elles avaient un train à prendre, en général, et je risque ma vie chaque matin en allant bosser, j'en ai conscience.  Pire que de traverser une autoroute, niveau danger.  Pire que de traverser les voies du chemin de fer en dehors des passages à niveau.

Alors je suis prudente.

Et je fais bien, car à peine ai-je entamé la traversée du carrefour qu'une voiture surgit derrière moi et amorce son tournant sans regarder une seule seconde si par le plus grand des hasards un piéton ne se trouverait pas sur le passage pour piétons, passque c'est finalement le but d'un passage pour piétons, de laisser passer les piétons.  Môssieur est dans sa grosse bagnole noire, il n'a pas de temps à perdre, surtout pas avec une chtite piétonne de rien du tout, donc il tourne et fonce, pendant que je m'interromps brusquement dans ma traversée et attends, droite comme un i, le passage de la tornade noire.

Première montée d'adrénaline, mais toute petite, juste le cœur qui batouille un peu plus fort et un coup de chaud (mais ça j'ai l'habitude), donc pas de quoi fouetter un chat, passque j'avais senti l'oignon et repéré la voiture du coin de l'œil gauche, même si j'éspérais qu'en gentleman galant serviable brun ténébreux adorable poli respectueux prudent le môssieur s'arrête.

Ben non.

Je continue ma traversée, et c'est alors que j'en suis à la moitié de la chaussée que le drame dramatiquement dramatique se produit.

Passque, si j'avais repéré du coin de l'œil gauche le véhicule noir arrivant par l'arrière pour tourner à droite, j'avais pas remarqué le véhicule blanc arrivant par l'avant pour tourner à gauche, soit dans ma direction.  Un schéma serait sans doute utile, mais peu importe, imaginez une petite chose fragile (moi), tentant de traverser, et assaillie par une grosse bagnole noire puis par une énorme camionnette blanche, lesquelles se font face dans le carrefour.

Seconde montée d'adrénaline, donc, mais également petite, avec cœur qui batouille un peu plus fort qu'à la première montée, dont je ne suis pas encore remise (elle est vieille de trois secondes), et coup de chaud un chouia plus intense, qui doit me faire ressembler à un feu tricolore quand il est sur le rouge, ce qui devrait alerter le conducteur de la camionnette, non ? 

Ben non (bis).

Et moi je suis confiante, j'ai amorcé ma traversée, j'en suis à la moitié, il tourne et m'a indubitablement vue, il va ralentir, me laisser passer, en gentleman galant serviable brun ténébreux adorable poli respectueux prudent.

Ben non (ter).

Et c'est là que l'adrénaline, jusqu'alors encore relativement calme, monte dans les tours, parce que je réalise que le conducteur ne me voit pas du tout, tout perché qu'il est dans sa camionnette aux sièges bien hauts.  Il devrait m'avoir vue en tournant, s'il était attentif, mais j'imagine qu'il a les yeux partout pour pas faire emboutir son joli véhicule par un autre véhicule, alors qu'emboutir une chtite piétonne n'aurait finalement que peu d'incidence sur ledit véhicule, à part un peu de sang.  Mais là, il est si près de moi déjà qu'il ne peut plus me voir, chuis dans son angle mort avant gauche, ah ah ah, qui a inventé cette expression que je le torture.

La poussée de stress est énorme, mais elle me fige au sol, dans l'attente de l'impact, que j'attends, au lieu d'agir.  La camionnette est si près de moi, et si haute, que je me vois, durant une fraction de seconde, en bouillie sous ses roues.  Je ne vois plus le conducteur, trop haut.  Je vois uniquement la carrosserie, proche, si proche, encore plus proche, limite si je distingue pas les insectes écrabouillés sur le pare-choc, les pauvres, et je réalise ce qui m'attend : être spotchie comme une mouche estivale l'est par une tapette agressive.

Puis mon cerveau semble enfin se réveiller, je pousse un cri strident, genre hurlement de hyène effarouchée par un chasseur, et je fais un bond de gazelle (Bienvenue dans la jungle routière, ma petite Anaïs), donc un bond sur le côté, genre un mètre, qui me met hors de portée du conducteur.  Ouf. 

Lequel conducteur, alerté par mon cri ou par le déplacement d'air que mon saut de gazelle a provoqué, réalise enfin qu'il a failli me transformer en crêpe.

Et ralentit enfin.

Ben c'est pas trop tôt.

C'était presque trop tard.

Et je continuer à me la jouer hyène, sous le choc j'imagine, car mon cœur a migré dans mon cerveau et ça pulse ça pulse ça pulse. Mais hyène polie, pas grossière, mais en mode hystérique ascendant colérique.  Je ne sais plus ce que j'ai dit, mais je jure qu'il y avait pas de mots orduriers inside, juste des trucs du genre "mais hé ho, ça va pas non ?  mais arrêtez-vous, attention, quoi".  Version suraiguë niveau de décibels interdit même en discothèque.

Et le môssieur hésite entre le courroux et la honte, pour finalement adopter le courroux, en me hurlant un "ben je suis désolé hein".

Ben tu peux l'être.

Non mais attends, limite s'il est pas exaspéré que je l'aie ralenti dans son trajet de livraison de produits d'entretien.  Ouais, passque sa camionnette elle est pleine de produits d'entretiens, pratique pour nettoyer les passages pour piétons après qu'il ait explosé les piétons en déchets sanglants, espèce de rustre pas galant serviable brun ténébreux adorable poli respectueux prudent.

Mais que fait la police namuroise, que fait la ville de Namur, merde quoi, y'a des piétons qui se font écraser sans cesse, si si, sans cesse, regardez aux abords des passages piétons, tous ces cadavres et ces taches de sang, et on fait rien pour les protéger, rien de rien.  Je rigole mais pas tant que ça…

Je l'ai vraiment échappée belle, j'ai déjà failli me faire renverser plusieurs fois, mais là c'était moins une, vraiment moins une.

Note que s'il m'avait blessée, juste un petit peu, le môssieur, j'aurais pas dû me farcir deux bus, j'aurais eu mon transport privé à sirènes, tant qu'à faire.

Je pars ensuite vers l'hôpital, saine et sauve, en mode hyène survoltée rouge transpirante… mais en bus.

 

17:41 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

25
jui

Rediffusion estivale pour Sabrina : mon escapade soldes

(le 10 janvier 2010 étant un dimanche, jour de chronique livre, voici le billet du 11 janvier 2010, bonne lecture.  Qui veut une autre rediffusion ? Me donner la date en commentaire...)

 

L'autre samedi, le 2 janvier, chuis pas allée aux soldes.  Zêtes fous ?  Le premier jour des soldes + un samedi, vous voulez ma mort ou quoi ?

Mais malgré tout, je me disais qu'à rester là, chez moi, paisiblement installée devant la TV, le PC ou un bon livre, je sais plus trop, je ratais peut-être des super affaires de la mort qui tue.

Et ça, c'est dommage hein.

Alors, mercredi, après ma leçon de piano (pas aussi hot que dans le film, mais bien quand-même, la leçon, vu que j'apprends Que ma joie demeure de Bach, air que j'ai eu en tête durant 24 heures sans savoir ce que c'était, que j'ai chanté à bon nombre de gens qui « connaissaient » mais « savaient pas exactement ske c'était », qu'une collègue que je vénère depuis a reconnu et que, donc, j'apprends à jouer, ça fait mon bonheur c'est l'essentiel), donc après cette leçon, je me suis dit « tu as quelques heures devant toi, petite Anaïs, va solder ».

Et je suis allée solder.

J'ai commencé par le haut de la ville, et je suis donc entrée dans deux boutiques. Dans la première, je suis allée à l'étage (rayon femmes, logique implacable), et j'ai vu des monceaux de fringues mélangées.  J'aime pas le bordel, vous le savez, donc j'ai abandonné, je suis redescendue et sortie aussi vite que j'étais entrée.  Dans la seconde, j'ai bien repéré une doudoune bien sympa, mais je me suis dit « as-tu besoin d'une doudoune à ajouter à tes dizaines de vestes, manteaux et autres trucs qui tiennent chaud en tous genres ? Non ?  Alors va-t-en. »

Et je m'en suis allée.

Vous me direz, si c'est pour n'acheter que ce dont on a BESOIN, on n'achète plus rien, à part des trucs chiants genre poudre à lessiver, pâtes, gel douche ou breloques Pandora (si, les breloques Pandora, c'est un truc dont on a BESOIN, croyez-moi, pire que de la cocaïne - enfin j'imagine, car je n'ai jamais goûté cette substance merdique, mais j'ai goûté les breloques Pandora et depuis lors les crises de manque se succèdent, billet suivra je vous l'ai déjà dit, reste à l'écrire).

J'ai ensuite continué ma descente de la ville, trottoir de droite, le plus achalandé.  Et à chaque vitrine, c'était pareil, j'étais pas tentée.  Déjà, dehors il faisait froid, et j'avais mon écharpe (enfin celle d'Olivier, que vous connaissez maintenant si vous lisez ce blog depuis ses débuts) et mes cholis gants-mitaines-moufles fuchsias à cœurs foncés achetés à Londres récemment (ça aussi faut que je vous en parle, diantre, j'ai du retard).  Rien que l'idée dans un magasin surchauffé, bourré d'étudiantes en furie (jamais les soldes le mercredi), j'avais la nausée.

J'ai décidé d'abandonner l'idée d'acheter des fringues après avoir tenu en main durant dix minutes une tunique noire et grise, jolie comme tout, MAIS PAS SOLDEE, cela va de soi, en hésitant sans cesse « j'essaie - j'essaie pas - j'essaie - j'essaie pas ».  C'est nin possip' de perdre son temps ainsi en inutiles tergiversations.  Je l'ai lancée sur un tas de vêtements, et j'ai opté pour les chaussures.

Enfin les bottes.

Car on a toujours besoin d'une petite paire de bottes.

Toujours.

Ben le magasin de bottes s'était transformé en magasin pour anorexiques au stade terminal, vu qu'ils avaient sorti une longue table, qu'ils l'avaient installée entre les deux vitrines, rendant le passage impossible pour deux personnes à la fois, sauf à rentrer le ventre et ne pas respirer durant la traversée.  Traversée que j'ai tentée, à mon grand dam, car y'avait que des horreurs d'avant-guerre.  J'ai donc retraversé en rentrant le ventre et sans respirer, et j'ai quitté ce lieu de perdition.

Quelques vitrines et un immense désespoir plus tard, je me suis dit que les soldes, vraiment, c'était plus mon truc.

Alors j'ai regardé un peu la nouvelle collection, déjà installée, puis je suis rentrée chez moi.

Etat des dépenses du jour : zéro euro zéro centime.

Keski s'impose après cette expérience sinistre : félicitations ou consternation ?

J'hésite encore, mais ce qui est clair et net, c'est que j'y retourne que le 31 janvier, quand tout est à - 70 % et que les nouveautés sont toutes arrivées.  Et là, la carte de crédit va chauffer, je vous le dis.

24
jui

L'invention (bleue) du siècle, elle sera de bibi…

Je vais bientôt devenir riche.

Je me demande comment l'industrie du Tampax, des Vania et autres OB n'y a pas encore pensé.

Lors d'une captivante discussion féminine sur ce qu'on appelle humblement les "protections périodiques" (mouahahah), j'ai réalisé qu'elles étaient toutes blanches.

Sans exception.

Or, malgré ce que veulent nous faire croire les pubs, le sang n'est pas bleu, nan nan nan, il est rouge.

Et du rouge sur du blanc, ça se voit, c'est moche, ça fait sang (logique, ça en est, enfin presque, je vous passe les détails techniques du contenu des ragnagnas féminines).

D'où mon idée d'inventer les protections périodiques (mouahahah bis, ça me fait vraiment mourir de rire cette expression – j'avais noté mûrir de rire, ce qui est un gros lapsus révélateur aussi, tout bien réfléchi, because avec ma ménopause artificielle provisoire qui m'a fait mûrir plus vite qu'une framboise sous 35 degrés, je revendrais bien tout mon kit de protections périodiques, presque neuves ma bonne dame, sur Ebay, tant qu'à faire, d'autant que je suis un hamster niveau matos non périssable et que j'ai en stock de quoi tenir jusqu'à la ménopause, la vraie de vraie), donc mon idée : inventer les protections périodiques bleues. 

Remarquez mon sens de l'abnégation, me lancer dans une invention qui va révolutionner le monde des femmes, alors que je ne suis pas concernée, provisoirement;  je sais, je suis la Mère Térésa des femmes.

Donc inventer les protections bleues, passque rouge sur bleu ça donne mauve.

Joli non, le mauve, comme couleur ?  Mieux que rouge.  Plus discret.  Plus mode.  Plus fashion victim quoi.

Et dans la foulée, je les proposerai bio, sans dioxine ni produits chimiques (car savez-vous que tous ces trucs blancs regorgent de produits toxiques qu'on utilise sans le savoir, voire qu'on introduit en nous, sacrebleu, oui bleu, bande d'industriels pourris va, qui nous intoxiquent sans scrupules).

Donc bio, et bleus.

Reste à trouver la technique pour les rendre bleus et bio.

Avec du sang de Schtroumpfs peut-être (c'est la Schtroumpfette qui va être ravie de mon invention, maintenant que j'y pense, du ton sur ton) ?

Avec du Curaçao ?  Mais j'appréhende la gueule de bois de l'entrejambe, et l'alcool est interdit aux mineurs…

Avec de l'encre de Seiche ?  Mais ça va pas faire trop noir, voire pire encore, sentir le péchon (rho, c'est d'un frais, je sais).

Avec du jus de mûre, de myrtille ?  Simple suggestion, car je viens à l'instant de voir un reportage sur ces fruits à la Tévé.  En prime, y'aurait peut-être une chtite odeur fruitée bien sympa ?

Avec de la spiruline, me suggère google… qui provient d'une algue bleue avec plein de vertus super géniales inside, que du bonheur, des antioxydants, très à la mode, notamment.

Adjugé.

Bon, je dépose mon brevet.

Et la nouvelle famille royale belge, d'habitude adepte du fuchsia, sponsorise déjà mon invention (bon c'est pas ça mais malgré cette manie de toujours être dans les mêmes tons, voire les mêmes tissus, je trouve cette série de photos de vacances bien sympa, plus chouette que les photos officielles absolument "balais dans le derrière" qu'on nous a pondues y'a deux jours).

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21:14 Écrit par Anaïs dans Anaïs a des rêves | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

24
jui

J'ai testé coucher dehors (à la belle étoile)

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Souvenez-vous, y'a six ans (déjà) j'avais testé vivre nue, ce qui me vaut encore plein plein de visites sur ce blog (bande de petits pervers va).

Cette fois, j'ai décidé de tester coucher dehors, mais pas nue, ça sera peut-être pour une prochaine fois.

Quand je dis "coucher dehors", j'entends "passer la nuit dehors".

Et quand je dis "j'ai testé", j'entends "j'ai pas eu le choix, question de survie de ma vieille carcasse".

Lundi soir.  22h30.  Canicule.  28 degrés dehors.  28 dedans, mais sans un pet de vent.  29,5 dans ma chambre.

Je suis dehors, en nage encore, et je me dis que je suis incapable de dormir dans mon lit, dans cette chambre où l'air circule mal, avec les bouffées de chaleur qui me terrassent toutes les dix minutes, surtout le soir et la nuit, les garces immondes (les bouffées de chaleur devraient être interdites par la loi, voilà à quoi devrait servir un gouvernement, à promulguer des lois utiles à la population).

Ma décision est prise, je vais dormir dehors.  J'avais déjà tenté l'expérience lors d'une précédente canicule, mais j'avais finalement regagné mon petit lit sur le coup d'une heure du mat.

Cette fois, ça sera toute la nuit, moi, la lune et les étoiles.  So romantique, en plus.

Je cherche la grande ourse, qu'on m'a encore montrée récemment, avec son étoile, euh, du berger, du nord, polaire… décidément il est écrit que je ne mémoriserai jamais le nom de cette étoile et que je la confondrai toujours avec Venus.  Tant pis, on mettra ça en épitaphe sur ma tombe "là-haut, maintenant, puisse-t-elle avoir compris laquelle est la polaire".

Je la trouve pas, pas assez noir, ça va viendre, et puis j'ai toute la nuit pour l'admirer...

J'entreprends alors un chtit déménagement qui me fait suer comme un bœuf ménopausé.

Bah oui, il en faut des trucs pour passer la nuit dehors :

Installer un coussin sur mon lit de jardin (because j'ai pas de matelas gonflable ni rien d'autre pour bien dormir, je m'avachirai sur mon transat, très peu confortable).

Y adjoindre deux gros coussins moelleux pour le confort de mes fesses et de ma tête.

Prévoir un plaid épais pour la fraîcheur qui risque d'arriver.

Ajouter un petit verre de jus d'agrumes passque préparer tout ça, ça donne chaud chaud chaud.

Allumer une loupiote, même si mes petites lampes solaires font que la nuit n'est pas vraiment noire, et c'est tant mieux.

Installer mon pc pour m'endormir en regardant Orange is the new black, la nouvelle série made by ceusses qui ont fait Weeds paraît, vraiment pas mal, je vous la conseille, elle vient de commencer disent-ils mais y'a déjà 12 épisodes, je pige pas trop.

Voilà, chuis prête, je m'installe confortablement comme sur une couchette de prisonnier, je bois mon petit jus de réconfort après l'effort, je lance ma série, avec mes écouteurs, pour pas déranger mes voisins, et je pose ma tête sur mon coussin/oreiller, profitant de la fraîcheur toute relative qui commence à envahir l'atmosphère.

J'en suis à me dire que c'est presque le bonheur, lorsque je sens une masse s'abattre sur moi, comme sur un trampoline, suivie par une seconde masse, toute aussi joyeuse.  Le rat et la souris, tout heureux de ma présence nocturne inattendue, s'en donnent à cœur joie, et que je sautille, et que je "va-et-vienne" sur ma carcasse, et que je me frotte de bonheur, et que je bouge et bouge encore.  Un enfer.

Une heure plus tard, les bestiaux sont calmés, ou presque, mon épisode se termine, et mes paupières se ferment. 

Moment idéal pour fermer mon pc, enlever mes lunettes et rejoindre morphée pour une nuit romantique au clair de lune.

Je ferme les yeux.

Et je réalise combien la nuit est bruyante.

Chez mes voisins, en journée, une petite pièce d'eau dispense un clapotis tout léger tout agréable.  J'adore.  Ça fait vacances.  Ça rafraîchit l'ambiance.  Ça donne envie de pisser.  Mais là, en pleine nuit, je me croirais aux chutes du Niagara.  L'enfer au carré.

Bon, n'y pense pas Anaïs, concentre-toi plutôt sur le ronflement des bestiaux qui ont élu domicile dans ton cou et sur ta tête, dans un élan d'amour infini.  Ah, c'est sûr qu'ils m'aiment, ces bestiaux.  Et moi je les aime autant que le bruit d'eau voisin, à la folie, dans le sens "devenir folle et tout casser".  L'enfer au cube.

Bon, je scrute les étoiles, histoire de me calmer.  Sauf que sans lunettes, je vois que du noir complet, du noir intense, point d'étoiles.

Alors je m'emmitoufle dans mon plaid douillet, because il commence à faire vachement frisquet, en cette nuit de canicule, et je ferme les yeux, je veux dormir, je vais dormir.

Je dors pas.

Et puis y'a une moustique, là, près de ma joue, je l'entends tournicoter, chercher la meilleure position pour me piquer.  Je la chasse d'un coup de main habille, me flanquant une gifle pour l'occasion, et je m'enterre sous mon plaid, histoire de ne laisser à cette moustique aucune parcelle accessible.

Et ça me donne chaud, mais chaud.  Passque dormir dehors pour échapper aux bouffées de chaleur ne fait pas échapper aux bouffées de chaleur.  Et passqu'avoir des bouffées de chaleur en étant en nem dans un plaid, c'est l'enfer puissance 4, pire encore que dans une chambre où on n'a pas froid, ou si peu.  Je passe donc mon temps à mourir de chaud, dérouler mon nem, frissonner, réinstaller mon nem, et ainsi de suite jusqu'à 3h30 du mat, où je suis terrassée par une folle envie de faire pipi (note pour plus tard : plus jamais le jus d'agrume en pré-dodo).

Je me lève donc dans le but de me soulager et de mettre un petit gilet, histoire d'avoir moins froid lorsque je ne suis pas "plaidée", et de mourir encore plus d'hyperthermie dans le cas contraire... passque comme disait le Renard, rien n'est parfait.

Une fois dans ma chambre, je repère mon lit.

Mon grand lit.

Mon accueillant lit.

Mon chaud très très chaud lit (28,9 degrés encore).

Je m'y jette voluptueusement, attirée comme par un aimant, et je m'endors immédiatement, pour quatre magnifiques heures de sommeil enfin réparateur.

Le lendemain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne, mes coussins, mon plaid et mon pc sont eux aussi bien blanchis par la rosée matinale, me confirmant que faire dodo dehors, c'est vraiment pas la panacée universelle…

24
jui

Rediffusion estivale pour Oriane : J'ai rencontré Pat Hibulaire

Oriane m'a demandé le 14/4/11, mais j'ai rien en stock à cette date, j'ai donc cherché le billet le plus proche, qui parle pas livres ou ne se contente pas de montrer une photo, et c'était "j'ai rencontré Pat Hibulaire", publié quelques jours après le 14.  Quelques jours avant le 14, y'avait "une bite, c'est moche", un billet qui avait généré énormément de visites à l'époque, mais très très court, comme un micro-pénis, alors j'ai préféré offrir une plus grande lecture à Oriane :

Bon, clair que j’aurais préféré rencontrer Saint-Nicolas avec ses chocolats, mais j’ai pas eu le choix.

Alors j’ai rencontré Pat Ibulaire.  Vous connaissez ?  C’est un personnage du Journal de Mickey ou de Super Picsou ou de … ben je sais plus, ce sont les trois journaux que je lisais quand j’étais môme, le Journal de Mickey était hebdomadaire, le … mensuel et le Super Picsou tous les deux mois (mais chais pas comment on dit, car bimensuel c’est deux fois par mois non ?)  Au milieu des gentils donc, y’avait le méchant, Pat Ibulaire.

Le matin, je suis la première à arriver au bureau.  Enfin pas tout à fait, vu que la femme de ménage technicienne de surface est là avant moi, bien avant moi.  Elle est cool et après notre conversation matinale habituelle, savoir le lundi « ça va, ben comme un lundi, oui vivement vendredi », le mardi « ça va, fatiguééééééééééééééée », le mercredi « ça va, vivement le wiiiiiiiiiikende », le jeudi « ça va, ouiiiiiiiiii, demain wiiiiiiiiiiiiiiikeeeeeeeeeeeeeeeeendeeeeeeeeeeeuh » et le vendredi « ça va, yes yes yes, que du bonheur c’est vendredi et demain c’est samedi on fout l’camp d’ici oh (ça se chante hein ça) », je rejoins mes pénates.

Soudain, même pas assise l’Anaïs, on sonne.

Trop tôt pour être le facteur.

Vu que je bosse dans le bureau « fort fort lointain », comme Shrek, il me faut un temps fou pour rejoindre le hall d’accueil et l’ouvre-porte.  J’entame donc ma randonnée jusqu’à la porte d’entrée, pas après pas, marche après marche, persuadée que c’est pas le facteur.  Et que j’ai pas envie d’ouvrir, du coup, mais c’est mon devoir.

Durant le trajet, ça sonne à nouveau, de façon impatiente.  Oui, l’impatience se remarque dans le coup de sonnette, vous n’aviez jamais remarqué ?

Après ce long périple, j’arrive à quelques mètres de la porte quand, soudain, le drame se produit : les coups de sonnettes exaspérés ont laissé place à des coups répétés sur la porte, assortis de mouvements violents sur ladite porte, pauvre petite chose fragile secouée pire qu’un morceau de fruit dans un blender à smoothies.  L’individu aimable qui sonnait gentiment à la porte a laissé place à une sorte d’Incroyable Hulk excédé de ne pouvoir entrer…  Et moi aussi je suis excédée de ce manque de respect.  Tout bien réfléchi, je suis plus effrayée qu’excédée, car c’est l’aube et je suis seule, la technicienne de surface m’ayant lâchement abandonnée pour se réfugier à la cave, une fois que les coups répétés ont commencé.  Et l’individu insiste, secouant la porte à qui mieux mieux, dans l’espoir vain de la voir céder… ce qui serait, somme toute, assez amusant.  Non ?  Non.

Je prends donc mon courage à deux pieds, j’ouvre la porte, et découvre… une petite dame toute menue toute frêle, à l’air courroucé de la puce face à un Sphynx.  L’air de rien, elle me remet un courrier.  Un simple courrier !  Un bête courrier.  Puis elle s’en va, toujours l’air de rien.  Tout ça pour ça…

Je vous le dis, ma bonne Dame, la clientèle n’est plus ce qu’elle était.

23
jui

Rediffusion estivale pour Caroline : Vive le monde moderne VS à bas le monde moderne

A la date du 19 décembre 2010, un dimanche, des chroniques livres, puisque le dimanche on lit au lit. Notamment une chronique très noëllesque, si tu veux tout de même avoir un billet à la date choisie.

Je rediffuse donc le billet de la veille, du 18, dont la lecture est plus sympa que des billets sur des livres parus il y a plus de deux ans :

En regardant Dirty Dancing en DVD l’autre jour, j’ai réalisé à quel point le monde moderne facilitait ce genre de chose : mater un film, au moment où je le désire, à la seconde où je l’exige.

Passque quand j’étais môme, au siècle dernier, ben c’était pas si facile, rha ben non ma bonne Dame.

D’abord, les magnétoscopes, ça coûtait un pont quand j’étais môme.  C’était du super méga luxe.  Notre premier, acheté d’occasion, le fut pour la modique somme de 2 000 eur.  2 000 eur de l’époque, soit encore bien plus actuellement.  Avoir un magnétoscope, c’était du luxe, puisque je vous le dis.

Ensuite, bien sûr, y’avait pas internet, on écrivait dans les grottes avec des branches noircies par le feu, du moins après qu’on l’ait inventé, le feu, donc impossible de regarder quoi que ce soit en streaming, ni de télécharger quoi que ce soit.  Impossible, de plus, je fais une petite digression, de trouver le nom d’un acteur ou d’un film sur internet, via Google, ce qui me contraignait, quand j’avais un nom sur le bout de la langue et que ça m’exaspérait de ne pas le retrouver pire qu’un moustique la nuit, à envoyer un sms à mes copines pour obtenir de l’aide (exemple : c’est qui déjà la femme du mec qui jouait dans ce film sur les avions de chasse, un brun craquant là…) – et là je parle d’après l’arrivée des GSM, car avant, c’était encore plus l’enfer…  Fin de la digression.

Alors, quand on voulait voir un film, on louait la cassette à la vidéothèque du coin.  Pas de VOSTF disponible, bien sûr, fallait se contenter de la VF.  J’en suis même à me demander si je savais que les VO existaient, habituée que j’étais à tout voir en français.

Pour Dirty Dancing, en 1987 donc, j’avais obtenu qu’on le loue un samedi, ce qui permettait de garder la cassette jusqu’au lundi matin, ô bonheur suprême.

Bien sûr, j’avais vu Dirty Dancing au cinéma.  Et m’étais prise d’une passion folle pour Patrick Swayze (c’était de mon âge, à l’époque… cela ne l’est plus maintenant, ce qui ne m’empêche nullement d’encore fantasmer sur ses pectoraux en chocolat belge).  J’avais acheté les deux cassettes (et oui, le CD n’existait pas encore) contenant la BOF, je collais des photos de Patrick dans mon journal intime, je traduisais mal She’s like the wind, que j’avais choppée sur une radio et que j’écoutais en boucle en rêvant que Johnny/Patrick me fasse danser puis me fasse l’amour comme un dieu du sexe.

Alors, l’arrivée de cette cassette vidéo de location dans ma vie mon week-end, ben c’était comme l’arrivée de Saint-Nicolas, comme la résurrection du Christ, comme la nouvelle collection d’écharpes Strelli : un bonheur.

Le samedi soir, donc, vision en famille de Dirty Dancing.

Et le dimanche, j’obtiens de le regarder encore deux fois, avant qu’on le (le = Patriiiick) range gentiment dans sa boîte pour le rapporter le lendemain au vidéoclub.  Tout ça sur la télé du salon, car bien sûr, à l’époque, c’était une télé par famille.  Je sais, c’était Les misérables quand j’étais môme, même qu’on jouait au tennis sur Atari, la misère je vous dis, mais j’en parlerai un autre jour, du tennis sur Atari ou de Donkey Kong, une digression suffit par billet.

Cela fait un bail maintenant, mais je m’en souviens comme si c’était hier.  Intense dimanche que celui-là, puis tristesse de devoir rendre la cassette.

Tristesse intense.

Désespoir profond.

Alors que de nos jours, ben c’est la satisfaction du besoin immédiat, ou la satisfaction immédiate du besoin enfin c’est chou vert et vert chou.  Avec internet, avec les DVD, avec les locations à la demande, avec le voocorder qui peut même mettre le programme en pause (je l’ai toujours pas, m’ont jamais rappelé chez Voo, enfin chez moi, mais je perds pas espoir)…

Bonheur immédiat.

Mais peut-être, sans doute, certainement, moins intense que celui que j’ai eu à pouvoir regarder deux fois Dirty Dancing sur un seul dimanche, sachant que je ne le verrais ensuite plus avant des mois, lors de son passage à la télévision.

Finalement, eske le bonheur immédiat ne gâcherait pas le plaisir de l’attente du bonheur, tout bien réfléchi ?

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jui

Rediffusion estivale pour Sophie : A la poursuite de la housse de couette rouge foncé

Plusieurs personnes me l'avaient annoncé, sur ce blog ou in real life (dingue le nombre de gens qui lisent les promos, sacrebleu) : jeudi, Lidl proposait des housses de couette en flanelle bleue et rouge foncé.

Rhaaaaaaaaaaa, moi qui cherche du bordeaux depuis la découverte des vertus de la flanelle, et ne trouve que de l'abominable saumon, du fade rose ou du vomitif vert, c'était décidé : jeudi, j'irais acquérir une housse rouge foncée, pour autant que le rouge foncé soit synonyme de bordeaux et non de rouge sang, sait-on jamais (vous me direz, le sang est à la mode, ah ah ah, mais pour dormir, très peu pour moi - vous me direz aussi que le sang est plus proche du bordeaux que du rouge vif, vous avez raison, je me tais).

Me voilà donc partie, sur le coup de 11 heures, soit à l'aube, vu que j'ai passé la nuit qui précède au cinéma à mater Twilight, vers le Lidl le plus proche de chez moi.  Bonheur suprême, j'ai pris congé pour me remettre de ma séance ciné, ce qui tombe à pic pour cette promo de housses de couette.  J'avais prévu d'y aller dès 9 heures, mais à cette heure-là, je squattais encore mon lit, puis j'ai dégusté des céréales et deux oranges pressées home made en regardant Pékin Express (je sais qui gagne depuis que j'ai tenté de voir un épisode en streaming sur le net, preuve que l'impatience est un péché capital punissable).

Après un sympathique trajet en bus, sous un brillant soleil de novembre, j'arrive au magasin, j'entre, et j'arpente, l'œil aussi vif que la truffe d'un chien pisteur, les rayons « promo », afin d'y repérer le futur bonheur de mes nuits.

Je les vois.  Des tas de housses de couette. Rhaaaaaaaaaaaaaaaaaa.

Y'en a encore des tas, bonheur ultime.

Bleues.

Des tas de bleues.

Et une rouge.

Une seule dernière rouge.  D'un beau rouge bordeaux parfait.  Parfait pour ma chambre.  Parfait pour mon lit.  Parfait pour mon sommeil.

Une rouge.

Dans les mains d'une dame.  Une dame qui tripote MA couette rouge.

Je veux mourir, là, de suite, passqu'elle proposera alors d'emballer ma dépouille dans la couette rouge, ça fera une compensation à ma souffrance actuelle.

Un rapide coup d'œil me confirme que ma nouvelle Ennemie tient bien en main la toute toute dernière housse couette rouge.  A croire que tous les namurois avaient envie d'une housse de couette en flanelle rouge en ce jeudi matin pourtant printanier.

Forte de mes années à regarder Koh-Lanta, Pekin Express et autre Secret Story, je me sais être une parfaite stratège, et en quelques secondes à peine, divers plans naissent dans ma petite cervelle déneuronée :

- Ennemie est hypocondriaque, je lui hurle « aaaaaaaaaaattention, ma bonne dame, ne voyez-vous pas les acariens géants qui squattent déjà ce textile, achetez plutôt une housse désacarianisée, c'est plus sûr ».

- Ennemie est maniaque, je lui susurre « surtout pas cette matière, ma bonne dame, les cheveux, les araignées séchées et les poils de yéti s'y collent comme un chewing-gum sur le bitume ».

- Ennemie est fashion victim, je lui suggère « d'aller illico opter pour du coton, passque la flanelle, ça fait vieille célibataire endurcie, et qu'aucun homme n'osera entrer dans une telle literie ».

- Ennemie n'est rien de tout cela, je lui mens éhontément « j'ai acheté cette housse, la même, l'an dernier, dans ce magasin, elle a péri au premier lavage, a rétréci de dix centimètres, est devenue rose bonbon et s'est désagrégée après douze nuits peuplées de cauchemars ».

Honnête comme je suis, je ne peux me résoudre à user de tels subterfuges.  J'attends donc patiemment que mon Ennemie se lasse de MA housse de couette, qu'elle tripatouille depuis deux bonnes minutes déjà, toujours plantée devant le rayon plein de housses bleues (vie cruelle).  Je me ruerai ensuite dessus et le tour sera joué.

Afin d'éviter qu'elle ne me repère, la langue pendue jusqu'au sol, je zone dans les parages, l'air innocent du poussin sorti de l'œuf, histoire qu'elle ignore tout de mon dessein, car il est clair que, sachant que la housse m'intéresse, cette dernière n'en prendra que plus de valeur à ses yeux.  Elle oubliera ses hésitations et déposera l'objet de ma convoitise dans son caddie, l'emportera chez elle et sera heureuse durant des années, tandis que moi, je me transformerai en glaçon dans ma chambre pôle-nordesque.  Je me lance donc dans la contemplation de pyjamas pour homme, feintant de chercher la taille adéquate pour mon petit mari chéri.  Puis je me concentre sur les pyjamas pour fillette.  Puis sur les genouillères.  Tout cela en restant proche d'Ennemie, afin d'éviter, lorsqu'elle déposera la couette d'un air définitivement dégoûtée, que les cent soixante-neuf autres amateurs ne se ruent dessus avant moi. 

Car ils sont tous là, tels des vautours, attendant, tout comme moi.  Je le sais je le sens.  Ils veulent tous MA couette.  Diantre, pourquoi ne suis-je pas venue à 9 heures ?  Diantre, cette femme sait-elle que de son choix dépend la suite de ma journée : foireuse ou formidable, heureuse ou pourrie, pleine de petites étoiles brillantes ou pleine de cafards déprimants.  

Mon avenir dépend d'elle.  Ma vie est suspendue à son choix, qu'elle ne se décide pas à faire.  Du coin de l'œil, je l'observe.  Elle approche le paquet de son visage, palpe la matière, tente de sortir la housse de son emballage pour y trouver dieu sait quoi, redépose presque l'objet dans le rayon, puis le reprend, fait mine de l'embarquer, puis le dépose enfin, tente à nouveau de sortir le tissu de son emballage.  Mais keskelle veut à la fin ?  Elle voit pas que je frise la crise d'apoplexie ?

Dix minutes que j'attends.  Une éternité.

Soudain, elle semble abandonner la lutte, dépose la couette.  Eloigne sa main de plusieurs centimètres.  Une seconde ennemie s'en approche alors, et la première reprend brusquement notre couette déjà tant aimée. 

Ennemie s'adresse alors à la nouvelle arrivante et lui demande « vous pensez que c'est un couvre-lit, ou une housse de couette ? »  La discussion s'engage, car aucune des deux ne parvient à définir le contenu exact de l'emballage.  Mais moi je sais, j'ai lu la pub.  Et même si l'emballage précise, dans un français approximatif « couverture », je sais que c'est une housse de couette.  MA housse de couette.

Je décide alors d'intervenir.  Dilemme.  Gros dilemme.  En un quart de seconde, je me dois de décider.  De déterminer ce qu'elle souhaite : une housse ou un couvre-lit ?  Semble-t-elle moderne, adepte de la moelleuse couette remplie de plumes, ou vieille école, fan de la rêche couverture, du drap amidonné et du couvre-lit ?

Si je lui affirme qu'il s'agit d'un couvre-lit et que c'est ce dont elle rêve, elle va s'en emparer, et une fois chez elle, sera déçue.  Et moi, seule chez moi, sans ma housse, je serai déçue.  Deux déçues.

Si je lui affirme qu'il s'agit d'une housse de couette et qu'elle en rêvait, elle va s'en emparer et sera heureuse pour les siècles des siècles, amen.  Une déçue, myself.

Enfin, si je lui affirme que c'est bien une housse et qu'elle voulait un couvre-lit, elle n'achètera pas la housse.  Deux heureuses, elle de n'avoir pas acheté un objet dont elle n'aura pas l'utilité, moi d'avoir l'objet de mes rêves.

J'opte donc pour la troisième solution : dire la vérité.  Et je la dis.  Et je la redis, car elle hésite encore.  « Oui oui, c'est bien une housse, faut mettre une couette dedans ».

Elle semble déçue.

Mon cœur s'emballe.  Je rosis déjà de bonheur.

Elle garde cependant MA housse en main, semblant encore hésiter.

Puis, après d'interminables secondes, elle la dépose.  Eloigne sa main.  Et fait deux pas en arrière.  Sans pour autant quitter le rayon.

Moi, l'air de rien, je m'étais de plus en plus rapprochée des housses, me lançant dans la contemplation des bleues pendant que je lui donnais les explications souhaitées.  Dès la housse rouge déposée, je pose mon doigt dessus et j'en deviens la nouvelle propriétaire.  Heureuse propriétaire.  Histoire de pas éveiller les soupçons et pour pas qu'elle s'imagine que je lui ai menti pour récupérer son achat non acheté (j'ai pas menti, d'ailleurs, mais sait-on jamais), je me lance moi aussi dans la contemplation de la housse, la scrute, l'observe, la palpe, sachant pertinemment que, c'est clair et net, j'achèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèète.

Je la glisse enfin dans mon sac, y ajoute un drap-housse du même beau rouge foncé, fais quelques achats divers et inutiles, encore fébrile de cette aventure, l'esprit totalement ailleurs.

Puis nous rentrons chez moi, MA housse et moi.

Quééééééééééén aventure hein !

07:00 Écrit par Anaïs | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

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jui

It's a boy !

Non je rigole, je vais pas vous parler du fils de Kate, qui vient de naître apparemment, c'est juste un titre bidon pour attirer les foules en délire.

Sur Facebook, c'est devenu une mode, tout le monde montre ses magnifiques photos de pieds au bord de la piscine, devant la mer, près d'un cocktail tropical, sur la terrasse avec vue idyllique et j'en passe.

Alors moi aussi, je publie THE photo de vacances : ma bassine recyclée en piscine pour pieds + abreuvoir pour bestiau.  Et en bonus, mes doigts de crocs en éventail de la semaine dernière.

Elle est pas belle la vie ?

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21:54 Écrit par Anaïs dans Anaïs aime les jolies photos | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |