26
mar

Le samedi(que), c'est Belgique - épisode 2 : la babelutte

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Ça alors, c'est du belch' (une fois), la babelutte ?

Dingue.

La babelutte est un caramel qui se déguste sous forme de petit bonbon ou de long bâton.  Son nom viendrait de "babelen" et "uit", mots flamands signifiant "parler beaucoup" et "terminé".  Elle (ou il, car Philippe Genion semble lui donner le genre masculin) fait donc taire les plus bavards. 

On en trouve surtout à la Mer du Noooord.

La babelutte se suce ou se croque, mais je vous conseille de la sucer, plutôt.  Moi, j'ai un jour croqué un(e) babelutte reçu(e) en cadeau, mmmhhhhh, keske c'était bon, jusqu'au moment où j'ai senti une décharge dans une dent.

Puis le temps a passé.

Et quelques semaines plus tard, mangeant un biscuit sec, la dent s'est scindée en deux, pif paf pouf la dent.  Scindée, mais toujours soudée par la racine.  Avec la moitié qui balottait au gré du vent, enfin surtout au gré des mouvements de langue ou de joue.  Un bonheur.

Alors babelutte oui, mais à sucer, uniquement à sucer, totalement à sucer (ce mot va-t-il m'attirer les pervers de Google ?)

 

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19
mar

Le samedi(que), c'est Belgique - épisode 1 : l'américain

Passque le samedi, je lis aussi parfois au lit, je me suis offert deux livres sur les belgicismes.

Y'a quelques mois, une brique, Le dictionnaire des belgicismes.  Que je n'ai pas encore eu le temps de parcourir, of course.

 

Et puis hier, en m'offrant un set de table Geluck sur le thème de "si tu donnes un poisson à un homme, il mangera une journée, si tu lui apprends à pêcher, il mangera toute sa vie" (j'adore cette citation, que j'applique avec joie sur les stagiaires qui défilent au bureau, passque y'en a marre de tout expliquer des milliards de fois, zont qu'à noter et relire leurs notes ensuite), j'ai craqué pour Comment parler le belge, moins cher, moins fourni, mais sa définition de "baraki" m'a fait mourir de rire.  Alors, adjugé.

 

Et je me décide enfin à faire ce dont j'avais envie depuis des mois (depuis l'achat du premier bouquin) : vous parler le belge, une fois.

Le samedi(que) donc, ici, ça parlera Belgique.  Pour découvrir ou redécouvrir des belgicismes, ceusses qu'on utilise sans même savoir qu'ils sont belges, ceusses qu'on ne connait pas et qu'on va se mettre à connaître, passqu'on le vaut bien.  En me basant sur mes deux ouvrages, de A à Z, mais une lettre par semaine, sinon dans dix ans on est toujours à A, et ça risquerait de devenir AAA...brutissant.

Et on commence avec l'américain. 

J'adore ça moi, l'américain.

Nan, pas dans mon lit.  Il ne s'agit pas d'un beau brun ténébreux bronzé adepte de la planche de surf tout droit débarqué de Newport Beach ou d'un autre beau brun ténébreux à la voix rauque et à l'air vilain pas beau sorti de Gossip Girl (rhaaaaaaaaa, dieu sait si pourtant un américain comme Chuck Bass, j'en veux bien un dans mon lit, là de suite.)

Donc pas dans mon lit.  Dans mon assiette.

Passque l'américain (quand j'étais môme, on appelait ça du "filet américain", et on l'achetait chez Peeters, c'était le meilleur du monde, malgré les câpes que j'enlevais systématiquement, sur du pain français c'était divin), c'est du boeuf haché, cru, bien assaisonné, à dévorer avec des frites à double cuisson dans la graisse animale et plein de mayonnaise à l'oeuf.  Un tartare de boeuf ou un steak tartare pour les non-Belges.

Et l'auteur (Philippe Genion, Comment parler le belge) de nous rappeler que dans certains grands restaurants, ben ça se mange avec quelques grains de caviar.

Et moi de me rappeler qu'en effet, lors d'un walking diner de la mort qui tue auquel j'avais assisté y'a quelques années, excusez du peu, j'avais mangé de l'américain au caviar.  Enfin du steak tartare au caviar, non parce que ça rime mieux, mais parce que dans le grand monde, ma bonne Dame, on ne parle pas le belge, qu'on se le dise.

Mais, moi, chuis pas dans le grand monde, j'y serai jamais, alors je parle le belge, et je mange de l'américain.

 

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