30
jui

L'art de la mythomanie d'un(e) condamné(e)

Un bail que je n'ai plus parlé de notre con damné.  Faut dire que j'ose plus, vu les commentaires parfois reçus, paraît que je suis cynique de me moquer ainsi, et que si ça tombe moi-même chuis mythomane à donf la caisse et mon blog n'est qu'un mensonge.  Euh, eske je vous ai raconté que je suis au stade terminal d'un cancer de l'utérus et que j'ai besoin de sous pour un anneau à l'anus, passque ça rime ?  Non, alors je suis pas mythomane, qu'on se le dise.  Mon défaut est justement que j'ai du mal à écrire de la fiction, sinon j'aurais déjà publié six best sellers.  Mythomane, non.  Mégalomane, oui.   

Donc je n'en ai plus parlé, mais je n'ai pas cessé d'y penser, vous pensez…

Et je me suis surprise à me dire que si ça tombe c'est moi qui suis ignoble de m'imaginer que ce blog est un fake, alors qu'un pauvre Belge de 58 ans est à la mort, que sa famille le pleure déjà et que je fais rien que le critiquer alors que j'ai pas d'infos croustillantes sur lui à révéler.  Oui, j'avoue, ça m'a traversé l'esprit.  Puis je suis allée lire le billet du jour, et chaque fois je me suis dit "nan, tu es dans le vrai, c'est un fake, un vrai de vrai".

Aujourd'hui encore.  Extrait "J’ai mouillé mon lit, je suis un déchet humain."  Non mais c'est quoi ces unités de soins palliatifs où on laisse les patients se mouiller, y connaissent pas les langes, ou les sondes ?  Et puis je me dis que ça peut arriver soudainement, qui sait.  Hier il était bien, aujourd'hui il se fait dessus, why not.  Diantre, il parvient à me faire douter, ce con damné.  

Hier il a fait mourir son voisin de chambre, celui qui s'était marié pour protéger sa compagne enceinte de soucis financiers.  Il aura pas connu son bébé.  Euh, qu'on m'explique en quoi le mariage va la sauver, mais soit.   Un mort avant le vrai mort.  Histoire qu'on pleure encore plus dans les chaumières.  Des pleurs en accéléré, siouplait, il reste que trois jours.

Avant-hier, il nous parlait de son désir d'euthanasie.  Il aime en parler, au point que je me demande si le blog ne serait pas un plaidoyer pour la fin de vie volontaire, contenu dans un roman à paraître, what else ?  Mais l'euthanasie est autorisée en Belgique depuis plus de dix ans, et sauf erreur il est belge notre ami, alors ?

Bref, comme disait l'amie de Sally dans Quand Harry rencontre Sally, "j'ai raison, j'ai raison, je sais bien que j'ai raison".

Mais je ne parviens pas à croire que quelqu'un ait l'envie de lancer une telle supercherie, sur un sujet si sensible que la maladie et la mort.  C'est sans doute ce qui me rend cynique.

Alors j'investigue, sait-on jamais que je parvienne à le démasquer (mégalomanie, disais-je).  Mais investiguer sur quoi au fait, il ne dit rien de sa maladie, de là où il vit, de là où il agonise, rien de rien.  Protection absolue.  Il étale ses grandes pensées philosophiques, et puis basta.  Y'a combien d'ingénieurs de 58 ans en Gelbique ?  Donc je me contente de cliquer sur les liens postés par d'autres dubitatifs, car fort heureusement, je ne suis pas la seule à croire au fake.  On est au moins… euh cinq.  Rassurant. 

Et c'est ainsi que je découvre, parmi les dizaines de faux blogs rédigés par de faux malades ou faux mourants (apparemment le Münchhausen sur la toile à de beaux jours devant lui) un mensonge gros comme une montagne, nan, gros comme la terre entière, pire, gros comme l'univers, celui de Salomé/Noa/Odile, en 2009-2011. 

Pour vous résumer la chose, c'est l'histoire de Noa, atteinte de leucémie, qui raconte sur son blog sa vie, ses études, sa maladie.  Gros soutien.  Puis elle meurt.  Gros drame.  Son calvaire est raconté par elle-même, puis son copain, sa sœur et sa mère, sur la fin.  Son copain fait d'ailleurs des fautes d'orthographe quand il écrit et s'en excuse, il est pas aussi doué que les autres.

Après son décès, sa sœur donne quelques nouvelles, puis ouvre son propre blog, où elle raconte sa vie, ses études, sa maladie… Passque la pauvre souffre de trucs divers et variés, d'abord elle fait une chute grave, se casse plein de trucs, puis a un cancer, ne va pas bien, va mieux, puis pas bien.  Enfin vous voyez le topo.  Puis elle a été démasquée par des internautes qui ont fini par avoir la puce à l'oreille, à force...  Il s'agissait d'une seule personne, Odile, aussi malade que moi je suis la Reine des Belges, une fois.  Elle jouait tous les rôles, tant qu'à faire…

Au-delà du mensonge virtuel, finalement relativement facile, ce qui me stupéfie dans cette histoire, c'est qu'il était aussi réel.  Salomé avait réuni autour d'elle un véritable fan club.  Outre ses amies in real life, elle a dupé ainsi des dizaines d'internautes soutenants, mais également du personnel médical qui s'est rendu chez elle pour l'aider (elle aurait eu un faux cathéter), des parents de véritables enfants atteints de leucémie, qu'elle a rencontrés à certaines occasions, des internautes qui ont participé à des marathons en hommage à sa sœur.  Elle a poussé le vice jusqu'à demander à des amies logeant chez elle qu'elles lui changent ses couches.  Tout cela sous l'identité de Salomé, qui, au décès de sa sœur jumelle, avait été jusqu'à fabriquer de faux faire-parts de décès qu'elle a adressés à de vrais internautes l'ayant soutenue, dont beaucoup vivant en vrai la maladie grave d'un de leurs proches.

Tout a disparu du net, sa page Facebook, son blog, ou presque… reste le blog de Noa, jusqu'à sa mort.  Extraits choisis des moments précédant son "décès" :

"Bonne nuit (c est alex)

pour une fois ce n est ni salome ni ariel qui viennent posté ici, je m'excuse je suis moins doué qu eux en orthographe.

La matinée : ariel est venu voir Noa, l'après midi : fabuleuse: le plus beau moment de ma vie, entourés de ceux que nous aimons.

La soirée a été dure : retour en réa : fièvre ( 4o), maux de tête violents, les yeux jaunes, toute gonflée . C est salome qui reste avec elle cette nuit. Notre Noa s apprette a s envoler."

"Bonjour,
C'est plus qu atroce, envie d'hurler mais je suis sans voix, envie de pleurer mais ça ne sort pas. J'ai une peur panique d'oublier Noa, enfin sa façon de marcher, de parler, de penser, photographier le moindre détail de ma soeur dans ma tête. Alors lorsque je reste avec Noa, j'essaye de m'imprégner de ma soeur. Que c'est dur, c'est pire que tout … L'impression d'être entrain de perdre tous mes repères, et puis je n'y crois pas ce n'est pas possible, pas ma soeur. Nous l'aimons tellement, et puis il y a Alex…

Salomé"

"Noa est partie ce matin entourée de ses proches

Noa est partie ce matin, sans regrets, dans l'amour des siens, dans l'amour de son fiancé Alexandre. Noa a eu une vie courte mais riche, pleine d'experiences diverses : bénévole au samu social, sapeur pompier volontaire, aide aux personnes handicapés, responsable scout, sportives : treks, ski, snowboard, judo, aviron, escalade. Noa a toujours excellé dans tout ce qu'elle a fait, non sans difficultées, mais avec force et perserverance. Dans 12 jours, Noa aurait eu 18 ans, nous aurions eu 18 ans… Maintenant, elle est séparée de ce corps qui la faisait tant souffrir, elle est avec Guillaume (un cousin décédé d'une leucémie),Claire (notre tante décédée  aussi d'une leucémie) ,Stéphanie, Franck, Jo', Ewen, Malo, Tristan ….

Ma soeur sera enterré en terre d'Israel (si nous n avons pas de soucis administratifs) dans l'intimité. Dans un mois, une grande cérémonie aura lieue sur Paris, toutes les associations pour lesquelles elle a donné du temps, ses amis, ses camarades de classe, sa famille, nous serons tous là. Non pas dans la tristesse, mais dans le souvenir, pour ne pas oublier tout ce que Noa a fait, nous a apporté.

