31
aoû

Miroir, ô mon miroir, dis-moi qui est la plus heureuse en ce monde

lady
Julie Zenatti nous le chante « moi je suis une princesse ».

Qui n’a jamais rêvé d’être une princesse ?  

Moi, j’ai baigné dans les contes de fées toute mon enfance, et parfois, j’en rêve encore.  Oui.  Encore.  De rencontrer un prince charmant (ou presque).  Qu’il me sauve de ma vie monotone.  Qu’il m’emporte dans son château, sur son cheval blanc.  Qu’il me couvre de bisous et de bijoux.  Qu’il m’épouse.  Que nous vivions heureux pour les siècles des siècles.  J’ai fantasmé sur Cendrillon et son prince parfait.  J’ai fantasmé sur la Belle au Bois Dormant réveillée par un doux baiser.  J’ai fantasmé sur la Belle qui tombe amoureuse de la beauté intérieure de la Bête.  Je fantasme encore.  Oui.  Encore.

Qui n’a jamais rêvé d’être une princesse ?

En devenant princesse, jamais elle n’aurait imaginé que son Prince serait amoureux d’une autre en secret.  Ni que ce secret serait révélé au grand jour, la ridiculisant aux yeux de la cour.  Ni que sa vie serait sordide, parfois.  Pathétique, souvent.  Triste, journellement.  Ni qu’elle serait traquée par les paparazzi, suite à ses frasques.  Et certainement pas que sa vie serait fauchée dans cette si belle ville qu’est Paris.  Qu’elle laisserait ses deux fils, si petits encore.   Est-ce ça, un conte de fées moderne ?

C’était un dimanche.  Il faisait bon.  Le soleil n’est hélas pas incompatible avec la mort.  Je me vois encore, vautrée dans mon canapé, une barquette de lasagnes Farniente à portée de fourchette, allumant ma TV pour regarder une série de l’époque stockée sur cassette vidéo, tombant par hasard sur le journal télévisé.  Et l’information qui tombe.  Et le choc.  Je n’étais pas une fan de Diana.  Je savais simplement qu’elle existait.  Sans plus.  Qu’elle apparaissait, ça et là, et qu’elle luttait contre les mines anti-personnel.  Rien de plus.  Les têtes couronnées ne m’intéressaient guère, et c’est toujours le cas.  Mais je suis restée scotchée, estomaquée, tétanisée.  Sans doute car, toujours empreinte de mes croyances enfantines, pour moi, une princesse, ça ne meurt jamais.  Ou presque.  Ou alors très vieille et très ridée, dans son lit, entourée de sa famille.  Certainement pas dans le tunnel de l’Alma.  Ah ça non.  En ce fameux dimanche, son rêve de conte de fées, si petit qu’il fût devenu à l’époque, a définitivement explosé.

On l’appelait Lady Di, et à défaut d’avoir eu une vie de princesse de conte de fées, elle est devenue un mythe.

Qui rêve encore d’être une princesse ?

Moi.  Toujours.  Un peu.  Si peu.

17:14 Écrit par Anaïs dans Anaïs a des coups de blues | Lien permanent | Commentaires (13) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

31
aoû

FLASH SPECIAL FLASH SPECIAL FLASH SPECIAL FLASH SPECIAL FLASH SPECIAL FLASH SPECIAL FLASH SPECIAL FLASH SPECIAL

Nous interrompons nos programmes pour un flash spécial de la plus haute importance.

J’étais en train de vous rédiger un floppée de billets, lorsque l’événement se produisit.  Je rédigeais notamment un billet où je vous interroge, vous lecteurs, de façon humoristique, sur la façon dont vous réagiriez en apprenant que je ne suis pas celle que vous croyez, que je vous ai menti sur toute la ligne.  Ceci pour introduire une arnaque rigolote dont j’estime avoir été victime.  

Tip top au moment où je termine le billet (y’a pas de hasard), je reçois un mail d’un inconnu, quasi incompréhensible.  Impossible de savoir si ce mail est gentil ou méchant.  D’habitude c’est clair et net.  Ici, pas du tout.  Un mail mystérieux.  Plein de suspicion, de questions, de sous-entendus.  Curieuse, je demande illico à en savoir plus.  J’aime pas ce genre de message à double sens.  Je préfère la franchise.   Recevoir ce mail au moment même où je termine un billet semant un pseudo-doute dans vos esprits, c’est clair, y’a pas de hasard.

La réponse ne se fait pas attendre.  Il m’est simplement demandé si mon blog est un « concept rondement mené » ou si j’y raconte « vraiment » ma vie.   Il est précisé que « je ne peux faire cela seule. »  « Mes billets sur Madmoizelle sont différents ».  Dernière question, « Gagne-je ma vie avec mon blog ? »

En d’autres termes, je serais une grosse menteuse devant l’éternel, voire une équipe complète de grosses menteuses, organisées, bossant 38 heures semaines (ou 35 si nous sommes en France) à la création de ce blog, à l’invention des billets et à la gestion des commentaires.  Gagnant grassement notre vie grâce à ce concept innovant (sic) d’un blog de célibattante.  Une vie de célibattante inventée de toutes parts.  Créée.  Imaginée.  Un peu comme ce blog qui vantait les mérites d’un produit de beauté, mais qui était en fait créé par la société vendant ledit cosmétique, dans une optique de buzz marketing.  Et bien sûr, chaque membre de l’équipe a son rôle : Madmoizelle, Made4me, 7dimanche, ou simplement le blog.  

L’idée eût pu être séduisante et originale.  Anaïs Valente n’existe pas.  Anaïs Valente est une société anonyme, filiale de Skynet, ou, pourquoi pas, de rendez-vous.be (ou de meetic.fr).  Au capital de 1.000.000 d’euros.  Employant 12 personnes.  Voilà donc « la vraie vie d’Anaïs Valente ».

Grosse déception, chers lecteurs.  Anaïs Valente, c’est bien moi.  Je suis bien belge.  Je suis bien employée.  Je suis bien un être humain.  Pas un robot, pas une équipe.  Même pas journaliste.  Simplement une femme.  Ecriveuz bénévole pour Madmoizelle, Made4me et Fémina.  Ecriveuz grassement rémunérée pour 7dimanche.  Point barre.  J’écris seule.  Du moins je le pense.  A moins que je sois victime d’un dédoublement de personnalité ?  Eve Angeli, sors de mon corps !

Pour la petite histoire, certains le savent déjà, Anaïs Valente avait écrit, en 2005, quelques pages narrant ses rencontres sur un site internet, croyant que le sujet eût pu intéresser les lectrices de Flair.  Mais le sujet n’a pas été lu par les lectrices de Flair.  Car le sujet n’a pas intéressé les journalistes de Flair.  Et le sujet est resté dans les tiroirs du PC.  Jusqu’au 28 octobre 2006, un samedi.  Anaïs Valente s’ennuyait et triait ses documents Word.  Elle a retrouvé les pages écrites en 2005.  Elle a trouvé bête que ces écrits restent non lus.  Et elle a eu l’idée d’écrire un blog.  Comme elle avait déjà deux blogs sur Skynet (un des secrets d’Anaïs Valente, qui, bien sûr, ne vous dit pas tout), elle a opté pour Skynet pour héberger « Le célibat… », titre choisi en l’espace d’une seconde, et regretté à chaque seconde depuis lors.  Elle a eu quelques visites, quelques commentaires.  Elle a publié ses quelques pages en intégralité, puis est tombée à court.  Elle a donc continué à écrire.  Elle a toujours aimé écrire.  Mais elle a réalisé avec le blog qu’elle adorait écrire.  Que cela devenait un besoin.  Indispensable.  Vital.  Les visites ont augmenté.  Les lecteurs ont semblé aimer.  Et c’est ainsi que l’histoire a commencé.  J’ignore comment elle finira.  C’est aussi simple que ça. Mais pourquoi donc parle-je à la troisième personne dans ce paragraphe ?  Eve Angeli, sors de mon corps je te dis.

Alors, tout bien réfléchi, je vais prendre cette incroyable suspicion pour un compliment.  Si mon blog est considéré comme un « concept », qu’il est vu comme suffisamment bien écrit, soi-disant par une équipe de pro, dans un but de manipulation du peuple, et si bien organisé qu’on puisse croire qu’il a été créé uniquement pour me rapporter des sous… c’est que mon blog est fabuleusement fabuleux.  Et que finalement, je suis très très bête, je devrais me faire payer au mot, je serais richissime, parce que, en exclusivité mondiale, je vais vous l’apprendre : mon blog compte 343.787 mots à ce jour (343.792 maintenant).  

12:04 Écrit par Anaïs dans The Marketing Anaïs SA | Lien permanent | Commentaires (22) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

31
aoû

Blogday -31 août

blogday
Voici venu le jour de la fête des blogs.  Après tout, tant qu’il y a une raison de faire la fête, on prend, n’est-ce pas ?  Alors, je me suis moi aussi pliée au jeu et je vous ai trouvé cinq blogs à découvrir, dont je n’ai jamais parlé encore.  La procédure veut que l’on renseigne des blogs étrangers (soit niveau pays, soit niveau sujet), mais je suis tout de même restée dans mon domaine de prédilection, car aller lire des blogs en wagadougouen qui traitent de la pêche aux homards ou de la vie secrette des mygales, vraiment, c’est au-dessus de mes forces.

Je vous présente donc mon choix :

Le blog de Denis  parce que c’est un mec, un vrai de vrai

Le blog de Charlotte parce qu’elle pense que(ue) Bruxelles sera parfaite pour calmer sa grande gueule de parisienne revêche

Le blog de Mademoiselle Coco parce qu’elle est parisienne, tout simplement

Le blog d'entre rêve et réalité parce qu’elle nous narre les « pacotilles sans pecadille d’une brune pas trop blonde », ça vous parle ?

Le blog de BD du web parce que c’est des artisss’

ça c'est le lien qu'ils demandent de mettre, mais chais pas du tout pourquoi...

30
aoû

Les sacs de courses

Un nouveau sac de courses, celui de Charlotte qui, non, n'est pas un gâteau, à découvrir sur « Mon sac de courses ».


22:16 Écrit par Anaïs dans Anaïs et les sacs de courses | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

30
aoû

La vraie vie d’Anaïs Valente

eveangelianais-1pt
A 75 % (ou presque), vous avez choisi la passion (découvrir ma vraie vie pas passionnante du tout) plutôt que la raison (découvrir la fin de mon séjour parisien du 14 juillet).   Et comme le lecteur a toujours raison, voici donc…

La vraie vie d’Anaïs Valente

Connaissez-vous cette émission philosophique diffusée chaque dimanche sur Plug (j’imagine qu’elle doit bien passer quelque part en France aussi) : « la vraie vie d’Eve Angeli ».  Je n’ai vu que deux épisodes, mais cela m’a suffi pour cerner la chose.

Eve Angeli est une chanteuse française au QI de souris (et encore, je suis pas sympa pour la souris, mais soit).   Je vous jure qu’elle chante. Elle n’a eu qu’un succès, « avant de partir », ensuite elle est partie (waw admirez la bonne feinte) sur la mauvaise pente et n’a plus sorti que quinze best of (j’ignore encore comment faire un best of avec un seul succès, mais soit).  

Comme la gloire passée ne revenait pas, elle a participé à une passionnante émission de télé-réalité : la ferme célébrités (dont le nom aurait dû être « la ferme ex-célébrités », mais soit).  Pour l’occasion, elle est devenue blonde, et elle a très bien fait : elle montrait ainsi sa vraie nature.  Et par ailleurs, ça a dû lui rapporter un peu de soussous dans la popoche.

Comme la gloire passée ne revenait toujours pas, elle s’est lancée dans ce nouveau type de concept : « la vraie vie ».  Un concept qui doit également rapporter des soussous dans la popoche, à défaut de lui permettre de chanter sur une vraie scène avec un vrai public.  Mais quel est-il, ce concept ? Eve est filmée, avec son tendre compagnon au QI de rat (n’allez pas le répétez au mien, de rat, que j’ai osé le comparer au mec d’Eve Angeli, il risquerait de me faire la tronche durant six mois, voire plus).  Filmée en permanence.  Durant ses journées trépidantes.  On y apprend des choses extraordinaires.  Qu’elle a deux perroquets qui attirent les mites, qu’elle aspire quotidiennement (les mites, pas les perroquets).  Qu’elle se dit intelligente mais inculte (si elle est intelligente, moi je suis Einstein – par contre je suis sans doute aussi inculte qu’elle).  Qu’elle a deux chiens dont elle ramasse les crottes. Qu’elle se balade toute la journée en maillot pour profiter au maximum de sa piscine.  Que sa voiture et ben elle a deux phares, même qu’on dirait une tête de buffle.  Que sa maison de disques n’a pas renouvelé son contrat (là c’est un coup dur à faire pleurer dans les chaumières) et qu’elle en est réduite à chanter lors des foires au salami, à faire la photo de la pochette son futur succès dans son living et à enregistrer une chanson proposée par Michel (le compagnon à QI de rat).  Elle aurait voulu une chanson à texte, afin de montrer à son public (deux fans) qu’elle sait chanter « profonde ».  Mais bon, Michel, il veut pas compliquer les choses : faut pas qu’elle chante des phrases dont elle ne saisit pas le sens.  

Et bien moi je vais vous le dire, malgré ce qui précède, je l’aime bien Eve Angeli.  Elle respire la gentillesse et la candeur.  Elle rame comme une dingue pour se faire une petite place.  Elle ne fait pas souvent les bons choix, semble-t-il, car se faire filmer au moment précis où sa maison de disques la vire, ça la fout mal, très mal.  J’ai un soupçon de pitié pour elle, à voir tout ce qu’elle est capable de faire pour parvenir à son rêve : être chanteuse.   Parce qu’avoir un rêve, c’est grandiose dans une vie d’humain.  Parce que très peu d’entre nous ont un rêve qui les motive au quotidien.  Donc voilà, je l’aime bien, cette petite fille qui croit vivre dans un monde où tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, dans un monde où les requins qui l’entourent ont pour elle apparence de gentils bisounours.

Et puis, tout bien réfléchi, c’est peut-être la bonne solution.  Alors, en regardant un troisième épisode passionnant de « la vraie vie d’Eve Angeli », j’ai eu une idée. Je vais vous proposer un concept identique : « la vraie vie d’Anaïs Valente ».  Pour qu’enfin vous compreniez combien ma vie est trépidante, passionnante, originale et pleine de peps.  Vendredi : Anaïs se lève, se brosse les dents, prend une douche rapide, nourrit le rat, part bosser, bosse, bosse, bosse bosse, profite de sa pause dîner (déjeuner pour la France) avec collègues chéries (médisance, ragots, rouspétances et lamentations au programme), bosse, bosse, bosse, revient at home, avale en vitesse un souper frugal, se goinfre de brownies/glace/melo cakes en regardant Secret Story, zappe ensuite sur Newport Beach et finit en beauté avec Koh Lantah, va faire dodo avec Mister Vibro.  Samedi : Anaïs se lève, se brosse les dents, prend une douche rapide, nourrit le rat, traîne en pyjama et déjeune (pain au chocolat, jus de fraise, lait de soja cacaoté) en zieutant les derniers épisodes de Heroes sur cassette, somnole lourdement devant la TV, met à jour son blog, vérifie le nombre de lecteurs et d’où ils viennent, envoie quelques mails à Flair histoire de les supplier encore et toujours de lui proposer une chronique, écrit deux trois billets pour le blog, contacte ses dessinatrices adorées pour leur proposer une nouvelle idée saugrenue, fait pipi, se prépare une lasagne Farniente, trempe ses pieds dans une bassine d’eau froide pour supporter la chaleur (à défaut de piscine), va faire ses courses (un kilo de pâtes, un bocal de sauce, une bouteille de soda light, un paquet de biscuits, trois oranges, deux bananes), travaille quelques heures sur ses articles intellectuels (ressources humaines et management, ça fera bien de me voir bosser sur ça dans « Ma vraie vie »), se replonge dans son blog, ouvre un document blanc pour y écrire un best seller, réfléchit, referme le document blanc (ça sera pour plus tard), regarde l’île de la tentation, va se coucher avec Mister Vibro, éteint la lumière et ronfle un tantinet.  Fin de l’épisode.  

Pour une suite à la vraie vie d’Anaïs Valente, tapez 1, pour ne plus rien savoir d’Anaïs Valente et de sa vraie vie trépidante, tapez 2.

Pour tout savoir de la vraie vie d’Eve Angeli…

Illu de Flo, de la Flokoteam...

30
aoû

Blogday 2007

Etes-vous prêts, vous bloggueurs et bloggueuses qui passez par ici, pour le blogday de demain ?  Moi oui... Je vous présenterai donc demain cinq blogs que j'ai découverts récemment et qui ne sont pas dans mes liens.  Faites de même ! (je tente un lien sur image, une grande première... va-ce marcher, va-ce pas marcher ?)

blogday

30
aoû

Les perdants du concours de nouvelles – épisode 9

femmes d'auj
Dernière semaine d’août, dernière nouvelle…  Rachel nous propose sa nouvelle de l’an dernier, à déguster sans modération.

Pas de nouvelle la semaine prochaine, mais je vous concocte une petite surprise, vous allez adorer.  Alors rendez-vous jeudi prochain pour découvrir… mais je ne vous en dis pas plus.

Un jour de Chance

Mélangez. Coupez, main gauche.
Dans un silence presque palpable, Myriam mélangea. Les cartes battues et coupées furent reprises d’un geste ample par la femme assise de l’autre côté de la table. Femme qui ne se différenciait en rien des autres : menue, cheveux bruns aux reflets roux, yeux pâles en amande, une bouche trop grande. Seules les mains étaient particulières : de grandes et fines mains. Son regard quitta la femme. La pièce où elle se trouvait était petite, quelques bibelots posés ça et là, quelques photos : des gens souriants, d’autres non. Sur la table, une bougie blanche. Allumée. Un carnet de rendez-vous griffonné, un bic, des cartes et un pendule.
Bien. Etes-vous prête à tout entendre ?
Myriam sursauta. La femme la dévisageait avec un sourire en coin.
Myriam se replia sur elle-même, mit les mains entre ses cuisses intérieures et hocha la tête en signe d’assentiment.
Détendez-vous. C’est la première fois …?
Oui, je stresse un peu …
Allons. On y va ? Pour tout ? Le bon comme le mauvais?
Oui. Dites moi tout, répondit plus clairement Myriam tout en se redressant.
Elle se rapprocha de la table et se frotta les mains l'une contre l’autre comme si un froid l’avait soudainement transpercée …
   - Vous êtes mariée. Pas d’enfant. Une maison. Vous
Conduisez trop vite : levez le pied …
Ce n’était pas des questions mais des affirmations en chaîne. Myriam hochait la tête. Cependant, la femme ne la regardait que rarement. Elle semblait être là sans y être … Drôle d’impression. Tout allait trop vite. Elle avait peur d’oublier ce qui se disait … Elle se reprit et écouta, plus attentive :
Votre destin est en train de changer. Un grand changement arrive au galop. A côté de votre homme de cœur, une femme qui a de l’importance pour lui ? savez-vous qui c’est ?
Sa mère, peut-être ?
Non. Quelqu’un d’autre.
Je ne sais pas …
Je ressens de la tristesse le soir au foyer. Vous vous sentez seule.
Oui, un peu …
Le bonheur est là qui vous attend. Un grand changement pour vous. La réussite sur la tristesse. Vous avez espoir et gain de cause. Un choix à faire. Difficile et douloureux : vous devrez le faire.
Un enfant ?
Pas tout de suite. Pas avec votre homme de cœur.
Myriam tressaillit.
Pas avec mon mari ? Pas possible, je ne connais personne d’autre et ce n’est vraiment pas mon style …
Je vous dis ce que je vois. Tout choix est la liberté de chacun. Les cartes me donnent un aperçu de votre vie maintenant… Si vous ne faites rien, votre cycle de vie actuel est reporté pour les cinq prochaines années… Tenez : prenez celui-ci.
La femme présenta un autre jeu. Myriam les mélangea en tremblant un peu. Elle trouvait les révélations plutôt rocambolesques. La femme poursuivit :
