31
aoû

3 jours sans... the results

Vous avez été 1107 à participer aux votes pour déterminer ce dont je vais devoir me passer durant trois jours... Merci à tous.

Le grand gagnant est, on s'en doutait, "trois jours sans culotte" (122 voix).  Pour rappel, ce sont les lecteurs du blog qui ont proposé les choix.  Je ne remercie pas la personne qui a fait cette suggestion.  Ni vous d'ailleurs.  Bande de petits polissons.  N'espérez cependant pas voir la moindre photo.  "Euh, boss chéri, je peux prendre trois jours de congé la semaine prochaine ?"  J'aurais dû profiter de mes vacances pour m'y mettre...  à moins que je ne le fasse durant mon séjour parisien de trois jours en octobre prochain ?  A voir...  Je n'ai pas encore fait mon choix, armez-vous de patience, mais promis, je le ferai. j'attends l'hiver... ou l'été... bref j'arrive pas à me décider.

Suivent "trois jours sans montre".  Ça va être l'enfer, j'en ai conscience.  Moi qui ai une montre greffée à mon poignet 24 heures sur 24, qui ne l'enlève que durant ma douche, quand je n'oublie pas.  L'enfer.

Enfin, last but not least "trois jours sans plats préparés".  C'est du sadisme à l'état pur.  Trois jours sans lasagnes Farniente, sans pizza du bon docteur, sans rien de vite prêt vite mangé.  Je veux mourir, là, de suite.

Voilà, dès ce jour, 13h00, et jusque mercredi même heure, je lance ouverte l'expérience des trois jours sans plats préparés et sans montre... et vous aurez bien entendu droit au journal complet de cette expérience...

Pour les trois jours sans culotte... patience patience.

Je vous laisse, j'ai mes saucisses sur le feu.

Trois jours sans ou avec quoi ?
sans culotte (122)
11.02%
sans montre (71)
6.41%
sans plats préparés (65)
5.87%
sans internet (64)
5.78%
sans dormir dans mon lit (60)
5.42%
sans parler français (60)
5.42%
sans critiquer (55)
4.97%
de drague intensive (53)
4.79%
sans argent (49)
4.43%
sans sucre (46)
4.16%
sans pyjama (44)
3.97%
avec JT et compte rendu (43)
3.88%
sans me laver (41)
3.7%
sans café (41)
3.7%
de ménage/rangement (40)
3.61%
sans mon blog (37)
3.34%
avec âme d'enfant (35)
3.16%
à parler à des inconnus (34)
3.07%
sans glace (34)
3.07%
sans parfum/déo (33)
2.98%
sans jouer (30)
2.71%
sans lire (28)
2.53%
sans manger du solide (22)
1.99%

Total des votes: 1107

 

31
aoû

7dimanche... suite et fin ?

Chers lecteurs de mon blog ou de 7dimanche,

Je pense que nous ne pouvons définitivement plus rien attendre de 7dimanche.  La rédaction a dû être contaminée par un gaz destructeur de neurones, je ne vois que ça comme explication.  Vraiment que ça.

Mieux vaut en rire, car nous tombons là dans une escalade de conneries humaines inégalées. 

Je pensais que le fond était atteint dimanche dernier.  Riez, bonnes gens, ils sont parvenus à faire encore pire !

Ce dimanche, pas de bol pour vous, toujours rien d'inédit.  Ça devient une habitude, je sais.  Mais pas non plus une réédition, comme les dernières fois.  Ce dimanche, le mystère est total.  Entier.  Inexplicable (logique pour un mystère).  Ce dimanche, un étrange phénomène a fait que mon article sur le livre "Emmène-moi au ciel" est reproduit intégralement dans ma chronique.  Article paru sur ce blog vendredi, dans le cadre de la semaine "culture".  Article que je n'ai bien entendu jamais envoyé à la rédac' de 7dimanche, car je vois mal ce qu'un article sur un bouquin vient faire dans un billet d'humeur hebdomadaire...

Il semble qu'un membre de l'équipe (mais 7dimanche n'est peut-être finalement qu'une et une seule personne, totalement contaminée par le gaz déneuronant dont question ci-avant) soit passé sur mon blog, prendre au hasard un article... Je ne vois que ça.

