30
sep

C’est une île où il fait toujours beau (Fugain)

cartographie-blog

Il y a quelques temps, je vous avais parlé du blog de Ouinon qui avait réalisé un travail incroyablement sidérant en analysant, en décortiquant, en opérant plusieurs milliers de blogs francophones, pour en extraire un classement totalement subjectif de 200 blogs, selon certains critères, tels les commentaires, les visites… et j’en passe.

Sa carte est maintenant diffusée sur le blog, et je vous conseille fortement d’aller la visiter, parce qu’elle est drôlement bien faite, et je pèse mes mots.

Chaque couleur représente une catégorie de blogs.  Moi chuis dans les roses, of course.  Chaque blog sélectionné est représenté par un pays imaginaire, dont la taille varie en fonction du classement.

C’est ainsi que j’ai hérité d’un territoire assez petit, passque chuis bas dans le classement, je vous l’avais dit.  Mais malgré tout, je suis assez contente d’être tout de même sur la carte, même avec mon mini territoire, et puis les petites territoires ça me connaît, en bonne belge que je suis.  

Mais la bonne nouvelle, c’est que j’ai une île rien qu’à moi.  Super non ?  Vous la voyez, toute petite, rose pâle, avec un petit drapeau belge... mon île.  Pleine de palmiers, de soleil, de noix de coco et de cocktails glacés.  Une île où vous pourrez accéder en bateau, j’y interdirai les oiseaux de métal.  Une île où je vivrai d’amour et d’eau fraîche.

Oui bon, j’arrête de délirer et de vous bassiner avec des explications soporifiques, je vous invite plutôt à aller vous rendre compte sur place…

Ici c’est pour voir la carte avec tous les liens dessus, vous permettant de découvrir les 200 blogs, et de voir mon île de plus près.

Ici c’est pour voir le billet explicatif sur le blog Ouinon.


Bon amusement !

19:53 Écrit par Anaïs dans Anaïs se la pète | Lien permanent | Commentaires (10) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

30
sep

Les humeurs d’Anaïs (25) : Entre le haricot et le chocolat, mon cœur balance

clot_gest!
Vous le savez, mes billets sont publiés dans 7dimanche de façon quasi toujours aléatoire (et surtout en fonction de la place disponible).  Donc je découvre avec vous, chaque dimanche, le thème de la semaine.

Ce dimanche, le sujet choisi tombe à pic… car il reste dans la lignée de mon billet de samedi « anorexie VS gavage ».  

L’occasion m’est ainsi donnée d’illustrer cette petite bafouille avec un dessin de Marie, que vous ne connaissez pas encore.  J’ai découvert son blog sur le blog de Krikri (celle qui a Poilu, ça va, vous suivez ?) et j’ai de suite été charmée par ses personnages à la fois tendres et rigolos.  J’ai parcouru son blog en une soirée et je ne vous cache pas que j’ai déjà stocké sur mon PC une vingtaine de ses œuvres, destinées à illustrer de prochains billets, avec son accord, cela va de soi.  Vous n’avez dès lors pas fini d’en entendre parler, de Marie.  Si vous êtes impatients ou curieux, ce dont je ne doute pas, je vous invite à aller zieuter son blog...

Entre le haricot et le chocolat, mon cœur balance

Je me croyais obsédée par ma balance.  En zonant un peu sur le net, je découvre que certaines blogueuses (soit d’adorables jeunes femmes telles que moi qui racontent leur vie trépidante comme moi) sont hypra-obsédées.  Du genre à se peser plusieurs fois par jour (moi ma balance a été dépourvue de piles durant quatre mois et chaque matin je la narguais, avec cependant un brin d’angoisse sur sa vengeance à venir), du genre à faire des régimes pas bon du tout du tout (moi j’ai jamais fait régime plus de douze heures), du genre à se reluquer le bide à chaque passage devant un miroir en pied (moi mon bide, moins je le regarde mieux je me porte).

Du genre obsédées de chez obsédées.

Ça fait peur.  

Parce que les magazines féminins et les créateurs de mode sont en grande partie responsables de cette mode qui vénère les quasi-anorexiques et culpabilisent celles qui n’entrent pas dans du 36 (à la rigueur le 38 est toléré, je dis bien toléré).

Parce qu’on nous gave de publicités qui ne font que mettre l’accent sur le diktat de la minceur (la maigreur) : et que je torde le cou des capitons qui m’envahissent, et que je mange des haricots verts à chaque repas avec un yaourt zéro calories zéro sucre zéro gras zéro rien, et que je m’enduise de crème minceur à longueur de soirées en scrutant la disparition du gras, et que je fasse régime sur régime sur régime sur régime.

Quand je pense que si Marilyn avait vécu à notre époque elle serait quasi cataloguée obèse…  

Quand je pense que le 38 de maintenant est le 36 d’antan...  

Quand je pense qu’on ne bassine pas les hommes avec de telles exigences…  

Quand je pense que si Barbie existait, elle ne tiendrait pas debout vu la finesse de son corps…

Quand je pense que penser fait perdre  60 calories à l’heure seulement…

… j’arrête de penser, je vais manger.
25

30
sep

Le rat vous parle : entre rongeurs, on est solidaires

poilu
Psssssst, vous là. Oui, vous. Approchez. C’est moi, le rrrrrat, le mulot, la grosse souris grise, le campagnol domestique, le rongeur bavard.

Krikri a signalé à l’Anaïs que son lapin adoré Poilu (Poilu c’est son prénom, il est poilu aussi, mais il s’appelle Poilu, juste Poilu – même pas drôle cette blague « dîner de cons » je sais, mais je ne suis qu’un rrrrat, parrrrdonnez-moi), donc son lapin Poilu participe à un concours Flair (ceci est indépendant de ma volonté, je le jure, l’Anaïs, elle voulait plus trop parrrrler de Flair, mais comme le destin m’y oblige, je propose que chaque fois que le mot Flair se retrouve sur ce blog, elle gagne un abonnement d’un mois audit magazine, c’est ty pas une bonne idée de rrrrat ça ?).

J’ai bien songé à participer.  Car avec ma plastique irréprochaaaaaable, je suis certain de gagner, moi le Rrrrat.  Cela va de soi.  Je suis le plus beau rrrrat du monde.  

Mais je sais que l’Anaïs, elle tient à son anonymat.  Et moi aussi finalement.  La gloire, très peu pour nous.

Alors, comme je ne participe pas, je vous invite à voter pour Poilu, après tout, un rongeur est un rongeur, et puis le rongeur c’est le plus bel animal du monde et des environs, et puis Poilu il est super craquant.  Donc vous vous inscrivez sur Flair et vous cliquez ensuite sur ce lien.
 
Poilu et sa Krikri vous en seront éternellement reconnaissants.
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30
sep

Une autre journée scandaleusement… scandaleuse

Avec un chiffre et deux étoiles, on gagne, hein qu’on gagne, dites-moi qu’on gagne ?  Non ?  Bouhouhouhouhouhouhouhouhou (torrent de larmes) snirflggggllllllllrrr (reniflement gluant et glaireux).

Pour surmonter cette épreuve douloureuse, rien de tel qu’une seconde petite virée shopping, n’est-il pas ?

Me voilà donc partie dans ma petite ville, ce samedi à 10h.

Epreuve suprême, que je tente de m’épargner, en général.  Le samedi à 10h, c’est le marché.  Foule en délire, odeurs de hamburger, poussettes et chiens.  Un enfer.  Rien de pire.  Sauf un samedi à 10h plein de soleil, foule en délire doublée, poussettes doublées, chiens doublés, et odeurs de hamburger plus tenaces.  Un enfer infernal.  

Mais je me dois de me consoler après n’avoir pas gagné tous ces soussous.  

Et pour se consoler, quoi de mieux que de dépenser des soussous ?

Je m’offre donc, dans le cadre de ma phase grise et mauve :

- un long pull mauve bien près du corps (qui a dit « près du gras » ?), à manches ultra bouffantes

- une blouse grise très très spéciale, limite robe, limite de grossesse, resserrée dans le bas, blousante de partout, j’adoooore même si elle me donne l’air d’avoir cinq kilos de trop (qui a dit que je n’en avais pas que l’air ?)

- un jean slim à utiliser avec mes nouvelles bottes (achetées là) et mes autres paires.  Et oui, j’ai cédé, mon premier jean slim (enfin taille 40, c’est nin si slim que ça, je vous le dis)

- un genre de bermuda long en jean à mettre aussi avec mes nouvelles bottes et les autres (pas faire de jalouses, jamais).  Je voulais un pantacourt, mais j’ai trouvé ça dans un rayon liquidation (plus 50 % de réduction ma bonne Dame, impossible de résister), et le pantacourt, fallait me faire une liposuccion en urgence pour que je puisse y entrer, alors je me suis rabattue sur le bermuda (je devrai juste perdre 5 kilos pour l’enfiler, un jeu d’enfant)

- deux petites choses de rien du tout, une noire, une rose, à mettre en dessous de tous ces pulls gris à manches courtes que j’ai achetés (j’en peux rien moi si les manches courtes, y’a plus que ça)

- une paire de chaussures d’été.  Sur ce coup là, je vous autorise à m’inonder de commentaires narquois, je le mérite.  Mais c’était dans un tout nouveau magasin, et y faisaient 10 %, et c’est les chaussures dont je rêvais, avec un lacet qui se noue autour de la cheville.  Noires.  J’en ai cherché durant six mois.  J’en ai déjà des brunes, dont je ne me sépare jamais.  Me fallait des noires.  Vous comprendrez qu’il était IMPERATIF que je les achète.  

- une râpe à cors.  Très glamour non ?  Et oui, j’ai un cor.  Mal placé.  Qui me fait souffrir quotidiennement.  C’est ça, vieillir.  Avoir des cors.  

Tout bien réfléchi, je réalise que je deviens en effet une Becky Bloomwood* en puissance.  Leeloo, tu avais raison.  Mais je promets que c’en est fini des dépenses, jusqu’au mois prochain.  Promis juré craché doigts pas croisés.

Et pour illustrer tout ceci, une géniale illustration faite par, tenez-vous bien, Raphaël, fidèle parmi les fidèles, qui nous avait caché son talent de dessinateur !  Vlà le rat qui squatte mes nouvelles chaussettes roses achetées vendredi, si c’est pas malheureux, y’a plus de respect de rien je vous le dis.  Je le comprends, mon rat, elles sont hyper douces, hyper chaudes, hyper confortables, mes nouvelles chaussettes… enfin ma nouvelle chaussette, puisqu’il a dorénavant la sienne.  Merci Raph.

*Personnage récurrent de la série des Accro du Shopping, de Sophie Kinsella, Becky est une acheteuse compulsive qui se crée des besoins dont sa carte bancaire, et son banquier, se passeraient bien.  A mourir de rire.
Chaussettes2

29
sep

Anorexie VS gavage

anorexie2
Alors que la polémique fait rage quant à une campagne anti-anorexie italienne, où figure une jeune femme, Isabelle, pesant à peine 30 kilos (cf photos) - entre parenthèses si cette campagne peut faire réaliser à une seule anorexique le danger auquel elle s'expose je dis bravo -, Envoyé Spécial nous propose un reportage écoeurant (et c’est bel et bien le cas de le dire) sur le gavage des femmes en Mauritanie.

Je l’avoue, j’ignorais tout de cette tradition jusqu’alors.

Ainsi, dans ce pays qui pratique encore l’excision (pour en savoir plus, lisez la fin de ce billet), voilà qu’on inflige une souffrance supplémentaire aux jeunes filles : on les gave comme des oies pour les rendre « belles » et « bonnes à marier ».  Car dans ce pays, ma bonne Dame, une femme doit, comme ils disent, remplir son voile.  Elle doit être ronde.  Très ronde.  Obèse.  Pour séduire.  Pour plaire. 

En Europe, faut être mince.  En Mauritanie, faut être grosse.  Question de point de vue.

La différence c’est que dans nos pays, on a tout de même le choix d’être mince ou pas, malgré le dictat de la mode qui fait vite sentir qu’avec 300 grammes de trop, il est grand temps de faire régime, sous peine de ne plus pouvoir entrer dans un taille 38 équivalant à un vrai 34.  Mais, malgré les regards lourds de sens, malgré la pression des créateurs de mode, malgré l’angoisse de la pesée matinale, aucun garde-chiourme ne surveille notre alimentation, personne ne nous menace de mort lorsque nous ingurgitons sans honte une bonne gauf’, une pizza ou une portion de frites, une fois.

En Mauritanie, il n’en va pas de même.  On dit que la place que prend la femme dans le cœur d’un homme est proportionnelle à sa taille.  Un proverbe qui pourrait être si joli, s’il n’induisait pas tant de souffrances… 

Toute jeune fille voit arriver avec angoisse la saison du gavage, où, chaque jour, une « spécialiste » lui fait avaler une mixture faite de lait, de beurre, d’arachides et de couscous, mixture dont le volume augmente au fil des semaines, jusqu’à les faire grossir.  Gonfler.  Enfler.  Jour après jour, semaine après semaine, le calvaire continue.  Pour grossir.  Tout simplement grossir.  Au mépris de la santé de ces filles.  Au mépris de leurs souhaits.  Une tradition.  Par la force, s’il le faut.  Au moyen de tortures toutes plus agréables les unes que les autres : torsion des orteils, écrasement du pied ou fracture de la main.  Ben voyons.

Vous connaissiez ma position quant à l’anorexie, et surtout les sites qui en vantent les qualités, je vous livre celle quant au gavage : je déteste cette tradition qui bafoue la liberté la plus naturelle : celle de s’alimenter à sa guise, selon ses envies et ses besoins.

Je pense d’ailleurs que je déteste les traditions, en fin de compte : celle du gavage, celle de l’excision, celle de la chasse, celle de la tauromachie… et j’en passe.  Mais c’est une autre histoire dont je vous parlerai prochainement.

Y’a qu’une tradition que j’aime : celle du billet matinal que je vous livre chaque jour.
anorexie


22:03 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (12) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

29
sep

J’ai testé un nouveau site de rencontres…


seductlove

Vous voyez là, à gauche, ce lien bien rose (j’ai réussi à changer les couleurs, chuis fortiche hein), qui dit « Vivez vos envies de rencontres », et bien c’est de la pub.  Vous l’ignoriez ?  Et oui, Anaïs elle a osé mettre une chtite pub sur son blog.  Et sachez que, grâce à cette pub, je vais gagner des milliards d’euros et m’acheter des millions d’écharpes Strelli, de sacs Prada et de fringues Chine.  La vie est extraordinairement belle, hein.

Mais, en lecteurs fidèles, vous savez que je teste tout ce dont je parle, parce que comment en parler sans l’avoir testé, je vous le demande, alors j’ai décidé de tester ce site de rencontres, ce qui en soi ne sera pas un sacrifice.  Et puis, après avoir testé vivre nue, la bague de célibataire et un tas de vibros, je suis prête à tout tester.  Tout.  J’ai bien dit tout.  Vous n’avez pas idée de ce que je prévois pour l’avenir…

Donc c’est parti pour une chtite inscription sur ce chtit nouveau site de rencontres.

C’est un nouveau-né.  L’avantage, c’est que je vais grandir avec lui, le voir évoluer, voir arriver ses nouveaux membres, devenir une habituée.  L’inconvénient, c’est que je vais vivre avec lui ses maladies de jeunesse, ses couacs, ses plantages, son mélange anarchique de langues et ses grosses fautes d’orthographe.  Point positif : l’accueil personnalisé, par le biais d’un petit mail, avec même une petite phrase sympathique rien que pour moi.  Par contre, personnellement je n’aime pas fort l’animation d’accueil sur fond bleu électrique, un bleu qui était à la mode du temps oùsque je portais des fuseaux monstrueux, rentrés dans des bottillons encore plus monstrueux (et dire que ça revient à la mode et que je suis encore capable de finir par aimer à nouveau), ça doit bien faire … vingt ans, ma bonne Dame.  Mais une fois cette animation terminée, le site est nettement plus moderne et convivial.

Une fois inscrite, je décide de passer immédiatement à l’attaque.

Je lance une recherche afin de détecter le potentiel homdemavie.  Comme le site est tout neuf, j’évite d’être difficile en réclamant homme 35 ans 1m80 brun ténébreux yeux bleus cheveux courts profession passionnante goût immodéré pour les séries télé et les lasagnes bon cuisiner bon bricoleur charmant amant tendre drôle et gentil et qui vit à Namur.  Je ratisse plutôt large : je recherche les profils masculins belges.  Point barre.  Tout simplement.  Clic.

Suspens insoutenable. Tic, tac, tic, tac…  Vais-je gagner au grand lotto de la vie amoureuse ?

Abracadabra, résultat…

Un.

One.

Eén.

Un seul belge, alleye une fois.

Je ne perds pas espoir, un seul homme me suffira amplement.  Non ?

Je fonce zieuter son profil : 36 ans, 1m73 (bon, je ne suis pas à quelques centimètres près), romantique, cherche amour et relation sérieuse.

Et ben voilà.  Bingo.  Il est parfait.  C’est l’homdemavie, j’en suis sûre.  On va s’aimer, se marier, enfanter, cohabiter, vieillir ensemble main dans la main jusqu’à ce que le mort nous sépare.  Amen.

Bon alors quoi les amis, vous attendez quoi pour vous inscrire et venir faire ma connaissance (juste au cas zoù « 36 ans 1m73 » ne voudrait pas m’aimer m’épouser enfanter cohabiter et vieillir avec moi jusqu’à ce que la mort nous sépare) ?  D’autant que vous aurez deux mois d’accès gratos.  Ensuite, vous serez accros, et vous payerez votre cotisation pour continuer à me séduire.  Gnark gnark… Et moi j’aurai ma com’ sur vos inscriptions.  Gnark gnark gnark, la Marketing Anaïs SA est démoniaque.

NDLR :
- depuis la rédaction de ce billet, le nombre d’inscrits a déjà quadruplé, c’est prometteur.  Et y’a neuf hommes belges maintenant… dont quasi tous âgés de plus de 30 ans.  Je vous le disais : c’est byzance.
- il va de soi que je ne perçois aucune commission sur les inscriptions (mais qu’alliez-vous donc imaginer), donc jamais je ne serai riche à pouvoir m’acheter des millions d’écharpes Strelli, de sacs Prada et de fringues Chine.  Que les choses soient claires entre nous.  Mais la vie est quand même belle.


28
sep

Une journée scandaleusement… scandaleuse

Moi ce que j’adore dans le Lotto et les trucs à gratter, c’est l’avant.

Quand je m’imagine ce que je vais faire avec 1.000 eur supplémentaires par mois.  Quand j’échafaude mon scénario « Au revoir au revoir Président » personnalisé.  Quand je dresse la liste de tout ce que j’ai envie de réaliser avec mes millions.  Quand je calcule avec mes collègues que rien qu’en intérêts sur notre gain de ce soir à l’Euromillions, nous aurons plus de 2.000 eur à dépenser par … jour.  Quand nous délirons sur la façon d’avouer à boss adoré que nous ne viendrons pas lundi.  Tous.  Qu’il sera définitivement seul. 

Donc, c’est uniquement l’avant qui me plait.  Les projets fous.  Les angoisses aussi (gagner tant, ça doit être vachement traumatisant).  Les envies.  Les rêves.  Les fantasmes.

Vous me direz, heureusement que j’aime l’avant, car en général… y’a pas d’après.  Avec une chance sur 67 et des millions, faut pas se leurrer, ça peut arriver, mais c’est pas sûr…

Mais c’est tellement bon de rêver.

Et comme je vous l’ai dit, plutôt que d’attendre ce soir pour sauter de joie, sabrer le champagne, ouvrir la boîte de caviar, j’ai anticipé, j’ai extrapolé.

Je suis partie pour une virée shopping, histoire de renouveler d’ores et déjà ma garde-robe.  Ben oui, une fois millionnaire en euros, je devrai assumer ma situation de nouvelle riche, voiture de luxe avec chauffeur, fringues de grandes marques, bijoux de créateurs…

Je m’apprêtais à passer à la caisse avec une malle Vuitton pour mes futurs voyages en jet privé, cinq sacs de la même marque, de formats divers, une dizaine d’écharpes Strelli et les tenues qui vont avec, quelques modestes paires de Manolo, la toute nouvelle collection Chine et deux trois bricoles Delvaux, lorsque j’ai eu un bref moment d’hésitation.  Et si, même si c’est peu probable, par le plus grand des hasards je ne gagnais pas ?  Adieu le « Au revoir au revoir président », adieu les voyages en jet privé, les projets humanitaires, les envies, les rêves, les fantasmes.  Bonjour la commission de surendettement pour payer mes petits achats du jour.

J’ai donc, en grande fille consciencieuse et raisonnable que je suis, renoncé, jusqu’à demain, à mes modestes achats.

Je me suis contentée de quelques pièces indispensables à mon bonheur… mais nettement plus abordables…

- une paire de jolies bottes achetées pour trois fois rien, ou presque, miracle, et qui serrent bien mes mollets de poulet, autre miracle totalement miraculeusement miraculeux (que personne n’ose faire allusion à ce billet aux termes duquel j’affirmais m’engager à ne pas acheter de bottes cette année)

- un pull gris à grand décolleté plongeant et aux manches courtes style chauve-souris (ça a sans doute un nom moderne et fashion, mais je l’ignore), et son petit dessous noir à manches longues pour avoir bien chaud tout l’hiver

- un superbe pull mauve aux manches courtes style chauve-souris (faut croire que c’est la super méga mode cet hiver), et son gros bout de gilet mauve sans forme mais tellement classe (en fait, deux manches et un bout de tricot qui les relie, et qui se laisse aller comme un chewing-gum trop mâché), je suis superbe dedans, je me dois de vous le dire, j’ai juste l’air… très mauve

- un encore plus superbe pull ligné noir et gris et son col impossible à domestiquer, mais qui me va à ravir

- une paire de grosses chaussettes toutes douces, aussi sexy qu’une culotte de grand-mère de couleur chair, mais d’un rose glamourissime, et bien chaudes, et ornée de jolies vaches, et antidérapantes, et avec 30 % de réduction je ne pouvais m’en passer

(j’ai essayé de tout vous prendre en photo, mais ça rend mal : les gris sont fades, les mauves semblent gris, les bottes brillent trop, bref, je me contente de vous montrer les chaussettes)

Voilà, c’est tout.  Demain, j’irai chercher ma malle, mes sacs, mes écharpes, mes tenues, ma voiture avec chauffeur, mon billet pour le tour du monde, mon triplex avec cuisine superéquipée et cuisinier brun ténébreux intégré.

C’est scandaleux, tout cet argent que je vais gagner dans moins de deux heures.

PICT0785


28
sep

Scandaleusement riche...

Ce soir, je serai scandaleusement riche, fabuleusement riche... alors je vais d'ores et déjà faire mon shopping...  Bonne journée à tous...

28
sep

Voyage à l’autre bout de l’enfer (II)

Il est là, il m’attend.  Je le rejoins.

Il a parlé d’aller au resto au resto.  Nous voilà partis dans les méandres de la grande ville.  Il me dit avoir repéré quelques endroits sympas, mais, étrangement, n’en retrouve aucun.  Je suggère un Mac Do, devant lequel nous passons, il me pousse des cris de porc frais (cris d’orfraie) : « ça va pas non, tu mérites mieux ».  Après deux heures de marche sous la pluie, nous nous retrouvons donc à manger un sachet de frites mayo dans un fritkok local.  Le comique de la situation me plait.  Et me plairait d’autant plus s’il revêtait ce petit côté romantique.  Manger des frites en charmante compagnie vaut tous les cinq étoiles du monde.  Mais point de charmante compagnie ici.  Seul le comique de la situation me plait.  Lui, je l’appellerai Gaston, ne me plait pas, mais alors là pas du tout.  Mais les choses sont convenues, c’est une simple sortie amicale.  Tout est clair.  Je regrette d’avoir accepté ce rendez-vous.  Je pressentais que ça serait la catastrophe absolue.

Il pleut, j’ai froid, je suis fatiguée, je ne digère pas mes frites.  La soirée est d’un ennui mortel.

Direction le théâtre.  J’enlève mon manteau.  Sa langue dégringole sur le sol et il s’exclame, en voyant ma tenue somme toute d’une banalité à faire peur,  « oooh laaaa laaaa » (my god qu’elle est sexyyyyy). Je pense « oooh laaaa laaaa » (dans quelle guêpier je me suis fourrée).  Les places sont situées derrière un pilier, on ne voit pas la scène, là-haut, au 53e balcon.  Ici aussi, la situation est d’un comique.  Petit coup de chance, on nous rétrograde de force au 31e balcon, on voit enfin quelque chose.

La pièce tarde à commencer.  Gaston tente en vain d’entretenir la conversation.  Etrangement, moi qui ai un sens de la répartie et surtout une conversation intarissable, je ne trouve strictement rien à dire.  Il a beau aborder les sujets qui me font réagir au quart de tour : les séries télé, les années 80, je n’ai pas l’envie de parler.  Je me sens molle.  Gaston au féminin.  Ou, comme dirait Magdane « Elle est tellement molle Anaïs que quand elle marche, son ombre la dépasse ».  Gaston m’inonde de compliments, ah que je suis la plus belle, ah que je suis la plus intelligente, ah que cette coiffure me va bien, ah que je suis fabuleuse.  Je suis très mal à l’aise.  Car incapable de retourner les compliments.  Ce gendre idéal caractérise tout ce qui me révulse chez un homme : un caractère mou, un physique mou, un discours mou.  Cette mollesse permanente m’anéantit petit à petit.  Pourtant il fait des efforts.  Ça doit lui en coûter, d’avoir organisé cette petite sortie, lui qui ne quitte jamais papa-maman sauf pour aller pointer au chômage (mais pointe-t-on encore de nos jours ?).   Je fais un effort surhumain pour répondre à ses questions, entretenir un tant soi peu un semblant de conversation, et je me demande incessamment « mais qu’est-ce que tu es venue faire ici ! ».

Je n’ai rien à lui reprocher, il pourrait être parfait, mais pas pour moi.  Enfin parfait… y’a juste un petit bémol, enfin deux : il a la main moite et l’haleine fétide, style haleine de vieux mouton.  Ceci explique peut-être cela.  A chaque fois qu’il me parle, je reçois une bouffée d’anti-fébrèze en plein visage.  Il doit s’alimenter exclusivement de tofu, c’est pas possible autrement.  Et je suis d’une sensibilité exacerbée aux odeurs.  Moi qui repère à mille lieues une collègue qui a mangé de l’ail l’avant-veille, qui succombe à la moindre goutte de transpiration putride, je vis un moment d’horreur.   D’autant que, sous mon charme, il envahit régulièrement mon espace vital corporel pour se rapprocher tant que faire se peut.  J’ai beau mettre ma jambe bien tendue pour maintenir une distance, il la contourne et parvient à me parler avec le visage proche, hyper proche du mien.  Tellement proche que je distingue nettement la plaque dentaire collée gluée partout.  L’évanouissement est proche, lui aussi !

Lorsqu’enfin il me prend la main, la moiteur finit de provoquer mes vapeurs.    Les mains moites, c’est la cerise sur le gâteau.  Je n’en peux plus, mais je tiendrai le coup.

Là, je réalise qu’être à proximité d’une homme qui me révulse est très désagréable.  Autant je recherche la proximité avec un homme que j’apprécie, qui me plait, j’ai des envies tactiles, des envies de me blottir contre lui, autant avec quelqu’un qui ne me plait absolument pas, ma bulle de protection ne doit en aucun cas être envahie.  

L’ennui mortel persiste et signe.  Nous allons prendre un verre avec sa sœur et son beau-frère, seul moment sympa de la soirée.  Je me découvre plein de points communs avec sa sœur.  Le tendre époux est adorable, rigolo, bref un gendre idéal, un vrai.  Pris.  Bien sûr.  Comme tous les vrais gendres idéaux.  Tellement idéal, ce couple, qu’il part très vite au dodo (dodo crapuleux ?).

Nous nous retrouvons donc seuls.  Moment de solitude.  Blanc interminable.  Il me regarde d’une drôle de façon, mélange d’admiration du chien devant un os et de vénération d’un disciple devant son gourou.  Je ne trouve rien à dire.  Moi qui parle tant, qui peux être lancée sur n’importe quel sujet, mon cerveau semble définitivement mort.  Un trou noir.  Que dire ?  Que faire ?  Je rêve du fond du cœur d’être téléportée là, tout de suite, chez moi, devant ma bonne vieille TV qui a bien plus à me raconter que lui.

A minuit, ou presque, il tente de m’embrasser.  Mais je ne suis pas Cendrillon, je n’ai aucun espoir qu’il soit mon prince.  Après avoir déjà goûté au baiser de la méduse, je ne veux me risquer au bisou de la gousse d’ail.  Je le repousse, totalement estomaquée, « ben, et notre sortie amicale ? », et je m’enfuis en courant.  J’ère dans la ville inconnue à la recherche de la gare.  Il pleut.  Il vente.  Je pleure de rage.  Quelle soirée !

J’espère juste n’avoir pas perdu ma pantoufle de vair en route, sinon la galère, il risque de me retrouver et de me proposer épousailles !
 
Dessin de Flo. 
anaisodeurs2

27
sep

Une idée géniale…

… et qui n’est pas de moi.  Rendons à César ce qui appartient à César, ou plutôt à Céli ce qui appartient à Céli.    

Céli m’a donc informée qu’elle avait proposé à une lectrice de ce blog, qui avait envie de lire l’article Flair, de lui envoyer son Flair une fois lu.  Hyper sympa, merci, déjà.

Ça me rappelle vaguement le trafic de magazines auquel je me livre avec ma chère et tendre génitrice, et qui fait que j’ai actuellement une bonne centaine de magazines à lire d’urgence…

Je cède dès lors la plume à Céli :

« Je trouve que ce serait une chouette idée que chaque lecteur belge ayant eu l’occasion de lire ta prose envoie son magazine à un autre lecteur qui n’a pas la chance de pouvoir l’acheter ! … cela permettra des échanges entre internautes assez sympas et à charge du receveur bien sûr de faire un petit plaisir ensuite à l’expéditeur….
Il faut dire flûte à ce monde de l’individualisme ! échangeons, offrons, donnons, aimons notre prochain ! ;o)))
 
Comme on dit en Pologne (et j’ai des origines !) Solidarnosch ! »


Alors, comme le propose Céli, si vous n’êtes pas, comme moi, du genre à stocker vos magazines durant des mois, si votre Flair vole aux poubelles-cartons-papiers une fois lu, et si vous avez envie qu’une française, une suisse, une québecoise, une oustiploutaise… qui n’a pas la chance de connaître ce mag typiquement belge puisse en profiter… faites-le savoir en commentaire.  Et si vous, non belges, avez envie de découvrir le Flair de cette semaine oùsque je suis dedans alleye une fois, faites-le également savoir en commentaire.  Si possible, insérez votre adresse mail…  Et que la fête commence…

Céli, ça va, j'ai mis assez de liens vers ton blog ?  N’oublie pas mon petit chèque, comme convenu.
flair26907