31
aoû

Scarlett de Cacharel

Rhaaaaaaaa, rien que le prénom, Scarlett, ça fait rêver : jolies robes, maisons sublimissimes, bals, amour et jalousie... et guerre de sécession, glups.  Je l'avoue, j'aime pas ce film, Autant en emporte le vent, elle m'énerve, cette Scarlett, mais mine de rien, c'est culte.  A noter que ce parfum est également un hommage à Scarlett Johansson, actrice ô combien glamour et classe, c'est clair, même si moi j'ai de suite pensé à Autant en emporte le vent.

J'étais donc impatiente de découvrir ce nouveau parfum de Cacharel.  Passque découvrir un parfum, c'est un quitte ou double, à deux niveaux : 

- tout d'abord le flacon : il séduit ou pas, il est original ou pas, mais il laisse rarement indifférent (à part les "cubes" Chanel)

- ensuite l'odeur, of course : immédiatement, en général, je sais de suite si j'aime, si le coup de foudre est immédiat (expression ridicule, car par définition, un coup de foudre, c'est soudain, donc immédiat, mais soit)

Et là, la séduction a opéré sur les deux plans.

D'abord, le flacon va m'obliger à changer mes habitudes.  Car ce qui fait la beauté dudit flacon, c'est le bouchon.  Un bouchon à l'allure d'un poudrier, à la fois sobre, car blanc, et sophistiqué, car travaillé d'une façon magnifique, orné de fleurs japonaises (un peu comme Scarlett O'ara, quoique tout bien réfléchi, la sobriété n'est sans doute pas sa qualité première).  Et moi, d'habitude, je ne garde pas les bouchons de mes parfums, une fois ôtés.  C'est en effet plus simple de se parfumer sans devoir chaque matin enlever et remettre un bouchon.  Elle a le sens pratique, l'Anaïs.  J'ai tenté de faire pareil avec ma crème de jour - flacon doseur; mal m'en a pris, le jour suivant, j'avais une crotte séchée de crème dans la main, j'ai donc remis le bouchon.  Bref, avec Scarlett, jeter ce superbe bouchon serait un sacrilège.

Ensuite, le parfum proprement dit.  Un régal.  Sucré juste comme il faut.  Pas écoeurant, pas capiteux, mais pas banalement banal.  Parfait.  Enfin pour moi...  Je l'adore et je l'adopte.  Il est décrit comme un bouquet de fleurs blanches : jasmin, chèvrefeuille, fleur d'oranger, habillé de notes de thé, d'agrumes, de poire, de muscs blanc et de santal.

Scarlett risque bien de devenir mon futur parfum "habituel".


cacharel_scarlet_30

31
aoû

Cinq minutes

On dit qu'il ne faut que cinq minutes pour prendre la décision irrévocable de se suicider.  Et qu'il suffit qu'une toute petite chose se produise durant ces cinq fameuses minutes pour que la pulsion morbide soit interrompue.

***

Aujourd'hui, Nathalie a cinquante ans.  Enfin elle les aura ce soir, à 23h43 précises, si du moins son extrait d'acte de naissance est conforme à la réalité.  Ça fait un bail qu'elle appréhende ce cap, qui résonne en elle comme un couperet fatidique : cinquante ans, la fin de tout.  Surtout, la fin de l'espoir.  De l'espoir en un avenir plus rose, fait d'amour et de jolies choses.  Elle aime quand ça rime.  Quand ça rime, ça fait poésie, et ça la fait rêver.  Mais sa vie n'est pas rose.  Et elle n'est pas faite de jolies choses.  Sa vie est banale.  D'une banalité aussi affligeante que son corps rondouillard, ses yeux marronnasses, ses cheveux raides, sa voix sans charme, et même son prénom, tellement banal que dans sa classe, lorsqu'elle était adolescente, elles étaient quatre à le porter, ce prénom.  Elle est banale, Nathalie, comme sa vie, tout simplement.

 

...

Cette histoire est à découvrir en intégralité dans le livre que j'ai écrit à deux plumes avec Rachel Colas :

Histoires à mourir de vivre

couverture definitive pt.jpg

06:15 Écrit par Anaïs dans Anaïs fait son cinéma | Lien permanent | Commentaires (16) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

30
aoû

Nicci French

"Le dimanche, on lit au lit".

Quand je suis tombée sur "Sourire en coin" de Nicci French sur une brocante, je me suis ruée dessus, passqu'une amie venait justement de me dire "Nicci French, c'est sensassssssssssssss".

Et en effet.

En l'espace de quelques jours à peine, je me suis offert une orgie de Nicci French.  Même pas dégoûtée.  Encore envie...

Pour la petite histoire, Nicci French, c'est un couple.  Ils se sont rencontrés, aimés, mariés, et écrivent maintenant à quatre mains.  Et c'est une sacrée réussite.  Leurs thrillers ne sont pas plein d'hémoglobine, que du contraire.  L'intrigue est nouée de façon à faire monter l'angoisse crescendo.  Les personnages sont intéressants, avec bien souvent quelques failles.  Et beaucoup de psychologie.  De plus, contrairement à certains auteurs, comme par exemple Mary Higgins Clarck, qui écrivent toujours suivant la même trame, Nicci French propose à chaque fois des histoires totalement différentes : tueur en série, harcèlement par conjoint, maladie mentale, disparition ...  Et ce qui est chouette, c'est que si vous en lisez un et que vous aimez, vous avez de quoi passer de bons moments durant des semaines...

Bref, une fois la première page dévorée, impossible d'arrêter.  Je vous aurai prévenus.  A ne pas lire toute seule dans le noir un soir d'orage...

Je vous livre mon top, histoire que vous sachez par lequel commencer si l'envie vous prend :

A lire impérativement :

Dans la peau : " Zoé est institutrice. Jeune, séduisante, fraîchement débarquée à Londres, elle se sent un peu perdue. Elle n'a qu'une hâte : se débarrasser de l'appartement sordide qu'elle a acheté sans réfléchir quelques mois auparavant. Jennifer est une mère de famille bourgeoise. Belle, elle aussi, mais plus sophistiquée. Elle s'investit dans la rénovation de la maison qu'elle vient d'acquérir avec son mari dans le nord de Londres. Nadia est animatrice de spectacles pour enfants. Au lendemain d'une rupture douloureuse, elle essaie de remettre de l'ordre dans sa vie... et dans son appartement. Trois femmes apparemment différentes qui ont cependant un point commun : un serial killer les observe, les connaît, les aime, et leur écrit pour leur annoncer qu'il va les tuer."

J'ai cauchemardé sur les tueurs en série après avoir lu seulement cinquante pages... absolument génial ! Mais trouillomètre en hausse dès la première page.

Sourire en coin : "Lorsqu'elle surprend son petit ami en train de lire son journal intime, Miranda met aussitôt fin à leur liaison. Brendan a beau être un fiancé idéal, aimable, souriant, disponible, elle ne peut supporter cette intrusion dans sa vie privée. Quelques jours plus tard, Miranda apprend que Brendan a entamé une relation avec sa sœur Kelly. Coïncidence ? Hasard troublant ? Puisque Kelly est follement amoureuse et la famille ravie de cette idylle, Miranda n'a aucune raison de douter des sentiments du jeune homme. Vraiment aucune ?"

Complètement époustouflant !  Une angoisse qui monte petit à petit, jusqu'à son apogée.

La chambre écarlate : "Regent's Canal, faubourg de Londres... Lianne une adolescente fugueuse de 17 ans, est retrouvée morte, face contre terre et le corps lardé de coups de couteau. La police porte immédiatement ses soupçons sur Michael Doll vagabond à moitié fou et bien connu pour ses penchants pervers. Toutefois, malgré la triste histoire qui les lie, la psychiatre Kit Quinn a de sérieux doutes quant à sa culpabilité. Première observation, le meurtre s'est déroulé de manière bien trop précise pour une brute comme lui. Encore plus troublant, ce même assassinat fait étrangement écho à celui de Philippa Burton, riche bourgeoise, dont le cadavre a récemment été découvert de l'autre côté de la ville dans une posture identique..."

Une intrigue bien ficelée, dès les deux premières pages.  Angoissant.

Au pays des vivants : "Kidnappée, ligotée, à peine maintenue en vie par un mystérieux tortionnaire... quand Abbie Devereaux reprend connaissance, seule, dans le noir, une seule idée s'impose à elle : s'échapper. Avec un courage hors du commun, elle parvient à s'enfuir et à mettre fin à cette terrifiante expérience. Du moins le croit-elle, car le cauchemar ne fait que commencer... Abbie a en effet perdu tout souvenir des jours précédant son agression, et la police comme les médecins concluent à l'affabulation d'une jeune femme dépressive. Confrontée à un mur de ténèbres, à l'incrédulité de tous et aux zones d'ombre de sa mémoire, elle veut reconstituer son passé. Pour la guider dans cette quête aux frontières de la folie, Abbie n'a qu'une certitude : si son bourreau existe, il saura la retrouver."

Scotchant et angoissant au possible.

A lire absolument :

Charlie n'est pas rentrée : "Alors qu'elle s'apprête à quitter la grisaille de Sandling Island pour des vacances au soleil avec sa famille, Nina attend Charlie, sa fille, adolescente imprévisible et secrète. Mais Charlie est en retard et Nina est de plus en plus inquiète. Elle le sent : Charlie est en danger. Fugue, accident, kidnapping ? Dans la petite île battue par les vents, face à l' indifférence de ses voisins et à la lenteur de la police, Nina entame une angoissante course contre la montre pour sauver sa fille. Sa seule arme pour sortir de ce cauchemar : son instinct..."

Tout se passe en une seule journée, mais quelle journée !

A ne pas lire en premier, petite déception assurée :

Aide-moi : "Un mari attentif, un travail passionnant, des amis fidèles : Holly est parfaitement épanouie. Pourtant, des incidents se multiplient au cours desquels la jeune femme montre un tout autre visage. Cassante, parfois violente, infidèle, elle a le chic pour se mettre dans des situations impossibles et faire naître la haine sous ses pas sans même s'en rendre compte. Inquiets puis agacés, ses amis se demandent si Holly n'est pas en train de sombrer dans la folie et s'il ne faudrait pas l'enfermer, pour la protéger de ses propres excès, comme le suggère son mari. Mais, au plus profond de son abîme intérieur, Holly est persuadée d'être manipulée..."

Je n'ai pas adoré, la fin m'a vachement déçue.

Jeux de dupes : " Comment se reconstruire après un drame ? Spécialiste des traitements post-traumatiques, le Dr Samantha Laschen va avoir l'occasion de confronter ses théories à la réalité. La police lui a en effet confié la garde de Finn Mackenzie, une adolescente qui a miraculeusement survécu au massacre de sa famille. Mais l'enquête piétine et les assassins courent toujours. S'ils en ont après Finn, ils n'épargneront pas non plus ceux qui lui apportent leur aide. Et d'apaisant refuge, la tranquille maison de Samantha, isolée sur la lande, pourrait bien se transformer en un piège mortel..."

Moins décevant que "Aide-moi", mais ne m'a pas captivée autant que les autres.

Je dois encore lire :

Jusqu'au dernier : "Astrid mène une vie sans histoires entre son job de coursière et la grande maison qu'elle partage à Londres avec plusieurs autres personnes, pour certains des amis de longue date. Jusqu'au jour où, sur son vélo, elle se fait renverser par une voisine. Plus de peur que de mal... sauf que la voisine est retrouvée le lendemain, battue à mort. Puis c'est le tour d'une cliente chez qui Astrid devait aller chercher un colis, et qu'elle découvre sans vie, sauvagement assassinée. Coïncidence ? La police n'y croit guère. Pour Astrid et ses six colocataires c'est le début du cauchemar, surtout lorsque le, tueur frappe à nouveau, cette fois-ci au coeur du petit cercle d'amis. Mais sont-ils vraiment si proches que ça ? Lentement, l'amitié se transforme en méfiance, l'amour en haine, et chacun se demande : qui sera le prochain sur la liste ?"

Mémoire piégée : "Il y a vingt-cinq ans, Natalie Martello a disparu. Aujourd'hui, son corps est découvert dans le jardin du domaine familial et la police conclut à un meurtre. Résultat : le doute s'installe et l'équilibre du clan se retrouve menacé. Quel indicible secret les Martello ont-ils enfoui ? Quelle sombre réalité se cache derrière ce squelette exhumé ? Jane, meilleure amie de Natalie au moment des faits, décide de se rappeler ces quelques jours d'automne où tout a basculé : avec l'aide d'un psychanalyste, elle fouille dans ses souvenirs, car elle seule détient la clé de l'énigme."

Feu de glace : "Alice Loudon croise un inconnu et renonce à tout pour lui. Elle ne sait rien de lui, si ce n'est la passion qu'il lui inspire. Peu à peu, découvrant le passé récent d'Adam, héros discret de nombreuses expéditions du Killimandjaro à l'Everest, elle cherche à comprendre le caractère tourmenté et secret de cet alpiniste d'exception, rescapé d'une tragédie montagnarde où plusieurs de ses partenaires ont laissé leur vie. Et parmi eux, trois femmes dont il aurait été très proche. Elle acquiert bientôt la certitude qu'elle a épousé un meurtrier. Au point que son entourage s'inquiète pour sa santé mentale. Mais les preuves s'accumulent, et sa propre vie est désormais en danger."

 

29
aoû

L'heure de la vengeance a sonné

Ceux et surtout celles qui m'auront maudite le jour où j'ai parlé veuve noire, photo à l'appui, ont enfin leur vengeance...

Je sors d'une nuit... dirais-je... mouvementée.

Hier soir, je m'endors après la fin de Secret Story (quéén culture) et le début de Koh Lanta (les habituées, ne vous énervez pas, j'ai enregistré KL et SS, pour ensuite rentrer at home et regarder la toute fin de SS suivie du début de KL, le tout tout début vu qu'en trois minutes je ronflais).

Donc je m'endors vers les quasi une heure du mat, comme un bébé.

Et, en pleine nuit (du moins le crois-je), je suis réveillée dans une situation apocalyptique : ma jolie couette blanche ornée de tout aussi jolies fleurs rouges s'est, par un mystère incroyable, transformée en giga toile d'araignée, sur laquelle courent des dizaines, que dis-je des centaines, que prononçai-je, des milliers, et qui sait, des millions, d'araignées.  Il y en a partout, et elles sont contre moi, sur moi, prêtes à tout...

Je pousse un hurlement déchirant, j'éloigne de moi, comme je peux, cette toile digne du pire film d'horreur, je saute de mon lit, je continue à hurler en m'orientant vers l'interrupteur, j'allume en vitesse, toujours en hurlant.

Comme je n'ai pas mes lunettes sur le pif, je suis dans une sale situation, car je n'ose m'approcher de la table de nuit, sise près de mon lit, sur lequel doivent encore grouiller les araignées.

Dans un élan de témérité, je fonce tout de même, coeur encore palpitant par ce lever en sursaut, et je chausse mes bésicles.

Puis j'inspecte mon lit, sur lequel se prélasse ma couette blanche à fleurs rouges.

J'ai beau chercher, point d'araignées (sans "s" normalement, mais je le laisse pour marquer les esprits).

Je sais au fond de moi que c'était un cauchemar, mais cela semblait si réel que je ne parviens pas à y croire et je suis dans un état d'angoisse rarement atteint.

Après une inspection minutieuse, je me résigne à me recoucher.

Il est 1h38.  Seulement.

Je n'ose plus éteindre et passe le reste de nuit dans une semi conscience, toutes lumières allumées, me réveillant régulièrement, encore anxieuse.

Je vous le disais, vous l'avez, votre vengeance.  Et moi, à cette heure, je ne suis toujours pas remise de cette vision d'horreur.

Voisins, voisines, si vous avez été réveillés par ce hurlement de louve affolée, pas de panique, j'ai survécu.

08:37 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

28
aoû

Du coton !

Je suis installée sur mon transat, à l'ombre d'un parasol qui ne sert à rien vu qu'il n'y a plus de soleil, et je lis.

Je lis Nicci French.  Encore et toujours.  Je vous ferai un topo dimanche, à l'heure ou "on lit au lit", vu que j'en ai dévoré six en moins de deux semaines, que je m'apprête à commence le septième, qu'un huitième m'attend et qu'un neuvième, le dernier, devrait me parvenir sous peu...

Il me reste quelques pages seulement, l'intrigue va enfin se dénouer, le suspens est à son comble et je me retiens, en tournant les pages, de ne pas aller lire directement, en diagonale, les lignes suivantes ou la fin de la page, pour tenter d'avoir réponse à ces questions que je me pose depuis plus de 500 pages...

Le vent est fou.  Complètement fou.  Il fait un bruit délirant.  Heureusement qu'il fait jour, car le livre + le vent instaureraient en moi une angoisse folle, je pense.  J'aime pas le vent, ni l'orage, ni la pluie... pourtant, quand il fait venteux, orageux et pluvieux et que je suis pelotonnée sur mon canapé, avec une bougie, un bon DVD, j'aime ça.  Contradiction moi être, je sais.  Bref, revenons à nos moutons...

Car c'est bien de moutons qu'il s'agit, mais dans le ciel.  J'ignore pour quelle raison le vent me fait lever la tête.  Je suis couchée sur le transat, pour rappel, donc lever la tête n'est pas un grand effort. 

Je lève la tête, donc.

Et le spectacle est magnifique.

 

Les nuages forment deux couches.  Deux strates.  Une toute légère, haut perchée, faite de petits ronds moutonneux, presque immobiles.  Une plus dense, et plus basse, composée à la fois de petits nuages cotonneux et légers et de gros nuages d'un gris ultra menaçant.  Cette dernière couche avance à vive allure, balayée par le vent.

Magnifique, vous dis-je.

Et comme souvent, face à la beauté de la nature, du monde, de la boule bleue, je me mets à méditer.

Méditer sur le fait que je ne regarde plus les nuages, accaparée que je suis par ma vie pourtant répétitive, mon travail encore plus répétitif, mes loisirs tout aussi répétitifs.  Alors que les nuages, keske c'est beau.  Keske la nature est bien faite, avec ce cycle ininterrompu de pluies, d'eau qui ruisselle et rejoint la mer, s'évapore pour former des nuages, qui pleureront sur nous tout prochainement et la boucle est bouclée (oui, bon, ça va, on l'a tous appris à l'école, je vois encore le schéma explicatif, mais faut avouer que c'est génial tout de même, un peu comme le cycle de la vie la mouche bouffe la m..., l'oiseau bouffe la mouche, le tigre bouffe la mouche et oups, mais qui bouffe le tigre ?).

Et puis ma méditation me conduit à cette époque où tous ignoraient ce qu'étaient les nuages.  Comme ils devaient avoir peur en les voyant arriver, tels des monstres gris.  Et comme ils devaient être terrorisés par les pluies et le tonnerre, colère des dieux.  Et comme tout devait les effrayer, dans la nature, à l'époque où personne ne comprenait rien à rien : pourquoi le soleil s'en va et revient ?  Comment la lune change-t-elle de forme ?  Keskia après la mer, là-bas, au loin, si la terre est plate, eskon tombe dans le néant ?

Voilà à quoi je médite quand je suis face à la nature.  Et je ne vous parle pas de mes questions existentielles sur le sens de la vie, sur la mort, sur la réincarnation, sur le paradis ou l'enfer... vous en feriez une dépression.

N'appelez pas un psy, passque j'aime ça, même si ça fait naître en moi une grosse mais jolie mélancolie.

Dans mon élan, j'ai rechargé ma batterie (enfin pas la mienne, celle de mon Minolta) et j'ai immortalisé le moment, rien que pour vous.  Bon, on voit pas les strates ni le mouvement, mais l'intention y est, vu que j'ai interrompu ma lecture pour ce faire, et que j'ai donc su qu'un quart d'heure plus tard qui était l'assassin...

 

06:30 Écrit par Anaïs dans Anaïs aime la vie | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

27
aoû

Une forêt à Paris ?

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27
aoû

La veuve noire va-t-elle envahir la Belgique ?

J'ai d'abord lu ça sur internet : la veuve noire, cette araignée si venimeuse qu'elle est la plus dangereuse au monde, pourrait très bien s'acclimater en Belgique.

J'ai pas eu peur.  Juré craché.

Passque pour moi, inculte en arachnomachintruc, la veuve noire a une tête de mygale ou de tarentule.  Bref un gros truc velu de la taille d'une main, avec des pattes tout aussi velues de la taille de doigts (enfin les miens, que j'ai minces et élancés, d'accoucheuse ou de pianiste), et qui fait sprotch sprotch quand on l'écrase (ça me rappelle la chanson « je m'suis fait tout p'tit devant une poupée qui fait maman quand on la touche », que je réécrirais « je m'suis fait tout p'tit devant une mygale qui fait sprotch sprotch quand on l'écrase »).  Donc un gros truc qu'on repère de loin et puis on jette une passoire dessus et on appelle la police la protection civile les pompiers les voisins et maman.

J'ai pas lu l'article.

Vu que j'ai pas eu peur.

Mais le journal du soir à la télé m'a confirmé qu'il n'existait aucune ressemblance entre la veuve noire et les grosses velues.

Et là j'ai eu peur.

Passque la veuve noire elle est toute petite.  Toute noire.  Toute lisse.  Genre qui ferait pas de mal à une mouche.  Rien que de l'écrire, je la revois sur mon écran de télé, avec son petit cul rouge (comme un singe, facile à reconnaître).  Mais d'inoffensive elle n'a que le genre, puisqu'elle tue d'une simple morsure.  Au point que les hôpitaux vont avoir des antidotes, depuis qu'on a retrouvé quelques spécimens près d'Anvers.  Et quand je dis « quelques », c'est un euphémisme, puisque chaque araignée trouvée avait sur elle un lot d'œufs pouvant donner des tas de bébés veuves noires.  Et à la TV, ils l'ont bien dit, faut pas confondre avec l'araignée qui lui ressemble comme deux gouttes d'eau, belge celle-là, et inoffensive celle-là (bis).  Zont pas dit comment les différencier, ça c'est bête (je me demande si c'est pas le rouge, qui est uniquement sur la veuve noire, mais pas sûre...).  Zavaient sûrement peur qu'Anaïs appelle la police la protection civile les pompiers les voisins et maman à chaque petite araignée noire qui croiserait son chemin.

Rhaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa.  Je sais maintenant pourquoi je veux pas vivre dans ces contrées lointaines pleines de soleil.  Déjà car je monte pas dans les oiseaux de métal.  Et puis à cause des araignées, c'est clair et net.

Celles de Belgique, passe encore, même si je pousse des cris stridents chaque fois que je les croise.  J'ai beau avoir peur, je sais que les petites bêtes mangent pas les grosses, on me l'a répété sans cesse (pléonasme non ?) toute mon enfance.  Mais les petites à cul rouge, c'est une autre histoire...  Et devoir partager ma vie (et surtout ma mort), avec des veuves noires, moi je dis non merci.

Par contre, j'ai pu constater combien la presse écrite exagérait ses propos.  Derrière un titre laissant présager que le bestiau à huit pattes pouvait s'installer dans ma belle Belgique, se cache une toute autre vérité : elle survivrait pas à l'hiver, car humidité et froid sont ses ennemis, en plus de bibi.

Nous sommes sauvés !

Mais il arrive quand l'hiver, bordel de dieu ?

(Ne reculant devant aucun sacrifice, j'ai bravé mes angoisses afin de vous trouver une photo.  Et dieu sait que j'ai pas aimé ça.  Je supporte pas de regarder les araignées en photo, comme les guêpes.  Ça me file une frousse d'enfer.  Mais dans la vie, je préfère voir une araignée qu'une guêpe, ça c'est clair.  Comment ça, vous vous en foutez, pffffffff.)

veuvenoire

06:00 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

26
aoû

Mes séances ciné...

Un peu de ciné à l'Eldorado, pas mal de DVD sur Dvdpost.  Un résumé de tout ça, ça vous botte ?  Commençons par le cinéma.

Quelque chose à te dire.  Quelque chose à te dire c'est avant tout une histoire d'amour, ou plutôt l'histoire d'amours.  D'une mère pour ses enfants, pour un homme, d'une fille pour un homme, d'un père pour ses enfants, d'un frère pour un frère.  De l'amour en pagaille, parfois mal offert, parfois mal montré, mais de l'amour.  Et puis c'est l'histoire d'un secret.  Un énorme secret qui va exploser un beau jour, comme une brosse baudruche, au visage de cette famille.  C'est une histoire un peu incroyable, passqu'elle manque un tantinet de crédibilité, faut pas pousser.  Mais c'est tellement bien joué, qu'on y croit, même si c'est pas crédible, je me répète. C'est une belle histoire, qui fait rire et pleurer.  Et c'est finalement ce qu'on demande au cinéma, non, d'avoir de jolies émotions ? Mathilde Seigner est comme d'habitude : parfaite.  Pascal Eblé aussi : divin. 

Pari gagné !

Home.  Home, le fameux Home.  Soi-disant gratuit mais pour lequel j'ai payé le prix plein dans le cinéma-escroc du quartier.  Mais je voulais le voir sur grand écran.  Verdict ?  Comme l'a dit Yann Arthus-Bertrand, "il est trop tard pour être pessimiste".  J'aime cette citation, par son côté extrapolation.  Pour ma part je l'interprète en "il est trop tard pour être pessimiste, il est temps d'agir".  Et en effet, il est fichtrement temps.  Le film donne froid dans le dos, tant l'alliance de la beauté des images et du choc des paroles saute en plein visage.  Comme disait Paris-Match, le poids des mots, le choc des photos.  Un film à voir et revoir, à montrer dans les écoles et partout partout partout.  Passque, même si j'ai pas de môme, j'aime pas ce qu'on fait à notre boule bleue, et sa vengeance sera terrible je crois.  Sur le site dédié au film, on peut s'engager pour une action citoyenne.  Je l'ai fait.  Je me suis engagée à récolter l'eau de pluie, elle me sert à arroser mes quelques plantes en pot.  Un petit geste, mais si chacun fait un petit geste, l'action globale pourra être bien plus grande qu'on imagine.  Amen.  Ce film mériterait un billet à lui seul, mais comme je suis lancée dans une billet sur "tout ce que j'ai vu ces derniers temps", je reste sur ma lancée.

Pour le cinéma, c'est tout, emploi du temps bien chargé et soleil à gogo obligent...

Mais question DVD, j'ai fait une razzia ces dernières semaines :

Versailles.  Dernier film (ou un des derniers, chais pas) de Guillaume Depardieu.  Le lancement m'avait tentée.  J'ai pourtant pas aimé cette histoire d'un SDF qui se retrouve, bien malgré lui, à devoir prendre en charge un gamin.  Pas aimé.  Du tout.  Noir, trop noir, à l'image de sa tête d'affiche.  Dérangeant, mais pas dans le bon sens du terme.  J'ai tout regardé, en me répétant sans cesse que vraiment, je n'aimais pas, mais quand je commence un film, j'ai tendance à tout regarder, sauf cas graves, espérant une amélioration.  Elle n'est pas venue.  Le gamin, et même Guillaume, jouent bien, mais l'histoire est vraiment trop... trop tout.

Un air de famille.  Loué sur les conseils d'une lectrice.  Enfin je pense.  Une famille se réunit chaque vendredi, mais cette fois, les protagonistes vont s'exprimer.  Un tableau familial dans lequel on peut aisément se retrouver, pas mal d'humour malgré la détresse de certains.  Un joli film, mais sans plus.  Je n'ai pas été passionnée, je pense même m'être endormie.

Un jour peut-être.  Un truc romantic-guimauve qui me tentait.  Malheureusement, deux fois de suite, mon lecteur DVD, que dis-je mes trois lecteurs (oui, je fais toujours dans la démesure en matière de matos) ont refusé de le lire.  J'ai abandonné...

Tu peux garder un secret.  J'ai failli aller le voir au cinéma, puis il a tellement rapidement disparu de l'affiche que j'ai pas eu le temps.  Bien m'en a pris.  Ce film, je l'ai pas aimé.  Etonnant, car j'aime bien Pierre Arditi en général, mais là, l'histoire est tellement mal jouée que ça frise vite le ridicule.  L'histoire aurait pu être sympa : une jeune employée, harcelée par les commères de la boîte, s'invente une relation avec le big boss, pour faire mousser lesdites commères.  Les conséquences sont... dramatico-comiques.  Le film ne l'est pas, dramatico-comique, je le trouve juste ridiculo-pathétique.

High School Musical.  Nan, je ne suis pas tombée sur la tête.  Un beau jour, je me suis levée, et j'ai eu envie de regarder ce film que les ados s'arrachent et sur lequel ils bavent comme des escargots de Bourgogne.  J'ai donc loué l'épisode 1, histoire de rattraper mon méga retard.  Bon, clair, j'ai largement passé l'âge de ce genre de film, même si je suis adepte des séries télé pour ado.  J'ai cependant réalisé que j'accrochais moins qu'il y a quelques années.  Ça doit être ça, vieillir...  Mais bon, je n'ai pas boudé totalement mon plaisir, je me suis replongée dans mon âme d'ado, et j'ai profité des quelques musiques et de cette histoire formatée mais mignonne.  Ensuite, d'ailleurs, j'ai immédiatement regardé l'épisode 2 sur internet... pour le 3, je ne l'ai pas trouvé, faudra le louer...

A la rencontre de Forrester, ou l'histoire d'un ado d'un quartier défavorisé qui rencontre un écrivain célèbre vivant reclus chez lui.  Ce dernier va lui apprendre le B.A.-BA de l'écriture et lui transmettre sa passion.  Magnifique film, même si l'histoire est prévisible.  Dans le genre "Cercle des poètes disparus".  Vraiment touchant.

Home.  Nan, je radote pas.  Je parle de l'autre Home.  L'autre film.  Sans doute passé plus inaperçu, et c'est bien dommage, car ce film est génial.  Hors des sentiers battus.  Avec Isabelle Huppert, que j'avoue ne pas trop aimer, enfin ce sont plutôt ses films que j'aime pas.  Mais quel talent.  Ou plutôt quels talents.  L'histoire ?  Une famille vit au bord d'une autoroute désaffectée... mais plus pour longtemps.  Arrivent les camions, les ouvriers... puis les voitures, et l'enfer.  Un très beau film, et les bonus sont passionnants, on y apprend les secrets du tournage.  A voir.

Caramel.  La critique a encensé ce film.  Le public l'a adoré.  Etonnamment, il ne m'a pas touchée.  Pourtant les histoires sont émouvantes, les femmes y sont belles, toutes, à leur manière, extérieurement, intérieurement, ou les deux.  Les actrices sont fabuleuses.  Et plus j'y repense, plus je me dis que je devais être dans un mauvais jour, car il me semble étrange de ne pas avoir aimé...

Il y a longtemps que je t'aime.  Superbe film à voir impérativement.  Kristin Scott-Thomas et Elsa Zylberstein y sont tout bonnement fabuleuses.  Kristin y joue Juliette, qui sort de prison pour avoir assassiné son enfant.  Nous n'en saurons pas plus.  Recueillie par sa soeur, Léa, qu'elle n'a plus vue depuis l'événement dramatique, elle va tenter de se reconstruire.  Ni mélodramatique ni lent, ce film est poignant et captivant.  Petit à petit, le voile se lève sur le mystère de cet assassinat... Préparez juste vos mouchoirs.  A voir.

L'empreinte de l'ange.  Encore un film magnifique de femmes, avec Sandrine Bonnaire, que j'adore, et Catherine Frot que j'adore aussi.  Elsa, jouée par Catherine Frot, a perdu son enfant dans des circonstances dramatiques.  Plusieurs années plus tard, elle croit reconnaître ledit enfant dans une fillette présente lors d'un goûter d'anniversaire.  L'obsession devient envahissante et Elsa ne pense plus qu'à ça : cette enfant est sa fille.  De la normalité à la folie, les actrices nous plongent dans une belle réflexion.  Ici aussi, un film qui ne semble pas lent, à aucun moment.  Ici aussi, un voile qui se lève tout tout doucement.  A voir.

J'ouvre une parenthèse.  Pour la petite histoire, j'ai aussi vu récemment Les soeurs fâchées, à la TV, avec Catherine Frot et Isabelle Huppert, magnifiques toutes deux (ça me réconcilie avec Isabelle Huppert dis donc).  Et j'en profite pour présenter mes plates excuses à Mostek, à qui j'ai tenté de transmettre ma passion pour Il y a longtemps que je t'aime et L'empreinte de l'ange, mais en mélangeant tout tout tout : titres, actrices et histoires.  Mea culpa Mostek, mais comme dit, ces deux films sont à voir.  Et le troisième aussi, tant qu'à faire.  Fin de la parenthèse.

Taken.  Là, on change totalement de registre.  Taken c'est du thriller.  Du bon thriller.  Avec Liam Neeson.  Le pitch : " Que peut-on imaginer de pire pour un père que d'assister impuissant à l'enlèvement de sa fille via un téléphone portable ? C'est le cauchemar vécu par Bryan, ancien agent des services secrets américains, qui n'a que quelques heures pour arracher Kim des mains d'un redoutable gang spécialisé dans la traite des femmes. Premier problème à résoudre : il est à Los Angeles, elle vient de se faire enlever à Paris."  Mon grand regret : cette avalanche de scènes violentes au possible, qui n'apportent absolument rien à l'intrigue et dont on aurait pu se passer.  Pourquoi tenter de retrouver sa fille en tuant un tas de bonshommes, méchants les bonshommes, ok, mais tout de même.  Malgré ce bémol, le film m'a plu.

Eldorado.  Un road movie à la belch' une fois, et avec l'accent une fois.  J'ai pas trop aimé, surtout la fin qui n'en est pas une.  J'aime pas les films sans fin, qui se termine à un moment où on ne s'y attend pas.  Paf.  J'ai trouvé le film lent et soporifique, d'ailleurs je me suis endormie et j'ai dû le regarder en plusieurs fois.  Nan, rien à faire.

Et chez moi, un DVD acheté pour toujours :

Ecrire pour exister.  Encore un genre "Cercle des poètes disparus".  Mais finalement, pourquoi pas ?  Et ici, l'histoire est vraie : une prof optimiste, catapultée dans une école "difficile", où les gangs s'affrontent et se tuent, décide que ces gosses ont aussi leur chance.  Petit à petit, via l'écriture et le dialogue, elle va les aider à se rapprocher et à comprendre que, finalement, ils partagent les mêmes souffrances et espoirs.  Une histoire vraie donc, avec une foule de détails passionnants dans les bonus.  J'ai adoré. Le film.  Et les bonus.  Voir Hillary Swank danser avec les jeunes acteurs, que du bonheur.  Et puis découvrir les coulisses de cette histoire, c'est captivant.  Ici aussi, pensez aux mouchoirs.  A voir.

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06:45 Écrit par Anaïs dans Anaïs fait son cinéma | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

25
aoû

Buffy contre les vampires version belge

... et version triste, j'ai failli y aller de ma petite larme, sérieusement.  Passque si même la SPA se met à se contrefoutre des animaux, où va le monde ma bonne Dame ?

Alors pour que ça n'arrive plus, je vous prie de lire l'histoire de Buffy et ce qu'il a subi, et de signer la pétition, une pétition qui sera utile cette fois, car elle servira à appuyer une véritable plainte.

Passque si en 2009 on tue les vieux chiens dans les SPA sans leur laisser le délai prévu, jusque passqu'ils sont vieux, qui dit qu'en 2019, 2039 ou 2059, quand je serai vieille, on me tuera pas dans un home pour laisser la place ?

Merci.

A lire et signer ici.

buffy

20:49 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

25
aoû

J'ai testé le San Marino Namur

Trouver un bon resto italien à Namur, c'est comme trouver un brun ténébreux célibataire quand on s'appelle Anaïs : impossible.  Tout bonnement impossible.  Et pourtant, je les ai tous testés : ceux où les pizzas sont sèches comme un jour de canicule, ceux où les escalopes sont dures comme une semelle de botte Pataugas (je rêve d'en avoir une paire, c'est obsessionnel), ceux où les pâtes sont nappées d'une sauce aussi artificielle que le visage de certaines stars du cinéma (je ne citerai pas de nom, n'insistez pas).

Mais y'en a un que j'avais plus testé depuis des années, c'est le San Marino.  Pas celui de Jambes, absolument infect, pas celui de Ciney, que je n'ai jamais testé mais que paraît qu'il est super bon et tout et tout.  Celui de Namur.

A notre arrivée, la foule est dense.  Normal, c'est jour de marché.  C'est de bon augure (augure est masculin, je l'ai lu deux fois dans mon thriller du jour, un Nicci French, pour changer), non, un resto bondé, les Namurois sont pas fous au point d'aller dans un resto mauvais, enfin dans un mauvais resto, si vous préférez.  Quoique... l'expérience qui suit me démontrera que les Namurois sont soit dénués de papilles gustatives, soit complètement fous.

Y'a tellement de monde que nous nous retrouvons stockées à côté du bar, où le va et vient perpétuel est saoulant au possible, mais ça nous fera des économies, pas besoin de prendre un apéritif comme ça (ah ah ah, mon humour fou vous fait toujours le même effet, je sais).

Nous passons commande.  Je prends une escalope pizzaiola qui, comme son nom l'indique, est nappée d'une sauce tomatée à l'ail.  Mes compagnes d'infortune prennent également des escalopes, mais différentes, et j'avoue avoir oublié la recette choisie.  Peu importe. 

Après une sympathique entrée en matière, olives et apéritifs, voilà les plats.

Mon escalope arrive en premier (le serveur annonçant bel et bien une pizzaiola) et elle est bien étrange.  Pour moi, une escalope, c'est plat... La mienne ressemble à un oiseau sans tête.  Ou une boulette, comme vous préférez.  Bref à une petite balle.  Je crains le pire en comprenant qu'elle doit être roulée et farcie.  J'aime pas les escalopes farcies.  C'est la raison pour laquelle j'ai choisi une escalope pas farcie, ma bonne Dame.  Interloquée, je plonge mon couteau dans l'escalope/oiseau sans tête/boulette, je le ressors.  S'en échappe alors un liquide visqueux et blanc.  Un peu comme quand on perce un énorme bouton surinfecté, vous voyez ?  Beurkitude intégrale, moi je veux une escalope plate comme une sole limande.  Je veux ce que j'ai commandé.

Ayant maintenant la certitude qu'une farce emplit mon escalope, j'interpelle le serveur et lui demande s'il s'agit bien d'une pizzaiola, car la pizzaiola est pas supposée être farcie...  Sans un mot d'excuse, il reconnaît l'erreur, m'arrache mon assiette et m'apporte enfin mon escalope.  La vraie de vraie.  Laquelle est pannée, ce qui n'était pas non plus stipulé.  J'aime pas les escalopes pannées, mais soit, je me tais.  Grosse erreur tout de même, car si j'avais été allergique au gluten, hein ?  A part ça, elle est bonne, mon escalope.  Rien d'exceptionnel, mais bonne.  Je le reconnais.

Ce qui n'est pas le cas de l'escalope de l'amie qui m'accompagne.  La sienne ressemble à tout sauf à une escalope.  Les siennes, devrais-je dire, car il s'agit en réalité de morceaux étranges, super épais, durs comme du chewing-gum prémâché et n'ayant ni l'aspect ni le goût d'escalope de veau.  Je bénis le ciel d'avoir pris une pizzaiola, je vous l'assure.  Elle appelle donc à nouveau le serveur, pour demander s'il s'agit bien de sa commande.  Et bien oui, cette recette d'escalope est faite de la sorte.  Bizarre, moi je pensais qu'une escalope, c'était une escalope, point barre.  Et bien non, en fonction de la sauce choisie, l'escalope est soit plate et pannée, soit faite de morceaux durs qui ne fondent pas lentement, comme disait la célèbre pub.  On dirait plutôt un amalgame de restes d'escalopes non mangées par de précédents clients.  J'ai dit "on dirait" hein, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit.  Ou bien on dirait des morceaux de porc savamment camouflés.  Quoi qu'il en soit, c'est immangeable, mais le serveur refuse de faire quoi que ce soit.  A la rigueur, il veut bien recommander une escalope, mais qu'il faudra payer.  Ben voyons, tant qu'à faire, autant repayer pour une nouvelle escalope, qui sera sans doute tout aussi infecte que la première, y'a écrit "bécasse" sur nos fronts monsieur ?

Nous mangeons donc, tout en discutant de ce restaurant dans lequel nous ne viendrons plus.  Afin de palier à l'escalope immangeable de mon amie, tous les convives lui offrent un morceau de leur propre escalope.  Grugées oui, mais solidaires aussi. 

Une fois ce magnifique repas terminé, big méga surprise.  Le serveur, qui tire dorénavant une tête de six pieds de long, se pointe avec une nouvelle escalope... toujours composée de drôles de morceaux, mais à l'aspect bien plus mangeable.  Sauf qu'il arrive un peu tard, qu'on a fini nos assiettes.  Il tend cependant l'assiette à mon amie (et on sent dans son regard une envie de lui déverser l'assiette sur la tête), et s'en va presque en courant, la laissant avec une assiette à demi-vide sur la table et une assiette en main.  Voilà un serveur... peu serviable.  Nous nous dépatouillons pour enlever la première assiette, afin que le repas puisse continuer... tant que faire se peut.  Un peu meilleur, mais toujours l'incertitude d'avoir affaire à du veau.  Ou alors, c'est un veau vachement (ah ah) malade, genre atteint de la progéria du veau, qui rend sa chair quasi impropre à la consommation.

Morale de l'histoire : on a mal mangé, mais on a bien ri, c'est l'essentiel.

Je ne vous parlerai pas, enfin si je vous en parlerai passque faut dire les choses comme elles sont, de mon Coca Light, totalement imbuvable car plat, servi dans un verre, sans que la bouteille l'accompagne, ce qui semble une de leurs habitudes, car j'ai pu constater que, hormis les Coca, toutes les eaux plates servies au bar provenaient de bouteilles de Cristalline, une eau très bon marché, transvasées dans des verres... Je me demande d'ailleurs si cette façon de faire est bien autorisée dans l'horeca, car je crois me souvenir que, pour éviter le black, les restaurateurs sont contraints de servir la bouteille à table, voire de la décapsuler au moment de la servir, devant le client.  Je me trompe peut-être mais faut que j'investigue.  En tout cas je ne pense pas que servir de la Cristalline soit autorisé, et je peux facilement supposer que mon Coca Light n'était pas un vrai de vrai mais un ersatz de supermarché...  ce qui en soi n'est pas dramatique, pourvu qu'il  pétille ! Si quelqu'un a des infos au sujet de la législation, je suis preneuse.

Discutant de cette expérience avec une connaissance, j'ai appris qu'elle avait vécu la même mésaventure : un repas infect, des escalopes de porc et non de boeuf, cachées par de la panelure (ce mot ne semble pas exister, mais vous me comprendre hein), tiens tiens...  Mais pour elle, en cerise sur le gâteau, le serveur a exigé un paiement en liquide, refusant absolument et à grands coups de remarques agressives le paiement par carte de crédit, malgré l'indication sur la façade (ben voyons, qui c'est qui veut frauder et faire du noir, hein, qui c'est ?)  Ce n'est qu'après une longue discussion dont il ressortait que, sans argent liquide, il était impossible de payer en liquide, cqdf, que le serveur a, bien malgré lui, accepté la carte, en ronchonnant énormément.

Morale de l'histoire : fuyez fuyez fuyez.  Bouffe infecte, serveurs de mauvaise foi et boissons à la limite de la légalité.  Le tout pour un prix inversement proportionnel à la qualité.

Prochaine fois, je teste la Tour de Pise, selon moi le meilleur resto italien du Namurois... du moins il y a quelques années.  A voir s'il l'est toujours.