21
nov

Faut-il ou non casser du chômeur ?

- Petit, tu feras quoi quand tu seras plus grand ?

- Chômeur, comme papa, comme maman, un chouette boulot, pas fatigant, mais qui peut rapporter gros, comme le lotto…

 

Gros titre dans toute la presse ce jour : "1000 euros pour aider les chômeurs wallons à passer leur permis".

Réaction généralisée : ça suffit d'aider les chômeurs (et ça rime avec glandeur).

Et c'est également ma réaction.  D'ailleurs, au bureau, on se l'est dit : mais pourkwaaa on continuer à se lever à l'aube (surtout moi, qui commence une heure avant mes zamies collègues), à se glisser dans une salle de bain glaciale pour se donner un aspect humain, à emprunter les bus surchauffés (note que ce matin, pté ça caillait – private joke – dans mon bus), because j'ai pas de tuture (mais j'ai le permis, payé à la sueur de mon front… enfin de celui ta maman, avoue-le, petite Anaïs), à aller supporter des clients qui en ont marre de se lever à l'aube and co, des fournisseurs qui fournissent pas, des associés qui font pas leur boulot et j'en passe.

Sérieux, à quoi bon ?  Pourkwaaaaaaaaaaaaaaaa ?

Passque, sauf erreur, si j'étais au chômage, je pourrais écouter pousser mes dents, ah non mes cheveux, en regardant mes intégrales d'Urgences, Medium, Les Frères Scott, Six feet under, Ally Mac Beal, Greys anatomy, Sex and the city et bientôt Desperate housewives (ça c'est pour Mostek), m'inscrire à des cours en ayant mon minerval payé, ne plus payer d'impôts en tant que riche célibataire sans enfant, aller nager gratos, et puis aller pleurnicher au CPAS pour avoir des colis alimentaires.

Donc, oui, ça m'a donné envie de casser du chômeur, je l'avoue.

Puis j'ai lu les réactions sur la page Facebook de RTL (plus de 400, tchu, ça fait causer, le chomdu), et j'ai vu de tout.  De la haine viscérale, celle qui me titille la langue en ce moment, tant j'en ai marre de toutes ces décisions politiques.  De la vulgarité immonde, dans laquelle je ne tomberai jamais (hein ma couille).  De l'illisible because truffé de fautes.  Des débats interminables et stériles car chacun reste sur ses positions.  De la tristesse.  De la rage.  Du désespoir.  De la stupeur.  Du malentendu. Et puis du demandeur d'emploi.  Qui cherche vraiment.  Du moins qui le dit, et j'ai tendance à le croire.  Du demandeur d'emploi fauché, voire désespéré, qui veut bosser, à tout prix, mais n'y parvient pas, car pas de job dispo, pas de diplôme, pas de permis, pas d'expérience, trop d'années au compteur, et j'en passe.

Alors, en effet, y'a du chômeur qui cherche, qui en veut, qui ferait tout pour bosser.  Celui-là, qu'on l'aide, qu'on l'indemnise en attendant, qu'on fasse tout pour qu'il s'en sorte.  Mais qu'on fasse la part des choses entre lui et ceusses pour qui chômer est une profession à part entière, c'est tout ce que je demande, moi.  Vraiment tout.

Passque moi, j'ai pas dû avoir de chance dans ma vie, mais tous les chômeurs que j'ai croisés, ben ils en avaient fait leur job à temps plein.  Je ne les ai jamais entendus parler de la moindre recherche d'emploi, jamais.  Je n'ai peut-être pas de chance, mais c'est ainsi.  Et ça a sans doute eu tendance à me conditionner dans mon ras le bol de l'assistanat ambiant en Gelbique, terre d'accueil…

Et vous, zen pensez quoi ?

Commentaires

vaste débat... mais on doit, en gros, avoir une expérience identique... alors, franchement, j'en pense exactement la même chose que toi... sans haine viscérale mais avec un gros ras le bol... j'ai vu, un jour, un article 60 (c'est encore aut'chose hein ça) pleurer devant la dame du CPAS et après me raconter sa croisière en Egypte... alors, ces gens là, ces assistés là, oui, j'avoue, ils me donnent pas envie de voir une partie de mon salaire financer leurs vacances...

Écrit par : cecile | 22-11-2012 à 07:10:06 Hr

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c'est ça que je déplore, tout comme toi, les abus en tous genres, au cpas aussi, tu as entièrement raison. aucun contrôle sur les bénéficiaires et leurs véritables avoirs, aucune aide parfois à des gens qui en ont vraiment besoin

Écrit par : Anaïs | 22-11-2012 à 20:35:18 Hr

Je déteste les assistés, chômeurs ou non...
pourtant je suis chomeuse en création d'entreprise
je trouve ton avis subjectif voire dangereux ; comme tous les avis "rapides" que l'on pourrait avoir ; je ne condamne pas ton point du vue je condamne plutôt ce que tu écris et que les gens (beaucoup" pourraient prendre pour argent comptant. j'ai créé mon entreprise il y a 6 mois et je travaille 14 h par jour 7/7 ; mon conjoint a perdu son travail il y a 2 ans et a mis à chaque fois 6 mois pour trouver du travail ; chaque matin petites annonces rédaction des cv relance téléphonique suivi de son tableau excel tape tape auprès des entreprises et ce 5/7 ; il a de l'expérience des diplômes mais très peu de retour....un vrai travail à temps plein...et que je ne me souvienne il n'a pas regardé des séries à la chaîne. être chômeur c'est être exclu et ce rapidement et passer des jours à broyer du noir. Et crois moi il y a aussi beaucoup de chômeurs qui font des choses extra pour s'en sortir ; après il y a les chômeurs profiteurs, j'ai envie de te dire et alors ; des profiteurs il y en a partout ; tu n'as jamais passé des coups de fil perso au boulot ou surfer sur internet ; tu n'as jamais passé une journée à glander au lieu de vraiment travailler ...des glandeurs pro qui eux mon Dieu oui cotisent j'en connais une tripotée ; et c'est normal ça ? mais c'est sur ils sont le droit ils travaillent....quand à fustiger les profiteurs au contraire ils sont plus à plaindre ; quelle retraite auront ils, quels exemples donnent ils à leurs enfants ...et le chomage pour combien de temps ? le problème c'est qu'aujourd'hui on aime trop regarder dans la gamelle du voisin ; mais il ne faut pas se comparer il faut être fier de participer à l'effort d'avoir un job et de faire du mieux que l'on peut ; la roue tourne, toujours....

Écrit par : vasse | 22-11-2012 à 20:25:01 Hr

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je comprends ton point de vue mais :
- je ne nie pas que certains chômeurs ne veulent pas le rester, d'ailleurs j'en parle (même si je n'en ai jamais connu)
- ton conjoint a cherché un job (et l'a trouvé, si je te comprends bien), ce n'est donc pas ce que je considère comme un chômeur à temps plein, qui le restera à vie par choix
- passer un coup de fil perso ou prendre une pause au bureau, quand bien même durerait-elle une journée, n'est pas comparable avec rester quarante ans au chômage à nouveau par choix, faut pas abuser
- le monde du travail est plein de glandeurs aussi, tu as entièrement raison, mais en tout cas dans le privé ils sont payés par le privé, ça ne nuit pas à la société (il en est autrement des fonctionnaires, c'est clair)
- je ne suis pas sûre que j'aurai plus de pension qu'un chômeur, étant dans le privé et à temps partiel, ça mérite discussion et comparaison
- et bien c'est tout :)
mon article vise à poser la question, à noter que la révolte gronde, à parler de ma réaction spontanée et à tenter de faire la part des choses même si j'ai du mal en ce moment

Écrit par : Anaïs | 22-11-2012 à 20:35:41 Hr

dernière chose : un avis est toujours subjectif, c'est bien son but, sinon ce ne serait pas un avis, en tout cas le mien

Écrit par : Anaïs | 22-11-2012 à 20:36:39 Hr

Je suis un peu du même avis ... aider un chômeur n'est tellement le problème. Le problème est, comme souvent, ceux qui abusent du système et ne sont pas, ou peu, pénalisés (souvent au prétexte qu'on n'a pas assez de ressources pour les repérer).

Vraiment rechercher un emploi est, à mon avis, pratiquement un travail à temps complet. Et là, je parle de vraie recherche active : répondre sérieusement aux annonces (pas se contenter d'un copier coller vite fait), préparer ses interviews, y aller, rechercher des emplois "cachés" (c-à-d aller un peu plus loin que vaguement regarder les petites annonces une fois par semaine), etc. Là, je n'ai absolument pas de problème à ce que ce chômeur là ne paie pas son bus.

Par contre, il y a quelques temps, une personne qui travaille dans un école me racontait qu'il était chargé de recruter une "femme de ménage" pour l'école (je le met entre guillemets car ça aurait pu être un homme). Eh bien, il a eu toutes les peines du monde à trouver quelqu'un. Il a même eu une personne qui s'est présentée, lui a dit qu'elle n'était pas intéressée mais qu'il FALLAIT qu'on lui signe une attestation indiquant qu'elle s'était présentée. Quand le "recruteur", la trouvant un peu mauvaise (elle n'avait même pas la décence de jouer le jeu et faire semblant), a demandé pourquoi elle n'était pas intéressée mais se présentait quand même, la dame lui a répondu que le salaire était beaucoup trop bas et que, avec tous les avantages qu'elle avait, c'était bien plus intéressant de rester au chômage.
Il a signé l'attestation mais a indiqué que la dame avait refusé l'emploi .. il semble qu'elle n'ait eu aucune pénalité et qu'elle continue le même jeu régulièrement à plusieurs endroits dans la région.
Dans des cas comme celui-là, j'aurais tendance à n'avoir aucune pitié.

Et encore, on n'a pas abordé le cas du travail en noir :-)

Écrit par : Vounic | 22-11-2012 à 20:31:15 Hr

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argh Vounic, ce que tu racontes ne m'étonne pas, et m'énerffffffffff au plus haut point, et beaucoup font pareil, des formations, se présenter et faire foirer l'interview, tout ça pour ne pas être rayés, insupportable qu'ils ne soient jamais pénalisés, j'en ai connu, donc ça existe clair et net

tu as raison, trouver un job prend l'équivalent d'un temps plein, et je reparlais ce matin de ma propre recherche, pas les moyens de m'acheter 300 timbres, alors mes 300 candidatures spontanées, je les ai déposées à pied, dans tout Namur, parcourant rue après rue, et j'ai eu la chance d'être ensuite convoquée là où je bosse depuis près de vingt ans. une chance, mais je l'ai forcée aussi en me bougeant le cul si je peux parler ainsi (d'ailleurs, ce samedi et ce dimanche là, il pleuvait, ce ne fut pas la joie que cette longue balade), même si clair qu'à l'époque c'était moins merdique que maintenant.

jamais je ne critiquerai un chômeur qui l'est par obligation et veut s'en sortir ou un bénéficiaire du cpas vraiment dans la dèche. ce sont les abus que je critique, et l'inaction des cpas et onem face à ces abus dont ils ne peuvent nier l'existence

Écrit par : Anaïs | 22-11-2012 à 20:43:44 Hr

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Je suis tout-à-fait d'accord avec toi mais après "investigations" les critères pour y avoir droit seront drastiques et soumis à l'accord d'un conseiller (Forem, par exemple).

Écrit par : la porteuse de hauts talons | 22-11-2012 à 21:20:02 Hr

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Rien que le titre de ce post me donne envie de vomir "casser ou non du chômeur"
C'est petit. C'est laid. C'est laidement petit. C'est triste, surtout.

"Quand le "recruteur", la trouvant un peu mauvaise (elle n'avait même pas la décence de jouer le jeu et faire semblant), a demandé pourquoi elle n'était pas intéressée mais se présentait quand même, la dame lui a répondu que le salaire était beaucoup trop bas et que, avec tous les avantages qu'elle avait, c'était bien plus intéressant de rester au chômage."

Je suis au chômage. Il m'est arrivé de nombreuses fois de refuser un emploi parce que les lois sont si bien faites que travailler me fait perdre de l'argent, parce que le salaire est plus bas que les allocations de chômage, et quand on prend en compte les allocations familiales majorées qui en découlent, l'absence de frais de déplacement... le calcul est vite fait. Et quand on est une femme seule avec des enfants à charge, sans pension alimentaire pour eux, le moindre centime compte. C'est le quotidien qu'il faut tenter d'assumer, le quotidien que dis-je, le strict nécessaire, un minimum à peine décent pour ses enfants. Refuser un emploi, c'est parfois une question de priorité, de SURVIE. C'est parfois ne pas pouvoir faire AUTREMENT.

Et toi, avec ton esprit format A4, tu mets tout le monde dans le même sac. Pauvre petite Anaïs qui n'a pas de chance...
Pas la chance d'avoir des enfants car si tu en avais, tu serais sans doute plus humaine.
Ton post est une injure pour toutes ces personnes que la société et les lois mal faites ont poussé malgré elles à entrer dans un cercle vicieux dont il est très difficile de sortir, cercle vicieux que cette belle société et ses lois si bien faites entretiennent bien consciencieusement.

"Casser du chômeur"
Cette formulation est abjecte.
Elle sent le racisme à plein nez.

Écrit par : françoise | 23-11-2012 à 00:25:00 Hr

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voilà l'exemple que j'attendais, qui prouve tout ce que je pensais, bien malheureusement... merci Françoise, oui je suis "raciste", comme tu le dis, raciste anti profiteurs, raciste anti-assistanat, raciste anti-ceux qui n'ont aucun amour propre et préfèrent se complaire dans leur situation en pleurnichant plutôt que de se bouger pour la faire changer, mais aussi raciste anti-système belge qui permet cela. et j'assume mon point de vue, je l'assume encore plus en lisant ce que tu m'écris.

Écrit par : Anaïs | 23-11-2012 à 07:43:23 Hr

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Même si je ne suis pas dans sa situation, je comprends Françoise qui refuse un emploi qui lui donnerait encore moins de revenus alors qu'elle a des enfants à charge.

Écrit par : ApprentieMaman | 28-11-2012 à 23:09:25 Hr

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