Salomé"

Vachement crédible non ? 

Ici, on ne parle plus d'un simple Hoax, mais d'une mascarade à grande échelle, d'une manipulation à la limite de la perversité (euh, à la limite ?).  Et au-delà de cela, un réel talent, car ses inventions constitueraient un bien bon scénario de film…

Stupéfiant.

Alors, quand je vois l'histoire d'Odile/Salomé/Noa, je me dis que le blog de notre con damné, c'est vraiment du pipi de canari à côté de ces élucubrations.  Et que je devrais cesser de m'indigner, ça vous ferait des vacances…

La seule différence, c'est que notre con damné écrit encore, et peut-être, qui sait, qu'il écrira jusqu'à son dernier souffle, tapotant maladroitement un rhaaaaaaaagrllllllllllgrmpffffff en guise de dernier soupir, afin que le suspens soit à son comble jusqu'au bout.

PS : En matière de supercherie, il y eût aussi celle de Stéphanie, auteure de "Des cornichons au chocolat", en réalité Philippe Labro, grosse déception pour moi, j'en avais parlé ici à l'époque.

Allez, plus que trois fois dormir... au fait, c'est mercredi qu'il meurt, mais à quelle heure ?

Add. de 21h28 : et en plus je viens d'apprendre que L'herbe bleue, autre lecture de mon adolescence, était aussi un fake, mais dans quel monde vivons-nous ma bonne Dame.

19:54 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

29
jui

Que dire d'un film...

... dont on n'a aimé que le générique ?

J'avais connu ça avec Le petit Nicolas, dont je n'ai aimé que le générique du début, reprenant les dessins de mon enfance.  Le reste, caca boudin, mais cet avis n'engage que moi.

Et je viens de connaître ça avec Le bison, dont je n'ai aimé que... le générique de fin, le reste étant aussi caca boudin.  Mais j'ai regardé tout le film, espérant un revirement de situation en vain, on vit d'espoir ma bonne Dame.

J'ai cependant découvert cette si jolie chanson, donc on va dire que j'ai pas tout perdu, et puis Edouard Baer pas rasé, il est mimi comme tout :

27
jui

Les mots clés du jour

Un bail que j'avais plus consulté mes stats, alors un petit tour sur les mots clés s'imposait :

 

Le célibat ne passera pas par moi : yes, voilà un mot clé logique (53 % des requêtes directes, ouf, y'a pas que des "tombés ici par hasard")

Nue à la maison

Vivre nu chez soi

Vivre nue

Nudité à la maison

Nu au soleil

Nu à la maison

Baignade nue : hé ben si j'avais su que vivre 24 h nue en 2007 continuerait à attirer du monde…

Blog d'un condamné : naaaaaaaaaan, c'est pas ici, ici c'est blog d'un con damné

Simon Baker : ouiiiiiiiiiiii, trop trop beau

Note de musique : mon piano m'appelle, fraudait que je m'y remette

Et ben voilà, rien de vraiment croustillant, quelle déception, où sont les gros pervers d'antan ?!

26
jui

Brèves d'un site de rencontres : ah ces allergies

Lui "j'ai le rhum des foins"

Et moi, espiègle "moi j'ai la vodka des foins"

Ben quoi, autant voir s'il a le sens de l'humour hein

26
jui

Ma journée maudite

Hier, j'ai pris mon courage à deux mains, j'ai pris le taureau par les cornes, et je me suis enfin décidée à aller en ville pour quelques formalités soporifiques.

Mon entourage s'en est vu ravi, car ça fait trois semaines que je dis, chaque jour, "demain je vais en ville", et que chaque demain, j'y vais pas, trouvant toutes les excuses possibles et imaginables : trop chaud trop froid trop de pluie trop fatiguée trop pas envie trop de monde trop de nuages dans le ciel trop d'escargots mouillés sur ma terrasse.

Mais là, je m'y suis fait traîner de force, pas le choix, tu fais tes formalités et après, un repas en guise de récompense.  Le coup de la carotte quoi.

Première étape.  La Ville de Namur, pour changer ma carte d'identité avant le 2 juin.  Ouais, chuis en retard, mais j'ai une excuse, et j'avais envoyé un mail pour signaler que je pourrais pas venir si vite, ce qui a d'ailleurs été fort apprécié, m'a dit la Madame, en me parlant des ceusses qui viennent jamais puis qui piquent une crise pour avoir leur carte d'identité dans la minute, la leur étant périmée depuis cinq ans, mais là ils en ont un besoin urgent pour aller en vacances, ben voyons.  Très gentille, la Madame de la Ville.  Moins gentil, le parc informatique de la Ville, qui est en panne.  Revenez plus tard, ma bonne Dame, au moyen de ce laissez-passer qui vous donnera priorité (youpie).

Seconde étape.  Ma mutuelle, pour y déposer mes 147 attestations de soins donnés et recevoir plein de sousous dans ma popoche.  Fermée, ma mutuelle.  Ah ben j'avais qu'à aller voir les jours d'ouverture, c'est clair.

Troisième étape.  La maison du TEC.  Alléluia, point de grève, c'est un miracle lourdien.  Mais cette foule de petits vieux en file indienne jusqu'au milieu de la route, kekseksa ?  Ah ben c'est l'achat de leur abonnement désormais payant, sacrebleu.  Zont dû venir en car, je vois que ça.  Avec une moyenne de deux minutes par petit vieux, pour autant qu'il n'ait pas la tremblote, j'en ai pour deux heures au bas mot.  Abandon par forfait.

Quatrième étape.  Après l'effort, le réconfort.  Ben oui, même si mes formalités ont été contrariées, j'ai droit à ma carotte hein.  Ben non.  Etablissement fermé pour cause de décès, merci de nous en excuser.

C'est une malédiction, je vois que ça.  Y'a quelqu'un qui manipule sauvagement une poupée vaudou à mon effigie, ma parole.

Alors, pour me consoler, je m'offre un chtit cadeau, une breloque pour mon bracelet.  J'ai pas d'idée de ce que je veux, mais en repérant un petit papillon je me dis que c'est parfait pour célébrer cette journée, un papillon, avec toute sa symbolique.  J'ai pas ma carte d'identité, j'ai pas mes papelards de mutuelle, j'ai pas mes documents du TEC, j'ai pas mangé ce que je voulais, mais j'ai mon papillon.  J'avais envie d'un tatouage, va comprendre pourquoi, j'ai pas (encore) osé, mais j'ai mon papillon.

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26
jui

J'ai tiré mon coup (et j'ai pris mon pied)

Ce blog, c'est ma vie, ma vraie vie, n'en déplaise à certains dubitatifs, mais y'a des limites à ce que je vous raconte.  Par exemple, je vous ai pas raconté ma brève histoire avec un italien, un vrai, même pas ténébreux je l'avoue, mais italien, y'a quelques mois.  Je devais, j'avais prévu, y'avait du rigolo, et puis j'ai pas, mais je pourrais...  Passque c'est ma vie et que y'a des bouts que je garde privés tout de même.  Plus facile de vous donner des extraits sordides de page orange que mes petits coups de foudre, mes grosses déceptions, mes grands espoirs et compagnie.

Mais mon tirage de coup de ce week-end, j'avais envie de vous en parler, et le commentaire d'hier m'a donné le coup de boost nécessaire pour prendre mon encre et ma plume virtuelles.  Passque bon, hein, m'accuser de  pas être célibataire, mais quelle honte honteusement honteuse, quelle insulte, moi, mariée, m'enfin m'enfin m'enfin, qu'allez-vous donc imaginer.

Bref j'ai tiré mon coup ce week-end (tiens ça ferait un bon épisode de Bref ça, non ?).  

Ça se préparait depuis le milieu de la semaine dernière déjà.  Il m'avait invitée à manger en sa compagnie, bonne bouffe, petite vinasse rosée apportée par bibi, cocktail framboises et grosse papote sous la chaleur caniculaire.  Manquait juste un dessert tiens…

Alors, quand il m'a réinvitée, j'ai senti l'oignon (ça se dit ça ? moi je le dis en tout cas).  J'ai senti le dessert suave se profiler à l'horizon.  Bref, je l'ai senti venir avec ses gros sabots.  Jamais le premier soir, c'est ma devise en matière de tirage de coup, mais pourquoi pas le second, tant qu'à faire ?

Bien sûr, en parfait gentleman, il a noyé le poisson, m'a invitée pour me copier quelques séries télé, m'a ensuite proposé de regarder sa collection de DVD pour voir si l'un ou l'autre pourrait combler une de mes soirées d'hiver au coin du feu de bois (ah bon, on n'est pas en hiver, ça alors ?), et patati et patata.

Mais vu que tout les DVD se trouvent dans sa chambre, ben c'était gros comme un camion rouge au milieu de la figure (à moins qu'il ne s'agisse d'un nez ?), ou comme des préliminaires, va savoir.  Le coup des estampes japonaises, c'est dépassé, faut vivre avec son temps ma bonne Dame.

Puis, sans doute lassé par la durée de ses approches DVDèsques et sériesesques, il m'a proposé tout de go de tirer un coup.  Hé oui, adieu la séduction made in England à la Jane Austen, exit le rêve d'un Monsieur Darcis pour qui même toucher une main ne peut se faire qu'après la demande en mariage, là c'est brut de décoffrage, clair et net comme clarinette "ça te dit de tirer un coup ?"

On est dimanche, mais ça me dit.

Grisée par cette perspective nouvelle, je me sens immédiatement fébrile, mais également un chouia angoissée.  Hé attendez, c'et pas tous les jours qu'on tire un coup quoi, en tout cas moi, c'est pas tous les jours, vous peut-être, moi pas, moi chuis une petite chose sensible et fragile qui a plus besoin de hugs et d'amour que d'aventure enivrantes.

Que vous dire sans trop en dire ?  C'était bruyant et stressant, mais ô combien exaltant et émoustillant.  D'autant que j'ai pas été si nulle que ça, jugez plutôt… 

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11:08 Écrit par Anaïs dans Anaïs aime la vie | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

24
jui

Blog d'un con damné, l'enquête se poursuit…

Vous allez dire que ça vire à l'obsession sexuelle, vous avez raison, mais maintenant j'ai un assistant qui m'aide à découvrir plus encore les failles de notre ami con damné, et avoir un assistant, ça n'aide pas dans le deuil que je dois faire de ce blog d'un con damné, c'est sûr, mais c'est captivant, d'enquêter.

Et donc, mon assistant, qui se reconnaîtra et qui a désormais mon éternelle reconnaissance, il veut qu'on l'appelle sous-assistant en chef, ses désirs sont des ordres, mais moi je préfère chef d'investigations, zen pensez quoi ?  Bref il a trouvé un post sur un forum Doctissimo.

Notre con damné poste son premier billet de blog le 3 juin, dès son retour de l'hosto, passque son gamin, vite remis du choc "papa va mourir", lui a créé illico un blog et un twitter.

Et ledit fiston se précipite ensuite sur le forum Doctissimo dédié au deuil, pour demander de l'aide à 15h03.

Fameuse famille pleine de dynamisme, on ne se laisse pas abattre chez les Con Damnés.

Et le fifils de poster :

" Je viens d'apprendre qu'il reste à mon père une trentaine de jours à vivre. J'ai créé ce compte sur le forum pour lui. Avez-vous des conseils ? Des partages d'expérience similaires ? Comment vivre ces 30 jours ?
Nous en avons discuté et je l'ai convaincu de tenir un Tumblr, il va essayer de poster tous les jours.
http://uncondamne.tumblr.com/
J'ai peur, je ne sais pas comment aborder cette épreuve, surtout pour ma maman."

(http://forum.doctissimo.fr/psychologie/deuil/30-jours-viv...) Mais mon sous-assistant en chef d'investigations me signale à l'instant là y'a quatre secondes à 10h17 que le sujet a mystérieusement disparu, ben sans doute que fifils s'est dit que finalement il avait vraiment pas besoin de conseils, il efface les traces de son buzz.

Mais après ce premier message à l'aide, il répond plus à personne, rho le vilain.  Genre j'ai fait ma petite promo, au revoir et merci, tout compte fait j'ai plus peur, plus besoin de conseils, et maman, rien à foutre.

