7
mai

L'abécédaire de l'hospitalisation

Anesthésie.  Comme dans les séries télé.  Couchée sur un brancard étroit, me vlà dans le TGV, même que la madame devant dit au monsieur derrière "hé, j'arrive pas à te suivre".  Et au-dessus de moi, de grands carrés de lumière qui défilent à grande vitesse.  Comme dans les séries je vous dis.  Je me croirais à la fête foraine et on rigole bien tous les trois.  Et puis le gentil monsieur dit à la gentille madame "Madame (ça c'est moi) est stressée, on va lui parler vacances".  Et ils me parlent vacances, me mettent le masque à oxygène et puis je me réveille et je demande l'heure, très important de savoir l'heure quand on se réveille.  Et puis y'a du bruit, et puis j'ai mal, et puis je suis vivante, et puis je remonte en chambre, et puis je récupère mes lunettes, et la boucle est bouclée. 

Ballon.  Le bidou.  Gonflé comme un ballon, par le gaz.  Pas de l'hélium, sinon l'équipe chirurgicale devrait apprendre la lévitation, mouahahah.  Mais gonflé comme Vahiné.  Une laparo ksa s'appelle.  Heureusement, j'avais pas maté les photos avant.

Charmant.  Le personnel.  En consultation.  En examens.  Les chir.  Les anesthésistes.  En salle d'op.  En salle de réveil.  Ça fait un bien fou, tant de gentillesse.  Ça m'a tellement touchée qu'au retour de salle de réveil, je le répétais en boucle "en tout cas, ils sont gentils, qu'est-ce qu'ils sont gentils, mais gentils, j'ai dit à quel point ils étaient gentils ?"

Diagnostic.  Le moment qu'on préfère. 

Embout de thermomètre.  Un euro pièce.  C'est cher.  La prochaine fois, je prends le mien, de thermomètre.

Fleet phospho soda.  Comprendront ceux qui l'ont testé, solidarité de nausées oblige.  Pour les infos, reportez-vous à la lettre K.

Grand roue.  Lavement barythé et urographie = foire du Midi, une fois sur ma plaque de métal, ça monte, ça descend, ça tourne et ça tourne encore, et t'as intérêt à t'accrocher, Anaïs, quéén aventure.

Humiliation.  Sensation répétitive liée à toute intervention chirurgicale, ce qui la précède, ce qui la suit.  Déshabillez-vous, enfilez cette immonde blouse, ne bougez pas pendant que j'insère la canule, tournez à droite, tournez à gauche, avalez ça et passez la nuit sur le pot, mettez ces jolis bas blancs anti thrombose, et je vous passe les détails les plus croustillants, sauf si vous insistez.

Infirmier.  Etudiant.  Dialogue. "Vous avez des douleurs ?" "Non". "Ah, vous n'avez pas encore été opérée". "Non, dans une heure". "C'est pour plus tard alors, les douleurs" (voix ironique). Certains feraient mieux de changer de métier, devenir clowns par exemple…

J'ai faaaaait (voix de François Pirette).  Obsession totale, pire qu'une petite vieille en maison de retraite qui ne pense plus qu'à ça.  Qui ne fait plus qu'écouter les bruits de ses intestins.  En maison de repos, paraît que c'est leur sujet de conversation préféré, c'est devenu le mien, j'ai pris un fameux coup de vieux.

Kiss cool.  Second effet kiss cool.  Après avoir ingurgité tant bien que mal, et plutôt mal que bien, croyez-le, cette mixture dont le nom restera à tout jamais gravé dans ma mémoire, Fleet phospho soda (soda étant la grosse arnaque du siècle pour noyer le poisson), j'ai vécu l'enfer.  Ah oui, si l'enfer existe, il s'appelle fleet.  Imaginez un verre de sel avec un chouia d'eau.  Avalez.  Vomissez.  Et c'est le second effet kiss cool.  Mémorable.

Là je trouve rien à dire…

Misery.  L'infirmière de nuit.  Sans le marteau, mais Misery quand même.   

Nettoyage de printemps.  Ce qu'on m'a dit : "t'as eu ton petit nettoyage de printemps, c'est pas plus mal".  Une façon de voir les choses.

Orgasme.  Ou presque.  Produit de contraste entre les guiboles, effet étrange garanti, chaleur intense assurée.

Panne.  Encore un objet humiliant.  Mais y'a pire.  Y'a le lange.  Même pas peur, j'ai envisagé d'en demander un.

Quarantaine.  C'est le plus bel âge de la femme, qu'y disait.  Qui l'a dit, que je le frappe à grands coups de redon ?

Redon.  Ce tube qui ressemble à ces guirlandes de Noël fort à la mode il y a quelques années.  Quand je l'ai vu sortir de mon corps, il a fallu m'apporter les sels, enfin si j'avais vécu au 18e siècle quoi (y'avait des redons au 18e siècle ?)  Et puis, mon redon, il est célèbre, il a participé à l'examen de fin d'année d'une sympathique petite étudiante infirmière marseillaise.  Mais j'aime pas les redons, c'est définitif.  J'espère qu'elle a réussi son exam de redon, la miss.

Solidarité.  Amicale, familiale, facebookienne, primordiale.

Tousser.  Après avoir pris des laxatifs, tousser sur ordre de la radiologue, pour faire descendre le liquide de contraste, c'est vraiment vraiment, mais vraiment vraiment déconseillé.

Urrah, moment bonheur où, enfin, je peux manger un quick avec un coca light, fantasme absolu, livré à domicile par une gentille collègue.

Voiture.  Sur le retour.  Un panneau annonce une chute de pierres.  Et moi de m'imaginer écrasée par un rocher.  Trop con.  Epitaphe "au moins, elle n'était plus malade".  Gros fou rire dans la voiture.

WC.  Mon nouveau meilleur ami.  A toujours garder à portée de main… enfin de fesse.

X. Chromosome de merde, parfois.

Youpie, c'est fini, rentrez chez vous ma bonne dame.  Le meilleur moment qui soit, retour at home, avec ma petite valise rose.

Zorro.  Mon docteur Mammour.  Mon sauveur.  Mon Zorro.

Commentaires

A force de corriger mes fotes, tu écris "lavement barythé" au lieu de "baryté"... Envie de thé?? :-) Pour la lettre L, il y a "laxatif"!!!!

Écrit par : Véro | 08-05-2013 à 00:30:53 Hr

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"Orgasme. Ou presque. Produit de contraste entre les guiboles, effet étrange garanti, chaleur intense assurée"

C'est marrant, l'iode me chauffe mais ne m'a jamais amené là...

"Redon. Ce tube qui ressemble à ces guirlandes de Noël fort à la mode il y a quelques années."

C'est marrant, Redon était pour moi une ville.
On y greffait des nez.
Ben quoi, t'as jamais entendu parler des nez de Redon ?
Ouais... Bon...

Écrit par : le-gout-des-autres | 10-05-2013 à 10:50:07 Hr

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je pense que parler d'humiliation au sein d'une hospitalisation c'est un peu exagéré, le personnel médical est habitué a soigner des corps toute la journée, et sont déshumanisé, il n'y a pas de notion de pudeur, mais ce n'est pas pourtant de l'humiliation, c'est juste qu'il n'y a pas de temps a perdre pour ménager le patient avec sa pudeur. pour se faire soigner il faut accepter de montrer son corps, on oublie la coquetterie et le glamour.

Christelle

Écrit par : chr | 11-07-2013 à 17:10:00 Hr

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chacun son point de vue, je n'ai pas dit que le personnel humiliait volontairement, mais que les patients peuvent se sentir humiliés à force de se taper des machins dans le derrière ou ailleurs, mais bon quel intérêt de vous répondre, vous passez juste ici faire la pub pour votre mutuelle, dont j'ai enlevé le lien, pathétique....

Écrit par : Anaïs | 15-08-2013 à 08:00:00 Hr

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