29
mai

Meurtre en famille

Je discutais récemment de ces pères ou mères qui tuent leurs enfants puis tentent, parfois sans succès, de se donner la mort, et du fait qu'il existe deux types de ces drames.

Le parent dépressif qui ne voit comme seule issue que la mort, et entraîne ses enfants avec lui, pensant ainsi les sauver, dans un geste d'amour.  C'est la sensation que j'avais eue avec l'histoire de Geneviève Lhermitte, sensation confirmée par la vision du film lui consacrée, avec la formidable Emilie Dequenne.

Et puis le parent pervers qui, pour blesser, détruire son bien souvent ex conjoint, commet le pire du pire : il lui reprend ce qu'il a de plus cher au monde, ses enfants.  Geste égocentrique et ignoble, vengeance sordide.  C'est la sensation que j'avais eue avec l'histoire de ce père de famille ayant entraîné son fils dans les rochers du bord de Meuse, l'obligeant à appeler sa mère pour lui "dire au revoir et rendez-vous au paradis blanc", pour lui fracasser ensuite le crâne à coup de pierres et puis faire semblant de tenter de se suicider.  J'ai oublié le nom de cet homme.

Le documentaire infrarouge Meurtre en famille, je l'ai vu hier, parce qu'il traitait de ce type de drame.  Mais j'ignorais lequel.

C'est du second dont il s'agit, lorsque ce père violent avec son ex, abandonné à raison par cette dernière, a assassiné ses enfants puis s'est pendu, parce qu'il voulait la détruire, elle, qui l'avait détruit, d'après lui.  Ignoble.  Odile, c'est le prénom de cette mère désormais sans enfant, a voulu que le reportage commence dès après le drame.

On la suit ainsi lors du choix des cercueils.  Douloureux.

Lors des funérailles.  Dramatiques.

Lors de sa recherche de la vérité, auprès du psy qui suivait son ex, condamné avec sursis pour sa violence.  Loufoque, de l'entendre dire "quand vous perdez un bic, vous devez vous en détacher, matériel ou humain, c'est le même processus".  Et Odile de conclure "j'ai perdu trois bics".

Lors d'une rencontre avec un psy, un vrai, un bon, qui la déculpabilise et raconte cette histoire difficile d'un même drame, où le père, dans un élan de sadisme difficilement imaginable, a filmé sa gamine avant de la tuer, lui faisant dire au revoir à sa maman.  Elle riait, la petite, ignorait ce qui l'attendait. 

Lors de son désir de revivre, un peu, si peu.  Difficiles, les jugements de la ville qui, quelques semaines auparavant, la consolait.  Elle n'a plus le droit de rire, de bouger, de s'habiller en clair.

Et de me dire qu'au sein du règne animal, ça n'arrive jamais, ce genre de chose.

Un très beau reportage, émouvant, plus qu'émouvant, bouleversant.

A voir ou à revoir sur pluzz, si vous êtes en France.

23
mai

23 mai 2013, 11h35 : je l'ai retrouvééééééééééééééé !

Des jours, des semaines, des mois qu'il avait disparu, mais le revoilà, j'ai immortalisé ce moment inoubliable qui se reproduira peut-être dans... des jours, des semaines, des mois :

IMG_5082.JPG

11:43 Écrit par Anaïs dans Anaïs aime les jolies photos | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

22
mai

La minute blonde : l'orteil cassé (on dirait un titre de Tintin non, ou alors une œuvre de Van Gogh)

Elle me dit "je pense que je me suis cassé un orteil".

Et moi, compatissante "aïe, lequel ?"  Bon, oh, ça va, je sais que cette question ne réglera pas le souci, mais c'est logique non, pas pour vous ? Moi quand on me dit "je me suis cassé un orteil, ben je demande lequel", à chaque fois je fais comme ça.  Oui, passqu'on me dit tout le temps "je me suis cassé un orteil", ça doit être une malédiction.

Alors elle, d'un air aussi étonné que … euh, l'adjectif m'échappe, mais un air qui veut dire c'est quoi cette question débile et inutile, elle me dit "comment ça lequel, nos orteils ont des noms ?"

Gros fou-rire.  Et puis prise de conscience : contrairement à nos doigts, nos orteils n'ont pas de nom, les pauvres.

Et moi de devoir lui expliquer que non, nos orteils n'ont pas de nom.

