13
oct

13/10/2016 : histoires à mourir de vivre 2

En corrigeant mes textes écrits avant mon accident et pour les donner à Rachou qui corrigera les siens puis ça paraitraaaaaaaaaaaaa, j’ai trouvé ce joli texte de moi que je vous offre en avant-première mondiale (dieu que j’avais du talent, quel gachis…) - j'oublie de dire que les droits d'auteurs seront versés à une asbl aidant les personnes handicapées...

« L’intrus - Anaïs Valente

 

Intrus. adjectif et nom. (latin ecclésiastique intrusus, du latin classique introtrudere, introduire de force)

Qui s'est introduit dans un groupe, chez quelqu'un, sans avoir qualité pour y être admis, sans y être invité : elle considère son gendre comme un intrus.

 

(Larousse)

 

Voilà, c’est ça : un intrus.

 

Merci le dico, tu as tout compris : « qui s’est introduit chez quelqu’un sans avoir qualité pour y être admis ».

 

Il n’a pas qualité pour y être admis. Il n’a pas été invité. Je ne l’ai pas invité. Jamais. Alors quoi, on n’est plus chez soi ou quoi ? Y’a de l’abus et faut que j’y remédie.

 

Y remédier.

 

Passque j’ai rien demandé à personne, je vis ma petite vie peinarde, jour après jour, auprès de papa et maman, depuis dix années déjà. C’est pas rien dix ans. Ça fait 3650 journées. 3650 petits-déjeuners. 3650 déjeuners. 3650 dîners. Tout ça à trois. Et encore, sans compter les années bisexjesaispaskwa, bissextiles je crois.

 

3650 journées ensemble. À profiter d’eux, me faire gâter, aimer, câliner, offrir des jouets, des cadeaux, de bons repas. La vie quoi ! La vie à trois. Durant 3650 jours. Passque je le vaux bien, je suis la plus jolie, la plus gracieuse, la plus futée, la plus tout. Je suis leur petite princesse pour la vie. Depuis 3650 jours.

 

Et depuis 3650 nuits aussi. Bon, d’accord, j’ai pas le droit de faire dodo avec eux, mais tout de même, ça compte, autant de nuits. À les entendre si près de moi. Lui qui ronfle. Elle qui râle parce qu’il ronfle. Lui qui se réveille parce qu’elle râle. Elle qui se rendort car il ne ronfle plus, une fois réveillé. Et si ses ronflements persistent, elle qui vient me rejoindre pour finir sa nuit. J’adore ça, quand elle vient me rejoindre, qu’elle me fait des bisous partout, qu’elle me prend dans ses bras, et qu’on s’endort ensemble. Y’a pas d’âge pour se bisouter et se câliner, je vous le dis.

 

Et puis ils ont tout bousillé. Ils ont accueilli l’intrus. Des mois qu’ils en parlaient. Presqu’une année. Neuf mois, à la grosse louche, chuis pas très douée dans les dates. Des mois à gagatiser sur l’arrivée du petiot, du tout petit, du nouveau-né. À regarder des catalogues, à choisir du matos pour l’accueillir, comme s’ils pouvaient pas se contenter de mon vieux matos à moi.

 

Oh, ils me l’ont bien expliqué, pour pas que je sois traumatisée : « nous allons bientôt avoir un tout petit de plus à la maison, il faudra être bien gentille avec lui, il sera fragile, tu pourras le câliner, lui donner des bisous, jouer avec lui, ça va être une nouvelle aventure pour nous tous, on compte sur toi pour bien l’accueillir ».

 

Ben voyons, y’a écrit bécasse sur mon front ou quoi ? Une nouvelle aventure, rien que ça. Un bout d’enfer livré sur un plateau quoi. Comme si j’avais pas conscience de mon statut privilégié d’unique, de seule, de préférée, d’adorée, que dis-je, d’adorationnée, de vénérée, d’aimée, d’élue.

 

Puis patatras, un nouvel élu.

 

Un nouvel intrus.

 

Ils ne m’ont pas laissé le choix. C’est pas comme si que j’avais pu dire « nenni, chuis pas d’accord ».

 

J’ai bien tenté de me mettre en mode « tirage de tronche permanent ». 74 heures, j’ai tenu. Sans un regard vers eux. Refusant toute geste d’affection. Toute approche. J’ai même réussi à bouder mon assiette de bouffe, et croyez-le ce fut dur de chez dur. J’ai tourné la tête, j’ai tourné le dos. Bref, j’ai boudé. 74 heures. C’est long 74 heures. Apparemment pas assez pour leur faire comprendre mon courroux. Puis j’ai craqué. Trop besoin d’amour. Mon estomac aussi a craqué, faut le dire.

 

Mais quand ils ont disparu quelques jours, j’ai su. Que le jour de l’apocalypse se profilait à l’horizon. Au loin, mais si près déjà.

 

Quand la vieille voisine avec son fichu rouge indémodable, car n’ayant jamais été à la mode, est venue voir comment j’allais, avec son air hypocrite de celle qui sait ce qui m’attend, j’ai su. Qu’Armaggedon, c’était pour tout bientôt. Pour demain.

 

Et demain est arrivé. Aujourd’hui. C’est aujourd’hui. Et avec lui, papa, maman, et une petite chose braillarde et gigotant sous une couche de protection.

 

Je m’approche, en mode observation.

 

Moche qu’il est, mais moche, moche, moche. Tout nu de partout, pas un poil sur le caillou. D’une laideur à faire peur même à la vieille sorcière de Blanche-Neige, c’est dire. Bah, ça va peut-être pousser, un jour, sur son caillou ? Ou alors, regain d’espoir fou, il a peut-être une maladie, même qu’il va mourir dans quelques jours. On l’enterrera, on l’oubliera, et la vie reprendra comme avant. Ce serait parfait. On peut rêver.

 

En plus il a l’air d’un con. Même pas cap de se déplacer tout seul. Faut le porter. En fait il sait rien faire tout seul. Car faut aussi le nourrir. Limite s’il faut pas lui torcher le derrière. Où va le monde ! Où va MON monde, surtout. Et il me regarde de ses yeux bovins, espérant sans doute que je m’intéresse à lui. Nan, je ne m’intéresse pas à lui. Je l’aime pô. Je t’aime pô, t’as compris ? Et si je lui filais une torgniole, pour qu’il comprenne vraiment ?

 

J’ai plus le choix.

 

On dit qu’un malheur n’arrive jamais seul, mais dans mon cas, un malheur n’arrivera pas tout seul.

 

Je me dois de mettre fin à ce calvaire. Le sien, d’être tombé dans ma famille, où personne ne le veut (à part papa et maman, mais j’ai aussi mon mot à dire, d’ailleurs il devrait être prioritaire, mon mot à dire). Le mien, de me farcir son arrivée avec toutes les mielleuseries qui s’y joignent.

 

Parce que je vous ai pas dit, mais ça gagatise ferme à la maison. Pire que ferme. Et que je te le prenne à bras. Et que je te le bisouille partout, partout, en poussant de petits cris de joie. Et que je fasse 1732 photos à la minute. Si le ridicule tuait, je serais seule ici, et je me demande si ça ne serait pas mieux.

 

Bon, mettre fin à son calvaire. Pour son bien. Uniquement pour son bien. Et si son bien ne me fait pas de mal, pourquoi s’en priver…

 

Il faut que je le zigouille.

 

Mais comment ?

 

Le faire s’étrangler avec de la nourriture ? Bonne idée. Sauf qu’à l’heure du repas, ils sont là, à le regarder manger comme s’il était Picasso en pleine création artistique. Mauvaise idée.

 

Me coucher dessus pour l’étouffer ? Bonne idée. Mais s’il se débat et se met à hurler, je suis grillée. Surtout qu’il a de la voix, ce petit crapuleux, il hurle comme un goret qu’on égorge. Mauvaise idée.

 

L’égorger ? Comme un goret. Et en faire du boudin. Bonne idée. Encore faut-il que j’aie accès à un couteau. Là c’est pas gagné, papa et maman cachent tout ce qui peut être dangereux. Mauvaise idée.

 

Ecraser une dose massive de somnifères et la lui faire ingurgiter ? Bonne idée. Mais ça se trouve où les somnifères ? Dans la pharmacie de la salle de bains, si haut perchée qu’elle m’est inaccessible. Mauvaise idée.

 

Le kidnapper et le jeter à la Meuse. Bonne idée. Super idée. Parfaite idée. Ils sauront jamais que c’est moi. On ne retrouvera jamais son cadavre. Et ma vie recommencera comme avant. Bonne idée.

 

Il fait noir déjà, ou presque, c’est parfait, je passerai incognito.

 

Je m’approche de lui. Il dort. Ça dort tout le temps, ces petites choses-là, quand ça n’ennuie pas son monde avec ses cris hystériques ou ses mouvements désordonnés. Papa et maman sont occupés à regarder les 1732 photos faites ces dernières soixante minutes. La voie est libre.

 

Je me penche pour le choper et aller le balancer dans l’eau glacée, parce que ça rime et surtout parce que ça me débarrassera de lui.

 

Il ouvre un œil, puis l’autre.

 

Me regarde.

 

Me scrute.

 

Me fait l’œil doux.

 

L’œil de velours.

 

L’œil tendre.

 

L’œil plus trop bovin, mais plutôt câlin.

 

Tout ça au carré, car il en a deux, d’yeux.

 

Et c’est le drame dramatiquement dramatique.

 

Je fonds.

 

Comme un gros loukoum débile que je suis.

Je me liquéfie d’amour pour cette petite chose.

 

Lorsqu’il me miaule un truc tendre, c’en est fait de moi.

 

Je me love contre lui pour réchauffer son petit corps tout sans plein de poils, et je lui léchouille le crâne nu pour le rassurer.

 

Pfff, c’est le début de la galère…

 

Je l’aime.

 

Ce bébé Sphynx. »

 

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23
déc

Nanowrimo (3ème) : Mes 3 vies - épisode 23

Troisième vie : après l’accident

 

11 septembre : je quitte William Lennox, contente de partir, ravie de l’aide reçue, qui m’a sauvée et m’a remise sur pieds si j’ose dire (non je n’ose pas, trop mal choisi), ravie des soignants et infirmières du 1er étage, mais je m’ennuyais dans ma chambre, j’avais envie de rentrer, besoin de rentrer, même si je quittais le cocon pour rentrer dans la vraie vie, son (ré)apprentissage et son lot d’emmerdes.

18 septembre : mes travaux sont finis, je loge chez moi. Première fois sans retourner ensuite à William Lennox, youpiiiiiiiiiiiiiiiiie.

19 septembre : je range. Je descends ranger et je suis chez moi. Ça sera dur mais je suis chez moi.

20 septembre : je range.

21 septembre : je range. Et je commence la kiné.

22 septembre : je range.

23 septembre : je range. Et je fais de petites courses avec mon petit rolateur. Moi qui adorais les grosses courses et stocher des trucs (j’ai dû connaître la guerre dans une autre vie je ne vois que ça), je suis servie avec mes mini courses…

24 septembre : je range.

25 septembre : je range.

26 septembre : je range.

27 septembre : je range.

28 septembre : je range.

29 septembre : je range.

30 septembre : je range.

31 septembre : je range.

En septembre 2013 j’écrivais sur Facebook : « dix heures quasi non stop à mater du film, ça vous tue une femme... je m'en fais donc me détendre dans mon petit lit, en regardant un film, là chuis vannééée ». Folle envie de chanter en septembre 2015 : « Non, non, rien n’a changé… »

1er octobre : je range.

2 octobre : je range.

3 octobre : je range.

4 octobre : je range.

5 octobre : je range.

6 octobre : je range.

Premier repas fait seule : ce qui sort du cul de la poule x deux (comprendront ceux qui m'ont vue y'a des mois), une pomme de terre (qui était tombée au Delhaize durant mes courses et que j’ai vaillamment ramassée) et du saumon fumé. c'est peut-être un détail pour vous mais pour moi ça veut dire beaucoup, comme chantait l'autre, dont j'ai pas oublié le nom (France Gall), maintenant je suis vidée, repos !! Au fait, c'était bon... très bon.

7 octobre : je range.

On me dit sur facebook « Peut-être que Saint-Nicolas existe finalement... » ; et je réponds avec mon humour fou que j’ai pas perdu « oui ben il aurait dû m'apporter des jambes et pas un Minion, non mais ». Pour la petite histoire, je détestais les Minions et j’en ai trouvé un sur mon escalier quand je rentrais les week-end chez moi, jamais trouvé d’où il venait malgré mes demandes, donc je l’ai gardé. Depuis hier, je découvre le film « Moi, moche et méchant », qu’on m’avait prêté en dvd et que je regarde enfin, et oh surprise… c’est plein de Minions !  Je vais finir par les adorer, ces petites bêtes.

8 octobre : je range.

9 octobre : je range.

Je me suis lavée, j'ai déjeuné, j'ai été chez le kiné, j'ai préparé le repas, j'ai pris mes trois compléments alimentaires encore bons (anti fatigue, anti grippe, anti mal de gorge), j'ai trié mes recettes (dingue ce que j'ai comme livres de recettes, genre 100, moi qui ne cuisinais jamais), j'ai nettoyé ma boite verte à piou piou (bouffe pour oiseaux, sans doute avec débuts d’asticots) qui puait grave (de quoi tuer les piuou piou pire qu'un sphynx), là chuis vannééééééééééée…

10 octobre : je range.

11 octobre : je range.

12 octobre : je range.

13 octobre : je range.

14 octobre : je range.

15 octobre : je range.

16 octobre : je range.

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22
déc

Nanowrimo (3ème) : Mes 3 vies - épisode 22 (écrit en août)

Pleurs (à ne pas confondre avec peurs) :

Qu’est-ce que je suis une pleureuse ! Déjà avant, mais là c’est pire, la faute à mon trauma parait. Et j’ai perdu la notion du temps : dix minutes me semblent une heure quand j’attends. Voilà pourquoi ma sœur m’a trouvée en larmes sur les toilettes car « ça fait une heure que je suis là et personne ne vieeeeeeeeeeeeeent, bouh hou hou », le tout plein de larmes, bien sûr. Ben non, ça faisait dix minutes à peine…

 

Chanter :

Maintenant je chante hyper mal, à cause de mon accident car avant je chantais comme une diva. Bon, c’est faux, je chantais mal, j’ai toujours mal chanté même si c’est encore pire maintenant, mais faut bien que cet accident serve à quelque chose, et ceux qui ne m’ont pas connue avant penseront que je chantais réellement bien, gagné !

 

Les départs :

Hier, dans mon unité, on a bu un verre (de coca light) et mangé du gâteau en chantant (karaoké génial : Lenormand, Sardou…) pour fêter un départ.  C’était super.

Super de voir les gens partir plus vite que meurent les mouches (ma mouche à moi doit être centenaire, je ne vois que ça).

Ça me réjouit sincèrement, mais je finis par me demander  “et moi et moi et moi” et par le demander à tout ceux qui croisent ma route, ce qui doit finir par être lassant, je n’en disconviens pas. Mais ça devient long. Mes chats me manquent, ma maison me manque, ma vie me manque, mon job aussi me manque (mais ça c’est pas pour tout de suite).

Puis je relativise en pensant à ce qu’on m’a dit “vous bénéficiez ici d’un super avantage : pas de vaisselle à faire”. C’est vrai ça !!!

Et de penser à tout ce que j’aurais du mal à faire, seule chez moi, alors qu’avant je faisais ça “finger in the noze” : changer une ampoule pétée, aller à la cave (ça m’est interdit), me laver, cuire des pâtes, changer la litière des chats, prendre mes chats dans les bras, courir après mes chats, brosser mes chats, aller rechercher mes chats à la cave ou au grenier, donner à boire à mes chats sans renverser… Maintenant, dur dur que ça va être, si j’y arrive.

Moi qui étais super indépendante, voilà que je vais devoir demander de l’aide, pas le choix. Bon, j’arrive à lacer mes chaussures, monter au premier, siester sur un transat et caresser mes chats, on va dire que c’est un bon début.

 “Au fait, je sors quand ???”

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21
déc

Nanowrimo (3ème) : Mes 3 vies - épisode 21 : peurs

Malheureusement, l’accident ne fait pas disparaître les peurs inutiles, genre peur de l’avion, peur des alligators ou peur des moustiques, des abeilles et des guêpes.

Non, elles restent là, fidèles au poste, refusant de disparaître comme le mot “vert”, remplacé par “jaune” dans ma tête ou cette tendance à perdre au « Trivial Pursuit » alors qu’avant je gagnais toujours (deux exemples vécus en ergothérapie).

A l’ergo, justement, j’y suis allée à pieds, par 30 degrés à l’ombre, en rolator, en perdant donc 4 litres de sueur et 5 kilos de gras (youpie). Déjà que le matin je m’étais tapée une mouche hyper collante sur le bras, le midi je m’étais tapée une mouche hyper collante sur le pied, la veille je m’étais tapée une grosse bête à pattes sur le mur de la kiné et l’avant-veille je m’étais tapée un papillon de nuit presque mort sur le sol, et vlà que là, sur le chemin de l’ergo, je me tape une abeille (ou une guêpe, la première étant velue, ronde et brune, la seconde non velue mais méchante, pointue et jaune - avant je savais sans problème faire la différence, ici pas, sans doute à cause de ma mauvaise vue ?) donc je me tape une bête qui pique autour de moi durant plus de dix mètres, qui tourne en faisant bzzzzzzzzzzzz bzzzzzzzzzzzz (comment ça se dit ?) pendant que je me cramponne à mon rolator en criant “Aaaaaah non hein”, quatre, cinq fois, sans que personne ne vienne m’aider, alors que je suis sûre que tout Lennox m’a entendue, tchu.

Voila comment j’ai compris que l’accident était inutile de chez inutile. J’ai toujours aussi peur.

(une photo que j'avais prise lors d'une ballade à La Plante, comme quoi c'est un joli endroit...)

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21
déc

Nanowrimo (3ème) : Mes 3 vies - épisode 20 : le Petit Prince (bis)

Quand j’ai joué « Le Petit Prince » en primaire, lors d’une fête scolaire, du temps où j’adorais me donner en spectacle, j’étais le Renard car j’étais brune et non blonde. Mais avec le recul ça me convenait car j’avais à la fois le caractère du Renard et un manteau en poils qui a fait bel effet.

Je dis ça car ça ne sert à rien sinon a faire revenir quelques souvenirs et à chercher une belle photo de moi qui est perdue quelque part...

Je l’ai retrouvée finalement, merci le rangement (à voir sur Facebook et ici).

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20
déc

Nanowrimo (3ème) : Mes 3 vies - épisode 19 : le Petit Prince

J’ai toujours aimé ce personnage qui me ressemble, et je l’aime encore plus maintenant, oh oui il me ressemble vraiment. Comme il le disait “si tu viens par exemple à 16 heures, dès 15 heures, je commencerai d’être heureux”. Je crois me souvenir de ça, mais en tous cas, en substance, il voulait dire qu’on se prépare émotionnellement à un rendez-vous. Ok, mais, si ça foire ? Et bien ça foire, dans tous les sens du terme. Pour moi, ça a foiré…

Le premier rendez-vous, j’étais malade comme un chien mais j’ai dit oui à cette amie, je me suis couchée et j’ai attendu, attendu, elle n’est jamais venue. (Comme chantait l’autre, Dassin je crois : « j’ai cueilli des fleurs et j’ai sifflé tant que j’ai pu, j’ai attendu attendu elle n’est jamais venue, zaï zaï zaï zaï là là là là zaï zaï zaï zaï… »).

Le second rendez-vous était aussi prévu. J’ai attendu, attendu, elle n’est jamais venue (vous connaissez la suite cf Dassin).

Pour le troisième rendez-vous, rebelotte. Il faisait chaud, très chaud. Je m’étais préparée à boire un bon verre de thé glacé, et à en offrir un à mes visiteuses (merci à mon avocate qui gère mon argent et me permet de boire un verre de thé glacé).

Et comme d’hab, j’ai attendu, attendu, vous connaissez le topo.

Bien sûr, j’ai reçu un sms d’excuses pour ce 3e RV, mais trop tard : j’étais en rééducation et mon gsm était sur silencieux. Bien sûr j’ai loupé de jolies choses en attendant ces RV inutilement : la mise en place de mon joli chat noir en papier mâché réalisé avec une aide soignante, un bon verre à la cafétéria que me proposait une « copine de maladie », et j’en passe.

J’ai râlé et promis qu’on ne m’y prendrait plus. Non passque franchement quoi, tu décides d’aller voir quelqu’un, puis tu annules et tu continues ton petit bonhomme de chemin.

Mais le malade, lui, il t’attend, il se réjouit, il se prépare, il pense à ce qu’il va dire, il s’habille le cœur comme le Petit Prince, puis ça tombe à l’eau, plouf.

C’est dur, très dur.

Et y’en a marre, foutrement marre, terminé de commencer d’être heureuse pour rien, signé Petit Prince.

 

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19
déc

Nanowrimo (3ème) : Mes 3 vies - épisode 17 : la démence

Hier, j’ai fait un bilan en ergo, qui a mis en évidence que le problème qui me restait était un souci de mémoire, vu que je n’ai pas su répéter les 10 mots qui m’avaient été dits après avoir fait les 10 exercices suivant cette répétition, bien que je sache que c’était le but.  Vou avez compris ? Tant mieux…

De toute façon, je foire systématiquement ce test, alors bon je vais plus me fatiguer, surtout que j’ai appris que l’on faisait  passer ce test aux patients âgés soupçonnés de démence.

Ouf que ça fait peur, même si je n’en suis pas atteinte vu que moi j’ai juste eu un trauma crânien. Toujours est-il que ça me fait une belle jambe : j’ai un cerveau de démente.

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18
déc

Nanowrimo (3ème) : Mes 3 vies - épisode 16 : crèpes

En regardant une image de crêpes dans le « Cosmo » de février 2015, je viens de réaliser que juste avant mon accident, je m’étais mise à faire des crêpes, après avoir réchauffé au micro-ondes durant 15 ans des crêpes toutes faites et déjà sucrées (mangées avec du salé, c’était dégueu).

Waouw, le progrès !!!!!!!!!!

Sauf que maintenant, j’ai oublié comment je les faisais, j’avais une recette quelque part, où dans ma tête… perdue ! Quelqu’un la connaît ?

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18
déc

Nanowrimo (3ème) : Mes 3 vies - épisode 15 : Il est terrible, le petit bruit de l’œuf dur…

Il y a quelques temps, j’ai beaucoup ri car mon “manque du mot” (que j’ai déjà cité), c’est à dire, le mot simple que j’ai en tête mais que ma bouche refuse de prononcer était “oeuf”. Alors j’ai décidé, pour faire simple mais vulgaire, de dire “ce qui sort du cul de la poule”.

Ça m’a bien fait rire et ça faisait rire tous ceux à qui j’en parlais.  Cette nuit, je me suis souvenue d’un exercice fait en “français fort” donc en 1994, que je détestais : il s’agissait de réciter un poème en y mettant tout son cœur et toutes ses tripes.  Déjà réciter, à l’époque, j’en étais incapable, bouffée par la timidité que j’étais, mais y entrer mon âme et mes tripes… euh c’est quoi déjà ?  Je n’ai pourtant pas eu le choix et j’ai donc récité “il est terrible le petit bruit de l’œuf dur cassé sur un comptoir d’étain, il est terrible ce bruit quand il résonne dans l’estomac de l’homme qui a faim”? Gai non ? Voilà comment l’œuf est entré dans ma vie pour me jamais en ressortir (et entre parenthèse comment j’ai eu de super bons points en français fort).

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18
déc

Nanowrimo (3ème) : Mes 3 vies - épisode 14 : rêves

Je fais souvent des rêves, j’ai toujours beaucoup rêvé, mais là mes rêves sont différents.

Souvent, je rêve que je marche, je me réveille en étant convaincue d’être guérie puis surpriiiise, je ne marche pas comme je l’espérais.

Alors je vais m’habiller, me laver (enfin me laver puis m’habiller, je connais quand même l’ordre), déjeuner et commencer une journée de revalidation.

Cette nuit, j’ai pas rêvé que je marchais, j’ai rêvé de l’autre « connasse ». Elle avait appris où j’étais et elle venait prendre de mes nouvelles. D’abord, j’ai cru que c’était positif, puis j’ai pigé qu’en fait, elle venait me tuer. Car moi morte, je lui coûtais moins cher. C’est mon rêve, mais j’ignore si ce calcul est correct. Coûte-t-on moins cher mort et enterré qu’en revalidation durant des mois, une fois qu’il y a le procès ? J’en sais rien et je m’en fous. Chacun sa merde, j’en ai déjà ma dose quotidienne, croyez moi.

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18
déc

Nanowrimo (3ème) : Mes 3 vies - épisode 13 : fatiguée

J’ai toujours été fatiguée mais là ça dépasse l’entendement. Préparer mes tartines m’épuise, couper ma viande m’épuise, marcher m’épuise. Alors, marcher et puis couper ma viande et enfin faire mes tartines, c’est au dessus de mes forces. Aller bosser, je n’ose même pas y penser.

Pourtant, j’aimais ça, bosser à temps partiel, j’aimais mes collègues, mon boss, les clients, même si parfois, comme tout le monde, ils étaient pénibles. Je prenais 2 bus pour y aller. Je marchais, je débranchais l’alarme, je m’installais, je m’absentais quelques minutes pour aller chercher du pain, au retour, je faisais mes recherches, mes projets d’acte, je prenais le téléphone et je disais « au revoir, bonne journée », il était midi et je rentrais chez moi en prenant 2 bus, en marchant, en faisant quelques courses, en mangeant en ville ou chez moi, de temps en temps en nettoyant, en faisant la lessive ou en repassant. Mon Dieu, my God, rien que d’y penser je suis exténuée.

Pourtant, je rêve d’y retourner, de reprendre ma vie, de revoir mes collègues et mon boss, de remonter les escaliers, de redébrancher l’alarme, de redécrocher le téléphone « étude du Notaire… » ,euh….comment il s’appelle déjà ? Bon c’est pas gagné !

Encore quelques mois de « patience », mot bénits ici.

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16
déc

Nanowrimo (3ème) : Mes 3 vies - épisode 12 : 18 ans et non 10 (naaan c'est pas mon âge)

18 ans et non 10

Si ça fait 18 ans et non 10 comme je le croyais, que j’ai plus pris l’avion, c’est parce que ma sœur a compté pour moi et si elle a compté pour moi, c’est parce que je lui ai demandé de comparer ce que j’écrivais avant avec ce que j’écris maintenant et de voir si il y a une quelconque ressemblance. Ouf y’en a une, paraît-il, mon cerveau fonctionne donc un peu.

Lors de mes nombreuses discussions en famille, j’ai appris plein de choses qui n’ont fait qu’ajouter de l’eau à mon moulin vide ou presque. Et c’est là que je parle de mes trois chats, qui sont toute ma vie, et dont j’avais oublié jusqu’à l’existence, parce que ça démontre, si besoin en est, qu’on peut vraiment tout oublier, même le plus important, le primordial de son existence. Lorsque j’ai pu faire un premier retour WE, j’ai bien oublié avoir placé chez moi un poêle moderne avec des galets blancs, que j’ai de suite jugé superbe et une cuisine équipée grise, que j’ai de suite jugé hideuse. Va comprendre, bah, c’est une autre histoire maintenant, rassurez-vous, cette cuisine, je la trouve aussi superbe que mon poêle à galets.

Bon, les trois chats, vlà que je m’éloigne encore du sujet. Ils sont donc trois, mais ils ont été longtemps 2, de 2003 à 2012 on va dire. Gribouille et Praline, les Cornish Rex femelles. Puis le petit troisième, Iguaï, le sphinx, aussi appelé « Toutnu », premier mâle, mais sans poils, avec grain de folie, arrivé en 2012. Tout ça, après mon accident, je l’ai carrément oublié, rayé, zappé. Et quand ça m’est revenu, ce ne fut pas folichon, dirons-nous. La première phrase que j’ai dite, et qu’on m’a répétée, car je ne m’en souviens nullement, couchée que j’étais sur mon lit de douleurs, non, je ris, j’ai oublié je dis, mais c’était sûrement sur un lit, couchée que j’étais, ne sachant pas marcher mais sachant parler puisque j’ai dit « C’est quoi ces trois chats ? Qu’on les tue, on sera tranquille. » Fort heureusement pour moi, ce fut refusé par mes proches…

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14
déc

Nanowrimo (3ème) : Mes 3 vies - épisode 10 : les alligators

Pourquoi j’ai commencé à parler des alligators et de la Floride alors que moi j’aime les chats et la Californie. Parce que tout a commencé avec des exercices que m’a proposés ma logopède, je l’ai déjà dit mais j’adooooooore radoter, contenant des images à décrire ou dont il fallait s’inspirer pour écrire. L’une de ces images, la plus inspirante pour moi, montrait un aéroport. Horreur, malheur. J’ai donc choisi cette image, moi qui n’ai plus pris l’avion depuis 10 ans (en réalité beaucoup plus…).

Et voilà comment à partir d’une photo d’aéroport, je ponds deux pages sur la Floride, la chaleur, ma chute à venir, les alligators, les moustiques et les dauphins, bref tous les animaux possibles et imaginables sauf les chats, que j’ai à peine évoqués dans ces pages. Ce ne sont que les premières bribes d’une mémoire encore défaillante.

Mes chats chéris feront l’objet d’un chapitre entier, gloire assurée.

Un jour, c’était avant le jour fatidique de mon accident, j’ai décidé de prendre l’avion, pas pour aller tout près, facile, mais pour aller à l’autre bout du monde, en Amérique, là où vivent les alligators et les moustiques. J’ai toujours détesté l’avion.

Un mois que je n’en dormais plus, bien sûr, cette peur de l’avion que j’ai depuis toujours, même si on m’a convaincue de partir, avec des jolies phrases (un peu) et des menaces (beaucoup). J’ai pris 28 kilos de bagages, persuadée que les robes mettent souvent de bonne humeur et calment l’angoisse. Raté. Toujours aussi peur que j’ai. J’ai même pris un couteau des fois qu’il y aurait un terroriste parmi les passagers, que je m’empresserais de tuer pour être célèbre et faire la une de la presse à sensations. Mal m’en a pris, j’ai fini à la douane, contrôlée par un monsieur très zélé.

Cinq heures plus tard, je me suis retrouvée dans mon avion vers la Floride, toujours aussi angoissée et persuadée que nous allions tomber.

C’est d’ailleurs ce que je n’ai cessé de me répéter en silence en voyant le circuit de l’avion, de l’Europe à l’Amérique « on va tomber on va tomber on va tomber ».

Heureusement, on n’est pas tombé et on est arrivé en Floride durant la nuit, par une chaleur étouffante, le soleil du côté de ma mer (l’inverse de l’Europe) et la piscine hyper attirante, pour calmer la chaleur. Un bain de minuit avec les moustiques, je me dis « pas mal ». J’ai toujours détesté les moustiques j’ai dit (comme le chantait Vanessa « un mosquito c’est un moustique en colère ou qui galère ») mais en Belgique, il y en a moins, voire très peu, juste la nuit ceux qui font un bruit de dingue quand on dort (enfin quand on essaye de dormir). Je les vois, enfin, je les entends, je les imagine. Ceux de Floride sont pires, les hôteliers ont construit au-dessus des piscines des genres de gros treillis, enfin des moustiquaires quoi, avec deux entrées pour coincer les bêtes. La première fois, j’ai pas pigé que je devais me mettre près de la piscine mais sous la moustiquaire. Je me suis donc mise près de la piscine, face aux moustiques et j’ai été attaquée comme jamais, piquée comme jamais. Parce que ces bestioles piquent même quand on est éveillé, pas comme en Belgique. J’ai vu la bête me piquer et se nourrir de mon sang, miam miam. Rien que ça, la haine !

Le lendemain, les vacances ont vraiment commencé, avec leur lot de visites… 

En Floride, on adore déjeuner. On est parti à 6 (deux voitures) et on a choisi plein d’hôtels (on bougeait tous les jours), sans petits déj inclus, on les prend dans un resto, c’est la fête tous les jours : crêpes, brownies, œufs, sucré, salé, que du bonheur.

Ben j’ai dit deux voitures, mais je ne roule pas ! Déjà à l’époque je détestais conduire, j’ai toujours détesté conduire même si j’avais mon permis. Ouais, je suis une détestophile en puissance. Maintenant, je n’ai plus le droit, j’ai eu un trauma au cerveau que j’ai déjà raconté mais que je vais encore résumer des fois que vous auriez oublié, parce qu’en décembre dernier, sur le trajet de mon cours d’écriture, une voiture de conasse m’a écrasée et envoyée après coma et opération, en revalidation, mais on n’est pas ici pour pleurer dans les chaumières, alors changeons de sujet.

On mange de délicieux petits déj et la mer est un lac plein d’alligators. Le rapport ? Ben aucun ! Je vois cependant des alligators partout, qui me blessent, me font tomber, me mangent, me tuent, limite, pire que l’avion. Limite. Mais j’aime les regarder, contrairement aux avions. Et au lieu de chanter « elle voit des nains partout », je chante « elle voit des alligators partout ». Je les regarde, comme dans un parc, comme à Walibi et moi de chanter sans cesse : « Alligator, Walligator ».

D’abord, le bébé alligator qu’on élève on se demande bien pourquoi. On lui ferme la bouche de peur qu’il morde, le pauvre. Quand je dis « on », il s’agit des soigneurs. Ensuite on va sur l’eau et on roule comme des dingues, pour avoir du  vent. C’est un bateau qui va vite « qu’on dit ». On fait une photo souvenir avec la bête, j’ai nommé l’alligator. Et pendant ce temps, je pense à mon retour en Belgique qui m’angoisse au plus haut point.

On se demande bien pourquoi ça me fait si peur, puisque de toute façon, je vais tomber. A quoi bon y penser puisque ça va se produire.

Bon. La Floride, c’est beau, il fait bon (trop chaud diraient certains râleurs, dont Moi, j’ai toujours détesté la chaleur), il y a plein d’oiseaux, enfin de dauphins dans l’eau, avec des soigneurs qui s’en occupent, des animaux nageurs ça s’appelle, mais je n’en ai qu’un vague souvenir, tellement je pense à ma chute en avion à venir. Et, à me souvenir de ces vacances presque oubliées mais toujours vives dans ma cervelle abîmée par l’accident qui confond encore les mots « oiseaux » et « dauphins », « lait » et « eau », « carotte » et « tomate » et j’en passe.

En Floride, j’ai visité un parc d’attraction, genre Disneyland en pire, on va dire Walibi. Dans un moment de folie, me voilà lancée dans un genre d’ascenseur de maison hantée qui monte et qui descend, vite, vite, vite. Et je descends, vite, vite, vite. Jusqu’à ce qu’on fasse une photo souvenir : me voilà immortalisée, pour toujours, en train d’hurler et de m’accrocher à mon amie (à ce moment là je détestais mon amie).

Je l’ai déjà dit, les alligators sont ma passion et ma terreur. Mais il y a aussi les dauphins, qui ont des oiseaux, enfin des poissons (en fait non ce sont des mammifères) qui respirent et nagent avec des humains, ici avec les soigneurs qui adorent les dauphins, surtout sur une tartine. Au fond, ça se mange le dauphin ? Moi je rêve de nager un jour avec eux, ça restera un rêve, j’ai toujours détesté nager.

Enfin, la Floride est un shopping géant. D’abord, le pays est plein de magasins remplis de vêtements de toutes marques et de toutes tailles. Très peu pour moi, j’ai ce qu’il faut, genre 200 vêtements. Par contre, les magasins qui me plaisent sont ceux pleins de chats, que je n’ai pas encore, c’est parce que maintenant j’en ai 3 dont un Toutnu (dont je parlerai bientôt, promis), et de sapins de Noël remplis de faux chats. On est en août et c’est Noël. Génial. Et il y a des chats. Re génial. J’aime ce pays.

L’autre seul bon souvenir que je garde, j’ai toujours détesté les souvenirs, c’est la route sur les keys, en voiture, avec la mer à perte de vue et les restos improvisés le soir.

J’ai toujours aimé la mer et les restos. J’ai toujours détesté l’avion et ça se confirme aujourd’hui si besoin en est.

Après 15 jours d’angoisse, je remonte dans l’horrible engin, copie on va tomber 3 x , et on ne tombe pas puisque j’arrive à Bruxelles. Je descends, je soupire et je jure qu’on ne m’y prendra plus jamais.

Je rentre chez moi.

Ça fait dix-huit ans. Je n’ai plus jamais pris l’avion. Je déteste toujours l’avion.

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13
déc

Nanowrimo (3ème) : Mes 3 vies - épisode 9 : orthopad

Il y a quelques mois, le médecin a décidé de me cacher un œil puis l’autre avec un scotche, appelé un orthopad ou par moi « un œil ». ça avait pour but d’améliorer ma vue, comme celle des jeunes enfants qui ont parfois ça. Car en plus d’avoir bousillé ma jambe gauche et mon bras gauche, cet accident a aussi bousillé mon œil gauche, sans parler de mon cerveau, gauche et droit cette fois (enfin ça j’en ai déjà parlé).

Comme ça ne marchait pas, à part me faire ressembler à un panda de Pairi Daiza, j’ai vu un super Ophtalmo hyper spécialisé dans la cervelle, à Gembloux qui, avant de m’opérer à Saint-Elisabeth (bisque bisque rage on m’avait promis que je ne passerais pas par l’opération) a voulu, sans grande conviction il est vrai, essayer le prisme, savoir un ajout sexy come tout sur mon œil droit, de – 12 de dioptrie.

Ce qui fut commandé chez l’opticien de chez Dieu qui a ouvert sa boutique et s’est marié, rien n’est parfait. Et est fermé le lundi (jour où j’y suis allée) rien n’est décidément parfait. Je ne l’ai donc pas vu me fabriquer mon prisme mais maintenant je l’ai. Et c’est pire. Je vois double et de travers. Hyper dangereux, quand on marche déjà comme un canard (c’est pas moi qui le dis, c’est ma kiné). Va falloir m’habituer il parait. Mais je vois que dalle avec ce truc. Je marche mal, je porte mal, je vois encore plus mal. Y a de la joie ma parole. Patience patience m’a-t-on dit. Voilà le mot le plus entendu depuis mon accident Je hais la Patience, pas de bol. Enfin, il me reste un bel opticien pour rêver, c’est déjà ça.

Finalement, je serai opérée le 15 janvier 2016, histoire de bien commencer l’année.

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12
déc

Nanowrimo (3ème) : Mes 3 vies - épisode 8

L’autre jour, le jeudi 13 août 2015 (ce n'était pourtant pas un vendredi 13) j'ai pleuré devant l’ascenseur de Lennox et ai été consolée par l'infirmière qui m'a beaucoup aidée et m'a reboosté le moral. Faut dire qu'il en avait besoin vu que je hurlais "on n'avait qu'à me laisser crever en décembre, je serais tranquille et avec le temps tout le monde s'en serait remis". Elle m'a dit une phrase qui fait réfléchir mais cesser de se poser 36000 questions à chaque seconde (qui suis-je où vais-je dans quel état j’erre) "VIS, TU VERRAS". Alors j'ai cessé de pleurer, je suis rentrée dans ma chambre, j'ai pris ma douche et lavé mes cheveux et j'ai attendu le coup de fil de 19h30 qui n'est jamais venu (zaï zaï zaï zaï là là là là là, comme chantait Dassin ou, plus neuf, J 'attends l'amour de mes rêves j'attends l'amour la douceur et la fièvre, comme chantait Jenifer). J'ai beau pleurer sans cesse comme un veau pour le moment, j'ai toujours une chanson en tête malgré tout, ce qui énerve beaucoup de monde et en fait rire d'autres. Comme le coup de fil n'arrivait pas et que suis très très sensible désormais, j'ai à nouveau pleuré comme un veau (pauvre bête, quesqu'elle pleurniche) puis j'ai fait dodo de 20 à 7 h, en rêvant que le téléphone sonnait (mais non). Quand ça va mal donc, ce qui arrive souvent, même si les autres malades croient que je suis toujours de bonne humeur car c'est l'impression que je donne, je me dis que la solution pour moi aurait été d'être morte : pas de coma, pas de rééducation, pas de médecins et pas ses huit mois dans une chambre qui est loin d'être la mienne même si j'ai fini par l'appeler "ma chambre". Le bonheur quoi, si tant est que la mort puisse être le bonheur. Puis quand ça va bien (si on peut aller bien dans mon état), bon quand ça va mieux dirons-nous, je me dis que si je suis là c'est pour une raison, que j'ai un truc à dire, à écrire, à raconter, bref une vie à vivre, même si elle est différente de ce que je pensais. Très différente. Au matin, j'ai encore pleuré (dingue comme le corps humain a en stock des larmes) puis j'ai séché lesdites larmes pour déjeuner, la neuropsy et la kiné.

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11
déc

Nanowrimo (3ème) : Mes 3 vies - épisode 7

  La nuit du 3 juillet, j’ai rêvé du divorce de mes parents.

Je pense que ça fait 30 ans que mes parents ont divorcé. Le 3 juillet 1985, si mes souvenirs sont bons (ha ha ha je rigole, mes souvenirs sont tout le temps foireux). Et bien voilà, ils le sont à nouveau : c’est écrit ‘85 et c’est ‘84, bah, un an c’est pas grand chose. Note qu’il y a un an, j’étais en croisière chez Costa, cette année je suis à William Lennox. Les années se suivent et ne se ressemblent pas le moins du monde…

J’avais 13 ans, 12 vu qu’on était en ’84, on est allés à la mer du Nord, Ostende, pour avaler la pilule de l’arrivée d’un beau-père. Et oui, parce que moi, en enfant débile, quand maman cherchait un logement à plusieurs chambres pour vivre à Namur après avoir quitté mon père, je répondais « ben non, pas besoin d’une chambre, on dormira ensemble » sans penser une seconde qu’un nouvel homme allait arriver, paf, comme un cheveu dans la soupe.

Il est arrivé et ça fait 31 ans maintenant, depuis mon accident, il m’aide beaucoup, c’est un peu comme le père que j’ai perdu, car mon père est mort en 2008, je crois, j’avais carrément oublié, m’étonnant qu’il ne vienne pas me voir à l’hôpital. Quand j’ai su qu’il était mort, j’ai même espéré qu’il vienne me dire « décède, rejoins moi, on est bien ici », mais rien, nada, niente. Bon. Faut croire que la mort ne mène pas quelque part de bien, calme et ensoleillé, plein de membres de sa famille comme je le croyais. Pas de tunnel non plus avec la lumière, pourtant j’ai lu une quantité de livres et vu des séries sur le sujet de la vie après la mort, car j’y croyais !

Donc, on était à Ostende (après avoir trouvé un appart de plusieurs chambres à Erpent) et j’ai reçu des patins jaunes et bleus avec des pieds. J’ai roulé sur la digue. J’aimais déjà ça. Comme j’aimais la mer, le sable, les crevettes et les verres sur la digue, ça n’a pas changé 31 ans plus tard.

Je n’ai pas beaucoup de souvenirs de ces vacances, sauf une adoration folle de la mer qui me fait beaucoup méditer et même tenter des records de hula up avec radio contact en 2013 (récit plus tard, juste après, paragraphe suivant).

Voilà comment je passe de 1984 à 2013 sans transition, voilà comment je passe d’une année à l’autre sans logique aucune, et à mesure que mes souvenirs viennent et que ma vie se raconte à moi. Voilà comment le 3 juillet 2015 j’ai pensé à mes parents divorcés, à mon père décédé, puis à mon record du monde. Va comprendre.  En 2013 donc, RADIO Contact a lancé le record du monde de danse en hula up durant 15 minutes à Ostende (lieu de vacances d’après divorce). Ce que j’ignorais et que j’ai appris plus tard, c’est qu’il fallait danser non stop durant 15 minutes, sans laisser tomber son hula up, donc que c’était perdu d’avance, mais ça Contact ne l’aurait pas dit, pour pas laisser ses auditeurs au lit un samedi. Julie Taton, que j’ai interrogée, me l’a dit en confidence une fois à Ostende, même si moi j’y serais allée quelles qu’aient été les circonstances, car j’aime la mer, le sable, les crevettes et les verres, je l’ai déjà dit.

Me voici donc à la mer, regardant le sable, mangeant des crevettes et buvant un verre sur la digue, avec des amies, attendant le record du monde avec Julie, sous le soleil. On a perdu (sans blague) mais on s’est bien amusées, c’est le principal. Et j’ai ramené un beau houla up chez moi. Et de nouveaux souvenirs d’Ostende, 30 ans plus tard, ou presque. Le bonheur total quoi.

Et j’aime toujours autant la mer, le sable et les crevettes (pas l’alcool depuis que ça m’est interdit maintenant car ça fait tourner ma tête qui tourne déjà assez comme ça). J’ai même testé le houla up en cours de kiné à William Lennox et je suis encore plus nulle qu’avant (note qu’avant j’étais pas mauvaise je trouve).

Bah, le houla up n’est vraiment pas indispensable à mon bonheur.

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10
déc

Nanowrimo (3ème) : Mes 3 vies - épisode 6 : Bref

Bref, j’ai lu un article sur la sortie de Bref en DVD. Et bref, je me suis souvenue d’avoir acheté l’intégrale de Bref en DVD. Pourquoi cette boite à souvenirs qui est née d’un coup sur ma cervelle ne me dit pas en plus de “t’as acheté ça”, “tu l’as rangé làààààààààààààààààààààà”. Non, passque ce serait vachement plus simple et ça m’éviterait de chercher mon DVD de Bref durant 48 heures. Bref ça m’éviterait de chercher longtemps.

Bref, j’ai aussi acheté Uno version piscine, en plastique, pour jouer dans la piscine quoi. Non, j’ai pas de piscine. Non, je ne me souviens pas où je l’ai mis. Mais oui, je l’ai acheté. Et oui, j’ai acheté Bref.

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9
déc

Nanowrimo (3ème) : Mes 3 vies - épisode 5

Les moustiques (écrit en juillet)

Je l’ai déjà dit (ou pas), j’ai toujours détesté les moustiques, du moins durant la nuit. C’est pour ça que j’ai fait fabriquer une moustiquaire pour ma chambre, afin de regarder la TV sans trop risquer de faire entrer la bête. Ça c’était avant mon accident et si j’entendais un bruit de moustique durant la nuit, savoir un moustique hyper intelligent (ou hyper gourmand) qui avait passé par le plus grand des hasards la moustiquaire et s’attaquait voracement à moi, je me levais illico et branchais ma prise Ezzalo Mat pour éradiquer le moustique. Maintenant que j’ai eu mon accident, je me vois mal me lever pour brancher une prise éradiqueuse de en moustiques. De une ça me prendrait deux heures, je serais réveillée, en nage, prête pour le petit déjeuner et le moustique se serait sauvé en m’entendant hurler contre ma lenteur salvatrice (pour lui). De deux j’ignore où est ma prise Ezzalo Mat. De trois je ne suis pas chez moi mais à William Lennox, sans Moustiquaire, sans prise et jusqu’à ce jour (ouf) sans moustique. Ce week-end, j’ai dormi dans ma chambre d’enfant, avec de l’air, du vent, de la chaleur, de la lumière et… des moustiques. Ou plutôt un seul, bien bruyant. J’étais dans mon lit prête à m’endormir et à rêver quand j’ai cru entendre la bête faire son bruit typique, reconnaissable entre 1000. J’ai secoué mon bras pour provoquer le silence, qui est venu, immédiatement suivi par le cri du moustique qui a faim. A part me lover sous mon édredon, tête la première, par 26 degrés, je ne voyais aucune autre solution. Bisque bisque rage. Puis j’ai entendu Madonna chanter Evita “don’t cry for me argentina the truth is I never left you onthrough my wild days my mad existence I kept my promise don’t keep your distance…”

Sauvée j’étais. Non par Madonna, que j’ai aimée durant toute mon adolescence, et encore moins par Evita, comédie musicale que j’aime d’amour (même si je me demande si “comédie” est le bon terme, tellement c’est triste). Non, pas par Madonna, mais par mon beau-père qui l’écoutait et donc ne dormait pas. Gagné. J’ai hurlé “au secoooooooooooooooouuuuuuuuuuuuur un moustiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiique” Et il est venu illico sur sa mouture de chevalier tuer la femelle pleine de sang bien rouge qu’elle a laissé, en décédant, sur le mur blanc. Adieu le moustique, aucun regret. (Après, il a fallu nettoyer les murs blancs mais c’est une autre histoire que je ne vous conterai pas).

 

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8
déc

Nanowrimo (3ème) : Mes 3 vies - épisode 4

La difficulté des mots :

Au début, souvenez-vous, au temps où je parlais anglais plutôt que français, je mélangeais beaucoup les quelques mots en français que je parvenais à sortir. Ainsi je ne savais pas dire “pastèque”, je disais “un légume, non un fruit vert et rose avec des pépins”, et encore, vu que je mélangeais les couleurs, j’ai sans doute dit “un légume bleu et rouge”. L’autre jour, j’étais si fière de mon évolution que j’ai dit “je ne savais pas dire concombre alors je le décrivais à fond” et pour expliquer, je décris le concombre en décrivant une pastèque bien sûr, fruit auquel j’ai toujours pensé. Bon c’est pas gagné mais on y travaille...

Bref (DVD perdu que j’ai acheté et mis quelque part, tchu, j’en parlerai plus tard), c’était malaisé pour mon entourage, ça l’est encore aujourd’hui mais ça va mieux.

Ma soeur a tenu un lexique rigolo de mes erreurs, que je pourrai relire plus tard.

C’est maintenant le moment de le relire et de rire (jaune, si nécessaire).

- j’ai le nez tout « embouriché » pour  bouché.

- « les oiseaux au chocolat » pour les oeufs en chocolat.

- « la protection urinaire» pour  le soutien gorge.

- « la pastille» ou «les pédales de légumes » pour les médicaments.

- « la fête des animaux »  pour  la saint-valentin.

- « le cours de danse » pour  la kiné (je suis rentrée dans la danse).

- Manu, mon pauvre beau-frère, a tout entendu : « Anus », « Très Cher Cousin », « Vali-Valo », « Philibert », « Emmaüs », « Roi Philippe », « Reine Mathilde », « Le chat »...

- Les infirmières, elles étaient appelées : « danseuses, vétérinaires, vendeuses, filles, jardinières, tartines, gynécologues »…

- « la chef des girafes » pour le docteur ou la chef infirmière ; et quand je voulais parler du gynéco je disais « le médecin pour le côté félin » (geste à l'appui).

- « le bastringue à mettre dans le tunnel » pour le marque-page.

- « la crotte de Dinant » pour la chaise roulante.

- « ma varice entre les deux varices » pour mes jambes.

- « mon relax » pour ma chaise roulante.

- « mes toilettes » pour mes protections urinaires.

- « la lumière râpée » pour le fromage râpé.

Quand les infirmières ont trouvé drôle (pas moi) de me piquer mes lunettes, avec lesquelles je dormais pour me rassurer (sans lunettes je ne vois rien) ce n’était bien sûr pas un vol c’était de l’humour (on n’a juste pas le même). J’ai donc hurlé à ma soeur au téléphone “mon nez est sans lune de miel”

 

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7
déc

Nanowrimo (3ème) : Mes 3 vies - épisode 3

Pourquoi j’ai écrit ce livre, vous demandez-vous (bande de petits curieux, va) ?

 

Voici mes textes écrits durant ma revalidation à l’hosto :

J’écris avec la logopède, que je remercie pour tout, ou dans ma chambre (pas la mienne, celle de l’hosto) ou le soir en rallumant la lumière, ayant une idée, obsédée que je suis toujours, quand ça me prend :

 Le 7 juillet, à William Lennox, j’ai décidé avec ma logopède, de raconter mon histoire, mon accident, mes oublis et mes souvenirs quotidiens, dans un livre, pour éradiquer mes angoisses et partager mon vécu avec vous. Lecteurs, vous me pardonnerez mes répétitions, vous rirez quand il faut rire (souvent), vous pleurerez quand il faudra pleurer (rarement), bref vous aimerez lire ma vie.

La voilà.

C’était un samedi, il faisait plein soleil. Non, je rigole, j’ai oublié, c’était un samedi de décembre, il faisait… comme un samedi de décembre. Le matin, j’avais été chez ma voisine installer son appareil, son Ipad ou sa liseuse enfin du genre. Je ne m’en souviens pas. Elle me l’a raconté. A 14 h, après mon repas dont j’ai aussi oublié le contenu, j’ai été à La Plante (mon cours d’écriture) à pieds, comme tous les samedis, où à chaque fois on fait des tas de choses passionnantes et on rentre chez soi en en ayant beaucoup appris alors qu’on pensait le contraire.

Ce samedi là, je n’ai rien appris, vu que j’ai été renversée avant d’arriver au cours par la « connasse » en voiture. J’ai donc « préféré » aller au CHR pour me faire opérer en urgence plutôt que de suivre ce cours à l’aise. Et c’est là que tout a commencé. Le 20 décembre.

Le 21 janvier, j’étais conduite en ambulance à William Lennox après quelques semaines de coma, une opération et un mois comme un légume ambulant, que j’étais malgré moi.

Entre le 20 décembre et le 21 janvier, j’ai tout oublié (« … quand tu m’as oubliée » comme chantait l’autre … tchu ! C’est qui ?).

J’ai très rapidement tout oublié, notamment comment penser, mais surtout comment parler ce qui est plus ennuyeux pour moi qui adore parler.  Je parlais Anglais, va comprendre, alors que mon cerveau dansait la gigue, mais je me souviens (pour une fois) vraiment des infirmières me demandant «  mais Madame, pourquoi vous parlez anglais, on est en Belgique, vous êtes anglaise ? » Non, je regardais sans doute trop de séries en VO.

J’ai donc oublié comment parler, mais aussi comment écrire, je mélangeais et confondais des lettres, en somme aussi bien sur le fond que sur la forme. C’est pas que j’écrivais bien, joliment et lisiblement avant.  Non, que du contraire, mais au moins je savais me relire, je ne faisais pas de faute et c’était presque propre.  Là, c’était bourré de fautes, cochon et illisible.  Avec le temps, la pratique et les exercices, j’écris presque comme avant : presque sans faute, cochon et illisible, mais lisible par moi, c’est le principal. Et maintenant, je parle français et non anglais. Si c’est par une super évolution pour ceux qui ne comprennent pas la langue de Shakespeare…

Toujours pas moyen de me souvenir de quoi que ce soit de décembre à janvier : note que ça vaut sans doute mieux.

Depuis lors, je recommence à me souvenir de tout mais c’est une autre histoire que je vous conterai un jour.

Petit à petit, et Dieu sait comme le mot « petit » est long et dure longtemps, longtemps longtemps, j’ai récupéré une partie de mes fonctions, celles auxquelles on ne pense même pas avant d’être renversée, comme parler, pisser, manger ou se brosser les dents.

Tout ça semble rapide, mais ce fut long comme un jour sans pain, à savoir six mois, et plus de six mois plus tard, je suis loin d’avoir tout récupéré (c’est ici que vous versez une chaude larme sur ma triste vie et puis que vous rigolez).

Je sais toujours pas marcher, même si j’ai commencé couchée, mais je suis désolée je sais toujours pas marcher, pas comme avant. Jamais comme avant. Ma vie ne sera plus jamais comme avant (c’est là que vous versez une seconde larme). Petit à petit (long, long, long), j’espère récupérer un maximum, rentrer chez moi, revoir mes 3 chats, et faire mes courses sans perdre six litres de sueur tellement ça m’épuise, je ne demande que ça. Juste ça. 

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6
déc

Nanowrimo (3ème) : Mes 3 vies - épisode 2

Deuxième vie : l’accident

Je partais à mon cours d’écriture, un samedi que je croyais comme les autres, mais qui ne l’était pas. Il était 14h02, dit le rapport de police, et je ne suis par arrivée au cours, vu que j’ai été renversée par une voiture fuchsia, dit le rapport de police, toujours lui, photo à l’appui, en noir et blanc, avec la voiture portant la trace de la tête ou de mon corps, et mes fringues sur le sol. Heureusement, vu ma mauvaise vue déjà avant, et encore pire maintenant, pas moyen de deviner quel vêtement j’avais. Je ne me souviens de rien, ce qui est sans doute mieux, mais je suis tombée dans les pommes et j’ai été emmenée au CHR ou j’ai subi une opération du cerveau et tout ce qui s’ensuit. J’ai été mise dans un coma artificiel aussi. Tout ça bien sûr, je ne m’en souviens pas, non plus d’avoir été conduite à William Lennox en ambulance (la gloire) le 21 janvier. Comme je le dis souvent, pour moi, comme je n’avais pas conscience de l’accident, ça allait, c’est pour mes proches que c’était le plus dur : Va-t-elle survivre ? Dans quel état ? Pourra-t-elle marcher ? Penser ? Parler ?

Et moi j’ajoute « pisser », car on a beau dire, c’est super important, ça semble naturel, fastoche, mais ça ne l’est pas.

Tout ça, je le répète encore ensuite, mais ne vaut-il pas mieux répéter deux fois que zéro ?

Au début je disais m'appeler Anaïs, alors que j’avais oublié les titres de mes livres. Le cerveau est tout de même étrange quand on me demandait « ils sont biens vos livres ? », je répondais que je n’en avais aucune idée. Avec le recul cette question est débile car même sans avoir eu un accident je me vois mal dire «  non, ils sont nuls à chier, surtout ne les achetez pas ». Qui dirait ça de ses livres, de ses bébés ? Donc quand on m’a demandé mon prénom, au tout début, quand j’émergeais à peine, j’ai répondu « Anaïs », qui est mon prénom d’auteure, pour ne pas mélanger avec mon prénom professionnel (oui, avant je bossais, j’avais un travail sérieux, comme aurait dit le personnage rencontré par le Petit Prince, que j’ai oublié, qui l’eut cru, mais je n’ai pas oublié l’essentiel : j’adorais le Petit Prince). Evidemment, les infirmières ont eu du mal à me suivre, déjà que je parlais anglais, si en plus je me trompais de prénom !

En plus des chats (vous verrez vite, ou je vous le dirai, que je les adore et que j’en ai des tas, tous très jolis (si si) et trois vrais, bien vivants), j’adooooooooooore Scratt, le personnage de l’Age de Glace. Quesque j’ai bassiné une collègue pour l’avoir à l’époque, son Scratt porte-clé, qui est toujours sur ma porte, car à forces de larmoiements, je l’ai reçu.  A William Lennox, j'ai reçu un Scratt « vibrant », c’est un Scratt dur qui a un gland et quand on l’éloigne en tirant sur sa corde (le gland), il revient en vibrant. Il faut connaître Scratt pour comprendre, of course j’ai de suite compris, et ri ri ri, j’adooooooooooooore. La question que je me suis longtemps posée est « qui m’a offert ce Scratt » ? Question que je me pose pour beaucoup de choses, ayant oublié les visites du début (dommage) et les conneries que j’ai pu dire (pas dommage). Finalement, j’ai su que ça venait d’une autre collègue. J’ai dû beaucoup parler de ma passion pour cette bestiole, vu que j’ai reçu un DVD d’une autre collègue avec une petite histoire de Scratt pour un anniversaire d’avant, que je viens de regarder. Tous mes Scratt viennent donc de mes collègues, qu’elles en soient remerciées (amen).

J’ai été opérée à Mont-Godinne en 2013, de l’endométriose, et j’ai participé à une marche ensuite, bref j’étais assez active contre cette maladie, qui ne touche que les femmes (pour faire bref, maintenant que la mémoire m’est enfin revenue sur cette maladie que j’ai – onze mois après l’accident, faut donc jamais perdre espoir, les règles ne sont pas totalement expulsées, et le sang restant cause lésions, douleurs et parfois kistes).

D’alleurs, au début je pensais qu'être à l'hosto suite à l’accident était lié à mon opération de l'endo à mont-godinne, je trouvais les conséquences importantes et je disais « si j'avais su me serais pas faite opérer » - dire que j'ai juste passé une nuit à l'hosto en me plaignant, sans savoir que le pire restait à venir…

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5
déc

Nanowrimo (3ème) : Mes 3 vies - épisode 1

Première vie : avant l’accident

Bah, avant l’accident, nul besoin d’en parler beaucoup, je menais une vie « normale », si tant est qu’on puisse mener une vie normale, mais disons que c’était « métro boulot dodo » quoi. J’allais bosser, je rentrais près de mes trois chats, je mangeais des plats préparés ou les plats de ma voisine (ouais, la cuisine et moi, on faisait trois, et ce n’est pas prêt de s’arranger). Bref une vie banale, sans mari (donc sans homme), sans enfants, mais des chats des chats des chats, en veux-tu en voilà. J’ai toujours adoré ces bestioles, même si j’avais oublié en avoir après l’accident, au point que j’ai dit à ma famille, une fois sortie du coma « c’est quoi ces trois chats, qu’on s’en débarasse, on sera tranquille ». Fort heureusement, je n’ai pas été écoutée. Passque j’ai toujours adoré les chats (je me répète, mais c’est vraiment de l’amour – mon sphinx, qui fait dodo sur mes genoux, confirme), même si j’y suis allergique.

Ouaaaaaais, c’est le comble : chuis allergique au chat (et à la vache, mais on a rarement envie d’adopter une vache, à part un steak dans son assiette, et ce n’es pas ce qui j’appelle l’amour des animaux domestiques).

Toujours est-il que j’ai des chats, non pas un, mais trois, tant qu’à faire. Bon, ce sont des chats anti-allergiques (des cornish rex et des sphinx) et je prends aussi des médocs, et puis je ne dors pas avec, pour avoir une « zone neutre ».

Donc une vie normale, en me plaignant comme tout le monde, de la météo, de devoir me lever tôt pour aller bosser, des restos trop chers, ou pas bons, ou les deux, du magasin bourré de monde, de tout et de rien quoi, sans être consciente de la chance que j’avais d’avoir une vie normale, de regarder la pluie, de bosser, de manger au resto, de faire mes courses, tout et rien quoi.

Puis l’accident est arrivé…

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29
nov

12540

Le nanowrimo se termine demain, je n'ai pas gagné cette fois, je m'en doutais, mais ça m'a aidée et je vais continuer à raconter mon expérience...

Comme le nombre de mots ne s'affiche plus à droite (mystère), je vous l'écris : 12540, un jour je mettrai tout ici, oui oui.

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Mes premiers livres :

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2
oct

Paris 2013 (suite 3)

 

Claire n'est pas majeure. Et pourtant elle part. Demain. A la grande ville, diraient certains. Elle a natté ses longs cheveux noirs et mis sa tenue de scène, pour le plaisir de se plonger déjà dans l'avenir qui l'attend. Sous sa robe blanche vaporeuse de danseuse, elle est totalement nue. Liberté. Liberté chérie, si difficilement gagnée. Au prix de quel effort. Ses pieds nus profitent de ce rare moment de liberté : n'être pas enserrés dans des chaussures douloureusement satinées. Ses orteils pointure 38 se trémoussent. Ils frétillent d'impatience. Ils connaissent leur avenir. Radieux, fiévreux, joyeux. Tandis qu'elle se déplace et remplit sa malle, le voilage de sa robe caresse ses jambes musclées et ses fesses rebondies juste ce qu'il faut. Elle jette, pêle-mêle, ses dessous, ses robes, ses manteaux, ses bottes et ses chapeaux. Elle ne réfléchit pas trop. Peut-être se débarrassera-t-elle directement de ses frusques à son arrivée. Elle ignore encore ce que doit porter un petit rat. Elle se tourne vers son vieil ours en peluche défraîchie, le touche de son long doigt blanc peint de coquelicot et se laisse envahir par la nostalgie. Elle ne l'emmène pas avec elle. Demain, elle quitte son enfance. Elle quitte Hubert l'ours bougon, l'ours réconfort, l'ours trop vieux déjà. Dans sa petite malle, elle glisse sa collection de chaussons, ses justaucorps, ses tutus. Elle ferme les serrures cuivrées du bagage de ses bras minces, les dépose dans le coin de sa chambre, s'assied sur son lit défait, clôt ses yeux et sourit d'aise : demain, tout sera différent. Elle se couche, étend ses longues jambes, pose ses mains sur son ventre plat. Elle est si calme qu'on la croirait morte. A l'intérieur, elle est loin de l'être. Un volcan. Seul le frémissement de ses paupières pourrait la trahir. Elle se tourne, adopte une position foetale, ceint ses jambes de ses bras, laisse le tissu de sa robe la recouvrir, et, tandis que sa tresse glisse doucement le long de son cou, elle glisse dans le sommeil et la nuit qui la séparent de demain.

 

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Je lis les photos, je les dévore, je les décrypte. Je lis les romances aussi, et parfois la poésie. Je lis Paris qui m'héberge depuis trois ans déjà. Je ne choisis jamais mes lectures, elle s'imposent à moi. Elle me narguent jusqu'à ce que je les remarque. L'autre samedi, celui de la pleine lune, j'ai presque trébuché sur ces Fleurs du mal, pour y découvrir cette splendeur « là, tout n'est qu'ordre et beauté, luxe, calme et volupté ». Au fil de mes découvertes, je les installe donc, en piles instables, de part et d'autre de la cheminée de marbre noir. Si la cheminée s'enflamme, ils seront les premiers à périr. Un risque. Tout est risque. Le plaisir est partout, dans une citation qui bouleverse, celle des Fleurs du mal, dans une petite souris suicidaire, qui a bouleversé le petit rat qui vit en moi, dans une traversée spatio-temporelle qui rapproche les âmes, et puis dans ce que je crée, dans ce que je m'invente. Je prends mon pied, lui qui fait mon métier. Je retiens peu mes livres, j'ai une mémoire de petite souris, encore elle, alors je les ausculte régulièrement, dans leur équilibre fragile. Parfois, j'en prends un au hasard, au risque de faire basculer les tours jumelles. Et je le relis. Et je le revis. J'écris partout, sur tout, sur rien du tout. Une tranche de rien, ça peut combler une vie. Ou être écrit. J'écris entourée de mes livres. De mes écrits. De mes chaussons de satin blanc aussi. Ils me rappellent qu'accoucher d'un écrit est parfois aussi difficile qu'accoucher d'une chorégraphie. J'écris sur des feuilles volantes, que j'égare sur le sol du salon. Le parquet en est jonché. Mon chat Molière aime les réchauffer de sa fourrure blonde et brune dont sort un parfum si doux... non, je plagie ! Il aime juste les réchauffer, et y aiguiser ses griffes. J'écris à la plume, légère, vaporeuse comme mes tenues de scène. Avant d'écrire, j'écris. Après avoir écrit, j'écris. Parfois, entre écrire et écrire, je dors, je mange, je bois, je déambule dans Paris. De l'inutile, qui parfois me nourrit. Qui souvent nourrit l'écrit. Mes écrits s'entassent dans les tiroirs de mon vieux secrétaire d'ébène. Ils attendent. Ils vous attendent. J'espère que vous les attendez.

 

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Presque vingt heures déjà. Pourquoi les journées s'écoulaient-elles si vite ? Pourquoi la nuit allait-elle tout envahir si bientôt ? Pourquoi l'éternité ne pouvait-elle être faite que de journées ensoleillées ? Il se sentait philosophe, ce soir. Il se sentait plutôt anxieux, comme chaque soir à l'approche de vingt heures. Il traversa rapidement le passage Jouffroy. Le lanterneau laissait encore passer un faible rai de lumière, alors que les lanternes au gaz venaient d'être mises en fonction par l'allumeur de réverbères. Bientôt, les ampoules allaient remplacer le gaz, et l'allumeur perdrait son travail. Le progrès, c'était le progrès.

 

Il progressa rapidement, tandis qu'une dernière éclaircie traversait la verrière, éblouissant les parisiens pressés. C'est alors qu'il sentit le premier malaise. Il sortit du passage, heurtant une demoiselle en robe aubergine, qui ronchonna quelques reproches, et se précipita vers la brasserie Zéphyr. De loin, il repéra le mot SETTELOIT, dont le reflet dans le miroir l'invitait à descendre aux toilettes. Il était sauvé. Ou presque. Le malaise s'accentuant, au point d'en être douloureux, il courut presque jusqu'à l'escalier qui le mènerait à son refuge, près des toilettes. A côté de la porte ornée d'une photo féminine, face à celle à photo masculine, s'ouvrait une toute petite porte, à hauteur d'épaule, décorée d'un vitrail couleur soleil. Il entra et la referma derrière lui violemment, puis poussa les trois verrous, qui grincèrent doucement. Dans cette pièce unique contenant un lit de métal, la luminosité était quasi imperceptible. Aucune fenêtre, aucun vitrage, aucun miroir. Il ne pouvait plus se voir. Seule l'ombre légère projetée au sol à travers le vitrail doré lui rappela qu'il était enfin en sécurité. Il s'assit sur son lit, tremblant de douleur, ses yeux lançant des éclairs. Il gratta une allumette et vérifia l'heure à sa montre gousset. Vingt heures vingt-trois. Dans sept minutes, la transformation commencerait. A peine s'il distinguait, à la lumière de la flamme en fin de vie, les quelques poils canins qui commençaient à envahir ses mains. A peine si ses canines commençaient à être douleur. A peine si ses paupières se faisaient plus fines. A peine si sa truffe était plus sensible. Sept minutes encore. Il s'attacha au lit d'acier au moyen de grosses chaînes puis attendit.

 

Il ne faisait que ça. Attendre.

 

Attendre la nuit infernale. Attendre la libération. Attendre huit heures.

 

Telle était sa vie.

 

Il se coucha en chien de fusil et attendit le matin.

 

 

 

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2
oct

Paris 2013 (suite 2)

 

Cinquième étage

 

Me voilà au cinquième étage. J'ai passé douze ans au cinquième étage. Mais à mon âge, keske c'est haut, le cinquième étage...

Je vois mon petit cabinet de toilette à l'ancienne. Trop choupinou.

Je vois la cheminée en fonte. Superbe. Une grille. Vais-je entendre les ébats nocturnes de mes voisins du dessus ?

Je vois une terrasse. Aaaaah, une terrasse. Au cinquième. J'y cours, avec mon appareil. Une terrasse. Je sors, je mitraille. Vertige. Je rentre. Je trébuche. Je catapulte mon appareil dans le vitrage. Sain et sauf. Une terrasse. Je bondis de joie, tel un gosse le matin de Noël. Et je ressors, pour photographier encore et encore...

 

Je t'écris de Paris

Je t'écris de Paris. Endormie. 6 heures du mat j'ai des frissons, comme disait la chanson. Le soleil dort encore. Une migraine me ronge les neurones. L'abus d'alcool colombien leur est nuisible. 6 heures du mat à Paris. Que se passe-t-il ? Les travailleurs émergent. Les éboueurs sont en plein taf. Les prostituées pointent la fin de leur journée. Les cafés commencent à se préparer.

Je t'écris de Paris. Assoupie. 7 heures du mat, envie d'un bonbon. J'écris Paris. Écrire Paris à Paris, c'est cliché. Mais c'est bon, comme un bonbon. Du miel. Dans mon bonbon. Du fiel dans mon stylo. Envie d'écrire un homme qui tranche des bides, se repaît des entrailles qui dégringolent sur le sol. On va encore me traiter de folle. J'écris un SDF, c'est bien aussi un SDF. Puis je m'assoupis.

Je t'écris de Paris. Blottie. Encore au lit. 8 heures du mat. Soleil levé. Par la fenêtre, des géraniums me saluent. Une vieille dame va venir les saluer, les arroser, je le sens je le sais, elle viendra à petits pas, puis me racontera son Paris. Celui de la guerre. De l'après-guerre. Paris détruite. Paris reconstruite. Paris revit. Paris folie. Centenaire, ma mémère. Denise Grey en puissance. Bon, toujours personne au balcon, je vais me doucher.

Je t'écris de Paris. Éblouie. 9 heures du mat, je monte le son. L'odeur de café monte jusqu'à ma porte. Le boire, jamais. Mais le humer, à chaque instant s'il vous plait. Sur le balcon, enveloppée dans ma seule serviette de bain, je photographie la vie.

J'ai faim.

 

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2
oct

Paris 2013 (suite)

 

Questions existentielles parisiennes :

 

Pourquoi ne vend-on des couques suisses qu'en Belgique ?

 

Pourquoi les ambulances parisiennes crient-elles « c'est foutu », alors que les namuroises crient « tiens bon » ?

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2
oct

Paris (écrit durant mon séjour en 2013)

Je dédie ces textes de 2013 à ma voisine Béa qui en revient joyeusement et à Cathy chez qui j'allais avec bonheur quand j'ai été renversée et qui a organisé ce dernier séjour qui mélangeait cette ville que j'adore et l'écriture que j'aime aussi...

 

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Paris

 

Paris ma jolie

étoffes qui entortillent

couleurs, saveurs, odeurs

m'éveillent à ta vie

 

Paris ma bénie

encens qui me titille

quartier exotique quartier chic

senteurs qui vrillent mes papilles

 

Paris ma chérie

serpent de pavés à mes pieds

vendeurs rabougris au fond de leur bouquinerie

croissant fondant et beurre maudit

 

Paris ma vie

toujours dans mon esprit

t'aimer, te vivre, te dévorer

avec parcimonie

 

Paris ma folie

combien de morts dans ta PJ

le beau Bruno, où est-il parti ?

Mes pieds, mon dos et ma vessie

ne te disent pas merci

 

Paris mon ici

et maintenant, moments choisis

tes passages tes cachettes tes secrets

m'inspirent et m'expirent

 

Paris mon éclaircie

point de soleil

oh et puis si

il est partout, ferme les yeux

là, tu le sens, et là aussi

 

Paris ma fille

viens contre moi

encore plus près

et la voilà qui s'est endormie...

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21
sep

écrit avant mon accident : "périmée"

Je trie et jette mes kilos de papiers, dont des tas de notes prises pour ce blog mais illisibles.

En voici une un peu plus lisible :

"t'as une ride sous le nez ? Périmée

t'as une ride dans le gosier ? Périmée

t'as de la cellulite sur le fessier ? Périmée

t'approches de 25 ans ? Périmée

T'as pourtant toutes tes dents ? Périmée

Si t'as pas peur de ce qui est avarié...

Si tu oses, tu peux me contacter"

 

Bon Dieu, j'avais pas tous mes neurones quand j'ai écrit ça, surtout la fin que je viens de déchiffrer... En plus, le verso est quasi illisible, sauf "celui qui voulait baiser - le non mariage - le vif à vif - secrets - contradiction - critique - collaboration horizontale"

 

Et ben...

 

Photo :la chef des "girafes" (private joke) lèche une bestiole rousse don le nom m'échappe...

qui grimpe aux arbres

a une grosse queue

est gentil

mange des ... (pas des marrons les autres)

noisettes (yesssssssssssss)

écureuil (merciiiiiiiiiiiiiiiii à la personne me l'ayant dit sur FB)

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20
sep

Nanowrimo (3ème)

cette année, j'ai envie de refaire le nanowrimo, j'ai le thème (qui en doutait ?), reste à trouver le mot de passe (je vais perdre vu ma lenteur mais ça sera un bon exercice)...

23
aoû

Cours de l'été dernier

 

L'été dernier j'ai suivi un cours d'écriture (je m'y remets ces jours ci), les magazines dataient de 1929, ça m'a inspirée...

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