17
sep

La boutique de la seconde chance – Michael Zaadorian

 

"Le dimanche, on lit au lit".

J'ai de suite adoré ce roman pour plein de choses :

- sa couverture qui fait rêver (oui, bon, c'est pas des cœurs mièvres ou du rose, mais elle fait tellement bosser l'imagination, elle est si jolie, si prometteuse que je l'aime d'amour)

- son histoire, celle d'un brocanteur qui accumule accumule accumule (ça me fait penser à quelqu'un, suivez mon auto-regard)

- après quelques pages de lecture à peine, ses citations pleines de bon sens pour la collectionneuse en puissance que je suis :

On possède quelque chose quand on est gosse, qu'on est prêt à payer une centaine de fois sa valeur d'origine une fois adulte. On croit reconquérir sa jeunesse, son innocence, un truc dans ce goût-là, alors qu'en réalité on ne fait que racheter sa propre ignorance. On cherche à se souvenir d'un temps où l'on en savait moins long.

Plus on prend de l'âge, plus on possède d'objets. Pourquoi ça ? Parce que les objets ont un pouvoir de protection. Ils agissent comme un lest, une sorte de système passif d'entrave à la mortalité. Que l'on songe à ce que l'on ressent au moment d'acheter quelque chose. Ce petit flash. Comme un éclair d'éternité.

J'aime.

Et j'ai aimé partager un bout de la vie de Richard, qui porte si mal son prénom.  Il est solitaire.  Il est fauché.  Il est passionné par les vieilleries, mais pas toutes, non, juste celles qui ont une âme, un cachet, sans être onéreuses.  Il leur offre une seconde vie.  Une seconde chance. 

Deux événements vont chambouler la vie de notre héros.

Le décès de sa mère va le replonger dans la cave de ses parents, où il découvrira des choses dont il ignorait tout. 

La rencontre d'une cliente pas comme les autres, qui partage sa passion pour les vieilles choses.  Mais il aimerait partager d'autres choses avec elle, foi de moi !

Voilà une jolie histoire, toute simple et pourtant bien complexe.  Toute unique et pourtant tellement universelle.

Une histoire dans laquelle tout qui aime les objets se retrouvera.  Dans laquelle tout qui a été confronté à l'intimité et la difficulté du tri des objets d'un défunt se retrouvera.  Dans laquelle tout qui a des souffrances enfuies se retrouvera.  Dans laquelle j'ai donc trouvé trois bonnes raisons, à tout le moins, de me retrouver…

 

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