Je vois qu’une grande décision sera prise. Attendez …
Myriam surprise par le changement de ton de la femme, la regarda et vit celle-ci devenir pâle, le regard lointain, respiration coupée.
Un trou blanc. Le mot «loup» revient sans cesse. Du blanc. Beaucoup de blanc. Une rose. Rouge.
Je n’aime pas les roses et encore moins les rouges !
Et bien vous apprendrez à les aimer !
La femme refit plusieurs fois des jeux différents. A chaque fois, les mêmes choses revenaient : un changement de destin sur une décision et le soleil derrière les nuages…
Myriam paya la consultation et sortit troublée, fâchée et encore plus perdue que lorsqu’elle était entrée.
Elle était déçue. Elle avait l’impression d’avoir perdu son temps et son argent. Elle n’avait pas entendu ce qu’elle souhaitait entendre. Et puis, un enfant ! D’accord, avec Stephan ! Elle ne voyait pas qui d’autre … Et puis quand même ! Elle haussa les épaules et décida de ne plus y penser. Lorsqu’elle verrait son amie friande de ces choses là, elle lui dirait sa façon de penser !

Il était midi. Sa journée était libre. Que faire ? Elle entra dans sa voiture et resta quelques instants sans savoir quelle direction prendre. Elle n’avait pas envie de faire les boutiques … Elle décida de rentrer chez elle, se reposer un peu. Et pourquoi pas préparer une surprise à Stephan ? Une maison impeccable, une belle table et un bon repas en amoureux ? Il y avait longtemps qu’ils n’avaient plus partagé un tel moment ! Il devait rentrer vers 19h. Elle avait le temps d'organiser tout, à son aise …
La voiture démarra. Au volant, une femme d’une trentaine d’année, cheveux courts, pseudo blonde suivant les mois où on la rencontrait, mais avec le sourire aux lèvres …

Le temps était maussade. Un petit crachin tombait. Le ciel était encombré de nuages gris et noirs. Sale temps. Inexplicablement, Myriam se sentait bien. Comme si les nuages et le temps grisâtre n'avaient pas de prise sur elle.
Et puis, qui sait ? "Elle" pouvait fort bien se tromper … Ils n’avaient plus parlé d’enfant depuis un certain temps mais peut-être que ce soir ? …
Sans le vouloir, les paroles de la femme lui revenaient en vague … un changement de vie ? bien sûr, un enfant : ça vous change une vie ! Une décision à prendre ? Forcément : elle arrêterait sa pilule ce soir après en avoir parlé à Stephan. Et ils s'y mettraient de suite ! Elle repensa à l'Autre. L'autre femme. Son mari et une autre ? Absurde. Il rentrait tous les soirs à la même heure et son comportement n'avait pas changé ! Oui, c'est vrai, il était un peu moins amoureux qu'au début de leur relation mais il était tellement pris par son travail ! Et puis, il venait de relever un nouveau défi professionnel! Une autre femme ? Impossible ! Bien sûr, il y avait la nouvelle responsable ! Mais n'avait-il pas affirmé qu'il la détestait et qu'il se disputait avec elle sous prétexte qu'ils n’avaient pas la même vision des choses ? Il avait même voulu remettre sa démission. Elle, Myriam, avait réussi à l'en dissuader …
Maintenant, le calme semblait revenu. Il était reconnu pour son travail et les conflits avaient cessé. Et le blanc ? Elle sourit : elle en avait marre de son living trop classe, trop blanc. Elle voulait repeindre un mur rouge brique pour donner un peu plus de chaleur dans la pièce, et bien, voilà le blanc et la touche de rouge pour la rose ! Tout vraiment pouvait s'expliquer !
Elle était maintenant impatiente de rentrer ! Vite, ranger la maison, vite, préparer le souper. Elle aurait ainsi le temps de dresser une jolie table, et surtout se faire une beauté ! Opération épilation d'abord ! Vite, vite, le temps fuit !

Arrivée devant chez elle, elle remarqua la voiture verte de Stephan. Tiens ? Rentré ? C'était inhabituel. Il lui aurait dit s'il avait pris congé … quoique, elle-même ne lui en avait pas parlé : il aurait trouvé ridicule de "gaspiller" un jour de congé pour aller chez une voyante ! Elle l'entendait déjà ! A moins qu'il ne soit malade ? Peut-être avait-il oublié un dossier sur son bureau ?
Elle se gara derrière la voiture, sortit à toute vitesse, pressée de le voir. Elle entra dans la maison non fermée. Personne dans la cuisine. Personne dans le salon. Personne dans la salle à manger. Rien. Elle s'arrêta au milieu du couloir. En bas des escaliers. Des bruits. En haut. Non ! Pas des bruits : des rires ! Un rire. Une cascade de rires. Elle monta en courant à l'étage et à toute volée, ouvrit la porte de la chambre : ils étaient là, tous les deux, nus, encore enlacés, pétrifiés dans leur impudeur.
La femme. Belle. Elle reçut son regard confiant comme une gifle. Gagnante. Lui, gêné, remettant le drap sur lui, muet, n'osant affronter son regard … Elle le regarda un bref instant puis s'enfuit en courant. Elle dévala l'escalier, sortit de la maison, laissant la porte grande ouverte et monta dans l'auto. Elle démarra en trombe en faisant crisser les pneus. Elle ne savait pas si elle pleurait ou si, tout à coup, il pleuvait à torrent. Dans sa tête, trop de choses : que faire ? Fuir ! Où aller ? N'importe où ! Droit devant. On verrait après ! Et cette femme ? Au fond d'elle-même, elle se rendit compte qu'elle savait. Depuis le début, elle ne s'était pas battue. Le temps l'avait changée : elle n'était plus aussi souriante que par le passé. Elle l'avait tellement négligé ! Il lui avait pourtant dit qu'il n'en pouvait plus de cette vie morne. Elle n'avait pas compris. Il était trop tard …
La route, le ciel, elle, tout était gris. Elle s'engagea droit devant, puis, soudainement, pris une petite route sinueuse qu'elle ne connaissait pas, mains crispées sur le volant … Elle poussa sa cassette et mit le volume à fond. Chanter pour oublier … Mais ce n'étaient pas des notes de musique qui sortaient de sa gorge, seulement des cris déchirants …
Au détour d'un tournant, une voiture face à elle. Elle vit deux phares blancs. Blanc. Blanc. Puis plus rien. Que du blanc…

Une semaine plus tard.
Bienvenue parmi nous. Tout va bien désormais. Vous avez eu un accident grave mais beaucoup de chance : une jambe cassée. Bientôt, vous pourrez retourner danser! Vous êtes restée dans le coma une semaine. Heureusement, vous n'avez gardé aucune séquelle ! Une bonne étoile a veillé sur vous !

Myriam voulut parler mais aucun son ne sortit de sa bouche tant celle-ci était sèche.
Ne parlez pas. Je vais demander que l'on vous apporte un peu d'eau. Je viendrai vous voir demain. Je pense qu'il y a là, quelqu'un qui attend votre réveil avec impatience. A demain.

Le médecin sortit de la chambre, découvrant ainsi, au pied du lit, assis timidement dans le fauteuil à côté d'elle, un homme de son âge qu'elle ne connaissait pas. Elle tourna doucement son visage vers lui et le regarda étonnée :
Bonjour. Je m'appelle Jean-Lou. Je …  je, c'est moi qui suis responsable de votre accident. J'ai perdu le contrôle de ma voiture sous la pluie. Je vous demande pardon.

Myriam le regarda plus attentivement : dans ses mains, une rose rouge …

Rachel Colas


06:30 Écrit par Anaïs dans Anaïs aime la vie | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

29
aoû

Les sacs de courses

Un nouveau sac de courses à découvrir sur « Mon sac de courses ».


20:25 Écrit par Anaïs dans Anaïs et les sacs de courses | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

29
aoû

Enfin !


Il était temps, j’allais commencer une grève de la faim.

Keske ça a ramé pour atteindre ces fameux 150 votes.  Déception totale, vous manquez cruellement de dynamisme.  Moi je veux du blog interactif, avec plein plein de commentaires, vos avis, vos idées, vos suggestions.  A quoi ça sert que je blablate toute seule ?  Autant tout écrire sur un carnet fermé à clé alors.  Non mais !  On se bouge.

Voici donc les résultats que vous attendiez tous.  Pas de surprise, c’est la vraie vie d’Anaïs Valente qui remporte la victoire haut la main.

Grand perdant, mon sac de marché… que j’ai par erreur déjà publié, j'en suis écroulée de rire (on appelle ça de la distraction… ou de la stupidité).

Je vous promets ma vraie vie pour bientôt, très bientôt…

A moins que je commence par l’autre billet perdant, savoir la fin de mon escapade à Paris, qui ne vous tente pas des masses.  S’agissant d’une série de l’été, il serait bon que je la publie avant la fin des vacances…

Je vais réfléchir cette nuit, comme dans le fameux jeux intellectuel d’Arthur, j’ai nommé les boîtes, qui disparaît d’ailleurs, vais-je choisir la passion (ma vraie vie) ou la raison (la série de l’été).

A moins que je vous laisse choisir ?  Passion ou raison ?  Votez… maintenant.  (Je sais, mon sadisme n’a pas de limites, mais vous l’avez cherché en votant si lentement, à la vitesse de l’escargot namurois).  Remarquez comme je me suis améliorée dans mes sondages, j’ai réussi à définir des couleurs kitschissimes…
SONDAGEBILLET

29
aoû

Mes IMU à moi rien qu'à moi

Skynet relance une grande action IMU, et vu que je suis maintenant une ancienne de chez skynet (et oui mes petits amis, mon blog a eu dix mois hier, je lui ai même pas dit bon annif, mais le cœur y était, dans deux mois par contre ce sera la big fiesta de la mort qui tue), j’ai même pas dû demander ce que c’était un IMU, parce que je sais.  J’ai la science infuse en matière d’IMU.  Et vous vous savez ce que c'est ?  Non ? Ben tant pis.

Comme je n’aurai jamais la science infuse en matière de graphisme, j’ai demandé à mes artissss’ chéries de me faire des IMU.  Aussitôt supplié, aussitôt fait.

J’ai donc proposé plein d’IMU à Skynet, et le premier est d’ores et déjà à l’honneur sur « tout sur les skynetblogs ».

En exclusivité intersidérale, voici donc l’intégralité de mes IMU, made by Mako, Flo and bibi (le rose, avec l’accord de Soof : quatre heures douze minutes trente-sept secondes pour le créer).  Chuis fière.

IMU2IMU1
imu5imuanais02imu3