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sep

Les accusées – Charlotte Rogan

« Le dimanche, on lit au lit ».

Cent ans presque jour pour jour après le naufrage du Titanic, Charlotte Rogan nous emmène vers un autre naufrage… pas tout à fait le même, cette fois.  Jugez plutôt, à la lecture du pitch :

A l'été 1914, l'Impératrice Alexandra, un paquebot transatlantique croisant vers New York, fait naufrage suite à une mystérieuse explosion. A son bord se trouve Henry Winter, un riche banquier en voyage de noces avec sa jeune épouse Grace. Malgré la panique ambiante, Henry parvient à trouver une place à sa femme sur l'une des chaloupes de sauvetage. Elle y rejoint trente-huit autres passagers, bien plus que l'embarcation ne peut en contenir. Pendant vingt et un jours et vingt et une nuits, les rescapés luttent contre les éléments, la faim, la soif et leur pire ennemi: la peur. La chaloupe menace de chavirer à tout moment et les inimitiés ne tardent pas à apparaître. Une évidence se fait jour: pour que certains vivent, d'autres doivent mourir. Grace fait partie de ceux qui ont survécu... mais à quel prix ? C'est ce que cherche à savoir le tribunal devant lequel elle comparaît avec deux autres femmes, toutes trois accusées d'avoir tué l'un de leurs compagnons d'infortune. Mais la justice peut-elle vraiment statuer sur ce qui s'est passé entre ces hommes et femmes confrontés à une mort imminente ? Sublime et dérangeant, Les Accusées explore les limites de la morale humaine.

C’est plutôt d’un naufrage potentiel de l’âme humaine dont il s’agit dans Les accusées.  Toute l’action se situe dans la chaloupe, après le naufrage, et c’est tout le talent de l’auteure, de créer une action là où il n’y en a pas, là où l’attente est la seule occupation, outre la lutte pour la survie, la répartition des rations de nourriture et d’eau, les phases de sommeil, l’eau qui s’infiltre partout et qu’il faut écoper.  Ajoutez à cela une angoisse qui va crescendo, due à la prise de conscience que le drame est inévitable, et vous aurez un très bon roman, qui captive de la première à la dernière page.  Qui dérange, aussi, car il fait se poser la question : qu’aurais-je fait, moi, à leur place ?

Ce livre m’a rappelé le film ô combien dérangeant, lui aussi : Les survivants.  Basé sur une histoire vraie, ce film retrace l’épreuve abominable vécue par les survivants d’un crash aérien dans la Cordillère des Andes : le froid, la mort, la faim et l’attente des secours qui n’arrivent pas.  Avec cet acte controversé : le cannibalisme.  Et pourtant, qu’aurions-nous fait à leur place ?

C’est sans doute cette question que je me suis posée, tant durant la lecture que durant ce film que j’ai vu il y a de nombreuses années maintenant qui m’a fait se rapprocher ces deux histoires pourtant si dissemblables.

Un roman étrange, bouleversant, dérangeant, dont on sort plein de questions…

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