29
déc

Voyage en nostalgie sur fond musical

Je vous écris des années 80, où je suis donc partie en voyage musical après avoir rebranché la chaîne hi-fi de mon paternel.  J’ai moi-même une chaîne hifi, of course, mais une micro.  Avec juste un lecteur K7 qui ne sert pas, la radio et un lecteur CD.  Elle m’accompagne depuis genre 1997, voire avant, la résistante.  J’ai également toujours le tourne-disque de mon enfance, mais il n’a plus de « lecteur », ça s’appelait un diamant à l’époque non ?  J’avais tenté d’en retrouver un, en vain, il y a des années.  Je parie qu’actuellement ça serait possible, vu que les tourne-disques sont à nouveau en vente, avec fonction conversion MP3.  J’ai donc hérité de cette chaîne hifi, qui allait me permettre, en ce jour solennel, de réécouter ma collection de 33 et 45T, plus jamais écoutée depuis en tout cas 1995, voire avant.

Je commence fort, avec un 33T reçu quand j’étais môme, qui contenait Words de FR David, ma passion fugace de l’époque.  Je lance le 33T, et je me mets à brailler comme un veau.  A gros sanglots longs des violons de l’automne.  Je n’aurais pas imaginé que ce morceau me ferait un tel effet.  L’effet de l’enfance, l’effet de cette période où j’avais une famille que je croyais (innocence bête) unie.  L’effet de me revoir, en flash-back, écouter ce morceau dans ma chambre de l’époque, que je n’aimais même pas en plus.  L’effet de savoir que si je peux écouter ce morceau, c’est because of la fauchieuse qui a fauché.  Et je pleure je pleure je pleure.

Puis la source se tarit et je me concentre sur le morceau. 

Ah que le son est mauvais, strident, criard.  Mais que c’est bon, ce geste de soulever le bras du tourne-disque et de le déposer précautionneusement sur le disque, en essayant de ne pas le faire glisser, histoire de ne pas casser immédiatement mon nouveau jouet.  Ah que c’est chouette finalement d’avoir mon âge, d’avoir connu l’époque des disques, tout simplement.  D’en avoir acheté, reçu, offert, collectionné.  De ne pas devoir dire « les disques, ah ah ah, mais j’étais pas née ».  D’entendre, à la fin du morceau, les craquements si caractéristiques de cette époque, les craquements des vinyles.

Je décide alors, après avoir bien pleuré, d’écouter quelques 45 tours.  Immédiatement, je réalise à quel point c’est chiant de devoir changer de disque toutes les 3 minutes 28 secondes, d’autant que le rond (pour ceusses nés après 1990, le rond se met au centre du 45T pour qu’il ne bouge pas, vu le trou qui le perce en son centre, tandis que le 33T n’a pas besoin de rond, son trou étant plus petit – c’était la leçon tourne-disquesque du jour). 

Je vous commente en direct live…

Mylène Farmer, pour commencer, me susurre qu’elle est désenchantée.  De circonstance après les larmes absolues d’il y a dix minutes chrono.  Je me sens comme elle.

Un peu plus de joie avec Kim Wilde et Cambodia, dieu que c’est chouette.  Et je danse.  Oups, la fin du disque tourne en eau de boudin, tout se bloque, doit y avoir une grosse grosse poussière.  Et oui, en ce temps là, les peluches s’accumulaient sur le diamant, et fallait les enlever précautionneusement.

Tiens, deux 45T d’Amnesia, ça me rappelle vaguement quelque chose.  Allez, j’écoute Ibiza.  My god, de la new beat.  Comment ai-je pu aimer ça ?  Ah ben oui, j’ai aimé, et finalement, certaines tonalités me plaisent encore, nostalgie nostalgie, qui me catapulte à la mer du Nord, avec ma meilleure amie homonyme de l’époque, les sorties au Stardust chaque soir, et la new beat à chaque minute.

Madonna et Live to tell.  J’ai tous les 45T de Madonna, qui fut ma première passion (après Belmondo, of course).  Et eux ont un traitement de faveur : des pochettes plastique de protection.  J’ai même des maxi collector, yesssss.  Le jour où elle décèdera (le plus tard possible hein), ça vaudra une fortune non ?  Sait-on jamais…

Minutes plan plan avec le duo Glenn Medeiros et Elsa et leur roman d’amitié.  Je me revois en voyage scolaire à Londres.

Luna Parker et ses états d’âme Eric.  Je la connaissais par cœur, comme quasi toutes.  J’adorais, comme toutes.

Cretu chante Samourai, kekseksa ?  Plus aucun souvenir, allez, j’écoute.  Après avoir enlevé quelques crasses qui squattent le 45T.  Bon ça me rappelle vaguement quelque chose, sans plus.  On dirait du vague Depeche Mode.  Aaah, yes, au refrain je me resitue. Ohouho, ohouho, et je chante, je hurle.

Pour toi Arménie.  J’achetais tous les disques à vocation humanitaire.  We are the world aussi.  Et les Restos du cœur aussi.  Et même Sampan, dernier matin d’Asie, que j’avais totalement oublié.  Y’a que celui pour l’Ethiopie que j’avais zappé, car il n’était qu’en version maxi, tandis que mon budget, lui, était mini.

Bros et When will I be famous.  Dingue, j’avais oublié qu’ils avaient un jour existé, eux ! Une de mes amies en était raide dingue, genre amoureuse quoi.  Pas moi, moi c’était Madonna, mais j’étais pas amoureuse.

Tragic error – klatsche in die hande.  Et vlà de l’allemand, la période new beat, le retour.  Dieu que ça a dû être dur pour ma famille de supporter les écoutes de ces morceaux, que je suis sûre, je mettais en version repeat (oui, ça existait sur mon tourne-disque, le bras revenait puis repartait au boulot, qué progrès déjà à l’époque).

2 belgen – Lena.  Sans doute le morceau préféré de ma pré-adolescence.  Complètement folle de ce morceau, qui passait à la fête de l’école oùsque j’étais, la fête du collège que ça s’appelait, aux auto-scooters.  C’était trop cool ce week-end festif annuel.  Et j’étais amoureuse.  J’allais aux auto-scooters en rêvassant à mes amours en écoutant Lena.  Rhaaaaaaa, Lena Lena, this melody…

Zinno – What’s your name.  Quelle idée d’acheter « Bond, my name is Bond », moi qui ai toujours détesté ces films.  Cette chanson ne me rappelle rien, absolument rien, si ce n’est que je l’ai aimée à un moment précis…

France Gall – Cézanne peint.  Magnifique morceau, qui me fout toujours les mêmes frissons. Souvenir du concert à Forest où je l’avais vue.  Et du second concert où j’avais vomi mes tripes sur les chaussures de mon accompagnatrice, la pauvre.  Coût de ce 45T, 110 francs, dit l’étiquette.  En 1985. Et la pochette précise « extrait de l’album Débranche, disponible en K7 et compact disc ».  kwaaaaaaaa, les CD existaient déjà en 1985 ?  Ah ben ça alors.

Celine Dion – La religieuse.  Pas le gâteau non, la vraie religieuse.  Je parie que je suis la seule au monde à connaître ce morceau.  Et à l’aimer à la folie.  Me demande, là, si j’ai pas finalement loupé ma vocation.

Kylie Minogue et Jason Donovan et leur Especially for you.  J’adore.  Cucul ?  Ben oui, c’est le but.  A l’époque, on bavait toutes devant Jason, que personne ne tente de le nier.  Ni brun ni ténébreux, mais on bavait.  Me demande ce qu’il est devenu, tiens.

Rho ben ça, je savais même pas que j’avais ce disque : Chi mai d’Ennio Morricone, BOF de Belmondo dans Le professionnel.  Rha ce film.  Rha Bebel.  Ral la fin, tragique et cruelle.  Rha cette musique sublime.  Le disque date de 1980, cela doit être mon tout premier 45T, le premier de ma vie.  Trop beau.  Ça me rappelle cette belle émission sur la carrière de Bebel, que j’avais regardée il y a peu, avec plein d’extraits de ses films et de ses cascades.  Je l’admire toujours, mon Bebel.  J’avais 8 ans et il fut mon premier amour.

France gall – poupée de cire poupée de son.  Là, j’étais pas née, bande de vilains.  Ce disque me vient de ma môman.  J’adorais.  J’adore encore.  J’ai plus la pochette, drame, où peut-elle bien être ?  En plus, à l’époque, on avait quatre chansons par 45T oui oui oui, quasi un mini album quoi.  Alors j’écoute aussi, tant qu’à faire : dis à ton capitaine, un prince charmant et les titres me reviennent sans tricher… sauf le 4e qui ne veut pas surgir…

Si ces morceaux vous ont rappelé des anecdotes, des premiers baisers, des disputes, des tranches de vie… ne me laissez pas seule avec mes souvenirs, partagez partagez partagez, dites-moi tout.

Commentaires

Euhh, je me souviens du vomi de tripes sur MES chaussures et du fait que les danseuses de France Gall (qui avaient sauté à la corde après avoir mangé du "Chinois"...) étaient tes compagnes de douleur à l'infirmerie...

Écrit par : Véro | 29-12-2011 à 09:07:47 Hr

Répondre à ce commentaire

ah oui en effet, meilleure mémoire que moi, qui avais oublié; je me souviens aussi du retour à Namur, devoir reprendre la voiture (à l'époque je conduisais, oui oui) en luttant pour ne pas revomir. ensuite j'ai pigé comment l'éviter : me coucher...

Écrit par : Anaïs | 29-12-2011 à 15:58:07 Hr

Que dire alors de mes disques d'Hugues Aufray et bien d'autres... J'ai eu mon premier tourne-disques en 1964 ! Et mon frère a cru bon de m'offrir un disque pour mon anniversaire : La symphonie inahevée de Shubert. Je l'écoute toujours avec respect.

Non, je ne pleure pas mais j'avoue que certaines musiques (de variétés ou classiques) me laissent toujours avec les yeux brillants et souvent sans savoir pourquoi...

Écrit par : Louis | 29-12-2011 à 09:48:52 Hr

Répondre à ce commentaire

merci Louis, je comprends, moi aussi certains morceaux me mettent de l'eau plein les yeux

Écrit par : Anaïs | 29-12-2011 à 15:58:39 Hr

Je te suis sur Madonna avec en souvenir les critiques de mon père, qui disait qu'elle ne durerait pas et qu'on aurait vite fait de l'oublier.
J'aimais surtout la chanson française, donc JJG, France Gall, Michel Berger et pleins d'autres...

Écrit par : livfourmi | 29-12-2011 à 10:45:58 Hr

Répondre à ce commentaire

ah ton papounet avait tort :) je confirme, france gall, berger... en grande fan de chanson française

Écrit par : Anaïs | 29-12-2011 à 15:59:21 Hr

Je ne connaissais pas "La religieuse", je viens de l'écouter. J'aime beaucoup les paroles, mais pourquoi diable y a-t-il ces deux intermèdes jazzy ???

Par contre, "Words"... souvenirs souvenirs ... mon mari était absent pour plusieurs mois quand la chanson est sortie, et j'avais beau lui écrire une lettre par jour, les paroles correspondaient exactement à ce que je ressentais.

Écrit par : Catherine | 29-12-2011 à 11:17:36 Hr

Répondre à ce commentaire

merci pour ces souvenirs, j'aime

Écrit par : Anaïs | 11-01-2012 à 19:47:26 Hr

Il est émouvant ton texte, Anaïs...
Ma chaîne date de 1988, j'ai encore le tourne-disque, il marche, mais je le fais peu fonctionner, pourtant j'ai encore un certain nombre de 33 tours.
Le lecteur CD, lui, s'est ajouté à l'ensemble en 1990, plus de vingt ans.

C'est vrai qu'il y a un plaisir particulier à sortir un disque de sa pochette en papier, de le voir tourner sur la platine, de poser l'aiguille, délicatement...

Écrit par : nuages | 29-12-2011 à 14:15:12 Hr

Répondre à ce commentaire

merci Nuages, tu as raison, l'émotion est particulière avec un vinyle

Écrit par : Anaïs | 29-12-2011 à 15:59:54 Hr

"Même à genoux, même en prière(...)La religieuse a comme moi..." Je m'en souviens aussi! Chez moi le tourne-disques était dans le salon, on n'avait pas des masses de disques. (le 33 tours de Sandra Kim pour moi, quelques Michelle Torr pour papa, Jean Ferrat pour Maman, ...) Mais j'avais mon super radio-k7 rouge reçu à ma communion grâce auquel je me faisais des super compils de chansons enregistrées à la radio. Certaines de celles de ton billet entre-autres. Mes première vraies K7 à 10 ans : Non Homologué de Goldman et France Gall en concert au Zenith.
Et j'avais aussi complètement oublié l'existence de Bros!! Merci pour la piqûre de rappel!

Écrit par : Anne-Michèle | 29-12-2011 à 16:17:47 Hr

Répondre à ce commentaire

sandra kim j'ai, et france gall au zénith, mais en 33 t
merci à toi pour ce partage

Écrit par : Anaïs | 11-01-2012 à 19:48:24 Hr

héhé tu me donnes envie de remettre un vieux Moustaki sur le tout aussi vieux tourne-disques ;-)

Écrit par : Adrienne | 29-12-2011 à 18:56:44 Hr

Répondre à ce commentaire

vas-y fonce

Écrit par : Anaïs | 11-01-2012 à 19:48:40 Hr

Je n'ai que 73 ans et je me souviens de mon premier 78 tours que l'on faisait tourner sur un phonographe mécanique .... c'était Jézebel de Frankie Laine puis vint le pick-up automatique élac avec " saphir " sur lequel Et maintenant de Gilbert Bécaut m'aidait à vaincre les moments tristes de la vie d'un jeune homme seul.

Écrit par : Eifel | 31-12-2011 à 15:23:26 Hr

Répondre à ce commentaire

merci pour ces anecdotes, les 78 t j'ai pas connu, mais je pense qu'il en traînait un chez moi, mais pas sûre...

Écrit par : Anaïs | 11-01-2012 à 19:49:16 Hr

Les commentaires sont fermés.