Alors faire un faux blog je vais mourir, c'est une chose ignoble, mais aller racoler sur un forum dédié au deuil, empli de gens en deuil (en toute logique), là c'est carrément innommable.   Et si c'est un fake, soyez damné, pauvre con !

Mais j'en viens presque à me dire "nan, c'est pas possible, c'est pas un fake, ce gars mourant qui ne suit sur twitter que des journalistes (souvent belges, la moitié de la RTBF, le reste de RTL, DH, Libé, Le Monde…), dont toute la presse parle en trois jours, meuh non ça ne pue pas la campagne de com, non ?), je me dis que cet homme qui a, trois jours après la création de son blog, 3600 followers, actuellement 7700, qui est même pas capable de faire son décompte correctement puisqu'il passe de J4 à J-26 au lieu de J-25, s'offrant un jour de vie supplémentaire (filou va), ben il est vraiment mourant en fait. C'est nin possip qu'il mente, si son fils va demander du soutien sur un forum. Il est juste pas doué pour écrire, tombant à outrance dans le pathos et les clichés à la mords moi le nœud.  Après tout, tout le monde n'est pas écrivain et capable de se mettre dans la peau d'un mourant, moi-même je m'en sens totalement incapable".

Rho la vilaine Anaïs qui doute, voire qui doutait, de la bonne foi du pauvre con damné.

Alors je me console avec mon assistant, oups pardon, mon sous-assistant en chef d'investigations, en tout bien tout honneur hein, hé, on bosse sur un sujet sérieux bordel, et nous vlà en train d'imaginer (enfin lui surtout, moi je me contente de me marrer), les blogs qu'on pourrait créer pour faire le buzz : blogdelafutureveuveduncondamné, blogdufilsduncondamné, blogdemavieensoinspalliatifs, blogdunsuicidé, qui testerait les diverses techniques pour en finir : J'ai tresté la sudfdrdoooose de méd diiiiiiiii cazament c''''''''''''szdddt difffffffficiielee dfe taper…

Et puis on va lire la bafouille du jour, les tomates, le sexe, les phases du deuil, la virée aan de zee, le retour tragique (© Konsalik, qui a lu La maison des visages perdu et Le retour tragique, qu'on pleure ensemble ?), la patte folle, les soins palliatifs, le mariage en soins palliatifs (pourquoi pas gay, le mariage, tant qu'à faire, gros sujet d'actu), la bénévole catho, les réflexions philosophico-comico-tragico-débiles, et, cette nuit, la fatigue intense et les quatre lignes grattées dans la souffrance (hé, mon vieux, à 1h du mat, dors un peu, ça ira mieux).

Et j'en suis convaincue maintenant, ce blog, ce sont des extraits d'un livre qui sortira à JJ (normalement le 3 juillet mais vu qu'il a rabioté un jour, le 4), une avant-première en accéléré de la vie, et surtout la mort, d'un con damné. 

C'est ma théorie, quelle est la vôtre ?

 

Bon allez, je m'en vais vous écrire la bafouille suivante, un truc bien plus chaud, histoire de varier les plaisirs…

 

 

Magali, j'ai découvert ceci : http://en.wikipedia.org/wiki/Kaycee_Nicole
et la discussion qui a suivi son décès : http://www.metafilter.com/7819/Is-it-possible-that-Kaycee-did-not-exist

et enfin cet extrait émouvant d'un lecteur du blog que je copie ici pour en garder trace :

"While taking a walk outside this evening, I asked myself why I'm still fascinated by this whole thing, why I couldn't wait to get back and see what new things had come to light, why a tiny part of me thinks it's possible, however unlikely that someone kept a charade up for almost 2 years.

Late last year, there were some posts to the living colours blog stating that KC was close to death. There were days and days of extreme fever and losses of blood, seizures, and I'm fairly certain I went through the grieving process back then, on two or three occasions.

Last week, the post was made here and I felt another wave of depression and grieving. I also felt relief that I no longer had to worry about KC, that I didn't have to dread going to her blog to hear the inevitable bad news. The nine months or so of worrying could finally come to an end.

When this thread started, I thought it was interesting, but fairly disturbing. The evidence against seemed flimsy and I imagined if I was a family member, I wouldn't care if a thousand or a hundred thousand nobodies were demanding to see a death certificate, none of them would have the right to demand anything of me, and I figured we'd never know.

But still, I wondered, 24hrs later, why I still care, and I think I figured out the reason, and it's slightly selfish and macabre at the same time.

A tiny part of me wishes it were a hoax. That tiny part wishes this were all a hoax so that the real-world result isn't that someone died. Part of me hopes this is a complete fake; not so I can feel manipulated or used, but so I can feel some relief that no one actually died. That there wasn't a 19 year old I was enjoying reading that suffered a shortened life, unfair pain, and is now dead.

So I'm still sitting here, reloading the page, waiting to hear one way or another. I don't think there will be any closure for me until absolute proof comes. I can't just look away or not care anymore, I want to know. I know I have no right to demand that anyone give me the proof I seek, but I want to know."

10:06 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (30) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

21
jui

Mon "jolimot"

Mon jolimot, c'est nénuphar.

Parce que ça fait phare, chemin, guide (Paulo Coelho, sors de mon corps).

Parce que y'a né et nu dedans (nan je rigole, je viens d'y songer).

Parce que sa floraison est si éphémère qu'il faut la savourer.

Parce qu'il est si parfait qu'on le croirait presque en plastique.

Parce qu'il évoque pour moi l'histoire d'amour de Colin et Chloé, et puis un tableau de Monet.

Parce que c'est l'été.

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09:29 Écrit par Anaïs dans Anaïs aime les jolies photos | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

20
jui

Mes dix "mochmots"

Cucurbitacée : parce que ce mot contient les sonorités "cu(l)", "cucu(l)" et "bit(e)", et que c'est assez (cétacé ?)

 

Aisselle : parce qu'au-delà du mot, j'imagine tellement l'odeur

 

Vaisselle : parce qu'un V de plus me vaut de devoir la faire

 

Concupiscent : parce que pas besoin de faire un dessin, vlà un mot qui en rassemble trois tous aussi moches les uns que les autres

 

Glaire : parce que je l'imagine, gluante, puante, collante, pleine de remugles, ce qui pourrait donner le néologisme "remuglaire", encore plus parlant

 

Nyctalope : parce que je le vois tout droit sorti d'un quartier sordide, prononcé par des keums et des meufs, hé, yo, tape m'en cinq, brother, yo

 

Cake : parce que je ne parviens pas à le prononcer correctement, même si j'adore en manger

 

Crapaud : parce qu'il a l'air visqueux, que l'embrasser est urticant, et qu'en plus il se transforme même pas en prince charmant, alors à quoi bon ?

 

Oncologie : parce qu'il a remplacé cancérologie, mais que personne n'est dupe

 

Guêpe : parce que si ce mot n'existait pas, ben le bestiau n'existerait pas

14:35 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

18
jui

Une virgule peut changer une vie

Oui, bon, j'exagère un chouia.

Mais tout de même, ça pourrait provoquer des malentendus thermonucléaires.

Suite à mon billet du jour, sur ce Monsieur qui propose des câlins, à savoir un plan cul, les commentaires vont bon train sur Facebook (ici que dalle, mais là-bas, on discute bien, venez, plus on est de fous plus on rit).

Et donc, une amie m'indique "il saute directement sur l'occasion".

Et moi, dans un élan d'humour fou "c'est moi que tu traites d'occasion ?"

Et elle de répondre "Certainement pas de premier choix bien sûr !"

Et moi, je suis sur le cul de lire que cette amie me signale que je ne suis pas de premier choix, non mais sérieux, moi qui suis toute jeune, un seul cheveu blanc (et son petit frère, mais si petit encore), pas de ride, du moins si vous êtes myope.

Elle me dit donc "certainement pas de premier choix".

Et c'est là que l'art de la virgule prend tout son sens, car elle voulait dire "certainement pas, de premier choix".

Un virgule qui peut donc tout changer (à défaut d'une vie).

J'ai toujours su que la ponctuation servait à quelque chose !

09:07 Écrit par Anaïs dans Anaïs aime la vie | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |