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Adieu ! Ou presque… - Laurie Frankel

 

"Le dimanche, on lit au lit".

Avant de commencer ma lecture, je craquais pour la couverture de cet ouvrage… bah, je sais, une couverture n'est rien, mais on a beau dire, la couverture fait beaucoup, c'est comme l'emballage d'un bonbon, comme un kinder surprise plein de promesses…

Ensuite, je l'ouvre, et je déguste, en l'occurrence, je lis.

Et je découvre Sam, un informaticien de génie, qui, un beau jour, conçoit un logiciel capable de trouver l'âme sœur (euh, je peux tester ?).  Et pour lui, l'amour est au rendez-vous, avec Meredith.  L'amour fou.  Lorsque Livvie, la grand-mère chérie de Meredith meurt brutalement, il crée alors un nouveau logiciel, capable, via les archives de mails et de tchat, de '"ressusciter" Livvie, virtuellement s'entend.  Etrange, mais réconfortant pour Meredith.  C'est ainsi que nait RePose, et le succès est au rendez-vous, tous les endeuillés se bousculant au portillon.

Mais peut-on ainsi jouer avec la mort et les défunts, en toute impunité ? 

Sur un thème grave, Laurie Frankel offre un roman plein d'originalité et de bons sentiments, d'humour aussi, avec des personnages très attachants.  Une réflexion sur notre société aseptisée et la conception qu'elle a du deuil qui, comme tout, doit aller vite, très vite. Plus le temps de mourir, plus le temps d'être malade, plus le temps d'être triste, il faut paraître, plutôt qu'être.  Je regrette cependant certaines longueurs, surtout quand les événements deviennent un chouia plus dramatiques.  Mais, en refermant l'ouvrage, je me suis surprise à rêver : et si Repose existait vraiment, me précipiterais-je pour acheter le logiciel ?  Et vous ?

"On ne sait jamais quoi dire aux gens en deuil.  Notre culture n'a rien compris sur ce point.  On voudrait que les gens surmontent immédiatement leur chagrin.  Haut les cœurs !  Tu vas surmonter ça.  On finit par se le dire à soi-même.  Jusqu'à ce qu'on perdre un être aimé, qu'on entre dans la chambre funéraire, qu'on s'y retrouve seul parce que tout le monde est resté dehors à dire "mes condoléances", etc.  En fait, il faut comprendre "j'espère que tu vas vite t'en remettre, qu'on puisse reprendre l'apéro ensemble et s'amuser".


"De nos jours, tout le monde passe plus de temps avec des amis virtuels que réels.  Tout le monde passe plus de temps sur Facebook que dehors avec les gens, plus de temps à cliquer sur des profils qu'à se rendre à des rendez-vous, plus de temps à jouer en tennis en vidéo que sur un court, à la guitare en vidéo qu'à la vraie guitare.  Les réseaux sociaux sont tout sauf sociaux.  En réalité, ils vous isolent.  En réalité, on est seul."


"Certains chagrins sont sans remède.  Certains chagrins sont inguérissables.

- Alors, qu'est-ce qu'il me reste à faire ?

- Avoir du chagrin.

- Combien de temps ?

- Toute ta vie.

- Mais pourquoi les autres ne passent-ils pas leur temps à mourir de chagrin ?

- Parce que les glaces à la crème sont quand même délicieuses, parce que le soleil brille, même quand on a soixante-quinze ans.  Parce que les films drôles font rire, parce que le travail peut rendre heureux et qu'une bière avec un ami, c'est chouette. "

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