19
avr

J’ai rencontré Pat Ibulaire

Bon, clair que j’aurais préféré rencontrer Saint-Nicolas avec ses chocolats, mais j’ai pas eu le choix.

Alors j’ai rencontré Pat Ibulaire.  Vous connaissez ?  C’est un personnage du Journal de Mickey ou de Super Picsou ou de … ben je sais plus, ce sont les trois journaux que je lisais quand j’étais môme, le Journal de Mickey était hebdomadaire, le … mensuel et le Super Picsou tous les deux mois (mais chais pas comment on dit, car bimensuel c’est deux fois par mois non ?)  Au milieu des gentils donc, y’avait le méchant, Pat Ibulaire.

Le matin, je suis la première à arriver au bureau.  Enfin pas tout à fait, vu que la femme de ménage technicienne de surface est là avant moi, bien avant moi.  Elle est cool et après notre conversation matinale habituelle, savoir le lundi « ça va, ben comme un lundi, oui vivement vendredi », le mardi « ça va, fatiguééééééééééééééée », le mercredi « ça va, vivement le wiiiiiiiiiikende », le jeudi « ça va, ouiiiiiiiiii, demain wiiiiiiiiiiiiiiikeeeeeeeeeeeeeeeeendeeeeeeeeeeeuh » et le vendredi « ça va, yes yes yes, que du bonheur c’est vendredi et demain c’est samedi on fout l’camp d’ici oh (ça se chante hein ça) », je rejoins mes pénates.

Soudain, même pas assise l’Anaïs, on sonne.

Trop tôt pour être le facteur.

Vu que je bosse dans le bureau « fort fort lointain », comme Shrek, il me faut un temps fou pour rejoindre le hall d’accueil et l’ouvre-porte.  J’entame donc ma randonnée jusqu’à la porte d’entrée, pas après pas, marche après marche, persuadée que c’est pas le facteur.  Et que j’ai pas envie d’ouvrir, du coup, mais c’est mon devoir.

Durant le trajet, ça sonne à nouveau, de façon impatiente.  Oui, l’impatience se remarque dans le coup de sonnette, vous n’aviez jamais remarqué ?

Après ce long périple, j’arrive à quelques mètres de la porte quand, soudain, le drame se produit : les coups de sonnettes exaspérés ont laissé place à des coups répétés sur la porte, assortis de mouvements violents sur ladite porte, pauvre petite chose fragile secouée pire qu’un morceau de fruit dans un blender à smoothies.  L’individu aimable qui sonnait gentiment à la porte a laissé place à une sorte d’Incroyable Hulk excédé de ne pouvoir entrer…  Et moi aussi je suis excédée de ce manque de respect.  Tout bien réfléchi, je suis plus effrayée qu’excédée, car c’est l’aube et je suis seule, la technicienne de surface m’ayant lâchement abandonnée pour se réfugier à la cave, une fois que les coups répétés ont commencé.  Et l’individu insiste, secouant la porte à qui mieux mieux, dans l’espoir vain de la voir céder… ce qui serait, somme toute, assez amusant.  Non ?  Non.

Je prends donc mon courage à deux pieds, j’ouvre la porte, et découvre… une petite dame toute menue toute frêle, à l’air courroucé de la puce face à un Sphynx.  L’air de rien, elle me remet un courrier.  Un simple courrier !  Un bête courrier.  Puis elle s’en va, toujours l’air de rien.  Tout ça pour ça…

Je vous le dis, ma bonne Dame, la clientèle n’est plus ce qu’elle était.

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