30
nov

La minute blonde belge

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Contrairement aux apparences, ces photos ne servent pas à illustrer un billet sur le nombre croissant de SDF en Belgique.  Non je vous le jure.  Elle illustre les conséquences du décret Arena.

Pour les déneuronés tels que moi, ainsi que pour les non Belges, qui sont des milliards sur ce blog, j’en suis convaincue, ce décret impose, entre autres, que les inscriptions dans les écoles aient lieu à partir du 30 novembre, soit aujourd’hui, par ordre d’arrivée, sans privilège, sans passe-droit, sans inscription à la tête du parent, ou plutôt à la tête de son portefeuille voire à la couleur de sa peau.

Un système qui n’existe pas, sauf erreur, en France, où, pire encore, les élèves ne peuvent être inscrits que dans les écoles de leur région, si je ne m’abuse (« sauf erreur » et « si je ne m’abuse » constituent un pléonasme, mais, dans le doute et vu mon manque de connaissances en la matière, je préfère rester sur mes gardes).  Un système qui crée des castes, puisque les enfants de banlieue n’ont accès qu’à des écoles de banlieues, tandis que ceux des beaux quartiers (bô quartchiers comme on dit ici) ont accès aux écoles élitistes.

En théorie donc, ce décret donne les mêmes chances à tous.  En pratique par contre, étant donné que certaines écoles (surtout dans les bô quartchiers, vous vous en doutez) sont submergées de demandes, les parents y campent depuis hier soir afin d’obtenir une place pour leur progéniture chérie.  Point d’égalité de chances, alors, puisque pour camper une journée et deux nuits sur place, il faut être chômeur ou … rentier (sauf à prendre congé, of course).

Pour ma part, je ne parviens pas à me faire une opinion. 

D’un côté, je ris car le ridicule de la situation saute aux yeux.  Dormir 36 heures dehors, voire plus, dans le vent, la pluie et le froid, pour simplement obtenir une place dite « rêvée » pour ses marmots, c’est limite.  Tout ça pour le prestige, ma bonne Dame, rien que le prestige. 

D’un autre côté, je comprends car, pour avoir passé six ans (par hasard, je vous le jure, pas à cause de la fortune de pôpa-môman, de leur profession respectée ou quoi que ce soit qui eût pu plaider ma cause) dans une école à bonne réputation (mais dont la qualité de l’enseignement est, selon moi, inversement proportionnelle à ladite réputation), je sais combien cela peut être important sur un CV (aurais-je été engagée par boss vénéré si j’avais été dans une école dite « bas de gamme » ?). 

D’un troisième côté, j’applaudis car j’ai tendance à approuver cette tentative désespérée (et peut-être vaine) d’instaurer une égalité au sein des écoles. 

D’un quatrième côté (et ça sera le dernier, je vous le promets), je suis choquée de voir que des huissiers sont appelés pour valider l’ordre de passage, que des parents recrutent des étudiants pour faire la file à leur place (« service » monnayé jusqu’à 500 eur - « on annonce du vent, ça vaut bien ça »), qu’ils vont même jusqu’à offrir de l’argent pour glaner une place dans la file… ça me fait doucement rire. 

Non, décidément, je n’arrive pas à me décider ni à avoir une opinion tranchée : amusée, compréhensive, irritée ou outrée, entre tout cela, mon cœur balance.  Toujours est-il que je trouve cette tentative de démocratisation des inscriptions bien pensée, même si mal organisée et même si ses conséquences sont parfois le reflet de la bêtise et du snobisme de certains…

Une vraie minute blonde à la belge.

Et vous, vous en pensez quoi ?

Photos issues du site www.dhnet.be – © Pirard
Et une touche d'humour à la Acide, on en a bien besoin...
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29
nov

Mourir en travaillant

Ils sont partis bosser ce matin, comme chaque matin, depuis des années peut-être.  Ils ont peut-être râlé, car un petit crachin bien belge tombait, et car ils allaient travailler dehors.  Ils ont pris un bon café pour se dynamiser, ont avalé un petit déjeuner complet, qui tienne au corps, histoire d’avoir de l’énergie pour toute la journée.  

Puis ils sont partis, pensant sans doute au week-end qui approchait et à ce qu’ils feraient, avec leur famille, leur épouse, leur petite amie, leur maman, leurs potes, que sais-je encore.

Et ils ont entamé leur journée, en toute confiance.  

Jusqu’à ce que…

Est-ce normal d’aller bosser et de risquer sa vie ?  Est-ce normal de perdre sa vie au travail ?  Est-ce normal de mourir alors que des collègues sont chargés de votre protection ?  Ne sont-ce pas des choses qui se produisaient « dans le temps », du temps des charbonnages, du temps de l’esclavage, du temps de la construction des pyramides ?  

Le risque zéro n’existe pas.  Moi-même je peux me faire faucher chaque matin lorsque je tente de traverser la chaussée bien large et que des automobilistes irrespectueux, pressés et sans scrupules tentent de passer, envers et contre tout.  Je peux périr dans l’incendie du bureau, mourir sous les balles d’un client furieux, être étranglée par un collègue victime d’une crise de délirium tremens.  Mais la nuance est grande : je ne périrais pas à cause de mon activité professionnelle, mais dans le cadre de celle-ci.  Nuance.  De taille.

Ici ils sont morts.  On sait comment.  On ne sait pas encore pourquoi.  C’est ainsi.

Le risque zéro n’existe pas.  Mais j’ai de la peine pour eux, ce soir.

Peine qui ne semble pas partagée par les journalistes de la RTBF1 la Une, qui auront consacré une minute au sujet, après vingt-cinq minutes sur les files dans les écoles (dont je vous parlerai demain) et les problèmes politiques…  ça doit être ça, avoir le sens des priorités.

Comme quoi, on est bien peu de choses.

20:05 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (8) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

29
nov

16h30

16h30 et fait déjà presque noir.

Pitiéééééééééééééééé, je peux hiberner jusqu'au 1er mars 2008 ?

C'était le billet le plus court de l'histoire de ce blog, en guise de coup de gueule de 16h30.

Illu de Missbean.

 

hibernatus2

16:32 Écrit par Anaïs dans Anaïs râle | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

29
nov

30 euros maxi pour des cadeaux, ça vous tente ?

disclaimer
cadeau de noël pas cher

 

Savez-vous que notre pouvoir d’achat a diminué de 400 eur en moyenne depuis 2003 !  400 eur !  En quatre ans !  C’est pas moi qui le dis, ce sont les études hautement scientifiques.

 

Mais je ne suis pas là pour pleurer sur notre triste sort, mais pour vous proposer des solutions, avec ce site qui fourmille d’ idées cadeaux à 30 euros maximum : 30eurosmaxi.

 

Avec son design rigolo et fun, 30eurosmaxi est vachement attractif, limite ludique (dangereux pour le portefeuille ça).  De plus, le site privilégie les petits prix sans négliger la qualité : ainsi, vous y trouverez par exemple des articles écolo (plats en bambou), des jouets en bois adorables et des bougies en cire végétale.  La part belle est faites aux créations françaises, et tous les articles sont de stock et livrables en 72 heures.  Les six rubriques permettent de trouver facilement le cadeau idéal pour votre chéri, votre petit ou votre meilleure amie (ou pour moi, si vous insistez, je vous rappelle, en passant, que mon anniversaire est là, tout proche, tout tout proche) : « passons à table », « objets déco », « autour du bureau », « objets persos », « les inattendus » et « le monde des enfants ».

 

Pour ma part, après avoir bavé devant les bouillottes en feutre, les radios à écouter sous la douche et les kits de loisirs créatifs Hello Kitty (là je ne bave plus, je me liquéfie carrément), je m’oriente vers les « inattendus ».  Suspense suspense, que vais-je y trouver ?  Des tas d’objets rigolos et dont je n’avais quasi jamais entendu parler : un indicateur de bulles pour bouteille de champagne (à mettre sur une bouteille entamée – lorsqu’il est temps de la terminer, l’indicateur le signale – futé non ?), un attache-sac très glamour, mais surtout, oh surtout, mon super coup de cœur de la mort qui tue : l’œuf magique « je t’aime »  , présenté dans sa « canette » transparente, à inonder pour qu’il se casse, germe, et délivre sa déclaration d’amour à l’élu de mon cœur, sur un haricot. J’adore.  C’est original, c’est glamour, et c’est bon marché (7 eur).

 

Reste simplement à le trouver, l’élu de mon cœur… En attendant, j’ai déjà l’œuf, un bon début n’est-ce pas ?

29
nov

Expérience sociologique

Vous savez combien j'aime les expériences sociologiques.    Ah oui, j'aime ça.

 

Dernière expérience en date : "comment lit le peuple ?"

 

Outil de travail : un livre puisé au hasard dans ma récente collection (un livre dont je vous ai parlé dans ces colonnes – ça fait magazine cette expression, non ? - titre disponible sur simple demande par mail accompagnée d'un versement de 1,99 eur – tout se monnaie Mesdames et messieurs). 

 

Lieu de l'expérience : la salle d'attente au bureau.  Le livre y est déposé bien à vue, au centre d'une antique table d'appoint, histoire de jauger les réactions de la faune humaine qui attend, attend et attend encore.  L'attente rend-elle curieux ?  L'attente rend-elle somnolent ?  L'attente donne-t-elle envie de lire ?

 

Résultats :

 

Un premier Monsieur s'en désintéresse totalement, et l'ensevelit sous un tas de magazines puisés dans la réserve, m'obligeant, après son passage, à aller faire le ménage (dieu que j'aime faire le ménage).

 

Un couple pénètre ensuite dans la salle d'attente : Monsieur jette un œil, feuillette rapidement l'ouvrage, puis l'abandonne, sans doute car il ne comporte pas d'images…  Madame, elle, semble intriguée, puis captivée.  Elle se plonge dans la lecture.  Son GSM sonne, la distrayant.  Elle dépose l'ouvrage.  Répond au téléphone.  Prend ensuite un magazine, oubliant le livre qui la passionnait précédemment.  Voilà comment un GSM peut distraire une envie culturelle…

 

Un Monsieur impatient se présente ensuite : il se plonge immédiatement dans une lecture frénétique, qu'il ne lâchera à regret que lorsque son tour sera venu.

 

Une Dame semble énormément apprécier l'ouvrage, au point que je la soupçonne de vouloir le dérober.  Un coup d'œil à gauche, un coup d'œil à droite… La voie est libre.  Elle ébauche un mouvement vers son sac à main, jette un dernier regard aux alentours, puis se ravise, prise de remords ou d'une angoisse soudaine, et redépose enfin l'ouvrage.  Bien lui en a pris, je m'apprêtais à prévenir le service de sécurité, non mais, nul ne peut impunément perturber mes expériences sociologiques.

 

Un Monsieur bedonnant se lance, devant mon livre, dans le nettoyage intégral de sa tenue vestimentaire : et que je frotte, et que je gratte, et que j'époussette.  Je n'ose imaginer ce dont il tente de se débarrasser : bébêtes, pellicules, miettes de croissant ?  Le tout retombe inévitablement sur la couverture du livre, aaaargh, horreur et putréfaction, encore du ménage en perspective.

 

Et la journée se poursuit, faite de lecteurs captivés qui n'abandonnent l'ouvrage que contraints et forcés, parce que leur tour est venu; de lecteurs désintéressés qui remarquent à peine qu'un joli livre leur fait de l'œil; de lecteurs épuisés qui somnolent béatement dans la salle d'attente; de lecteurs plus intéressés par les derniers potins de la Star Ac ou la dernière collection de sous-vêtements de Loana (mais si, souvenez-vous, la Loft Story Girl qui a fait des choses que la morale réprouve dans une piscine truffée de caméras).

 

Une expérience sociologique somme toute productive, qui a provoqué chez moi maints fous rires et moments attrayants.  C'est l'essentiel…

 

Vous me direz : comment sais-tu tout ça Anaïs ?  Et bien passque j'ai la TV au bureau moi Messieurs-Dames.  Une chance hein.  Bon c'est toujours la même chaîne un peu monotone "salle d'attente TV", mais ça permet d'observer pas mal de choses : les petits câlins des amoureux, le froid polaire entre les pas (ou plus) zamoureux, ceusses qui mangent en douce, ceusses qui rêvassent... sans oublier ceusses que j'oublie, ce qui m'arrive souvent, d'où l'intérêt de "salle d'attente TV"...

 

28
nov

Le soutien-gorge a 100 ans

Et oui, il a un siècle, le soutien-gorge, ou la pochàloches, le sacànénés, le soutienrien ou le soutienpasassez…
 
Question : que faisaient les femmes avant 1907 ?
 
Une petite recherche sur le net m’apprend que dès l’antiquité déjà, les femmes se couvraient parfois les seins par un genre de bandeau.  Glamourissime au possible.  Ensuite vint le corset, sorte d’engin de torture qu’il fallait serrer au maximum pour marquer la taille (si vous avez la même culture culturellement culturelle que moi, vous vous souviendrez de cette scène de Titanic, où la pauvre Kate Winslet – décrite comme une actrice pulpeuse limite obèse – subit les foudres de sa « tendre » mère lors d’une séance d’habillage).  Début de siècle dernier arrive enfin l’ancêtre de notre soutien-gorge.
 
Et là, je me dis : mais Anaïs, tu fais quoi exactement ?  Tu prépares une élocution comme au bon vieux temps, sur l’histoire du soutien-gorge ?  T’as un devoir à rendre ?  C’est quoi ce billet à la noix, limite chiant (qui a murmuré « pas limite chiant, carrément chiant » ?), qui va endormir tes lecteurs ?
 
C’est vrai quoi, c’est pas mon style, ce genre de billet, je suis pas inspirée, j’ai envie de parler des soutiens-gorges mais j’ai aucune anecdote croustillante à raconter, aucune minute blonde où mon wonderbra se ferait la malle et tomberait lourdement sur le sol, aucune nuit de folie avec sous-vêtements monstrueux, rien de rien.
 
Mais comme j’ai déjà pondu une demi-page, il est hors de question que je ne la publie pas.  Eh oh, je bosse pas pour rien moi, non mais ! 
 
Alors, pour maintenir l’audience, pour captiver votre attention, pour que vous reveniez demain (ben oui quoi revenez, promis, je ferai plus d’élocution), une illustration sexy au possip’.  C’est pas tous les jours qu’Anaïs vous offre une femme quasi à poil hein !  Merci à Acide pour cette illu démentielle, comme d’hab.  Et si vous êtes sages, mais vraiment très très sages… je lui demande la version intégralement nue.  Ça vous botte ?
 
Illu d’Acide

SG

06:45 Écrit par Anaïs dans Anaïs aime la vie | Lien permanent | Commentaires (8) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

27
nov

"Cache cache arrêt"

Vous connaissez tous ce vieux slogan de la SNCB (ou F ?) : "le train, déjà un goût de voyage".

La TEC lance actuellement un slogan quasi similaire : "la TEC, déjà un goût d'aventure".

Afin que le voyageur ne tombe pas dans une lassitude extrême liée au train-train de ses navettes quotidiennes, la TEC a décidé de mettre du piment dans son existence, en instaurant la règle du "cache cache arrêt".

Ainsi, chaque matin, j'ignore à quel endroit mon petit bus chéri m'attendra.  Et j'ai un bol fou, le jeu existe tant à l'arrêt de départ qu'à l'arrêt d'arrivée, ce qui multiplie la sensation d'aventure intense qui m'est gracieusement offerte pour la modique somme de 210 eur (pas cheeeeer ma bonne Dame).

C’est le matin que l’aventure est la plus audacieuse.  Il fait noir.  L’arrêt provisoire est à la limite de l’indétectabilité (ce mot n’existe pas, m’en fous) et les chauffeurs ne sont pas tous informés du changement.  Normal.  Sinon, ce ne serait pas drôle.

Imaginez donc l’Anaïs, à peine réveillée, grelottant de froid dans son écharpe Strelli, tremblant d’angoisse à l’idée que son bus ne la voie pas.  Le voilà.  Aaaaargh il s’arrête à l’arrêt habituel.  Elle court elle court pour l’attraper.  Aaaargh il redémarre, elle fait demi-tour, se plante au milieu de la rue pour arrêter le mastodonte.  Victoire.  Le chauffeur la scrute avec un regarde bovin, la prenant pour une attardée mentale.  « A-t-on idée de se mettre en travers de la route, ma p’tite Dame ! »

Imaginez ensuite l’Anaïs dans son bus.  Elle sonne.  Mais le bus ne s’arrête pas.  Angoisse. Elle interpelle timidement le chauffeur « scusez moi M’sieur ».  Il n’entend rien.  Elle hausse le ton.  Toujours rien.  Elle hurle alors « Mooooossieur, j’veux descendre ».  Dédain total.  L’arrêt se trouve cinq cents mètres plus loin, j’avais qu’à le savoir, non mais.  « A-t-on idée de perturber ainsi la quiétude des voyageurs ! »

Le site infotec.be porte mal son nom...  La liste des perturbations, mise à jour tous les cinq mois (alléluia elle l’a été ce 22 novembre, sautons de joie et frappons des mains), est totalement incompréhensible.  Exemple : « ANDENNE (place du Chapitre) début de la perturbation 09.07.2007 lignes 19 et 38 Namur ».  Si quelqu’un comprend ce dont il s’agit en pratique, prière de me contacter.

Et il en est ainsi chaque matin.  Et chaque soir.  C’est la valse entre les arrêts fixes, les arrêts provisoires, les arrêts provisoirement définitifs et les arrêts définitivement provisoires.

Keskon s’amuse dans les bus namurois, je vous le dis !

Illu de l’auteur de Marguerite
busgamept

06:45 Écrit par Anaïs dans Anaïs râle | Lien permanent | Commentaires (10) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

26
nov

Dimanche soir

C’est Nin possip’ une fois !

Je rédige un billet sur le dimanche soir et son ambiance particulière, afin de parler d’un feuilleton que je regarde chaque dimanche soir, et, j’ignore par quel subterfuge, mes doigts en viennent à parler natation.  C’est dire si le traumatisme est encore présent.

Donc je recommence.

J’ai jamais aimé les dimanches soir.  Il règne comme une ambiance douce-amère.  La fin d’une journée de repos.  La fin d’un week-end très chouette. Et en même temps une bouffée d’envie que cela continue.  En d’autres termes : pas envie d’aller bosser demain.

Et chaque dimanche soir, je regarde Brother & Sisters.

Et chaque dimanche soir, je pleure durant Brother & Sisters.

J’ai d’abord cru que c’était dû à cette ambiance dominicale.  Une sensibilité exacerbée, la nuit qui tombe tôt, une feuilleton familial et paf, l’Anaïs braille.

J’ai compris la semaine dernière que j’avais tout faux, lorsqu’une de mes collègues m’a parlé de Brother & Sisters et m’a interrogée, avec une énorme pointe d’étonnement dans la voix « c’est triste cette série, non ????? »

Et bien voilà le nœud du problème.  La série est triste, mais triste.  Dès le second épisode (si vous ne l’avez pas vu et ne souhaitez rien découvrir de son scénario, ne lisez pas ce qui suit) qui raconte la vie d’une famille, le patriarche décède et les ennuis commencent : sa maîtresse se manifeste, la famille apprend qu’il avait une fille cachée, laquelle fille bousille le couple de sa demi-sœur, déjà bancal, en embrassant l’époux, la société familiale périclite à cause des erreurs du père, la veuve ne se remet pas de l’infidélité de son défunt époux, le fils est stérile, sa femme parvient finalement à être enceinte de jumeaux grâce à un don de sperme, mais l’un des jumeaux, grand prématuré, décède, l’autre fils est rescapé d’Irak mais doit y retourner, pas le choix. Seule la dernière fille est la bulle d’oxygène de la famille, incarnée par Calista Flockhart, amoureuse d’un candidat à la présidence lui-même interprété par Rob Lowe.  Cesses de ma génération se souviendront de Rob Lowe, beau gosse de not’jeun’temps, qui a joué dans je ne sais plus quel film d’ailleurs.  En résumé c’est d’un triste, mais d’un triste !  En étant toutefois bourré d’humour et débordant d’amour.

Une jolie série.

Mais par pitié, une série à ne jamais diffuser le dimanche soir.

Image issue du site francophone Brothers & Sisters.
brothers&sisters

11:30 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (8) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

26
nov

Dimanche soir

J’ai jamais aimé les dimanches soir.  Il règne comme une ambiance douce-amère.  La fin d’une journée de repos.  La fin d’un week-end très chouette. Et en même temps une bouffée d’envie que cela continue.  En d’autres termes : pas envie d’aller bosser demain.

Cette sensation remonte à mon adolescence.  Période où je haïssais les dimanches soir.  Où plus la journée avançait, plus j’angoissais.

Parce que le lendemain, à la première heure, j’avais piscine.

En général, les ados adorent avoir piscine.  C’est mieux que math, histoire ou anglais.  Mais moi j’aurais volontiers troqué mon heure hebdomadaire contre une journée entière d’autres cours.

L’horreur commençait dans les vestiaires.  Y’a un âge où les filles n’aiment plus se déshabiller dans un vestiaire commun.  Ça compare la poussée des seins, ça scrute la cellulite naissante, ça vérifie le modèle du maillot, ça chicane, ça cancane.

L’horreur continuait de plus belle une fois près du bassin de natation, comme on l’appelait.  Parce que j’ai jamais su plonger.  J’ai jamais su sauter.  J’ai jamais osé aller dans la grande profondeur.  J’ai jamais su mettre ma tête sous l’eau.  J’ai jamais su nager en fin de compte.  A peine capable d’esquisser une brasse caillou.

Alors les profs désespéraient de m’apprendre quoi que ce soit, à moi, petite chose maigre et tremblotante que j’étais.  Je me réfugiais dans la petite profondeur, en compagnie d’une autre petite chose maigre et tremblotante qui partageait mon supplice, et ensemble nous subissions cinquante minutes à grelotter en espérant que la prof nous oublie définitivement dans notre coin de piscine.

Et chaque semaine, c’était rebelote.  Jusqu’à ce qu’un maître-nageur, dans un moment d’exaspération intense, décide de tenter le tout pour le tout : me jeter au centre de la piscine pour créer un réflexe de nage.  Raté ! J’ai juste coulé et il a dû aller me récupérer, à la limite de la crise d’hystérie, avec une longue perche faite pour sauver les petites choses tremblotantes jetées violemment dans les vilaines piscines.  

La brasse caillou, je vous le disais.

C’est ce même maître-nageur qui, plus tard, me donnera quelques leçons bien utiles et me fera réussir mon brevet de 25 mètres.

Chuis fière.

Encore de nos jours, je n’aime pas trop les grandes profondeurs, je ne sais pas plonger, j’ai sauté une seule fois (et j’ai eu une crampe monumentale, donc je ne réitérerai pas l’expérience), et ma tête sous l’eau, c’est ok mais uniquement avec un masque.

On ne se refait pas !
natation


06:15 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (10) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

25
nov

Les humeurs d’Anaïs (33) : de l’énergie à revendre !

Avez-vous lu l'histoire de cet américain qui, après avoir consommé une boisson énergisante, dont je tairai le nom pour éviter un procès à votre hebdo dominical favori, s'est éveillé avec un priapisme sévère.  

Priapisme, kekseksa, me direz-vous ?  "Situation pénible et potentiellement dangereuse dans laquelle le pénis après l'érection ne retrouve pas sa flaccidité normale au bout de quatre heures, même en l'absence de toute stimulation physique ou psychologique.  Le priapisme est une urgence médicale et a besoin d'être traité par un médecin qualifié." (source fr.wikipedia.org).

Cette pauvre victime d’une boisson énergisante, ne parvenant pas à se défaire de cette érection permanente (un peu douloureuse et sans doute peu discrète) a dû être opérée en urgence (et à plusieurs reprises) pour être libérée de … ce petit problème bien encombrant.

A l'heure où pas mal de femmes se plaignent de la rapidité d'action de leur partenaire, ne pourrait-on tenter de modifier juste un tantinet la composition de la boisson énergisante, afin d’en faire un prolongateur soft d’érection ?  Je dépose le brevet immédiatement.  Le bonheur pour nous toutes, enfin.  En attendant que la formule soit au point, par pitié, Messieurs, ne tentez rien, contentez-vous juste de rêver au jour où…

Quoi qu’il en soit, la victime a décidé de porter plainte contre le fabricant.  Bien sûr.  Aux States, on porte plainte contre tout.  Si je vivais là-bas, si je vous écrivais des « columns » dans le « SevenSunday », je ne serais pas étonnée de voir prochainement surgir une plainte contre moi, pour incitation à la débauche…  Où va le monde ma bonne Dame !
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