10
sep

10/9/2015 – 10/9/2016

 

Y’a un an je m’apprêtais à passer ma dernière nuit à William-Lennox…

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16
mai

à lire :)

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13
mai

La minute blonde : états d’âne (écrit le 07/04/2007) :

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Je m'en souvenais alors je le publie, j'adoooooooooooooore les croisières :)

"Vacances j’oublie tout. Plus rien à faire du tout. La mer est belle. Le ciel est beau. La vie est belle. Je suis dans un petit village grec magnifique, celui aux toits bleus, archi connu. Le nom va me revenir. Grisée par l’instant paradisiaque, je retombe dans la réalité lorsqu’on m’étale les choix qui s’offrent à moi pour rejoindre le bateau (ouiiiiii, vous avez pigé, c’était lors de ma croisière oùsque j’ai dansé sur le pont devant toutes les caméras) :

- choix numéro 1 : à pied (il faut savoir que ça descend en zig-zag sur la falaise, via un petit chemin infesté de crottes d’ânes, enfin de mules – la mule est née du croisement entre âne et cheval : taille de petit cheval caractère de gros âne). J’aime pas marcher quand ça descend, et puis c’est pas original, pas rigolo, pas « souvenir impérissable ».

- choix numéro 2 : en téléférique. Aaaaaargh, ça va pas la tête non. Un téléférique. Dans ce pays dont je ne sais rien, ou si peu. Qu’en est-il des normes de sécurité ? Le système a-t-il été révisé ? Et si tout s’effondre lorsque je suis dedans ? « La célèbre écrivaine belge Anaïs meurt dans un terrible accident de téléférique. Depuis lors, son livre s’arrache comme des petits pains ».

- choix numéro 3 : à dos de mule. Je dois avoir pris trop de soleil car je ne fais ni une ni deux, j’oublie les normes de sécurité des mules, je ne demande pas de quand date leur dernier contrôle technique, j’accepte illico. Et je me retrouve perchée sur le dos de cette sale biesse. Je réalise illico l’horreur de la situation : contrairement à ce que j’ai cru, les bêtes ne sont pas attachées entre elles et guidées par un gentil grec à mon service. Non. Point du tout. Ma mule connaît le chemin et entame la descente, seule (enfin avec moi sur le dos). Pire : les grecs, disséminés sur le chemin, hurlent comme des damnés pour que les mules accélèrent le pas. Ben oui, elles sont des tas et des tas à faire l’aller retour mer/village. Et ça descend en zig zag. A chaque zig je pense que je vais valser illico dans l’océan. A chaque zag je m’accroche désespérément à la petite sangle qui sert de rennes. Je vis un enfer. Et ça descend raide de chez raide. A chaque pas j’ai la sensation que je vais devancer l’animal tant il est nerveux. Et je hurle des choses, ni du français ni du grec, des borborigmes violents qui reflètent ma stupeur et mes craintes, comme dirait l’autre, je pousse des cris de « porc frais » (cris d’orfraie). Un guide comprend mon désarroi. Ou plutôt, il est attéré par mon attitude. Alors qu’il demande une énième fois à ma bestiole d’accélérer, je crie que non, je refuse qu’elle accélère, je veux descendre, pitié, sauvez moi mon Dieu, je crie, je pense n’avoir jamais tant crié de toute mon existence. Il me prend en pitié (et surtout veut faire taire la harpie que je suis devenue) et s’empare de la sangle pour me mener à bon port. A l’arrivée, je m’effondre lamentablement, jambes tremblantes, paumes de mains en sang tellement je me suis accrochée à tout ce que je trouvais. Alors les canassons en tous genres, c’est définitivement terminé. J’en porte encore les stigmates.

PS : le village, c’est Santorin.

PS : voilà l’animal, zavez vu son regard vicieux ?"

 

11
mai

Souvenir...

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25
jui

Rediffusion estivale pour Sabrina : mon escapade soldes

(le 10 janvier 2010 étant un dimanche, jour de chronique livre, voici le billet du 11 janvier 2010, bonne lecture.  Qui veut une autre rediffusion ? Me donner la date en commentaire...)

 

L'autre samedi, le 2 janvier, chuis pas allée aux soldes.  Zêtes fous ?  Le premier jour des soldes + un samedi, vous voulez ma mort ou quoi ?

Mais malgré tout, je me disais qu'à rester là, chez moi, paisiblement installée devant la TV, le PC ou un bon livre, je sais plus trop, je ratais peut-être des super affaires de la mort qui tue.

Et ça, c'est dommage hein.

Alors, mercredi, après ma leçon de piano (pas aussi hot que dans le film, mais bien quand-même, la leçon, vu que j'apprends Que ma joie demeure de Bach, air que j'ai eu en tête durant 24 heures sans savoir ce que c'était, que j'ai chanté à bon nombre de gens qui « connaissaient » mais « savaient pas exactement ske c'était », qu'une collègue que je vénère depuis a reconnu et que, donc, j'apprends à jouer, ça fait mon bonheur c'est l'essentiel), donc après cette leçon, je me suis dit « tu as quelques heures devant toi, petite Anaïs, va solder ».

Et je suis allée solder.

J'ai commencé par le haut de la ville, et je suis donc entrée dans deux boutiques. Dans la première, je suis allée à l'étage (rayon femmes, logique implacable), et j'ai vu des monceaux de fringues mélangées.  J'aime pas le bordel, vous le savez, donc j'ai abandonné, je suis redescendue et sortie aussi vite que j'étais entrée.  Dans la seconde, j'ai bien repéré une doudoune bien sympa, mais je me suis dit « as-tu besoin d'une doudoune à ajouter à tes dizaines de vestes, manteaux et autres trucs qui tiennent chaud en tous genres ? Non ?  Alors va-t-en. »

Et je m'en suis allée.

Vous me direz, si c'est pour n'acheter que ce dont on a BESOIN, on n'achète plus rien, à part des trucs chiants genre poudre à lessiver, pâtes, gel douche ou breloques Pandora (si, les breloques Pandora, c'est un truc dont on a BESOIN, croyez-moi, pire que de la cocaïne - enfin j'imagine, car je n'ai jamais goûté cette substance merdique, mais j'ai goûté les breloques Pandora et depuis lors les crises de manque se succèdent, billet suivra je vous l'ai déjà dit, reste à l'écrire).

J'ai ensuite continué ma descente de la ville, trottoir de droite, le plus achalandé.  Et à chaque vitrine, c'était pareil, j'étais pas tentée.  Déjà, dehors il faisait froid, et j'avais mon écharpe (enfin celle d'Olivier, que vous connaissez maintenant si vous lisez ce blog depuis ses débuts) et mes cholis gants-mitaines-moufles fuchsias à cœurs foncés achetés à Londres récemment (ça aussi faut que je vous en parle, diantre, j'ai du retard).  Rien que l'idée dans un magasin surchauffé, bourré d'étudiantes en furie (jamais les soldes le mercredi), j'avais la nausée.

J'ai décidé d'abandonner l'idée d'acheter des fringues après avoir tenu en main durant dix minutes une tunique noire et grise, jolie comme tout, MAIS PAS SOLDEE, cela va de soi, en hésitant sans cesse « j'essaie - j'essaie pas - j'essaie - j'essaie pas ».  C'est nin possip' de perdre son temps ainsi en inutiles tergiversations.  Je l'ai lancée sur un tas de vêtements, et j'ai opté pour les chaussures.

Enfin les bottes.

Car on a toujours besoin d'une petite paire de bottes.

Toujours.

Ben le magasin de bottes s'était transformé en magasin pour anorexiques au stade terminal, vu qu'ils avaient sorti une longue table, qu'ils l'avaient installée entre les deux vitrines, rendant le passage impossible pour deux personnes à la fois, sauf à rentrer le ventre et ne pas respirer durant la traversée.  Traversée que j'ai tentée, à mon grand dam, car y'avait que des horreurs d'avant-guerre.  J'ai donc retraversé en rentrant le ventre et sans respirer, et j'ai quitté ce lieu de perdition.

Quelques vitrines et un immense désespoir plus tard, je me suis dit que les soldes, vraiment, c'était plus mon truc.

Alors j'ai regardé un peu la nouvelle collection, déjà installée, puis je suis rentrée chez moi.

Etat des dépenses du jour : zéro euro zéro centime.

Keski s'impose après cette expérience sinistre : félicitations ou consternation ?

J'hésite encore, mais ce qui est clair et net, c'est que j'y retourne que le 31 janvier, quand tout est à - 70 % et que les nouveautés sont toutes arrivées.  Et là, la carte de crédit va chauffer, je vous le dis.

24
jui

Rediffusion estivale pour Oriane : J'ai rencontré Pat Hibulaire

Oriane m'a demandé le 14/4/11, mais j'ai rien en stock à cette date, j'ai donc cherché le billet le plus proche, qui parle pas livres ou ne se contente pas de montrer une photo, et c'était "j'ai rencontré Pat Hibulaire", publié quelques jours après le 14.  Quelques jours avant le 14, y'avait "une bite, c'est moche", un billet qui avait généré énormément de visites à l'époque, mais très très court, comme un micro-pénis, alors j'ai préféré offrir une plus grande lecture à Oriane :

Bon, clair que j’aurais préféré rencontrer Saint-Nicolas avec ses chocolats, mais j’ai pas eu le choix.

Alors j’ai rencontré Pat Ibulaire.  Vous connaissez ?  C’est un personnage du Journal de Mickey ou de Super Picsou ou de … ben je sais plus, ce sont les trois journaux que je lisais quand j’étais môme, le Journal de Mickey était hebdomadaire, le … mensuel et le Super Picsou tous les deux mois (mais chais pas comment on dit, car bimensuel c’est deux fois par mois non ?)  Au milieu des gentils donc, y’avait le méchant, Pat Ibulaire.

Le matin, je suis la première à arriver au bureau.  Enfin pas tout à fait, vu que la femme de ménage technicienne de surface est là avant moi, bien avant moi.  Elle est cool et après notre conversation matinale habituelle, savoir le lundi « ça va, ben comme un lundi, oui vivement vendredi », le mardi « ça va, fatiguééééééééééééééée », le mercredi « ça va, vivement le wiiiiiiiiiikende », le jeudi « ça va, ouiiiiiiiiii, demain wiiiiiiiiiiiiiiikeeeeeeeeeeeeeeeeendeeeeeeeeeeeuh » et le vendredi « ça va, yes yes yes, que du bonheur c’est vendredi et demain c’est samedi on fout l’camp d’ici oh (ça se chante hein ça) », je rejoins mes pénates.

Soudain, même pas assise l’Anaïs, on sonne.

Trop tôt pour être le facteur.

Vu que je bosse dans le bureau « fort fort lointain », comme Shrek, il me faut un temps fou pour rejoindre le hall d’accueil et l’ouvre-porte.  J’entame donc ma randonnée jusqu’à la porte d’entrée, pas après pas, marche après marche, persuadée que c’est pas le facteur.  Et que j’ai pas envie d’ouvrir, du coup, mais c’est mon devoir.

Durant le trajet, ça sonne à nouveau, de façon impatiente.  Oui, l’impatience se remarque dans le coup de sonnette, vous n’aviez jamais remarqué ?

Après ce long périple, j’arrive à quelques mètres de la porte quand, soudain, le drame se produit : les coups de sonnettes exaspérés ont laissé place à des coups répétés sur la porte, assortis de mouvements violents sur ladite porte, pauvre petite chose fragile secouée pire qu’un morceau de fruit dans un blender à smoothies.  L’individu aimable qui sonnait gentiment à la porte a laissé place à une sorte d’Incroyable Hulk excédé de ne pouvoir entrer…  Et moi aussi je suis excédée de ce manque de respect.  Tout bien réfléchi, je suis plus effrayée qu’excédée, car c’est l’aube et je suis seule, la technicienne de surface m’ayant lâchement abandonnée pour se réfugier à la cave, une fois que les coups répétés ont commencé.  Et l’individu insiste, secouant la porte à qui mieux mieux, dans l’espoir vain de la voir céder… ce qui serait, somme toute, assez amusant.  Non ?  Non.

Je prends donc mon courage à deux pieds, j’ouvre la porte, et découvre… une petite dame toute menue toute frêle, à l’air courroucé de la puce face à un Sphynx.  L’air de rien, elle me remet un courrier.  Un simple courrier !  Un bête courrier.  Puis elle s’en va, toujours l’air de rien.  Tout ça pour ça…

Je vous le dis, ma bonne Dame, la clientèle n’est plus ce qu’elle était.

23
jui

Rediffusion estivale pour Caroline : Vive le monde moderne VS à bas le monde moderne

A la date du 19 décembre 2010, un dimanche, des chroniques livres, puisque le dimanche on lit au lit. Notamment une chronique très noëllesque, si tu veux tout de même avoir un billet à la date choisie.

Je rediffuse donc le billet de la veille, du 18, dont la lecture est plus sympa que des billets sur des livres parus il y a plus de deux ans :

En regardant Dirty Dancing en DVD l’autre jour, j’ai réalisé à quel point le monde moderne facilitait ce genre de chose : mater un film, au moment où je le désire, à la seconde où je l’exige.

Passque quand j’étais môme, au siècle dernier, ben c’était pas si facile, rha ben non ma bonne Dame.

D’abord, les magnétoscopes, ça coûtait un pont quand j’étais môme.  C’était du super méga luxe.  Notre premier, acheté d’occasion, le fut pour la modique somme de 2 000 eur.  2 000 eur de l’époque, soit encore bien plus actuellement.  Avoir un magnétoscope, c’était du luxe, puisque je vous le dis.

Ensuite, bien sûr, y’avait pas internet, on écrivait dans les grottes avec des branches noircies par le feu, du moins après qu’on l’ait inventé, le feu, donc impossible de regarder quoi que ce soit en streaming, ni de télécharger quoi que ce soit.  Impossible, de plus, je fais une petite digression, de trouver le nom d’un acteur ou d’un film sur internet, via Google, ce qui me contraignait, quand j’avais un nom sur le bout de la langue et que ça m’exaspérait de ne pas le retrouver pire qu’un moustique la nuit, à envoyer un sms à mes copines pour obtenir de l’aide (exemple : c’est qui déjà la femme du mec qui jouait dans ce film sur les avions de chasse, un brun craquant là…) – et là je parle d’après l’arrivée des GSM, car avant, c’était encore plus l’enfer…  Fin de la digression.

Alors, quand on voulait voir un film, on louait la cassette à la vidéothèque du coin.  Pas de VOSTF disponible, bien sûr, fallait se contenter de la VF.  J’en suis même à me demander si je savais que les VO existaient, habituée que j’étais à tout voir en français.

Pour Dirty Dancing, en 1987 donc, j’avais obtenu qu’on le loue un samedi, ce qui permettait de garder la cassette jusqu’au lundi matin, ô bonheur suprême.

Bien sûr, j’avais vu Dirty Dancing au cinéma.  Et m’étais prise d’une passion folle pour Patrick Swayze (c’était de mon âge, à l’époque… cela ne l’est plus maintenant, ce qui ne m’empêche nullement d’encore fantasmer sur ses pectoraux en chocolat belge).  J’avais acheté les deux cassettes (et oui, le CD n’existait pas encore) contenant la BOF, je collais des photos de Patrick dans mon journal intime, je traduisais mal She’s like the wind, que j’avais choppée sur une radio et que j’écoutais en boucle en rêvant que Johnny/Patrick me fasse danser puis me fasse l’amour comme un dieu du sexe.

Alors, l’arrivée de cette cassette vidéo de location dans ma vie mon week-end, ben c’était comme l’arrivée de Saint-Nicolas, comme la résurrection du Christ, comme la nouvelle collection d’écharpes Strelli : un bonheur.

Le samedi soir, donc, vision en famille de Dirty Dancing.

Et le dimanche, j’obtiens de le regarder encore deux fois, avant qu’on le (le = Patriiiick) range gentiment dans sa boîte pour le rapporter le lendemain au vidéoclub.  Tout ça sur la télé du salon, car bien sûr, à l’époque, c’était une télé par famille.  Je sais, c’était Les misérables quand j’étais môme, même qu’on jouait au tennis sur Atari, la misère je vous dis, mais j’en parlerai un autre jour, du tennis sur Atari ou de Donkey Kong, une digression suffit par billet.

Cela fait un bail maintenant, mais je m’en souviens comme si c’était hier.  Intense dimanche que celui-là, puis tristesse de devoir rendre la cassette.

Tristesse intense.

Désespoir profond.

Alors que de nos jours, ben c’est la satisfaction du besoin immédiat, ou la satisfaction immédiate du besoin enfin c’est chou vert et vert chou.  Avec internet, avec les DVD, avec les locations à la demande, avec le voocorder qui peut même mettre le programme en pause (je l’ai toujours pas, m’ont jamais rappelé chez Voo, enfin chez moi, mais je perds pas espoir)…

Bonheur immédiat.

Mais peut-être, sans doute, certainement, moins intense que celui que j’ai eu à pouvoir regarder deux fois Dirty Dancing sur un seul dimanche, sachant que je ne le verrais ensuite plus avant des mois, lors de son passage à la télévision.

Finalement, eske le bonheur immédiat ne gâcherait pas le plaisir de l’attente du bonheur, tout bien réfléchi ?

22
jui

Rediffusion estivale pour Paul : les addictions d'Anaïs

Paul a demandé à lire un billet écrit le 15 mai 2010.  Hasard étonnant, ce jour-là j'avais déjà publié... une rediffusion, ce qui ne m'est arrivé que genre dix fois en bientôt sept ans de blog...  Donc ce billet du 15 mai 2010 était déjà périmé, il l'est plus encore désormais, car datant de 2007-2008.  Il s'agissait de trois courts textes pour un concours. Bonne lecture Paul.

Who's next ?

Accro du shopping

Scénario : Le ciel est bleu, pas un nuage, la vie est belle, je suis belle, je suis la plus belle, c'est décidé !  Je m'en vais shoppinger.  Claquer du fric.  Faire valser les billets.  Faire voler la carte de crédit.  Vider la bourse.   J'ai lu que nous ne pouvons être tenus responsables des achats compulsifs que nous faisons.  C'est la faute à la dopamine.  Elle nous pousse à acheter pour assouvir un besoin de plaisir immédiat et éphémère.  Tant mieux.  Adieu culpabilité. 

Trois heures plus tard...

Je bondis de joie, je saute tel un cabri dans la prairie humide de rosée du matin, mes achats à la main, je jouis de ce bonheur qui m'anime.  Ces chaussures, ces fringues, ces livres, ces DVD, ces produits qui vont me rendre plus belle que belle.  L'extase à l'état pur.  Et patatras.  Je réalise que la guerre avec mon compte en banque est déclarée, que ma Visa va me faire la gueule trois mois durant, que je suis condamnée à ne m'alimenter que de pâtes sauce tomate jusqu'à la fin du mois et à déménager pour parvenir à stocker mes achats compulsifs.

Dieu sait pourtant que je suis stable, raisonnable, équilibrée, organisée, jeune, belle, fashion victim et propre sur moi, mais quand le Dieu shopping s'offre à moi, je ne peux définitivement y résister.

C'est grave docteur ?

 

Accro au chocolat

Bonjour, je m'appelle Anaïs et je viens de m'inscrire aux "dévoreurs de chocolat anonymes". 

Non, je ne suis plus une adolescente attardée vautrée sur son canapé et complètement accro au chocolat et ses ersatz.  Je suis une adulte équilibrée (ou presque), j'aime aimer, j'aime danser, j'aime rire, j'aime écrire, j'aime profiter de la vie, mais j'aime par-dessus tout manger du chocolat.  Et le mot est faible : j'adore dévorer du chocolat, je me repais d'engloutir du chocolat, je bave lorsque j'engouffre du chocolat, je jouis à chaque fois que mes papilles gustatives rencontrent du chocolat.  Manger du chocolat : un orgasme gustatif assuré.

Que la dépendance au chocolat soit due aux substances diaboliques qu'il renferme ou qu'elle soit simplement psychologie, générée par son goût divin, qu'importe.  Je m'en moque.  J'aime le chocolat.  C'est aussi simple que ça.

Sous toutes ses formes : le pain au chocolat du petit déjeuner accompagné d'un chocolat chaud (plus chocolat que chaud d'ailleurs), les barres chocolatées en veux-tu en voilà, le milk-shake chocolat et sa crêpe au chocolat chaud dégoulinant, les œufs de Pâques, les œufs de toute l'année farcis d'une surprise enfantine régressive, les biscuits recouverts d'un succulent glaçage à déguster morceau par morceau, la pâte à tartiner qui ne se mange qu'à la louche, j'en passe et des meilleurs... (NDLR là, j'ajouterais le blanc spéculoos, mon addiction actuelle).

Rien que de l'écrire, j'en bave.  Et je pars de ce pas acquérir un stock de victuailles plus chocolatées les unes que les autres.  Ne m'en veuillez pas, je ne peux plus résister...

Au secours !

 

Accro aux séries télé

Je suis raide dingue des séries télé.  En tous genres.  Raide dingue tout court dites-vous ?  Non, juste un peu ado attardée qui adore se repaître de la vie des autres, vibrer avec eux, aimer avec eux, rire avec eux.

Quand j'étais ado, j'étais folle des séries pour ados (c'est d'une logique implacable). 

Maintenant que j'en suis au stade de "l'adulescence", à savoir que je suis adulte, fraîche, moderne, que je bosse toute ma sacro-sainte semaine pour gagner ma croûte, mais que je suis néanmoins bloquée au stade mental de l'adolescence, je suis folle de toutes les séries, non seulement celle pour ados mais aussi toutes les autres.  Et quand je dis folle, le mot est faible.  C'est une véritable dépendance.  Si je n'ai pas mon quota hebdomadaire télévisuel, je craque, j'entre en crise de manque, je me rue chez le premier revendeur venu pour acheter ma dose (de DVD).

Mon dernier coup de folie en date : Prison Break.  Trois épisodes chaque mercredi.  Le nirvana à coup sûr.  Chaque mercredi, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne, je me prépare psychologiquement à ce moment de béatitude qui m'attend.  Plus l'heure de diffusion approche, plus je frémis d'impatience.  Mais, ô rage ô désespoir, tout a une fin.  Depuis, je souffre d'un terrible vide dans ma vie, au point de tenter de trouver des bribes d'épisodes sur le net, tel la cigale cherchant de quoi manger une fois la bise venue.

Si une des séries ne passe pas encore à la TV, je squatte chez l'un ou l'autre détenant le sacro saint sésame permettant l'accès aux dernières saisons de mes séries vénérées : le décodeur BeTV.  En cas d'absence, je les soudoie, je les supplie de m'enregistrer les épisodes tant attendus.  Au besoin, j'exerce un chantage crapuleux. 

Je suis diabolique... et séries addict.

23
avr

J’ai testé « huit heures en compagnie de Pierre Rapsat »… et plus encore

Tout a commencé vendredi dès l’aube, au bureau, lorsqu’un mail du Soir m’annonçait un CD de « Scala chante Rapsat » offert avec son édition.

Ni une ni deux, je me précipite en librairie pour découvrir « la chose ».  J’aime les chorales, j’aime Rapsat, je ne pourrai qu’aimer une chorale qui chante Rapsat, d’autant que pour la petite histoire, Mostek m’avait proposé d’aller voir Scala au théâtre de Namur en février dernier… bon, finalement, elle s’était trompée, c’était pas Scala, mais une autre chorale, ah ah ah la bonne blague, mais j’y ai cru jusqu’au bout, que je verrais Scala…

Dans la foulée je découvre le triple CD, le livre et le DVD, que j’offre à mon compte en banque, j’en ai déjà parlé, puis je me souviens que le soir, y’a une émission spéciale.

A 20h05 pétantes (prout), je suis devant mon téléviseur, prête à regarder cette émission, dont je décide de lire le résumé dans ma bible Ciné Revue, et là, j’apprends que ce n’est pas une seule émission, mais une big soirée spéciale de la mort qui tue, que La Deux nous a réservée.  Yes.  Bonheur.  Souvenirs.  Emotions.  Nostalgie.  Je prépare mon graveur DVD pour une soirée de folie, histoire de garder tout cela en stock.  C’est une première pour ce graveur acheté en juillet dernier, qui me servait jusqu’alors uniquement de lecteur.

20h05, donc, Aimons les étoiles.  Film inédit biographique, plein d’émotion, comme je m’en doutais, avec les témoignages de ceux qui l’ont connu, dont son épouse et son fils.  Plein de surprises aussi, puisque j’y ai appris une foule de choses, notamment qu’il avait participé à l’Eurovision en 76, que ce concert à Forest auquel j’étais en 86 était une première pour un artiste francophone belge, que Du bleu dans les nuages fut uniquement enregistré sur maquette, pas le temps d’en faire plus, que l’album Dazibao avait été écrit dans l’ignorance de sa maladie, contrairement à ce que je pensais vu les thèmes des chansons… malheureusement prémonitoires.  Très joli moment que ce film, d’autant plus qu’il ne fut pas entrecoupé de publicités, oyé.

21h30. Concert Tous les rêves au Cirque Royal de Bruxelles, capté en 2001, peu de temps avant l’annonce de la maladie.  Superbe, surtout lorsque les cordes s’y mettent.

23h.  Quelque chose en nous de Pierre Rapsat, diffusée en 2007, rassemble à nouveau témoignages touchants, extraits de chansons et anecdotes amusantes.  Poignantes minutes lorsque son neveu chante Du bleu dans les nuages.

00h30. Conviviale poursuite, enregistrée lors de la sortie de Dazibao.  J’ignore s’il se savait malade, mais j’en ai bien l’impression.  Si tel était le cas, grosse bourde de François Pirette qui annonce « c’est lorsqu’on est malade ou très âgé qu’on écrit le mieux ».  Et Rapsat de répondre « je dois avoir écrit un chef d’œuvre alors ».  Glups.

1h30. Scala.  Un documentaire sur la genèse de leur aventure Rapsatienne, sur la naissance de cette chorale.  Sur ces deux frères plein de fougue et de charisme.  Sur la découverte par ces jeunes flamandes de l’existence de ce chanteur wallon dont elles ignoraient tout.  Sur la symbolique de les voir chanter en français.  Sur l’apprentissage difficile des paroles.  Magnifique reportage, même si je lutte contre le sommeil.

2h35.  Concert Passagers de la nuit en hommage à Pierre, donné après son décès.

Il est dans les 4 heures du matin, ces huit heures se terminent.  J’ai peu dormi, je suis imprégnée de tout cela, plus moyen de m’endormir malgré la fatigue.  Je persiste et signe durant tout le week-end en écoutant mes CD, encore et encore, en redécouvrant les paroles de certaines chansons (Judy, Du bleu dans les nuages), le tout dans un mélange d’émotion nostalgique et de bien-être absolu.

13
mar

14 mars 1997 (La vie d'une autre)

Et si je me réveillais le 14 mars 1997 ?  Ou plutôt, et si je me réveillais demain, 14 mars 2012, persuadée d’être le 14 mars 1997, ça me ferait quoi ?

Je sors d’avoir vu « La vie d’une autre », et ce film, je l’ai qualifié de traumatisant, même si le mot est fort.  A tout le moins, il est bouleversant et « philosophant ».  Surprenant aussi, troublant surtout.  Je partais pour une comédie romantique rigolote à la « 30 ans sinon rien », légère, fun et cucul la praline, mais que nenni.  De l’humour, il y en avait, bien sûr (même que Juliette Binoche en faisait un tantinet trop, parfois, juste parfois), mais surtout de la souffrance (même que Juliette est totalement et indubitablement parfaite dans ce type d’émotion).  Pas une comédie romantique, donc, mais une tranche de vie, une grosse tranche, une tranche de quinze ans, où l’on découvre ces quinze années oubliées, par petites doses, par petites touches, en même temps que Marie, alias Juliette Binoche, va le faire.  Avec le même étonnement qu’elle.  Et toute cette palette d’émotions par lesquelles elle va passer en faisant connaissance avec son fils, avec son job de femme d’affaire, avec ses conflits familiaux, avec l’amour de sa vie, pourtant si loin d’elle.  Et de se demander ce qui a bien pu lui arriver durant ces 180 mois.

Et de n’avoir de cesse de me demander, moi aussi, « et si ça m’arrivait ? »  Si, moi aussi, à l’instar de Marie, je me réveillais quinze ans plus tard, ne maîtrisant plus rien de ma vie, découvrant ce que je suis devenue, avec quelques jours seulement devant moi pour comprendre, réparer, renouer, aimer aussi.

Durant tout ce film, sans pourtant être distraite, je me suis posé cette question.

Et si je me réveillais demain matin en me croyant encore en 1997…

Je le ferais dans ce lit que je connais si bien, mais dans une chambre totalement inconnue. 

Je tâcherais de trouver mon chemin jusqu’à la salle de bain (où je pousserais des cris d’effroi en découvrant ma tronche ridée et des cris de joie en découvrant mes cheveux où le blanc a oublié de venir), jusqu’à la cuisine (où je pousserais des cris d’effroi en découvrant mon frigo vide), jusqu’à la porte de sortie et jusqu’à l’arrêt de bus, où mon abonnement me renverrait enfin une photo de moi telle que je pensais être, soit avec quinze ans de moins.

Je croiserais le rat et la souris en me demandant ce que font ces bestiaux inconnus chez moi.

Dans le salon, je découvrirais un truc étrange à côté de mon clavier d’ordinateur : un rat de plastique.  Et internet aussi, je le découvrirais...

Je partirais bosser avec une heure de retard, et j’arriverais au turbin pour réaliser que le bâtiment aurait été réaffecté.  Glups, il est où alors patron chéri ?

Avec deux heures de retard, finalement, après enquête, je rejoindrais mon lieu de travail, découvrirais mon nouveau boss et tous ces collègues inconnus.  Ah et bien en fait, tous le seraient, inconnus ! 

Mostek me proposerait un cinéma et je lui dirais « ok, mais, on est amies, toi et moi, alors ? »

J’apprendrais avec stupeur et joie intense mon nouvel horaire, et je partirais profiter de mon temps libre.

J’en profiterais pour aller dire bonjour à bon-papa et bonne-maman, mais trouverais porte close et apprendrais leur départ pour là-bas.

J’appellerais mon amie pour en parler, mais son numéro ne serait plus bon.

J’en appellerais une autre, qui me demanderait de la laisser tranquille, définitivement.

J’appellerais alors papa, mais son numéro ne serait plus attribué.  Chez lui, je trouverais une auteure belge qui se la pète grave et m’annoncerait froidement « il ne vit plus ici ».

J’irais me consoler en ville avec un chtit shopping, mais ne trouverais plus mes magasins habituels.

J’en visiterais d’autres et m’étonnerais de ne pas entrer dans mon 38 habituel.

Je baverais devant ces jolis petits trucs colorés dont j’ignorais tout : des macarons, que ça s’appelle.

J’achèterais quelques disques de parfaits inconnus : Mika et Lady Gaga.

Je m’offrirais une jolie photo du WTC de New-York.  Un jour, j’irais le voir, ce WTC.  Cette année, Floride, mais l’an prochain, qui sait…

Je me réjouirais d’être marraine dans peu de temps.  Ce petit être à venir, gamin ou fille, surprise surprise ?

Je découvrirais alors un tout petit téléphone dans mon sac, un gsm, moi qui avais juré, il y a quelques jours, de ne jamais tomber dans ce piège pour snobs.

J’appellerais au hasard un prénom masculin que je trouve joli et entendrais mon ex me demander avec étonnement pourquoi je l’appelle tant d’années après qu’il m’ait larguée comme un vieux slip.

Je rentrerais chez moi après avoir sorti ma carte d’identité, tiens, elle a rétréci, tiens, c’est quoi cette puce, tiens, y’a pas mon adresse, mais je vis où déjà ?  Je rentrerais chez moi après avoir sorti une carte de visite à mon nom et une autre à celui d’une certaine Anaïs Valente.

J’analyserais avec étonnement cette TV étrangement plate au milieu de mon salon et cet appareil bizarre avec un logo Voo.

Je trouverais dans ma bibliothèque les livres de cette Anaïs Valente. 

Je découvrirais peut-être un jour, au hasard de mes recherches sur cette Anaïs Valente, que ce blog, ben c’est le mien.

J’irais me coucher et déciderais de lire Et si c’était vrai, d’un certain Marc Levy.  Je le lirais au finish et pleurerais comme un veau la fin. 

J’ignorerais encore que, dans quelques semaines, j’allais tomber en amour…

Je m’endormirais, angoissée de me réveiller le 15 mars… de quelle année ???

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13
fév

Pour vingt balles, t'as plus rien...

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Un petit souvenir trouvé sur Facebook m'a rappelé ce dont je parlais il y a peu : ma petite sortie mercredicale (comment on dit pour une sortie du mercredi, le dimanche dominicale, mais le mercredi ?).  Ma bonne-maman de Salzinnes me donnait vingt francs et je descendais, toute seule (à l'époque, les phobies dutroutesques n'existaient pas encore), me chercher une boule de Berlin.  C'était vingt francs.

Quand j'en ai eu marre de l'Allemagne, j'ai opté pour les champignons en meringue farcis de crème.  Pour vingt francs, j'avais cinquante grammes.

J'ai toujours, quelque part chez moi, un billet de vingt francs, avant son remplacement par la pièce, puis un de cinquante, avant idem, et enfin un de cent, avant l'arrivée de l'euro.  J'ai zappé ceux de mille et deux mille, voire cinq mille (ça existait ça ?), faut pas pousser.

Et maintenant, pour vingt balles, on a quoi ?

- un seul champignon à la crème (0,45 eur, testé l'autre jour)

- un pipi à Forest National

- un hot dog chez Ikéa

- une bouteille de coca light 365 chez Delhééééz

- un tiers de Ciné télé revue

- ... euh...

What else ?

29
jan

Votre Souricette à vous, elle s’appelait comment ?

« Le dimanche, on écrit au lit ».

Pour une fois, ce dimanche, je n’ai pas lu au lit : j’ai écrit au lit.

Je ne vous l’ai pas encore dit, mais en ce moment j’ai envie d’écrire des histoires pour les petits.

J’en ai déjà écrit trois.  J’adore ça, écrire pour les bout’chou.

Je vous entends déjà rire « comment, Anaïs, qui n’a pas de marmots, écrit pour les nôtres, ben voyons, c’est fort de café décaféiné ça ».

Ben non c’est pas fort de café décaféiné.

J’ai écrit des guides où j’apprends aux célibataires à être ordonnées et à cuisiner, moi qui suis désordonnée et ne cuisine pas.

J’ai écrit des histoires de tueurs diaboliques, moi qui n’ai jamais tué personne.

J’ai écrit des histoires d’amour à la vie à la mort, moi qui ne suis pas aimée (c’est là que vous pouvez pleurer).

Donc pourquoi je pourrais pas écrire des histoires pour les petits ?

Ma dernière histoire parle de Souricette, je l’ai écrite ce matin.  Les deux premières, vous demandez-vous, petits curieux ?  Top secret, je vais pas tout vous dire non plus hein, faut préserver le mystère de la marketing Anaïs team (seuls les anciens lecteurs comprendront cette expression).

Souricette, elle a partagé mon enfance.  Elles ont partagé, devrais-je dire, car je me rappelle d’une Souricette au corps psychédélique et d’une autre en vichy rouge, ma mienne.

Je ne l’ai plus, malheureusement, ma Souricette.

Me reste juste cette photo.  Un bout de bonheur dans la maison du bonheur, celle de mon enfance.  A côté de Souricette, un lapin sans nom qui trône encore dans mon grenier, lui.  Et au milieu, c'est mouaaaaa.

Et vous, votre Souricette, elle s’appelait comment ?  On peut voir une photo, pliiiiz ?

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29
déc

Voyage en nostalgie sur fond musical

Je vous écris des années 80, où je suis donc partie en voyage musical après avoir rebranché la chaîne hi-fi de mon paternel.  J’ai moi-même une chaîne hifi, of course, mais une micro.  Avec juste un lecteur K7 qui ne sert pas, la radio et un lecteur CD.  Elle m’accompagne depuis genre 1997, voire avant, la résistante.  J’ai également toujours le tourne-disque de mon enfance, mais il n’a plus de « lecteur », ça s’appelait un diamant à l’époque non ?  J’avais tenté d’en retrouver un, en vain, il y a des années.  Je parie qu’actuellement ça serait possible, vu que les tourne-disques sont à nouveau en vente, avec fonction conversion MP3.  J’ai donc hérité de cette chaîne hifi, qui allait me permettre, en ce jour solennel, de réécouter ma collection de 33 et 45T, plus jamais écoutée depuis en tout cas 1995, voire avant.

Je commence fort, avec un 33T reçu quand j’étais môme, qui contenait Words de FR David, ma passion fugace de l’époque.  Je lance le 33T, et je me mets à brailler comme un veau.  A gros sanglots longs des violons de l’automne.  Je n’aurais pas imaginé que ce morceau me ferait un tel effet.  L’effet de l’enfance, l’effet de cette période où j’avais une famille que je croyais (innocence bête) unie.  L’effet de me revoir, en flash-back, écouter ce morceau dans ma chambre de l’époque, que je n’aimais même pas en plus.  L’effet de savoir que si je peux écouter ce morceau, c’est because of la fauchieuse qui a fauché.  Et je pleure je pleure je pleure.

Puis la source se tarit et je me concentre sur le morceau. 

Ah que le son est mauvais, strident, criard.  Mais que c’est bon, ce geste de soulever le bras du tourne-disque et de le déposer précautionneusement sur le disque, en essayant de ne pas le faire glisser, histoire de ne pas casser immédiatement mon nouveau jouet.  Ah que c’est chouette finalement d’avoir mon âge, d’avoir connu l’époque des disques, tout simplement.  D’en avoir acheté, reçu, offert, collectionné.  De ne pas devoir dire « les disques, ah ah ah, mais j’étais pas née ».  D’entendre, à la fin du morceau, les craquements si caractéristiques de cette époque, les craquements des vinyles.

Je décide alors, après avoir bien pleuré, d’écouter quelques 45 tours.  Immédiatement, je réalise à quel point c’est chiant de devoir changer de disque toutes les 3 minutes 28 secondes, d’autant que le rond (pour ceusses nés après 1990, le rond se met au centre du 45T pour qu’il ne bouge pas, vu le trou qui le perce en son centre, tandis que le 33T n’a pas besoin de rond, son trou étant plus petit – c’était la leçon tourne-disquesque du jour). 

Je vous commente en direct live…

Mylène Farmer, pour commencer, me susurre qu’elle est désenchantée.  De circonstance après les larmes absolues d’il y a dix minutes chrono.  Je me sens comme elle.

Un peu plus de joie avec Kim Wilde et Cambodia, dieu que c’est chouette.  Et je danse.  Oups, la fin du disque tourne en eau de boudin, tout se bloque, doit y avoir une grosse grosse poussière.  Et oui, en ce temps là, les peluches s’accumulaient sur le diamant, et fallait les enlever précautionneusement.

Tiens, deux 45T d’Amnesia, ça me rappelle vaguement quelque chose.  Allez, j’écoute Ibiza.  My god, de la new beat.  Comment ai-je pu aimer ça ?  Ah ben oui, j’ai aimé, et finalement, certaines tonalités me plaisent encore, nostalgie nostalgie, qui me catapulte à la mer du Nord, avec ma meilleure amie homonyme de l’époque, les sorties au Stardust chaque soir, et la new beat à chaque minute.

Madonna et Live to tell.  J’ai tous les 45T de Madonna, qui fut ma première passion (après Belmondo, of course).  Et eux ont un traitement de faveur : des pochettes plastique de protection.  J’ai même des maxi collector, yesssss.  Le jour où elle décèdera (le plus tard possible hein), ça vaudra une fortune non ?  Sait-on jamais…

Minutes plan plan avec le duo Glenn Medeiros et Elsa et leur roman d’amitié.  Je me revois en voyage scolaire à Londres.

Luna Parker et ses états d’âme Eric.  Je la connaissais par cœur, comme quasi toutes.  J’adorais, comme toutes.

Cretu chante Samourai, kekseksa ?  Plus aucun souvenir, allez, j’écoute.  Après avoir enlevé quelques crasses qui squattent le 45T.  Bon ça me rappelle vaguement quelque chose, sans plus.  On dirait du vague Depeche Mode.  Aaah, yes, au refrain je me resitue. Ohouho, ohouho, et je chante, je hurle.

Pour toi Arménie.  J’achetais tous les disques à vocation humanitaire.  We are the world aussi.  Et les Restos du cœur aussi.  Et même Sampan, dernier matin d’Asie, que j’avais totalement oublié.  Y’a que celui pour l’Ethiopie que j’avais zappé, car il n’était qu’en version maxi, tandis que mon budget, lui, était mini.

Bros et When will I be famous.  Dingue, j’avais oublié qu’ils avaient un jour existé, eux ! Une de mes amies en était raide dingue, genre amoureuse quoi.  Pas moi, moi c’était Madonna, mais j’étais pas amoureuse.

Tragic error – klatsche in die hande.  Et vlà de l’allemand, la période new beat, le retour.  Dieu que ça a dû être dur pour ma famille de supporter les écoutes de ces morceaux, que je suis sûre, je mettais en version repeat (oui, ça existait sur mon tourne-disque, le bras revenait puis repartait au boulot, qué progrès déjà à l’époque).

2 belgen – Lena.  Sans doute le morceau préféré de ma pré-adolescence.  Complètement folle de ce morceau, qui passait à la fête de l’école oùsque j’étais, la fête du collège que ça s’appelait, aux auto-scooters.  C’était trop cool ce week-end festif annuel.  Et j’étais amoureuse.  J’allais aux auto-scooters en rêvassant à mes amours en écoutant Lena.  Rhaaaaaaa, Lena Lena, this melody…

Zinno – What’s your name.  Quelle idée d’acheter « Bond, my name is Bond », moi qui ai toujours détesté ces films.  Cette chanson ne me rappelle rien, absolument rien, si ce n’est que je l’ai aimée à un moment précis…

France Gall – Cézanne peint.  Magnifique morceau, qui me fout toujours les mêmes frissons. Souvenir du concert à Forest où je l’avais vue.  Et du second concert où j’avais vomi mes tripes sur les chaussures de mon accompagnatrice, la pauvre.  Coût de ce 45T, 110 francs, dit l’étiquette.  En 1985. Et la pochette précise « extrait de l’album Débranche, disponible en K7 et compact disc ».  kwaaaaaaaa, les CD existaient déjà en 1985 ?  Ah ben ça alors.

Celine Dion – La religieuse.  Pas le gâteau non, la vraie religieuse.  Je parie que je suis la seule au monde à connaître ce morceau.  Et à l’aimer à la folie.  Me demande, là, si j’ai pas finalement loupé ma vocation.

Kylie Minogue et Jason Donovan et leur Especially for you.  J’adore.  Cucul ?  Ben oui, c’est le but.  A l’époque, on bavait toutes devant Jason, que personne ne tente de le nier.  Ni brun ni ténébreux, mais on bavait.  Me demande ce qu’il est devenu, tiens.

Rho ben ça, je savais même pas que j’avais ce disque : Chi mai d’Ennio Morricone, BOF de Belmondo dans Le professionnel.  Rha ce film.  Rha Bebel.  Ral la fin, tragique et cruelle.  Rha cette musique sublime.  Le disque date de 1980, cela doit être mon tout premier 45T, le premier de ma vie.  Trop beau.  Ça me rappelle cette belle émission sur la carrière de Bebel, que j’avais regardée il y a peu, avec plein d’extraits de ses films et de ses cascades.  Je l’admire toujours, mon Bebel.  J’avais 8 ans et il fut mon premier amour.

France gall – poupée de cire poupée de son.  Là, j’étais pas née, bande de vilains.  Ce disque me vient de ma môman.  J’adorais.  J’adore encore.  J’ai plus la pochette, drame, où peut-elle bien être ?  En plus, à l’époque, on avait quatre chansons par 45T oui oui oui, quasi un mini album quoi.  Alors j’écoute aussi, tant qu’à faire : dis à ton capitaine, un prince charmant et les titres me reviennent sans tricher… sauf le 4e qui ne veut pas surgir…

Si ces morceaux vous ont rappelé des anecdotes, des premiers baisers, des disputes, des tranches de vie… ne me laissez pas seule avec mes souvenirs, partagez partagez partagez, dites-moi tout.

27
déc

Voyage en nostalgie dans un remake de C’est du propre

J’ai récemment pris une big décision : ranger la pièce qui m’a servi à un certain moment de ma vie de bureau / chambre d’amis / grenier, devenue, au fil des années, un grenier, simplement un grenier.  Un grenier mal rangé en plus, malgré mes investissements dans ces chères Billy (les bien connues bibliothèques Ikea).  Mal rangé car j’ai la sale habitude, plutôt que de ranger, de déplacer d’une pièce à l’autre : je range le living en encombrant la chambre, puis je range la chambre en encombrant cette pièce-là.  J’ai une seconde sale habitude : ne rien jeter.  Emmagasiner mon passé.  Et vu que j’adore acheter, ça vous donne une idée de la gravité de la situation : livres, CD, DVD, souvenirs de chaque lieu de villégiature, livres scolaires jugés encore utiles, photos, extraits de presse, articles écrits par bibi, papier de la multinationale que je gère tant bien que mal, anciennes fringues dans lesquelles je n’entre plus (et si j’y entrais, je n’oserais bien sûr pas sortir avec sauf pour un bal costumé années 80-90), mais sait-on jamais que 1. je maigrisse, 2. la mode revienne aux épaulettes, 3. une terrible maladie synonyme de ce bestiau qui se déplace de traviole me frappe (et le 3, je prie tous les saints pour que jamais jamais jamais).  Et puis sinon, je recyclerai en torchons ou pyjamas, rien ne se perd titchu.  Sans oublier les fringues, que là, vu que mon pied a grandi (paraît que le pied se tasse avec l’âge), le bougre, je jette parfois, si j’en ai le courage.

Et là, j’avais atteint la situation des pires clients de C’est du propre.  En version bordel et poussière uniquement, rassurez-vous.  Dans cette pièce, pas de sacs poubelles pleins d’asticots et d’odeurs putrides, pas de vieilles assiettes poilues, rien que du sec, du poussiéreux, du encombré.  Tellement encombré qu’il était impossible de circuler dans la pièce.  Plus un mètre carré de disponible, rien que des box en plastique remplis, des livres éparpillés partout (cette manie d’aimer lire me perdra, je l’ai toujours su).

Ma décision fut donc prise un beau matin : chaque jour, j’allais bosser une demi-heure chrono dans cette pièce.  Pas plus, histoire de ne pas être dégoûtée trop vite, pas moins, histoire d’avancer un peu.

Le pire, quand on range une pièce dans cet état, c’est qu’il faut d’abord dégager le sol pour pouvoir y circuler.  Et le pire du pire, c’est qu’on passe plus de temps à déplacer le brol d’un coin à l’autre de la pièce : je vais arranger le coin bibliothèque, allez zou je bouge tout vers le coin bureau, puis je range le coin bureau, je redéplace vers la bibliothèque, puis je fignole la bibliothèque en déplaçant à nouveau tout mon barda.

Mais petit à petit, jour après jour, j’ai réussi.

Le premier jour, après une demi-heure, j’ai rangé tous les livres dont je vous parle chaque dimanche, jusqu’alors installés en piles instables au pied de mes bibliothèques.  En jouant à la chaise musicale, je récupère de la place : les dictionnaires vont dans le bureau, les classeurs dans le meuble, et les livres à leur place dans la bibliothèque. Bon, ça, ça me prend trois heures hein, ne rêvez pas, après la première demi-heure on ne voit pas la différence.

Le deuxième jour, je continue à me salir les mains dans les livres poussiéreux.

Le troisième jour, j’abandonne l’idée de ne bosser qu’une demi-heure, sinon mon opération rangement va durer jusqu’au 1er novembre 2015 au bas mot.  Je bosse donc quand ça me chante.  Et ça me chante souvent, vu que quand je ne suis pas dans la pièce en question, je n’arrête pas de penser « ah je mettrais bien ça là, je déplacerais bien ce meuble, et mettre ça à la place ».  Un tantinet obsessionnel quoi.

Le cinquième jour, j’entame les gros travaux : déplacer trois bibliothèques.  Qu’il me faut vider au préalable, ah ah ah.  Et là, le bordel prend des proportions encore plus énormes qu’au début du rangement.  Mais je ne me laisse pas envahir par le désespoir, et courageusement (tel un des sept nains), je vide les bibliothèques, je perce un passage dans le brol et je traîne les meubles à leur nouvel emplacement.  En me pétant le dos, bien sûr, histoire d’avoir un joli souvenir.  Puis je regarde le résultat.  Sympa.  Puis je regarde le brol : pire qu’avant le premier jour.

Le sixième jour je prends mon courage à six mains, car il m’abandonne.  Je déplace des bacs à rangement A4 récupérés de là oùsque je bosse quand on a déménagé il y a … sept ans.  Pratiques, mais jamais utilisés.  Ils sont attachés par deux, je décide de les laisser seuls pour en faire une tour.  Quatre heures, six litres de sueurs et six cents jurons plus tard, j’ai réussi.  Ces rangements sont une bénédiction : je peux y glisser tous les souvenirs débiles et/ou déprimants et/ou émouvants que je retrouve :

- une déclaration d’amour d’un homme que je n’aimais pas en retour (pourquoi je l’ai gardée ? passque j’ai reçu peu de déclarations d’amour dans ma vie, alors tant qu’à faire)

- une déclaration d’amour que moi j’ai faite, et qu’il a laissée là, sans réponse, car il ne n’aimait pas en retour (pourquoi je l’ai gardée ?  par sadisme envers moi-même, pour ne plus jamais déclarer mon amour, d’ailleurs je ne l’ai plus jamais déclaré)

- cette rose séchée extraite d’un bouquet offert par… dingue, j’ai oublié son nom, alors que j’ai couché avec, tchu

- le numéro téléphone d’un mec dont j’ai cherché en vain le nom il y a quelques mois, quand je l’évoquais avec des copines

- des faire-part de décès en pagaille, bonne-maman, bonne-maman, bon-papa, bon-papa, papa, et d’autres encore

- des coupures de presse relatant des événements auxquels j’ai assisté

- un plumier plein de souvenirs d’adolescence, dont cette fameuse photo volée dans le bureau du préfet d’éducation, d’un mec qui me faisait craquer (j’en ai déjà parlé non ?  quelle aventure)

- une photo extraite d’un voyage scolaire, découpée pour ne garder qu’un visage masculin… dont j’ignore actuellement tout, tchu cet Alzheimer précoce, c’est saoulant

- le classeur que j’ai utilisé durant toutes mes années de rénové, avec plein de petites notes, de mes copines, ou de phrases, du genre à pleurer dans les chaumières qu’on écrit quand on est ado et qu’on vit sa crise d’ado, triste monde cruel, classeur recouvert de photos publicitaires de Marie-Claire, que j’achetais chaque année à la rentrée  

- des cartes et bricolages de ma filleule, du temps oùsqu’elle était haute comme trois pommes et me déclarait sa flamme enfantine

- la carte accompagnant le fameux bouquet, signée… ce qui me permet de retrouver son nom.  Vous voyez que tout garder a du bon, passqu’oublier le nom d’un mec avec qui j’ai fait la chose, j’aime pô ça.

Le septième jour, comme dieu le père, je me repose.  Non mais, pourquoi lui et pas moi ?

Et les jours suivants, je continue encore et encore, passque c’est que le début d’accord d’accord.

Au bout de tous ces efforts, j’obtiens une jolie pièce pleine de lumière, avec un coin bureau, un coin biblio et un coin disco, si c’est pas le bonheur ça, je vous le demande, keske c’est…

Finalement, ce rangement, c’est comme une sorte de voyage dans le passé, une sorte de travail de deuil peut-être.  Version optimiste : ranger, faire le vide, pour un nouveau départ.  Version pessimiste : ranger, tout préparer pour un départ, pour LE départ.  Paraît que les gens qui vont passer de l’autre côté, inconsciemment, rangent tout, préparent tout.  Brrrrr, ça fait froid dans le dos. Oui, bon, restons sur la version optimiste, c’est mieux.

Une fois le travail bien avancé, une fois que j’ai dégagé et organisé le coin bibliothèque/musique, je branche la chaîne hi-fi héritée de mon père il y a des mois déjà, que j’avais stockée sur quelques centimètres carrés libres et je pars en voyage… un voyage musical.

16
nov

Tremble, petite Belge non addict de Tintin/Kuifje

Je mets Tintin dans les deux langues nationales, car il paraît que les flamands tirent la tronche à Spielberg d’avoir préféré Tintin à Kuifje, mais franchement, comment voulez-vous que Spielberg prononce Kuifje, sérieusement ?

J’ai récemment compris pourquoi j’aime pô Tintin.  J’avais écrit « je hais », mais le mot est trop fort, je ne le hais point, je l’aime pô, tout simplement.

J’aime pas Tintin car il est trop parfait, il réussit tout ce qu’il entreprend.

J’aime pas Tintin car il est pas brun ténébreux, il est blond à houpette.

J’aime pas Tintin car son papa est mort et que les héritiers sont pas cool avec les tintinophiles.

J’aime pas Tintin car le dessin animé que je regardais quand j’étais gosse avait un générique effrayant au possible, avec une voix vilaine qui disait « Tintin et le crabe aux pinces d’or », un peu comme si le crabe allait surgir de l’écran et me couper la tête.

J’aime pas Tintin car en reparlant du générique de ce dessin animé, j’ai eu une assimilation symptomatique avec L’île aux trente cercueils, cette série en noir et blanc qui m’a traumatisée étant enfant, un peu comme Tintin quoi.

J’aime pas Tintin car il est hautain, et même si ça rime, j’aime pas ça.

J’aime pas Tintin car la façon dont les histoires sont écrites dans les bulles (on dit les phylactères, et j’ai même réussi à l’écrire sans ouvrir mon dico, yesssss), c’est moche, c’est strict, c’est droit.

J’aime pas Tintin car ses dessins sont trop rigides, trop parfaits.

J’aime pas Tintin car moi j’aime L’agent 212.  Nokotopulelebistouillidagredo.  Pulélé.  Pulélé.  Pulélé.

La seule chose que j’aime dans Tintin, ce sont les expressions du Capitaine Espadon, oups Haddock, ça j’aime. 

Mais même si j’aime pas Tintin, y’a une chose que j’adoooore : c’est parler de Tintin et vous dire pourquoi je l’aime pas.

27
oct

Papy fait de la résistance

Il y a quelques mois, j’ai vu une chouette émission dont j’ai oublié le nom mais qu’importe.  Ça parlait des secrets de famille.  J’ai peut-être d’ailleurs déjà évoqué l’émission ici, sait-on jamais, je parle tellement de tout et de n’importe quoi que j’en oublie mes sujets…

On y voyait le secret de l’origine.  Découvrir à vingt ans que son père, au sens génétique du terme, est le voisin décédé et non pas celui qui vous a lu Martine à la mer pour vous endormir ou vous a flanqué des fessées quand vous faisiez du chambard (à l’époque, la fessée était encore autorisée).  La vérité est toujours bonne à dire, mais elle est souvent difficile à révéler.

On y voyait le secret de la collaboration, et la honte pour les enfants nés de tels parents.  Une honte infondée, car doit-on porter le poids des erreurs de ses parents ?  Non.

On y voyait Benoîte Groult (si mes souvenirs sont bons), témoigner de la couardise de sa famille face à une voisine juive dont les parents venaient d’être embarqués, qu’ils ont refusé d’héberger, par peur.  Comment juger, à l’aise dans mon canapé, sans avoir ressenti cette peur de la mort, cette menace permanente allemande ?  Un peu facile.  Je n’aurais peut-être pas fait mieux.

On y voyait le secret des résistants avec une femme apprenant à l’âge adulte que ses parents décédés durant la guerre en étaient, qu’ils avaient été assassinés.  Cela lui avait été caché depuis l’enfance, et lorsqu’elle découvre leur correspondance enflammée de l’époque, quelle émotion.

Magnifique émission, qui m’a plongée dans mon propre passé, tout comme l’a fait cette série des « Combattants de l’ombre ».

Mon bon-papa, l’un des deux, était résistant.  Un vrai de vrai.  On a retrouvé ses cartes et ses médailles officielles et tout et tout.  Il aurait notamment aidé des parachutistes anglais.  Je ne sais rien de plus.  A part qu’il s’est retrouvé prisonnier, où, je l’ignore, et qu’il en est revenu avec des maladies en veux-tu en voilà.  Je n’en ai jamais parlé avec lui.  Mais ça fait tout de même chaud au cœur de le savoir, comme une fierté mal placée car, comme je le disais plus haut, résistant ou collabo, je n’en ai aucune gloriole ou honte à tirer, c’était sa vie.  Mais tout de même, c’est cool.

Mon bon-papa, l’autre des deux, était résistant.  Un faux de faux.  Une résistance pleine d’humour.  Celle-là, c’est lui qui me l’a racontée.  Sans doute plus facile à évoquer que la véritable résistance.  Une résistance gastronomique, durant l’occupation allemande.  Les allemands ne parvenaient pas à faire des frites et s’en inquiétaient.  Ils demandent confirmation qu’ils doivent bien attendre que ça soit bouillant.  Oui oui.  Et puis ils doivent plonger les bâtonnets de pommes de terre, c’est bien ça ?  Oui oui.  Et attendre ?  Oui oui.  Et puis c’est prêt ?  Oui oui.  Mais pourquoi alors ça se désagrège au lieu de faire des frites ?  Aucune idée ! Voilà la résistance grand-paternelle, l’autre des deux : avoir laissé les Allemands tenter en vain de faire des frites… dans de l’eau bouillante. 

Et finalement, c’est totalement cool, d’avoir eu deux papys ayant fait de la résistance, chacun à son échelle.

Le drame, cependant, ce sont les années qui séparent les générations.  C’est le fait que, quand j’étais ado, tout ça ne m’intéressait pas.  C’est maintenant que j’aimerais parler avec eux de leur passé, de leur vécu, de leur ressenti, de ce qu’ils ont fait ou pas fait.  Maintenant.  Trop tard.  Ils sont dans la tombe.  Si un au-delà existe, j’espère qu’ils m’y attendent pour tout me raconter autour d’un bon verre de pinard.

11
sep

Il est...

Il est environ 15 heures ce mardi-là, je pense que c’est un mardi, et je reçois un mail d’une amie.  J’ignore quand je l’ouvre exactement, passqu’à l’époque, au bureau, on n’a qu’un seul pc relié à l’internet, on n’a même pas l’adsl, et pourtant on n’est plus au siècle dernier depuis peu, mais il me fait frissonner, ce mail.  C’est le but, mon amie sait que je vais frissonner en découvrant ce crash d’un petit avion de tourisme, moi qui a si peur des grands zoiziaux de métal.  Alors je frissonne, et je m’informe. 

Il est 15 heures 30, re-mail.  Et là, tout le monde a compris.  Effroi planétaire.

Un effroi qui ira en grandissant avec l’effondrement, l’effondrement bis, la troisième collision, puis la quatrième, évitée de justesse.  Tous ces morts.

Il est 18 heures.  Moi qui ne matte jamais les JT, à peine rentrée at home, je m’accroche à mon téléviseur comme un naufragé à son palmier.  En fait, je n’y crois pas.  J’ai l’impression de regarder un film catastrophe, que tout va s’arrêter dans un happy end.  Un peu comme quand je regarde Titanic, espérant durant plus de deux heures que l’iceberg ne sera pas là.

Il est 20 heures. J’étouffe d’angoisse, alors je m’enfuis de chez moi, besoin d’air.

Il est 22 heures quand je rentre, re JT, avec toujours les mêmes visions d’horreur.  Durant des heures, je ne peux me détacher de mon écran.  Encore aujourd’hui, je suis comme hypnotisée quand je revois des images, ne pouvant y croire tout en sachant que c’est bien réel.

Ce jour là, on a tous compris que l’impensable pouvait se produire.

Depuis ces dix années, j’ai vu énormément de choses.

J’ai vu sur la toile les théories les plus farfelues, auxquelles j’ai failli croire, failli seulement, sur ce coup monté par les Etats-Unis.

J’ai vu les frères Naudet plonger dans l’horreur, au hasard d’un reportage sur les pompiers de NYcommencé bien avant la date fatidique.

J’ai vu une femme voilée de noir, non en signe de deuil, que du contraire, annoncer, sourire aux lèvres, du moins je l’imagine ainsi, à quel point ça avait été formidable pour elle de voir s’effondrer les tours.  Sa joie était similaire à la mienne quand je vois un feu d’artifice.

J’ai vu des gens faire le choix de sauter pour échapper à l’enfer, conscients qu’en bas, ce serait un autre enfer.

J’ai vu l’épouse d’un passager du vol 77, celui du Pentagone, dire qu’elle aussi a souffert, elle aussi a perdu son époux, pas dans les tours, ailleurs, mais pareillement.

J’ai vu, ou plutôt entendu, les appels passés de là-haut, les adieux déchirants, les supplications, les déclarations d’amour, les voix empreintes de la certitude d’un vie qui va cesser.

J’ai vu le courage de passagers qui décident de tenter le tout pour le tout pour éviter un drame encore plus dramatique que celui qu’ils allaient à coup sûr vivre.

J’ai vu un enfant de moins de dix ans annoncer, comme s’il racontait une histoire lue dans un livre, qu’il n’a pas connu son père « il était dans la tour, un avion est tombé dessus, et il est mort… and he died ».  J’ai vu cet enfant réclamer des câlins et des bisous, qu’il n’aurait jamais.

J’ai vu des proches des terroristes ayant piloté les avions témoigner de ce qu’ils menaient une vie si normale, avant, que jamais ils n’auraient cru ça d’eux.

J’ai vu des pompiers à l’agonie d’avoir respiré les poussières toxiques pour sauver des vies, héros hier, aujourd’hui abandonnés par leur pays, qui ne fera rien pour eux.

J’ai vu la mère d’une victime, musulmane, expliquer qu’elle n’a pas eu droit à la sollicitude offerte aux autres parents de victimes, aux autres victimes, expliquer que l’avis de recherche de son fils était systématiquement arraché.

J’ai vu la peur absolue, l’angoisse infinie.  Je l’ai ressentie, aussi loin que j’étais.  J’ai vu la compréhension, après le second impact, que ce n’était pas un accident, que c’était délibéré.  J’ai vu la terreur que cela continue encore et encore, que la ville soit détruite, que ses habitants soient anéantis.  J’ai vu l’apocalypse lors de l’effondrement, les courses effrenées à travers les rues, les cris, les « My god » à répétition, les larmes, encore et encore. 

J’ai vu, revu, et vu encore des tas et des tas de choses sur ce jour que personne n’oubliera.

Et dix ans plus tard, je ne me dis qu’une seule chose : aucune idéologie, aucune religion, aucune croyance, ne justifie une telle haine de l’autre.

Le mot de la fin à Kroll…

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8
jui

Quand j’ai de la merde dans les oreilles…

(Les prénoms, les lieux et tout et tout ont été modifiés, pour préserver l’anonymat des protagonistes).

Voilà une expression empruntée à « Nouvelle star » pour le billet du jour.  Un billet que j’ai envie de vous faire depuis un bail déjà, mais j’attendais d’avoir de la matière.  Tout bien réfléchi, je n’en ai pas beaucoup plus, mais soit, il est temps.  It’s time.

Durant un repas entre amis à le week-end dernier, à Bras, nous étions tous dehors, à profiter de la chaleur ambiante, emmitoufflés dans des plaids et collés à un brasero, lorsque, soudain, envie soudaine (vous aurez compris que ce fut décidé soudainement) : chanter.

Et nous vlà parti dans un délire, à chanter plein de vieux trucs français trop trop bons trop trop pleins de souvenirs trop trop que j’adore ça.

Et puis, Ronny de chanter « ils parlaient de Francis et des coups de grisous… (Au Nooooord c’était les corons – et non les chorons, qui est une sauce, qu’on se le dise, private joke) ».

Gros blanc.  Gros silence.  Euh, ils parlaient de Francis ?  Gros fou-rire.  Sauf que, ça doit pas être Francis, mais j’avoue que je sais pas de quoi ils parlaient, tout bien réfléchi.  Mais Ronny est convaincu : ils parlaient de Francis, sans doute un mineur bien connu à l’époque.  Oui, bon, soit, why not.  Quelqu’un suggère cependant « 36 », année d’un drame des mines sans doute.  Direction notre pote Google, qui nous confirme qu’ils parlaient bien de 36.

Gros fou-rire bis.

Pas un rire moqueur, non, passque moi, en matière de chansons pigées n’importe comment, je suis la reine.

Des exemples ?

Des exemples.

La meilleure des meilleures date de mon adolescence, du temps oùsqu’on sortait danser chaque samedi, du temps oùsqu’on se déhanchait sur Sinbad in New-York… en hurlant comme des hystériques « Sinbad in New-York, oh, Sinbad in New-York ».  Jusqu’au moment où, morte de rire, une amie nous a corrigées : pas Sinbad in New-York… sing Allelujah…  Oups.

Ensuite, la classique, celle que tout le monde a chanté de la sorte « c’est Noël c’est Noël c’est Noël », par Enya.  En fait, Sail away, je pense.

La plus ridicule, made by myself alone « j’veux un disque, de funky musique, for brosse à dents ».  Longtemps, je me suis demandé pourquoi ce mélange d’anglais (for) et de français (brosse à dents), ainsi que le rapport entre la funky musique et les brosses à dents.  Jusqu’à ce que, vingt ans plus tard, je découvre les paroles « j’veux un disque, de funky musique, faut que ça danse ».

Enfin, la plus « pas erreur finalement ».  Du temps oùsque je matais Dirty Dancing en fantasmant sur Patrick, du temps oùsque je collais plein de photos de lui dans mon journal intime (que j’ai toujours, vous voulez voir ?), du temps oùsque j’écoutais en boucle She's like the wind, chantée par himself, du temps oùsque j’avais recopié les paroles, dont « I look in the mirror, and all I see, is an young old man »‏.  Et je me disais que c’était étrange qu’il y voie un « jeune vieil homme ».  A l'époque, on n'avait rien pour trouver les paroles de chansons, pas d'internet, rien que du silex et des parchemins.  Et bien finalement, merci Google, c’était les bonnes paroles.  Pour une fois que je comprenais que je comprenais mal, je comprenais bien, et je l’ai compris bien tard (vous suivez ?).

 

 

La plus récente, c'est Zaz que j'entendais dire "donnez-moi un clitoris, je n'en veux pas"... Je me disais bien que c'était pas très normal de chanter ça (déjà, qui refuserait un clitoris, hein, qui ?).  En fait, elle refusait une suite au Ritz...


ZAZ je veux (clip officiel) par kerredine

 

Et puis, dans la culture collective, y’a bien sûr celle qui n’est pas de moi et qui est connue dans le monde entier.  Celle du gars qui entre chez un disquaire pour acheter « Mombo ».  Rien à faire, le disquaire ne trouve pas (de nos jours, il serait sur youtube, mais soit).  Désespéré, le disquaire lui propose de fredonner l’air du fameux disque.  Et notre client de s’y mettre « Mombo sapin, roi des forêts… »

N’empêche, c’était trop cool cette petite séance karaoké en plein air l’autre soir, trop trop cool.

 

Addendum du 9 août, une chtite nouveauté : dans la chanson le Jerk, moi je comprenais "elle se dit qu'avec son tour de poitrine, et un Tshirt Dolly Parton".  En fait c'est "elle se dit qu'avec son tour de poitrine, du genre Elle Partone".  Séki Ellie Partone, au fait ?

22
mai

Moment nostalgique : une voix en or

J'ai entamé un rangement de ma chambre, toujours un chouia sinistré après l'épisode "déménageons le brol de la cuisine durant les travaux", passque j'envisage d'y mettre un placard pour ranger mes kilos de fringues au mieux.  Et vu que le môssieur vient cette semaine pour le devis, pas le choix.  J'ai retrouvé, rangeant mes cd ayant émigré du living à la chambre, la BO d'Une voix en or.

Vous connaissez ?

Une télésuite que j'ai d'ailleurs sur cassette vidéo et que je ferais bien de regarder avant que mon magnéto ne me lache.  Et que je tente de graver sur DVD, ça serait cool... reste à acheter un graveur DVD / magnétoscope, ma bonne dame.

Qué souvenir que cette télésuite que j'avais adooooorée.  Cucul ?  Oui, un peu, mais j'aime le cucultisme, vous le savez.

Depuis hier donc, j'écoute le CD en boucle.

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18
déc

Vive le monde moderne VS à bas le monde moderne

En regardant Dirty Dancing en DVD l’autre jour, j’ai réalisé à quel point le monde moderne facilitait ce genre de chose : mater un film, au moment où je le désire, à la seconde où je l’exige.

Passque quand j’étais môme, au siècle dernier, ben c’était pas si facile, rha ben non ma bonne Dame.

D’abord, les magnétoscopes, ça coûtait un pont quand j’étais môme.  C’était du super méga luxe.  Notre premier, acheté d’occasion, le fut pour la modique somme de 2 000 eur.  2 000 eur de l’époque, soit encore bien plus actuellement.  Avoir un magnétoscope, c’était du luxe, puisque je vous le dis.

Ensuite, bien sûr, y’avait pas internet, on écrivait dans les grottes avec des branches noircies par le feu, du moins après qu’on l’ait inventé, le feu, donc impossible de regarder quoi que ce soit en streaming, ni de télécharger quoi que ce soit.  Impossible, de plus, je fais une petite digression, de trouver le nom d’un acteur ou d’un film sur internet, via Google, ce qui me contraignait, quand j’avais un nom sur le bout de la langue et que ça m’exaspérait de ne pas le retrouver pire qu’un moustique la nuit, à envoyer un sms à mes copines pour obtenir de l’aide (exemple : c’est qui déjà la femme du mec qui jouait dans ce film sur les avions de chasse, un brun craquant là…) – et là je parle d’après l’arrivée des GSM, car avant, c’était encore plus l’enfer…  Fin de la digression.

Alors, quand on voulait voir un film, on louait la cassette à la vidéothèque du coin.  Pas de VOSTF disponible, bien sûr, fallait se contenter de la VF.  J’en suis même à me demander si je savais que les VO existaient, habituée que j’étais à tout voir en français.

Pour Dirty Dancing, en 1987 donc, j’avais obtenu qu’on le loue un samedi, ce qui permettait de garder la cassette jusqu’au lundi matin, ô bonheur suprême.

Bien sûr, j’avais vu Dirty Dancing au cinéma.  Et m’étais prise d’une passion folle pour Patrick Swayze (c’était de mon âge, à l’époque… cela ne l’est plus maintenant, ce qui ne m’empêche nullement d’encore fantasmer sur ses pectoraux en chocolat belge).  J’avais acheté les deux cassettes (et oui, le CD n’existait pas encore) contenant la BOF, je collais des photos de Patrick dans mon journal intime, je traduisais mal She’s like the wind, que j’avais choppée sur une radio et que j’écoutais en boucle en rêvant que Johnny/Patrick me fasse danser puis me fasse l’amour comme un dieu du sexe.

Alors, l’arrivée de cette cassette vidéo de location dans ma vie mon week-end, ben c’était comme l’arrivée de Saint-Nicolas, comme la résurrection du Christ, comme la nouvelle collection d’écharpes Strelli : un bonheur.

Le samedi soir, donc, vision en famille de Dirty Dancing.

Et le dimanche, j’obtiens de le regarder encore deux fois, avant qu’on le (le = Patriiiick) range gentiment dans sa boîte pour le rapporter le lendemain au vidéoclub.  Tout ça sur la télé du salon, car bien sûr, à l’époque, c’était une télé par famille.  Je sais, c’était Les misérables quand j’étais môme, même qu’on jouait au tennis sur Atari, la misère je vous dis, mais j’en parlerai un autre jour, du tennis sur Atari ou de Donkey Kong, une digression suffit par billet.

Cela fait un bail maintenant, mais je m’en souviens comme si c’était hier.  Intense dimanche que celui-là, puis tristesse de devoir rendre la cassette.

Tristesse intense.

Désespoir profond.

Alors que de nos jours, ben c’est la satisfaction du besoin immédiat, ou la satisfaction immédiate du besoin enfin c’est chou vert et vert chou.  Avec internet, avec les DVD, avec les locations à la demande, avec le voocorder qui peut même mettre le programme en pause (je l’ai toujours pas, m’ont jamais rappelé chez Voo, enfin chez moi, mais je perds pas espoir)…

Bonheur immédiat.

Mais peut-être, sans doute, certainement, moins intense que celui que j’ai eu à pouvoir regarder deux fois Dirty Dancing sur un seul dimanche, sachant que je ne le verrais ensuite plus avant des mois, lors de son passage à la télévision.

Finalement, eske le bonheur immédiat ne gâcherait pas le plaisir de l’attente du bonheur, tout bien réfléchi ?

14
déc

Sarah Kay VS Jaklien Moerman... and the winner is...

Ben Jaklien Moerman, of course.

Pourquoi ?

Passqu'elle est belge, une fois, nom d'une petite frite salée.  Flamande, comme son nom l'indique.  Alors elle mérite de l'emporter sur Sarah Kay qui vient sans doute, comme son nom l'indique aussi, d'Angleterre, des States ou d'Australie.  Mais la Belgique, ben c'est chez moi.  Et j'ignorais sa belgitude, alors ça me fait chaud au coeur.

Passque c'est ma préférée, et qu'ici c'est mon blog, donc je fais gagner qui je veux.  Na.

Passque les recherches ont été difficiles, mais vraiment difficiles.  Et si une de mes lectrices ne s'était pas souvenue du fait qu'une carte d'anniversaire illustrée squattait la chambre de sa fillette, je n'aurais jamais su que ces dessins qui ont bercé mon enfance étaient de Jaklien.  Je m'étais souvenue que des signets de communion avaient également existé, outre les cartes et calendriers, mais impossible de retrouver quoi que ce soit.  Alors que ma lectrice soit remerciée sur quinze générations.

Passque ses animaux, chiens, chats, abeilles, lapins, ils sont trop mimis, trop parfaits, trop émouvants, trop tout.

Passque, outre ses dessins pastels, Jaklien fait aussi des cadres tout émouvants avec des fillettes aux yeux si tristes.  Et passqu'un cadre comme ça a vécu chez moi quand j'étais môme, du moins le pense-je (keske c'est moche, "pense-je").

Passque cette recherche a fait qu'une lectrice m'a suggéré certains sites, qui m'ont permis de redécouvrir d'autres illustrations de mon enfant, et ça c'est trop de la balle comme disent certains.

Passqu'en revoyant les cartes postales qu'elle faisait, j'en ai ressenti la texture, du papier pas très lisse, qu'on sentait sous le doigt.  Et que ça vaut tout l'or du monde.

Passque j'ai eu plein de flashs : une carte postale verte, un signet de communion marron, un calendrier mauve.

Voilà passque quoi.

Jaklien, si tu passes par ici, ben fais-nous un signe, quoi.  Un peu comme Karin et Rebecca, tu fais partie de la mémoire collective belge...

PS : Si vous avez dans vos greniers des dessins de Jaklien dont vous ne savez que faire... je les veuuuux, enfin je les voudraiiiiis, pitiééééé.

Les cartes dont je me souvenais :

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En version livre, puzzle, signet de communion...

 

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Des cartes où l'on retrouve son style, malgré quelques différences :

 

 

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Des cartes de voeux :

 

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Des dessins que je pense plus anciens, que j'avais oubliés, et qui m'ont sauté au visage quand je les ai revus :

 

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Et enfin, les petites filles tristes...

 

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2
déc

Et s’il n’en restait qu’une, ce serait celle-là…

Il est, comme ça, dans la vie, des profs qui marquent.  Qui laissent une empreinte indélébile sur le passé.  Sur notre passé.  Qui ne font que passer, mais qui sont toujours là, dans le fond des pensées, des années (argh, des décennies) plus tard.

Bien sûr, il peut y en avoir plusieurs.  Des tas, même.  Qui marquent.  D’une parole douce.  D’un geste amical.  Ou au fer rouge.  Qui traumatisent.  Qui tourneboulent.  Qui angoissent.

Et en ce moment, j’ignore pourquoi, enfin si, je sais pourquoi, quand j’y réfléchis bien, mais ce serait vraiment trop trop long à vous expliquer (et si moi-même, je dis ça, imaginez ce que ça donnerait, des pages et des pages d’explications), je suis à fond plongée dans mon passé scolaire.

Bien sûr, cela a commencé en maternelle.  Elle était sœur.  Bonne sœur quoi.  Et adorable.  Pas trop de souvenirs précis, mais une sensation positive.  Un souvenir global qui marque.  Au point que quand, dans un élan de folie absolue, je m’étais persuadée que ma vocation, c’était d’être instit’ (pourtant, je le jure, je n’étais pas sous l’emprise de substances illicites durant mon adolescence), j’ai fait un stage dans son école.  Elle n’était plus sœur.  Le système l’avait forcée à faire un choix.  Elle l’avait fait.

Etonnamment, en primaires, rien.  Que dalle. Nada.  Niente.  J’ai beau me creuser le gruyère, vraiment rien.  Pas la moindre petite instit attachante ou stressante.

En graduat, rien de transcendant non plus, à part ma responsable de TFE.  Mon choix, bien sûr.  Ça lui a pas fait beaucoup de boulot, car si moi y’en avait être nulle en langues (ce qui explique que j’ai choisi des études basées sur les langues, en toute logique), moi y’en avait aimer écrire, déjà.  Et mon TFE, il était bon (keske je suis modeste).  Je l’ai mal défendu à l’oral, ça c’est clair, mais il était bon.  Donc une prof qui laisse une jolie sensation.  Qui a d’ailleurs fait une brève apparition sur ce blog, un jour, étonnée de m’avoir vue dans sa lucarne.  Y’a pas de hasard.  Je l’aimais bien, voilà tout.  Elle était souriante, et gentille. Pétillante.

Et en rénové (rénové ou rénovées ?), y’a eu de la matière.  Souvent fétide… enfin non j’exagère, pas fétide, mais pas dans le genre « super bon souvenir », vous voyez.  Plutôt dans le genre traumatisme absolu.

Premier trauma.  La prof de gym sadique qui adooore obliger ses élèves à faire des acrobaties sur des engins aux noms barbares : plint, bok, barres parallèles, barres asymétriques, tapis de sol...  J’étais en échec permanent.  Je tremblais durant tout le cours, pauvre petite chose fragile que j’étais.  Et pourtant, je ne peux dire que je ne l’aimais pas.  Elle m’a toujours mis 50 %, pour sauver mon honneur.  Pour l’intention.  Pour l’encouragement.  C’était le seul cours où j’étais presque en échec, faut le faire.  Rhaaaa, un billet entier suffirait à en parler.  Allez, adjugé, billet suivra… un jour (je sais, je dois encore vous narrer la conclusion avec ex-profil de ma vie, je sais je sais).

Second trauma, mais le pire. Le prof d’anglais terrorisant (mais pas terroriste) qu’on guettait à la porte, croisant doigts et orteils pour qu’il soit malade.  Et lorsque le miracle se produisait, c’était le bonheur absolu et intégral pour toute la journée.  C’était rare.  Trop rare.  Le trauma des oraux en tête-à-tête avec lui.  Et pourtant, maintenant, j’aime l’anglais.  Va comprendre.  A-t-il jamais su les angoisses qu’il créait ?

Mais tout ça, tous ceux-là, ce sont ceux qui passent, qui laissent une petite trace.  Puis au revoir, merci, à bientôt peut-être, mais sans doute à jamais, ainsi va la vie.

Et puis il y a LE prof.  THE teacher (vous voyez, j’aime l’anglais).  L’empreinte indélébile.  Celui dont on dit « sans lui, je ne serais peut-être pas totalement celle que je suis maintenant » (qui a dit « dommage » ?).

Ce prof qu’on n’oubliera jamais.  Celui dont on se souvient du nom, contrairement aux autres, même vingt-cinq ans plus tard.  Celui qui était plus qu’un prof.  Celui qui rassure.  Qui aide. Qui encourage.  Qui est.  Qui fait être.  Celui pour qui on n’a pas l’impression d’être un élève parmi trente.  Parmi cent.

Celui-là, c’est celui à qui on pense directement, lorsque nos pensées se tournent vers notre passé.  Avec un petit pincement au cœur.  Une bouffée de nostalgie et d’affection.

En l’occurrence, pour moi, celui-là, c’est celle-là.

C’était au temps oùsque j’étais un petit oisillon effrayé.  Mais néanmoins déjà râleur, l’oisillon, ça va de soi.

Elle m’a encouragée lorsqu’il le fallait.

Elle m’a mis des livres en mains, détectant ce qui me plairait (L’écume des jours, un souvenir incroyable).

Elle m’a rassurée lorsque j’avais une note moyenne (en latin, bigre) et que j’appréhendais les représailles maternelles, s’engageant à argumenter en ma faveur lors de la remise officielle du bulletin. Keske j’ai eu peur ce jour là.  Keske je me suis accrochée à elle comme à une bouée.  Elle n’a pu le faire, me défendre, car j’ai reçu mon bulletin seule, finalement, totalement seule.  Mais l’intention y était.  Les représailles aussi.

Elle nous faisait rire.  Elle avait même lâché un énoooorme lapsus par rapport au nom d’un élève, absent, puis nous avait fait promettre le silence absolu.  On avait bien ri.  On s’était tus.  Car on avait promis.  Ce lapsus, je l’ai croisé un jour par hasard.  Y’a pas de hasard.  Ça doit être ça, la complicité.

Elle avait un jour crié "ça suffat comme ci", dans un accès de colère vite transformé en fou-rire.  je la ressors souvent, celle-là, tant je l'aime.

Elle parvenait à nous faire aimer son cours.  Pas d’ennui.  Une sensation de passion.  Attraction.  Intérêt.

Elle parvenait à être comme une maman poule pour les jeunes élèves que nous étions à l’époque.  Une maman poule pour une nuée de poussins, année après année.

Elle était notre maman à l’école, finalement.

Une maman pour moi.  Protectrice.  Montrant le chemin.  Stimulant les talents.  Faisant naître les envies.  Complice.

Elle était tout sourire, avec son look un peu excentrique.  En tout cas dans ma tête de môme pas encore totalement sortie de l’enfance, qui ne rêvait d’ailleurs que d’y rester encore un tout petit peu. 

C’est la seule à laquelle j’ai écrit lorsqu’elle a pris sa pension. 

Pour dire merci.  Ben oui, merci.  Simplement merci.

Passque finalement, des profs comme ça, qui sont comme des Pères Noël dans nos vies, enfin ici plutôt comme une Mère Noëlle, c’est tellement rare, tellement précieux, que ça marque un gosse.  Pour toujours.

Alors si un jour vous la croisez, ma Mère Noëlle, dites-lui juste que je ne l’ai pas oubliée.

Et vous, vous avez aussi, dans un coin de votre tête, un prof de cette espèce rare et précieuse, peut-être même en voie de disparition ?

PS : ce billet a plusieurs mois déjà… Au hasard des 159 pages que compte ce document « réserve de recrutement de billets », cherchant quelque chose à vous publier, je suis tombée dessus ce jour, le lendemain de la vision de « Fracture », ce téléfilm bouleversant sur l’enseignement, diffusé mardi sur France 2.  Y’a pas de hasard, je vous dis…

16
nov

Confessions intimes avec Anaïs Valente

C’est Missash qui en a parlé sur son blog ou plutôt qui s’est confessée.  Elle a avoué les vilaines pas belles choses qu’elle a faites.  Elle nous avoue donc avoir volé des billes à ses camarades de classe et des fruitellas dans l’armoire à bonbons familiale, avoir tabassé (oui, tabassé) son cousin et joué au docteur avec son voisin et aussi triché en géométrie.

Et ça m’a donné envie de faire pareil.  Pasque j’ai fait des choses du même genre, tout bien réfléchi, que j’avais oubliées mais qui viennent me hanter depuis la lecture de son billet.

Etonnamment (allez, faites les étonnés), j’ai pas eu de grandes difficultés à trouver ce dont j’allais vous parler, outre les choses similaires à Missash.

Voici donc les confessions intimes d’Anaïs Valente.

Tout comme Missash, j’ai triché à un examen.  Enfin à plusieurs examens.  J’ai dû en oublier, mais j’ai triché en math, en copiant les formules impossibles à retenir à l’intérieur de ma calculette.  Tout l’intérêt d’avoir une calculette coincée dans un boîtier, le tout de coloris crème.  Facile comme tout pour y inscrire ce que vous voulez, au crayon ordinaire.  Essayez, vous verrez.  J’ai aussi triché en géographie.  Le prof était adorable…ment bête, alors j’ai laissé mon classeur ouvert au pied du bureau, et j’ai recopié, aussi simple que ça.  Mais j’ai fait pire, toujours en géographie, toujours le même prof adorable…ment bête.  Je savais que j’allais avoir une carte du monde à remplir avec les courants et les vents, genre Gulfstream et autres trucs impossibles à retenir également (moi je sais retenir des trucs utiles, pas du par cœur débile).  Alors j’ai copié la carte, je l’ai remplie, en laissant quelques erreurs, c’est plus crédible, et je l’ai prise au cours.  Durant l’examen, j’ai échangé la carte de l’interro avec celle que j’avais préparée.  Puis j’ai gambergé durant des jours, des fois qu’il y aurait eu une différence.  Mais non.  J’ai pas honte de tout ça, passque j’étais super bonne élève, du genre à me faire traiter d’intello, surtout que j’avais des lunettes, sacrebleu, alors tricher une fois de temps en temps, c’était une récompense pour mon travail impeccable.  Impeccable je vous dis, jamais d’échec sauf une fois où j’ai étudié le mauvais chapitre et une fois où j’ai brossé et que le prof il a fait exprès de faire interro et comme on brossait tous on a tous été pétés et on s’en foutait c’était une option complémentaire.  Na.

Comme Missash aussi, j’ai joué à touche pipi.  Avec ma meilleure amie de l’époque.  C’est grave, docteur, de jouer au docteur avec une fille ?  Pas de souvenir de sensation transcendante du tout, je vous rassure, juste une sensation d’interdit et une envie de découverte, j’imagine.  Je sais plus trop, car j’avais oublié cet épisode de ma vie, merci Missash, je vais en faire des cauchemars là.  NB : suite à un mail reçu, je précise que j'avais 9 ans, ce n'était donc pas du tout à caractère sexuel, non mais.

Comme Missash toujours, j’ai volé.  J’ai eu une phase petits larcins divers, variés et fréquents, mais ça n’a pas duré.  Par contre, ça restera une honte, j’ai fait pire que voler, j’ai profité d’un vendeur pas futé pour un sou, et il en pouvait rien le pauvre, et je l’ai abominablement volé, pasqu’il avait pas la notion de l’argent.  Donc les magazines avec des stars de l’époque, ben je les payais en francs belges en francs français.  Vous comprendre ?  La spéciale Madonna à 20 FRF, ben je la payais 20 BEF, soit environ six fois moins.  Et puis les piles à 20 BEF pièce, ben je disais « c’est bien pour quatre hein ? » et lui me croyait.  Franchement j’ai honte d’avoir abusé de sa crédulité.

Mais j’ai fait pire que Missash.  Et ça j’en ai déjà parlé ici mais qu’importe, peu d’entre vous ont véritablement lu les quatre ans de blog, vu que ça représente 9 documents word de 200/250 pages, dingue je sais.  Quand j’étais gosse, avec ma meilleure amie, on a voulu faire une expérience scientifique.  Découvrant un robinet qui coulait et un évier bouché, il était indispensable de se lancer dans le calcul suivant : combien de temps faut-il à un évier bouché pour déborder sachant que le robinet est ouvert à fond ?  Ben faut pas longtemps, croyez-moi.  Et une fois que ça déborde, ça coule dans toute l’école.  Et vu que le robinet est au premier, ça dégringole jusqu’au rez.  Une fois le résultat découvert… vive les remords.  Ça me fait dire, aujourd’hui, que les gosses n’ont pas conscience des conséquences de leurs actes, parfois, un peu comme ces gosses qui jetaient des pierres sur les trains et ont tué un chauffeur…

Autre vilaine idée.  Avec plein de copines (je précise qu’on était plusieurs, histoire de me déculpabiliser), j’ai fait livrer des tas de gâteaux à des gens qui n’avaient rien commandé, c’est nul de chez nul.  J’ose espérer que la boulangerie a ensuite cessé de livrer sans une confirmation écrite.

A chaque Noël, et à mon anniversaire aussi, dès que j’étais seule, je faisais des fouilles dans toutes les armoires pour trouver mes cadeaux, et je les ouvrais en douce pour savoir ce que c’était.  Puis je recollais.  Le jour J, je jouais la surprise.  J’aurais dû faire actrice. Quand les cadeaux étaient sous le sapin, idem, je palpais tous les emballages, je zieutais les étiquettes et je découvrais ce qu’ils renfermaient.

J’ai piqué la photo d’un mec dont j’étais raide dingue dans le bureau du préfet d’éducation, en arrachant tout le plastique qui couvrait les dizaines de photos d’élèves.  Et j’ai promis à une copine d’école, même qu’on se connaissait pas à l’époque mais que maintenant on s’adore, hein qu’on s’adore, de lui révéler le nom du mec en question le jour de mes quarante ans (tout comme je dirais le nom d’ex-profil de ma vie à Mostek le jour de mes quarante ans aussi).

Et puis y’a la confession que je ferai jamais, mon fameux secret que personne n’est au courant, même pas Dieu, même pas my best friend for ever, passque dire ça, c’est plus avoir de best friend for ever jamais jamais.  Alors ça, je le dirai pas, ça restera mon secret j’ai dit, c’est clair ?

Dites, y’a bien prescription pour tout ça hein ?

Et vous, des confessions à faire, c'est le moment c'est l'instant...

15
nov

Mon monchichi (écrivez monchhichi), c’est le chichi de tous les chichis

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(Dessin fait exprès pour l'occasion, suite à notre discussion, par www.hysterikmum.com)

Le samedi soir, quand on est célibataire, c’est la folie furieuse.

Ainsi, ce samedi :

1. j’ai été squatter les dancefloors et me suis déhanchée comme une hystérique

2. j’ai eu un rendez-vous galant qui s’est terminé par une partie de jambes en l’air à faire rougir le kamasutra

3. j’ai découvert un resto trois étoiles à damner Marie-Madeleine

4. j’ai lu un blog et versé une larmichette en souvenir de Monchichi

Gagné, vous avez tapé 4.

Je vous le disais, ma vie est trépidante et pleine de risques.

Ainsi donc (pléonasme), j’ai visité le site de Hysterikmum, tout en causant avec elle sur Facebook.  Je lui ai d’ailleurs confirmé à cette occasion que ma vie était d’une banalité affligeante, tout comme ma propre personne, à son grand étonnement.  Si, si, elle était étonnée, j’ai bien senti qu’elle imaginait que je vivais dans le luxe, le glamour et les paillettes, en grande star internationale namuroise du blog que je suis.

Et sur son blog, j’ai littéralement fondu (si ça pouvait être vrai, que je fonde un tantinet…) devant un petit dessin d’un Monchichi.

 

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Toute mon enfance…

Je lui ai illico demandé si je pouvais emprunter son dessin pour mon blog, ce serait ainsi l’occasion de vous parler du Monchichi (ça s’écrit Monchhichi, semble-t-il) qui partageait ma vie : une petite fifille adorable.  Elle pleurait d’un œil (pas réussi à vous trouver une photo de Monchichi qui pleure d’un œil, à croire que "ma mienne" est une pièce de collection).  C’était une vraie, pas une pâle imitation.  Son poil était soyeux, contrairement à celui des imitations, qui était rêche comme une brosse en chiendent.  Je l’ai toujours quelque part dans une armoire, ma petite Monchichi, faut absolument que je la retrouve, mais où où où dans mon foutoir ? Je pense même que j’avais quelques vêtements pour elle, mais plus sûre.  J’ai d’un coup une vision d’un ciré jaune, mais je pense qu’il appartenait au Monchichi mâle qui squattait la même demeure que ma Monchichi femelle à moi rien qu’à moi.  Je vois aussi une salopette en jeans.  Je vois enfin une petite robe en dentelle blanche, mais pas la dentelle classique, l’autre dentelle, vous voyez, comment ça s’appelle cette dentelle, aide-moi Google, la dentelle anglaise, merci Google !  Appelez-moi Alison Dubois, j’ai des visions.

Que de souvenirs grâce à ce petit dessin adorable...

Le vrai, puis le faux, y'a pas photo :

 

 

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Notre échange de messages fut cependant étrange, je vous résume :

Moi (surexcitée) : Coucou, je peux prendre le monchichi pour un billet sur mon blog ? (je demande toujours l’autorisation et/ou j’avertis quand j’emprunte un dessin, pi je mets un lien, chuis respectueuse moi, ma bonne Dame).

Hysterikmum (étonnée) : Hello Anaïs, je ne sais pas ce qu'est le mon chichi mais tu peux le prendre.  (Remarquez qu’elle est confiante, Hysterikmum, imaginez que par « prendre monchichi », j’entende « prendre son homme » – je dis ça passqu’apparemment sur le net certaines appellent leur animal domestique « monchichi », par animal domestique j’entends cobaye, chichilla, homme, voire ce qui fait que l’homme est homme, si vous voyez ce que je veux dire – allez chéri, déshabille-toi et vient me montrer ton énorme monchichi – beurk beurk beurk.)

Moi (stupéfaite) : Le monchichi, c'est le singe. Tu appelles ça comment en France ? (c’est quoi ce pays où on connaît même pas un monchichi, alors qu’on le dessine, car j’en suis sûre, c’est un monchichi)

Hysterikmum (moins étonnée) : sous son pied y'a écrit mon KIKI (c’est bien un monchichi, mais dans les pays pas civilisés, on l’appelait mon kiki semble-t-il).

Et voilà, comment, entre deux pays tellement éloignés l’un de l’autre, un malentendu peut naître.

Monchichi est belge, mon Kiki est français.  CQFD.

Et quand je dis CQFD, j’entends CQFD, car cette conclusion, je l’ai tirée après de nombreuses recherches sur internet (dans mon entourage, je suis connue pour me précipiter sur internet au moindre doute, et je m'interroge sur tout et n'importe quoi, je vous prie de le croire, j'ai d'ailleurs un billet en préparation sur le sujet), qui m’ont fait découvrir un tas de choses sur Monchichi/mon Kiki :

Qu'on les mariait.  Je m'en souviens bien, ça me faisait rêver, toujours adepte des contes de fées, l'Anaïs.

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Qu’il existait, à l’époque, des modèles de tricots pour habiller nos bestiaux.

 

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Qu’on les déguise en toutes sortes de choses, j’adore.  Le chat de gauche, ben je l’ai en vraie peluche, trop mimi de chez mimi.

 

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Que certains blogs l’ont même en bannière.

 

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Que Monchichi voyage, parfois.  Et là j'ai trouvé une fifille, qui ressemble fort à la mienne (elle pleurait donc peut-être des deux yeux, la mienne, faut que je la retrouve titchu).

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Qu’on peut encore s’offrir un petit couple sur Amazon (je résisterai, j’ai pas besoin de ça, me suffit de retrouver la petite meuf de mon enfance, qui pleurait, je sais qu’elle est quelque part).

 

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Et que la chanson de mon enfance, Monchichi, existe bel et bien en version mon Kiki, trop dla balle ça alors, j’en reviens pas.


Monchichi - La chanson de Monchichi (1981)
envoyé par Leroidukitch. - Regardez la dernière sélection musicale.
Kiki - La chanson de Kiki (1981)
envoyé par Leroidukitch. - Clip, interview et concert.

Sources images :

Dessin : www.hysterikmum.com

tricots : http://stecolargol.over-blog.com/article-35995800.html

déguisements : http://media.photobucket.com/image/monchichi%20fille/choc...

bannière de blog : http://00efinity.blogspot.com/

photos autour du monde : http://www.flickr.com/photos/jc-wei/with/3076096849/

30
aoû

Une escabelle, une vie en couleurs

Etant donné que j’ai repeint un mur en turquoise afin d’y apposer mon beau sticker lune tout mauve tout superbe et un autre mur en bordeaux afin d’y apposer mon beau sticker blanc orchidée ainsi que des fleurs en relief offertes par Mostek, j’ai ressorti de ma cave ma vieille escabelle en aluminium.  Je pense qu’escabelle est un belgicisme, non ?  Pour les milliards de non-belges qui  passent par ici, une escabelle est un grand escabeau.  Ah bon, escabeau est aussi un belgicisme ?  Crétonnerre.  L’escabelle est une échelle en forme de A, vous voyez ?  Et sur la barre horizontale du A, savoir la dernière marche, bien large, on peut poser son pot de peinture.

Et en peignant, donc, j’ai réalisé à quel point une escabelle, ça représente une vie. 

Une vie en couleurs.  C’est ma vie, en couleurs, tiens voilà le marchand de ballons (Remi Brica, rhaaaaaaa, qué souvenir).

Ce saumon très clair ?  Deux pots que mon père m’avait offerts et qui m’avaient servi à repeindre mon tout premier appartement.  Je l’avais peint un samedi d’été, juste avant d’aller au Festival du folklore de Jambes.  Je m’y étais rendue, après une bonne douche, pleine d’éclaboussures de peinture.  Durant cette expédition peinture, j’ai écouté les enfoirés en boucle.  Depuis, je sais plus écouter ce CD, je me revois trop sur mon escabelle.

Ce jaune pétant, pour mon ancienne cuisine, noire qu’elle était, avec les murs jaunes, c’était bien ensoleillé, comme une pub pour l’ami Ricoré.

Ce rose et ce gris, mésaventure de mon ancienne chambre.  Je la voulais rose et grise, va comprendre.  Le rose et le gris étaient pas à la mode, alors j’ai acheté du blanc et mis du colorant spécial peinture.  Sauf que je suis tombée à court à mi-plafond et que refaire le même mélange était impossible… J’ai donc opté pour un plafond mi-rose mi-gris, c’était d’un moche.  Et je vous parle pas de la frise rose et grise que j’ai tenté en vain de faire tenir sur ce fichu plafond bicolore.  Qué souvenir pathétique…

Ce bleu clair ?  Mon ancienne salle de bains.  Deux mètres carrés hyper bien agencé, mais fallait pas ballonner, croyez-moi.  Elle était saumon à l’origine, vu que j’étais dans une phase saumon, tant au niveau couleur que poisson.  Depuis, je n’aime plus le saumon couleur, mais j’ai réappris à aimer le saumon poisson.  J’ai voulu du bleu, j’ai mis du bleu.  Résultat moyen vu les carrelages à léger reflet saumoné.

Ces deux beiges, clair et foncé ?  Les couleurs de mon hall d’entrée actuel, que j’ai voulu bicolore.  Sur les murs, les couleurs ne donnent pas ce que je souhaitais : elles font beige rosé et kaki tirant vers le gris.  Mais je m’y suis habituée.  Et je me suis essayée à la frise, distillant des feuilles de lierre un peu partout.  Tout en peignant ce mur, je regardais Lost.  C’était sur TF1, le samedi soir.  Cela explique sans doute pourquoi j’ai jamais rien pigé à cette série, passque la regarder, ou plutôt l’écouter, en peignant des murs et en faisant des frises au pochoir, c’était pas une super idée.

Ce jaune sable ?  Pour ma terrasse.  Le même coloris qu’à la Maison des desserts, je l’ai décidé un jour oùsque je me régalais d’un bon petit plat un jour d’été.  J’ai aimé le décor de la Maison des desserts, j’ai voulu le même.  Abracadabra, ce fut chose faite.

Ce bleu lavande ?  Ma salle de bains actuelle, rénovée il y a quelques années, enfin partiellement.  De jolis meubles où ranger tout mon bordel et mes centaines de flacons en tous genres… je vous en parlerai prochainement.  Elle était toute blanche avec juste un vinyle bleu à l’origine, je suis donc resté dans le bleu.  Pas original pour une salle-de-bains, je sais, mais je l’aime bien, ma salle de bains bleu lavande.  Là, je vais me replonger dans le bleu lavande, car j’ai remplacé le chauffe-eau et la loi oblige l’installateur à le mettre plus bas, j’ai donc reçu en cadeau un énorme carré non peint tout plein de trous.  Reboucher les trous, remettre une couche d’un reste de peinture qui n’aura plus la même teinte vu que les années ont passé (dixit collègue chérie qui me traitait de bouffie, souvenez-vous, je l’adore cette collègue, elle est mon coach rangement en ce moment, faudra que je vous en parle, car j’ai rangé il y a peu, miracle miraculeusement miraculeux, vu mes travaux de peinture – photos suivront une fois les stickers collés, promis juré).

Ce vert pomme, pour mon actuelle cuisine.  Quand je suis arrivée dans mon petit nid, j’ai choisi un jaune pâle, que je n’ai jamais aimé.  Quelques années plus tard, j’ai donc remis ce vert pomme qui me tentait grave de chez grave.  Et le résultat est super chou.  Depuis, je rêve d’une jolie cuisine équipée anthracite pour aller avec mon vert pomme…  Pour ce vert pomme, j’écoutais Cocciante, il est mon compagnon de peinture, et je me revois encore, pleurant sur Marguerite, en peignant mon plafond.

Ce framboise écrasée, pour ma cheminée, et ça rime.  Une petite touche colorée dans une pièce blanche, ça fait un bien fou.  Un framboise bien pétant, qui donne faim tout en appelant au cocooning.  En la repeignant, cette cheminée (enfin le mur du dessus, la cheminée en elle-même est une superbe pièce qui va fêter ses 80 ans bientôt, en bois, magnifique, entièrement décapée), je regardais des débilités à la TV, point de musique ce soir-là.  Un samedi soir, ça devait être Dechavanne ou Drucker ou une émission du genre.

Ce bleu turquoise, je vous le disais, pour mon hall de nuit.  Repeint il y a deux semaines jour pour jour, quand il pleuvait des cordes en cette journée de congé pour moi.  J’ai craqué pour le turquoise lors d’une visite de maison, c’était trooop beau, alors il me le fallait.  D’autant que j’avais un sticker mauve à poser, et que mauve et turquoise, c’est trop choli.  Un turquoise bien vif, une peinture bio, sans solvant, et qui ne coule pas, disaient-ils.  Ben ils avaient raison.  Que du bonheur que de peindre avec cette marque bio.

Ce bordeaux, je vous le disais aussi, pour un mur de ma chambre.  Un mur qui a subi l’humidité, en a guéri, mais que je devais repeindre depuis… ouhla, tout ça déjà ?  J’ai finalement redécoré en bordeaux un peu exotique, d’où l’envie du même coloris sur ce mur.  Repeint il y aura quinze jours demain, juste après le hall turquoise.  L’enfer.  Rouge d’enfer.  J’ignorais que les pigments rouges étaient merdiques, mais après trois couches normales suivies d’une couche à la truelle tellement j’en avais ras le bol, y’a encore quelques légers nuages visibles par grand soleil, mais je suis contente du résultat.  Seul bémol : quand on peint un mur bordeaux dans une chambre blanche, les intersections sont difficilement droites, y’a des bavures et des vagues dans les couleurs.  Et j’aime pas ça, mais je devrai faire avec, argh.  Les fleurs de Mostek ont été peintes et placées.  Le sticker attend son tour.  Photos suivront.

Voilà, regarder une escabelle, pour son propriétaire, c’est vraiment un retour dans son passé, sa vie et ses travaux de peinture.

Et votre escabelle à vous, elle raconte quoi ?

 

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10
aoû

Le miracle d'internet

Le miracle d'internet, c'est un commentaire sur ce blog, avec un lien vers un autre blog, autre blog que je cours visiter.  Le miracle d'internet, c'est que, ô hasard, le jour où je visite ce blog, j'y découvre un billet, le billet du jour (d'une logique implacable, jusque là).  Et le miracle d'internet, le vrai miracle, vrai de vrai, c'est qu'en bas de ce billet frais du jour (enfin de la veille, mais c'est le dernier billet quoi), une réplique me plonge dans l'enfance,  enfin dans mon enfance.  "c'est bien la première fois que sa bite fait des étincelles".  Rassurez-vous mon enfance n'était pas peuplée que d'étincelles ou, pire, de bites.  Mon enfance, c'était Marie Laforêt.  Et puis Jean-Paul Belmondo, Bebel pour les intimes.  Je les aimais, voilà tout.  Je l'écoutais en boucle. j'avais tous ses disques, je les ai toujours d'ailleurs  J'avais une petite farde pleine de photos de lui, je l'ai toujours d'ailleurs.  Et cette réplique que je n'ai jamais oubliée.  Dans mes souvenirs nébuleux, j'avais l'impression que c'était issu du film "Joyeuses Pâques", et que mes deux chouchous jouaient dedans... Là, je n'en suis plus si sûre, même plus sûre du tout... dingue comme on mélange tout...

Je ne résiste pas au plaisir de vous faire partager cette réplique, qui ne sera bien sûr savoureuse que pour ceux qui s'en souviennent...

PS : vérification faite, il s'agit d'un extrait du film "Les morfalous", effectivement avec Belmondo et Marie Laforêt.  Tout comme Joyeuses Pâques, dans lequel jouait aussi également Sophie Marceau, ça je m'en souviens.  Deux films de 1984... d'où ma confusion, même année, mêmes acteurs.

30
jui

J’ai testé Camping (épisode 1)

Oooh, j’ai déjà, bien sûr, testé « Camping à l’état brut », y’a quelques années.  J’ai testé les WC chimiques qu’on doit préserver à tout prix, pour leur préférer les WC communs, situés à 874,56 mètres de la caravane.  Moi qui suis une super pisseuse devant l’éternel, imaginez l’horreur (qui a dit « pas seulement, pisseuse, chieuse aussi ? »).  J’ai testé la vaisselle commune, à transporter dans des mannes à linge sur 871,76 mètres (les éviers étant situés juste avant les WC), assez sympa au demeurant, bien plus sympa que de faire sa vaisselle en solo chez soi.  Mais moins sympa lorsqu’il drache, et à la côte, en Gelbique, il drache assez fréquemment. J’ai testé les douches communes, dans lesquelles il faut s’organiser ferme pour mettre de côté lunettes, fringues et godasse, préserver son essuie de l’humidité ambiante et tenter de se laver avec une eau en alternance glaciale et bouillante, le tout dans une ambiance populaire.  Excès de pudeur interdit.  J’ai testé la nuit sous tente, avec mon namoureux de l’époque, moustiques inclus, so romantic.  J’ai testé tout ça, et j’ai aimé.

Mais là, j’ai testé Camping de luxe.  Ouais, de luxe, avec piscine, discothèque, big méga caravane, terrasse et jardin (enfin jardinet, mais bon hein, on va pas pinailler).  Et si la caravane, résidentielle, trois chambres (pour nains de jardin, mais trois chambres tout de même), une salle de bains (pour nains de jardin mais avec douche tout de même), un WC, vrai de vrai, avec chasse et tout et tout, était géniale, c’est plus de l’ambiance « camping » dont j’ai réellement envie de vous  parler.

Aaaaah, l’ambiance camping.

Que du bonheur.

Premier jour.

Dès notre arrivée, aux alentours de minuit, le ton est donné.  C’est l’apéro.  Un petit vin blanc, que j’abandonne rapido presto pour un Pastis à l’odeur tellement alléchante… Le Pastis, pour moi, c’est les vacances, ça me rappelle mes vacances d’ado à Boulouris, petite station de la Côte d’Azur, au siècle dernier.  Donc du Pastis.  Avec plein de choses croustillantes, salées, épicées et grasses, j’ai nommé les chips.  Il fait frisquet à cette heure, donc tout ça se passe sur la banquette en skaï vert de ma résidence provisoire et non dehors.  Dehors, ça sera pour demain.  J’admire l’intérieur de cette spacieuse résidence provisoire.  Dingue ce qu’on arrive à caser dans un si petit espace.  J’ai toujours fantasmé sur les caravanes résidentielles.  Lorsque j’étais gosse et que je me rendais à un salon quelconque, je prenais un plaisir intense à visiter ces caravanes résidentielles d’exposition, encore et encore et encore, et à m’imaginer y vivre.  J’avais déjà une brique dans le ventre à l’époque, ma bonne Dame.

D’ailleurs, vers mes dix ans, je me suis offert, avec mes sous à moi rien qu’à moi, épargnés durant plusieurs mois, la caravane Playmobile.  Elle était blanche et orange, avec un toit amovible.  Sa banquette se transformait en lit, et la vaisselle était assortie aux lieux.  Keske je l’adorais ma caravane Playmobile.  Keske j’ai joué avec.

Et c’est l’impression que j’ai, ce soir-là : pouvoir, enfin, mener la vie de mes Playmobiles d’enfance durant quelques jours. So funny.

Mais l’heure tourne et le pastis fait son effet.

Je gagne donc ma cabine, enfin ma chambre, et tente de trouver le sommeil sur un lit de soixante, enfin non plutôt cinquante, voire quarante, centimètres de large.  Je crains d’en tomber au premier retournement de carcasse, mais aucun risque, l’espace entre mon lit et celui d’à côté est d’une dizaine de centimètres à peine, ma carcasse ne pourra donc pas s’y glisser.  De l’intérêt d’être replète (qui a dit « obèse » ?).

Je sombre dans un sommeil réparateur, rêvant déjà de ma vieille caravane Playmobile, de la mer, des coquillages, des mouettes, des goélands… et du Pastis, que je retrouverai le lendemain.

Enfin.

(Suite, demain ou en cliquant ici)

Et voici ma caravane.  Blanche à toit orange.  Rhooooo, que je suis malheureuse de ne plus l’avoir, je me serais bien offert une pulsion régression, là, de suite…

 

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29
jui

Taupe ou hibou ?

Toute femme à lunettes (épargnez-moi le couplet de « femme à lunettes femme à ... », je le connais par cœur), donc toute femme à lunettes qui se respecte a un jour essayé des lentilles.

Parce que c'est pas parce que maintenant les lunettes sont hyper mode, un véritable accessoire, limite un bijou, même que des non myopes non presbytes non astygmates et j'en passe en achètent, juste pour le fun... c'est pas parce que c'est très in actuellement que ça l'était à mon époque.

De mon temps les verres lunettes avaient 8,5 cm de diamètre, 2 cm d'épaisseur et les montures étaient d'une couleur sinistre.  De mon temps on était le singe à lunettes de la classe.  De mon temps avoir des lunettes et des bonnes notes (oui j'ai toujours été première de classe, j'assume) engendrait d'office qu'on soit l'intello de service (versons une larme sur mon enfance de singe à lunettes intello ringarde).

Alors quand les lentilles jetables (qu'on gardait 24h/24 sur l'œil, le pauvre) sont apparues sur le marché et que j'ai vu une pub « essayez-les gratuitement », ni une ni deux, j'essaie.  Et ce premier soir avec mes lentilles, j'ai voulu aller danser.  Et ce soir-là, je serais la plus belle pour aller danser ohé ohé (Sylvie Vartan).  Et je me sentais la plus belle, ce qui est somme toute le principal.  Quel souvenir !

Quel souvenir aussi cette session d'examens avec mes lentilles jetables sur les iris, enfin presque, car elles avaient décidé de faire grève et de se racrapoter dans le coin de l'œil.  Ne parlons pas de la douleur, parlons juste de la difficulté de remplir une feuille d'examen d'un seul œil.  Mais ça n'a pas empêché que je sois toujours première de classe nananère.

Exit les lentilles jetables, à moi les lentilles normales.

Mais quand on n'est pas normale, on n'a pas droit aux lentilles normales, c'est aussi simple que ça.  Après dix mois d'essais, une fortune dépensée, la conclusion est tombée : ma bonne dame vous avez trop de protéines, l'œil trop sec et trop rond.  Kekseksa ?  Les protéines se collent à vos lentilles, la sécheresse est une cata et la rondeur de l'œil ne sied pas à la lentille.  Des yeux trop secs, c'est le comble pour une pleureuse comme moi.  J'aurai tenu un an avec mes lentilles, mais une vie professionnelle captivante et des horaires de fou auront eu définitivement raison de ces petites choses, que j'ai dès lors laissées se dessécher lamentablement dans leur petit pot (petite choses, petit pot, mais grand prix...).

Donc j'ai abandonné les  lentilles, de toute façon ça fait péter (ah ah ah, vlà l'anaïssade du jour intégrée dans un billet).

Et vous, lunettes, lentilles, rien ?

Taupe ou hibou ?

 

 

10
jui

Le Petit Prince et moi, c’est à la vie à la mort

Si je devais partir sur une île déserte (j'en rêve en ce moment, je vous dis pas) avec deux livres, je prendrais L'écume des jours et Le Petit Prince.

Si je devais partir sur une île déserte avec un seul livre... ben je serais dans la merde.

Bien sûr, il y a des centaines de livres que j'aimerais emporter, car sur une île avec des livres, je ne me sentirais jamais seule, ou presque.  Je prendrais du Janine Boissard pour le bonheur familial, du Sophie Kinsella pour les souvenirs de shopping, du Helen Fielding pour le célibat, du Anna Gavalda pour l'amour, du Nicci French pour le frisson, du Stephen King pour l'angoisse.

Mais si j'étais limitée, je choisirais ces deux ouvrages-là.

L'écume des jours car c'est sans doute le premier ouvrage qui a réveillé en moi des émotions inconnues, au tout tout tout début de mon adolescence.  Car il représente une partie de ma vie que j'aimais.  La sortie de l'enfance, sans encore réaliser ce qui m'attendait à l'âge adulte.  Les mois juste avant que je ne bascule dans l'adolescence et tout ce que cela signifie.  Un moment où tout était encore permis pour moi.  Voilà pourquoi j'aime L'écume des jours.  J'avais onze ans.

Le Petit Prince car c'est le seul moment de mon existence où j'ai aimé me donner en spectacle, au sens propre.  J'aimais lire.  Pour moi ou à voix haute en classe. Toujours la première à lever mon doigt bien haut.  Alors, quand l'instit a pensé à nous faire jouer Le Petit Prince à la fancy fair, je ne serais pas étonnée d'avoir levé mon doigt haut haut haut.  Et j'ai joué Le Petit Prince. Discrimination suprême, en brune que j'étais, j'ai finalement dû abandonner le rôle du Petit Prince pour celui du renard.  J'ai encore cette photo de moi, avec mon masque de renard, ma peau de lapin sur le dos et ma queue de renard épinglée sur les fesses.  Et j'ai aimé ça.  Avec le recul, je suis heureuse d'avoir joué le renard, il correspond totalement à ma personnalité.  Voilà pourquoi j'aime Le Petit Prince.  J'avais neuf ans (en fait j'en sais plus rien, sept, huit, neuf ou dix, aucune idée, mais je trouvais que ça concluait bien cette séquence nostalgie, les âges...).

Et régulièrement, je m'offre des objets griffés Petit Prince, parce que ça me procure toujours de jolies émotions : des cartes avec le renard qui supplie qu'on l'apprivoise, un sac pour aller à la gym (ah ah ah, il a servi deux fois pour la gym, puis je l'ai recyclé vite fait bien fait), la version CD lue par Gérard Philippe, celle qui a bercé mon enfance, et puis le livre, of course, en format folio, avec plein de dessins.  Comme ça doit être formidable d'écrire un lire qui marque le siècle et l'être humain.

Et récemment, j'ai découvert La boutique du Petit Prince.  Sur Facebook.  Comme quoi, ce réseau a parfois du bon. 

Outre le livre, en différents formats (même en BD, mais je vous en parlerais dimanche, vu que le dimanche, on lit au lit), on y trouve plein de petites ou grosses choses à l'effigie de ce Petit Prince si particulier : de la bagagerie, de la papeterie, de tas de jolies choses pour les petits nenfants, des lithographies totalement rhaaaaaaaaaaa, de la vaisselle.  Enfin de tout, passque les dessins de Saint-Exupéry, ben, ils sont beaux.  Ça devrait être interdit par les droits de l'homme d'avoir le talent d'écrire ET celui de dessiner.  Faut partager, quoi, merde !

Là, pour mon petit chez moi, j'ai choisi une jolie boîte.  Argentée.  Simple.  Discrète.  Jolie.  Pour mettre du thé.  Ou des sucreries.  Des choses toutes douces, en fait.

Puis un thermomètre.  Passque je suis la reine de la température, je pense vous l'avoir déjà dit... quoique je n'en sois pas totalement sûre.  Où que je sois, il me faut connaître la température.  C'est un toc.  Bien sûr, j'ai pris la version avec le renard.  Passque le renard, c'est moi.

Et puis la BD, par curiosité.  Mais je vous en parle dimanche, j'ai dit, faites pas les impatients.

J'aurais bien craqué pour le livre popup, mais y'a que la version anglaise.  Quoique... découvrir Le Petit Prince en anglais, ça pourrait être so fun.  Et puis, je comprendrais, vu que je le connais par cœur...  Tiens, ça se dit comment Le Petit Prince in english ?

J'aurais bien craqué pour les lithos aussi, rhaaaaaaaa, mais bon, faut être financièrement raisonnaaaaaap', petite princesse Anaïs.

Pour les petits budgets, y'a aussi des marque-page super cholis.  Damned, je les avais pas vus, sinon j'en aurais pris aussi, damned.  Et des cartes postales aussi, celles dont est issue ma petite collection (tiens, j'ai pas celle avec l'adieu du renard, faudra y remédier).

Bref, y'a de quoi contenter petits et grands fans du Petit Prince.

Pour l'occasion, si le cœur vous en dit, avec le code RENARD (totalement de circonstance, merci la vie), vous aurez 10 % de réduction sur votre commande.  Keskon dit à Anaïs qui joint l'agréable de la lecture d'un billet (qui a dit que c'était pas agréable, que je le baffe) à l'utile d'une commande à prix réduit ?  Keskon dit ????

Allez, èvoye (comme on dit chez moi, sauf que je sais pas comment l'écrire), c'est par ici que ça se passe, sur la Boutique du Petit Prince. 

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20
avr

Comment est née Anaïs Valente

Cette histoire, je l'ai raconté à plein de journalistes, je pensais donc que vous étiez tous au courant, ô, vous, lecteurs adorés.

Je constate cependant que l'extrait d'un de mes billets sur la posss' belch', savoir « Et puis, il est discret, mon facteur, car il ne m'a jamais fait remarquer l'étrangeté du fait que parfois, sur les enveloppes qui me sont destinées, y'a Anaïs Valente, et parfois y'a... enfin, mon vrai nom quoi, celui de ma carte d'identité.  Jamais il ne s'en est étonné. », soit une petite phrase anodine, a suscité chez mon lectorat (purée, cette expression en jette grave) une flopée de commentaires (trois - ben sorry mais trois commentaires, sur ce blog, c'est une avalanche, hein, petits paresseux).

Je me devais donc de vous explicationner le pourquoi du comment d'Anaïs Valente.

Passque nan, Anaïs Valente n'est pas née dans un chou.  Ni dans une rose.  Elle est née un soir d'automne, dans ma cervelle de déneuronée.

Nous sommes en octobre 2006 (tchu, ça fait déjà un fameux contrat de bail ça).  Le 28 pour être précise.  Un samedi (vous pouvez vérifier, c'était un samedi).

Je décide, pouf, de créer un blog, pour y raconter mes expériences du net.  Elles sont toutes prêtes, mes expériences, car je les ai rédigées en vue d'un article dans un magazine belge hyper connu, j'ai nommé Flair.  L'article n'est pas paru, mais les textes dorment dans un tiroir, enfin dans un répertoire de mon PC.

Aussitôt pensé, aussitôt créé.  Sauf qu'il me faut un pseudo.  Et que je veux être totalement anonyme, pour pouvoir me permettre tout tout et tout.  Et puis passque l'anonymat, c'est confortable.

Alors, il me faut un prénom.  Un autre.  Passque sur Skynet, on signe ses billets.  Bien sûr, j'aurais pu prendre un pseudo qui ne soit pas un prénom « la célibattante », « la Bridget Jones namuroise » ou un truc du genre.  Mais un prénom m'a sauté aux yeux.  Anaïs.  Un prénom que j'adorais quand j'étais ado, même que j'aurais sans doute préféré m'appeler ainsi.  Un prénom que je pensais donner à mes enfants plus tard.  Enfin à ma fille.  Ensuite, j'ai plus voulu.  Et de toute façon, j'ai pas d'enfants.  Et pas de fille.  Mais, ne me demandez pas pourquoi, à l'instant où j'ai dû choisir, ce 28 octobre 2006, c'est Anaïs qui m'est venu.  Mauvais choix, because le tréma.  Très chiant, un tréma.  Horripilant, un tréma.  Exaspérant, un tréma.  Enervant, un tréma.  Et tout ça nous donne CHHEE... soit un CHHEE, nouveau mot inventé au bureau pour désigner quelque chose de chiant horripilant exaspérant et énervant (bien souvent... un client...)

Donc, j'ai été Anaïs du 28 octobre 2006 à juin 2007 environ, quand j'ai signé mon contrat avec Marabout/Hachette, pour « La célib'attitude ».  En vous écrivant cela, je réalise combien les choses ont été rapides : octobre le blog, mars le synopsis rédigé, juin le contrat et la rédaction de mon premier bébé.  Dingue.

Mais bien sûr, à cet instant, se pose une question encore plus cruciale.  Publier sous mon vrai nom ou rester Anaïs ?  En fait, la question ne s'est pas posée.  Je n'ai jamais voulu publier sous mon vrai nom.  D'une part, raison officielle, car mon blog est celui d'Anaïs, donc il me fallait rester Anaïs, en toute logique, afin de ne pas perturber les lecteurs, savoir vous.  Et puis, d'autre part, raison officieuse, parce que c'est vraiment confortable, l'anonymat.  Et parce que je ne voulais pas mélanger mes activités sérieuses, savoir mon job de salariée, avec mes activités annexes et ludiques, savoir le blog et les livres.  Cela compartimentait.  Je suis la reine des compartiments, dans ma vie, croyez-le.  Ma vie est faite de tas de trains, tous compartimentés. 

Mais être éditée sous « Anaïs », tout seul, m'a paru impossible.  Un prénom seul, ça fait un peu « prostituée ».  Ben si, ça fait prostituée. 

Donc, il m'a fallu un nom de famille. 

C'était un mercredi midi.  J'ai dit à Mostek, au bureau « bon, il me faut un nom de famille, t'as pas une idée ? »

Je la vois encore, à son petit bureau, dans notre ancien grand bureau, que nous occupions alors avec Moustique, ah comme tout a changé.  Elle a ouvert internet explorer, s'est connectée sur le site de l'Acina, notre cinéma local, et a ouvert la page des films (cette page sur laquelle il ne faut pas cliquer, souvenez-vous).  J'étais derrière elle.  On a vu un film et le nom de son réalisateur.  J'ai oublié le film, j'ai oublié le prénom du réalisateur.  Mais le nom, c'était Valente.  Que nous avons illico prononcé « Valennnntééééé ».  A l'italienne, ou à l'espagnole.  Mais pas à la belch', savoir « Valant' ».

Ça sonnait bien, et ça avait un lien avec mes vrais nom et prénom.  Lien que je ne vous expliquerai pas, of course, au nom du sacro saint anonymat.

C'est ainsi que je suis devenue Anaïs Valente.

Et ça me va bien.

Sauf que j'ignorais qu'une autre Anaïs Valente écrivait déjà, des BD ou quelque chose du genre.  Risque de confusion.  Mais trop tard.  Tant pis, trop tard.

Sauf que j'ignorais aussi que les journalistes TV et radio le prononceraient tous, sans exception « Valant' », à la belch'.  Trop tard.  Tant pis, trop tard.

Voilà voilà, le fin mot de l'histoire...

Et ça c'est moi, made by Mako.

Anais_et_son_ratpt