14
avr

Il était un petit navire…

(billet paru dans le 7mag de mars, publié cent ans après, même jour, même heure)

Tout va vite, de nos jours, ma bonne dame.  Très vite.  Trop vite.

Dès le 1er septembre, on sort les citrouilles d’Halloween, le 2 novembre arrivent les sapins de Noël, le 15 décembre les cœurs de Saint-Valentin font leur apparition et dès juin, on achète les cartables !

Il est donc tout naturel qu’en ce mois de mars, je vous parle déjà de vacances.  Because il est grand temps de songer à réserver, pour profiter de big réductions de la mort qui tue la vie.

Et comme je ne monte jamais dans les grands oiseaux de métal qui vous emmènent à l’autre bout de la terre, n’en déplaise à ceux qui me rabattent les oreilles avec leurs statistiques sur les accidents d’oiseaux de métal, de machine qui fait tchou tchou ou de mange essence, j’ai envie de vous parler de vacances en… bouchon qui flotte.  En bateau.

Quoique… est-ce bien le moment de parler bateau, en cette vague (admirez l’allusion subtile) d’accidents dramatiques (des morts) ou cocasses (des passagers privés de WC durant trois jours).

D’un côté, si on ne peut parler que de sujets ne faisant pas l’actualité, me voilà contrainte d’éviter de parler d’élections, de curés, de bouffe, de crise financière et politique, de mon régime ou de la dernière relation de Jenifer Aniston.  Alors j’assume, je vais vous causer de ma croisière

Ma croisière sur un bateau de la compagnie… enfin vous voyez quoi, cette compagnie signifiant « littoral maritime », ou « côte ».

Ben croyez-le ou pas, ce fut nirvanesque.  Mes meilleures vacances.  Un juste mélange de découverte, de farniente, de bonne bouffe de bonne qualité de bon goût en bonne quantité bonne bonne bonne, de soleil, de jacuzzi, de chouette ambiance et de robes du soir pour me la péter grave.

J’ai adoré.

Surtout ce fabuleux moment où, seule sur le pont, tandis que tout le monde était attablé au resto ou « assiesté » dans les cabines, j’ai dansé dansé dansé, musique dans les oreilles, coucher de soleil dans les mirettes, bras levés au ciel.  Nirvanesque je vous dis, que ce moment.  Un peu moins lorsque j’ai découvert que j’étais filmée et montrée en direct dans le millier de cabines du navire, mais qu’importe, le ridicule ne tue pas, il se contente de ridiculiser.

Alors, malgré les drames de ce début d’année, malgré le centenaire du naufrage du Titanic, ben moi, si on me propose une croisière, là, de suite, départ immédiat, ben je signe de suite.  Qui veut ?

 

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