Mais que déjà, y'a le gros orteil.

Et puis le petit orteil.

Ça en fait deux.

Ensuite, tu peux dire "celui à côté du gros orteil".

Et puis "celui à côté du petit orteil".

Ça en fait quatre.

Il en reste un.

Ou alors suffit de compter : le deuxième, le troisième…

Et elle "et on compte à partir de quel orteil ?"

My god je vais la frapper.

Donc, une fois que j'ai expliqué le fonctionnement des orteils, j'insiste, "alors, lequel est kaput ?"

Et elle "attend, je compte…"

Et moi de me dire que si elle compte, c'est que c'est ni le gros ni le petit, ni çui à côté du gros ni çui à côté du petit, donc il en reste un, celui du milieu.  

"Celui du milieu ?"

"Oui", me dit-elle, "le troisième à partir de…"

C'est définitif, elle est blonde, elle compte, alors que c'est celui du milieu.

Alors, je lui propose de nommer ses orteils, ça simplifiera les choses.  Le gros s'appellerait Gérard (avec G comme gros), le petit Paul (avec P comme petit).  Et pour les autres, qualifions les de small, medium et large (ça c'est son idée), et appelons-les Simon, Marcel et Laurent. 

Bon, ça lui plait pas car elle retiendra pas.  Je lui explique alors qu'il suffit de prendre un prénom en G, P, S, M ou L, même si ça change chaque fois.  My god, il eût été si simple de dire gros orteil, petit orteil, and co…

Et elle de conclure "et pour savoir si c'est pied gauche ou pied droit, on fait comment ?"

Rhaaaaaaaaaaaaaaa.

Bref, elle s'est cassé un orteil.

PS : question subisidiaire : savez-vous nommer vos doigts, passque moi je sais, mais je suis pas sûre que la majorité de la population le sache.  Les groseilles notamment.  Meuh, non, je dis pas que vous êtes des groseilles, mais juste comme ça, vous savez ?

PS2 : en matière d'absence de noms aux orteils, d'autres se sont penchés sur ce souci, et il en est sorti un petit livre bien sympa, dispo sur Amazon, pour les petits - extraits :

orteils.jpg

orteils 2.jpg

orteils 3.jpg

orteils 4.jpg

orteils 5.jpeg

orteils fin.png

18:35 Écrit par Anaïs dans Anaïs et ses blondieuseries | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

7
mai

L'abécédaire de l'hospitalisation

Anesthésie.  Comme dans les séries télé.  Couchée sur un brancard étroit, me vlà dans le TGV, même que la madame devant dit au monsieur derrière "hé, j'arrive pas à te suivre".  Et au-dessus de moi, de grands carrés de lumière qui défilent à grande vitesse.  Comme dans les séries je vous dis.  Je me croirais à la fête foraine et on rigole bien tous les trois.  Et puis le gentil monsieur dit à la gentille madame "Madame (ça c'est moi) est stressée, on va lui parler vacances".  Et ils me parlent vacances, me mettent le masque à oxygène et puis je me réveille et je demande l'heure, très important de savoir l'heure quand on se réveille.  Et puis y'a du bruit, et puis j'ai mal, et puis je suis vivante, et puis je remonte en chambre, et puis je récupère mes lunettes, et la boucle est bouclée. 

Ballon.  Le bidou.  Gonflé comme un ballon, par le gaz.  Pas de l'hélium, sinon l'équipe chirurgicale devrait apprendre la lévitation, mouahahah.  Mais gonflé comme Vahiné.  Une laparo ksa s'appelle.  Heureusement, j'avais pas maté les photos avant.

Charmant.  Le personnel.  En consultation.  En examens.  Les chir.  Les anesthésistes.  En salle d'op.  En salle de réveil.  Ça fait un bien fou, tant de gentillesse.  Ça m'a tellement touchée qu'au retour de salle de réveil, je le répétais en boucle "en tout cas, ils sont gentils, qu'est-ce qu'ils sont gentils, mais gentils, j'ai dit à quel point ils étaient gentils ?"

Diagnostic.  Le moment qu'on préfère. 

Embout de thermomètre.  Un euro pièce.  C'est cher.  La prochaine fois, je prends le mien, de thermomètre.

Fleet phospho soda.  Comprendront ceux qui l'ont testé, solidarité de nausées oblige.  Pour les infos, reportez-vous à la lettre K.

Grand roue.  Lavement barythé et urographie = foire du Midi, une fois sur ma plaque de métal, ça monte, ça descend, ça tourne et ça tourne encore, et t'as intérêt à t'accrocher, Anaïs, quéén aventure.

Humiliation.  Sensation répétitive liée à toute intervention chirurgicale, ce qui la précède, ce qui la suit.  Déshabillez-vous, enfilez cette immonde blouse, ne bougez pas pendant que j'insère la canule, tournez à droite, tournez à gauche, avalez ça et passez la nuit sur le pot, mettez ces jolis bas blancs anti thrombose, et je vous passe les détails les plus croustillants, sauf si vous insistez.

Infirmier.  Etudiant.  Dialogue. "Vous avez des douleurs ?" "Non". "Ah, vous n'avez pas encore été opérée". "Non, dans une heure". "C'est pour plus tard alors, les douleurs" (voix ironique). Certains feraient mieux de changer de métier, devenir clowns par exemple…

J'ai faaaaait (voix de François Pirette).  Obsession totale, pire qu'une petite vieille en maison de retraite qui ne pense plus qu'à ça.  Qui ne fait plus qu'écouter les bruits de ses intestins.  En maison de repos, paraît que c'est leur sujet de conversation préféré, c'est devenu le mien, j'ai pris un fameux coup de vieux.

Kiss cool.  Second effet kiss cool.  Après avoir ingurgité tant bien que mal, et plutôt mal que bien, croyez-le, cette mixture dont le nom restera à tout jamais gravé dans ma mémoire, Fleet phospho soda (soda étant la grosse arnaque du siècle pour noyer le poisson), j'ai vécu l'enfer.  Ah oui, si l'enfer existe, il s'appelle fleet.  Imaginez un verre de sel avec un chouia d'eau.  Avalez.  Vomissez.  Et c'est le second effet kiss cool.  Mémorable.

Là je trouve rien à dire…

Misery.  L'infirmière de nuit.  Sans le marteau, mais Misery quand même.   

Nettoyage de printemps.  Ce qu'on m'a dit : "t'as eu ton petit nettoyage de printemps, c'est pas plus mal".  Une façon de voir les choses.

Orgasme.  Ou presque.  Produit de contraste entre les guiboles, effet étrange garanti, chaleur intense assurée.

Panne.  Encore un objet humiliant.  Mais y'a pire.  Y'a le lange.  Même pas peur, j'ai envisagé d'en demander un.

Quarantaine.  C'est le plus bel âge de la femme, qu'y disait.  Qui l'a dit, que je le frappe à grands coups de redon ?

Redon.  Ce tube qui ressemble à ces guirlandes de Noël fort à la mode il y a quelques années.  Quand je l'ai vu sortir de mon corps, il a fallu m'apporter les sels, enfin si j'avais vécu au 18e siècle quoi (y'avait des redons au 18e siècle ?)  Et puis, mon redon, il est célèbre, il a participé à l'examen de fin d'année d'une sympathique petite étudiante infirmière marseillaise.  Mais j'aime pas les redons, c'est définitif.  J'espère qu'elle a réussi son exam de redon, la miss.

Solidarité.  Amicale, familiale, facebookienne, primordiale.

Tousser.  Après avoir pris des laxatifs, tousser sur ordre de la radiologue, pour faire descendre le liquide de contraste, c'est vraiment vraiment, mais vraiment vraiment déconseillé.

Urrah, moment bonheur où, enfin, je peux manger un quick avec un coca light, fantasme absolu, livré à domicile par une gentille collègue.

Voiture.  Sur le retour.  Un panneau annonce une chute de pierres.  Et moi de m'imaginer écrasée par un rocher.  Trop con.  Epitaphe "au moins, elle n'était plus malade".  Gros fou rire dans la voiture.

WC.  Mon nouveau meilleur ami.  A toujours garder à portée de main… enfin de fesse.

X. Chromosome de merde, parfois.

Youpie, c'est fini, rentrez chez vous ma bonne dame.  Le meilleur moment qui soit, retour at home, avec ma petite valise rose.

Zorro.  Mon docteur Mammour.  Mon sauveur.  Mon Zorro.

6
mai

Remake de La mouche sur mon bidou

IMG_5074.JPG

14:06 Écrit par Anaïs dans Anaïs aime la vie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |