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oct

Fiff – day 5 – Dead man talking

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Un seul film visionné en ce cinquième jour, mais quel film !

J'appréhendais que ce premier film de Patrick Ridremont ne soit qu'un monologue soporifique, au vu des premières images découvertes de ci de là.  Il n'en fut rien.

Certes, il s'agit bel et bien d'un condamné à mort qui se met à parler de lui, de plus en plus au fur et à mesure qu'il comprend qu'une faille de la loi permet que son exécution soit postposée tant qu'il parle, mais cette pirouette de sa part n'est que le point de départ d'une réflexion bien plus profonde, quoiqu'en permanence saupoudrée d'humour, et c'est tant mieux.

Autour de lui gravitent des personnages hauts en couleurs (voire en noirceur), incarnés par François Berléand et Virginie Efira, notamment, mais également par une jeune actrice que je ne connaissais pas, sorte de chaperon rouge au regard envoûtant et ayant un petit air de Marion Cotillard jeune (dont je ne publierai aucune photo, afin d'éviter un procès de sa part, mouahahah). 

Un film qui propose plusieurs lectures : une analyse de la société actuelle et de son voyeurisme télé-réalitesque, une critique du monde politique dans lequel tous les coups sont permis pour obtenir des voix (je m'en rends compte chaque jour en ouvrant ma boîte aux lettres et en songeant aux pauvres arbres sacrifiés pour si peu de choses), et puis, surtout, une approche de la peine de mort et du milieu carcéral, dans lequel on connaît finalement si peu des condamnés.  Or, on l'oublie souvent : leur vie commence bien avant le crime, dans le cas qui nous occupe, bien sordide et immonde.  Comme l'affiche du film le montre subtilement, notre dead man talking a un passé, un vécu, des souvenirs, un quotidien, des souffrances (des circonstances atténuantes, qu'on dit Anaïs) qui ont façonné sa personnalité et ce qu'il est devenu.  Grâce à de courts flashbacks bien pensés, Patrick Ridremont (qui en plus d'être le réalisateur, interprète également avec brio le premier rôle de ce film) nous permet d'apprendre à connaître ce condamné.  Et à l'aimer, bien malgré nous… 

Rires et émotion au programme dans ce film aux décors hors du temps, qui fait réfléchir bien au-delà de la fin du générique.

Dans nos salles depuis ce 3 octobre.

Mon moment préféré : quand la jeune fille fait en sorte de faire partie de l'histoire du condamné.  Emouvant.

Le site :  http://www.deadmantalking-lefilm.com/

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18:59 Écrit par Anaïs dans Anaïs fait son cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

Commentaires

Ah ben la jeune fille dont tu parles, c'est celle qui jouait justement Marion Cottilard enfant dans La Môme...

Écrit par : Nathalie | 05-10-2012 à 10:38:13 Hr

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