Tout ça, bien sûr, alors que, vous le savez, je leur ai envoyé plus de dix articles déjà prêts, pas moins de trois fois depuis le 20 juillet.

Parle-t-on français à 7dimanche, le comprend-on ?  J'ai d'un coup un énorme doute qui m'assaille...

Je disais mieux vaut en rire.  Mais finalement, ce n'est pas amusant du tout.  C'est même saoulant et royalement exaspérant, cette attitude à mon égard.

Et si j'entamais une procédure de divorce ?  Ou une demande de dommages et intérêts pour préjudice moral et stress dominical intense et répétitif ?  Une pétition "rendez-nous la chronique du dimanche" ?  Une grève de la faim devant la porte de la rédaction ? Zen pensez quoi, chers lecteurs ?

30
aoû

In bed with Anaïs...

bed4PT

29
aoû

Emmène-moi au ciel - Alyson Noël

Si vous n'avez pas l'occasion cette année de partir en vacances au soleil sur une île plein de cocotiers et de beaux mâles, je vous conseille cet ouvrage qui vous fera voyager des Etats-Unis à la Grèce, en passant par Paris.  Et même si vous partez, en fin de compte, emportez-le dans votre valise, vous ne serez pas déçue.

L'auteur est une ancienne hôtesse de l'air qui prend un malin plaisir à nous emmener dans ce monde qu'elle connaît tant.  Vous imaginez sans nul doute le bonheur que j'ai eu à découvrir la vie cachée des hôtesses de l'air, des stewards et des pilotes (sea, sex and sun), sans avoir à monter dans un grand oiseau de métal.

L'histoire est typiquement chick lit : Hailey, hôtesse de l'air, se fait larguer par son chéri, alors qu'elle s'attendait à une demande en mariage.  Fauchée, esseulée et presque virée, elle se lance alors dans un tour du monde (gratuit, c'est l'avantage d'être hôtesse de l'air, of course) en compagnie de plusieurs de ses amis, et va vivre des aventures dont elle se souviendra.  Avec, peut-être, l'amour à la dernière escale, qui sait... 

Vous l'aurez compris, comme je le disais, un classique.  De l'humour, de l'amour, du rêve et des aventures.  De quoi passer un très très bon moment... tout en en sachant plus sur ce métier qui nous à toutes fait rêver un jour ou l'autre.  Passque moi aussi, un jour, j'ai rêvé d'être une hôtesse de l'air (grande folle que j'étais à l'époque).

Je l'ai dévoré en quelques heures, et j'ai totalement a-do-ré.

emmene

29
aoû

Wallonieland… un an déjà !

Il y a un an, je publiais mon billet Wallonieland, qui avait suscité pas mal de réactions et avait été relayé sur certains blogs et sites, ainsi que dans la presse.

365 jours plus tard.  Heure du bilan. 

Pas un bilan politique, je n'y connais que dalle, vous ne le savez que trop bien.

Mais un bilan de ce que j'ai lu et entendu :

Jets de pierres sur les francophones lors du festival rock Wechter

Réactions vives, à La Panne et Coxyde, mer du Nord, contre les commerçants qui osent parler en français aux touristes

Interdiction d'acheter un terrain sans parler couramment le néerlandais ou sans suivre des cours, à Zaventem

Obligation de passer un examen linguistique avant de pouvoir se domicilier dans certaines communes de Flandre

Le bourgmestre de Lennik enlève les drapeaux belges pour les remplacer par le lion noir

...

Alors, 365 jours plus tard, mon billet est encore vachement d'actualité, non ?

Wallonieland, 29 août 2011 

Chère Elke,

Comment vas-tu depuis tout ce temps ? J'espère que tu te portes bien, ainsi que Wim et les petits, qui doivent avoir bien grandi déjà. Vous nous manquez, j'espère que tu le sais. Je t'envoie quelques photos de nous, prises lors de notre séjour au Danemark, j'espère que la censure n'y trouvera pas à redire, aucun site de Wallonieland n'étant visible sur les clichés, je l'affirme sur l'honneur.

J'ai tenté à maintes reprises d'obtenir un passeport pour venir te voir en Vlaanderenland, en vain. Je sais que je ne l'obtiendrai que lorsque je serai parvenue à décrocher le concours du bilinguisme. Ne t'inquiète pas, je vais chaque semaine suivre mes cours, et d'ici cinq à six ans, je pense que je m'en sortirai suffisamment pour réussir.

On m'a dit que le mur avait été rehaussé, car cinq wallonielandais avaient tenté de le franchir, voulant montrer la mer du Nord à leurs enfants, paraît-il. Quelle inconscience. Ils ont été fusillés, pour l'exemple. Dommage. Mais ça fera cinq chômeurs de moins ici, doit-on dire chez vous, et puis je comprends que vous ne souhaitiez plus prendre de risque, surtout depuis que ce village près de la frontière a été incendié lorsque des wallonielandais ont projeté ces boules de feu par-dessus le mur après avoir ligoté les sentinelles.

Comment vont tes parents ? As-tu pu avoir une dérogation pour leur rendre visite en Wallonieland, comme tu le souhaitais ? Ou sont-ils parvenus à quitter la zone sans encombre pour retourner chez eux ? Quelle malchance qu'ils aient été par là-bas durant l'érection du mur.

Je continue à travailler en zone neutre, mais ce n'est pas facile, surtout avec les deux heures d'attente aux barrages chaque matin et chaque soir. Les fouilles corporelles ne sont pas agréables non plus. Depuis le temps, pas moyen de faire comprendre aux sentinelles que je ne tenterai plus d'emporter quoi que ce soit chez moi. J'ai retenu la leçon depuis mon incarcération.

J'ai revu l'autre jour ce film sur cette famille allemande qui avait réussi à survoler le mur de Berlin au moyen d'une montgolfière. Tu te souviens, nous l'avions vu ensemble. Cela fait si longtemps. Et cela nous avait semblé tellement irréel, tu te souviens ? Cela m'a donné quelques idées, mais je n'en dirai pas plus, de crainte que la censure refuse de te transmettre cette lettre.

Je te joins quelques DVD français, ainsi que quelques Flair francophones, j'espère que tu auras le droit de les garder. Si tu as des Flair néerlandophones, je serais ravie de les recevoir, je pense pouvoir les garder en arguant de mon souhait d'obtenir un passeport bilingue.

Nous partons demain en vacances à Dunkerke. En souvenir du bon vieux temps, La Panne, Coxyde. La mer du Nord, en France, n'a pas tout à fait la même saveur, mais tu sais que même par les dunes, il est impossible d'atteindre cette bonne vieille Belgique, oups ça m'a échappé, ce bon vieux ancienland. La mer me manque tant, tu sais. J'ai affiché cette photo que tu avais prise, elle me rappelle cette époque folle où nous y passions nos vacances, ensemble.

Tu trouveras en annexe, comme convenu par la législation, la traduction flamande de cette lettre.

Nous vous faisons de gros bisous et gardons espoir de vous revoir bientôt en chair et en os.

Anaïs, Zhom et petitsdhom.

PS : A l'occasion, envoie-nous quelques grains de sable bien de chez vous, enfin de chez nous, enfin je ne sais plus...

08:07 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

29
aoû

Mes amis Mes amours

amisamoursfilm2

Le plus dur, lorsque l'on sort d'un film magnifique, c'est cette sensation triste qui envahit tout.  Cette rupture souvent trop brutale, après une heure trente minutes dans un autre monde.  Ce dur retour à la réalité.  Cette nécessité de se dire que ce n'était qu'un film, que les personnages disparaissent à tout jamais au moment où la lumière se rallume.  Que plus jamais ils n'évolueront.  Jamais.

J'ai ressenti ça après la projection de « Mes amis Mes amours », film tiré du roman éponyme (argh, j'adore placer un mot intelligent, à l'occasion) de Marc Levy, roman non encore lu même s'il occupe une place de choix dans ma bibliothèque.

Contrairement à l'adaptation américaine de « Et si c'était vrai », j'ai ressenti l'esprit de Marc Levy durant tout le film, de par l'ambiance, de par le phrasé, de par l'humour totalement non made in America, et c'est tant mieux.  C'est là que je me dis qu'il eût mieux valu adapter Et si c'était vrai en France, pour y garder cette ambiance si particulière du livre, qui est introuvable dans le film.  Mais soit, je suis là pour parler de « Mes amis Mes amours ».  Une réussite.  Un juste mélange d'humour et de tendresse, d'amitié et d'amour, de rires d'enfants et de nostalgie.  Avec des acteurs formidables, dont Vincent Lindon tristounet et romantique, Florence Foresti à la fois touchante et drôle, Virginie Ledoyen belle et écorchée vive et Pascal Elbé brun et ténébreux (ce qui suffit déjà à mon bonheur, vous vous en doutez).  Et puis les enfants, pierres d'achoppement de l'histoire.  Ajoutez à cela quelques personnages secondaires aux rôles bien plus que secondaires et des rues londoniennes qui donnent immédiatement l'envie d'aller vivre là-bas.  Secouez.  Puis dégustez.

J'ai donc dégusté.

Et dégusté encore et encore.  Et ce qui a rendu la dégustation encore meilleure, c'est que durant tout le film, à chaque moment d'émotion, je me disais « ça ne durera que le temps d'un film, c'est vrai... mais demain, tu remets ça, tu liras ».

Et je l'ai fait.

Le lendemain, j'ai lézardé au soleil toute la journée.  Et j'ai lu.  J'ai tout lu.  J'ai retrouvé Mathias, Antoine, Sophie et Audrey.  J'ai revécu l'émotion du film, même si quelques détails différaient, même si quelques personnages étaient plus approfondis, même si quelques scènes variaient.  J'ai à nouveau vibré.  J'ai à nouveau rêvé.  Et j'ai à nouveau pleuré.  Durant toute une journée, à peine entrecoupée par une pause poulet - salade - œuf dur dévorés en plein soleil, avec une légère brise, sans jamais quitter mon livre des yeux.

Et bien moi, j'appelle ça du bonheur à l'état pur.

amisamours

06:00 Écrit par Anaïs dans Anaïs fait son cinéma | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

28
aoû

My god, l’heure est grave

 

Je suis malade.  Largement atteinte.  Irrémédiablement atteinte.

Voilà que j'ai regardé le JT.  Et qu'en plus ça devient une habitude.  Dès après Secret Story, paf, je zappe sur RTL.  Pas à l'occasion.  CHAQUE SOIR.  Pourtant, vous n'avez pas élu cette option dans le grand sondage, là, à droite (enfin s'il y est encore au moment où vous lirez ces lignes).  Je deviens JT-addict.  Est-ce bien normal ?

Non, c'est pas normal.

Mais voilà le pire.  Le pire du pire.  Le signe que mon cas est désespéré.

J'ai regardé la remise de la médaille d'or du saut en hauteur à je sais plus qui.  Je sais juste qu'elle est belge.  Alors j'ai regardé.  Et comme je n'y connais rien, j'ai tout d'abord rien pigé.  J'ai vu une femme recevoir une médaille.  Mais pas entendu l'hymne national.  Et puis son nom ne sonnait pas belge, une fois.  Ah ben c'était la médaille de bronze, je pige mieux.  J'ai donc attendu la médaillée d'or.  Elle est arrivée, fut médaillée, bisouillée, fleurie.  Mais toujours pas de musique, que diable.  C'est quoi ce beans ?  ou ce binz ?  (comment ça s'écrit donc !)

Quand soudain, j'ai vu monter trois drapeaux, dont celui de mon pays chéri.  Et la musique s'est enfin fait entendre. 

Et bien croyez-le ou pas, j'ignore tout des JO, le sport me laisse indifférente, mais ce petit moment de chauvinisme m'a mis la larme à l'œil.

Je vous le disais, l'heure est grave.

18:45 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

28
aoû

Concours de nouvelles Femmes d'aujourd'hui - les "perdants" : Une langue qu'il ne parlera jamais

femmesauj
Dernière nouvelle à découvrir, celle de Martine.

Une Langue qu’il ne parlera jamais.

 C’est un petit café qui, l’après-midi s’offre des airs de salon de thé. On s’y arrête pour souffler, une petite pause au centre de la ville, hors du temps. Jamais cette impression de bulle intemporelle n’a été aussi présente qu’en cette fin d’après midi d’un été qui s’obstine.

 Lumière dorée d’un reflet de soleil dans une coupe à glace, mélodie des conversations murmurées, parfums d’enfance retrouvés. La porte reste ouverte sur une petite place verdoyante, un moineau picore les miettes oubliées sous les premières feuilles mortes aux  couleurs de brasier. On est bien…

 Le couple assis à une table près de la fenêtre au fond de la salle n’attire pas les regards.

 Il a atteint l’âge mur, l’apparence soignée est pour lui question de discipline, de respect vis-à-vis de lui-même et d’autrui. Il est ce que l’on a coutume d’appeler un homme bien conservé, séduisant encore, même s’il l’ignore ou ne s’en soucie pas.

 Elle est un reflet de femme, de celle que l’on ne remarque pas, que l’on découvre par surprise. D’où vient-elle ? Son charme est celui d’une photo un peu floue, ses traits fins semblent refléter un passé qui oublie le présent… Ils intriguent, on attend…

 Ils parlent, ou plutôt elle parle, mais au delà des sons, les mots se dérobent, ce sont ceux d’un pays lointain, non-identifiable, inaccessible.

 Il hésite, aligne quelques syllabes en un assemblage maladroit… Elle reprend, le corrige vraisemblablement, elle est patiente, il n’est pas très doué …

 Un sourire furtif, indulgent, encourageant. Il rougit légèrement, avale une gorgée de thé le temps s’allonge…

 L’harmonie change, des mots se dévoilent, colorés par son léger accent. Ils évoquent un lieu, qu’elle a quitté, qu’il ne visitera sans doute jamais.

 Une nostalgie, des couleurs effacées, des senteurs qui s’estompent, des images belles et terribles, l’enfer au paradis, un voile noir. Le gris du quotidien, il n’y a plus d’espace, c’était hier, c’était loin, il y a combien de temps ? …

 Il explique que son fils vit là-bas. C’est sa réussite, sa fierté, son bonheur par procuration.

Il l’a élevé seul. Ce n’était pas facile. Il s’est trompé parfois. Les jeunes aujourd’hui ont avant tout besoin qu’on leur inculque des principes. La rigueur, l’effort, le devoir. On vit une époque ou tout est possible, tout est offert, il faut seulement ouvrir les bras et retrousser ses manches.

 Ils ont connu des moments difficiles, il y a eu des tensions et des malentendus mais le présent lui a donné raison.

 Une société multinationale une agence locale en pleine expansion, des responsabilités, la confiance de la haute direction, un cash flow annuel en constante progression. Beaucoup de travail, peu de temps.

 Le pays doit être magnifique ?

 Il collectionne les reportages, les photos, les vidéos. Il a assisté à une séance « exploration du monde ». C’est beau ! Est-ce que cela existe vraiment ?

 Elle évoque des instants enfuis, les petits matins frais et parfumés, les après-midi torrides, le lent mouvement des pales du ventilateur, la sieste sous la moustiquaire, la brume sur les rizières, l’heure où l’on revit. Les voisins se rassemblent, le soir se prolonge, la nuit  se fait oublier… Un livre est caché sous la couverture… « Tu dors ? » 

 Il s’est animé, la presse de questions encore, encore … C’est si loin là-bas. C’est tellement difficile de concrétiser des photos anonymes, des témoignages impersonnels. Il aimerait échanger des impressions ne serait-ce que pour se faire une idée …

 Et son fils, il n’écrit pas ? Il doit bien sortir de temps en temps de ses chiffres, et de ses graphiques, de ses « term sheets » et de ses « business plans ». Il vit là-bas ? Il y respire, il y aime peut-être, cela suppose au moins quelques sensations, quelques réflexions, des rêves aussi, confrontés à la réalité…Où alors a-t-il choisit d’ignorer ? De ne faire que passer dans un monde virtuel, aseptisé, d’images de catalogue ? Ne s’est-t-il jamais interrogé sur la vie de ses collègues autochtones, leurs manques, leurs aspirations, leurs désespoirs, leurs renoncements ? Il existe une réalité sous les cartes postales.

 Il y a soudain de la violence en elle.

 Il s’est raidi. Il ne faut pas aborder certains sujets. Son fils ne fait pas de politique …

 Au dehors, le temps fraîchi, une bise s’est levée, le soleil s’est voilé. Quelqu’un a fermé la porte. On frissonne en reposant sa cuillère dans la coupe en argent terni…

 Il ne s’agit pas de politique, simplement d’être vivant…

 Elle-même a choisi la fuite, la mémoire qui oublie, un regard qui se tourne vers un ailleurs inexistant.

 C’est comme un engourdissement progressif. Au début, un soulagement : plus de faim ni de soif, de froid ou de chaleur, de tristesse ou de joie, plus de crainte ni d’espoir… Dormir, dormir enfin, pour se réveiller demain et tout recommencer. Mais la nuit se prolonge, on oublie de rêver et il n’y a plus rien…

 Son fils n’est pas un rêveur …

 Pas très extraverti non plus…

 C’est curieux en fait, ils ont vécu 25 ans sous le même toit dans des mondes parallèles. Bien entendu, lui représentait l’autorité il lui fallait diriger et sévir pour le bien de l’enfant. Cela n’a jamais posé de réel problème. Le fils était raisonnable et obéissant. Il ne lui a jamais donné que des satisfactions...

 D’ailleurs, il ne croit pas au « père copain » 

 C’est une question de pudeur, de respect de l’intimité, il y a des sujets qu’il vaut mieux ne pas aborder… A quoi bon ? Et puis ce ne serait pas sans risque, il faut que les choses restent à leur place, il y a des mots qui fâchent, des faiblesses qu’il ne faut pas montrer…

 Et des silences qu’on regrette…

 L’auvent claque, quelqu’un a replié les parasols, il va pleuvoir sans doute...

 Les jeunes, aujourd’hui, doivent avoir les pieds sur terre, agir, se focaliser sur des objectifs clairement définis, il n’y a guère de temps pour les tergiversations, l’introspection qui ne mène à rien… Il faut être dans le train et le train n’attend pas…

 Il y a longtemps qu’elle est descendue du train … Elle a cru pouvoir poser ses valises mais en fait, elle n’a jamais réellement franchit la porte de la gare.

 Elle reste sur le quai et regarde les trains passer. Des visages de voyageurs tout juste aperçus, des silhouettes, des ombres sans regard, les yeux perdu vers une destination inconnue qui ressemble au néant…

 Le paysage leur échappe. Une image parfois se fige, sur la carte mémoire d’un appareil photo, rejoint d’autres reliques, parmi les offres « all inclusive ».

 Ils ne perçoivent pas le jeu de l’enfant, les rides du vieillard,  le cristal des eaux, la nacre des nuages, l’odeur de terre après la pluie, celle du bois qu’on enflamme, du repas qu’on prépare.

 Ils ne sont attendus par personne sinon par des reflets d’eux mêmes qu’ils espèrent reconnaître, pour se sentir plus forts…

 Mais la peur ne les lâche pas, ils ferment les yeux, les poings serrés sur leurs paupières et le sommeil les fuit…

 Il suffirait pourtant qu’elle sorte de la gare et entre dans le parc voisin. Dans le bac à sable se reconstruit le monde…

 Elle sourit timidement, implore son indulgence…Je divague. Pardon. Oubliez tout cela… bien entendu je ne vous ferai pas payer cette heure de leçon.

 Il s’ébroue, chasse un insecte importun…

 C’est aussi pour cela qu’il veut apprendre ces mots étrangers. Un jour peut être, il ira là-bas…

Son fils sans doute serait content qu’il vienne… Mais il ne veut pas être une charge, il doit pouvoir se débrouiller… Et puis, ainsi, il se fera une opinion… Lui saura regarder, il aura le temps. Il sera les yeux du jeune homme, lui décrira les choses, fera des commentaires, sollicitera ses réactions. Ils troqueront leurs points de vue et ils pourront parler, des idées et du monde, des autres et d’eux-mêmes … Quand il ira là-bas…

 Il est temps de se remettre au travail.

 La conversation a repris son mode saccadé, les sons ont remplacé les mots. Il s’agit de syllabes et d’accents, de grammaire et de conjugaison. Le comment se substitue au quoi.

 L’averse a cessé.

 Il s’applique, elle se concentre. Retour aux choses sérieuses, au métier qui assure la subsistance.

 Le petit vieux somnole, un serveur baille discrètement derrière ses doigts, le chat s’étire, il est cinq heure.

 Il fait des efforts, veut marquer des points, mériter son intérêt, être le bon élève qui nait dans le regard du professeur.

 Commentaires parfaitement dosés, rigueur et encouragements ; ménager sa susceptibilité, sans céder à l’indulgence.

 Et soudain, il se passe quelque chose, un mot, un seul petit mot qui n’avait pas sa place, un petit mot qui glisse, grimace et se  moque des leçons, un petit grain de folie virevoltant à contretemps, sur la piste des contresens…

 Il s’est figé, les joues rosies, le sourire hésitant.

 Elle sourit à son tour mais le sourire lui échappe, déborde et envahi ses yeux.

 Efforts désespérés qui déforment les traits, le sourire devient rire et rien ne peut y faire.

 C’est un mur qui tombe, une frontière franchie, elle est maintenant au pays de l’absurde, inaccessible à la raison, transportée par la joie.

 Le nourrisson gazouille, l’adolescente glousse et le vieillard hausse le ton dans un nouveau combat.

 Le soleil fait des gammes sur les verres bien rangés.

 A son tour secoué par le rire, il saute la barrière. Il la rejoint alors, au ciel de la marelle  pour un bout de chemin, loin au-delà des mots d’une langue qu’il ne parlera jamais.

 

16:07 Écrit par Anaïs dans Anaïs aime la vie | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

28
aoû

Mea culpa

J'ai programmé tous mes billets ce dimanche, pour que vous ayez une semaine pleine d'infos... et j'en ai oublié la nouvelle perdante de Femmes d'Aujourd'hui, comme chaque jeudi... Argh, tête de linotte.  Il vous faudra patienter un chtit peu, le temps que je sois at home pour vous la poster... sauf que j'ignore quand je serai at home, vu mon emploi du temps de minissss'.  Sorry sorry les petits zamis.

28
aoû

Séances ciné at home avec DVD post

Mes pérégrinations télévisuelles ont continué de plus belle avec DVDpost (cf le logo rouge à gauche, si vous voulez bénéficier de locations gratuits et si vous êtes belges...).

J'ai donc eu récemment le plaisir de visualiser quatre films dont je n'avais en fait pas entendu parler.  Je me suis dit que c'était ainsi l'occasion de découvrir de l'inédit.  Quatre films que je juge comme « moyens », soit n'étant ni des navets, ni des chefs-d'œuvre du cinéma.

Des détails ?  Des détails.

Tu vas rire, mais je te quitte.  Un film français avec la superbe Judith Godrèche en actrice désabusée par ses uniques tournages dans une sitcom ou des pubs.   Très drôle à certains moments, rasoir à d'autres.  Un zeste de romantisme en bonus.  Ça se laisse regarder, mais ça n'est pas inoubliable.  Il s'agit d'une adaptation du livre d'Isabelle Alexis.  Livre que je n'ai pas lu, mais à mon humble avis, le livre est mieux...

Only you.  Une comédie romantique américaine déjà ancienne à laquelle on ne croit pas réellement, tellement c'est incohérent.  Dommage, car ça se passe à Venise et à Rome, et le héros du jour est mmmmmmh.  L'héroïne est hyper craquante aussi.  C'est mignon, sans plus.

Un baiser s'il vous plait.  Un film français très étrange, avec Virginie Ledoyen qui embrasse son meilleur ami, pour le consoler.  Et c'est là que les catastrophes commencent.  Impossible de dire si j'ai aimé ou pas, tant c'est ... bizarre.

Crazy in love.  Une histoire d'amour américaine entre deux héros atteints du syndrome d'Asperger.  Crédible, mignon, drôle.  Même si parfois, on a envie de frapper les héros, tellement ils sont saoulants.  Mais on leur pardonne, passqu'ils sont émouvants.  Un très chouette film.  Les acteurs y sont parfaits.

Avez-vous vu ces films ?  Vous ont-il plu ?  Et enfin, question habituelle, des films à me conseiller pour mes prochaines séances ?

08:12 Écrit par Anaïs dans Anaïs fait son cinéma | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |