23
nov

Quand les reboostants me font un effet bœuf (bis)

Je vous ai parlé hier de ces tas de gélules et ampoules que j’avais ingurgitées pour me rebooster, et qui étaient miraculeusement miraculeuses.

Durant cette cure, j’ai pu constater que c’était vraiment le cas.

Nous sommes en septembre.

Il fait absolument sinistre, il pleut, il fait gris.  Un peu comme en novembre, mais en septembre.

J’ai rendez-vous avec une amie à 12h30 chez Pizza hut.  A Namur.  Et chuis à Bouge. Sur les hauteurs.

A 12h00, je finis de bosser, et je pars choper un bus.

Que je rate.

Pas grave, je prendrai le prochain.  Mais il est dans un quart d’heure.  Je vais être en retard.

Je suis à l’arrêt de bus.

J’attends.

Souci supplémentaire, j’ai pas de montre (c’est cette période horrible durant laquelle j’ai vécu sans montre, souviendez-vous).  Je supporte pas ça.

Alors je regarde mon GSM, presque déchargé, toutes les trente secondes, et je réalise que je vais vraiment être en retard.  Horreur et putréfaction glauque, j’aime pas du tout être en retard.  Etre en retard me stresse au plus haut point.  Vous me direz qu’avec les potions miraculeuses que j’ingurgite, je devrais pas être stressée.  Je confirme.  Mais y’a des limites quoi.  Ça empêche le stress, mais pas dans les cas extrêmes comme un crash d’avion, un grand requin blanc qui surgit ou cinq minutes de retard.

Me vlà donc à l’arrêt de bus, en retard.  Galère.  Enfer.

Mais la galère et l’enfer, c’est maintenant (à dire sur le ton de Denis Brogniiiiaaaaard dans Koh Lanta, lorsqu’il dit « et le conseil, c’est maintenant).

Car surgit une guêpe.

Sont pas censées se mettre à l’abri, quand il pleut, les zébrées, des fois ?

Même pas.

Et elle me tourne autour.  Déjà que j’ai pas de parapluie, faut que je me farcisse une zébrée qui me harcèle.  A croire que la pluie l’énerve.

La pluie l’énerve, et la guêpe m’énerve, on est mal barrées, elle et moi.

Pour échapper à l’attaque guêpo-nucléaire, je décide d’aller à l’arrêt suivant, à pied.  J’ai bien le temps.  Autant m’occuper, et ne plus subir ce bestiau qui tourne autour de moi comme un bernard-l’ermite autour d’une coquille vide.

Alors je marche jusqu’à l’arrêt suivant.

Une fois arrivée, je me dis que ça ne changera rien à mon retard, qu’il serait bon que je prévienne mon amie. 

Je saisis mon gsm, mais pas le temps d’envoyer un sms, il est totalement déchargé (mes amies vous diront que mon gsm est inutiles, il est soit déchargé, soit inaudible pour mes pauvres petites oreilles sourdes, donc dans tous les cas, je ne réponds pas).  A peine le temps de voir l’heure qu’il est, et il se coupe, définitivement.

Il est 12h18.

Le prochain bus est dans dix minutes.

J’arriverai au Pizza Hut à 12h45 au plus tôt.

Je serai en retard, et même pas possible de prévenir.  Drame intersidéral.

Alors, dans un élan de folie rare et pas douce pour un euro, je prends une décision qui va changer le cours de ma vie : je vais y aller à pied.

Quand je vous dis que les potions magiques à base de plantes doivent contenir des trucs pas catholiques : moi, aller à pied jusqu’au Pizza Hut !

Avec cette pluie fine, qui plus est.

Mais ma décision est prise, j’irai plus vite à pied.

Alors j’entame la descente jusque la ville, je marche, je marche, je marche.  Et je me déshabille au fur et à mesure, tellement marche me donne chaud chaud chaud.

En chemin, je tente d’obtenir l’heure en m’adressant à des passants qui passent.  Ben les passants qui passent, ils ont rarement l’heure.  Dingue, plus personne n’a l’heure dans cette ville.  Et ceux qui l’ont angoissent quand je m’approche, comme si j’allais leur arracher leur montre Cartier ou Rolex.  Je finis par obtenir l’heure, 12h28, je suis encore dans les temps.

Je traverse la ville, j’affronte les travaux de la rue de l’Ange (toujours pas finis, mais c’est pour bientôt I guess), et j’arrive au Pizza Hut au moment même où la pluie fine se transforme en averse puis en drache nationale.

Ouf.  Je l’ai échappée belle.

Il est 12h30, je suis arrivée à destination.

A l’heure.

Mon amie est en retard.

Je m’en moque, cette petite marche m’a revigorée, merci les potions magiques, merci la vilaine guêpe.

 

Et une chtite illu de coco.  Mais non, jamais je n'adopterai une zébrée, non de non.

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