9
déc

9/12/2016 : la malédiction Nutella chez Delhaize

Il y a quelques années, ça je m’en souviens, j’ai acheté un énoooooooooorme pot de Nutella, édition spéciale, au point que la caissière du Delhaize m’a demandé : « vous avez beaucoup d’enfants ? »

« Euh, non, aucun… »

Glups, prise en flagrant délit de goinfrerie.

Et ce jour, j’achète un pot normal de Nutella, car j’aime ça, mais surtout car y’a un gadget en cadeau et j’ai toujours adoré les cadeaux inutiles (je n’ai pas changé).

Je rentre chez moi avec mon pot, sans le casser, je découvre mon gadget que j’aime, et, chose que j’ai jamais faite depuis mon retour, va comprendre pourquoi aujourd’hui, je regarde mon ticket de caisse.

Et là, horreur et putréfaction, je constate que j’ai payé deux fois le Nutella, comme si j’avais pris deux pots, ce qui est impossible vu mon petit sac sur le rolateur, et puis j’avais d’autres courses à faire…

Bon tout s’est arrangé, j’ai appelé le magasin et j’y retournerai demain pour être remboursée (acheter quelque chose quoi) mais la question que je me pose est : est un signe qu’on a voulu me faire et qui dit « arrête de t’empiffrer de Nutella, c’est pour ton bien, et patati et patata ».

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24
oct

24/10/2016 : tristesse

Quand j'ai traversé et été renversée, vous le savez, j'allais à mon atelier d'écriture, et, je ne m'en souviens pas, mais j'ai toujours fait ça, j'emportais une farde contenant tous mes "exercices écrits" d'avant; cette farde a disparu dans l'accident et je ne la retrouverai pas, chuis triiiiiiiiiiiiste d'avoir tout perdu :(

Je retrouverai peut-être une partie sur ce blog, où je copiais quelques écrits, mais triste moi être.

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21
sep

21/9/2016 : opération bis - SUITE

Début du billet publié le 11/9/2016 :J’ai donc été opérée pour la deuxième fois et comme je l’ai dit, si ça avait été la première fois, j’aurais été moins zen pour la seconde. Tout bien réfléchi, l’après fut plus chouette, vu que le jour de l’opération au soir j’étais en pleine forme, on m’a même demandé si l’anesthésiste m’avait injecté quelque chose, genre gaz hilarant… je devais me sentir super soulagée. Et le lendemain, j’étais chez Trafic. En pleine forme je vous dis, mais faut relativiser la chose of course, « en pleine forme » en 2016 ne correspond pas à « en peine forme » en 2013, physiquement parlant.

Masi l’opération, avant et après (passque pendant, je faisais dodo) fut plus difficile que la première fois. Pas point de vue douleur, non, mais point de vue angoisse. Je n’ai pas eu de pré narcose, ce qui m’avait permis de quitter ma chambre et d’y revenir endormie. Ici, je suis arrivée en salle d’hop totalement réveillée, j’ai même causé avec le médecin, lui expliquant que j’avais rencontré une journaliste qui le connaissait et qu’à l’hosto on entendait sans cesse du bien de lui, sympa. Puis j’ai respiré dans un masque ce que je croyais être de l’anesthésiant (l’anesthésiant était dans l’intraveineuse, là c’était de l’oxygène), je respirais, je respirais et je ne m’endormais pas, j’allais dire « je ne dors pas » quand je me suis endormie.

Le pire fut le réveil en salle de réveil. Les infirmières étaient adorables, mais j’avais encore un masque pour respirer, j’avais le nez bouché, j’avais les yeux opérés et plein de trucs gluants et en plus je n’avais pas mes lunettes, donc je ne voyais vraiment rien. Et ce fut long, mais long. Quand j’ai entendu « remplis son retour en chambre », j’aurais pu danser. Mais en chambre ce fut long, mais long, d’autant que je devais tout le temps faire pipi. Je ne comprenais pas

à suivre

Suite : Donc je devais tout le temps faire pipi, ce que je ne comprenais pas vu que j’étais à jeun et sans boire depuis la veille. Mais la perfusion est pleine de liquide cqfd… Je demandais l’heure tous les quarts d’heure, croyant qu’une heure, voire deux, était passées, et ben non ce n’était qu’un quart d’heure, encore en y pensait maintenant, revivre cette attente me fait trembler d’angoisse… Looooooooooooooooong.

Puis à 17h, l’infirmière est venue enlever la perfusion, youpiiiiiiiiiiiiiie. Après, ça a été de mieux en mieux, je n’ai pas souffert mais je me sentais comme un zombie…

Le soir, mon beau-père m’a demandé ce que le doc m’avait injecté comme drogue, tant j’étais excitée et joyeuse…

Bon, ça fera trois semaines demain, je vois toujours double, grrrrrrrrrrrrrrrrr… Patience, patience (le mot magique).

 

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11
sep

11/9/2016 : opération bis

J’ai donc été opérée pour la deuxième fois et comme je l’ai dit, si ça avait été la première fois, j’aurais été moins zen pour la seconde. Tout bien réfléchi, l’après fut plus chouette, vu que le jour de l’opération au soir j’étais en pleine forme, on m’a même demandé si l’anesthésiste m’avait injecté quelque chose, genre gaz hilarant… je devais me sentir super soulagée. Et le lendemain, j’étais chez Trafic. En pleine forme je vous dis, mais faut relativiser la chose of course, « en pleine forme » en 2016 ne correspond pas à « en peine forme » en 2013, physiquement parlant.

Masi l’opération, avant et après (passque pendant, je faisais dodo) fut plus difficile que la première fois. Pas point de vue douleur, non, mais point de vue angoisse. Je n’ai pas eu de pré narcose, ce qui m’avait permis de quitter ma chambre et d’y revenir endormie. Ici, je suis arrivée en salle d’hop totalement réveillée, j’ai même causé avec le médecin, lui expliquant que j’avais rencontré une journaliste qui le connaissait et qu’à l’hosto on entendait sans cesse du bien de lui, sympa. Puis j’ai respiré dans un masque ce que je croyais être de l’anesthésiant (l’anesthésiant était dans l’intraveineuse, là c’était de l’oxygène), je respirais, je respirais et je ne m’endormais pas, j’allais dire « je ne dors pas » quand je me suis endormie.

Le pire fut le réveil en salle de réveil. Les infirmières étaient adorables, mais j’avais encore un masque pour respirer, j’avais le nez bouché, j’avais les yeux opérés et plein de trucs gluants et en plus je n’avais pas mes lunettes, donc je ne voyais vraiment rien. Et ce fut long, mais long. Quand j’ai entendu « remplis son retour en chambre », j’aurais pu danser. Mais en chambre ce fut long, mais long, d’autant que je devais tout le temps faire pipi. Je ne comprenais pas

**************à suivre

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7
sep

7/9/2016 : araignée, aaaaaaaaaaaah

Hier, dans ma salle-de-bain, j’ai vu une araignée. Petite, pas une mygale, mais quand même quoi !

Elle était trop haute pour que je la tue, la garce, elle sait que j’ai été accidentée et en profite. J’ai donc ouvert la fenêtre en oscillo-battant pour qu’elle sorte, ce qu’elle n’a pas fait, tant pis pour elle.

J’ai alors tenté de l’aspirer avec l’aspirateur de table, trop petit, tchu.

J’ai trouvé une brosse pour le dos avec un long manche, mais trop petit, aussi, tchu bis.

Et pendant ce temps, l’araignée me narguait, si si.

Enfin, j’ai pensé (oui, parfois je pense) à mon appareil magique acheté après mon accident : une pince longue pour mettre ou prendre un objet haut. Et je l’avais montée, youpie. Aussitôt dit aussitôt fait, j’attrape l’araignée avec l’appareil… et elle tombe, j’ignore où.

Depuis, je ne l’ai pas retrouvée, et j’imagine qu’elle prépare sa vengeance…

12:07 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

26
jui

Billet posté et écrit le 26/7/2013, comme quoi on n’a pas chaque fois de la chance…

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J'ai testé mourir pour arriver plus vite à l'hosto (ou presque)

Nan, je ne vais pas vous faire l'affront de vous faire croire que ce billet est programmé et que je suis au paradis (ou en enfer, voire au purgatoire, si tout espoir n'est pas perdu pour mon âme pervertie), d'où je vous ai concocté cette bafouille.

Le suspense n'est dès lors pas à son comble, puisque vous savez que je ne suis pas morte.

Réjouissez-vous.

Ou pas.

Mais j'ai failli.

Vraiment cru que ma dernière heure avait sonné.

Mourir en partant à l'hôpital, c'est un comble non ?

Récit.

Je pars prendre le bus qui m'emmènera à la (re)découverte de Sainte-Elisabeth.  Après Saint-Luc en mars, le CHR en avril, Mont-Godinne en mai et juin, je tente le dernier hôpital de la région.

Ensuite, j'écrirai un guide comparatif pour Test Achats (ou un billet pour ce blog).

Chemin faisant, plongée dans mes pensées toujours réjouissantes et pleines d'optimisme, je me mets à imaginer que je trébuche sur le trottoir, me casse une jambe, l'ambulance arrive, et je supplie de m'emmener plutôt à Sainte-Elisabeth, histoire de faire d'une pierre deux coups : ma visite programmée + le plâtrage de la guibole.

Mais je ne trébuche pas, alléluia, y'a un dieu pour les maladroites.

Et faut croire qu'il y a également un dieu pour les piétons et les piétonnes…

Me vlà arrivée là oùsqu'il faut traverser, en plein centre de ma petite ville.  Peu de voitures, ce qui ne simplifie pas les choses, car elles roulent comme si elles avaient un train à prendre, en général, et je risque ma vie chaque matin en allant bosser, j'en ai conscience.  Pire que de traverser une autoroute, niveau danger.  Pire que de traverser les voies du chemin de fer en dehors des passages à niveau.

Alors je suis prudente.

Et je fais bien, car à peine ai-je entamé la traversée du carrefour qu'une voiture surgit derrière moi et amorce son tournant sans regarder une seule seconde si par le plus grand des hasards un piéton ne se trouverait pas sur le passage pour piétons, passque c'est finalement le but d'un passage pour piétons, de laisser passer les piétons.  Môssieur est dans sa grosse bagnole noire, il n'a pas de temps à perdre, surtout pas avec une chtite piétonne de rien du tout, donc il tourne et fonce, pendant que je m'interromps brusquement dans ma traversée et attends, droite comme un i, le passage de la tornade noire.

Première montée d'adrénaline, mais toute petite, juste le cœur qui batouille un peu plus fort et un coup de chaud (mais ça j'ai l'habitude), donc pas de quoi fouetter un chat, passque j'avais senti l'oignon et repéré la voiture du coin de l'œil gauche, même si j'éspérais qu'en gentleman galant serviable brun ténébreux adorable poli respectueux prudent le môssieur s'arrête.

Ben non.

Je continue ma traversée, et c'est alors que j'en suis à la moitié de la chaussée que le drame dramatiquement dramatique se produit.

Passque, si j'avais repéré du coin de l'œil gauche le véhicule noir arrivant par l'arrière pour tourner à droite, j'avais pas remarqué le véhicule blanc arrivant par l'avant pour tourner à gauche, soit dans ma direction.  Un schéma serait sans doute utile, mais peu importe, imaginez une petite chose fragile (moi), tentant de traverser, et assaillie par une grosse bagnole noire puis par une énorme camionnette blanche, lesquelles se font face dans le carrefour.

Seconde montée d'adrénaline, donc, mais également petite, avec cœur qui batouille un peu plus fort qu'à la première montée, dont je ne suis pas encore remise (elle est vieille de trois secondes), et coup de chaud un chouia plus intense, qui doit me faire ressembler à un feu tricolore quand il est sur le rouge, ce qui devrait alerter le conducteur de la camionnette, non ? 

Ben non (bis).

Et moi je suis confiante, j'ai amorcé ma traversée, j'en suis à la moitié, il tourne et m'a indubitablement vue, il va ralentir, me laisser passer, en gentleman galant serviable brun ténébreux adorable poli respectueux prudent.

Ben non (ter).

Et c'est là que l'adrénaline, jusqu'alors encore relativement calme, monte dans les tours, parce que je réalise que le conducteur ne me voit pas du tout, tout perché qu'il est dans sa camionnette aux sièges bien hauts.  Il devrait m'avoir vue en tournant, s'il était attentif, mais j'imagine qu'il a les yeux partout pour pas faire emboutir son joli véhicule par un autre véhicule, alors qu'emboutir une chtite piétonne n'aurait finalement que peu d'incidence sur ledit véhicule, à part un peu de sang.  Mais là, il est si près de moi déjà qu'il ne peut plus me voir, chuis dans son angle mort avant gauche, ah ah ah, qui a inventé cette expression que je le torture.

La poussée de stress est énorme, mais elle me fige au sol, dans l'attente de l'impact, que j'attends, au lieu d'agir.  La camionnette est si près de moi, et si haute, que je me vois, durant une fraction de seconde, en bouillie sous ses roues.  Je ne vois plus le conducteur, trop haut.  Je vois uniquement la carrosserie, proche, si proche, encore plus proche, limite si je distingue pas les insectes écrabouillés sur le pare-choc, les pauvres, et je réalise ce qui m'attend : être spotchie comme une mouche estivale l'est par une tapette agressive.

Puis mon cerveau semble enfin se réveiller, je pousse un cri strident, genre hurlement de hyène effarouchée par un chasseur, et je fais un bond de gazelle (Bienvenue dans la jungle routière, ma petite Anaïs), donc un bond sur le côté, genre un mètre, qui me met hors de portée du conducteur.  Ouf. 

Lequel conducteur, alerté par mon cri ou par le déplacement d'air que mon saut de gazelle a provoqué, réalise enfin qu'il a failli me transformer en crêpe.

Et ralentit enfin.

Ben c'est pas trop tôt.

C'était presque trop tard.

Et je continuer à me la jouer hyène, sous le choc j'imagine, car mon cœur a migré dans mon cerveau et ça pulse ça pulse ça pulse. Mais hyène polie, pas grossière, mais en mode hystérique ascendant colérique.  Je ne sais plus ce que j'ai dit, mais je jure qu'il y avait pas de mots orduriers inside, juste des trucs du genre "mais hé ho, ça va pas non ?  mais arrêtez-vous, attention, quoi".  Version suraiguë niveau de décibels interdit même en discothèque.

Et le môssieur hésite entre le courroux et la honte, pour finalement adopter le courroux, en me hurlant un "ben je suis désolé hein".

Ben tu peux l'être.

Non mais attends, limite s'il est pas exaspéré que je l'aie ralenti dans son trajet de livraison de produits d'entretien.  Ouais, passque sa camionnette elle est pleine de produits d'entretiens, pratique pour nettoyer les passages pour piétons après qu'il ait explosé les piétons en déchets sanglants, espèce de rustre pas galant serviable brun ténébreux adorable poli respectueux prudent.

Mais que fait la police namuroise, que fait la ville de Namur, merde quoi, y'a des piétons qui se font écraser sans cesse, si si, sans cesse, regardez aux abords des passages piétons, tous ces cadavres et ces taches de sang, et on fait rien pour les protéger, rien de rien.  Je rigole mais pas tant que ça…

Je l'ai vraiment échappée belle, j'ai déjà failli me faire renverser plusieurs fois, mais là c'était moins une, vraiment moins une.

Note que s'il m'avait blessée, juste un petit peu, le môssieur, j'aurais pas dû me farcir deux bus, j'aurais eu mon transport privé à sirènes, tant qu'à faire.

Je pars ensuite vers l'hôpital, saine et sauve, en mode hyène survoltée rouge transpirante… mais en bus.

 

 

19:59 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

5
jui

5/7/2016 : mon chat, je t’aime

Ce matin, réveillée à 5h30 par un pipi pressant puis recouchée, j’entends crier un chat qui veut rentrer. Je me dis « ouf, les miens sont en sécurité au chaud, ils ne se feront par attaquer par cet excité ».

 

A 7h30 le chat crie toujours et je me dis que ses maîtres sont vraiment pas sympas de le laisser dehors.

 

A 8h30, je vais me laver les cheveux, le corps, les dents : il crie encore et là le doute m’assaille : « c’est pas un chat à moi quand même ? ».

 

A 9h10 je descends et je n’entends pas Iguaï m’appeler, comme d’habitude, bizarre, j’ouvre la porte de la salle à manger et il m’attend, ouf ouf ouf.

 

C’est là que j’entends hurler Praline à mort, dehors, derrière la porte de la cuisine… C’est donc elle qui était dehors depuis 17h30 la veille, quand je suis partie au Mykonos, resto grec que j’adore, première fois que j’y allais depuis mon retour (mezzé et desserts grecs miaaaaaaaaam). Et pour avoir de la voie, elle en a, elle a dû empêcher tous les voisins de dormir (ça me rappelle quand mes chats n’étaient pas limités à la cour par un filet et que j’avais été la rechercher sur un toit dont elle ne savait redescendre, alertée par des voisins adorables, alors que toute la rue croyait entendre hurler un bébé tant elle criait).

 

J’ai couru très vite à la porte (donc à 5 km heure) lui ouvrir, elle est rentrée dare dare en hurlant, elle a mangé et depuis elle me fait pleins de câlins en ronronnant de bonheur.

 

Vilaine bipède… (j’espère qu’elle a dormi sur le beau coussin dans son tout nouveau panier).

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le corps d'Iguaï, la queue de Praline, sur moi pour un câlin

09:46 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

18
jui

18/6/2016 : AVC

Hier j’ai regardé une émission que j’avais enregistrée sur France 5, qui parlait des AVC. Vous allez me dire « pourquoi regarder des émissions tristes » ? Pour m’informer, et puis ça parlait du cerveau, ça m’intéresse d’en savoir plus.

J’ai appris que quand quelqu’un a un AVC, il faut agir super vite, car il perd 100 neurones par minute si je me souviens bien, et ils ne reviendront pas.

Photo prise sur ma TV des symptômes devant alerter d’un AVC, et c’est là que j’ai tremblé d’effroi, car ce sont les conséquences de mon accident : je n’ai pas eu d’AVC, mais mon cerveau a été touché et je dois tout réapprendre. Heureusement, c’est possible, mes neurones n’ont pas été détruits, mais après avoir été renversée par la voiture, je ne parlais plus français (mais anglais), je ne marchais plus, je ne savais plus mon âge, j’avais oublié mes chats, mes neveu et nièces, je mélangeais les quelques prénoms dont je me souvenais, j’oubliais tout très vite, et j’en passe.

Bref, ce n’était pas « qu’un accident ».

Par chance, je récupère petit à petit, même si on ne sait pas jusqu’où je vais récupérer.

Epuisée, mais positive.

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10:16 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

8
jui

8/6/2016 / 8/6/2010 : y'a six ans, j'écrivais ceci :

Mon testament

Il y a quelques temps, un bichon a hérité de 12 millions de dollars, suite au décès de sa richissime maîtresse.  Le frère de la défunte a hérité de 10 millions de dollars, qu'il doit consacrer exclusivement à la petite bête.  L'histoire ne dit pas ce qu'il adviendrait de l'argent si l'animal venait à décéder (un accident est si vite arrivé, gnark gnark).  Le frère garderait-il son pactole ?  Qui hériterait des 12 millions du bichon qui n'a, sauf erreur, pas rédigé de testament.

Cette histoire incroyable, qui n'arrivera jamais en Gelbique, car un animal belge ne peut hériter de son maître (d'ailleurs je pense que c'est pareil en France, mais j'attends confirmation des juristes français qui viennent s'abreuver de débilités ici), a tout de même eu le mérite de me faire réfléchir à ma succession.

Car il n'est jamais trop tard.

Imaginez que je vienne à mourir cette nuit, d'un arrêt du cœur fulgurant (un cœur qui ne bat pour personne n'a-t-il pas tendance à s'assoupir ?), d'étouffement par absorption inopinée d'un rat baladeur (on avale bien un certain nombre d'araignées par an, pourquoi pas un rat ?) ou d'étranglement par écharpe Strelli (oui je dors avec, faut bien en amortir le coût, et puis en ce moment, y'a plus de saison, après un week-end de pentecôte limite caniculaire, c'est à nouveau l'automne hein, l'hiver ne tardera pas).

Petite parenthèse : l'heure est grave, je ne parvenais plus à écrire ce mot, « coût », j'ai d'abord écrit « cou », mais je savais qu'il s'agissait de ce que j'ai entre la tête et les épaules, ensuite j'ai opté pour « coup », mais là également, je sentais un stuuuuuuut.  Enfin, j'ai trouvé « coût », mais après d'interminables secondes.  Ce n'est pas normal.  Mon neurone serait-il malade ? Fin de la petite parenthèse.

D'abord, si je venais à mourir, vous n'en seriez pas avertis.  Ce blog resterait silencieux à jamais.  Vous seriez interloqués.  Estomaqués.  Lassés.  Et vous disparaîtriez à jamais.  Vous oublieriez le blog et ma personne, et personne ne saurait que je suis en train de me faire dévorer par les vers, enfin non, personne ne saurait que mes cendres reposent ici ou là (j'ai pas encore fait mon choix).

Ensuite, si je venais à mourir, ben je n'ai pas d'héritier.  Pas d'époux qui profiterait de ma fortune.  Pas d'enfant qui attendrait sa majorité pour la dilapider.  Rien.  Nada.  Angoisse.  Même le rat ne pourrait hériter, cf mon explication qui précède.

Mais alors, qui va profiter de mes fringues, mes bottes, mes écharpes Strelli, mes godasses Pataugas, mes lasagnes surgelées, mon bordel, mes 1.478 livres, mes 246 DVD et mes piles de magazines ?

Et surtout, diantre, qui nourrira le rat, le câlinera, le caressera, l'aimera ?

Sacrebleu, pitiééééééééééé, je veux pas mourir.  Jamais.  Ou pas tout de suite.

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14:25 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

4
mai

4/5/2016 : pourquoi se souvient-on des trucs inutiles ?

J’ai perdu la mémoire et elle revient petit à petit. Ouf me direz-vous, je me souviens désormais de mes mots de passe, du fonctionnement du voocorder, de mon numéro de téléphone, de la frappe à dix doigts (je m’en souviens, j’ai pas dit que je pratiquais comme avant), de ma rue, de ma cuisine équipée, du nom des fruits et des légumes, de celui de certaines fleurs, de mes chats, de leurs noms même si je mélange souvent, et j’en passe…

Mais je me souviens aussi de ma peur panique des avions et des insectes tigrés, totalement inutile quoi, et aussi de ça, que j’ai raconté à mes proches et que je viens de retrouver :

« La minute blonde : et une pizza, une (publié le 15/03/2007)

L'autre jour je me commande une pizza scampis. Vous connaissez ? Une pizza, des scampis, de l'ail, des tomates fraîches, trois tonnes de mozzarella, et le tour est joué. 1.500 calories au bas mot, mais keske c'est bon !

Me voilà donc partie chercher ma pizza scampis.

J’entre dans mon resto italien favori. Mmmmh ça sent bon la pizza, bonheur et orgasme gustatif en perspective. Oh ils ont rénové, c’est joli. Et le four à pizza a changé de place, quel boulot pour refaire tout ce resto ma parole.

Je me précipite au comptoir « bonjour je viens chercher ma pizza scampis », « une pizza scampis ? je n’ai qu’une margarita en commande ? Une scampis, euh, non je vois rien. On vous la fait en vitesse, désolé Mamzelle ». Je prends mon mal en patience, je garde mon calme, j’attends.

Quand soudain l’évidence m’explose au visage… J’hésite entre éclater de rire, faire semblant de rien en sifflotant bêtement ou rougir comme la sauce tomate qui commence à garnir ma pizza : je me suis trompée de resto ! J’ai commandé chez X et me voilà chez Y… Blonde !

A-t-on idée aussi de mettre deux restos italiens dans deux maisons similaires espacées de quelques mètres, avec deux longues salles prolongées de deux vérandas, et deux fours à pizzas (mais situés à deux endroits différents).

Je me confonds en excuses, je deviens couleur aubergine de honte, et je pars en vitesse chercher ma pizza scampis quasi froide dans mon resto habituel.

Et comme je n’ai nullement peur du ridicule, je raconte cette bourde à tout qui croise mon chemin depuis. Ils sont morts de rire, à chaque fois. Et lorsqu’ils me croisent, ils ne manquent pas de me demander « tu aimes toujours les pizzas scampis ? ». Suis-je donc la seule brune à cervelle de blonde en Belgique ?

Blonde ! »

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14:03 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

17
avr

17/4/2016 : noms !

Une des conséquences de l’accident est « le manque du mot », même si ça va mieux. C’est ainsi que j’avais oublié le prénom de mon beau-frère, qui s’est vu affublé de tous les noms d’oiseaux possibles et imaginables, le plus persistant étant « Anus ». Va comprendre !

Vu que je parlais plus français, tout a dû revenir lentement, notamment les fruits, les légumes et les couleurs, que je mélange encore : ma sœur me dit « fuchsia », je crois comprendre mais je traduis et je vois « turquoise ». Ce n’est qu’un exemple mais ça prouve qu’il y a encore du travail.

Hier, pas moyen de me souvenir du nom de deux choses :

- un chanteur français, qui jouait dans Le Roi Soleil avec Emmanuel Moire (que j’ai écouté, je l’adorais, et je l’adore toujours, j’ai ressenti le même « truc », émotion totale, limite larmes, folle envie de chanter…). J’ai demandé à plusieurs personnes qui ne savaient pas, dont un pote qui connaît aussi bien les chanteurs français que moi les hommes politiques du même pays, c’est dire…

Et cette nuit, ça m’est revenu : Christophe Mae.

Je ne l’aime pas tellement, même si je l’ai vu en concert à Ciney je crois, au Tempo Festival je crois (bis), mais je voulais me souvenir quoi.

- Une marque de sacs qui était à la mode quand j’étais ado, j’en ai deux et deux portefeuilles aussi, c’est de là qu’est venue cette question : quelle nom ? J’ai demandé à ma sœur en parlant d’une amie qui en avait un. Sa réponse : « comment veux-tu que je me souvienne du sac qu’avait ton amie y’a 25 ans ? » Soit.

Et cette nuit, ça m’est revenu : Paquetage.

 

Ce matin, j’avais oublié, pensant à Equipage. Mais je savais que je commettais une erreur. Et Paquetage m’est revenu. Yesssssssssssssssssss.

Chuis contente.

(ps : je me souviens très bien maintenant de Flo)

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26
mar

26/03/2016 : snif – joyeuses pâââââques

Ce 26 mars 2016, j'aurais eu 20 ans d'ancienneté au bureau, et voilà je pleure ;(

Allez, joyeuse pâques !

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11
fév

opérée

Le 15 janvier j’ai été opérée.

En hôpital de jour, mais tout de même sous anesthésie totale.

J’ai toujours en la trouille des opérations, et « non non rien n’a changé, tout tout à continué », comme chantait l’autre.

On m’a pourtant dit « m’enfin, t’as été plus gravement opérée après l’accident ». Ouais, j’ai été trépanée, parait. J’ai bien dit « parait », vu que j’étais dans le coma, j’ai pas eu peur. CQFD.

En plus, chais même pas ce qu’on fait quand on « trépane » quelqu’un. Et je préfère ne pas savoir, comme je préfère ne pas savoir comment on m’a opérée des deux yeux, n’en déplaise à tout ceux qui m’ont demandé « et il a fait comment pour enlever les yeux, le chirurgien » ? Dingue, comme les gens sont curieux. J’ai gardé mes cheveux (pas comme après l’accident où j’ai été rasée, maintenant j’ai les cheveux courts et non teints, avant ils étaient longs et teints, mais pas trop blancs sans teinture, c’est déjà ça), on n’est pas passé par le cerveau, je n’ai pas de cicatrice, donc tirez-en la conclusion qui s’impose…

Donc je suis arrivée à l’hôpital à 7h15, première opérée, youpiiiiiiiiiiiie, sous la première neige, youpiiiiiiiiiiie (bis).

J’avais pas déjeuné, très obéissante moi être.

Je me suis mise en robe d’opération sur le lit et j’ai attendu (attendu elle n’est jamais venue zaï za¨za¨zaï na na na na na), ben si l’infirmière est venue me donner un calmant pour l’anesthésie, à faire fondre sous la langue, ce que j’ai fait, puis bzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz, dodo, après avoir dit, avec mon humour fou, après avoir croqué le calmant « aaaah, j’ai bien déjeuné ». Et donc après, bras de morphée, zzzzzzzzzzzzzzzhhhhhhhhhhhhhhh, je me souviens de rien, j’ai rouvert les yeux comme j’ai pu, et pigé que j’avais été opérée en salle de réveil.

A 16h, j’avais faim, le meilleur sandwich de ma vie que j’ai eu, et puis une danette vamille miam miam. J’ai pas eu de nausées, donc j’avais faim. Très faim. Comme Grosse Bouffe (mes référence sont restée les même, ma culture aussi).

Vers 18h, après avoir vu le chirurgien, super sympa et content de lui, même s’il faudra un mois pour voir le résultat, j’ai pu partir et j’ai acheté des modules de paix en sortait (c’est pas comme si c’était mes premiers, j’ai de quoi faire le tour de ma cour en modules, mais ça sera ses souvenirs de cette journée mémorable du 15 janvier où il a neigé).

Depuis, je vois six chats et non trois.

 

18:40 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

11
fév

ça aurait pu être pire…

Ouaaaaaais, je saaaaais, ça aurait pu être pire.

Déjà, elle aurait pu, au lieu de juste me blesser, me tuer.

Elle aurait pu, au lieu de juste me casser un nerf de l’œil, nécessitant une opération, me rendre aveugle.

Elle aurait pu, au lieu de créer de grosses difficultés de marche nécessitant un rolateur, me clouer dans une chaise roulante.

Elle aurait pu m’empêcher de bosser… ah ben ça elle l’a fait.

Non je rigole (car le sens de l’humour et les larmes sont ce qui m’a sauvée), mais ça aurait pu être pire : j’aurais pu mourir, être en chaise, perdre mon cerveau et surtout ne pas savoir rentrer chez moi, j’aurais pu ne pas revoir mes chats et même ne pas me souvenir d’eux, vu que je les avais oubliés, j’aurais pu beaucoup de choses encore…

Mais j’aurais pu ne pas être renversée et continuer ma petite vie, mon petit job, mes collègues, mes amies, ma famille…

On m’a dit « avec du recul, beaucoup de recul, cet accident vous aura apporté du positif ». Ouiiiiiiiiis, beaucoup de recul alors… vraiment beaucoup ! Plus tard…

18:37 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

11
fév

Souvenir – écrit le samedi 20/06/2015

Il y a six mois.

J'allais acheter mon pain.

J'allais bosser sans me poser de question.

J'allais au Delhaize deux fois par jour si besoin.

J'allais à la brocante tous les dimanches.

Je connaissais les noms de mes trois chats, en fait je savais que j'avais trois chats.

Iguaï mon toutnu me voyait chaque matin, il ne connaissait que moi.

J'allais coller des fleurs sur les arbres et les bancs.

J'allais chez moi car c'était chez moi.

Il y a six mois, jour pour jour, le 20 décembre, c'était un samedi, je me préparais à mon Noël, je décidais dêtre heureuse car c'est bon pour la santé (cf Facebook), pas de bol.

Une connasse (oui, mon assistant social m'a dit que j'avais le droit d'avoir des pensées comme ça) m'a renversée, sans raison.

Depuis, je ne vais plus chercher mon pain, bosser, au Delhaize, à la brocante, coller des fleurs, chez moi voir tous les jours mes chats ou mon toutnu, du moins plus pour l'instant, mais je vis d'espoir.

J'ai rencontré des gens supers, soignants, infirmiers, kinés, psys, malades, qui m'ont énormément aidée ou appris, même si ça fait cliché et chier.

Je les remercie du fond du coeur, par contre je ne remercie pas la connasse qui m'a renversée.

Amen.

 

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18:35 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

11
fév

Belgique : la double peine

(écrit en octobre 2015)

J’écris ceci en regardant Taratata, l’émission (que j’ai enregistrée) fêtant le retour du concept, et me disant que j’aurais pu louper cela si j’étais décédée.

 

Si elle m’avait tuée.

 

Car c’est bien de cela dont il s’agit : la double peine dans mon pays où l’on vit si heureux… quand on n’a pas un big problem.

 

Pourquoi « double peine » me direz-vous ?

 

Réfléchissez…

 

Non, je rigole, je vous explique, car je n’y avais jamais pensé avant de le vivre.

 

La première peine, bien sûr la plus « délicate » (pour ne pas dire « la plus merdique »), c’est l’accident : vous allez sans le vouloir vers votre funeste destin (c’est là qu’on sanglote), écrire au cours, avec votre nouveau manteau qui vous va super bien, votre nouveau sac, vous avez programmé Le père Noël est une ordure à la TV sur le Voocorder pour le regarder à votre retour en mangeant vous avez oublié quoi, après avoir enlevé vos fringues, que vous avez aussi oubliées (faisait-il froid ou soleil en ce 20 décembre ?) lorsque patatra paf poum hue, elle vous roule dessus. En fait non, vous avez un big trou de mémoire (et l’assistant social a dit que ça ne reviendra pas, vu le temps déjà passé) mais vous avez une bonne imagination. Donc, elle pense à ses achats de Noël (quand je vous dis que le Papa Noël est une ordure) lorsque paaaf, elle ne vous voie pas traverser sur le passage pour piétons pour aller à votre cours d’écriture, tout sourire que vous êtes (extrapolation), et repaaaaaaaaaf, elle vous expédie dans l’au-delà, d’où vous revenez avec difficultés (ouf). Elle a bousillé votre côté gauche, notamment votre œil, votre bras et votre jambe (sans parler de votre nouveau manteau), elle a bousillé votre sens de la réflexion puisque vous êtes éteinte (notez qu’après votre réveil ce sera pire puisque vous parlerez anglez, prétendrez  être né en 1912 (comme le Titanic), ne vous souviendrez plus des couleurs, des noms des fruits (et des légumes aussi d’ailleurs), des amis, enfants, collègues, patrons, chats et aurez même oublié avoir mis un jolie cuisine (que vous trouverez moche)), elle a aussi bousillé votre cerveau.

 

Bref, tout ça peut paraître rigolo mais ça ne l’est pas du tout, quand vous sortez de deux semaines de coma entre la vie et la mort, que vous êtes incontinente, attachée sur votre lit, ou sur votre fauteuil roulant, que vous croisez des gens comme vous (ou pires, ou mieux, c’est selon), que vous ne mangez que des panades et ne buvez que de l’eau épaissie, et que vous avez perdu tout notion du temps (ça c’est sans doute mieux).

 

Voilà la première peine, pendant que celle qui vous a infligé ça culpabilise (on peut rêver) juste le temps de chanter « j’y pense puis j’oublie, c’est la vie c’est la vie ». Car oui, sa vie continue comme avant, chez elle, avec sa famille, son job, ses collègues, son mari, bon j’extrapole, je ne connais rien d’elle, ne me souviens même pas de sa tête quand elle s’est dit (j’extrapole que je dis) « oh m… y’avait quelqu’un ! »

 

Bon, Taratata est fini, suite demain…

 

La suite c’est finalement le surlendemain que je vous l’écris (hey, suis débordée moi hein, une vaisselle de 10 minutes nécessite ensuite une heure de repos).

 

Donc la double peine en Belgique (et sans doute dans d’autres pays d’Europe) c’est quand tu rentres chez toi en ayant encore plus perdu que ce que tu croyais avoir perdu (la santé). Tu as perdu ton boulot où tu allais fêter tes vingt ans d’ancienneté en 2015, que tu ne fêteras jamais. Tu as perdu ton salaire parce que tu as pris toute les assurances possibles et imaginables, sauf l’assurance « perte de revenus », c’est très con hein… Tu vis donc avec la mutuelle, mais ne te plains pas au bout d’un an de fainéantise (si si, pour eux tu glandes et prends le soleil) tu passes en invalidité et perdras encore 15 % de ta mutuelle. C’est pas non plus comme si tu avais des charges extraordinaires, genre kiné, médicaments, dentistes, opération, aide ménagère… pas du tout liées à ton accident ça va de soi. Ne parlons pas des tâches habituelles parce que oui, même après tu as faim, soif, sommeil et tu dois faire pipi caca (note que les langes sont plus chers que le papier, ne te plains pas d’être désormais propre).

 

En plus, tu as perdu ton permis de conduire suite à l’accident, vu que tu as perdu ton cerveau à l’époque, mais surtout ton œil, ta réactivité et ta rapidité. Si un jour tu es capable de reconduire, faudra « juste » le repasser.

 

Enfin, tu as perdu ta capacité de gérer toi-même tes sous, vu que tu as une administratrice provisoire qui s’en occupe (mal) pour toi. Et qui n’est pas sympa, comme tous les administrateurs provisoires, car tu n’es qu’un numéro parmi tant d’autres. Et il faut la payer, ça fait partie de tes charges extraordinaires.

 

Et la Belgique dans tout ça ? Ben elle aide grandement, elle défend les victimes, elle les paie, elle les soutient, elle fait les démarches pour elles, elle les appelle régulièrement pour prendre des nouvelles.

 

Ou pas.

 

Ici c’est pas, nada, niente, niks, que dalle, aide-toi et le ciel t’aidera qu’on dit.

 

(Merci à ma sœur qui m’a fait penser à cela, et m’a donné envie d’écrire ce billet – je ne remercie par mes chats qui ont été insupportables et ont fait tomber mon téléphone que je ne retrouve pas, et ça continue en plus, sales bestioles…)

18:29 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

20
déc

20 décembre 2014

y'a un an j'ai rien posté, car y'a un an, j'allais suivre mon cours d'écriture à La Plante, je traverse sur un passage piéton et paf (comme paf le chien) je me fait heurter (le mot est faible) par une voiture rose (un comble, j'adore le rose et le fuchsia) - coma, perte de la parole et des mouvements, neuf mois de revalidation (merci la kiné, les infirmières, les médecins, and co, et les autres malades) - là je suis rentrée mais pas guérie comme le croient les gens, heureuse de retrouver ma maison et d'être en vie - regarder les Petits mouchoirs hier soir et ce matin était une très mauvaise idée...

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14:00 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

27
oct

Belgique : la double peine

 J’écris ceci en regardant Taratata, l’émission (que j’ai enregistrée) fêtant le retour du concept, et me disant que j’aurais pu louper cela si j’étais décédée.

 Si elle m’avait tuée. 

 Car c’est bien de cela dont il s’agit : la double peine dans mon pays où l’on vit si heureux… quand on n’a pas un big problem. 

 Pourquoi « double peine » me direz-vous ? 

 Réfléchissez… 

 Non, je rigole, je vous explique, car je n’y avais jamais pensé avant de le vivre.

  La première peine, bien sûr la plus « délicate » (pour ne pas dire « la plus merdique »), c’est l’accident : vous allez sans le vouloir vers votre funeste destin (c’est là qu’on sanglote), écrire au cours, avec votre nouveau manteau qui vous va super bien, votre nouveau sac, vous avez programmé Le père Noël est une ordure à la TV sur le Voocorder pour le regarder à votre retour en mangeant vous avez oublié quoi, après avoir enlevé vos fringues, que vous avez aussi oubliées (faisait-il froid ou soleil en ce 20 décembre ?) lorsque patatra paf poum hue, elle vous roule dessus. En fait non, vous avez un big trou de mémoire (et l’assistant social a dit que ça ne reviendra pas, vu le temps déjà passé) mais vous avez une bonne imagination. Donc, elle pense à ses achats de Noël (quand je vous dis que le Papa Noël est une ordure) lorsque paaaf, elle ne vous voie pas traverser sur le passage pour piétons pour aller à votre cours d’écriture, tout sourire que vous êtes (extrapolation - cf la suite de l'article), et repaaaaaaaaaf, elle vous expédie dans l’au-delà, d’où vous revenez avec difficultés (ouf).  Elle a bousillé votre côté gauche, notamment votre œil, votre bras et votre jambe (sans parler de votre nouveau manteau), elle a bousillé votre sens de la réflexion puisque vous êtes éteinte (notez qu’après votre réveil ce sera pire puisque vous parlerez anglez, prétendrez  être née en 1912 (comme le Titanic), ne vous souviendrez plus des couleurs, des noms des fruits (et des légumes aussi d’ailleurs), des amis, enfants, collègues, patrons, chats et aurez même oublié avoir mis un jolie cuisine (que vous trouverez moche)), elle a aussi bousillé votre cerveau.  

 Bref, tout ça peut paraître rigolo mais ça ne l’est pas du tout, quand vous sortez de deux semaines de coma entre la vie et la mort, que vous êtes incontinente, attachée sur votre lit, ou sur votre fauteuil roulant, que vous croisez des gens comme vous (ou pires, ou mieux, c’est selon), que vous ne mangez que des panades et ne buvez que de l’eau épaissie, et que vous avez perdu tout notion du temps (ça c’est sans doute mieux). 

 Voilà la première peine, pendant que celle qui vous a infligé ça culpabilise (on peut rêver) juste le temps de chanter « j’y pense puis j’oublie, c’est la vie c’est la vie ». Car oui, sa vie continue comme avant, chez elle, avec sa famille, son job, ses collègues, son mari, bon j’extrapole, je ne connais rien d’elle, ne me souviens même pas de sa tête quand elle s’est dit (j’extrapole que je dis) « oh m… y’avait quelqu’un ! »   

 Bon, Taratata est fini, suite demain…

  

(Merci à ma sœur qui m’a fait penser à cela, et m’a donné envie d’écrire ce billet – je ne remercie par mes chats qui ont été insupportables et ont fait tomber mon téléphone que je ne retrouve pas, et ça continue en plus, sales bestioles…)

 

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Edit :

en cherchant mon téléphone, j'ai vu un truc blanc retourné et trouvé ceciiiiiiiiiiiiiiiiiii (bon c'est pas un téléphone, mais c'est joli)

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La suite c’est finalement le surlendemain que je vous l’écris (hey, suis débordée moi hein, une vaisselle de 10 minutes nécessite ensuite une heure de repos).

 

 Donc la double peine en Belgique (et sans doute dans d’autres pays d’Europe) c’est quand tu rentres chez toi en ayant encore plus perdu que ce que tu croyais avoir perdu (la santé). Tu as perdu ton boulot où tu allais fêter tes vingt ans d’ancienneté en 2015, que tu ne fêteras jamais. Tu as perdu ton salaire parce que tu as pris toute les assurances possibles et imaginables, sauf l’assurance « perte de revenus », c’est très con hein… Tu vis donc avec la mutuelle, mais ne te plains pas au bout d’un an de fainéantise (si si, pour eux tu glandes et prends le soleil) tu passes en invalidité et perdras encore 15 % de ta mutuelle (25 pas 15 ah ah ah, j'ai été distraite). C’est pas non plus comme si tu avais des charges extraordinaires, genre kiné, médicaments, dentistes, opération, aide ménagère… pas du tout liées à ton accident ça va de soi. Ne parlons pas des tâches habituelles parce que oui, même après tu as faim, soif, sommeil et tu dois faire pipi caca (note que les langes sont plus chers que le papier, ne te plains pas d’être désormais propre).

 

 En plus, tu as perdu ton permis de conduire suite à l’accident, vu que tu as perdu ton cerveau à l’époque, mais surtout ton œil, ta réactivité et ta rapidité. Si un jour tu es capable de reconduire, faudra « juste » le repasser.

 

 Enfin, tu as perdu ta capacité de gérer toi-même tes sous, vu que tu as une administratrice provisoire qui s’en occupe (mal) pour toi. Et qui n’est pas sympa, comme tous les administrateurs provisoires, car tu n’es qu’un numéro parmi tant d’autres.  Et il faut la payer, ça fait partie de tes charges extraordinaires.

 

 Et la Belgique dans tout ça ? Ben elle aide grandement, elle défend les victimes, elle les paie, elle les soutient, elle fait les démarches pour elles, elle les appelle régulièrement pour prendre des nouvelles.

 

 Ou pas.

 

 Ici c’est pas, nada, niente, niks, que dalle, aide-toi et le ciel t’aidera qu’on dit.   

 

 

19:17 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

22
aoû

Voo

On m'a réexpliqué la marche de mon vieux Voocorder, donc après mes courses chez Delhaize (35 degrés, épuisée par cinq courses de chocolat miaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaammmmmmmmmmmmmmm), je décide de découvrir ce que j'avais enregistré le 20 décembre, pensant le regarder le 20 au soir au lieu d'être opérée au CHR, vie trépidante......

Je trouve donc, enregistré le 20 décembre (RTL et TF1) :

Le Père noël est une ordure

Le Père Noël est licencié

ça ne s'invente pas..................

Pour moi c'est vraiment une ordure et je le licencie illico. Na. 

17:06 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

20
aoû

20 août 2015

Aujourd'hui, j'avais oublié on m'a rappelé que c'était mon anniversaire : 8 mois que l'on m'a accidentée déjà... Huit mois, ça fait un bail emphytéotique, comme j'aurais dit avant, quand je bossais encore...

J'ai oublié pourtant j'ai été super gâtée :

- première IRM de ma vie (archi bruyant mais plus rapide que je ressentait,1/2 heure quand même), au CHR de Namur, que je n'ai même pas vue (ni mes chats, ni mon home sweet home)

- refus catégorique de mon médecin de loger une nuit de plus chez moi, car je vais louper là kiné (on m'a proposé une semaine entière que j'ai refusée, cherchez l'erreur là j'aurais pas loupé la kiné...). C'est pas faute d'avoir supplié, négocié, argumenté, rien n'y a fait. J'ai 42 ans pas 10, finalement, je dis ça je dis rien...

Joyeux anniversaire !!!!!!!!!!!!

16:00 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

1
aoû

Quiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii ?

Nan pas "Qui m'as enlevé"  "v v v vdb v v v vdb tu ne vas pas crever", à mon avis c'était une chanson pour Paul Van Den Bounants à qui on a coupé un doigr, mais "qui m'as appelée" ??????????

Hier à 21 heures ?

Qui m'a sonné si tard ? A une telle heure ? 21 heures ????????????????????????

 

J'ai pas décroché mais j'ai cru, dans mon profond sommeil, qu'il était 9 heures du mat et que je m'étais endormie après 7h30, heure où je me lève pour aller déjeuner, donc je me suis levée désespérée de ne pouvoir manger si tard, pour réaliser qu'il n'était pas 9 heures du mat mais ... 9 heures du soir, et que je venais de m'endormir lourdement.

Morale de l'histoire : ne l'appelez pas après 20 heures pleaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaase...

21:01 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

26
fév

Les phrases qui tuent du jour

Alors la petite rigolote de ma collègue que j'adore mais qui n'en rate jamais une "oh comme ça te va bien ta tunique dans les roses/rouges, mieux que quand tu mets du mauve"... Après la fleur, le pot, toujours, c'est plus fun.

Et puis la pas rigolote du tout, qui me prouve que trente ans plus tard, le SIDA es toujours méconnu et cause de rejet. A mon cours d'aquarelle, on teste les effets avec une paille, en soufflant sur une tache d'aquarelle. Et faut souffler fort. Une élève propose à quelqu'un une paille plus large pour essayer. "Oui mais je vais la mettre en bouche, enfin, j'ai pas le Sida hein..." Non, on n'attrape pas le Sida en mettant la paille d'autrui en bouche, qu'on se le dise, même pas en lui serrant la main, ni en le bisouillant sur la joue, ni en lui parlant, ni en l'aimant...

19:31 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

28
oct

Après le coyotte dans la tuture de Di Rupo, le chevreuil dans le jardin du buro...

Je l'ai sous les yeux, je le vois de mes yeux vus, pauvre tite bébéte, que faire pour l'aider ? Il est tout paniqué...

Des zidées ?

chevreuil.jpg

08:01 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

27
oct

Le blog d'un con damné, le retour...

J'espérais ne plus jamais en entendre parler, et puis me voilà rattrapée par mon destin...

En cherchant sur google à "agenda nanowrimo", histoire de trouver un joli mois de novembre à imprimer, pour y inscrire de mes jolis petits doigts l'avancée de mon projet que je qualifie d'ores et déjà de foireux, vlà que je tombe sur un article "le défi nanowrimo". Le nom de l'auteur me dit vaguement quelque chose. Et en cliquant, sa photo me dit grandement quelque chose : le con damné ressurgit d'un coup dans ma vie, avec cette bouffée de souvenirs de toutes les conneries qu'il a débitées sur son blog, même que tout le monde le croyait. Souvenez-vous, le con damné a fait croire qu'il était condamné, et nous avons subi ses râles d'agonie, ses délires sur des forums consacrés au deuil et autres choses ignobles, durant un mois, dans le seul but de se faire du fric en vendant un livre sorti lors de sa résurrection.

Bon, le con damné va faire le nanowrimo.

Bon, ben c'est ainsi hein.

Et puis je lis son article.

Et je me dis que c'est bien dommage qu'il n'ait pas été damné au sens premier du terme, passqu'en fait, ce qu'il veut, c'est faire du fric pour faire le nanowrimo.

Siiiiiiiiiiiiiiiii, je vous le jure. Vrai de chez vrai.

Je cite "Par tranche de 100€ reçue pour ce projet, je prendrai un jour de congé dédié entièrement à l’écriture."

Mais y'a un super cadeau en retour "En temps que supporter, vous aurez accès à une communauté privée". En temps que... euh, ça commence mal, pour un futur écrivain, je dis ça je dis rien. Oui, je sais, je suis mauvaise, mais j'ai vraiment du mal les agissements de ce personnages qui passe son temps à réclamer du flouze à son lectorat, juste pour lire le blog, car "son blog est payant mais vous êtes libres de choisir le prix".

Tiens, j'y avais pas pensé moi à ça, vous demander du fric tout le temps, et pour le nanowrimo. Car, s'il parvient à "conger" les trente jours que dure le nanowrimo, il empoche 3000 euros, comme ça, à ne rien faire sinon écrire.

Rassurez-moi, y'a quand même pas des pigeons qui vont payer ?

Ce mec était infâme y'a quelques mois, je vois qu'il n'a pas changé...

Et avec tout ça, j'ai pas trouvé mon agenda nanowrimo.

 

Par contre, je viens de me souviendre que quand j'étais en blocus, avec une copine étudiante, on s'était préparé des petits mots d'encouragement fermés, et chaque matin, avant de s'y mettre, on les lisait, ben c'était motivant.

Ditez, vous voulez pas m'envoyer des petits mots gratuits d'encouragement, car je stresse au point que je vais en faire un malaise cardiaque le 31 octobre je pense (ce qui tomberait bien, je serai à l'hôpital, tant qu'à tomber quasi raide morte, autant être sur place...)

15:17 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (11) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

22
oct

Adieu Papa Fouettard

L’ONU a décidé d’enquêter sur l’image rendue par le Père Fouettard, because il est noir, because il est méchant, tandis que Saint-Nicolas est blanc, et il est gentil. Un méchant noir et un gentil méchant, c’est pas bien du tout ça, c’est mal, très mal, vilaine société raciste tout plein.

Non mais allô quoi, comme dirait Nabilla, et on sait que ce que dit Nabilla, c’est la vraie vérité car elle a ses neurones dans les nibards, ce qui lui donne sans doute le QI de deux Einstein, si si, je vous le jure.

Bref, à l’ONU, on doit s’emmerder ferme, pour chercher à enquêter sur de telles choses. Question subsidiaire : ils ont le statut de fonctionnaires, les employés de l’ONU ? Non car ça fait vraiment fonctionnaire qui glande de toutes ses glandes (et dieu sait que l’homme en a, des glandes) devant sa tasse à café et ses réussites sur son écran de PC et qui cherche à trouver l’idée du siècle : tiens, si je tentais de convaincre le monde que Papa Fouettard noir, c’est pas bien, vraiment pas bien.

J’ai d’autres suggestions pour les fonctionnaires de l’ONU, tant qu’à faire, alors :

- Changer le nom de Papa Fouettard, passque fouetter, c’est mal, on l’appellera papa Caresse, parce qu’inciter à faire usage du fouet, non non non

- Changer le nom de Papa Caresse, tout bien réfléchi, car ça peut pousser les papas à trop caresser leurs enfants, incitation à la pédophilie ça s’appelle, donc appelons-le Papa … ben je sais pas, finalement ne l’appelons pas, qu’il reste chez lui

- Changer Papa sans nom en Maman sans nom, passque c’est quand même très misogyne, tous ces mecs, Saint-Nicolas, Papa sans nom, Père Noël. A part les cloches de Pâques, dont on ignore réellement le sexe, où sont les femmes ?

- intégrer de nouveaux personnages dans l’histoire, car dans la vie, y’a pas que les noirs et les blancs, y’a les jaunes, les rouges, les café au lait, les bruns, les verts (qui viennent de mars) et j’en passe

- supprimer tout signe de religion sur Saint-Nicolas, après tout il a qu’à plus être saint.  Nous aurons donc Papa et Nicolas (passque Père, ça prête aussi à confusion, faut pas qu’on croie que c’est un curé, des fois).

- mettre un pantalon à Nicolas, cette robe, ça fait un peu homosexuel non ?

- Lui supprimer sa barbe blanche, passque ça cache son visage, et sauf erreur la loi interdit de trop cacher son visage, puis on a beau dire, une barbe, ça fait un peu taliban, ah ben si hein, même blanche, un peu

- et d’ailleurs pourquoi une barbe blanche, pourquoi pas une barbe noire, blonde, rousse, hein, oui, rousse, comme ça les enfants pas sages seraient enfermés dans la chambre sanglante, ça serait top fun ça non ?

- Lui enlever sa bague avec ce si gros rubis, les signes extérieurs de richesse, ça peut traumatiser le peuple, parfois, et ça peut inciter les délinquants à cambrioler et ça leur fera des circonstances atténuantes « c’est pas sa faute Monsieur le Juge, à force de voir Saint-Nicolas tout riche tout bijouté, ça lui a donné des envies, il a pas su résister, il a eu une enfance difficile, blablabla ».

Bon, et si on supprimait tout simplement le 6 décembre, ce serait plus simple non ? Allez adjugé, partez partez Saint-Nicolas, partez partez Saint-Nicolas, partez partez Saint-Nicolas, l’ONU t’aime pas !

Quant à Papa Noël, pareil : supprimer la traite des rennes, supprimer  les nains, oups pardon, les personnes de petite taille, pas bien de faire trimer ainsi des animaux et des personnes de petite taille. Et pour quel salaire, hein, on se le demande. 

Puis pour Halloween, arrêtons ce massacre des citrouilles, totalement inutile. Elles souffrent, les citrouilles, elles ont la trouille dès le 1er octobre, et plutôt six fois qu’une (citrouille, six trouilles, ça va, vous avez pigé ma bonne blague ?)

Enfin, rebaptisons le chocolat, car « chocolat blanc », « chocolat noir », c’est un tantinet tendancieux. Pareil pour « raisin blanc » et « raisin noir », of course.  Déjà qu’ils sont verts et mauves, alors autant les appeler de leur couleur véritable.  Et pour le chocolat, ça sera chocolat marron et chocolat beige.

Voilà, content l’ONU, d’autres idées de réformes ?

Allez maintenant un petit exercice : colorie ce dessin dans des tons qui ne choqueront pas l’ONU.

pere fouettard.jpg

20:17 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

14
aoû

Dialogue de sourd avec une agence immobilière

Echange de mails :

"Bonjour, je suis intéressée par le garage que vous avez à Jambes".

"Bonjour, l'appartement est vraiment superbe, à proximité de la Meuse, et il y a un garage". (non sans blague)

"Re-bonjour, oui mais c'est le garage qui m'intéresse, uniquement le garage, je n'ai pas l'intention de déménager, si vous avez un garage dans mon quartier ça m'intéresse".

"Re-re-bonjour, oui, j'ai de beaux garages à Saint-Servais". (envie de meurtre)

Mouahahah, ils ne manquent pas d'humour, dans cette agence, donc je gare ma voiture dans mon garage à Saint-Servais, puis je rentre chez moi à Jambes, euh, en bus, à pied, en jet privé, à dos de mulet, en rollers, en namourette ?

Deux hypothèses : sont cons... ou sont cons.

Bon, sont cons !

12:05 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

1
aoû

La phrase qui tue du jour : télàtoi ?

Retour au bureau ce matin, après trois mois d'absence.

"C'est pas lundi que tu revenais toi ?"

17:20 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

26
jui

J'ai testé mourir pour arriver plus vite à l'hosto (ou presque)

Nan, je ne vais pas vous faire l'affront de vous faire croire que ce billet est programmé et que je suis au paradis (ou en enfer, voire au purgatoire, si tout espoir n'est pas perdu pour mon âme pervertie), d'où je vous ai concocté cette bafouille.

Le suspense n'est dès lors pas à son comble, puisque vous savez que je ne suis pas morte.

Réjouissez-vous.

Ou pas.

Mais j'ai failli.

Vraiment cru que ma dernière heure avait sonné.

Mourir en partant à l'hôpital, c'est un comble non ?

Récit.

Je pars prendre le bus qui m'emmènera à la (re)découverte de Sainte-Elisabeth.  Après Saint-Luc en mars, le CHR en avril, Mont-Godinne en mai et juin, je tente le dernier hôpital de la région.

Ensuite, j'écrirai un guide comparatif pour Test Achats (ou un billet pour ce blog).

Chemin faisant, plongée dans mes pensées toujours réjouissantes et pleines d'optimisme, je me mets à imaginer que je trébuche sur le trottoir, me casse une jambe, l'ambulance arrive, et je supplie de m'emmener plutôt à Sainte-Elisabeth, histoire de faire d'une pierre deux coups : ma visite programmée + le plâtrage de la guibole.

Mais je ne trébuche pas, alléluia, y'a un dieu pour les maladroites.

Et faut croire qu'il y a également un dieu pour les piétons et les piétonnes…

Me vlà arrivée là oùsqu'il faut traverser, en plein centre de ma petite ville.  Peu de voitures, ce qui ne simplifie pas les choses, car elles roulent comme si elles avaient un train à prendre, en général, et je risque ma vie chaque matin en allant bosser, j'en ai conscience.  Pire que de traverser une autoroute, niveau danger.  Pire que de traverser les voies du chemin de fer en dehors des passages à niveau.

Alors je suis prudente.

Et je fais bien, car à peine ai-je entamé la traversée du carrefour qu'une voiture surgit derrière moi et amorce son tournant sans regarder une seule seconde si par le plus grand des hasards un piéton ne se trouverait pas sur le passage pour piétons, passque c'est finalement le but d'un passage pour piétons, de laisser passer les piétons.  Môssieur est dans sa grosse bagnole noire, il n'a pas de temps à perdre, surtout pas avec une chtite piétonne de rien du tout, donc il tourne et fonce, pendant que je m'interromps brusquement dans ma traversée et attends, droite comme un i, le passage de la tornade noire.

Première montée d'adrénaline, mais toute petite, juste le cœur qui batouille un peu plus fort et un coup de chaud (mais ça j'ai l'habitude), donc pas de quoi fouetter un chat, passque j'avais senti l'oignon et repéré la voiture du coin de l'œil gauche, même si j'éspérais qu'en gentleman galant serviable brun ténébreux adorable poli respectueux prudent le môssieur s'arrête.

Ben non.

Je continue ma traversée, et c'est alors que j'en suis à la moitié de la chaussée que le drame dramatiquement dramatique se produit.

Passque, si j'avais repéré du coin de l'œil gauche le véhicule noir arrivant par l'arrière pour tourner à droite, j'avais pas remarqué le véhicule blanc arrivant par l'avant pour tourner à gauche, soit dans ma direction.  Un schéma serait sans doute utile, mais peu importe, imaginez une petite chose fragile (moi), tentant de traverser, et assaillie par une grosse bagnole noire puis par une énorme camionnette blanche, lesquelles se font face dans le carrefour.

Seconde montée d'adrénaline, donc, mais également petite, avec cœur qui batouille un peu plus fort qu'à la première montée, dont je ne suis pas encore remise (elle est vieille de trois secondes), et coup de chaud un chouia plus intense, qui doit me faire ressembler à un feu tricolore quand il est sur le rouge, ce qui devrait alerter le conducteur de la camionnette, non ? 

Ben non (bis).

Et moi je suis confiante, j'ai amorcé ma traversée, j'en suis à la moitié, il tourne et m'a indubitablement vue, il va ralentir, me laisser passer, en gentleman galant serviable brun ténébreux adorable poli respectueux prudent.

Ben non (ter).

Et c'est là que l'adrénaline, jusqu'alors encore relativement calme, monte dans les tours, parce que je réalise que le conducteur ne me voit pas du tout, tout perché qu'il est dans sa camionnette aux sièges bien hauts.  Il devrait m'avoir vue en tournant, s'il était attentif, mais j'imagine qu'il a les yeux partout pour pas faire emboutir son joli véhicule par un autre véhicule, alors qu'emboutir une chtite piétonne n'aurait finalement que peu d'incidence sur ledit véhicule, à part un peu de sang.  Mais là, il est si près de moi déjà qu'il ne peut plus me voir, chuis dans son angle mort avant gauche, ah ah ah, qui a inventé cette expression que je le torture.

La poussée de stress est énorme, mais elle me fige au sol, dans l'attente de l'impact, que j'attends, au lieu d'agir.  La camionnette est si près de moi, et si haute, que je me vois, durant une fraction de seconde, en bouillie sous ses roues.  Je ne vois plus le conducteur, trop haut.  Je vois uniquement la carrosserie, proche, si proche, encore plus proche, limite si je distingue pas les insectes écrabouillés sur le pare-choc, les pauvres, et je réalise ce qui m'attend : être spotchie comme une mouche estivale l'est par une tapette agressive.

Puis mon cerveau semble enfin se réveiller, je pousse un cri strident, genre hurlement de hyène effarouchée par un chasseur, et je fais un bond de gazelle (Bienvenue dans la jungle routière, ma petite Anaïs), donc un bond sur le côté, genre un mètre, qui me met hors de portée du conducteur.  Ouf. 

Lequel conducteur, alerté par mon cri ou par le déplacement d'air que mon saut de gazelle a provoqué, réalise enfin qu'il a failli me transformer en crêpe.

Et ralentit enfin.

Ben c'est pas trop tôt.

C'était presque trop tard.

Et je continuer à me la jouer hyène, sous le choc j'imagine, car mon cœur a migré dans mon cerveau et ça pulse ça pulse ça pulse. Mais hyène polie, pas grossière, mais en mode hystérique ascendant colérique.  Je ne sais plus ce que j'ai dit, mais je jure qu'il y avait pas de mots orduriers inside, juste des trucs du genre "mais hé ho, ça va pas non ?  mais arrêtez-vous, attention, quoi".  Version suraiguë niveau de décibels interdit même en discothèque.

Et le môssieur hésite entre le courroux et la honte, pour finalement adopter le courroux, en me hurlant un "ben je suis désolé hein".

Ben tu peux l'être.

Non mais attends, limite s'il est pas exaspéré que je l'aie ralenti dans son trajet de livraison de produits d'entretien.  Ouais, passque sa camionnette elle est pleine de produits d'entretiens, pratique pour nettoyer les passages pour piétons après qu'il ait explosé les piétons en déchets sanglants, espèce de rustre pas galant serviable brun ténébreux adorable poli respectueux prudent.

Mais que fait la police namuroise, que fait la ville de Namur, merde quoi, y'a des piétons qui se font écraser sans cesse, si si, sans cesse, regardez aux abords des passages piétons, tous ces cadavres et ces taches de sang, et on fait rien pour les protéger, rien de rien.  Je rigole mais pas tant que ça…

Je l'ai vraiment échappée belle, j'ai déjà failli me faire renverser plusieurs fois, mais là c'était moins une, vraiment moins une.

Note que s'il m'avait blessée, juste un petit peu, le môssieur, j'aurais pas dû me farcir deux bus, j'aurais eu mon transport privé à sirènes, tant qu'à faire.

Je pars ensuite vers l'hôpital, saine et sauve, en mode hyène survoltée rouge transpirante… mais en bus.

 

17:41 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

16
jui

Blog d'un con tout court

"Le courage, ce n’est pas de se faire passer pour un condamné, le courage c’est d’affronter la maladie, de la combattre et pas de faire semblant sur un blog. Le courage, c’est pas de faire son coming-out quelques semaines après, le courage c’est de survivre à celui qui vient de mourir et de continuer à vivre malgré tout.
Pour vous et ceux qui admirent “comment vous avez eu les couilles de faire ça”, si vous avez besoin d’une piqure qui vous rappelle combien la vie est belle et qu’il faut la vivre, je vous invite à accompagner les condamnés dans les hôpitaux, les vrais, ceux qui sont en soins palliatifs, à accompagner leurs familles dans la douleur… là vous prendrez une leçon de vie…" (Laviscountess)

 

Flash info.

Bingo, les petits zamis, je ne fermerai pas ce blog comme je m'y étais engagée.

Mon sous-assistant en chef m'annonce à l'instant que le con damné n'est pas mort, qu'il a berné tous les bernables, mais pas les pas bernables dont je faisais partie.

Je n'en sais pas encore plus, ça ressemble à un livre gratos qui appelle quand même aux dons.

Bref, un con tout court, je le savais.

 

Edit de 17h37 : je vous copie le mail du con tout court, sur son genre d'ebook il explique avoir été hanté par un rêve sur sa propre mort et avoir voulu se mettre dans la peau d'un homme mûr qui se sait condamné, the big n'importe quoi de la mort qui tue la vie.  Derrière le blabla intellectuello-chiant, donc, un gros fake, une grosse arnaque. 

Mes pensées vont à ces 600 personnes, voire plus, qui y ont cru, malgré l'absurdité du blog qui sautait aux yeux, et qui ont pris la peine d'envoyer des condoléances, au lieu d'envoyer leurs doléances à ce con...

Ses explications sont vaseuses et pires encore que son blog, surtout lorsque je lis "Un couple m’annonce, suite à la lecture du blog, s’être réconcilié et considérer leur relation sous un autre jour. Une dame me raconte avoir commencé à prendre des leçons de piano, rêve trop longtemps refoulé. Des personnes de toutes les religions m’envoient, avec respect et humanité, ce simple mot : « Merci ». À la lecture de tous ces messages, les larmes me sont souvent montées aux yeux."

Non mais sérieux, il se prend pour le Jésus de l'an 2013 ?  Il espère être canonisé, non, con-onisé ?

Alors, moi j'ai décidé d'apprendre le piano, un rêve longtemps refoulé, oui, après la mort de mon père.  Mais il était vraiment mort, et il a connu de J-7 à J-0, c'était pas du gros fake.

 

Le mail :


Bonjour,

Je vous remercie pour votre courriel adressé à l'auteur du Blog d'un
condamné. Devant l'avalanche de mails reçus (plus de 600), je ne peux
malheureusement pas répondre personnellement à chacun.

Aussi, je vous invite à lire l'histoire d'un condamné :

http://ploum.net/cest-la-vie
mot de passe: lionel

Je pense que ce texte répond à la plupart des questions : qu'est-ce qui
était vrai et qu'est-ce qui ne l'était pas ? Qui était vraiment L… ?

Vous êtes nombreux à l'avoir demandé, aussi vous trouverez une version
électronique (epub et pdf) de l'intégralité du texte à la fin de l'article.
Je vous le confie et vous laisse le soin de le partager autour de vous si
vous l'estimez nécessaire.

Je vous remercie du fond du cœur pour vos messages de soutien, pour votre
confiance, vous vos anecdotes et vos fragments de vie. J'ai été touché par
tant d'humanité, ému par tant d'histoires et de vie.
J'estime qu'être sincère et vous confier la véritable aventure de L… est ce
que je peux faire de mieux pour vous remercier.

Merci du fond du cœur !

Lionel Dricot

PS: contrairement à ce qui a parfois été dit sur le web, il n'y a aucune
société, aucun marketing derrière uncondamne. Votre adresse ne sera
transmise à personne, ne sera pas divulguée ni réutilisée. Vous ne recevrez
plus d'email de ma part.


Edit de 22:57 : voilà j'ai relu tout l'explication du Mister Condamné pas condamné, et en découvrant le seul commentaire laissé sur son blog, je me dis que vraiment, ce qu'il a fait est d'une nullité sans nom : "Bonjour,
Je vous en veux, vous n’imaginez même pas combien. Vous avez ouvert le blog le jour où mon père entrait en soins palliatifs, c’était un lundi, il est décédé le dimanche qui a suivi. Ainsi que je vous l’ai dis dans mon mail, je n’ai suivi votre blog que de loin, chaque article était pour moi un déchirement qui me faisait revivre l’agonie de mon père. Je pensais à la famille de votre personnage, à l’angoisse et la peur qu’elle devait ressentir, à l’angoisse et la peur qui ont été les notre pendant 9 mois…. quand je pleurais mon père, je le pleurais aussi.
J’ai du mal à trouver les mots parce que trop d’émotions se bousculent là tout de suite, je suis en larmes au moment où j’écris, elles coulent toutes seules, je ne les contrôle pas. Pour vous, ça a été un projet… une aventure, que sais je… pour moi, ça a été une douleur sans nom… savoir que votre personnage n’est pas mort devrait me soulager, il n’en n’est rien… J’ai trop mal en vous écrivant… Alors oui, je vous en veux. Je vous souhaite de ne jamais vivre ce que ma famille et moi avons vécu, l’annonce de la maladie, le début d’une chimio, une rémission de 2 mois à peine et de nouveau la maladie, la déchéance de celui qu’on aime, le voir partir petit à petit, le voir ne plus se rappeler ce qu’il est, qui il est, son hospitalisation, sa douleur et son décès… Je vous le souhaite vraiment." (suite en toute fin de billet)


Et plus je lis les explications, plus elles semblent foireuses de chez foireuses :

- Il veut écrire le blog d'un mourant, mais pas d'un mourant jeune, pour ne pas qu'on s'apitoie, il le choisit donc plus âgé, père de famille et riche, sauf qu'ensuite il nous pousse à pleurnicher sur le sort d'un autre malade, jeune, dont l'épouse est enceinte, et qui pourra avant la naissance.  Cherchez l'erreur.

- Il veut penser à la mort et en parler, mais son histoire pue l'appel au fric, qu'il insère d'ailleurs dans son "livre" et sur son blog.

- Il fait ça pour sa propre expérience, sans vouloir avoir des lecteurs, dit-il, et est dépassé par l'ampleur de la chose. C'est cela, on va te croire...

- Twitter l'oblige à s'abonner à des comptes, sinon il est viré, ben voyons, je suis sur Twitter j'ai jamais été obligée à quoi que ce soit, et certainement pas à m'abonner à des comptes ou à des journalistes, comme par hasard...

- Sa grosse erreur : aller zoner sur Doctissimo et pleurnicher en tant que fils du mourant.  Tiens tiens tiens, grosse erreur en effet, qui ne colle pas avec la vocation philosolophique du blog, c'est clair.  ça restera pour moi la démarche la plus ignoble, et je ne suis pas étonnée que Doctissimo n'ait pas apprécié.

- La seule vérité : il est ingénieur, comme son personnage, qui le représente, en version plus âgé, du moins ce qu'il espère devenir, notamment riche.  ça va, on a compris maintenant.

- Il se dit spontané dans l'écriture, mais rédige ses billets à l'avance, les relit, une seule fois (ben moi je relis zéro fois ou une fois, pas plus, est-ce anormal ?); il veut vivre et ressentir ce que ressent un homme condamné... déjà c'est impossible, faut être logique, ensuite un homme condamné rédige pas ses billets à l'avance en se disant "tiens peut-être que dans quatre jours j'aurai mal, autant agoniser déjà..."

- Il refuse de tomber dans le pathos... mais nous fait des billets d'agonie et de j'ai mal je me pisse dessus.  Ben voyons, heureusement qu'il voulait pas tomber dans le pathos, my god.

Bref, même dans son explication, tout sonne faux, archi-faux, ça sonne l'auto-suffisance, l'arrogance, le désir de vendre si pas un livre, bien que l'appel à paiement y fait penser, à se vendre soi-même.

Il semble avoir passé beaucoup de temps à analyser ce que ses détracteurs disent, voire, mais sans certitude de ma part, à aller tenter de les convaincre de leur erreur, cf des témoignages de docteurs sur hoaxbuster, qui ressemblent étrangement aux cas qu'il relate...

 

Je suis bien triste pour ceux qui ont été pris à ce piège sordide.

 

L'explication du con tout court :

Un mois à vivre. La nouvelle est un choc. Aussitôt, les idées sur ce que je dois faire avant l’échéance fatidique se bousculent dans ma tête. De manière absurde, mes premiers réflexes sont de lister mes mots de passe, de réfléchir à transférer mes bitcoins vers ma compagne. Je vais passer en revue mes priorités lorsque, soudain, mon réveil sonne.

Je suis quelqu’un dont les rêves s’entrelacent fortement avec la réalité. Il existe des anecdotes de ma vie dont, aujourd’hui encore, je ne sais si je les ai vécues ou rêvées.

Ce rêve me marquera, me poursuivra. Pendant deux jours entiers, l’idée planera et je devrai me convaincre que ce n’était qu’un songe, que je vais vivre.

Mais les questions posées ne sont pas de celles qu’on écarte d’un revers de main : en quoi suis-je si sûr de vivre ? Et que ferais-je si j’étais réellement condamné ?

Ouvrir un blog. Écrire. Oui, c’est ce que je ferais.

Au fond, pourquoi ne pas écrire ce blog maintenant ? Pourquoi ne pas exorciser cette angoisse, ce sentiment d’impuissance ?

J’abandonne très vite l’idée de le faire sur mon propre blog. Cela inquiéterait trop mes amis, ma famille. Je passerais mon temps à démentir. De plus, l’aspect fictif concentrerait les lecteurs éventuels sur la forme, sur le style.

Je vais donc lancer un blog anonyme. Je vais créer un personnage. Ce personnage sera aisé, sera plus vieux que moi et aura des enfants indépendants. La raison est simple : je ne veux pas m’apitoyer sur une famille, sur l’injustice de la mort d’un jeune homme. Je veux tenter de percevoir les pensées d’un homme mûr qui a vécu une vie relativement heureuse, qui a accomplit ce qu’il devait faire mais qui part néanmoins trop tôt. Cet homme sera ce que je peux devenir si ma carrière d’ingénieur est un succès selon les critères en vigueur dans notre société : beau poste, beau salaire, belle maison, enfants indépendants et femme amoureuse. Cet homme s’appellera Lionel. À l’exception de quelques détails mineurs, ce sera moi et personne d’autres.

Le parallèle entre mon idée et le roman de Victor Hugo « Les derniers jours d’un condamné » s’impose. Du coup, le nom de mon projet est tout trouvé « Le blog d’un condamné ».

Dans mon entourage, plusieurs personnes ont perdu des proches ou des amis d’une manière brutale. Des migraines ? Des troubles et, lors d’un scanner la découverte d’une tumeur au cerveau ou d’un cancer du foie. Espérance de vie ? Un an, un mois voire une semaine en fonction des cas.

J’interroge, je me documente. Quelles ont été leur réaction ? Comment cela s’est-il passé avec la famille ? Qu’ont-ils dit ? Les prédictions des médecins sont-elles fiables ?

Ce projet grandit, mes notes s’accumulent mais je retarde sans cesse l’échéance de l’écriture. Vers la fin du mois de mai je décide de me forcer à écrire en rendant ce blog public. Le premier lundi de juin sera le jour du diagnostic.

Et parce que je veux également capter les instants en dehors des moments d’écriture, le personnage disposera d’un compte Twitter. Il ne suivra personne et s’exprimera rarement. Tout cela me forcera à écrire pendant un mois, à exhumer ce sentiment qui m’obsède : ma mort se rapproche à chaque instant.

J’avoue que je triche un peu : j’écris une semaine de billets à l’avance, afin de ne pas être pris de cours en cas d’imprévu. Mais, pour garder la spontanéité, je ne m’autorise qu’une seule et unique relecture. Les billets seront écrits chacun d’une traite, dans l’urgence. N’est pas Victor Hugo qui veut et la qualité s’en ressent forcément.

Le lundi arrive et je crée un compte Tumblr. Je n’avais jamais essayé cette plate-forme, c’est l’occasion. La photo de profil par défaut est particulièrement hideuse et me gêne. Mais je vis à travers les yeux de mon personnage. Je me rends sur Google Images et je tape le mot « espoir ». Le ballon rouge en forme de cœur me parle. Je ne cherche pas plus loin.

J’ouvre également un compte Twitter. Comme pour le blog, je choisis “uncondamne”, en honneur à Victor Hugo. Lors de la création d’un compte Twitter, il faut obligatoirement suivre des comptes. Lady Gaga, Justin Bieber. Je les supprime immédiatement car, c’est décidé, mon compte ne suivra personne.

Un email arrive dans ma boîte. Le compte Twitter a été désactivé pour comportement louche. Je le réactive et, pour éviter pareille mésaventure, je décide de suivre des comptes. Twitter m’en propose automatiquement dont celui du Monde.

La personnalité de L… s’affine. En bon ingénieur approchant de la soixantaine, il sera passionné par l’actualité. Et amateur d’œnologie. Découvrant Twitter pour la première fois, il ne pourra résister à suivre le Monde. Twitter propose alors de suivre d’autres journaux et des journalistes. Quatre séries de cinq propositions que mon personnage acceptera, par curiosité devant ce nouvel outil.

Le premier billet est posté. C’est trop long, trop littéraire, trop ampoulé. Je ne pense pas que cela attirera beaucoup de lecteurs. Ce n’est pas le but, je suis le seul spectateur de l’expérience, je ne cherche pas à rameuter le public.

Néanmoins, avoir quelques lecteurs serait une motivation et un gage de réalisme. Je décide donc d’un petit mensonge promotionnel et poste sur le forum Doctissimo, le seul endroit où j’imagine qu’il puisse avoir de l’intérêt pour ce genre de texte. Rétrospectivement, ce mensonge sera une erreur. Je recevrai d’ailleurs beaucoup plus tard un message agressif d’un employé de Doctissimo qui menacera de révéler mon identité.

L’expérience est lancée.

Deux heures plus tard, je découvre avec surprise que le compte Twitter est pris d’assaut. Les réactions fusent et certaines sont très violentes. Une seule question est sur les lèvres : est-ce un buzz ? Devant des messages haineux du type « Si tu n’es pas vraiment condamné, t’inquiète pas, tu le seras quand on saura qui tu es ! », je prend peur. Je pense arrêter tout. Je n’irai pas plus loin.

Et puis je réfléchis. Je n’ai pas à me faire dicter ma conduite. Ce sont des émotions que j’ai en moi, que je souhaite exprimer. En postant le second billet, je sais que j’irai jusqu’au bout, quoi qu’il arrive.

Alors, je continue. Mon personnage, mon moi a pris le dessus. Je suis devenu un simple lecteur. J’observe sa vie. Afin de rendre l’histoire crédible, j’interroge du personnel médical, je lis de nombreux livres de témoignages sur la mort d’un proche. L’un raconte un décès chez une personne bouddhiste. Deux autres se passent dans des milieux très catholiques. Je lis deux livres de Gabriel Ringlet, j’étudie un manuel à l’usage des personnes confrontées professionnellement au deuil. Je passe une soirée à interroger une infirmière spécialisée dans les soins palliatifs et j’en tire des expériences, des dizaines d’anecdotes comme le mariage, le bénévole qui apporte un accompagnement spirituel, la pudeur du malade face à sa famille.

Tout est vrai. À l’exception de la blague de mon personnage, sa fausse mort, qui est un fantasme personnel, tout est véridique. L’histoire de D… m’a été racontée par son banquier, qui a du gérer les soucis financiers de son épouse. L’histoire de R… me fut confiée par une infirmière. La détection, l’annonce et l’évolution de la maladie de L… sont elles-même calquées, au jour près, sur un cas existant de cancer du cerveau. Certains commentateurs sur le web se découvrent soudainement experts en oncologie et dénoncent l’impossibilité de mourir si vite sans symptômes, l’irréalité d’un médecin qui donne une échéance précise. D’autres soutiennent qu’il s’agit d’un texte militant pour ou contre l’euthanasie.

Et si je vous racontais cette anecdote d’une personne arrivée aux urgences pour un mal de dos et décédée d’un cancer du poumon une semaine plus tard ? Ou celle de cette échéance de trois mois annoncée maladroitement par le médecin par téléphone ? Si je vous disais que, dans mon pays, l’euthanasie est parfaitement légale et acceptée, que j’ignorais qu’elle ne le fut point en France ?

Après les deux premiers jours, je pense avoir épuisé le sujet. Il n’y aura plus rien à dire. Quand l’inspiration me manquera, L… mourra. Mais il refuse. Pour survivre, il me dicte des idées, des phrases dont je ne suis plus que l’interprète. Pendant un mois, je vis avec L…, il est moi et je suis lui. J’ai parfois du mal à faire la part des choses, je me sens triste, une boule se forme dans ma gorge à des moments inattendus de la journée. Ses réflexions me bouleversent, me font relativiser. Parce que je voulais pousser la logique jusqu’au bout, L… était condamné, pas de happy end possible. Il devait mourir trois ou quatre jours avant l’échéance fatale. Il parviendra à la repousser de deux jours avant d’arrêter d’écrire et de me laisser, moi aussi, dans l’expectative.

Je comptais publier un message décrivant le projet à l’arrêt du blog. Mais la création a dépassé son concepteur. L’ampleur du phénomène a échappé à mon contrôle. Ce projet était personnel, je ne souhaite pas le transformer en vitrine promotionnelle pour ma petite personne.

Néanmoins, j’estime important de laisser une porte ouverte. Je crée une adresse mail anonyme que je place dans le dernier billet. Cet élément n’était pas prévu, pas logique mais, pour une fois, j’ai pris la bonne décision.

En quelques jours, ce sont plus de 600 courriels qui arrivent dans ma boîte et je continue à en recevoir une grosse dizaine par jour. Sur cette masse de messages, deux se révéleront franchement négatifs et trois entièrement neutres. Quand au reste, jamais je ne me serais attendu à cela.

Ils me racontent des vies, des instants, des émotions. Un tel me confie son désespoir à la mort de son père et puis son progressif retour à la joie de vivre. Un couple m’annonce, suite à la lecture du blog, s’être réconcilié et considérer leur relation sous un autre jour. Une dame me raconte avoir commencé à prendre des leçons de piano, rêve trop longtemps refoulé. Des personnes de toutes les religions m’envoient, avec respect et humanité, ce simple mot : « Merci ». À la lecture de tous ces messages, les larmes me sont souvent montées aux yeux.

J’ai trompé le monde avec une fausse histoire ? Mais la toute grande majorité de ceux qui m’écrivent ne sont pas dupes. Ils me disent « Condoléances si cette histoire est vraie et merci à l’écrivain si ce n’est pas le cas ». Et si certains m’en veulent, considèrent que c’est un manque de respect pour les personnes malades, je leur répondrai : « C’est le plus bel hommage dont j’étais capable ».

Beaucoup ont demandé une version plus durable de cette histoire. Il n’est pas dans mes moyens d’imprimer un livre papier mais j’ai décidé de créer un livre électronique, auquel j’ai ajouté une série de petites nouvelles. J’ai intitulé ce recueil « C’est la vie ! ». Parce que vous m’avez fait confiance, parce que nous avons partagé ces moments, je vous le confie. Je vous laisse le lire et le partager autour de vous.

(Liens supprimés, j'ai pas envie de faire de la pub à cette personne)

Merci pour votre attention durant cette lecture, merci pour vos messages, merci pour avoir partagé avec moi les émotions de L…. Je vous souhaite une merveilleuse seconde vie.

Lionel Dricot, 16 juillet 2013


Témoignage post découverte de la supercherie (suite), et là, j'ai pleuré, beaucoup pleuré, et j'ai ressenti, j'ai compris la douleur, l'horreur et la peur :

"(...) je vais vous faire le résumé de 9 mois d’un condamné… parce que mon père a eu 9 mois…
Mi-octobre, il respire mal depuis des mois, ne mange plus, a perdu 7 kilos, le médecin remplaçant pense que ça vient du coeur malgré les radios
Début novembre, il a perdu 15 kilos, le médecin référent a vérifié le verdict de son collègue, il prescrit des examens complémentaires, les poumons sont pleins d’eau, la masse fait 10 cm… On se doute de la suite, le cauchemar commence
Le verdict tombe, c’est un cancer du poumon à petites cellules, le plus virulent, le foie est touché, pas le cerveau… on pense qu’on a de la chance. Un protocole de chimio est mis en place, il ne mange toujours pas, se promène avec un bol pour pouvoir cracher ce qui l’empêche de respirer, la chimio, le manque de nourriture fait qu’il dort beaucoup, il est épuisé, le moindre effort est une torture. Il a arrété de tenir son blog, il ne peut plus tenir son appareil photo. on crève tous de peur. La maladie le rend bavard, il nous parle de lui, de la guerre d’algérie, de sa mère qui est morte quand il était jeune, du maroc de son enfance…. de tout et de rien.. il demande pardon à ceux qu’il a blessé, il sait que la maladie l’aura mais il veut se battre, il y croit quand même… Il ne peut plus voyager, les anniversaires prévus se feront chez lui, pas dans la joie. Le voir ainsi est notre torture.
Début décembre, la chimio semble faire effet, la masse recule, il mange un peu mieux mais respire toujours très mal. Il dort toujours énormément, supporte mal le bruit. On passe noël ensemble comme tout les ans, l’euphorie des fêtes le rend malade, il crache de plus belle, les repas ne passent pas… il dort… il perd la mémoire, cherche ses mots mais ne s’en rend pas compte.
Janvier, la chimio fait son effet, la masse réduit, il mange mieux, les médecins sont optimistes, on reprend espoir, les résultats sont bons. On vit au rythme des nouvelles… Une huppe passe dans son jardin, il reprend son appareil photo et se remet à son blog, il sort de nouveau un peu et tri les milliers de photos qui sont dans son ordinateur… c’est bon signe.
Mi mars, contre toutes attentes et à la surprise des médecins, il est déclaré en rémission, la masse à disparu, il a repris 10 kg, Bien que fatigué et s’essouflant toujours vite, il peut voyager… l’anniversaire de mon fils se fera chez nous… c’est toujours bon signe,
Mi avril, il recommence à perdre du poids, le voile dans la gorge est revenu, il respire mal, crache de nouveau beaucoup, se fatigue vite. Un scanner d’urgence nous montre que la masse est revenu, le foie est de nouveau attend et 5 lésions cérébrales sont apparues. Pour moi, il est évident qu’il est condamné et que je dois me préparer à le perdre. Un nouveau protocole de chimio est mis en place, un cathéter est posé. Malgré ça, son état se dégrade de plus en plus vite. Il a encore perdu du poids, perds la tête aussi. Ne sais plus ce qu’il fait, est incohérent dans ses paroles. il est fatigué, ne peux plus soulever son appareil photo, le silence est retombé sur son blog. il dort la plupart du temps, il perd l’équilibre sans sans rendre compte. Il tombe d’un seul coup, ne le réalise que quand sa tête tape le sol. il a froid tout le temps. le peu qu’il mange se compose de soupe et de jambon haché qu’il va vomir après. Il ne tient plus debout, le moindre déplacement nécessite l’aide de ma mère. D’ailleurs elle ne sort plus, elle ne veux pas le laisser seul de peur qu’il tente de bouger et qu’il tombe. Elle l’emmène aux toilettes pour ses besoins, le nettoie ensuite, l’assied sur une chaise pour le laver. Elle ne vit plus qu’à son rythme.
Mi mai, on fête ensemble l’anniversaire de la plus jeune, elle a 3 ans. Il est avec nous sans l’être, passe les journées dans son fauteuil ou à dormir, ne parle presque plus… il ne peux plus, ça fait un mois que sa voix s’éteint petit à petit. Quand il dit quelque chose, il chuchote, il ne peux pas faire mieux.
Le lendemain de l’anniversaire, le médecin le place sous perfusion pour l’alimenter, plus rien ne passe et il vomit même l’eau qu’il boit. Une poche est posé le soir par une infirmière qui revient le lendemain matin pour l’enlever. Il est toujours très fatigué, dort de plus en plus, j’en arrive à demander à ce qu’il parte vite maintenant, il souffre trop… Il continue à se dégrader, il ne se souvient de rien, même pas de ce qui s’est passé 5mn avant. il cherche le moindre mot pour faire une phrase, n’y arrive pas, il est maintenant complètement incohérent dans ses propos.
le 2 juin au soir, malgré l’aide de ma mère, il est tombé. Elle ne peut pas le relever, elle appelle mon neveu pour qu’il vienne l’aider. Pendant ce temps, il est à terre et elle est impuissante.
Le 3 juin, ma mère m’appelle à midi, l’infirmière n’a pas voulu enlever la perfusion, le médecin a ordonné une hospitalisation d’urgence. Il est admis en pneumologie, il n’a quasiment plus de globules blancs ni de plaquettes, les scéances de chimio ont échouées. Je culpabilise à mort de ne pas être plus près et promet de venir le week-end suivant. Pendant ce temps, mes soeurs, ma mère et mes tantes se relaient jour et nuit à son chevet. il décline de plus en plus, il souffre, ma tante demande des anti-douleurs (qui ne sont pas compris dans le protocole) ainsi que des massages pour le soulager. Il réagit plus ou moins, trouve la force de plaisanter quand il fait dans sa couche, joue à tape tape petites mains avec sa soeur. Il est de plus en plus absent.
Le 7 juin au soir, ma mère m’appelle, il fait une hémorragie cérébrale, les perfusions de plaquettes ne servent à rien, elles se détruisent à peine dans son organisme. Malgré les anti-douleurs, il souffre de plus en plus, il est mis sous morphine. Je crève de peur de ne pas le revoir, de ne pas pouvoir lui dire adieu… tout ce que je peux dire à ma mère, c’est que je suis désolée dans des sanglots.Je me bourre de cachets pour pouvoir dormir un peu, mais c’est un sommeil plus qu’agité.
Le 8 juin, on démarre enfin de la maison, on bat des records de vitesse pour descendre. à midi et demi on est là, il est prévu que j’aille relever mes soeurs à l’hopital pour 15h et que j’y passe la nuit avec mon frère. Une tante, un cousin sont montés de marseille pour le voir. je serais obligée de raccourcir mon tour de garde… pas plus de 3 par chambre. Quand on rentre, il dort, assommé par la morphine mais ses yeux sont ouverts. Il respire comme il peut, c’est plus un râle qu’un souffle d’ailleurs. je lui prends la main, mon mari a coté de moi est en larmes, il me dit tout bas que “jamais, tu m’entends? jamais comme ça”, mon fils arrache son masque (obligatoire dans la chambre) et quitte la pièce en pleurant, ma fille n’a pas tenu non plus. Je ne veux pas le quitter mais ma tante, son mari, sa fille et mon cousin attendent aussi, je leur laisse la place à regret et repart chez ma mère. Après un repas rapide, mon frère et moi partons pour passer la nuit à l’hôpital. Nous prenons chacun un temps seul avec lui, parce que nous ne vivons pas à coté et que le lendemain, nous devrons repartir. Il dors, il est inconscient mais je lui dis ce que j’ai à lui dire, Je pense qu’il m’entend, des larmes perlent à ses yeux. mon frère fait de même. Nous passons la nuit au rythme de son souffle, au rythme des soins infirmiers, de l’alarme de la pompe à morphine… Nous discutons longuement avec l’interne de garde, à ma question, elle me dit qu’il peut rester encore ainsi 15 jours/3 semaines… personne ne sait maintenant.
Le 8 juin, 10h, ma mère vient nous relever. Mon frère doit rentrer chez lui, c’est l’anniversaire de sa fille. Moi je rentre chez elle, je me douche, mes tantes se préparent pour relever ma mère à 13h. Je m’allonge dans l’herbe du jardin à coté des souches aux oiseaux. le téléphone sonne, je l’ignore, ça insiste… c’est ma soeur, il est 13h16, il vient de mourir. Nous nous précipitons à l’hôpital. tout le monde arrive petit à petit. J’ai tenu sa main tout l’après-midi, le sentant se refroidir. Je ne veux pas le lacher. si je le lache, il sera mort pour de vrai… Ses yeux sont toujours ouverts ainsi que sa bouche. On nous laisse tranquille, personne ne nous demande de laisser la chambre… un hopital qui respecte la famille… Des décisions sont déjà à prendre… morgue ou funérarium? prendre rendez vous avec les pompes funèbres le lendemain…. ça se fait le jour même et ça n’attend pas. Nous quittons la chambre à 18 heures passés. Demain, il faudra tout organiser, les obsèques, prévenir tout le monde…
Vous m’avez demandé de prendre votre blog comme un hommage à mon père et à ceux qui comme lui souffrent et meurent… je le prends comme une insulte. Mon père a célébré la vie toute sa vie… à travers ses photos, à travers son blog, ses observations… Ces 9 mois m’ont appris que je devais la célébrer aussi… Votre blog est une insulte à tout ça, il est morbide… oui je suis en colère, parce que depuis que j’ai reçu votre mail, et malgré vos réponses en privé, je vous vois pavaner sur twitter, vous rengorger de votre buzz… Je ne vois pas de compassion pour les familles, pour les personnes qui souffrent, juste un égo surdimensionné… Ainsi que je vous l’ai dis, je n’ai que survolé ce blog au fil des partages de mes copines sur FB. Le lire me ramenais trop à mon propre deuil. Je vous ai fais un mail quand le condamné est mort, j’y étais sincère, je partageais la douleur de sa famille, c’était la mienne, celle que je vivais et que je vis encore presque 6 semaines après. Recevoir votre mail avant-hier, ça a été la plus grande gifle que j’ai pris de ma vie. Une boite avec un diable à ressort….
Le courage, ce n’est pas de se faire passer pour un condamné, le courage c’est d’affronter la maladie, de la combattre et pas de faire semblant sur un blog. Le courage, c’est pas de faire son coming-out quelques semaines après, le courage c’est de survivre à celui qui vient de mourir et de continuer à vivre malgré tout.
Pour vous et ceux qui admire “comment vous avez eu les couilles de faire ça”, si vous avez besoin d’une piqure qui vous rappelle combien la vie est belle et qu’il faut la vivre, je vous invite à accompagner les condamnés dans les hôpitaux, les vrais, ceux qui sont en soin palliatifs, à accompagner leurs familles dans la douleur… là vous prendrez une leçon de vie…."

17:05 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

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jui

Rendez-moi mon cervo

Aujourd'hui on m'a dit que, malgré ce que je pensais, ce que je croyais, ce que j'espérais, je n'avais pas encore récupéré toutes mes capacités intellectuelles.  Siiiii, je vous jure, je parle encore comme une amnésique, cherchant mes mots dès que ça dépasse deux syllabes.

Moi je pensais que j'avais bien récupéré de mon anesthésie, ben ça va encore prendre un petit temps, sacrebleu.

Et si je ne parle pas encore "comifaut", j'écris encore bien bien pire que "comifaut".

Appelez-moi la reine des fautes.  Un comble, vu que quand même, j'ai écrit "le savoir écrire"...

Ainsi, j'écris par exemple "j'ai le même problème que toit".

Ou "je viens de rentrée, suis épuisée".

Et quand on me fait remarquer que vu cette horrible faute, je dois en effet être bien exténuée, je réponds : "oui, des fautes, j'en fait plein".  Parler de ses fautes en en faisant une, c'est à mourir de rire.  Ou pas.

Quéén galère.

Oups oups oups, me demande si mon neurone n'a pas été définitivement aspiré par le bistouri...

22:12 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |