9
déc

Brèves d'un site de rencontres : de l'humour comme j'aime

Une fois n'est pas coutume, un profil m'a fait mourir de rire :

 

Son pseudo : Gérard Menfroid

Sa recherche : Jess Ouvenfroid

 

Ben oui, c'est le genre de truc qui me fait mourir de rire, on ne se refait pas...

11
sep

Rencontre boum boum vs rencontre foireuse – la suite

Souvenez-vous, en mai dernier, je vous contais ma grosse déception déceptionnellement décevante, même si virtuellement virtuelle.

Ce que j'avais omis de vous conter, c'était "le fin mot de l'histoire", que j'avais obtenu un chouia plus tard.  Trois jours plus tard, par un mail concis.  Ouais, je sais, je suis la championne du racontage de rendez-vous foireux puis de silence total sur la suite, je vous avais déjà fait subir ça l'été dernier, pas bien pas bien, vilaine Anaïs que je suis.

J'ai donc appris par mail que la veille de notre rencontre, le (finalement pas si) charmant mossieur avait rencontré une (sans doute très) charmante madame, coup de foudre et patati et patata, second rendez-vous prévu le lendemain de notre rencontre pour concrétiser, on croise les doigts, ce nouveau bonheur.  Ce qui fait que le jour de notre rencontre, ben ça a foiré, comme je vous l'avais raconté, sans que j'y pige que dalle.

Ce à quoi j'ai répondu qu'il aurait alors suffi de me le dire, tout simplement, et d'annuler le rendez-vous, tout simplement (bis) et le tour aurait été joué.  Because ça peut arriver à tout le monde, une rencontre fortuite, un coup de foudre, une attirance irrépressible, et une folle envie de ne plus aller au rendez-vous prévu le lendemain, avec une conne prénommée Anaïs, qui en perdait du coup toute saveur (le rendez-vous, mais aussi l'Anaïs, pardi).  Ça aurait pu m'arriver.  Ben oui quoi, nul n'est à l'abri de ce genre de choses, et je l'aurais totalement pigé.  Mais là ça faisait vraiment scénario à la "j'ai eu un coup de foudre la veille de notre rendez-vous, je devais la revoir le lendemain de notre rendez-vous, j'ai donc pas eu envie de venir à notre rendez-vous, mais j'ai attendu pour t'expliquer tout cela de l'avoir revue au cas où ça aurait foiré entre nous, comme ça je te gardais sous la main, je te sortais une excuse à la noix et je te proposais un nouveau rendez-vous, ben oui quoi, sait-on jamais".  Non ?  Enfin, moi, ça m'a fait cet effet là.

Et je l'ai dit.

Et il a même pas répondu.  Ben voyons.  Il avait d'autres chats (nan, je dirai pas d'autres chattes) à fouetter.

Zappée, l'Anaïs, pire que TF1 durant Secret Story.

J'y ai pensé puis j'ai oublié, c'est la vie c'est la vie.  On va pas en faire un camembert.

Et puis l'autre soir, keske je reçois ?  Un mail !  Sauf que je confonds l'expéditeur avec un (autre) charmant môssieur qui porte le même prénom.  Je lis, et je reconnais mon (pas si) charmant môssieur de mai dernier.  Siiiiiiiiiiiiiiii, je vous jure : le retour.  Comme Saint-Nicolas chaque 6 décembre (et non 7, my dear Attrap'sushi). 

Je ne vais pas entrer dans les détails de ce mail, hé, ho, confidentialité oblige, bordel de dieu, non mais, vous abusez là, mais juste qu'il regrette son attitude et se roule à mes pieds en me demandant pardon (nan, je rigole, il dit pas ça, j'extrapole quoi).  Juste un détail : ben il est à nouveau célibataire (ce qui ne m'a pas étonnée outre mesure, je suis la reine de l'attirage de mecs qui me zappent dès qu'ils trouvent une perle puis me recontactent dès que la perle redevient une huître, la queue entre les jambes, le repentir au fond des prunelles, le désespoir au creux des mains moites).

Et vu que Secret Story est fini, et que je le sais, ça vous fait pleurer autant que moi, vous rouler au sol en frappant le sol de vos petits poings serrés, j'ai décidé de vous offrir une opportunité :

LE soumettre au vote du public.

LE = le (pas très) charmant môssieur

Public = vous

Son sort est donc entre vos mains, et par conséquent… le mien :

 

Tapez 1 si : Anaïs, c'est l'homme de ta vie, je le sens depuis le 28 mai, il lui a juste fallu le temps de s'en rendre compte, lui aussi, ne le laisse plus fuir, roule-toi à ses pieds de reconnaissance d'être enfin reviendu vers toi, et invitez-nous à votre mariage (car ils vécurent heureux et eurent beaucoup de petits zenfants)

 

Tapez 2 si : Anaïs, dans la vie faut prendre des risques, mieux vaut les remords que les regrets, rencontre-le, mais il va devoir se racheter, le malotru : t'inviter dans un trois étoiles, te sortir le grand jeu, des trémolos plein la voix, l'œil triste et repenti, les roses, le violon, les chocolats et fais-le bien gamberger, non mais !

 

Tapez 3 si : Anaïs, t'es maso là ou quoi, fuis fuis fuis fuis fuis ce crapaud putride qui ne deviendra jamais un prince charmant, tu mérites un joli crapaud à embrasser tendrement, il sait pas ce qu'il a manqué le goujat

 

Tapez 4 si : Anaïs, c'est moi l'homdetavie, je t'envoie mon numéro en privé et moi aussi je vais te sortir le grand jeu, na, na et re na.

 

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Anaïs, suis mon conseil...
Anaïs...
Epouse-le !
Fais qu'il en bave
Prends la fuite
Epouse-moi !

Résultats

 

27
déc

Le miracle de Noël existe...

... ou plutôt la trève de Noël.

La trève de mes rencontres foireuses.

Oui, y'a moyen de faire une rencontre boum boum, une rencontre qui fait se dire "why not", sur fond de champagne.

Merci Papa Noël.

10
mai

Une chouette rencontre, de celles qui font boum boum dans le cœur et guili guili dans le bidou

Je le vois et je sens un truc.  Il est grand.  Brun.  Pas spécialement ténébreux mais que soit (comme dirait je sais qui et tu sais qui aussi).  Son look pas rasé de quelques jours, mmmmmh, j’aime.  Et il a un joli manteau brun, long, qui lui va à ravir.  J’adore les longs manteaux sur un mec, ça donne une classe folle.  Et je sens que j’aime parce que j’ai envie de toucher, de caresser, d’embrasser.  Bon, je m’emballe là.  Ne t’emballe pas, ça va tourner en eau de boudin, comme d’hab…

J’en suis là de mes pensées que paf, il me propose un cinéma le soir même.  Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah.  Je veux mourir de bonheur.  Bon, je prends un air blasé et murmure un « pourquoi pas ».  Rendez-vous est pris au Caméo.  On va la faire à l’ancienne. 

Surexcitée par la perspective, mais n’ayant pas le temps de rentrer chez moi après le boulot me faire une beauté (cette opération me prend des plombes, car tout le monde sait que faire du beau avec du moche, c’est un challenge quasi impraticable, comme les autoroutes belges après l’hiver quoi), je décide de manger en ville en attendant l’heure du rendez-vous.

Je me rends dans le petit truc italien à côté de l’Eldorado.  Un cornet de pâtes fera l’affaire, et tant pis si je ballonne ensuite, faudra bien qu’il m’aime comme je suis, mon brun pas ténébreux.  4 eur le cornet de pâtes, pffff, ça devient cher.  Et 5 eur si deux sauces.  Même que le nombre de cuillérées est indiqué, dingue la précision de ce petit resto.  Je prends un cornet jambon crème.  Que je reçois.  Mais y’a comme une confusionnation avec un autre client, et paf, je me retrouve avec un petit cornet bolo, que je paie finalement 2,90 eur, va comprendre. Ça doit être la version enfant.  Tant pis, je ballonnerai moins.  J’engloutis mes pâtes à la vitesse V V’, vu que le cornet est quasi vide.  Une véritable arnaque.  Mais pourquoi j’ai pas rouspété, pourquoi je me laisse toujours faire, pourquoi la vie est-elle si cruelle…

Je glande longuement en attendant mon rendez-vous, cœur serré à la perspective de le revoir.  Puis, je m’y rends, à petits pas, histoire de pas être en avance.  Ni en retard.  Soudain, je réalise que j’ai pas remis mes bottes.  J’avais mis mes pantoufles au resto italien, histoire d’être à l’aise.  Mes pantoufles vaches moelleuses reçues à mon anniversaire, on n’a que le bien qu’on se fait ma bonne dame.  Mais pour un premier rendez-vous, ça la fout mal, très mal.  Je deviens blonde, moi, grave, aller à un rendez-vous en pantoufles, m’enfin.  Je mets vite vite vite rouf rouf rouf mes bottes, et j’ai deux minutes de retard, du coup.

Je sais qu’il est là, je l’ai repéré en remplaçant mes pantoufles par mes bottes.  Il est drôlement habillé, mais que soit hein (bis).  Je rejoins le cinéma, feintant de ne pas l’avoir vu.  Il se précipite vers moi.  Si, il s’est précipité, je l’ai vu.  Impatient qu’il était, na.  Je m’excuse de mon retard, omettant d’en expliciter la raison.  Il est toujours aussi craquant, pire qu’une craquotte à la fraise.  Mieux qu’une craquotte à la fraise, plutôt. 

Je lui explique que je ne suis pas rentrée chez moi après le taf, que j’ai traîné en ville en l’attendant.  Et lui de me répondre « rho, tu aurais dû le dire, tu serais venue chez moi, j’aurais préparé un petit truc ».  Aaaah, je crois rêver, c’est nirvanesque, il cuisine ET il aurait aimé m’inviter.  Nirvanesque je vous dis. 

Il me propose de choisir le film… mais me suggère une nouveauté qui lui plairait bien, dont j’ai oublié le titre, un truc anticipatif sur des volontaires au don de rein qui prennent un traitement pour préparer leur organe, ce qui les transforme, mais attention s’ils sont choisis ils n’auront plus la liberté de refuser.  Oui, bon, pas très glamour, mais why not ?

Une fois dans la salle, en galant homme, il me propose un petit truc à manger ou à boire.  Je refuse poliment, alors que j’ai soooooooooooiiiiiiiiiif.  Quand il part se chercher quelque chose, je suis tenter de hurler « j’ai sooooooooooooooooooooooooooooiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiif, prends-moi un Coca light (et prends-moi, là, de suite, sur le siège du ciné – non je rigole, jamais le premier soir) ».  Il revient et rapporte un paquet de chips à un ami qu’il avait salué en partant.  La gentillesse incarnée que cet homme.

En attendant que le film commence, je me love dans mon fauteuil, songeant au moment où je pourrai enfin me lover contre lui.  Je ferme doucement les yeux pour savourer pleinement ce moment, et je les rouvre, étendue en croix sur mon lit, sur le ventre.  Dehors, l’aube pointe le bout de son nez.  Les oiseaux gazouillent d’un air moqueur.  Il est 5h03 à mon réveil.  Je refuse de me réveiller, je veux repartir au cinéma, je veux le revoir.  Je tente tant bien que mal de me rendormir pour le rejoindre.  En vain.  Putain de rêve.

30
mar

JE LIS, tu lis, IL LIT

Ce matin.

Dans le bus.

En face de moi.

Un superbe brun ténébreux.  Beau comme un Dieu grec, la lueur d’intelligence dans le regard en sus.  Un peu jeune sans doute, mais l’amour n’a pas d’âge hein.

Je fonds.

Il est plongé dans sa lecture.

Je tente tant bien que mal de découvrir le titre de son ouvrage.

Et j’y parviens : La métapsychologie.

De Freud.

Glups.

Dois-je cacher la couverture du roman chick lit que je suis en train de dévorer ?

Nan, j’assume mon amour immodéré des lectures légères.

Na.

Et je forme le vœu de le revoir demain, et après-demain, et après-après-demain…

16
aoû

Ex-profil de ma vie, the come back

Je sais que vous êtes friands de mes rencontres foireuses, petits sadiques.  Ça vous plait hein, de voir Anaïs se prendre des bides, des râteaux, subir des flops et des déceptions.  Ça vous donne l’impression de lire un magazine people : « Anaïs a rencontré le profil de sa vie : un mariage bientôt ? »  « Anaïs passe une soirée avec profil de sa vie » « Anaïs et profil de sa vie : rien ne va plus » « Ex-profil de sa vie disparaît de la vie d’Anaïs sans laisser de traces »…

Alors je ne peux résister à l’idée de vous proposer un nouvel épisode de cette saga estivale « Anaïs manque de s’étrangler : ex-profil de sa vie is back ».

Naaaaaaaaaaaaa, ne vous frottez pas les mains de joie.  Du moins si cette joie est synonyme de « aaaah, enfin, l’amour, le grand, le vrai, le beau, dans la vie d’Anaïs ».  Mais si cette joie est pernicieuse et synonyme de « aaaah, enfin, Anaïs va encore vivre des trucs foireux », là vous pouvez vous frotter les menottes.

Je suis sur la page orange, en train de répondre à un charmant monsieur avec qui je discute depuis quelques jours.  Qui est sympa, drôle, pas con et pas moche.  C’est cool, car ça fait quinze jours que j’ai plus de news d’ex-profil de ma vie, donc j’ai tiré un trait sur lui, après avoir envisagé, au choix, de lui envoyer par sms l’adresse de ce blog, d’aller foutre le feu à sa maison, de le dénoncer sur la page orange comme potentiel tueur en série, et j’en passe.  Mais là, j’ai de chouettes contacts, alors j’ai fini par le zapper.  Alors je discute avec du monde.  Allons-y lentement, lentement, trèèès lentement.  Anaïs ne s’emballera plus.  J’envoie ma réponse à ce nouveau contact sympa et paf, petite notification « vous avez un nouveau message ».

Etant donné qu’ex-profil utilise un prénom bidon qui n’est pas le sien (dommage car entre nous son prénom est vraiment moche de chez moche, pas le prénom d’un prince mais un prénom qui me rappelle des souvenirs d’enfance pleins de café au lait tiède et de transpiration), mais ce prénom bidon est toujours le même, dans ses divers et nombreux profils, suivi soit d’un autre mot soit de chiffres, toujours les mêmes aussi.  Donc je ne tilte pas tout de suite, car il n’a pas opté pour ce fameux prénom, cette fois, dans ce profil tout frais tout juste sorti de l’œuf.  Mais les chiffres sont les mêmes, on ne change pas une équipe qui gagne.  Mais je ne tilte pas avant d’ouvrir le message et de revoir cette photo, toujours la même, également.

Et son message, court et sec : « quand m’invites-tu à prendre un verre ? bisou »

Juste ça.

Pas un « je te dois une explication pour ne m’être plus manifesté après avoir accepté ton amitié éternelle et indéfectible, j’ai disparu purement et simplement et viré mon profil sans un adieu car (biffer la mention inutile) ma mère a été piquée par la mouche tsétsé j’ai dû aller la rapatrier par avion sanitaire, je me suis brisé les dix doigts lors d’une tentative de record du monde de hulla hoop au Brésil il y a peu et étais incapable de t’envoyer le moindre mail ou sms je m’en suis mordu les doigts enfin ce qu’il en restait, je me suis enlisé dans de la fiente de poules en voulant les sauver pour un organisme de défense animale et l’intoxication à l’ammoniaque a été sévère, j’ai glissé sur une peau de banane et subi une amnésie dont je sors à peine et tadaaam je me souviens enfin de toi et de ta beauté transcendante, j’ai rencontré une meuf juste après toi mais là elle vient de me larguer comme une crotte, alors je m’ennuie ferme donc autant te recontacter tu serais bien assez conne pour me reparler. » Chais pas vous, mais moi, j’ai une petite et trèèès vague idée de l’hypothèse la plus crédible…

Alors je me tâte.  J’hésite.  Je réfléchis.  Je médite.  Je m’interroge.  Deux secondes.

Et je réponds « volontiers, mais je vais faire mieux qu’un simple verre, tant qu’à faire, je t’invite à la Bergerie (resto étoilé namurois), régalons-nous sur mon compte, ensuite on ira à l’hôtel des Tanneurs, je louerai la superbe chambre avec jacuzzi et vue sur les toits de Namur et tu abuseras de moi à ta guise. »

Nan, je rigole.

Je réponds « on se connaît ??? »

Bien fait pour sa gueule.  Non mais.

Illus d'Emma Toz et son petit grain de folie.  Voilà tout ce par quoi je suis passée en découvrant le message d'ex-profil de ma vie.  Le blog d'Emma, je viens de le découvrir et j'aimeuh d'amour, même que j'ai déjà plein d'illus que je veux vous montrer et que ses illus m'inspirent des billets, si c'est pas ça le bonheur... Ennplus, y'a la musique de la Belle et la Bête, mon Disney préféré, sur son blog.  Bon, j'aime pas la musique sur les blogs, mais ça j'aime.

L'horreur c'est que je sais pas la contacter et j'espère qu'elle va pas me haïr et me maudire sur quinze générations d'avoir pris ses illus...

 

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7
aoû

Inception… puis déception

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Deux histoires en une… petits gâtés que vous êtes.

Inception, puis déception.  Mais pas de déception pour Inception.  La déception est après.  Of course.

J’ai donc été voir Inception.  Avec le profil de ma vie.

On m’avait dit beaucoup de bien de ce film.  A lire le résumé, pas le genre que j’aime.  Un résumé qui m’épuise, auquel je ne pige rien.  Et la bande-annonce, avec ces rues qui se soulèvent, brrrr, j’en tremblais d’effroi.  Mais vu la super critique et les ceusses qui m’ont dit « va le voir », ben j’ai été.  J’obéis, moi, ma bonne Dame.

Fort heureusement, on m’avait aussi dit « les cinq premières minutes sont complexes, t’inquiète, ça ne durera pas ».  Passqu’en effet, complexes, ces cinq premières minutes.  Mais ça ne dure pas.

Maintenant, c’était peut-être la présence d’ex-profil de ma vie qui me perturbait.  Chuis toujours un peu stressée dans ce genre de circonstances.  Plein d’idées me passent en tête : « respire pas trop fort », « gesticule pas », « ne sois pas trop près de lui », « ne sois pas trop loin de lui », « croise les jambes, ça fait dame », « décroise les jambes, mauvais langage corporel, signe de fermeture », « ne le regarde pas », « ne le regarde pas, je te dis », « et s’il essayait de m’embrasser je ferais quoi ? », « et s’il n’essaie pas de m’embrasser, je fais quoi ? », « concentre-toi sur le film tu vas rien piger », « j’ai soif, pourquoi j’ai pas dit oui quand il m’a proposé une boisson », « c’est qui ce personnage-là déjà, je pige rien », « il est mignon ex-profil, me demande s’il voudra me revoir », « j’aime bien ses lunettes », « il voudra pas me revoir, trop moche, trop conne, trop grosse, trop inculte, trop trop trop », « il voudra pas me revoir, pas assez sexy, pas assez intelligente, pas assez grande, pas assez pas assez pas assez », « il voudra me revoir, je suis le profil de sa vie »… et je vous en passe.

En plus, pas de bol, je me tape de l’asthme et j’ai oublié mon spray chez moi.  Pas mourir ici, pas mourir ici pas mourir ici.  Bon, ça pourrait être romantique, j’agonise, j’étouffe, on se retrouve à l’hosto et tout et tout.  Ça pourrait être romantique dans une comédie romantique.  Pas dans la vie.  Dans la vie, je me racle la gorge sans cesse, pour faire passer la crise. Et il me propose une pastille pour la gorge.  Il est exaspéré, c’est clair.  Je l’exaspère avec mes bruits de tuberculeuse.  Pourtant, Sissi, elle avait séduit un empereur, malgré sa tuberculose.  Oui, bon, dans la vraie vie on a dit.  Donc une pastille.  A la menthe.  Je déteste les pastilles à la menthe.  Mais j’accepte.  Et elle est bonne, cette pastille.  Pas trop fort.  Faut que je demande la marque.

Mais, hormis ces quelques considérations typiques de la rencontre futurement foireuse, j’ai adoré Inception.  Quelqu’un m’a dit que le réalisateur devait être un peu fou pour avoir imaginé ça.  C’est sans doute ce qui fait que le film captive d’un bout à l’autre, cette folie.  Et puis Léonardo Di Caprio qui joue vachement bien le bellâtre torturé (il m’a jamais vraiment fait de l’effet, Léo, une gueule trop parfaite, trop enfantine, mais bon, je l’aime bien quoi).  Et puis ce rêve dans ce rêve dans ce rêve dans… ce rêve ou cette réalité ?  On s’y perd à la longue.  Et c’est triste, parfois.  Angoissant, souvent.  Tous ces tueurs, font peur.   Et puis un film plein de questions, jusqu’au dénouement final, qui ne dénoue peut-être pas tout.  Passque la toupie.  Je m’interroge.  Un film à voir au cinéma, pour les images, pour l’action, pour le son.

Fin du film.

Fin de l’histoire, aussi.  Fin de profil de ma vie.  Bienvenue ex-profil de ma vie.

Ça vous dit un petit résumé des divers échanges de mails et sms suivant la séance.  Enfin, de ce qui est racontable (cf la Boum) of course, je vais pas entrer dans les détails, rassurez-vous (je sens une pointe de déception, bande de petits curieux).  Vous avez eu un mini résumé la semaine dernière, mais ici je vous propose un big méga gros petit résumé.

Jeudi.

Lui « Passé une très bonne soirée en ta compagnie, espère toi aussi ».

Moi « Moi aussi, merci encore ».

Vendredi.

Lui  « Mieux vaut en rester là, restons amis ».

Moi « Bien sûr, pas de souci, restons amis ».  C’est vrai quoi, on n’a jamais assez d’amis, et l’amitié c’est bien aussi, et puis l’amitié peut toujours muter, et puis il est sympa, alors amis c’est bien, c’est super, c’est génial, c’est nuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuul.

Lui « Ok, super ».

Lui, un peu plus tard « Et puis, on sait jamais comment ça peut évoluer, je vais réfléchir, je réfléchis ». Mais il réfléchit à quoi, bordel de dieu ?  J’ai rien demandé, rien proposé, dit ok pour amitié, ça mérite aussi réflexion ça ?

Samedi.

Lui « Comment vas-tu ? » Aaaaaaaaaaah, mon nouvel ami veut savoir comment je vais.  C’est bon signe non ?

(Je vous passe les détails d’un blabla habituel et passionnant entre nouveaux amis youpie).

Moi, après une heure de discussion « Bon, sorry, je te laisse, j’ai un rendez-vous, bonne soirée, à bientôt, mon cher ami ». Et je file au lit, mouahahah, le coup du mensonge pour titiller sa jalousie et qu’il réalise à quel point je suis formidable et qu’il est sans doute sur le point de me perdre à tout jamais, ça peut marcher vous pensez ?

Dimanche.  A l’aube.

Lui.  « Alors, ce rendez-vous ? Bon, je pars toute la journée, bon dimanche.  »

Je vous le disais, il angoisse. Ça marche, le coup du mensonge pour titiller sa jalousie et qu’il réalise à quel point je suis formidable et qu’il est sans doute sur le point de me perdre à tout jamais.

Moi.  « Bon dimanche, bon amusement, à bientôt ». J’élude le rendez-vous de la veille avec mon oreiller, faut titiller sa jalousie, qu’il s’imagine des choses je vous dis.

Lundi.

Silence.  Il médite.

Mardi.

Silence.  Il réfléchit.

Mercredi.

Silence.  Il est jaloux mais se retient de m’interroger plus.  Il en bave.

Jeudi.

Silence.  Il a viré son profil sur la page orange.  Volatilisé.  Effacé.  Sans un mot.  Sans un au revoir.  Sans un adieu.  Evaporé.

Déception.  Drôle d’attitude.  Bon, je sais, j’ai rien raté, c’était un perturbé.  Puis au ciné, il faisait rien que m’interrompre, jamais su en placer une, ce qui est quand même rare avec moi.  Il écoutait rien. Puis finalement, il était loin de ressembler à Brad Pitt (alors que moi, bien sûr, je ressemble à Angelina Jolie, c’est bien connu).  Puis moi je mérite un homme qui n’hésite pas, qui fonce, qui m’aime et le dit et l’assume et le redit.

Mais tout de même…

Je n’y comprendrai jamais rien aux mecs, c’est définitivement définitif.

Et le drame dramatiquement dramatique finalement, le pire du pire du pire, c’est que jamais je ne connaîtrai la marque de ces pastilles à la menthe, damned.

2
aoû

Coccinelle, demoiselle, bête à bon Dieu...

Coccinelle, demoiselle, vole jusqu'aux cieux...

Vous connaissez la suite ?  Moi oui...

Bon, j'ai pas décidé de vous poster des chansons ou des poèmes, rassurez-vous, juste une superbe photo made by Mostek.  Y a-t-il plus jolies choses au monde que celles issues de la nature ?  Moi je dis non !

 

coccinellept.JPG
Et tant que j'y suis, cette sublimissime publicité, qui me fait rêver, rêver, rêver...

 

27
jui

Aujourd’hui, j’ai rencontré, le profil de ma vie, la la la la

Oui, bon, c’est pas les paroles d’origine, que voulez-vous, faut vivre avec son temps ma bonne Dame.  A l’ère de l’internet, on rencontre des profils avant de rencontrer des hommes.

J’ai donc relancé une offensive sur la page orange, pleine d’espoir et de rêves estivaux. Comme toujours, au début, la profileuse est pleine d’espoir et de rêves… durant dix minutes.  Car immédiatement, les hommesmariés, les perverslubriques, les déneuronésduneurone et les ceussesquinontrienàdire surgissent, comme des puces sur un clebs mal lavé, et m’envoient des mails...

Et de suite, on sent que ça ne va pas coller, car après  les politesses d’usage, savoir les conversations passionnantes du genre « bonjour, bonjour, kesketufaisdanslavie, je bosseettoi, moizossi, kesturecherchesici, euhunnouveaucanapéettoi, euhlafemmedemavie », j’ai plus rien à dire.  J’envoie des mails quasi vides, rien à dire je vous dis (et moi, avoir rien à dire, c’est révélateur non ?).  Je m’ennuie.  Alors, si je m’ennuie devant mon pc, alors que j’ai la TV, des livres et Bubble town à portée de main, je n’ose imaginer comment se passerait une rencontre.  Non, n’imaginez pas, c’est l’enfer, j’ai vécu, j’ai connu je veux plus revivre ça.

Mais aujourd’hui, aaaaaaaah, aujourd’hui… faut que je vous raconte quoi.

Son message est court.  Mais il va à l’essentiel : il aime mon profil.  Sans faute.  Pas mon profil, of course qu’il est sans faute.  Son message, sans faute.  Ça change de la phonétique habituelle, je vous le dis.  Pas de photo, tant pis, on s’en fout des photos, seule la beauté intérieure compte (menteuse).  Je lis son profil.  J’aime.  Il aime Mika, attendez, c’est un signe.  On a tout en commun, c’est ainsi.  C’est un signe.  Meuh non je ne m’emballe pas, voyons, vous me connaissez.  Je réponds, on échange quelques messages, puis on passe sur le tchat.  Le tchat de la page orange, c’est une sacrée aventure.  Ce tchat refuse certains mots.  Par exemple « Meetic », ce qui est compréhensible.  Mais il refuse aussi le mot « toi », ce qui est nettement plus exaspérant et infondé.  Car en général, sur un tchat, on se parle, on se pose des questions, genre « tu vas bien, oui et toi ? ».  Paf, ça foire.  « T’as mangé quoi ?  Des pâtes et toi ? ».  Paf, replantage.  Et même « toi » dans un mot, ça foire.  « T’as fait quoi de la journée ?  J’ai regardé mon toit ».  Paf, plantage.  « Tu fais quoi dans la vie ?  Une thèse sur le toilettage pour chiens ».  Plantage.  Autre mot qui fait planter, « dat ».  Ennuyeux aussi, lorsque j’ai parlé des « inondations », plantage.  « T’as mangé quoi ce soir ?  Des dattes ».  Plantage.  Bref, c’est la croix et la bannière que le tchat de la page orange, mais j’aime vivre dangereusement, alors allons-y.

Entre-temps, j’ai accès à sa photo.  Les photos importent peu hein, je vous le disais là-haut.  Mais bon, y’a une photo, alors je vais voir hein (curieuse, en plus de menteuse)…  Et là, là, ben là.  Trop mimi.  Vraiment mimi.  Tout ce que j’aime, keske je peux vous dire de plus ?  Profil idéal, photo idéale.  Meuh non, je ne m’emballe pas, vous me connaissez.

Et on discute.  Sur le tchat, ça passe ou ça casse, encore pire que sur les mails, car y’a le côté instantané, comme le café.  Et là, si on n’a rien à dire, ça s’essouffle hyper vite.  L’enfer.  Mais avec mon crapaud charmant du jour, ça s’essouffle pas, on a plein plein plein à se dire.  On parle de nos marques préférées de lasagnes, des moules de Zeelande (ça tourne souvent niveau estomac, zavez remarqué ?), des vacances sans avion (je m’emballe pas de plus en plus, sur ce coup-là), et puis je sais plus de quoi mais on en parle.

Et il me trouve drôle.  Génial non ?

Puis je lui annonce que je vais sortir ma poubelle.  Et lui m’annonce qu’il va vider son lave-linge.

C’est d’un romantisme dingue.

Puis il ne revient pas, damned.

Alors me vient un air en tête.

« Si toi aussi tu m’abandonnes, la la la la la la. »

Et je l’écris.

Si toi aussi tu m’abandonnes…

Il me répond, à son retour : c’est internet qui déconne…

Et moi : ça va je te pardonne.

Et voilà, on fait de la poésie, c’est définitivement le crapaud de ma vie.

Puis ça plante à nouveau, et j’ai en tête :

« Tu t’en vas… »

Puis « Reviens, on va vivre la main dans la main… »

J’ai plein de chansons ringardes en tête.  Et moi, quand j’ai des chansons ringardes en tête, c’est un signe.  Un signe qui ne trompe pas.  Un bon signe.  Meuh non, je ne m’emballe pas, vous me connaissez.

Je tente un « Allô Houston, ici la terre… » (ah ah ah, keske chuis spiritueuse hein).

Et il revient.

Et on continue à causer, et à rire.  Il rit, je le sens je le sais, je l’entends, enfin presque.

Et il me demande mon numéro.

En général, c’est là que ça coince, car je ne donne jamais mon numéro.  Je déteste le téléphone.  Je hais le téléphone, alors franchement, donner mon numéro à un inconnu, très peu pour moi.  Donc, en général, je refuse, j’argument, j’explicite, je tergiverse, mais je donne pas, c’est à prendre ou à laisser.

Mais là, ne cherchez pas à comprendre, pulsion crapautesque, je donne mon numéro.

Vous lisez bien, je donne mon numéro.

Trois fois, car y’a plein de coupures.

Ensuite, silence total.  La parano m’envahit.  Il est dans la police et avec mon numéro, a trouvé mon casier.  Mais j’ai pas de casier.  Il réalise qu’il me connaît et me déteste.  Mais il me connaît pas.  Il est pro en numérologie, et mon numéro ne lui dit rien qui vaille.  Mais mais mais…

Silence.  Silence.  Silence.

Driiiiiiiiiiiiiing.

Horreur et putréfaction, c’est lui.  Faut que je décroche.  J’ai pas envie de décrocher.  Je veux pas décrocher.  Je décroche.

On échange quelques phrases, puis ça coupe.  Il m’avait avertie qu’en plus de soucis internet, il avait des soucis GSM.  C’est bien ma veine, je hais le téléphone, et ça coupe.

Silence silence silence.

Il rappelle.  Et on parle plus longuement.  Ça passe bien.  J’aime parler avec lui.  Et du coup je m’emballe et deviens bavarde, je commence à raconter une anecdote à mourir de rire de mon existence hors du commun.  Je raconte je raconte je raconte.  Jusqu’à ce que j’entende le bip significatif de la coupure de communication.  Je hais le téléphone, je vous le disais.

Silence silence silence.

Troisième appel, juste pour me dire au revoir, vu que ça va encooore couper. Si c’est pas attentionné ça, hein, hein que c’est attentionné.  Ça fait comme s’il était à l’étranger, bien loin, et qu’il mettait sa dernière piécette, on parle très vite, avant que le crédit soit épuisé. On se dit au revoir bonne nuit à très très bientôt.

Rhoooo oui, à très très bientôt.

Il conclut d’un « ne m’oublie pas ». Rhaaaa, so romantic.

Evidemment, s’il tombe par hasard sur ce blog et se reconnaît (passque s’il tombe par hasard, il ne pourra que se reconnaître, c’est clair et net), soit il sera choqué à tout jamais que j’aie osé révéler ces détails de notre vie déjà si intime, soit il rira aux éclats…

S’il se choque, il n’était pas fait pour moi.

S’il rit, on peut fixer la date du mariage…

27
jan

Cendrillon, c’est mwa !

On discute sur le net depuis une petite heure.  Je suis en pyjama, le cheveu triste, l'œil gras, à moins que ce soit l'inverse.  Je zieute d'une part mon écran TV, d'autre part mon écran PC.

Il est 23h et des poussières.  Presque minuit, en fait.

De façon totalement inattendue, il me propose « si on allait prendre un verre ».

L'idée me tente, je lui demande quand il envisage ce rendez-vous.

Sa réponse me laisse sans voix (fort heureusement, la voix n'est pas indispensable à un tchat sur le net) : « ben tout de suite, là, le temps que j'arrive ».

Glups.  Voilà Anaïs, tu ne l'as pas volé.  Tu l'as cherchée, cette proposition, en l'accusant d'être trop plan-plan, de ne pas faire de choses folles comme aller manger des moules à Ostende à 22h ou admirer la tour Eiffel lorsqu'elle scintille à minuit.

Tu l'as ta proposition.  Bon c'est pas les moules à la mer, c'est pas Eiffel à minuit.  Mais c'est une proposition hors norme : un verre avec un inconnu à l'heure ou Cendrillon se transforme en souillon et son carrosse en citrouille.

J'accepte, non sans avoir imaginé tous les scénarios catastrophes possibles :

-          c'est un tueur en série qui fait du boudin de ses victimes, chaque nuit

-          c'est mon voisin qui a tout découvert de mon blog et veut se débarrasser une fois pour toute de moi, exaspéré qu'il est par le crépitement incessant de mes doigts sur le clavier

-          c'est un fétichiste qui va venir me chercher dans un carrosse et m'emmènera au bal

Parano, moi ?  Ben non, mais avouez qu'un rendez-vous à une telle heure, c'est pas habituel.  C'est même très inhabituel.  Doit y avoir anguille sous roche.  Ou arme sous pardessus. 

Dans un élan de protection, j'adresse un mail à une copine, pour lui demander d'envoyer la cavalerie, le GIGN, la police et un prêtre si je ne donnais plus signe de vie sur le blog le lendemain.

J'informe également mon contact-tueur en série-fétichiste-voisin-fabricant de boudin que tout mon entourage est au courant de sa venue.  S'il ne vient pas, j'aurai compris...

Dare dare, je tente de transformer mon vieux pyjama pilou en robe de princesse et mes pantoufles vache en pantoufles de vair.  Et j'attends.

Plus j'attends, plus je me demande pourquoi j'ai accepté d'aller prendre un verre en pleine nuit avec un inconnu, au lieu de somnoler gentiment devant un DVD romantique. 

Heureusement, j'ai à peine le temps d'envisager une retraite stratégique du style « sorry ma grand-mère vient de se faire larguer - j'ai une gastro entérite fulgurante - l'homme de ma vie vient de débarquer à l'improviste on fait connaissance (biffer la mention inutile) » que ding-dong, mon carrosse est avancé.

Nous vlà partis dans Namur, ville ô combien morte, même le samedi soir, à la recherche d'un bistrot daignant accepter deux âmes esseulées à une heure si indécente.  Et bien je vais vous le dire, ce n'est pas chose aisée !!  Seuls restent ouverts ce que j'appelle les « cafés d'alcoolos », enfumés au possible, où trainent des piliers de comptoir, des habitués dans un coma semi-éthylique et où les vieilles chaises sont pleines de chewing-gums collés. 

On dégotte donc un café d'alcoolos encore ouvert, on s'installe et on discute.

Et paf, il est 2 heures du mat.  Tiens j'ai pas vu le temps passer.

De quoi on a parlé ?  De tout et de rien : de sa passion pour la congélation de mouches (tant qu'il ne s'agit pas de congélation de blogueuse, je peux m'estimer heureuse), de ma passion pour la soupe à la terre, de tueurs et tueuses en série, de son aversion totale pour les blogs (glups, jamais je n'oserai avouer que j'en ai un).  Bref de tout et de rien, de choses banales quoi.

Et bien, je vous le dis en confidence, cette petite sortie nocturne, j'ai adoré.

Un chtit dessin de Marguerite la vache pour illustrer le tout.

nuit

 

10
avr

J’ai attrapé un coup de soleil, un coup de folie, un coup d’inconscience (librement inspiré de Richard Cocciante)

Lundi de Pâques.

Ennui profond.

Pas d’énergie pour écrire des billets, juste suffisamment pour faire une monstrueuse vaisselle poilue, une lessive de 100 chaussettes orphelines et pour glander toute la journée.

Je surfe sur ma page orange, espérant une rencontre miraculeuse qui me ferait croire en l’amour.

Mais je ne reçois que des « t’as pas une photo ? » (nan, je montre pas ma tronche, c’est clair ?) « tu fais quoi dans la vie ? » (comme si les histoires d’amour étaient conditionnées à la profession des deux protagonistes) et « c’est quoi ton prénom », voire pire « tu cherches quoi ici ? » (ben voyons, un nouveau frigo ou une raquette de tennis).

Quand soudain, un popup « envie de parler, choisis le sujet ».  ça me plait.  Parler, et non questionner, ça change.  Ça fait des vacances, sur la page orange, de parler, sans subir un interrogatoire en règle.  

Alors je propose un sujet : « le drame des crevettes grises de la mer du Nord mangées par les humains sans cœur que nous sommes ».  Ben quoi, il est pas bien mon sujet ?  Faut savoir, vous devez savoir, que les crevettes grises sont un peu comme le fil conducteur de mon guide des paresseuses, enfin, non, pas le fil conducteur, mais plutôt un sujet qui revient régulièrement, comme un clin d’œil.  Alors voilà, nous avons parlé des crevettes.  Selon lui, elles étaient heureuses, d’être baignées dans la mayonnaise.  Moi je craignais pour leur taux de cholestérol.  Il me précisait qu’il la prenait light, sa mayonnaise.

Et puis j’ai lâché la phrase qui tue « le nirvana, c’est de les manger, assise sur le sable, en regardant la mer ».  

Et il m’a dit « ok, on y va ».

Un lundi de Pâques.  Enneigé.  A 17 heures.

Croyez-le ou pas, enfin si, croyez-le, j’ai dit oui.  Même que j’avais peur de partir à la mer avec un total inconnu avec qui j’avais échangé dix phrases.  Même que j’avais encore plus peur en apprenant qu’il avait une camionnette blanche, comme Dutroux et Fourniret.  Même que je me suis dit que j’étais folle, complètement folle.  Même que je me suis dit que oui, j’étais folle, mais que si je ne le faisais pas maintenant, je ne le ferais jamais.  J’ai toujours rêvé d’aller à la mer, sur un coup de tête.  Manger des crevettes.  Ou des moules.  Ou de partir à Paris, juste pour y rester une heure, voir la Tour Eiffel scintiller.

Alors je l’ai fait.

Trois minutes avant de partir, j’ai reçu ceci, d’un auteur de Chloé des Lys, maison d’édition dont je vous ai déjà parlé, Martine, extrait de son livre « Tâches d’encre ».

Nord

Mon Nord, c’est ce ciel profondément gris
Le vent qui fait murmurer les lèvres
Leur faisant dire la douceur de la brise
La chaleur des bûches allumées et celle du café versé.

Mon Nord, c’est cette mer couleur grise
L’eau qui fait murmurer les lèvres
Au rythme du ruissellement des pluies
Au son des bûches qui craquent et de la cafetière reposée.

Mon Nord, c’est ta chevelure devenue grise
Le sourire qui fait murmurer tes lèvres
Leur fait décliner la tendresse de l’âge
Comme tu déclinais, dans le passé, ton latin adoré.

Mon Nord, c’est ce ciel infini de gris
Nuances qui font murmurer les lèvres
Au son du vent de nos plaines
Au rythme d’un accordéon fatigué.

Mon Nord, c’est
Cette mer du Nord qui vient et qui repart ; c’est
Ce vent d’Ouest qui souffle et qui pique ; ce sont
Ces plaines fertiles qui offrent le blé ; ce sont, c’étaient aussi
Ces travailleurs frontaliers et
L’odeur du pain grillé caressant les maisons alignées.

Mon Nord, ce sont
Les bateaux, ce sont
Les froids, ce sont, ce seront
Les travailleurs émigrés et
L’odeur du pain fraîchement acheté.

Mon Nord,
Ce sont des rideaux d’arbres, des ruisseaux tout gais
Et des rideaux fermés sur des cœurs entrouverts
Et des courettes ouvertes au seuil d’usines fermées.

Mon Nord,
Ce sont les sirènes qu’on n’entend plus
Et les cris des ouvriers en colère
Et la chaleur de la tasse de café versée
Et la bonne odeur du pain qui taquine le nez.

Mon Nord, le Nord, mon Nord, c’est mon Nord
Et je l’aime.


Et puis je suis partie... (à suivre)

Dessin issu de http://www.promoviande.ch/ (toujours pas compris comment un site dénommé promoviande fait la promo des crevettes)

crevette

29
mar

Premier rendez-vous

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Pour moi, un premier rendez-vous, c’est pire qu’un entretien d’embauche.  Pire qu’une première journée de travail.  Pire qu’un mariage où je vais seule.  Pire qu’un détartrage chez le dentiste.  Pire que le célibat.  Pire que tout.

Pourquoi n’existe-t-il pas des guides du premier rendez-vous ?  Qui donneraient de bons conseils et permettrait aux jeunes (mais si mais si, il faut appeler un chat un chat, je suis encore très jeune) femmes d’aller sans angoisse à leur premier rendez-vous.

Moi, je me pose des tas de questions.  Des tas.

Comment avoir l’air d’être contente de ce rendez-vous, montrer que je me suis préparée pour l’événement, tout en donnant l’impression que je n’en ai pas fait trop, que je ne suis pas obsessionnée par l’événement ?

Est-ce que je mets du parfum ?  Bien sûr, mais pas trop.  Donner l’impression d’être tombée dans un bain de J'adore, ça la fout mal.  Mais le parfum est utile.  Histoire de camoufler l’odeur de laine mouillée de ce pull merdique (vos pulls aussi, ils sentent la laine mouillée ?)  Ensuite, faut choisir quel parfum.  Passque moi, j’en ai des tonnes, des sucrés, des fleuris, des capiteux, des légers, des enivrants…  

Ensuite, est-ce que je me brosse les dents ?  Bien sûr, mais il ne faut pas qu’il sente l’odeur du dentifrice, pour ne pas donner l’impression de m’être préparée à un baiser de cinéma.  Donc j’ingurgite ensuite un tas de bonbons aux fruits, histoire d’avoir l’haleine fraîche… mais pas trop.

Gros dilemme maintenant : qu’est-ce que je mets ?  C’est là que se joue foncièrement tout le drame du premier rendez-vous.  Comment trouver une tenue qui fasse à la fois « non je n’ai pas sorti une tenue spécialement pour l’occasion, que vas-tu donc imaginer, voyoooons » et à la fois « non je n’ai pas remis ce vieux pull tout bouloché que je mets pour nettoyer ma terrasse à la javel ».  Faire montre d’un effort de présentation tout en ayant l’air naturel.  L’enfer.  

Et je mets quoi aux pieds ?  Du pratique mais pas sexy ou mes bottes de « pute » ?  Mes bottes de « pute », ce sont mes bottes à talons.  Mes seules bottes à talons.  Non pas que pour moi, mettre des talons soit synonyme de racolage, m’enfin.  C’est juste que lorsque je les mets, comme je n’en ai pas l’habitude, je me sens femme.  Pas seulement femme.  Plutôt femme femme.  Vous voyez.  Au summum de ma féminité.  Matez-moi ces mollets de poulet sublimé par ces bottes de « pute ».  Bon, je m’égare.

Voilà, chuis prête.  Enfin.  Reste plus qu’à attendre qu’on me le propose enfin, ce premier rendez-vous.
 
N'oubliez pas d'aller lire le billet de la Sudinette et celui d'Angie et aussi celui d'Amandine.
Vous pouvez aussi découvrir tous les textes sur le blog (attention majorité en néerlandais) 
 
 

8
fév

Les douze macarons de minuit

Vu votre insistance à la limite du harcèlement (des centaines de mails suppliant, c'est pas du harcèlement ça, ma bonne Dame ?), je me fais une joie de vous raconter ma livraison de macarons made by Jean-Philippe Darcis.

Ils sont donc arrivés à 19h tapantes (paf), dans leur choli petit sac orange. Gros défaut de Monsieur Darcis : point de jolies boîtes comme chez Ladurée, je m'en vais de ce pas lui suggérer d'y remédier, il en va de l'image de marque de ses somptueux macarons. Pour rappel, j'avais commandé douze petites choses rondes colorées, croustillantes et moelleuses à souhait : framboise, praliné, nougat, lait d'amande, cassis-violette, fraise-coquelicot et chais plus quoi (étrangement, y'a toujours un goût qui ne me revient pas en mémoire). A l'heure où je vous écris, ils attendent impatiemment de me provoquer un orgasme gustatif, lovés dans mon frigo (si si, ils sont lovés les uns contre les autres, pour se tenir chaud par cette température polaire nécessaire à leur anti-rancissement, je vous montrerai une photo dès que possible).

Voilà. Vous savez tout.

Le livreur ? Ben quoi le livreur ? Vous voulez savoir quoi ? Tout ? Que je vous raconte tout ? Enfin ce qui est racontable (célèbre réplique issue de "La boum", j'ai de fameuses références cultureuses, je sais).

Et bien…

Que vous dire, sachant qu'il vient lire ce blog ? Sympa, drôle, ténébreux (même si pas tout à fait brun, enfin chais plus, faisait noir hein, ma bonne Dame), et patati et patata (je peux pas trop en dire, je vous dis qu'il vient lire ce blog, titchu) avec un côté obscur de la force bien marqué, surtout depuis que je sais qu'il fut un temps où il avait les cheveux longs et verts (serait-il une réincarnation de l'incroyable Hulk ?) et depuis que j'ai appris qu'il rédige des textes sur la meilleure façon d'exterminer la race humaine (mitraillette, hache ou virus ébola ?).

Et puis bon, je me dois d'être honnête, y'a un tout petit mini rikiki détail insignifiant, qui risque de pas plaire à tout le monde, notamment au mulot à longue queue qui partage ma modeste existence : macarons-man, ben, c'est un assassin de rats. Enfin de rat. Un seul, mais c'est le rat de trop, n'est-ce pas. Il prétend que ça serait plutôt "non assistance à personne en danger" et non pas "meurtre avec préméditation", mais j'émets quelques doutes, sachant qu'il a laissé son propre rat, son fidèle compagnon depuis six ans, qui jamais ne le quittait, qui lui tenait chaud les soirs d'hiver, qui lui susurrait des mots doux à l'oreille les soirs de déprime, qui cuvait avec lui dans les vapeurs d'alcool (attention, âmes sensibles, ne lisez pas ce qui suit, vous pourriez être traumatisés à jamais, vous voilà préviendus), donc il a laissé son rat se noyer dans une Chimay bleue. Vous lisez bien. C'est une mort horrible et sinistre pour un rat si gentil, j'en ai conscience, et cet événement conduira tout droit macarons-man croupir en enfer pour l'éternité, au milieu de centaines de rats vengeurs et assoiffés de sang, cela va de soi. N'allez pas parler de cet événement à mon mien, de rat, je voudrais pas qu'il en cauchemarde la nuit, le pauvre petiot.

Pourtant je vous assure, il a pas l'air d'un assassin de rat, macarons-man. Mais l'air ne fait pas la chanson, d'ailleurs soyez contents que je sois toujours en vie à l'heure où je vous écris… Assassin de rat, oui. Assassin d'Anaïs, non. Ou pas encore.

Au fait, pour la petite histoire, je lui ai aussi montré un truc à moi rien qu'à moi très très personnel, qu'une seule autre personne au monde a déjà vue à ce jour. Je sais, c'est fou. Dans la vie, faut parfois être fou. Enfin folle. Une pulsion. Quand la confiance règne la confiance règne. Un jour peut-être, je vous en parlerai. Un jour… Peut-être.

8
fév

Macarons-man

Dites les petits zamis, j'ai une vie en dehors du blog : rentrée tard, dodo devant Medium, levée tôt, départ au turbin, course folle dans les bus... Alors le récit détaillé et croustillant de mon histoire avec mes macarons livrés at home by macarons-man ... ça sera pour plus tard... quand j'aurai le temps.  Patience patience, vous saurez tout tout tout.

3
fév

Bonne résolution (bis)

Croyez-le ou pas, vlà Anaïs qui va vous faire un remake de son tout tout tout tout premier billet, les petits zamis !

Et oui.

Dans un moment de délire délirant pré-Saint-Jelediraipoint, voire lors d’une crise de delirium tremens commune avec Alex, nous avons pris la grande et inéluctable décision de nous réinscrire sur le site orange.  Au même moment.  Même heure, même minute, même seconde.  Top fun délire mégalo délirant non ?  Frénésie, joie incommensurable, excitation du tout nouveau profil…

Nous vlà donc à nouveau rendez-vousiennes.

On y croit.  L’amour est à portée de souris (enfin de rat, dans mon cas).

Je remplis donc mon petit profil, sommairement, je clique, je paie, et je reçois mon premier message qui me souhaite la bienvenue et patati et patata, on connaît la chanson.

Je découvre avec stupeur les personnalités diverses qui peuplent le site (à choisir dans son profil) : scrogneugneu (que j’emprunte à Mireille Dumas, qui l’a cité comme locution favorite ce matin dans Thé ou Café, émission toujours très intéressante qui devrait d’ailleurs plutôt passer à une heure décente), y a-t-il vraiment des gens qui se décrivent comme agressifs, dépressifs, excités, instables, introvertis, maternants ?  Enfin, s’ils le font, ça a le mérite d’être clair…  Me semblait pas que le choix était si vaste auparavant, mais sans doute me trompe-je.

Ça commence très bien pour moi, avec une discussion totalement insensée « bonjour » « bonjour » « tu es géniale » « pardon ? » (ben oui quoi, une telle déclaration tout de go, ça me perturbe, bien que je sache, of course, que je le suis, géniale) « pourquoi ? » « pourquoi quoi ? » « continue tu es géniale »… Oups, do you speak english, sprachen zie deutsch, habla espanol ?

Ça continue très bien pour moi, avec ma première proposition salace, venant d’un quasi mineur d’âge.  Non mais, y’a pas écrit « vieille nana expérimentée » sur mon front hein.  Ni « jeune nana expérimentée », d’ailleurs.  Ni « nana expérimentée » tout court non plus.  Goujat.  Rustre.  Pervers.  Obsédé.  Je dirais même plus : obsessionné.

Ça continue ensuite très bien pour moi, avec une discussion avec un homme sensé, passionné, écrivant sans faute, partageant quelques goûts communs avec moi, n’exigeant pas photo, mensurations, rendez-vous immédiat et ne posant pas les questions qui lassent (tu aimes quoi dans la vie, tu cherches quoi sur ce site ?).  On appelle ça la chance des débutants ma bonne Dame.

Comme dirait Lafesse, pourvu que ça dure.

(Et si vous cherchez à me localiser, bande de petits curieux que vous zêtes, sachez que mon pseudo est en vague relation avec ce petit blog, et qu’il en est de même pour Alex… en relation avec son blog à elle, of course… mais avec un lien certain avec le mien, de blog – suis-je claire ?  Non ?  Tant mieux, c’est le but…).
Le billet d'Alex posté quasi au même moment (comme pour l'inscription, je la devance d'une tête d'épingle), est iciiiiiii.

2
oct

Coup de foudre !

sensuelle oct 07
Normalement, ce 1er octobre, j’aurais dû vous annoncer la parution d’un de mes textes inédits dans un mensuel français dont je vous ai déjà parlé.  Il s’agissait d’un texte un peu rigolo, un peu coquin, vous aurez vite compris de quel magazine je parle.  Durant des mois, la rédaction m’a fait croire que je serais publiée.  Et puis, étrangement, il y a quelques semaines, plus de réponse à mes mails, le silence absolu.  S’il y a bien une chose ignoble, c’est ce silence, qui signifie que vous n’êtes rien, que vous n’avez droit à aucune considération, que vous ne méritez même pas qu’on consacre trente secondes à vous répondre.  J’ai donc appris, par personne interposée, que mon article passait à la trappe, et qu’ils avaient jugé inutile de me le dire, pas de temps à perdre sans doute.  Je vous invite donc à boycotter ce magazine, parce qu’il n’a aucun respect de ses lecteurs et parce que, tout bien réfléchi, on n’a pas besoin d’un magazine pour apprendre à utiliser nos joujous.  Na. Et encore na.

Finalement, ce 1er octobre sera tout de même un jour de chance pour moi, par le plus grand des hasards.

Il y a quelques semaines, Céline, du blog journaliste cherche job, me signale qu’elle cherche des anecdotes rigolotes au sujet du coup de foudre et me demande si j’ai quelque chose à lui proposer.  Bien entendu, ça ne tombe pas dans l’oreille d’une sourde, et moi, quand on me propose d’écrire, j’écris.  Je raconte donc deux coups de foudre que j’ai vécus.  Et je les lui envoie.  C’est pour un magazine dont j’ignore tout, je l’avoue, et rien ne garantit que je serai sélectionnée parmi les témoignages.  En plus, j’ignore totalement quand le mag va paraître.  Donc ces articles, je les oublie presque.

Et tout à l’heure, ô surprise, une lectrice me félicite pour cet article paru dans Sensuelle.  Je suis d’abord étonnée, puis la pièce tombe.  Zont pris un de mes articles.  Youpiiiie.  Et en plus zont mis un lien, ça c’est super sympa.  Premier lien dans un mag français.  Fais un vœu Anaïs, ferme les yeux, fais un vœu.

Merci à Géraldine de m’avoir si rapidement envoyé une photo de l’article.  Je vais harceler mon libraire demain pour tenter de le trouver, ce petit nouveau mag oùsque j’ai un chtit article.  Je ne sais même pas si c’est vendu en Gelbique, sacrebleu !  De toute façon, de deux choses l’une, ou je le trouve dans mon pays, ou je traverse les fleuves, les montagnes, les volcans et les mers pour aller le chercher en France.

En attendant, je vous livre le « texte intégral » des deux coups de foudre que j’avais contés…  Bonne lecture.

Ne jamais mélanger plaisir et travail

C'est un jour comme les autres, métro-boulot-dodo.  Je suis donc paisiblement en train de boucler un dossier urgent, lorsque je suis demandée à l'accueil par un client.  Je m'y rends, totalement inconsciente de l'événement perturbateur qui se prépare.  Je repère mon client, qui me tourne le dos, je m'approche.

Entendant mes pas il se retourne, et là… patatras.  Badaboum.  Plouf.  Paf.  Mes jambes tremblent, mon estomac se noue, mon cœur s'emballe comme un dingue et je deviens rouge coquelicot.  Il est beau, il est grand, il sent bon le sable chaud (oups je m'égare).  Je n'ose croiser son regard bleu lagon.  

Je me raisonne tant bien que mal "Ma petite Anaïs, c'est un client, et tu dois rester professionnelle".  Je m'approche, chevrote un "bonjour" et saisis les documents qu'il me tend, pour les photocopier.  Ma main vibre, comme après un effort musculaire.  Voulant l'impressionner, je ne fais pas usage de la dégrafeuse pour séparer les documents, je fais un geste brusque mais néanmoins censé être esthétique (genre femme fatale qui maîtrise la situation) … et je déchire toutes les feuilles.  Mon visage coquelicot devient grenat, je bafouille quelques excuses.  Il reste imperturbable.  Je m'éloigne de lui pour les quelques photocopies.  Toutes les feuilles se coincent dans la machine, je tire, je pousse, je m'énerve, je vacille comme une feuille face à l'automne menaçant.  Tant bien que mal, et plutôt mal que bien, j'effectue mon travail et reviens vers lui pour lui rendre sa paperasse.  Je bafouille un "au revoir", je serre sa main chaude (à moins que ce ne soit mon imagination) et je le regarde s'en aller à regrets.  Toute la journée, je ne pense qu'à lui, à lui à lui, dont je sais juste ses nom et prénom.  

ça doit être ça, le coup de foudre.

 Je ne l'ai jamais revu.

C'est lui !

De lui, je n'ai qu'une petite photo transmise par mail.  Une petite photo aussi craquante que celle du fils de Frankenstein et d'Elephant Man.  Il apparaît, grand, style échalas, maigre, style spaghetti, chauve, style Zidane, barbu, style Carlos.  Un véritable remède contre l'amour.  Mais ce n'est qu'une photo.  Et je le trouve sympa, drôle, cultivé.  Alors j'ai accepté un rendez-vous.  Parce qu'on est en 2007 et parce que c'est ça le mystère des rencontres sur internet : un quitte ou double total.

J'aime ces cinq premières minutes avant son arrivée, où je peux me faire un film.  Tout est encore possible.  Tout reste à inventer.

On sonne.  C'est lui.  Aaaaargh, angoisse angoisse angoisse.  J'ouvre ?  J'ouvre pas ?  J'ouvre.  Il est là, devant moi, grand, échalas, maigre, spaghetti, chauve, Zidane, barbu, Carlos.  Rien de vraiment séduisant, rien de craquant.  Et pourtant, je fonds immédiatement comme un marshmallow en plein soleil.  Et une idée fulgurante passe entre mes deux neurones : "c'est lui".  J'ai des papillons dans l'estomac, qui s'agitent comme des fous.  Mes yeux brillent.  Une vague de désir m'envahit.  Mon premier coup de foudre.  Et pour un coup de foudre c'est un coup de foudre.  Nous n'avons pourtant rien en commun, il est l'archétype de ce que je n'aime pas chez un homme : son allure, son look, son caractère, ses goûts, ses envies… sont à l'opposé extrême des miens.  Et pourtant, toute la soirée, je ne cesse de me répéter "c'est lui, c'est lui, c'est lui".  C'est lui que je veux pour partager le reste de ma vie.   C'est clair, c'est dit.  

Un coup de foudre vrai de vrai, 100 % garanti sans OGM.  

Nous ne partagerons que quelques semaines mémorables, faites de jolis moments, de tendres ébats et de fous rires.  Il était l'archétype de ce que je n'aime pas chez un homme.

Illustration de Jean-Pierre Petit, que je remercie.
coup_de_foudre

29
sep

J’ai testé un nouveau site de rencontres…


seductlove

Vous voyez là, à gauche, ce lien bien rose (j’ai réussi à changer les couleurs, chuis fortiche hein), qui dit « Vivez vos envies de rencontres », et bien c’est de la pub.  Vous l’ignoriez ?  Et oui, Anaïs elle a osé mettre une chtite pub sur son blog.  Et sachez que, grâce à cette pub, je vais gagner des milliards d’euros et m’acheter des millions d’écharpes Strelli, de sacs Prada et de fringues Chine.  La vie est extraordinairement belle, hein.

Mais, en lecteurs fidèles, vous savez que je teste tout ce dont je parle, parce que comment en parler sans l’avoir testé, je vous le demande, alors j’ai décidé de tester ce site de rencontres, ce qui en soi ne sera pas un sacrifice.  Et puis, après avoir testé vivre nue, la bague de célibataire et un tas de vibros, je suis prête à tout tester.  Tout.  J’ai bien dit tout.  Vous n’avez pas idée de ce que je prévois pour l’avenir…

Donc c’est parti pour une chtite inscription sur ce chtit nouveau site de rencontres.

C’est un nouveau-né.  L’avantage, c’est que je vais grandir avec lui, le voir évoluer, voir arriver ses nouveaux membres, devenir une habituée.  L’inconvénient, c’est que je vais vivre avec lui ses maladies de jeunesse, ses couacs, ses plantages, son mélange anarchique de langues et ses grosses fautes d’orthographe.  Point positif : l’accueil personnalisé, par le biais d’un petit mail, avec même une petite phrase sympathique rien que pour moi.  Par contre, personnellement je n’aime pas fort l’animation d’accueil sur fond bleu électrique, un bleu qui était à la mode du temps oùsque je portais des fuseaux monstrueux, rentrés dans des bottillons encore plus monstrueux (et dire que ça revient à la mode et que je suis encore capable de finir par aimer à nouveau), ça doit bien faire … vingt ans, ma bonne Dame.  Mais une fois cette animation terminée, le site est nettement plus moderne et convivial.

Une fois inscrite, je décide de passer immédiatement à l’attaque.

Je lance une recherche afin de détecter le potentiel homdemavie.  Comme le site est tout neuf, j’évite d’être difficile en réclamant homme 35 ans 1m80 brun ténébreux yeux bleus cheveux courts profession passionnante goût immodéré pour les séries télé et les lasagnes bon cuisiner bon bricoleur charmant amant tendre drôle et gentil et qui vit à Namur.  Je ratisse plutôt large : je recherche les profils masculins belges.  Point barre.  Tout simplement.  Clic.

Suspens insoutenable. Tic, tac, tic, tac…  Vais-je gagner au grand lotto de la vie amoureuse ?

Abracadabra, résultat…

Un.

One.

Eén.

Un seul belge, alleye une fois.

Je ne perds pas espoir, un seul homme me suffira amplement.  Non ?

Je fonce zieuter son profil : 36 ans, 1m73 (bon, je ne suis pas à quelques centimètres près), romantique, cherche amour et relation sérieuse.

Et ben voilà.  Bingo.  Il est parfait.  C’est l’homdemavie, j’en suis sûre.  On va s’aimer, se marier, enfanter, cohabiter, vieillir ensemble main dans la main jusqu’à ce que le mort nous sépare.  Amen.

Bon alors quoi les amis, vous attendez quoi pour vous inscrire et venir faire ma connaissance (juste au cas zoù « 36 ans 1m73 » ne voudrait pas m’aimer m’épouser enfanter cohabiter et vieillir avec moi jusqu’à ce que la mort nous sépare) ?  D’autant que vous aurez deux mois d’accès gratos.  Ensuite, vous serez accros, et vous payerez votre cotisation pour continuer à me séduire.  Gnark gnark… Et moi j’aurai ma com’ sur vos inscriptions.  Gnark gnark gnark, la Marketing Anaïs SA est démoniaque.

NDLR :
- depuis la rédaction de ce billet, le nombre d’inscrits a déjà quadruplé, c’est prometteur.  Et y’a neuf hommes belges maintenant… dont quasi tous âgés de plus de 30 ans.  Je vous le disais : c’est byzance.
- il va de soi que je ne perçois aucune commission sur les inscriptions (mais qu’alliez-vous donc imaginer), donc jamais je ne serai riche à pouvoir m’acheter des millions d’écharpes Strelli, de sacs Prada et de fringues Chine.  Que les choses soient claires entre nous.  Mais la vie est quand même belle.


9
jui

Marguerite s’interroge sur Anaïs

« Anaïs a-t-elle déjà testé le speed dating ? »

La réponse est non. Hélas, trois fois hélas.

Parce que dans mon bled paumé de chez paumé, le speed dating, y’en a pas connaître. Paraît que les habitants de mon bled sont pas chauds chauds pour des speed dating. Alors pas de speed dating, et voilà. Je pourrais me déplacer, c’est clair, mais je me trouve toujours des excuses à la noix de coco : pas le temps, pas les sous, pas le courage, trop timide, trop fatiguée, trop grosse, trop moche, trop peur, éruption d’un bouton, un durillon, un capiton, peur de ne rencontrer que des cornichons, des bidochons, des pas folichons…

Bon, tout le monde sait ce qu’est le speed dating ? Vous, là-bas, dans le fond, avouez que vous ne savez pas… Dans speed dating, y’a « speed », qui en english veut dire « vite ». Pis y’a « dating », qui en english veut dire « rendez-vous ». Fastoche de comprendre : des rendez-vous rapides. 7 hommes, 7 femmes, 7 minutes. Et au bong (ou à la sonnerie, selon l’organisateur), « chaaaaaangeeeeeez ».

Moi ça me tente énormément. Même si j’ai peur de m’emmêler les pinceaux avec sept hommes à cerner en si peu de temps.

D’abord, ça me tente parce que c’est speed. Pas besoin de se coltiner durant toute une soirée la mauvaise haleine de l’un, le flot de paroles de l’autre, le visage soporifique du suivant, les soucis de santé, les postillons, les mains baladeuses,

Ensuite, ça me tente parce que c’est dating. Et des rendez-vous, c’est toujours chouette. Même les nuls. Ça me fait de quoi raconter sur le blog ! Et puis, parfois, le charme agit. Et là, et là… Volent les papillons dans le bide. Et vu la taille du mien, de bide, y’a de la place pour une famille nombreuse de papillons, c’est cool comme tout. Un HLM pour papillons, mon bidounet.

Alors non j’ai pas testé, mais oui j’ai envie… Voilà, c’est dit. Si sept lecteurs du blog ont sept minutes à me consacrer, on peut peut-être faire un mini speed dating. Et si six lectrices veulent tenter l’expérience, on fera un vrai speed dating, vrai de vrai. C’est ty pas une « génialidée » ça ?anais1pt

14
avr

Vendredi 13bis

Le Plongeur m’a recontactée. Pour les amnésiques ou les nouveaux, mes mésaventures avec lui sont narrées au début du blog (pour rappel on s’est rencontrés sur le net, il m’a plu, je lui ai pas plu, on a mangé, on a bu, on devait se revoir il m’a posé un lapin et l’histoire s’est arrêtée là).

J’ai une légère tendance à conserver mes contacts MSN intacts, même quand ils me posent des lapins, se moquent de moi ou me font des déclarations d’amour malvenues. Voilà pourquoi j’ai toujours en stock un pizzaman qui m’a plantée chez moi (ventre vide, intérieur nickel chrome pour sa venue), un invité à une soirée qui m’a plantée chez moi pour cause de dépression fulgurante, 14 hommes qui m’ont plantées ici ou ailleurs, et 47 inconnus avec qui j’ai dû échanger quelques mots il y a trois siècles et demi et… Plongeur.

En ce vendredi 13, le Plongeur m’a contactée. Mon cœur a fait boum boum. Sidérant comme un cœur en léthargie prolongée peut, sur un petit message MSN, rebondir comme le ballon de basket des Frères Scott (j’aime insérer quelques touches culturelles-cultureuses dans mes billets).

Il faut magnifique, le ciel est bleu, quelques nuages en forme de cœur égaient le ciel, et le Plongeur veut me revoir. Tout de suite. Aujourd’hui. Y’a urgence semble-t-il. J’ignore d’où vient cette soudaine urgence, après tant de mois, et de toute façon je n’ai pas envie de le savoir. Juste envie de profiter de cette journée complètement absurde et de courir à ce rendez-vous tellement inattendu.

Je cours, je vole, j’affale mes os de trentenaire ravagée par l’espoir dans un wagon de train surchauffé et puant déjà la sueur d’été. J’ouvre mon bouquin (dont le titre restera jamais gravé dans ma mémoire) et je lis la première page. Je tiens en main mon billet « vendredi 13 » des fois qu’un poinçonneur à képi/treillis surgirait « impromptument ».

J’en suis toujours à la première page de mon livre.

Les scénarios se mettent en place «j’arrive dans la grande ville, il est pas là, je rentre chez moi» «j’arrive dans la grande ville, il est là, il me plait plus, je m’enfuis en courant» «j’arrive dans la grande ville, il est là, je craque, je lui plais plus, je m’effondre et rentre chez moi» «j’arrive dans la grande ville, il est là, je craque, il craque, nous craquons, il m’enlace, il m’embrasse – pas comme un poulpe par pitié - nous nous marions et avons beaucoup d’enfants qui courent dans notre grand château à Genval»…

J’en suis toujours à la première page de mon livre.

Le poinçonneur passe et je tremble en tendant mon ticket, ticket qui va peut-être transformer ma vie.

Je m’imagine encore 62,73 scénarios romantiques et 78,93 scénarios dramatiques.

J’en suis toujours à la première page de mon livre.

J’arrive dans la grande ville. Il est là. Il me plait. Je lui plais. Je craque. Il craque. Il m’emmène manger un petit bout, boire un gros coup. Et tout d’un coup, alors que nous traversons la Grand Place, il me susurre « ça te dirait d’être embrassée sur la plus belle place du monde ».

Chabadabadabadabadabadabadabadabadabadabadabadabadabadabadabadabadabadabadabadabadabadabadabada.

Je dis oui.

Il m’embrasse, je l’embrasse, nous nous embrassons. Tellement que j’en loupe le dernier train. Plus moyen de regagner mon bercail.

Je découche… « Aaaaaaaaaaaaaaaah » vous entends-je jubiler. Mais je couche pas (jamais le premier soir j’ai dit, suis-je claire ?)… « Ooooooooooh », vous entends-je marmonner.

J’ai dû perdre au bas mot 45 kilos, d’une part car embrasser ça brûle des calories, d’autre part, surtout, car je flotte comme un petit nuage moutonneux depuis des heures, je surfe sur la vague du bonheur intersidéral, ça plane pour moi.

J’ai pas gagné au superlotto, j’ai pas gagné au Win for Life. Malheureuse au jeu, heureuse en amour ?

8
avr

Un rendez-vous (écrit ce samedi 7 avril)

Ce soir j’ai rendez-vous.

Un tête à tête à tête à tête.

C’est le jour de la fameuse « rencontre Anaïs » proposée à qui le voulait le 4 mars dernier, suite à mon premier billet « les humeurs d’Anaïs 7Dimanche ». Histoire de fêter ça, quoi, allez une fois. En route pour Liège.

Ça sera donc un tête à tête à tête à tête.

J’ai prévu du champagne. Ben oui quoi, c’est pas tout les jours qu’on devient célèbre… dans son patelin namurois. Célèbre et anonyme. Mais célèbre. Donc champagne. Vous savez pas ce que vous manquez !

18h36. Je suis prête. J’attends. Je connais déjà (si peu) trois/quart des internautes avec qui je vais passer la soirée, mais mine de rien j’ai cette petite angoisse sourde au creux de l’estomac, l’angoisse d’avant un examen oral, celle d’avant un rendez-vous galant. « Et s’ils me trouvaient vraiment conne ? Bon, le blog laisse comprendre que je suis un peu conne, mais s’ils me trouvaient conne tout court ? Si je n’étais pas drôle du tout ? S’attendent-ils à me voir disserter sur tout et n’importe quoi, à la mode d’Anaïs ? Savent-ils qu’en réalité je ne suis pas rigolote et plutôt timide quand je ne connais pas. Et s’ils me trouvaient archi moche ? Bon, ça, finalement, on s’en fout, ça n’a aucune espèce d’importance, mais bon. »

Allez zou. Je serai naturelle, et wait and see.

2h30. Et ben voilà. No stress en fin de compte. C’était super hyper cool. Une soirée comme je les aime. D’abord la rencontre du « quart inconnu » : Bibichette. Me vlà tout de suite rassurée, elle est comme je l’imaginais. On prend Lolo en route. Ensuite champagne chez Boulu. Waw, c’est beau chez Boulu, doit y avoir une femme cachée sous le lit c’est nin possip autrement. Ensuite direction resto, oups comment ça s’appelle déjà ? Ah oui « le bruit qui court ». Superbe cadre (une ancienne banque, et les toilettes valent le déplacement : à côté d’une ancienne salle de coffres). Bonne ambiance, bonne bouffe, bon apéro, bon dessert. Et puis, surtout, bonne ambiance entre nous. Personne ne se regarde en chien de faïence, personne n’est mort de honte de se montrer en compagnie des autres (ou alors ils donnent bien le change). Je glane même quelques idées pour le blog. On mange sous une dalle de verre posée sur des pilastres. Boulu nous fait un stress à l’effondrement. Etrange, je n’y avais pas encore pensé. Merci Boulu, me voilà avec la puce à l’oreille. Les pieds de ceusses qui mangent au-dessus de nous, que l’on discerne par transparence, commencent à m’angoisser. Je me goinfre de tartelette aux framboises et de médicaments pour l’estomac afin que les framboises y élisent calmement domicile. Fin de soirée dans un bar celte/irlandais. Bonne musique. Trop cool. Voilà. Un peu naze car j’ai beaucoup asthmé (du verbe asthmer, of course) durant la soirée. Ça c’est quand on rit et qu’on parle trop, ma chère petite Anaïs. Et puis bon, ce magasin sexy sur notre route, avec des tas de petits canards vibrants sur lesquels on a disserté longuement, c’était tellement amusant que j’ai failli y perdre la vie.

Merci à vous tous pour ce tête à tête à tête à tête. On remettra ça, je l’espère. Et, sincèrement, si ce n’était déjà que pour des rencontres telles que celle-ci (et non pour le plaisir d’écrire, pour ma super chronique qu’on fêtait hier, pour les rires, les larmes et ma vie partagée), ce blog vaut déjà la peine, et plutôt deux fois qu’une. (Ouh que c’est beau, vous pouvez être émotionnés, là, non ?)

On a fait des photos mais je vous arrête tout de suite : n’ayez aucun hope de voir ma tronche de cake, aucun.

Juste ceci…champ

12
mar

Mon Docteur Mamour à moi

Ça doit être l’influence de tous les médecins charmants, séduisants et séducteurs qui traînent sur mon petit écran, mais moi aussi maintenant, j’ai mon Docteur Mamour.

Il est très très beau, très très gentil, très très drôle, très très patient, très très spécialisé en tout, très très yeux bleus, très très doux, très très compétent… et très très marié. Rien n’est parfait. Je l’aurais bien épousé, pris comme médecin traitant, comme employeur, mais non, pas moyen, rien à faire. Alors ce matin j’avais RV avec lui pour le grand bilan de la mort qui tue : déterminer l’âge physique de cette pauvre Anaïs, décrépie par les maladies qui la terrassent régulièrement depuis des mois.

La prise de sang n’a rien révélé, tout va bien, je vais bien (et on chante en chœur). J’en étais à espérer qu’on trouve quelque chose, attention rien de grave, une petite anémie, une petite mononucléose. Rien.

Alors je vais voir Docteur Mamour. Et je sais déjà ce qu’il va me dire « Anaïs, ma petite Anaïs, ma chère Anaïs, ma tendre Anaïs (purée pourquoi j’ai un prénom avec une tréma, c’est horripilant à écrire !), j’ai le remède miracle, qui va te guérir instantanément et te rendre ta joie de vivre légendaire », « Ah oui Docteur Mamour ? », et il se penche vers moi et m’embrasse doucement. Il me murmure ensuite « ça va mieux ? », et je réponds aussi doucement « oui, mais j’ai besoin d’une autre dose ». Biiiiiiiiiiiiiiiiip

Revenons à la réalité. Docteur Mamour m’inspecte, il est gentil mais professionnel, il trouve tout ce qui déconne en moi, et c’est pas une mince affaire, croyez-le ! Je vais pas vous démoraliser mais je ne peux plus manger de pâtes sauce tomate ni de chocolat, j’ai des tas de médicaments à prendre (yes, je vais m’entraîner à avaler, ça pourra toujours servir), des sprays, des pshuuuuuts, des pshiiiits, des mesures à prendre dans ma vie, dans mon home sweet home. J’ai échappé à la gastroscopie de peu, car j’ai devancé sa proposition en disant « je tue celui qui ose ». Il a pas osé. Il m’a simplement auscultée, aaaaaargh, c’était trop bon, ce stéthoscope glacial sur mon corps tout chaud. Non, j’avoue, c’était juste glacial. On a terminé avec une photo de ma langue. Oui j’ai une langue super particulière, qui va faire le tour des colloques internationaux, c’est pas génial ça, ma langue qui va être plus célèbre que moi ? Donc après un méga fou rire de ma part, méga de chez méga, j’ai réussi à garder mon sérieux durant la pose, et clic, immortalisée, ma langue. Et puis, enfin, je suis passée à la casserole, ah non pardon, à la caisse.

A très bientôt Docteur Mamour…

21
jan

Les Zhoms et moi

Il est temps que je vous donne quelques nouvelles de mes zhoms. Enfin, « mes », on se comprend, ceux qui traversent ma vie (réelle ou virtuelle) telles des comètes en fin de parcours (ce qui explique que je n’en entende plus parler ensuite).

Beaucoup (oui bon, Nuages seulement, mais je lui dois bien ça, il est un de mes tout premiers lecteurs) me demandent des nouvelles de ces étoiles puantes filantes (j’ai découvert la technique du barré dans d’autres blogs, alors je m’y essaie, je suis tellement originale). Bon j’ai oublié le fil de mon dialogue, je dois avoir besoin de sucre. Et ça m’énerve, plus moyen de me souvenir de ce que je voulais écrire.

J’ouvre un paquet de Biarritz (ces succulents cigarettes russes aplaties couvertes de chocolat noir et saupoudrées de noix de coco – je vous les conseille, et j’en profite pour dire que, les cigarettes russes roulées valsant systématiquement à la poubelle quand je reçois un paquet Delacre, je suis prête à accepter tout deal cigarettes russes contre ce que vous me proposerez : Biarritz, Léo, livres, Vache qui rit, voire affiches de Vache qui rit aux lèvres gercées, vieux DVD, lasagnes Farniente, sauce bolo Delhéééz…).

Alors chronologiquement :

Plus de nouvelles de VIP, ce qui est logiquement logique, puisque j’ai moi-même exigé qu’il ne me contacte plus sous aucun prétexte vu qu’il n’était pas tombé raide dingue de moi à la seconde où il m’a vue. J’avais juste exigé, bon je dois l’avouer (je suis une poison, une teigne, une monstrueuse femme) qu’il rapporte la bouteille de champ reçue en cadeau, que je lui avais laissée en ajoutant « tu reviendras la boire un soir chez moi ». Ben quoi, bachi-bouzouk, je vois pas pourquoi je lui laisserais MA bouteille de champ, au risque qu’il la boive avec une autre. Non mais. Le champ est au frigo… dans mon frigo.

Echec vous savez tout, rien à ajouter, la croix est tirée.

Le Parisien envoyé le jour de Noël n’a plus donné signe de lui, logique. Tout amour était impossible entre nous, malgré le souhait du Père Noël. Ça reste un sympathique souvenir. Et kesk’un parisien aurait eu à faire d’une provinciale, belge de surcroît ! Dommage tout de même car je ne suis pas opposée aux amitiés longue distance, ça permet de découvrir d’autres coutumes (mais si mais si à Paris tout est différent).

Le Cochon (bon, ce pseudo n’est pas très respectueux mais plus simple que «celui qui avait proposé un rendez-vous dans une grande surface et que moi j’ai proposé au rayon cochon mais pas porno non les peluches») rencontré récemment, même topo. Alors qu’il n’est pas sans savoir (expression que je n’aime pas utiliser car je la maîtrise mal et j’indique toujours « il n’est pas sans ignorer » que je trouve plus poétique, mais paraît que ça n’a pas de sens puisque les négations s’annulent, donc ça veut dire « il ignore », vous suivez ?), donc il connaît les souffrances dans lesquelles je me trouve actuellement, mais il fait le mort. Si ça tombe, il est mort. Une crise cardiaque l’a terrassé au moment où il tentait de m’envoyer un mail réconfortant. A l’heure qu’il est les funérailles sont planifiées, l’ordinateur éteint à tout jamais, et je ne le saurai jamais. Versons une larme. Ou alors, pire, il est hospitalisé, gravement atteint par un mal inconnu et fulgurant, incapable de bouger, de parler. Dans dix ans, quand il sortira de ce coma, il tentera de renouer, mais je serai mariée fière de l’être deux enfants (ou deux rats, c’est peut-être mieux), une maison un joli jardin. Et ben tant pis pour lui.

Mon rendez-vous Lapin (annulé pour cause de fatigue du prof fatigué, vous vous souvenez ?), qui était si pressé de me revoir le plus vite possible, a dû se transformer en tortue suite à un sort jeté par un élève (Le Lièvre et la Tortue, Lafontaine, faut tout vous esspliquer ma parole), et il y va lentement mais sûrement. Ou il attend l’été et les longues soirées lumineuses (cf post à son sujet).

J’ai été interrompue quelques instants par ma voisine qui venait m’acheter un truc que j’avais mis en vente à la fenêtre. La honte du siècle, je ne l’ai pas reconnue… quand j’ai demandé « vous voulez de l’aide pour porter, vous habitez loin ? », elle m’a regardée comme si je sortais d’un film fantastique « ben je suis votre voisine… ». Après cinq ans de vie quotidienne dans le même immeuble, je suis incapable de reconnaître une voisine qui sonne à ma porte, shame on me. Ça confirme que je suis désespérément incapable de reconnaître qui que ce soit, en particulier l’homme de ma vie !

Donc revenons à mes Zhoms.

Gentil. Je l’ai revu une fois ou l’autre, mais seule la donnée « ami » est présente, aucune trace d’amour ou d’amant, donc je profite des moments très drôles et sympas partagés ensemble.

Le célibattant qu’a créé la vache qui rit. Ah je n’en ai pas encore parlé. Comme je m’extasiais devant le fait qu’il ait participé à cette campagne fabuleuse sur cette affiche que j’ai réclamée « à cornes et à cri » (l’expression est de lui), il m’a contactée, brûlant d’impatience d’en savoir plus sur moi, insistant sur le fait qu’il restait scotché au PC jusqu’à ma réponse. Qui n’a pas tardé. Je ne pouvais le faire attendre. Ça date d’hier, tôt. Depuis lors, plus de nouvelles. Les probabilités qu’il ait lui aussi été terrassé par une crise cardiaque ou une maladie tropicale paralysante me semblent faibles… Qu’ai-je donc écrit de si rebutant à mon sujet ? Enfin bon c’est pas dramatique en soi, mais il doit émaner de moi des ondes nocives c’est pas possible autrement.

Le Plongeur. Aaaah le Plongeur. Ben rien. Vous espériez quoi ? S’il s’était passé quelque chose de croustillant style il réalise qu’il a envie de me revoir il vient me voir il craque enfin pour moi il m’embrasse fougueusement nous nous roulons de plaisir sur mon grand lit, vous pensez pas que je l’aurais dit ? Je vous dois bien ça, avec le temps que vous perdez ici.Il est toujours dans mes contacts, je le vois clignoter sur MSN chaque fois que j’allume le programme, mais j’ai fait le serment solennel devant l’éternel de ne pas le contacter. Je ne me résous pas à le «virer», mais je ne le contacterai pas, est-ce bien clair ?

26
déc

Un conte de Noël

Si j’étais dans un roman Harlequin, ou dans une nouvelle Nous Deux, ma lettre au Père Noël se serait envolée du sac postal et aurait atterri non loin de chez moi, chez un charmant célibataire qui en serait tombé follement amoureux. S’en serait suivi (oups c’est français ça ?) une jolie rencontre, et nous aurions vécu heureux avec beaucoup d’enfants.

Je ne suis pas dans un roman Harlequin, encore moins dans une nouvelle Nous Deux. Je suis dans la vraie vie. Alors ma lettre au Père Noël est restée sagement sur le blog, MAIS elle a néanmoins été lue par son destinataire, qui m’a envoyé les coordonnées du potentiel homme de ma vie (cf commentaire sur le post en question). Digne d’un scénario Harlequin/Nous Deux, non ? En tout cas, ça y ressemble. C’était Noël, j’ai bien droit à ma petite part du gâteau du rêve, non ?

J’ai donc osé contacter ce cadeau inattendu : « A mon retour de mon "pélerinage" de Noël en famille, j'ai trouvé une lettre du père Noël. C'est Noël à cette heure, et j'imagine que c'est un joli cadeau de sa part :) Il s'est permis de me donner ton adresse, car il parait que toi aussi tu lui as envoyé une lettre. Il pense que nous devrions en faire connaissance. Bien sûr je ne veux pas te forcer, ni t'imposer le choix du Père Noël, mais réfléchis ... à bientôt j'espère. Anaïs »

La réponse n’a pas tardé : « Bonjour Anïis, Merci pour ton mail suite au cadeau du Père Noël. J'étais persuadé que ma lettre était partie trop tard, mais le Père Noël semble vraiment avoir des dons insoupçonnés ! Je ne lui en veux donc absolument pas de t'avoir donné mon adresse, bien au contraire. Après tous ces efforts, je comprends qu'il soit épuisé et se repose d'un sommeil bien mérité. Ce Noël s'annonce sous les meilleurs auspices. J'ai trouvé ton message après avoir déballé d'autres merveilleux cadeaux, mais c'est ton mail qui me fait le plus plaisir (pardon papa, pardon maman, merci papa noël). Le choix du Père Noël ne peut être que le bon donc ce sera avec plaisir que je vais le suivre. A bientôt !! »

Suivent quelques échanges très sympas qui n’ont pas lieu d’être retranscrits, mais qui situent d’ores et déjà un contact qui passe bien, une complicité naissante (Harlequin, tu joues à Harlequin, un clown un peu fou, et même un pantiiiiiin – Marie Laforêt).

Cependant, dans un petit mail qui aurait pu passer inaperçu, je lis, je relis pour être sûre d’avoir bien lu, je relis encore ce que je crois avoir lu mais ne peux croire avoir lu : « Je ne rentre sur Paris que demain soir, patience donc ».

NON MAIS DE QUI SE MOQUE LE PERE NOEL ? Il n’a pas encore de GPS en 2006, quasi 2007 ? Il est pas capable de trier correctement ses courriers, non seulement par affinités, mais aussi par région ? C’est un comble pour un homme qui sillonne le monde depuis la nuit des temps ! Ok, ok, ok, je m’emporte, Paris c’est pas si loin. Il aurait pu me donner l’adresse d’un célibataire de Boston, de Wagadougou, ou d’Outsiplou. Il a dû deviner que Paris est une ville que j’adore, qui me fait rêver, où je vais très volontiers, ne serait-ce que pour m’installer sur un banc, dans un parc, un rayon de soleil timide sur le visage, pour déguster un petit sandwich et rêvasser. Mais tout de même, Papa Noël ! Le Parisien me croyait française, m’espérait parisienne. Moi je ne l’imaginais que belge (qui peut imaginer un seul instant que ce blog soit lu en dehors de mes petites frontières ?).

J’ai donc dû prendre mon courage à quatre mains (les miennes et celles, virtuelles, du Parisien), ma plus belle plume et mon humour ravageur, afin de lui annoncer la grande nouvelle : « Tu rentres sur Paris ? Je suis morte de rire, le Père Noël s'est complètement gouré ! Il m'a envoyé un parisien ma parole. J'adoooore Paris, mais pour ma part je ne vis même pas en France :)) Et bien, un vrai farceur ce Père Noël ma parole ! »

La réponse de mon Parisien n’était pas dépourvue d’humour. Lui non plus ne portera pas plainte contre Papa Noël. Sa conclusion, très jolie, constitue en soi un petit cadeau de Noël compensatoire : « j'espère que tu conserveras de cette journée plus de l'émotion de ce matin à 1h01 que de la déception qui a suivi un peu avant 13h00 ... Je ne peux que m'excuser pour ce raté magistral et d'avoir aiguillé le Père Noël sur ce mauvais cadeau. J'espère qu'un jour prochain un de ses lutins viendra t'apporter le modèle que tu veux et dans une version "locale" dont tu puisses profiter à ton aise. »

Nous n’aurons pas droit à une happy end version Harlequin ou Nous Deux, c’est clair et net, mais avouez que c’est tout de même un joli conte de Noël, basé sur un quiproquo, plein de rires et de joies, et qui nous mènera peut-être à ... Dieu seul le sait encore (Papa Noël aussi peut-être). D’autant que finalement, tous les chemins mènent à Paris. Sur ce je m’en vais écouter Marc Lavoine (Paris Paris combien, Paris …)

25
déc

Le dilemme

J’ai demandé au Père Noël de m’apporter un spécimen mâle … qu’on se le dise. Et on se le dit. Se pose maintenant une question existentielle à laquelle je n’avais pas pensé : que faire si une rencontre se produit grâce à ce blog ? Il est totalement confidentiel, à savoir qu’absolument personne de ma famille, de mes amis, de mes collègues, de mes voisins, des amis de mes voisins, de la famille de mes collègues, ni même de mes animaux domestiques, irrévocablement personne donc, n’est au courant de son existence. Moi qui adore me répandre en « va voir mon blog sur ceci ou cela – j’ai d’autres blogs, va lire ce que je dis, tu veux voir ma nouvelle photo, mon nouveau post, mon délire du jour ? », ici je garde un silence absolu. Je me croirais dans un presbytère. Enfin là ousqu’on ne parle pas (ma culture catholique est inversement proportionnelle à ma culture… cathodique !). Les bénédictins ? ça doit être eux. Je suis une bénédictine. Une tombe. Pourtant j’ai dur. Parfois j’aime bien ce que j’ai écrit, mais j’ai envie d’avoir un avis extérieur, savoir si effectivement c’est joliment écrit, ou si au contraire c’est à ch...er et que je suis aveuglée par ma vanité. Mais je tiens, car je sais pertinemment que si ma famille, mes amis, mes collègues, mes voisins, les amis de mes voisins, la famille de mes collègues, ou même mes animaux domestiques, viennent ici, la magie sera faussée, et surtout, surtout, je n’oserai plus être totalement moi-même.

D’où ma question…

Il va de soi que si je rencontre quelqu’un qui aurait eu connaissance de mon existence, de mes talents de narratrice, de mon humour délirant, de mes qualités exceptionnelles (vanité, vanité, vanité), via le blog (dans la vraie vie mes talents, mon humour, mes qualités ne sautent pas aux yeux, faut croire, sinon ils seraient tous là au parlophone à me souhaiter un noyeux joël, mais rien de rien), donc si je LE rencontre ici, c’est qu’il aura connaissance totale du blog. CQFD. La Palice en aurait dit autant mais il est tard, très tard, mes deux neurones sont déchargés.

Mon imagination fertile se met d’ores et déjà en branle.

Scénario 1 : Lhom me contacte sur le blog, on fait connaissance. LA rencontre a lieu. Lhom me plait infiniment, je craque, mon cœur fait boum boum. Oserais-je écrire ce que je pense ou ressens sur le blog, au risque qu’il me lise ?

Scénario 2 : Lhom me contacte sur le blog, on fait connaissance. LA rencontre a lieu. Il embrasse comme une méduse / il me montre son book porno / il me largue comme une malpropre sur un trottoir un soir de pluie et de brouillard (quelques taxis passent sans me voir – Blues Trottoir). Oserais-je l’écrire sur le blog ?

Réponse : non. Dans le premier cas, il est probable que je m’expose au râteau du siècle, en direct sur le blog le-célibat-ne-passera-pas-par-là, si je déclare mon penchant pour Lhom et que ce dernier ne soit pas taillé en Tour de Pise (en d’autres termes qu’il ne penche pas pour moi en retour). Dans le second cas, j’ai beau aimer raconter mes petites (més)aventures, me moquer, d’eux (parfois), de moi (souvent), de mes échecs (toujours), je ne pourrais me résoudre à critiquer ouvertement une personne dont je sais pertinemment qu’elle vient sur le blog le-célibat-ne-passera-pas-par-là (exception : si cette personne n’a eu aucun respect pour ma petite personne si adorable, là il s’en prendra, je vous le promets).

Morale de l’histoire : cesse de t’inventer des scénarios à dormir debout Anaïs (ou à ne pas dormir du tout), et attends déjà que Lhom te contacte sur le blog, banane !

25
déc

Réveillons nous !

Noël. 1h du matin. Noël. Journée particulière ? Noël. Bien mangé, bien bu, beaucoup ri. La fête était finalement réussie. L’ambiance était là, la bonne humeur également. Bilan positif. Et à mon retour, cette gentille lettre du Père Noël (voir commentaires de mon post "Cher Papa Noël".) Miracle de Noël. Elle m’a émue et elle a ce petit côté magique de la lettre trouvée un matin de Noël, très tôt, devant la cheminée (j’ai pas de cheminée, le net fera l’affaire). Je souhaitais mettre sur mon blog cette photo tellement tendre avant mon départ pour le réveillon familial, mais le départ fut précipité et j’ai dû la garder au chaud. La voici, cette photo qui a ma préférence en ce jour de Noël. Je manque d’énergie, je vous souhaite cependant que la journée qui s’annonce soit chargée de joies. Pour ma part je la passerai seule, mais sereine, devant quelques petites choses à manger, ma TV, et en compagnie de mon rat. Good night.

Question subsidiaire : combien de fois le mot Noël apparaît-il dans ce post ? (à gagner, une soirée avec moi – une soirée j’ai dit, pas une nuit, non mais).bisougirafe

13
déc

Retour sur le net

J’ai réalisé que je n’avais plus tant de contacts que ça sur le net. Après avoir éliminé tous les cas pathologiques, pervers, névrosés, déprimés, amoureux ailleurs, ou simplement pas intéressés, je me décide enfin à m’intéresser de plus près à mon Voisin Gentil. Après tout, pourquoi pas, pour changer, faire un peu mieux connaissance avec quelqu’un qui semble normal. Etrange comme cette perspective me semble d’une banalité affligeante. Suis-je à ce point névrosée ou perverse pour être toujours attirée par « ceusses qui ne me conviennent pas » ? Bon, un petit effort. Je me consacre entièrement à Gentil. J’apprends pas mal de chose sur lui, plus en une seule soirée qu’au long des brefs échanges que nous avons eus en plusieurs semaines. Et ce qui devait arriver arriva. Gentil m’invite au cinéma. Le cinéma est l’endroit idéal avec les gentils. Pas besoin de trop parler. Gentil rime souvent avec ennuyeux. Idéal. Aussitôt dit aussitôt fait, cinéma nous voilà. Le film était sympa, et Gentil aussi, je dois le reconnaître. C’est le gendre idéal. Attentionné, drôle, et gentil (mais ça vous le saviez). Par contre, mon cœur n’a pas fait boum boum… Rien n’est parfait en ce bas monde.

11
déc

On est peu de choses

Echec ne m’a pas répondu. Mes scénarii s’effondrent comme un château de cartes soumis au vent du Nord. Non, il ne m’a pas immédiatement téléphoné pour s’enquérir de ma santé si fragile (j’en ai remis une petite couche dans mon mail, arguant de crises de toux interminables, de microbes voletant partout dans mon living, d’un virus récalcitrant). Non, il ne s’est pas présenté à l’improviste, un bouquet de roses dans une main, des gouttes nasales dans l’autre, pour me gaver de grogs, de médocs, et de bécots ! Et non, il n’a même pas daigné m’envoyer un petit mail banal du style « bon rétablissement ». Il veut la paix. Je peux mourir seule, ici, abandonnée de tous et de lui, il ira cracher sur ma tombe (Boris Vian).

On est peu de choses en ce bas monde, même ma bonne amie, celle-la même qui m’a annoncé si brutalement l’inclination d’Echec pour Rivale - Ouh comme je parle bien, c’est passque j’ai regardé, hier, en boucle, « Orgueil et Préjugés » (Monsieur Darcy est totalement craquant, mais à ne pas confondre avec le Marc Darcy de Bridget Jones, tout aussi craquant) et « Raisons et Sentiments » (Hugh Grant jouait déjà comme une vieille savate, mais les amours contrariées de cette époque me font toujours frémir) – bref cette « amie » n’est pas venue me rendre une visite de courtoisie sur mon lit de souffrance (elle avait un livre à me rendre, elle l’a négligemment jeté dans la boîte aux lettres de mon immeuble, par crainte de la contagion sans doute).

On est peu de choses !

10
déc

Hélas trois fois hélas

Je ne sais pas ce qui m’a pris. Pitié pardonnez-moi, c’est pas ma faute. Mes doigts ne m’obéissent plus, ils ont décidé de vivre leur propre vie. J’ai beau tenter de les maîtriser, pas moyen. Ils ont envoyé un mail à Echec. C’est pas moi, c’est eux. Je le jure, je ne voulais pas ça. Ils ont pris le pouvoir, rébellion, mutinerie. Ils m’abandonnent. Et voilà, le mal est fait. Pourtant je ne pensais plus à lui je ne pensais plus à lui je ne pensais plus à lui je ne pensais plus à lui je ne pensais à lui je ne pensais à lui je ne pensais à lui je pensais à lui je pensais à lui je pensais à lui ! Mea culpa, mea maxima culpa. Mon cerveau aurait-il donné des ordres à mes doigts sans que je m’en aperçoive. Promis, je réciterai deux Pavé et trois Ater, ou deux Avé et trois Pater, au choix. Bon, maintenant, il répond ou quoi ??

10
déc

Echec et mat

J’ai eu quelques nouvelles de mon Echec. Echec est le charmant Monsieur qui m’a fait totalement craquer mais sans réciprocité. C’est le cas avec toutes mes rencontres me direz-vous, soit.

Echec, je l’ai rencontré « dans la vraie vie ». L’ami d’un ami d’une amie, la pièce tombe ?

Je l’ai revu il y a quelques jours, et ai pu constater que malgré mes mantras réguliers « tu ne penseras plus à lui tu ne penseras plus à lui tu ne penseras plus à lui tu ne penseras plus à lui tu ne penseras plus à lui tu ne penseras plus à lui », je pense toujours à lui. Il a eu le culot, oui, le culot, de s’asseoir à côté de moi, ignorant tout du frémissement que ça a provoqué. Ses mains étaient à quelques centimètres des miennes, c’était d’un érotisme fou. Enfin pour moi. A un moment, il m’a dit « Oh, tu as un grain de beauté sur la main ». Aaaaargh. Erotisme. Erotisme. Il a regardé mes mains, il a regardé MES mains. C’est bon signe non ?

Forte de ce signe de son amour pour moi, je lui ai lancé une petite perche, par mail (car sur ce coup là j’ai été forte, je suis parvenue à obtenir toutes ses coordonnées, l’air de rien), pour l’inciter à m’appeler. Ce qu’il a fait immédiatement. C’est bon signe non ? J’ai adoré cette conversation, somme toute assez longue. J’en étais toute tremblante après. Ça fait midinette… mais c’est ainsi ! On a beaucoup ri, comme d’habitude. C’est bon signe non ? Cette sensation de le connaître depuis toujours. C’est bon signe non ?

Bref j’étais sur un nuage, partiellement dû, sans doute, à la fièvre qui m’assaille depuis quelques jours. Toute grisée par cette expérience (enfin) réussie, selon moi, je contacte l’amie de l’ami d’Echec, pour l’inciter à réorganiser quelque chose qui me permette de le revoir. Je prends bien entendu l’air innocent de la femme totalement désintéressée. Et apparemment je joue super bien le jeu, vraiment trop bien, car elle n’imagine pas un seul instant que je sois intéressée… et elle m’annonce que le meilleur moyen de motiver Echec est d’inviter aussi la Rivale (la fameuse Rivale) à la sortie que je propose, car la seule chose qui l’intéresse, lui, c’est de La revoir, Elle. Lui, Elle, Lui, Elle, ces mots tournent dans ma tête. Je dégringole en deux secondes de mon nuage moelleux pour atterrir lourdement (j’avais qu’à pas grossir !) sur le sol, voire au 36e dessous.

Soit cette amie n’en est pas une et elle prend un malin plaisir à me voir mourir d’amour (« il n’y a pas d’amour heureux » - Aragon), soit, ce que je crois, je joue tellement bien le jeu de l’indifférence, qu’elle n’y a vu que du feu. Les dés sont jetés. Rivale aime Echec (je le savais). Echec aime Rivale (je l’ignorais, mais, je me dois d’être honnête, je le craignais). C’est mauvais signe non ? Pour la quinzième fois, je décide de tirer une croix sur lui.

7
déc

Leçon de jardinage ?

J’ai tchatté longuement avec VIP hier soir. J’ignore comment nous en sommes déjà arrivés là, est-ce que parce qu’il vantait sans cesse le fait que j’étais une fille sympa et cool, ç’a m’est monté à la tête comme le champagne lors de la soirée, moi qui suis timide d’habitude, j’ai tout déballé : j’ai dit que ça ne me suffisait pas, que j’avais cru que le courant passait bien, qu’on était complices et que j’espérais plus. La réponse est tombée comme un couperet «je ne vois pas ce qui t’a fait croire ça, on peut être bons copains, mais c’est tout».

Ben voyons, comme d’hab, quand je craque, je ne suis que la bonne copine sympa. Si les relations ne sont qu’une question de chimie, pour la survie de l’espèce, pourquoi ce phénomène chimique n’est-il pas d’office réciproque, ça aiderait ! Bon, je ne connaissais rien de lui, mais j’avais eu un gros coup de cœur. Rien de bien dramatique. On en restera là, l’amitié avec quelqu’un qui me fait craquer, ça ne me fait que souffrir. Au moins ça me confirme qu’on trouve de tout sur le net, même des hommes mignons et adorables (restons objective, même si lui ne me trouve pas mignonne et adorable). Et ça confirme que je peux craquer, plusieurs fois, sur différents hommes. Ça console. Ça rassure.

En plus, avec tous les râteaux que je me prends, je suis ravie, j’ouvrirai bientôt une école de jardinage dans ma région. Avis aux amateurs (célibataires si possible) !